jeudi 6 octobre 2011

LIBYE : LA VERSION DES ANALYSTES MILITAIRES RUSSES

La guerre a commencé comme dans un film tourné à Hollywood. Pour la 1ère fois, une machine de propagande de format nouveau, utilisant à fond Internet et la télévision satellitaire s’est pleinement impliquée dans le déclenchement et le déroulement d’une guerre. Pour la 1ère fois ont été utilisés les décors reconstitués de manière digitale, de certains villages et villes libyens, y compris Tripoli. Les « premières frappes  » de cette guerre ont été portées par Internet et la télévision.
La cause formelle qui a entraîné le soulèvement ce fut l’arrestation de l’avocat et défenseur des droits de l’Homme Fethi Terbil qui fut cependant immédiatement libéré après. L’arrestation a eu lieu le 15 février 2011 et déjà le 17 février se déroulait à Benghazi et dans d’autres villes de la Libye orientale une « journée de la colère ». La participation de masse fut semble-t-il assurée par les réseaux sociaux. 24 heures après, la télé diffusait des séquences floues de manifestations où on apercevait des jambes de groupes humains qui couraient vers quelque part. Les émissions étaient accompagnées de hurlements hystériques d’hommes et de femmes sur le thème de la « sauvagerie barbare des bourreaux de Kadhafi. » Les séquences télé ne différaient pas de celles qui relataient la répression des soulèvements lors de la liquidation de l’URSS en Géorgie, en Azerbaidjan et dans les pays baltes.
Fin février apparaissait à Benghazi des bandes bien armées. Leurs protestations ne comportaient que des doigts en V, des tirs en l’air et des cris « mort à Kadhafi ». Ensuite on a trouvé dans les rues des cadavres d’habitants locaux que les médias ont vite désignés comme étant des membres de l’armée libyenne.
Puis a suivi toute une vague d’ "informations” sur les bombardements de Benghazi par les avions et les hélicoptères gouvernementaux, sur les incendies monstres et sur les habitations bombardées. Puis a suivi l’explosion du soi-disant plus grand dépôt d’armes et de munitions dans la banlieue de Benghazi et tout de suite après l’information que le pouvoir à Benghazi était aux mains du peuple insurgé.
 
Il faut se mettre dans la situation de Kadhafi. La liaison avec Benghazi était totalement interrompue et lui toutes ces informations, il les prenait des médias. Il avait de quoi s’étonner. Il n’avait nulle part envoyé de tireurs, il n’avait pas donné d’ordre de bombarder la ville et sur les écrans de télé, il pouvait suivre des nuages de fumée noire, des carcasses de maisons détruites, les corps déchiquetés de femmes et d’enfants, assassinés sur l’ordre du dictateur.
 
Plus tard on saura que le nuage de fumée noire venait d’un immense amas de pneus brulés et que les décombres des maisons provenaient d’un décor de film.
Néanmoins, le but était atteint et Kadhafi avait cessé de contrôler l’évolution de la situation qui se déroulait exactement selon le scénario préparé à l’avance dans les États-majors de l’OTAN. Il n’a même pas le temps de s’en étonner car tout d’un coup, les plus proches collaborateurs de Kadhafi, qui connaissaient tous les secrets d’Etat, l’ont abandonné et sont passés à l’ennemi.
 
Depuis le début les plus grands médias mondiaux ont commencé à cracher, hystériques, les désinformations sur la boucherie sanglante que le « colonel fou » a préparé pour son peuple. Cette campagne était accompagnée montrant des jambes courant, des colonnes de fumée sur fond de gémissements de femmes. Sur la sauvagerie réelle celle-là dont s’est rendue coupable la horde de mercenaires venant des combattants d’El Qaîda et des Talibans qui a tranché la gorge des partisans du régime : militaires, policiers, employés, pas un mot dans la presse, alors qu’à ce moment-là Benghazi était envahie de journalistes étrangers.
Ensuite, on a vu apparaître un autre thème caractéristique de la « révolution  » : des véhicules tout terrain armés de mitrailleuses de lance-missiles, de lance-roquettes et d’autres techniques de guerre. Ces « révolutionnaires » en jeans, tee-shirts et sandales avaient pour mission de circuler sur les voies rapides en simulant une équipée contre Kadhafi. Il est vraiment risible de s’imaginer le choc de pareils «  jouets » avec un tank ou un autre véhicule blindé. Malgré cela on a commencé à voir sur les écrans des carcasses de tanks et de véhicules de transport blindés de l’armée libyenne.
Et puis voila que la « patience de la communauté internationale » est arrivée à bout. La résolution 1973 du conseil de sécurité, même si c’était de façon non convaincante, a tout de même permis l’invasion militaire sous couvert de « non Fly zone ». L’OTAN a reçu une autorisation illimitée d’engager son aviation dans la destruction des infrastructures libyennes. Mais la résolution n’autorisait pas les opérations au sol et l’occupation militaire de la Libye.
A commencé alors un massacre de six mois de la population libyenne par l’aviation de combat de l’OTAN, massacre que les Occidentaux ont qualifiés d’agissements criminels de l’armée et de la sécurité libyennes, soi-disant que le régime agonisant a décidé d’entraîner dans sa mort tout le peuple libyen.
 
Dès le début les médias ont propagé la rumeur selon laquelle les mercenaires sont le seul soutien de la Jamahiriya. En particulier, étaient cités des Noirs africains et des Blancs slaves. Et, en effet, cela s’est confirmé : «  les rebelles » dans les environs de Benghazi réellement en feu, à ce moment, avaient capturé un groupe d’Européens, qu’ils ont qualifiés de groupe de mercenaires de Kadhafi. A l’état major il s’est avéré ensuite que c’est un groupe de combat des forces spéciales-alliées britanniques. Plus tard, les médias, vont éviter de rapporter ce type d’erreurs. Ce qui est intéressant, c’est qu’à cette occasion, nul ne s’était rappelé que la résolution 1973 n’autorisait pas les opérations au sol. Pendant ce temps, les côtes libyennes étaient déjà envahies par les forces terrestres spéciales de l’OTAN, du Qatar et de l’Arabie saoudite. Le rôle principal, toutefois, ce sont les forces spéciales des États-Unis et de la Grande-Bretagne qui l’ont joué. Les détachements de la 22ème Division de la Légion étrangère ont été déployés lors de la dernière opération pour la conquête de Tripoli, le 21 Août.
Il convient de souligner que, tout comme la guerre contre l’Irak, la guerre contre la Libye est exclusivement une affaire américaine et la participation des alliés sert seulement pour légaliser le meurtre.
 
La Libye est devenu (tout comme avant la Corée, le Viet Nam, etc.) un polygone d’essai des États-Unis, où est mise à l’épreuve l’efficacité de la théorie de la guerre au moyen d’Internet, considérée comme guerre de nouvelle génération. Chaque pièce de technique militaire a reçu le code, sous lequel elle a été intégrée dans les ordinateurs du Pentagone. Tout objectif militaire et civil important sur le territoire libyen a reçu son code. Des missiles intelligents autoguidés ont pu être alors lancés sur des cibles détectées par satellite longtemps bien avant la guerre. Les satellites militaires espions ont suivi continuellement pendant toute la durée de l’intervention et continuent de suivre jusqu’à maintenant tout mouvement non seulement de toute technologie militaire mais de tout équipement tout court et transmettent des informations en temps réel à n’importe quel moment du jour ou de la nuit. N’oubliez pas que la capacité de résolution des télémètres de satellite est de quelques pouces.
 

Pour provoquer l’hostilité massive de l’opinion publique mondiale contre « le dictateur et son régime sanglant  » les forces armées américaines ont entrepris une provocation en bombardant et en tirant des missiles sur les villes où les « rebelles » avaient pris le dessus. Le droit formel d’occuper l’espace aérien libyen leur a été donné par la résolution 1973 et personne ne pourra jamais vérifier ni ne vérifiera d’où est venu le groupe de missiles ou alors qui a lancé les lourdes bombes aériennes. Les médias ont immédiatement répandu des « informations crédibles » selon lesquelles les forces de Kadhafi ont bombardé et mitraillé des villes sans défense et leurs habitants avec des lance-roquettes « GRAD ». Les unités spéciales des forces terrestres américaines contrôlaient les résultats des raids nocturnes et précisaient les coordonnées des objectifs
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Et une fois encore, imaginez la position de Kadhafi. Les forces fidèles n’ont pas progressé d’un iota de leur place et les positions des ennemis qui partent en flammes. Dans le monde est propagée l’information : les forces fidèles au régime opposent aux « rebelles » une résistance toujours plus grande.
 

Il est nécessaire de les aider sinon la démocratie ne pourra pas gagner. Et exactement en conformité avec le scénario préparé, la force aérienne des États « civilisés » entame les attaques à la bombe et aux missiles contre les objectifs militaires de l’armée libyenne. Les militaires américains lancent 112 missiles Tomahawk et continuent ensuite par la destruction totale de toute la technologie de combat blindée et de tous les systèmes de défense anti-aérienne. Le tank est détruit presque immédiatement après, qu’il quitte son abri. Réservoirs, transporteurs, lance-missiles, canons, camions et tout le reste a été détruit par des missiles et des bombes guidées par laser provenant on ne sait d’où. Tandis que dans le ciel nul avion n’était visible. La plupart des membres de l’armée libyenne était tout simplement démoralisée et terrifiée... Pratiquement presque toute la technique de combat lourde a été détruite sans avoir tiré un seul coup de feu. Beaucoup de désinformation a été diffusée sur les bombardements des villes et villages avec les lance-roquettes lourds « GRAD ».
Comme nous l’avons déjà mentionné, l’ensemble du territoire libyen a été photographié en détail par les satellites et les aéronefs, qui transmettaient les coordonnées des objectifs aux avions de combat. Comment est fabriquée la désinformation sur CNN : par exemple, des batteries gouvernementales de lance-roquettes « GRAD » occupent une position à Misrata (c’est, bien entendu, des rebelles avec des lance-roquettes volés et servis par les spécialistes américains et alliés). Sur la ville tombent des tirs de riposte. Les satellites détectent la trajectoire des batteries et les détruisent immédiatement avec des missiles lancés avec précision par des avions. Le lendemain matin, l’animateur de CNN fait un reportage au milieu des ruines, là où la veille se dressaient des habitations, détruites à présent par Kadhafi. En Libye, il y a plusieurs lieux habités où les habitants ont refusé de se rendre et de rejoindre les « rebelles ». Jusqu’à maintenant s’y déroulent de durs combats à l’aide d’armes légères, de mitraillettes, de mitrailleuses et de lance grenades. L’équipement lourd, y compris les systèmes de défense anti aérienne a été quasi totalement détruit. L’armée américaine, a réussi à « distance » à briser complètement les forces armées de tout un État, sans confrontation directe avec l’adversaire. En utilisant seulement un petit groupe de forces spécial es, ils ont pu résoudre un problème, qui avait exigé en Irak le déploiement de masse de forces vives et de technologies de guerre.

Pourquoi l’opération a duré si longtemps ?
La plupart des actions contrôlées à distance était effectuée pour la première fois et devait être corrigée dans le cours même des opérations militaires. Et tout le reste, ce que la télé nous montrait : les foules courant et hurlant, les «  rebelles » montés sur les jeeps armés de mitrailleuses ou de mortiers c’étaient des scènes de masses avec des figurants qui ne comprenaient pas dans quel film ils jouaient..
 En Libye, des combats se déroulent toujours, le pays a sombré dans un chaos dirigé du banditisme interne et déjà a été lancé autour de ce pays le grand jeu politique. Le vol durera aussi longtemps qu’il y aura quelque chose à voler. Les richesses libyennes, cependant, sont trop vastes et proches de l’Europe pour que le pays soit laissé à l’administration des « rebelles », parmi lesquels dominent les combattants d’Al Qaeda. Quelle forme de dictature et d’occupation les États « civilisés » vont –ils imposer aux Libyens ?

La situation en Libye
Selon les informations sur les pages http://za-kaddafi.ru/and argumenti.ru , le 11. 9.2011 seront retirés de Libye l’ensemble du contingent militaire officiel (le 22ème Régiment SAS-Special Air Service de sa Majesté Elizabeth II, la 2ème Division de la Légion étrangère et les forces du Qatar et de l’Arabie saoudite), qui ont conquis soi-disant Tripoli et vont maintenant remettre le pouvoir au terroriste Hakim Abdu Belhadj. Lors de la conquête de Tripoli toutes les unités ont subi des pertes relativement élevées, le 22ème régiment des SAS environ 127 tués. Les informations ont été transmises par un prétendu Assistant de M. Kadhafi, l’ancien Lieutenant-colonel de l’armée russe Ilya Kornìjev. Les troupes de l’OTAN ont été déployées dans une opération au sol en violation directe de la résolution 1973 du conseil de sécurité de l’ONU.
Le départ des forces étrangères spéciales est compensé par l’afflux de terroristes-membres des talibans d’Afghanistan et du Pakistan. À l’heure actuelle, leur nombre dépasse 3000. Les terroristes sont armés à Benghazi et ensuite sont transférés à Tripoli, où ils sont placés sous les ordres de l’actuel commandant militaire de la ville, Belhadj, qui coordonne les activités terroristes d’Al Qaîda (avec le consentement des Etats-Unis et de l’OTAN) sur tout le territoire de la Libye. Les terroristes d’Al Qaîda prennent progressivement en charge la lutte avec le régime de Kadhafi.
 
Dans Benghazi elle-même se déroule un conflit armé aigu entre les « rebelles » d’origine et le réseau terroriste Al Qaeda. Durant ces derniers jours Al Qaeda a tué plusieurs dizaines de « rebelles » et 27 militaires des troupes de la coalition, dont 4 agents de la CIA.
Kornìjev a ajouté que selon ses informations, Berlusconi a refusé d’envoyer en Libye des instructeurs du 9ème Régiment de parachutistes « Colonello Moschin ».
Depuis le 21 août on ne peut justifier l’intervention en Libye par des résolutions valables de l’ONU. La ville de Syrte, 100 000 habitants, et la ville de Beni Walide ont été réduites à néant par l’aviation alliée de la même façon que Dresdes le fut par l’aviation nazie. Les « Alliés de l’OTAN » ont tué plusieurs centaines de personnes. Il y a des milliers de blessés. Dans la rivière artificielle, construite par le régime de Kadhafi le niveau de l’eau baisse. Par cet acte terroriste l’OTAN vise à forcer les défenseurs de la ville à capituler. Les combats se déroulent dans d’autres endroits. Dans la ville de Sebha deux hélicoptères de l’OTAN ont été abattus.
 
Les médias occidentaux ont bruyamment diffusé des informations, selon lesquelles les défenseurs de la ville de Beni Walide avaient décidé de capituler. Elles ont été démenties par les défenseurs eux-mêmes qui ont liquidé les positions des « rebelles » à coup de lance-roquettes, à 20 km de la ville.
Après la dernière sortie de Muammar El Kadhafi a commencé l’attaque menée par le fils de El Kadhafi Hamis contre les terroristes à Tripoli. Ils ont réussi à liquider l’hôtel Al Fatah, où ont été tuées plusieurs dizaines de fonctionnaires du nouveau gouvernement, qui ont déménagé de Benghazi. Les forces gouvernementales ont également attaqué la base Mitiga. Ils ont liquidé 10 mercenaires de la SAS et un hélicoptère.
La colonne des combattants venant du Tchad, qui a tenté de se déplacer pour aider Kadhafi, a été détruite par l’aviation de l’OTAN. Pour l’instant dans le pays se déroule à fond une guerre de partisans contre les troupes d’intervention de l’OTAN, les Européens, les Arabes, les Pakistanais et les Afghans. Cependant, la supériorité militaire de l’OTAN est immense.
Je suppose qu’en déployant les forces terroristes de Al Qaîda, qui se battent et contre Kadhafi et contre les « rebelles » les alliés poursuivent un seul but : obliger le Conseil National de transition, qui a été reconnu comme légitime, d’inviter officiellement l’OTAN à l’intervention-occupation. Alors adieu tout prétexte de combats pour la liberté des citoyens libyens et à la résolution du Conseil de sécurité.
 

Sergei Ptièkin, electroleader-presse-ru

Etats-Unis : LE MOUVEMENT D'OCCUPATION DE WALL STREET


S’il y a un pays où les « indignés » auraient toutes les raisons du monde pour manifester dans les rues leur indignation, c’est bien les États-Unis. Indignation contre 30 ans de politiques qui ont conduit le pays à un niveau intolérable d’inégalités ; indignation contre l’avidité sans limite de la classe des hyper-riches ; indignation contre un président qui les a trompés, etc., etc.

Mais les États-Unis sont aussi le pays où le matraquage idéologique des médias et autres institutions idéologiques est le plus systémique. Il faut donc se réjouir du fait que, depuis quelques jours, un tel mouvement s’organise là où il devait nécessairement se produire : à Wall Street.
Le mouvement Occupy Wall Street qui a débuté le 17 septembre dernier a débouché en fin de semaine dernière sur une première vague d’arrestation massive : autour de 700 personnes en une seule journée. Il est intéressant de faire un lien, ici, avec le mouvement de désobéissance civile qui a récemment conduit à l’arrestation de près de 1 300 personnes sur les marches de la Maison Blanche pour s’opposer au projet écologiquement criminel du pipeline Keystone.
En cette fin de 2011, alors qu’il devient de plus en plus évident que le American Way of Live se défait en lambeau sous l’assaut d’une multitude de forces incontrôlables, quelque chose est en train de se produire dans le mouvement de contestation. Pourtant, alors que n’importe quel péquenot délirant qui prétend vouloir bruler le Coran va immédiatement faire les manchettes de tous les médias du monde, les évènements tels que Occupy Wall Street ou celui de désobéissance civile contre Keystone se limitent à l’espace des réseaux sociaux.
La persévérance des indignés, qui se présentent comme les 99 % de la population qui ne profitent pas de la croissance, devrait néanmoins leur donner de plus en plus d’appuis et de visibilité. CAinsi, cest grâce à des personnes comme l’actrice Susan Sarandon, Cornel West, professeur de philosophie et activiste, ou l’ancien gouverneur démocrate de New York David A. Paterson, qui ont été sur place, dans le Zuccotti Park du Liberty Square, pour appuyer les protestataires, que le New York Times y a envoyé un reporter le 30 septembre.
Avant les arrestations de la fin de semaine dernière, les appuis commençaient d’ailleurs à se multiplier : Noam Chomsky leur a envoyé un message d’appui déclarant « Les protestations honorables et courageuses en cours à Wall Street devraient servir à porter cette calamité aux yeux du public […]. N’importe qui tenant les yeux ouvert sait que le gangstérisme de Wall Street — des institutions financières en général — a causé des dégâts graves à la population des États-Unis (et au monde).
Et devrait aussi savoir à quel point ce faisant il s’est accru en plus de 30 ans, en même temps que leur pouvoir dans l’économie a radicalement augmenté et leur puissance politique avec. Cela a mis en mouvement un cercle vicieux qui a concentré une richesse immense et avec elle le pouvoir politique dans un secteur minuscule de la population, une fraction de 1 %, tandis que le reste devient de plus en plus [précaire]… », dénonçant au passage l’immunité des financiers « Too big to jail ».
Le président de l’AFL-CIO, Richard Trumka, a également apporté son appui au mouvement des indignés de Wall Street lors d’un discours qu’il prononçait au Brookings Institution, déclarant qu’il allait encourager les syndicats membres de la centrale à descendre dans la rue pour dénoncer le pouvoir absolu des financiers et des multinationales partout où l’occasion se présentera. Il faut comprendre que le mouvement s’est délocalisé en s’étendant dans toutes les villes où les institutions financières sont regroupées sur des places d’affaires majeures : après New York, Boston, Chicago, etc. (Voir la carte ici)
On peut lire dans le billet suivant (http://www.larevuedesressources.org/spip.php?article2131&PHPSESSID=d78504783c2dfe1e4cdc181296e4e836) la lettre ouverte aux médias de Marc Adler, au nom des indignés de Wall Street, traduite par les bons soins du site la revuedesressources.org.
 Gilles Bourque
Source : PRESSE-TOI A GAUCHE

mercredi 5 octobre 2011

SORCELLERIE (SHOUR) AU MAROC – LA BARBARIE À VISAGE HUMAIN

La sorcellerie en n’en n’a pas encore fini d’entendre au 21éme siècle on se demande toujours dans qu’elle siècle vivons-nous. Le moyen age c’est du passé ! Pourtant rien ne le prouve quand on voit si qui se mijote encore dans la tête de certains.
Magie noire ou « shour » comme ont dit chez-nous se pratique de plus en plus au Maroc pour des fins diabolique et maléfique .Cette magie satanique se pratique depuis des siècles et des siècles, par nos ancêtres, aujourd’hui elle se pratique par des sorciers souvent des charlatans et des escrocs.
Les fqihs, les sorciers, les voyant(e) s et les guérisseurs prétendent tous la même chose, ils ont ce pouvoir surnaturel, communiquer avec l’au-delà.
Comment ces charlatans ont réussi a transformé ce mythe irrationnel en un bizness bien juteux.
Dans une ambiance fumigène ou la respiration devient assez difficile, sous une lumière tamisée, il n’a rien l’air d’un amateur .Tout est bon pour jouer la comédie devant ce client perdu, incapable de le contredire.

Pouvoir, argent et amour,le rêve de chacun d’entre nous,et dire qu’il y a des gents qui croient encore au miracle en allants les chercher chez des sehhara,voyant(e)s et autres fqihs,et ils s’y mettent le prix .Chers marocains et marocaines tous cela se mérite.
L’irrationnel est aussi une affaire de puissants, il faut savoir aussi que les rois du Maroc ont toujours cru, respectés et eu recours aux services des fqihs, savants et sorciers. Un véritable coup de pub pour la magie au Maroc quand on voit que tous ces rois qui ont toujours rimé avec argent et pouvoir ont a été toujours protégé par la magie.
A croire ou pas un petit bout de papier bon marché ,avec écrit dessus des mots d’une langue venue d’ailleurs peut envoûter,désenvoûter ou protéger une personne,et dire qui as des gens qui y croient aussi fort qu’a leur religion . On relie souvent la sorcellerie aux forces du mal, ces forces dont les pouvoirs sont au-delà de toute conception, au delà de toutes limites.
La sorcellerie fait beaucoup de victimes dans son passage, les plus touchés après les personnes visés bien sur ce sont les animaux, quand on voit de quel manière ces pauvres meurt ça nous confirme que la barbarie règne toujours dans cet occultisme .les animaux les plus visés et les plus recherché pour ce genre de rituel sont les hyènes a 80.000 dh, la hyène et a 500 dh le gramme de cervelle si ça ce n’est pas un vrai trafic, qui rapporte gros.
Les animaux ne sont pas les seuls victimes, les morts y passent aussi des chasseurs de tombes vont jusqu'à ouvrir des tombes en pleine nuit pour voler un organe ou plusieurs du cadavre, et enrichir ce trafic qui ne cesse de croître pour le bonheur de ces charlatans.
Une personne qui souffre d’esclavage psychologique et physique ne relie en aucun cas qu’il est possédé ou n’importe qu’elle mensonge se reliant a la sorcellerie, il n’est pas loin que cet individu n’a plus de volonté, qu’il est incapable de la moindre initiative personnelle.
Aujourd’hui, malgré tout les progrès que le Maroc a pu réaliser, et la période de développement que nous vivons. Malheureusement la sorcellerie et toutes ces manigances règne toujours et sont ancré à jamais dans la mentalité des marocains.

Fatim-zohra ESSAAF

mardi 4 octobre 2011

Mouvement populaire aux Etats-Unis : Les Indignés de Wall Street

04 octobre 2011
La révolution du Jasmin semble se propager jusqu’au pays de l’oncle Sam. Depuis presque trois semaines, des manifestants campent dans un square près de Wall Street, à New York, pour protester contre l’emprise des banques et du grand capital et la situation économique inquiétante. « Nous sommes les 99 % de la population qui ne tolérons plus la rapacité et la corruption des 1 % restants. Nous nous servons des tactiques révolutionnaires du Printemps arabe pour arriver à nos fins et nous encourageons l’usage de la non-violence », explique le site du mouvement OccupyWallSt.org. Tout a commencé en juillet par un appel d’Adbusters, un magazine canadien anticonsumériste, qui poste sur son site un appel à manifester contre Wall Street et les banques qui ont renoué avec des bénéfices obscènes et les pratiques douteuses après avoir profité du renflouement public. Dans la foulée, un groupe new-yorkais organise une manifestation le 17 septembre devant Wall Street. Leur objectif est d’occuper la rue, mais la police les repousse : ils vont s’installer dans Zuccotti Park, un petit square non loin de là, qu’ils rebaptisent « square de la Liberté » en référence à la célèbre place du Caire.
Depuis ils occupent le coin et leur nombre ne cesse de grandir. Au départ, ils étaient entre 100 et 300, mais ce week-end plusieurs milliers sont venus défiler et le mouvement de rébellion fait tache d’huile dans tout le pays : Boston, Chicago… La plupart sont jeunes, beaucoup d’étudiants et de chômeurs. Ils viennent grossir l’habituelle foule d’altermondialistes et de vieux hippies. L’occupation du square a d’ailleurs une atmosphère festive à la Mai 68 avec des joueurs de guitare et des gens qui chantent. Hier, ils ont défilé déguisés en « capitalistes zombies », en costume-cravate et maquillés de blanc, en train de mastiquer de faux billets de banque.
Malgré ses dires, le mouvement Occupy Wall Street n’a qu’un lointain rapport avec les révoltes arabes. Et pas seulement parce que les manifestants de New York ne risquent pas leur peau. Certes, beaucoup de ses membres sont jeunes, désenchantés et leur coalition n’a pas de leader. Mais ils n’ont pas de revendications claires. C’est une collection de frustrations diverses. Frustration contre le système capitaliste et les grands groupes qui ont trop de pouvoir et limitent le droit des syndicats, révolte contre les patrons de banques et leurs bonus « exorbitants », contre les entreprises qui ont « empoisonné la chaîne alimentaire par négligence » et surtout anxiété face au manque d’emplois.
Les rassemblements ont été à peu près pacifiques jusqu’au week-end dernier. 700 militants ont en effet été arrêtés pour avoir bloqué la circulation sur le pont de Brooklyn, refusant de prendre le passage pour les piétons malgré les mises en garde de la police. Dans le même temps se sont tenues des manifs à Chicago, Boston, Los Angeles et dans d’autres villes. Du coup, après avoir longtemps ignoré le mouvement, dont ils ne savent pas très bien quoi penser, tous les médias se mettent à en parler. Susan Sarandon et Michael Moore sont venus faire un tour et le financier milliardaire George Soros a déclaré sa sympathie aux militants.
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Comment la globalisation en Asie est née dans un bain de sang - Globalisation en Indonésie : le pillage aprés le massacre

octobre 2011

Voici un texte rédigé en juillet 2001. "Si vous connaissiez la vérité sur ce qui s’est passé en Indonésie, vous comprendriez parfaitement vers quoi on nous entraîne aujourd’hui..." ou comment la globalisation en Asie est née sur l’un des plus grands (et plus méconnus) massacres du 20ème siècle - sur fond de désinformation médiatique et préparation du coup d’état au Chili. 
14 juillet 2001 : Il y a 35 ans, une dictature militaire s’est instaurée en Indonésie et un million de personnes étaient tuées pendant qu’on déroulait un tapis rouge au capitalisme occidental. Ce fut le début de la globalisation en Asie, un modèle du genre qui nous a légué sweatshops et corruption.
En survolant (la capitale) Jakarta, il n’est pas difficile d’imaginer pourquoi la ville cadre bien avec la description de l’Indonésie par la Banque Mondiale. Des nombreux lauriers attribués par la Banque Mondiale à l’Indonésie, le dernier en date était « élève modèle de la globalisation ». C’était il y a presque quatre ans, au cours de l’été 1997. En quelques semaines, le capital global avait fui le pays, la bourse et la monnaie nationale s’étaient effondrées, et le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté absolue a frôlé les 70 millions. L’année suivante, le Général Suharto a été obligé de démissionner après 30 ans de dictature, en emportant avec lui une indemnité de licenciement estimée à 15 milliards de dollars, soit l’équivalent de près de 13% de la dette totale du pays, dont une bonne partie due à la Banque Mondiale.
Vu du ciel, le plus frappant chez cet élève modèle est le modèle industriel qu’il propose. Jakarta est cernée par de vastes terrains appelés zones de traitement économique qui comprennent des centaines d’usines qui fabriquent des produits pour les compagnies étrangères : des vêtements que vous achetez dans votre rue marchande, des pantalons branchés de marque Gap jusqu’aux Nike et autres chaussures de sport Adidas ou Reebok qui se vendent plus de 100 euros la paire chez nous. Dans ces usines, des milliers de travailleurs, en majorité des jeunes femmes, travaillent pour moins d’un euro par jour. Au taux de change courant, il s’agit du salaire minimum en Indonésie qui, selon le gouvernement, correspond à la moitié d’un salaire de survie. Les travailleurs chez Nike ont 4% de remise sur les chaussures qu’ils fabriquent – même pas le prix des lacets. Mais ils peuvent s’estimer heureux : ils ont du travail, eux. Le « succès économique dynamique et en expansion » (autre étiquette accolée par la Banque Mondiale) a crée 36 millions de sans emploi. Dans une usine que j’ai visitée et qui fabriquait des articles pour ces marques célèbres, les jeunes femmes travaillent en batterie dans des températures qui peuvent atteindre 40 degrés. La plupart n’ont pas leur mot à dire quant aux horaires, y compris pour la fameuse « équipe prolongée » - 36 heures d’affilée sans rentrer chez soi.
Éparpillés autour de ces usines, tels des débris après la tempête, on trouve les camps de travail : des communautés hobbesiennes qui vivent dans de longs dortoirs faits de bric et de broc. Comme la majorité de l’humanité qui n’est pas concernée par les plaisirs de McDonalds ou de Starbucks, de l’Internet ou des téléphones portables et qui est sous-alimentée, ce sont les ignorés de la globalisation. Ils vivent au milieu d’égouts à ciel ouvert qui débordent et beaucoup dépensent jusqu’à la moitié de leur salaire pour avoir de l’eau potable. Leurs maisons sont traversées par des canaux puants creusés par les anciens maîtres coloniaux, les Hollandais, lors de la tentative habituelle et vaine de recréer l’Europe en Asie. Le résultat est un désastre urbain et environnemental où les moustiques pullulent en apportant leurs lots de maladies. Aujourd’hui, il s’agit d’une forme virulente de fièvre dengue. Après plusieurs visites, j’ai été piqué et il m’a fallu deux mois pour m’en remettre. Pour les enfants sous-alimentés des camps, la dengue est généralement synonyme de mort. C’est la maladie de la globalisation, que les moustiques ont colporté au fur et à mesure que les camps s’étendaient et que les ateliers émigraient des zones rurales ruinées principalement par la Banque Mondiale qui promouvait les cultures d’exportation au dépens d’une agriculture d’auto-subsistance.
J’arrivais tout juste à me faufiler dans un passage étroit. Il était rempli de vêtements accrochés et protégés par du plastique, comme dans le fond d’une boutique de nettoyage à sec. Le propreté et l’ordre qui règnent ici sont étonnants. Les gens vivent dans des pièces qui ressemblent à des cellules, généralement sans fenêtres ni ventilation, où repas et sommeils s’enchaînent au rythme des horaires de travail dans les usines. Pendant la mousson, les canaux débordent et provoquent des inondations, et du coup encore plus de plastique fait son apparition pour protéger les biens : un lecteur de bandes magnétiques, des affiches des Spice Girls et de Che Guevara. J’ai failli trébucher sur une poêle brulante. Il y a des feux de paraffine à ciel ouvert et les enfants jouent à proximité. J’ai observé une famille de cinq perchée sur un petit coin de verdure qui regardait le coucher du soleil à travers une brume de pollution jaunâtre tandis que de petits chauve-souris tournoyaient dans la distance où se dessinaient les silhouettes de gratte-ciels inachevés. Voilà un entraperçu apocalyptique du monde « globalisé » qui - d’après Blair et Bush - est irréversible.
Un "code de déontologie" publié par la société américaine Gap indique : « les dortoirs (doivent) respecter toutes les lois et réglementations relatives à la santé et à la sécurité, y compris de protection contre les risques d’incendies, les accidents et la conformité des installations électriques, mécaniques et des structures. » Mais parce que ces dortoirs sont situés à l’extérieur des usines, Gap et ses sous-traitants ne sont pas responsables. Les clients qui déambulent dans un des nombreux magasins Gap devraient réfléchir à cette non-responsabilité lorsqu’ils achètent une chemise fabriquée par des gens qui touchent un salaire qui ne leur permettrait même pas de s’offrir les boutons, encore moins un lieu de vie décent.
A quinze kilomètres des camps, au bord de la route à péage qui appartient à la fille de Suharto, se trouve le centre de Jakarta. Là se trouve la vitrine officielle et approuvée de « l’élève modèle » de la globalisation. Là on peut trouver McDonalds avec des enfants potelés assis sur les genoux de Ronald, le clown, et des galeries marchandes qui proposent des vestes en cuir Versace à £2.000 et une salle d’exposition de voitures Jaguar. Un des hôtels les plus chics est le Shangri-la. On y célèbre chaque semaine quatre mariages. Au mois de décembre dernier s’est tenu une réception qui a coûté $120.000. Elle s’est tenue dans le grand salon, qui est une réplique du celui du Waldorf Astoria à New York, complète avec chandeliers et arches de feuilles dorées. Les invités portaient de l’Armani, du Versace, de véritables diamants et déposaient de gros chèques dans une grande boite. Il y avait un gâteau de huit étages avec les initiales de mariés. Des photos de leurs vacances autour de monde étaient projetés sur un écran de cinéma. Parmi les invités, on trouvait les partisans de Suharto déchu et le premier représentant de la Banque Mondiale en Indonésie, Mark Baird, un néo-zélandais, qui a paru troublé lorsque je lui ai demandé s’il s’amusait. La Banque Mondiale a dit que sa mission en Indonésie consistait à « lutter contre la pauvreté » et à « aider les pauvres ». C’est la banque qui a prêté les $86.000.000 pour construire le Shangri-la qui, peu après la réception à laquelle assistait Baird, a licencié la plupart des employés qui s’étaient mis en grève pour des salaires décents.
Le centre de Jakarta est occupé en majorité par des bâtiments des banques, dont beaucoup sont vides, et d’immeubles inachevés. Avant 1997, la ville comptait la plus forte concentration de banques au monde, mais la moitié avaient fait faillite après l’effondrement, sous le poids de sa propre corruption, de cette économie « dynamique ». Au cours des 30 années de dictature de Suharto, le capital « global » a afflué en Indonésie. La Banque Mondiale a royalement accordé plus de 30 milliards de dollars de prêts. Une partie de la somme est allée vers des programmes censés, comme l’éducation, et des milliards sont partis ailleurs – 630 millions de dollars sont partis dans le programme de « transmigration » de Suharto visant à coloniser l’archipel. Des immigrés de toute l’Indonésie furent envoyés pour occuper le Timor Oriental où ils contrôlaient l’économie. Le récent bain de sang a Kalimantan (Borneo) était dirigé contre les immigrés de l’île de Madura qui avaient été importés pour « développer » le territoire. En août 1997, un rapport interne de la Banque Mondiale, rédigé à Jakarta, confirmait que l’un des plus grands scandales de l’histoire du « développement » était probablement le fait qu’ « au moins 20 à 30 % des prêts de la Banque sont détournés vers les poches d’employés du gouvernement et de politiciens  ».
Il ne se passait pratiquement pas un mois sans qu’un politicien occidental ne félicite Suharto pour la « stabilité » du quatrième pays le plus peuple au monde. Les politiciens britanniques étaient particulièrement actifs, à commencer par le ministre des affaires étrangères de Harold Wilson, Michael Stewart, qui en 1966 louait la « politique économique censée » du dictateur. Margeret Thatcher qualifia Suharto de « un de nos meilleurs et plus chers amis ». Le ministre des affaires étrangères de John Major, Douglas Hurd, vantait les « valeurs asiatiques » de Suharto (un terme codé pour désigner l’absence de démocratie et les violations des droits de l’homme). En 1997, Robin Crook, lors que son premier voyage officiel à l’étranger, est passé par l’Indonésie pour une poignée de main chaleureuse – si chaleureuse que le ministère des affaires étrangères a bizarrement choisi une photo couleur des deux en train de se serrer la main pour illustrer son rapport sur les droits de l’homme dans le monde.
Tout le monde savait bien sûr. Amnesty International remplissait les dossiers de preuves contre Suharto. Milosevic et Saddam Hussein étaient des amateurs en comparaison. Peu avant l’arrivée de Cook, une enquête détaillée de la Commission des Affaires Etrangères du parlement Australien avait conclu que les troupes de Suharto avaient tué « au moins » 200.000 habitants au Timor Oriental, soit un tiers de la population. Au cours de la première année au pouvoir du Parti Travailliste (le « Parti Socialiste » britannique – NdT), la Grande-Bretagne était le premier fournisseur d’armes à l’Indonésie.
Ce qui est logique car la vente d’armes est un des grands succès de la globalisation et l’Indonésie, l’élève modèle, a joué un rôle important. Lorsque « l’économie globale » (càd le Capitalisme débridé) s’est emparée de la Grande-Bretagne au début des années 80, Margaret Thatcher a entrepris de démanteler le tissu industriel britannique, tout en relançant l’industrie de l’armement qui est devenu l’un des premiers au monde, devancé uniquement par les Etats-Unis. Ceci fût réalisé grâce à des subventions cachées, celles qui sapent et sabotent le « marché libre » en occident. Près de la moitié de toutes les subventions de recherche et de développement était accordée à la « défense » et le département de garantie des crédits à l’exportation du Ministère de Commerce et de l’Industrie offrait des « prêts avantageux » aux régimes du tiers monde qui cherchaient à s’offrir quelques sabres hi-tech à brandir. Le fait que nombre de ces régimes violaient allégrement les droits de l’homme où connaissaient des conflits internes où étaient au bord d’une guerre avec un pays voisin ne constituait pas un frein. L’Indonésie était un des grands bénéficiaires de ces largesses. Au cours de ces 12 mois, près de 1 milliard de livres sterling de subventions ont financé la vente de bombardiers Hawk à l’Indonésie. C’est le contribuable britannique qui a déboursé, mais ce sont les marchands d’armes qui ont récolté les profits. Les bombardiers Hawk sont employés à bombarder les villages dans les montages du Timor Oriental – et le Ministère des Affaires Etrangères a menti pendant quatre ans avant de l’avouer. Depuis, les Hawks ont bombardé les habitants de la Papouasie occidentale qui luttent pour leur liberté.
Je suis allé dans la région de Krawang sur l’île de Java, où j’ai rencontré un cultivateur de riz nommé Sarkom. On peut dire que Sarkom est représentatif des 80% de l’humanité qui vivent de l’agriculture. Il ne fait pas partie des plus pauvres, il vit avec sa femme et leurs trois filles dans une petite maison de bambou au sol carrelé. Sous le haut-vent, on trouve un lit de bambou, une chaise et une table où sa femme, Cucuk, arrondit les fins de mois avec des travaux de couture. L’année dernière, le Fonds Monétaire International a offert au gouvernement post-Suharto un « plan de sauvetage » sous forme de prêts de plusieurs millions de dollars. Les conditions d’octroi du prêt précisaient la suppression des droits de douane sur les aliments de base. «  Le commerce de toutes les qualités de riz a été ouvert aux importateurs et exportateurs » a décrété le FMI dans une lettre. Les fertilisants et les pesticides ont perdu aussi leurs 70% de subventions. Pour des fermiers comme Sarkom, cela signifie probablement la faillite et leurs enfants devront aller chercher du travail en ville. De plus, cela donne le feu vert aux multinationales céréalières géantes américaines pour entrer dans le pays.
Le deux-poids deux-mesures appliqué est époustouflant. L’agrobusiness en Occident, particulièrement aux Etats-Unis et en Europe, a été capable de produire les fameux surplus et de développer ses capacités d’exportation uniquement grâce aux barrières douanières et aux subventions locales massives. Le résultat fut une augmentation brutale de la mainmise de l’occident sur les aliments de base de toute la panète. Le patron de Cargill Corporation, qui domine le commerce mondial des céréales, s’est vanté un jour, « lorsque nous nous levons de table chaque matin après le petit-déjeuner, une grande partie de ce que nous avons consommé – céréales, pain, café, sucre et ainsi de suite – est passée entre les mains de ma société. » L’objectif de Cargill est de doubler de taille tous cinq ou sept ans. C’est ce qu’on appelle « le marché libre ». « J’ai passé 14 ans en prison pour tenter de l’empêcher, » dit Sarkom. « Tous mes amis, ceux qui n’ont pas été assassinés, sont allés en prison pour empêcher la prise de pouvoir du grand capital. Peu importe comment on l’appelle aujourd’hui – le truc global ou le machin mondial. Ce sont les mêmes forces, qui représentent la même menace pour nos vies. »
Cette remarque fait référence à un chapitre de l’histoire de l’Indonésie que les politiciens et hommes d’affaires occidentaux préféraient oublier, même s’ils ont été parmi les principaux bénéficiaires. Sarkom faisait partie des dizaines de milliers d’emprisonnés après le coup d’état du général Suharto en 1965-1966 - « l’année de tous les dangers » – qui a renversé le président nationaliste Sukarno qui dirigeait le pays depuis la fin de la colonisation hollandaise. Les chercheurs estiment à présent que jusqu’à 1 million de personnes ont été tués lors du pogrom qui a suivi le coup d’état qui visait principalement le Parti Communiste d’Indonésie, le PKI. Sarkom avait 19 ans lorsqu’ils l’ont emmené. Aujourd’hui il essaie de rédiger ses mémoires dans un cahier d’écolier pour raconter les horreurs vécues. Il a vécu de nombreuses années sur l’île de Buru, où des milliers de prisonniers ont été tout simplement déposés, sans logement, sans nourriture et sans eau. Le jour où je suis allé le voir, il avait rassemblé un groupe d’amis pour me rencontrer, des hommes de 60, 70 ans, qui eux aussi étaient des « tapols » - des prisonniers politiques relâchés après la chute de Suharto en 1998. Il y avait deux enseignants, un fonctionnaire, un membre du parlement. Un avait été emprisonné pour avoir refusé de voter pour le parti de Suharto, le Golkar. Plusieurs étaient membres du PKI. Adon Sutrisna, enseignant, m’a dit, « Nous sommes le peuple, la nation, que le monde a oublié. Si vous connaissiez la vérité sur ce qui s’est passé en Indonésie, vous comprendriez parfaitement vers quoi on nous entraîne aujourd’hui. »
A quelques kilomètres de la ferme de Sarkom se trouve une butte de terre recouverte de fleurs. C’est une fosse commune, mais rien ne signale sa présence – 35 ans après le massacre, les familles des victimes – estimées à une dizaine - ont encore trop peur pour oser ériger une pierre tombale. Mais dans l’ère post-Suharto, de nombreux Indonésiens commencent lentement à se débarrasser de la peur qui a marqué tout une génération et à travers tout le pays les familles commencent à exhumer les restes de leurs proches. Quelques silhouettes furtives la nuit, entraperçues au bord d’une rivière ou d’une rizière. Les témoins les plus âgés se souviennent des « rivières charriant des cadavres, comme des troncs d’arbres ». D’un village à l’autre, de jeunes hommes furent massacrés sans raison et leurs meurtres signalés par des rangées de pénis tranchés.
J’ai un ami à Jakarta qui s’appelle Roy. Certains l’appellent Daniel. Ce ne sont que deux des pseudonymes qui lui ont permis de rester en vie depuis 1965. Il fait partie d’un groupe remarquable de révolutionnaires qui sont entrés dans la clandestinité pendant la longue répression de Suharto – les années où la Banque Mondiale chaperonnait son « élève modèle » - et qui émergeait dans des moments critiques pour diriger un mouvement d’opposition clandestin. Il a été arrêté et torturé à plusieurs reprises. « J’ai survécu parce qu’ils n’ont jamais su que c’était moi, » dit il. « Une fois, un tortionnaire m’a hurlé dessus « dis nous où se trouve Daniel ! » ». En 1998, il a organisé les manifestations de rues des étudiants courageux qui ont ses sont confrontés aux véhicules anti-émeutes fournis par la Grande-Bretagne, et qui ont joué un rôle clé dans la chute finale du dictateur.
Roy m’a emmené à l’école où le cauchemar de Suharto a commencé pour lui. Tandis que nous nous asseyons dans une salle de classe vide, il se souvient de cette journée d’octobre 1965 lorsqu’il a vu un gang surgir et trainer le maître d’école dans la cour, où ils l’ont battu à mort. « C’était un homme merveilleux, gentil et bon, » a dit Roy. « Il chantait à la classe, et me faisait la lecture. C’était quelqu’un que je moi, en tant que garçon, je prenais pour un modèle... J’entends à présent ses hurlements, mais pendant des années tout ce dont je me souvenais était d’être sorti de la classe en courant et d’avoir couru, couru, dans les rues, sans m’arrêter. Lorsqu’on m’a retrouvé le soir, j’étais traumatisé. Je n’ai pas parlé pendant un an. »
Le maître d’école était soupçonné d’être un communiste, et son meurtre ce jour-là était caractéristique de l’exécution systématique des enseignants, des étudiants, des fonctionnaires, des paysans. « En termes de nombre de tués, » selon un rapport de la CIA, « le massacre constitue l’un des pires massacres de tout le 20ème siècle ». L’historien Gabriel Kolko a écrit que «  la « solution finale » au problème communiste en Indonésie constitue un crime comparable à celui commis pas les Nazis. » Selon le spécialiste de l’Asie, Peter Dale Scott, les politiciens, diplomates, journalistes et universitaires occidentaux, dont certains avaient des connexions directes avec les services de renseignement, ont propagé le mythe que Suharto et les militaires avaient sauvé le pays d’une tentative de coup d’état du Parti Communiste Indonésien, le PKI. Jusqu’à là, Sukarno avait compté sur les communistes pour contre-balancer l’influence de l’armée. Lorsque 6 généraux furent assassinés le 30 septembre 1965, Suharto a accusé le PKI. Depuis la chute du dictateur en 1998, des témoins ont parlé pour la première fois et des documents publiés suggèrent fortement que Suharto, qui contrôlait l’armée à Jakarta, a profité d’une lutte interne au sein de l’armée pour s’emparer du pouvoir.
Ce qui ne fait plus aucun doute par contre c’est la collaboration des gouvernements occidentaux et le rôle joué par les multinationales. En réalité, la globalisation en Asie est née dans ce bain de sang. Pour la Grande-Bretagne, l’objectif à l’époque était de protéger ses intérêts coloniaux en Malaisie, menacés par une « confrontation » avec un président Sukarno qualifié « d’instable ». Un document de 1964 du Ministère des Affaires Etrangères demandait la « défense » des intérêts occidentaux en Asie du sud-est, « un producteur majeur de biens de consommations essentiels. La région produit près de 85% du caoutchouc mondial, plus de 45% du fer blanc, 65% du cuivre et 23% du chrome. » Sur l’Indonésie, Richard Nixon a écrit, « avec une population de 100 millions et 300 kms d’îles qui abritent les plus grandes ressources naturelles de la région, l’Indonésie est un morceau de choix dans l’Asie du Sud-est ».
L’ex-président Sukarno était à la fois un populiste et un nationaliste, et le fondateur de l’Indonésie moderne et du mouvement des pays non-alignés qui, espérait-il, allait tracer une véritable « troisième voie » entre les deux super-puissances. Il pouvait être démocrate et démagogue. Il encourageait les syndicats et les mouvements de femmes, culturels et de paysans. Entre 1959 et 1965, plus de 15 millions de personnes ont rejoint les partis politiques et les organisations de masse affiliées qui étaient encouragées à défier l’influence britannique et étasunienne dans la région. Avec 3 millions de membres, le PKI était le plus grand parti communiste au monde en dehors de l’Union Soviétique et de la Chine. Selon l’historien australien Harold Crouch, « le PKI bénéficiait d’un large soutien non pas en tant que parti révolutionnaire mais en tant qu’organisation qui défendait les intérêts des pauvres au sein du système. » C’était cette popularité, plus qu’un hypothétique soulèvement armé, qui faisait peur aux Américains. L’Indonésie, comme le Vietnam au nord, pouvait « tomber entre les mains du communisme ».
En 1990, la journaliste d’investigation étasunienne Kathy Kadane a révélé l’existence d’une participation secrète des Etats-Unis au massacre de 1965/66 qui renversa Sukarno et mit au pouvoir Suharto qui à l’époque était peu connu en dehors des cercles d’initiés des services secrets. Dans une série d’interviews d’anciens officiels étasuniens, elle conclut : « Ils fichaient les militants communistes. Jusqu’à 5.000 noms ont été remis à l’armée indonésienne, et les Américains ensuite rayaient de la liste les noms de ceux qui avaient été tués ou capturés ».
En 1966, l’ambassadeur US à Jakarta a rassuré Suharto que «  les Etats-Unis voient plutôt d’un bon œil et admirent ce que l’armée est en train de faire. » L’ambassadeur britannique, Sir Andrew Gilchrist, a rapporté au Ministère des Affaires Etrangères britanniques : « Je n’a jamais caché que je pense que quelques pelotons d’exécution en Indonésie seraient un préliminaire indispensable à tout changement réel. » Après avoir armé et équipé une bonne partie de l’Armée, Washington a ensuite secrètement fourni une assistance en matière de communications aux troupes de Suharto. L’équipement était acheminé de nuit dans des avions de l’armée de l’Air US depuis les Philippines et constituait le nec plus ultra en matière de communications et la CIA et la NSA connaissaient les fréquences. Cette technologie a non seulement permis aux généraux de Suharto de coordonner les tueries mais signifie aussi que les plus hauts échelons de l’administration US étaient à l’écoute. Suharto a réussi à isoler de larges zones du pays. On connait des films d’archives qui montrent des gens se faire embarquer dans des camions et être emportés, mais c’est tout. A ma connaissance, la photo floue publiée ici est la seule image d’archive disponible de cet holocauste indonésien.
Il serait utile aux journalistes d’aujourd’hui de comprendre l’importance du rôle joué par la propagande occidentale hier comme aujourd’hui. Les services de renseignement britanniques ont manipulé la presse avec tant de doigté que Norman Reddaway, chef du Département de Recherche et d’Information du ministère des affaires étrangères, s’est vanté auprès de l’ambassadeur Gilchrist, dans une lettre marquée « secrète et personnelle », que la manipulation que lui et ses collègues avaient réussi à orchestrer - que le pouvoir de Sukarno aboutirait à une prise de pouvoir des communistes - « avait fait le tour du monde ». Il raconte comment un journaliste chevronné d’un grand journal britannique a accepté de « donner votre version des faits dans son article... à savoir, qu’il s’agissait d’un coup d’état de velours, sans boucherie. » Roland Challis, qui était le correspondant de la BBC pour l’Asie du Sud-est, pense que la couverture des massacres a été un triomphe de la propagande occidentale. « Mes sources britanniques ont prétendu ne pas savoir ce qui se passait, » m’a-t-il dit, « mais ils connaissaient le plan américain. Il y avait des cadavres qui échouaient sur les pelouses du consulat britannique à Surabayo, et des navires de guerre britanniques ont escorté un bateau rempli de soldats indonésiens à travers le détroit de Malacca, pour aller participer à ce terrible holocauste. Ce n’est que beaucoup plus tard que nous avons appris que l’ambassade des Etats-Unis fournissaient des noms et les rayaient de la liste au fur et à mesure qu’ils étaient tués. Il y avait un accord, voyez-vous. L’instauration du régime de Suharto impliquait l’entrée en scène du FMI et de la Banque Mondiale. Sukarno les avait expulsés, Suharto devait les ramener. C’était l’accord.  »
Avec un Sukarno malade et impuissant et Suharto sur le point de s’autoproclamer président, la presse US a présenté le coup d’état non pas comme une tragédie humaine mais comme une série de nouvelles opportunités économiques. La prise de pouvoir par les militaires, malgré les massacres, fut décrit par le magazine Time comme « la meilleure nouvelle en Asie pour l’Occident  ». Un titre du magazine US News & World Report disait « Indonésie : de l’Espoir, là où il n’y en avait plus.  » Le célèbre commentateur du New York Times James Reston a quant à lui célébré l’émergence d’une « lueur en Asie » et signé un article qu’on avait manifestement écrit pour lui. Le premier ministre australien, Harold Holt, en visite aux Etats-Unis, a fourni un bel exemple de son sens de l’humour. « Avec 500.000 à 1 million de sympathisants communistes éliminés, » a - t-il dit, « je pense qu’on peut dire qu’une réorientation s’est produite. »
Ralph McGehee, un officier supérieur de la CIA à l’époque, que j’ai interviewé pour la première fois il y a presque 20 ans, a décrit le renversement de Sukarno en Indonésie comme une « opération modèle » pour le coup d’état qui devait renverser Salvador Allende au Chili sept ans plus tard. « la CIA a fabriqué un document qui était censé prouver un complot gauchiste visant à assassiner des chefs militaires chiliens, » écrit-il, « comme en Indonésie en 1965. » Il dit que les massacres en Indonésie constituaient aussi un modèle pour l’Opération Phénix au Vietnam, où les escadrons de la mort dirigés par les Etats-Unis ont assassiné prés de 50.000 personnes.
En novembre 1967, après la capture du « morceau de choix », le pillage fut organisé. La société Time-Life Corporation a organisé une conférence extraordinaire à Genève qui, en l’espace d’une semaine, a procédé au partage de l’Indonésie. A la conférence se trouvaient les hommes d’affaires les plus importants au monde, comme David Rockefeller, et tous les géants du capitalisme occidental étaient représentés. On y trouvait les grandes compagnies pétrolières et les banques, General Motors, Imperial Chemical Industries, British Leyland, British-American Tobacco, American Express, Siemens, Goodyear, the International Paper Corporation, US Steel.
De l’autre côté de la table se trouvaient les hommes de Suharto, que Rockefeller appelait « la meilleure équipe d’économistes de l’Indonésie ». Plusieurs étaient des économistes formés à l’Université de la Californie à Berkley. Tous ont chanté la partition qu’on leur tendait et vanté les avantages de leur pays et de son peuple : « Abondance de main d’oeuvre bon marché... une mine de ressources naturelles... un marché captif. »
J’ai récemment demandé à l’un d’entre eux, le Dr. Emile Salim, si quelqu’un à la conférence avait mentionné qu’un million de personnes avaient été tuées pour instaurer un pouvoir favorable aux affaires. « Non, ce n’était pas à l’ordre du jour », a-t-il répondu. « Je n’étais pas au courant à l’époque, je ne l’ai appris que plus tard. Rappelez-vous, nous n’avions pas la télévision et les téléphones ne marchaient pas très bien. »
A cette conférence, l ’économie indonésienne fût dépecée, secteur par secteur. Dans une salle, on dépeçait les forêts, dans une autre, les minerais. La société Freeport Company s’est vu accorder une montagne de cuivre en Papouasie occidentale (Henri Kissinger siège au Conseil d’administration). Un consortium américano-européen a eu le nickel de la Papouasie occidentale. Le géant Alcoa a eu la plus grosse tranche de bauxite indonésienne. Un groupe d’Etasuniens, de Japonais et de Français ont eu les forêts tropicaux de Sumatra, Papouasie occidentale et Kalimantan
Une loi sur les investissements étrangers, hâtivement votée après le coup d’état, a dispensé le pillage de tout impôt pendant au moins cinq ans. Le contrôle réel, et secret, de l’économie du pays a été transféré au FMI et à la Banque Mondiale à travers le Inter-Governmental Group on Indonesia (IGGI), dont les principaux membres étaient les Etats-Unis, le Canada, l’Europe et l’Australie. Sous Sukarno, l’Indonésie n’avait que peu de dettes. Après, les très gros prêts ont déboulé, souvent pour atterrir directement dans les poches, tandis que le « morceau de choix » se voyait piller de ses ressources. Peu avant le crash financier asiatique de 1997, les parrains du IGGI ont félicité leur tueur en série préféré pour avoir crée « une économie miracle ».
John Pilger
Juillet 2001
http://www.inminds.co.uk/globalisation-in-indonesia.html
Traduction « toute ressemblance avec des personnages, situations, pays, existants ou ayant existé... » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles.
URL de cet article 14773 http://www.legrandsoir.info/globalisation-en-indonesie-le-pillage-apres-le-massacre.html

lundi 3 octobre 2011

Ce sont les chiffres,Idiot !

3 octobre 2011
J’ai toujours raffolé des chiffres et des équations. Ils ne mentent pas. Les chiffres et les équations vous donnent des solutions précises à des problèmes précis. Ils vous portent là où vous voulez aller.
Il y a des nombres premiers, il y a des fractions, il y a des angles complets, des demi-angles, ils se somment tous pour arriver au même résultat. Au final, le compte est bon. Ce qui ne tourne pas rond pour mon esprit mathématique, c’est pourquoi nous les palestiniens nous continuons à parcourir les mêmes chemins, nous frappons aux mêmes portes, tout en sachant que nous ne recevrons pas de réponse ou de résultat satisfaisant voir même raisonnable. Le compte n’est pas bon.Jetons un coup d’oeil aux chiffres : depuis 1948, Israël a ignoré plus de 690 résolutions des Nations Unies, certaines via la censure, d’autres de par des admonestations et d’autres encore pour condamnations hors-la-loi. Israël a fait ceci avec la totale conscience, si pas l’encouragement, tout d’abord des administrations US successives, et ensuite de la majeure partie de la communauté internationale. Les Etats-Unis d’Amérique ont usé de tout leur pouvoir de veto au Conseil de Sécurité à 41 reprises. La 42est imminente. À chaque occasion où le Conseil de Sécurité était sur le point de condamner Israël pour son oppression brutale sur les palestiniens et sur les crimes de guerre commis particulièrement à Gaza, les américains ont dit NON. Et ce n’est pas tout. Obama, dans son discours à l’assemblée générale, a dit que « notre soutien pour la sécurité d’Israël est inébranlable ». Le Secrétaire de Presse de la Maison Blanche, Jay Carney, a dit : « Nous avons pris cette position car la demande de l’Autorité Palestinienne pour devenir membre des Nations Unies ne va pas réunir les différentes parties ni rapprocher les palestiniens d’une étatisation. Cette option est contre productive. »Le Congrès américain a menacé de cesser les aides financières à l’Autorité Palestinienne comme moyen de pression pour admonester et mettre la pression sur l’A.P. pour qu’elle capitule. Le sénateur républicain de l’Illinois, Mr Joe Walsh, a soumis au congrès un papier signé par 30 co-sponsors pour soutenir le droit d’Israël d’annexer la Rive Ouest, et de l’appeler Judée et Samarie.
Mr Tony Blair, le représentant du Quartet dans le Moyen Orient, a décrit la demande pour devenir membre des Nations Unies comme « un acte de violence ». Carne Ross, expert en diplomatie au Moyen orient, a dit que « malgré tout ce qui se passe au Moyen orient, les USA soutiendront toujours Israël, quoi qu’il arrive ». Le Président a des problèmes domestiques avec l’électorat juif qui pense qu’il est anti-Israël et le congrès qui veut réduire les fonds pour l’Autorité Palestinienne.Le compte n’est pas bon.Le nombre 194 a été ébruité en référence au nombre duquel la Palestine serait flanquée si elle devenait à tous les effets un membre des Nations Unies. Pendant ce temps-là, « le Quartet » dans son infinie sagesse, a à peine publié une phrase après leur meeting à New York le 23 septembre, réaffirmant leur engagement pour une paix durable dans le Moyen Orient. Il a aussi affirmé sa détermination à chercher activement et vigoureusement une solution complète au conflit Arabo-israélien, sur base des résolutions 242, 338, 1397, 1515 et 1850 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
L’accord d’Oslo a été signé en 1993. Dix-huit années de négociations futiles se sont écoulées. Où étaient tous ces gens ? Pourquoi n’ont-ils pas encore mis en œuvre une seule des promesses faites ni aucun des agréments qu’ils ont signé ?Ceux parmi vous qui, comme moi, raffolent des chiffres, auront remarqué que la résolution 194, qui garantit le droit inaliénable de retour pour tout palestinien, posé en 1948 et agréé par tous les membres, fait défaut. Le compte n’est pas bon.Les 22 membres de la Ligue Arabe ont été absents durant une longue période. La plupart d’entre eux étaient également occupées à s’affronter entre eux ; 6 d’entre eux sont occupés à mater des rébellions locales, regroupées sous le nom de Printemps Arabe, et la plupart d’entre eux sont peu ignorants voir indifférents à ce qui se passe sur le terrain en Palestine.L’Arabie Saoudite a récemment offert 200 millions de dollars à l’Autorité Palestinienne pour la garder sur pieds. S.A.R. le Prince Turki Al Faisal d’Arabie Saoudite a menacé les USA, si toutefois ils persévéraient dans leur position contre la demande de l’A.P. de devenir membre de l’assemblée générale des Nations Unies, de se comporter différemment vis-à-vis des USA par rapport à leur attitude durant plus d’un siècle auparavant. Votre Altesse Royale, merci à vous et votre gouvernement pour les 200 millions de dollars. Dieu sait que les palestiniens de la Rive Ouest, surtout de Gaza, ont besoin de chaque centime de ce don pour acheter leur pain quotidien. Mais n’eut-il pas été plus utile que le gouvernement saoudien annule le projet Al Yamamah d’un coût de 70 milliards de dollars ?Le compte n’est pas bon.Mr Netanyahu a considéré la demande de l’A.P. comme « l’équivalent d’une déclaration de guerre » et a déclaré qu’Israël demande des mesures de sécurité car le pays est entouré de nations hostiles.
Pardonnez-moi si j’ai l’air légèrement ignorant, quelles sont les nations hostiles qui encerclent Israël ?
- Israël n’a-t’il pas un traité de paix avec l’Egypte ?
- Israël n’a-t’il pas un traité de paix avec la Jordanie ?
- Israël n’a-t’il pas des relations économiques et diplomatiques avec plusieurs pays arabes dans la région ?
- Israël n’a-t’il pas eu un meeting récemment au Qatar avec le Conseil Intérimaire de Transition Nationale de Libye ?
Est-ce qu’Israël a reçu ne fut-ce qu’une balle de tennis lobée depuis la Syrie depuis 1973 ?
Israël n’occupe-t-il plus les Plateaux du Golan ? Ou bien peut-être que Mr Netanyahu se référait à la bande de Gaza assiégée, étranglée et brutalisée.Israël n’occupe-t-il pas actuellement l’entièreté de la Rive Ouest de la Palestine, avec des centaines de barrières et de checkpoints ? Avec des centaines de campements positionnés stratégiquement tout au long de la Rive Ouest, habitée par 650.000 colons juifs armés, agressifs qui harcèlent les palestiniens jour après jour ? Qui déracinent nos arbres et mettent le feu à nos prairies ?
Israël ne contrôle-t-il pas nos finances ?
Israël ne contrôle-t-il pas nos frontières, nos mers et nos cieux ? Et malgré cela, et malgré cela, nous sommes les agresseurs.Ce n’est qu’aujourd’hui qu’Israël a annoncé la construction de 1100 nouvelles unités de constructions dans Jérusalem Est. Mr Netanyahu dit que les campements de colonies ne sont pas le fruit d’une occupation ou d’une politique expansionniste des précédents gouvernements israéliens, mais bien le fruit de nos activités terroristes.Le compte n’est pas bon.
Il y a plusieurs estimations au sujet du nombre de palestiniens sur la Rive Ouest, Gaza, les camps de réfugiés et la Diaspora. Le nombre le plus ébruité est entre 10 et 12 millions. L’A.P. a dépensé des millions de dollars pour promouvoir sa demande aux Nations Unies. Ce qu’ils ont oublié de faire, c’est de nous demander à nous les palestiniens ce qu’on veut vraiment. N’existons-nous pas ? Nous, palestiniens, en vérité, sommes un peuple raisonnable. En effet, je pense que la plupart du temps, nous sommes déraisonnablement raisonnables. Serait-ce déraisonnable pour un palestinien de demander à l’A.P. et au Hamas d’aplanir leurs différences et de s’unir sous un même drapeau comme première ligne de défense contre nos occupants ?Serait-ce hors de question de demander à la fois à l’A.P. et au Hamas de libérer tous les prisonniers politiques palestiniens de chaque bord ?Serait-il purement et simplement impoli de demander à l’A.P. et au Hamas de faire un clin d’œil courtois aux palestiniens qui vivent dans des camps ?Serait-ce absolument scandaleux de ma part de suggérer que les 8 millions de palestiniens qui vivent en exile soient consultés et inclus dans le débat ? Après tout, vous jouez avec notre destin. C’est très certainement ne serait-ce que décent que nous soyons inclus.Désormais, le compte est bon.
Source originale : Ammonnews.netTraduit de l'anglais par Fabrice Limbert pour Investig'ActionSource : michelcollon.info

Etat palestinien : Et maintenant ?

lundi 3 octobre 2011
Comment Israël - et ses colons en particulier - réagiront-ils si Abbas atteint son objectif aux Nations Unies et si un Etat palestinien y est admis sur la base des frontières de 1967 ? interroge Saleh al-Naami.
Bien que les drapeaux palestiniens soient arborés sur des magasins, des maisons et des voitures dans la plupart des villes de Cisjordanie, les Palestiniens ne semblent pas très intéressés par l’événement qui a déclenché une bataille diplomatique sans précédent entre l’Autorité palestinienne (AP de Ramallah) d’une part, et Israël et les Etats-Unis de l’autre. Il n’existe aucun consensus parmi les Palestiniens en Cisjordanie, ainsi que dans la bande de Gaza, concernant le plan d’Abbas.
Jamal Youssef, propriétaire d’une boutique dans la rue Omar Al-Mokhtar dans la ville de Gaza, et son voisin Samir Suleiman sont dans la minorité qui se soucie de ce qui se passe. Ils passent de longues heures à débattre des répercussions de la stratégie d’Abbas. Youssef croit que l’initiative « est avisée et un coup de génie, une réplique pratique et critique à la conduite d’Israël », renforçant son avis par « l’hystérie des responsables israéliens face à la requête palestinienne. »
Suleiman estime de son côté que les actions d’Abbas sont « un coup d’épée dans l’eau qui ne fera pas avancer la cause nationale palestinienne, mais qui contribuera plutôt à l’affaiblir. » Il est d’accord avec les préoccupations de certaines organisations palestiniennes et les milieux avisés qui mettent en garde contre les Nations Unies, car cela pourrait signifier l’effacement des revendications palestiniennes pour défendre le droit au retour des réfugiés palestiniens.
En dehors de la Cisjordanie, il n’y a pas de signes ou d’activités publiques en appui à Abbas, en raison du puissant désaccord entre les organisations palestiniennes dans la bande de Gaza par rapport à ce plan. La position du Fatah est soutenue par les factions à gauche au sein de l’Organisation de Libération de Palestine (OLP), alors que le Hamas et le Jihad islamique y sont fortement opposés.
Jamil Al-Majdalawi, membre du bureau politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), a appelé toutes les organisations palestiniennes à soutenir l’initiative de septembre. « Indépendamment des préoccupations au sujet de l’initiative de septembre, de certains de ses aspects peu clairs ou des politiques qui vont suivre, ce serait une erreur de nous nuire par nos propres mains », fait valoir Al-Majdalawi. « Le devoir national exige que l’unité l’emporte sur les différences entre nous lorsque nous nous battons contre notre ennemi israélien qui est soutenu par les Etats-Unis, et par d’autres à tour de rôle. »
Al-Majdalawi a insisté pour que ce mouvement de soutien « ne signifie pas nécessairement être d’accord ou se mettre à la remorque de l’AP, surtout que celle-ci insiste pour dire que des négociations sont son premier, deuxième et troisième choix, avant et après [le passage à] l’ONU ».
Khaleda Jarara, collègue d’Al-Majdalawi au bureau politique du FPLP, conclut que la position d’Abbas doit être appuyée, mais en soulignant que son groupe approuve l’initiative de l’ONU tant qu’elle représente une alternative à la poursuite « de la farce » des négociations.
Pendant ce temps, le Hamas a intensifié ses critiques du plan d’Abbas. Alors que dans le passé, il a permis à certains responsables de niveau intermédiaire d’exprimer leurs appréhensions à propos de l’initiative, il jette maintenant tout son poids dans l’affirmation que la proposition d’Abbas érode la légitimité nationale. Le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a décrit l’étape comme une initiative « unilatérale », déclarant que son gouvernement rejettait les décisions unilatérales de l’AP sur le destin de la cause palestinienne. Haniyeh a dénoncé le plan de l’AP d’aller à l’ONU pour demander la reconnaissance d’un Etat palestinien sans qu’aient été consultées toutes les organisations palestiniennes, qualifiant toute cette affaire de « farce politique. »
Haniyeh a présenté la demande aux Nations Unies comme « une bouée de sauvetage pour Israël et les Etats-Unis après les révolutions arabes », affirmant « que nous aurions dû attendre la révolution arabe et de nouveaux bouleversements dans les sociétés arabes pour que s’en trouve renforcée la position palestinienne et que soient protégés les droits des Palestiniens. »
Nemr Hammad, conseiller politique d’Abbas, a rejeté les critiques du Hamas et a décrit le plan soumis aux Nations Unies comme une étape nécessaire suite au refus d’Israël de présenter au côté palestinien aucune autre offre concrète qui aurait définitivement gelé les constructions dans les colonies, et permis de retourner à la table des négociations avec des paramètres clairs et un échéancier précis. Hammad calomnie les critiques d’Abbas : « Il n’y a aucune raison de s’opposer au fait d’aller à l’ONU, sauf si on soutient la position d’Israël qui prétend que cette terre est un territoire contesté. »
Répondant aux critiques palestiniennes selon lesquelles le plan de l’ONU implique la reconnaissance du caractère juif d’Israël, Hammad répond : « Les Palestiniens ont définitivement refusé de reconnaître Israël comme Etat juif. » Il a souligné qu’il n’y a aucune perspective de négociations avec le gouvernement de Netanyahu car il adopte une position extrémiste. Quant à la possibilité que la Palestine soit acceptée comme observateur à l’Assemblée générale, et non comme membre à part entière disposant des pouvoirs des autres Etats, Hammad a déclaré : « L’importance du statut d’observateur est que l’Etat sera un membre à part entière de toutes les organisations de l’ONU comme l’UNESCO, la FAO et l’OMS, et sera en mesure d’engager des procédures devant la Cour pénale internationale. C’est pourquoi les Américains ne veulent pas que nous allions devant l’Assemblée générale. »
Dans le cadre de la campagne médiatique pour promouvoir la mission d’Abbas, Hammad a fortement attaqué l’opposition de Washington à l’initiative palestinienne. « Quand Washington nous demande de ne pas aller à l’ONU, nous répondons : "en échange de quoi ?" » dit-il aux journalistes palestiniens. « Puis ils commencent à dire que l’envoyé du Quartet, Tony Blair, est en train de rédiger une déclaration pour relancer des pourparlers. Mais quand Blair est interrogé sur le contenu de cette déclaration, il ne fait que répondre : "Nous voulons combiner vos positions et celles d’Israël". Nos positions sont claires et elles se conforment au droit international et aux accords signés, basés sur un retrait israélien complet de nos territoires occupés en 1967 et la création d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale. En attendant, la position d’Israël, par ses actions, est de poursuivre la judaïsation de Jérusalem, d’étendre ses colonies en Cisjordanie, à Jérusalem, et de se servir des négociations comme d’un moyen de gagner du temps et d’imposer une réalité sur le terrain. »
Hammad accuse indirectement le président américain Barack Obama de donner la priorité à sa réélection avant de vouloir résoudre le problème palestinien. « Notre cause ne sera pas l’otage des élections américaines », a-t-il ajouté. « Si cette administration veut prouver sa crédibilité en soutenant les buts de la révolution arabe pour la liberté, elle doit le faire en soutenant la libération, l’indépendance et la souveraineté pour le peuple palestinien qui est soumis aux formes les plus cruelles de l’occupation. »
Mais les Palestiniens se soucient avant tout en ce moment des colons juifs qui exploitent l’initiative de septembre pour lancer des attaques contre les villes et villages de Palestine, en particulier en Cisjordanie. Les jeunes Palestiniens se sont organisés en groupes pour pouvoir s’opposer aux colons. Un de ces groupes a annoncé la création d’un centre opérationnel pour organiser la résistance face aux attaques.
Saleh al-Naami - Al Ahram Weekly
Traduction : Nazem