En moins de dix ans, le réseau internet est devenu accessible à tous.
Les grandes puissances mondiales se préparent à la guerre sur Internet.
Les services secrets recrutent des pirates informatiques. Ceux que l'on appelle les hackers vont être aux avant-postes de ces cyber conflits. Spams, escroqueries, attaques d'ordinateurs zombies, diffusion de virus destructeurs, autant de moyens pour faire fortune aux dépens des citoyens utilisateurs et des grandes corporations. La gradation du crime sur Internet est à l'image du média lui-même : une foire où la créativité individuelle ou collective prend des formes toujours plus étonnantes. Russie, USA, Estonie, Israël, cette enquête mène le téléspectateur sur les points chauds où les hackers et les gouvernements s'affrontent.
Des personnages hauts en couleurs comme " Captain Crunch " qui inventa le piratage informatique dans les années 70 ou les frères Badir, trois Palestiniens non-voyants, qui ont infiltré les systèmes de Tsahal, l'armée d'Israël en sont les protagonistes. Ce film montre d'abord comment, grâce à Internet, l'industrie clandestine du logiciel malveillant accumule un arsenal d'armes de perturbation massive et ensuite explique pourquoi ceux qui contrôleront ces armes seront en mesure de décider de l'issue de la prochaine guerre.
Israël possède des armes chimiques, bactériologique et nucléaires ainsi que des sous marins lanceurs d'engins. Israël est une vraie menace pour le Proche Orient et pour le monde.
Le 1er septembre 1986, un journaliste du Sunday Times est contacté par Mordechai Vanunu. Ce technicien nucléaire a découvert qu'Israël avait développé dans le plus grand secret des armes nucléaires dans la base de Dimona. En échange de la protection du Sunday Times et d'une forte somme d'argent, il accepte de révéler son histoire au monde entier. Dès lors, le Mossad se lance à sa poursuite pour le ramener en Israël et le faire juger pour trahison.
Israël est le seul pays qui refuse de signer le Traité de non-prolifération nucléaireMordechaï Vanunu : "Avant de s’en prendre à l’Iran il faut s’en prendre à Israël"
Après avoir passé 18 ans en prison, pour avoir révélé en 1986 qu’Israël possédait secrètement deux cent bombes atomiques, Mordechaï Vanunu n’est toujours pas autorisé à quitter Israël comme il le souhaite. Soumis à des restrictions depuis sa libération en 2004, Israël lui interdit de quitter le pays et de parler à des journalistes. Ce qu’il nous disait dans ce remarquable entretien datant de 2005 au sujet de l’Iran, un pays qu’Israël menace depuis plus de 20 ans, demeure d’actualité.
Silvia Cattori : Quel était votre travail en Israël, avant votre enlèvement par des agents du Mossad à Rome, en octobre 1986 ?
Mordechaï Vanunu : Depuis neuf ans, je travaillais au centre de recherches en armements de Dimona [1], dans la région de Beer Sheva. [2] Juste avant de quitter ce travail, en 1986, j’avais pris des photos à l’intérieur de l’usine, afin de montrer au monde qu’Israël cachait un secret nucléaire. Mon travail, à Dimona, consistait à produire des éléments radioactifs utilisables pour la fabrication de bombes atomiques. Je savais exactement quelles quantités de matières fissiles étaient produites, quels matériaux étaient utilisés et quelles sortes de bombes étaient fabriquées.
Silvia Cattori : Révéler au monde – seul – que votre pays était secrètement détenteur de l’arme nucléaire…, n’était-ce pas là prendre un très grand risque ?
Mordechaï Vanunu : Si j’ai décidé de le faire, c’est parce que les autorités israéliennes mentaient. Elles se répandaient, répétant que les responsables politiques israéliens n’avaient nullement l’intention de se doter d’armes nucléaires. Mais, en réalité, ils produisaient beaucoup de substances radioactives ne pouvant servir qu’à cette seule fin : confectionner des bombes nucléaires. Des quantités importantes : j’ai calculé qu’ils avaient déjà, à l’époque – en 1986 ! – plus de deux cents bombes atomiques. Ils avaient aussi commencé à fabriquer des bombes à hydrogène, très puissantes. Aussi ai-je décidé de faire savoir au monde entier ce qu’ils tramaient dans le plus grand secret. Et puis, aussi, je voulais empêcher les Israéliens d’utiliser des bombes atomiques, afin d’éviter une guerre nucléaire au Moyen-Orient. Je voulais contribuer à apporter la paix dans cette région. Israël, détenant déjà des armes surpuissantes, pouvait faire la paix : il n’avait plus à redouter une quelconque menace palestinienne, ni même arabe, car il possédait tout l’armement nécessaire à sa survie.
Silvia Cattori : Vous étiez préoccupé par la sécurité de toute la région ?
Mordechaï Vanunu : Oui. Absolument. Bien entendu, ce n’est pas pour le peuple israélien que j’ai fait ce que j’ai fait. Les Israéliens avaient élu ce gouvernement, et ce gouvernement avait décidé de les doter d’armes nucléaires. Vous savez, tous les Israéliens suivent de très près la politique du gouvernement israélien… Mais, en ce qui me concerne, je réfléchissais à partir du point de vue de l’humanité, du point de vue d’un être humain, de tous les êtres humains vivant au Moyen-Orient, et aussi de tous les êtres humains, dans le monde entier. Parce que ce qu’Israël avait fait, beaucoup d’autres pays pourraient le faire.
Aussi ai-je décidé, dans l’intérêt de l’humanité, de faire connaître au monde entier le danger que représentaient les armes nucléaires secrètes d’Israël. En 1986, on était en pleine Guerre froide et les armes nucléaires proliféraient. Elles étaient en train de se répandre dans plusieurs pays encore non-nucléaires, comme l’Afrique du Sud, et d’autres. Le danger représenté par les armes nucléaires était réel. De nos jours, ce danger a diminué.
Silvia Cattori : Saviez-vous à quoi vous vous exposiez ? Pourquoi était-ce vous, en particulier, qui deviez prendre un si grand risque, et personne d’autre ?
Mordechaï Vanunu : Bien entendu, je savais ce que je risquais. Mais ce que je pouvais faire, personne d’autre que moi n’aurait pu le faire. Je savais que j’aurais eu affaire au gouvernement israélien. Ce n’est pas comme si j’avais été quelqu’un qui s’en serait pris à des intérêts privés ; je savais que je m’en prenais directement au gouvernement israélien et à l’État juif israélien. Je savais donc qu’ils pouvaient me châtier, qu’ils pouvaient me tuer, qu’ils pouvaient faire de moi absolument tout ce qu’ils voulaient. Mais j’avais la responsabilité de dire la vérité au monde. Personne d’autre que moi n’était en mesure de le faire : il était donc de mon devoir de le faire. Quels qu’aient été les risques.
Silvia Cattori : Votre famille vous a-t-elle, alors, soutenu ?
Mordechaï Vanunu : Les membres de ma famille ont été incapables de comprendre ma décision. Pour eux, le plus dérangeant fut de découvrir que je m’étais converti au christianisme. Pour eux : c’était plus dommageable, plus douloureux que le fait que j’ai révélé les secrets nucléaires d’Israël… Je les respecte, ils respectent ma vie. Nous sommes restés en bons termes, mais nous ne nous fréquentons plus.
Silvia Cattori : Vous sentez-vous seul ?
Mordechaï Vanunu : Oui. Bien sûr, je suis seul, ici, à la cathédrale Saint-Georges. Mais j’ai beaucoup d’amis, qui me soutiennent.
Silvia Cattori : Dans quelles conditions avez-vous été jugé et emprisonné ?
Mordechaï Vanunu : Mon procès a été tenu dans le secret le plus absolu. J’étais seul, avec mon avocat. J’ai été condamné pour espionnage et trahison. Les autorités israéliennes se sont vengées sur moi en me maintenant en isolement cellulaire durant toute la durée du procès. Elles n’autorisaient personne à me voir ni à me parler, et m’interdisaient de m’adresser aux médias. Elles ont publié beaucoup de désinformation à mon sujet. Le gouvernement israélien a utilisé tout son pouvoir médiatique pour faire un lavage de cerveau de l’opinion publique. Pour laver le cerveau des juges, aussi, au point de les convaincre de la nécessité de me mettre en prison. Ainsi, mon procès a été tenu secret et les médias n’ont pas pu accéder à la vérité ; ils n’ont pas pu m’entendre.
Les gens étaient convaincus que j’étais un traître, un espion, un criminel. Il n’y eut pas un atome de justice, dans ce jugement. Mais il n’y avait pas que le procès : le plus cruel fut de m’isoler, en prison. Ils m’ont puni non seulement par l’emprisonnement, mais aussi en m’isolant totalement, en m’épiant en permanence, au moyen de mauvais traitements particulièrement vicieux et cruels : ils ont essayé de me faire mettre en colère, ils ont essayé de me faire regretter ce que j’avais fait. J’ai été maintenu au secret, dix-huit années durant, dont onze années et demie en isolement total. La première année, ils ont mis des caméras dans ma cellule. Ils ont laissé la lumière allumée trois années d’affilée ! Leurs espions me battaient sans cesse, ils m’empêchaient de dormir. J’ai été soumis à un traitement barbare ; ils ont tenté de me briser. Mon objectif était de tenir, de survivre. Et j’ai réussi !…
Silvia Cattori : Par chance, on ne vous a pas pendu haut et court, comme le voulait pourtant le ministre de la Justice d’alors, Tommy Lapid. Vous avez tenu bon, et vous avez été relâché le 21 avril 2004. Vous aviez tout juste 50 ans !
Mordechaï Vanunu : S’ils m’ont relâché, c’est parce que j’avais purgé les dix-huit ans de prison auxquels ils m’avaient condamné. Ils voulaient me tuer. Mais, en fin de compte, le gouvernement israélien a décidé de n’en rien faire.
Silvia Cattori : En avril 2004, les télévisions ont montré votre sortie de prison. Le monde a alors découvert ce qui vous était arrivé. Vous êtes apparu heureux, déterminé, combatif : tout le contraire d’un homme brisé…
Mordechaï Vanunu : Sortir de prison, aller parler au monde entier, fêter ça… après dix-huit ans de captivité, d’interdiction de tout :… ce fut un grand moment…
Silvia Cattori : Vos geôliers n’ont donc pas réussi à vous briser mentalement ?
Mordechaï Vanunu : Non ; absolument pas. Mon objectif était de sortir, et de parler au monde entier, de faire comprendre aux autorités israéliennes qu’elles avaient échoué. Mon but était de survivre, et cela a été ma plus grande victoire sur toutes ces organisations d’espionnage. Ils ont réussi à me kidnapper, à me traîner devant leur tribunal, à me maintenir en prison, au secret, pendant dix-huit ans… et j’ai survécu à tout ça. J’ai souffert, certes ; mais j’ai survécu. Malgré tous leurs crimes, je suis toujours vivant, et je suis même en excellente santé ! Je suis de forte constitution ; c’est sans doute grâce à çà, que j’ai surmonté l’épreuve.
Silvia Cattori : Qu’est-ce qui vous a aidé à tenir ?
Mordechaï Vanunu : Ma fermeté. Le fait de continuer à être convaincu que j’avais eu raison de faire ce que j’avais fait. La volonté de leur faire comprendre que, quoi qu’ils fassent pour me châtier, je continuerais à rester en vie.
Silvia Cattori : Quel est le plus grand obstacle auquel vous ayez à faire face, actuellement ?
Mordechaï Vanunu : On m’interdit de quitter Israël. J’ai été libéré de prison, mais ici, en Israël, je suis dans une grande prison. Je voudrais quitter ce pays, aller jouir de la liberté dans le vaste monde. J’en ai marre du pouvoir israélien. L’armée peut venir m’arrêter à tout instant, me punir. Je sens que je suis à leur merci. J’aimerais tellement vivre loin, très loin d’ici…
Silvia Cattori : Quand Israël vous laissera-t-il quitter le pays ?
Mordechaï Vanunu : Je n’en sais rien. Ils m’ont interdit de quitter Israël pendant une année. Un an ayant passé, ils ont renouvelé l’interdiction pour une nouvelle année, qui prendra fin en avril prochain. Mais ils peuvent encore prolonger l’interdiction, aussi longtemps qu’il leur plaira…
Silvia Cattori : Quel regard portez-vous sur le Traité de non-prolifération nucléaire quand, dans le cas d’Israël, on tolère « l’ambiguïté nucléaire », alors qu’on met constamment sous pression l’Iran – un pays qui, lui, se soumet aux inspections ?
Mordechaï Vanunu : Tous les pays devraient être ouverts aux inspections internationales et dire la vérité sur ce qu’ils sont en train de faire, secrètement, dans toutes les installations nucléaires dont ils disposent. Israël n’a pas signé le Traité de non-prolifération nucléaire. Ce sont près de cent quatre-vingt pays qui l’ont fait, dont tous les pays arabes. L’Égypte, la Syrie, le Liban, l’Irak, la Jordanie… : tous les pays voisins d’Israël ont ouvert leurs frontières aux inspections de l’AIEA. Israël est le pire exemple. C’est le seul pays qui ait refusé de signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Les États-Unis et l’Europe devraient commencer par régler le cas d’Israël ; Israël doit être considéré à l’instar de n’importe quel autre pays. Nous devons en finir avec l’hypocrisie, et obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Il faut imposer à Israël le libre accès des inspecteurs de l’AIEA au centre de Dimona.
Silvia Cattori : L’Iran, qui remplit ses obligations et accepte les inspections de l’ONU, est pourtant menacé de sanctions. Israël, qui est doté de l’arme nucléaire et refuse toute inspection de l’AIEA, ne fait l’objet d’aucune poursuite. Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » de la part des États-Unis, mais aussi de l’Europe ?
Mordechaï Vanunu : Oui ; c’est même encore pire que ce que vous dites : non seulement on ne s’en prend pas à Israël, mais on aide même ce pays en secret. Il y a une coopération secrète entre Israël et la Grande-Bretagne, la France et les États-Unis. Ces pays ont décidé de contribuer à la puissance nucléaire d’Israël afin de faire de ce pays un État colonial, dans le monde arabe. Ils aident Israël, parce qu’ils veulent que ce pays soit à leur service, en tant que pays colonialiste contrôlant le Moyen-Orient, ce qui leur permet de s’emparer des revenus pétroliers et de maintenir les Arabes dans le sous-développement et les conflits fratricides. Telle est la principale raison de cette coopération.
Silvia Cattori : L’Iran n’est-il pas, comme l’affirment Israël et les États-Unis, une menace ?
Mordechaï Vanunu : Étant sous le contrôle des inspecteurs de l’AIEA, l’Iran ne représente aucun danger. Les experts occidentaux savent parfaitement quelle est la nature du programme nucléaire iranien. Contrairement à Israël, qui ne laisse personne accéder à ses installations nucléaires. C’est la raison pour laquelle l’Iran a décidé d’aller de l’avant et de dire au monde entier : « Vous ne pouvez pas exiger de nous plus de transparence, alors que vous continuez à fermer les yeux sur ce qui se passe en Israël ! » Tous les Arabes voient, depuis quarante ans, qu’Israël a des bombes atomiques et que personne ne fait rien contre ça. Tant que le monde continuera à ignorer les armes atomiques d’Israël, il ne pourra pas se permettre de dire quoi que ce soit à l’Iran. Si le monde est vraiment préoccupé, et s’il veut sincèrement mettre un terme à la prolifération nucléaire, qu’il commence donc par le commencement, c’est-à-dire : Israël !…
Silvia Cattori : Vous devez être agacé, quand vous entendez Israël, qui n’est pas en règle, dire qu’il est prêt à bombarder l’Iran, qui, à ce stade, n’a enfreint absolument aucune règle !
Mordechaï Vanunu : Oui ; cela me met hors de moi. Nous n’avons rien à reprocher à l’Iran : avant de faire quoi que ce soit contre un quelconque autre pays, il faut s’occuper du cas israélien. Si quelqu’un veut s’en prendre à l’Iran, il doit, préalablement, s’en prendre à Israël. Le monde ne peut ignorer ce qu’Israël fait, en la matière, depuis plus de quarante ans… Les États-Unis devraient obliger Israël à signer le Traité de non-prolifération nucléaire. Et il est grand temps, aussi, pour l’Europe, de reconnaître officiellement qu’Israël possède des bombes atomiques. L’ensemble du monde arabe devrait être extrêmement inquiet en entendant tous ces discours qui incriminent l’Iran, qui ne possède aucune arme atomique, et qui continuent à ignorer Israël.
Silvia Cattori : Quels sont les États qui ont coopéré avec Israël ?
Mordechaï Vanunu : Israël a aidé la France et la Grande-Bretagne dans leur campagne contre l’Égypte, en 1956. Après l’opération de Suez, la France et la Grande-Bretagne ont commencé à coopérer au programme nucléaire israélien, afin de remercier Israël pour le soutien qu’il leur a apporté, durant cette guerre.
Silvia Cattori : L’Afrique du Sud n’a-t-elle pas aidé Israël, jusqu’en 1991 ?
Mordechaï Vanunu : C’est effectivement en Afrique du Sud, dans le désert, qu’Israël a procédé à ses essais nucléaires…
Silvia Cattori : Dans les années soixante, le président Kennedy aurait, semble-t-il, demandé qu’il y ait des inspections à Dimona, en Israël. Voyez-vous un lien entre cette demande et son assassinat ?
Mordechaï Vanunu : Je pense qu’à l’époque de Kennedy, les États-Unis étaient opposés au programme nucléaire israélien. Kennedy a tenté d’arrêter Israël, en la matière, mais son assassinat ne lui en a pas laissé le temps… Pour moi, le mobile de l’assassinat de Kennedy est lié à la diffusion d’armes nucléaires en Israël et dans d’autres pays. Ceux qui l’ont assassiné étaient des gens qui étaient favorables à la dissémination nucléaire. Grâce à l’élimination du gêneur Kennedy, la prolifération a pu continuer. De fait, les présidents Johnson et Nixon [qui ont succédé à Kennedy, ndt] n’y voyaient aucun inconvénient : ils ont laissé faire Israël. Constatons simplement que c’est bien un changement allant en ce sens qui s’est manifesté, après l’assassinat de Kennedy…
Silvia Cattori : Votre dénonciation n’a pas empêché Israël de maintenir taboue cette question : il a réussi à ne pas se mettre les grandes puissances à dos. Sa stratégie de l’opacité se serait-elle donc avérée efficace ?
Mordechaï Vanunu : Force est bien de reconnaître que oui. Israël est un cas d’école. Comment un petit pays peut-il défier le monde entier et poursuivre une politique agressive, sans le moins du monde se préoccuper des autres ? Les Israéliens ont réussi à le faire, à l’époque, oui… Mais aujourd’hui, le monde a changé. La Guerre froide est terminée, le communisme est défait, le monde s’oriente vers la paix : on le voit, des armes nucléaires n’aideront Israël en rien. Maintenant qu’Israël doit montrer qu’il désire la paix, et de quelle manière il entend y contribuer, pour ce pays, de quelle utilité pourraient bien être des armes nucléaires ? La politique nucléaire israélienne était possible, dans le contexte de la Guerre froide. Mais aujourd’hui, nous devons obtenir d’Israël qu’il adopte une nouvelle politique, qu’il démontre au monde entier qu’il veut la paix et qu’il reconnaisse qu’il n’a nul besoin d’armes atomiques.
Silvia Cattori : Dans les années cinquante, Israël disposait déjà d’un armement considérable. Quelle raison avait-il alors de se doter de l’arme nucléaire ?
Mordechaï Vanunu : Un pays aussi petit qu’Israël n’a aucune raison valable de détenir un nombre aussi énorme d’armes atomiques. C’est un peu comme si le programme d’armement nucléaire d’Israël lui était monté à la tête. On ne peut en aucun cas utiliser d’arme atomique dans la région : toute bombe atomique qui serait utilisée contre la Syrie, l’Égypte ou la Jordanie aurait des effets radioactifs et rendrait la vie impossible en Israël également. Toute bombe endommagerait Israël même. Jusqu’ici, les Israéliens n’ont pas même le droit de discuter de cette question entre eux. Néanmoins, ce problème occupe tous les esprits. Nous attendons la réponse d’Israël sur cette question.
Silvia Cattori : Pour Israël, ne s’agit-il pas d’une arme qui lui permet de maintenir le statu quo ? D’un instrument de chantage politique ? Pour pouvoir discuter d’égal à égal avec les grands – États-Unis en tête – et ne rien concéder aux Arabes, qu’Israël a spoliés et qui sont faibles militairement ?
Mordechaï Vanunu : Oui. C’est tout à fait cela. Israël utilise la puissance des armes nucléaires afin d’asséner ses politiques. Israël a beaucoup de pouvoir, il écrase l’ensemble de ses voisins de son arrogance. Les États-Unis – même eux ! – ne sont pas en mesure de dire aux Israéliens ce qu’ils doivent faire. Aujourd’hui, l’Europe voit à quel point Israël est puissant. Même sans utiliser la bombe atomique, même sans brandir la menace qu’ils le feraient, les Israéliens peuvent imposer leur pouvoir, ils peuvent faire absolument tout ce qu’ils veulent : ils peuvent ériger leur muraille, ils peuvent édifier des colonies en Palestine…, personne n’est en mesure de leur dire qu’ils n’ont pas le droit de le faire, parce qu’ils sont extrêmement puissants.
C’est là le résultat de leur utilisation des armes atomiques à des fins de chantage politique. Ils peuvent utiliser des bombes atomiques contre tout pays qui voudrait stopper leur politique agressive à l’encontre des Palestiniens. Telle est la situation, aujourd’hui. Le monde entier le sait, tout le monde le sait. Et il y une autre raison, pour laquelle ni les États-Unis ni l’Europe ne font strictement rien : c’est qu’ils savent à quel point Israël est puissant. Par conséquent, la meilleure manière de contrer Israël consiste à faire savoir la vérité au monde et à étudier ce qui s’y passe, dans le domaine de l’armement atomique, jusqu’à ce qu’il y renonce.
Silvia Cattori : Israël a-t-il envisagé de recourir à l’arme nucléaire contre ses voisins arabes, en 1973 ?
Mordechaï Vanunu : Oui. En 1973, Israël était prêt à utiliser des armes atomiques contre la Syrie. Et contre l’Égypte.
Silvia Cattori : Pour avoir révélé un secret d’État, vous avez énormément souffert. Finalement ; pour quel résultat ?
Mordechaï Vanunu : Tout d’abord, le monde a maintenant la preuve qu’Israël possède des armes atomiques. Personne, désormais, ne peut plus ignorer la vérité en ce qui concerne le projet nucléaire d’Israël. Après ça, Israël s’est trouvé dans l’impossibilité totale d’avoir recours à ces armes. Un autre résultat de mon action, c’est le fait que le monde a pris conscience de ce que ce petit État juif a fait, dans le plus grand secret. Et le monde a découvert, aussi, sur quels mensonges et sur quelle désinformation cet État a été édifié. Le fait de savoir qu’un si petit pays ait été capable de fabriquer secrètement deux cents bombes atomiques a contribué à alerter l’opinion publique mondiale sur son comportement. La peur qu’un autre petit pays puisse faire la même chose et fabriquer des armes atomiques a incité le monde à se mettre à réfléchir à la manière de stopper la prolifération nucléaire et d’empêcher Israël d’aider d’autres pays à utiliser ces armes, à l’avenir. Quand le monde a découvert ce qu’Israël a fait dans le plus grand secret, la peur de la prolifération nucléaire s’est manifestée. Le monde a pris conscience du pouvoir d’Israël et il a commencé à exercer des pressions sur ce pays afin de le contraindre à faire la paix avec les Palestiniens et avec le monde arabe. Israël n’avait plus aucune raison d’affirmer qu’il redoutait ses voisins arabes, dès lors qu’il disposait, depuis la fin des années cinquante, de suffisamment d’armes pour assurer sa sécurité.
Silvia Cattori : Pour quelles raisons Israël continue-t-il de vous persécuter ?
Mordechaï Vanunu : Ce que j’ai fait contrarie tellement toutes les attitudes politiques israéliennes ! Les Israéliens ont dû changer leurs plans. La politique nucléaire secrète d’Israël est l’œuvre de Shimon Pérès. Et voilà que cette politique consistant à fabriquer des armes atomiques clandestinement s’est effondrée ! À cause de cette révélation, Israël a dû emprunter une nouvelle direction, définir de nouveaux plans et ce à quoi nous assistons aujourd’hui est la conséquence de mes révélations. Ils ont dû inventer de nouvelles sortes d’armes. Aujourd’hui, ils construisent leur muraille, leurs check-points, leurs colonies et ils se sont arrangés pour rendre la société juive plus religieuse, plus nationaliste, plus raciste. Au lieu d’aller dans une autre direction, au lieu de comprendre qu’il n’y a pas d’autre solution que la paix, au lieu de reconnaître aux Palestiniens des droits égaux et de mettre un terme au conflit. Israël ne veut pas mettre fin au conflit. Ce qu’Israël veut, c’est continuer à construire sa muraille et ses colonies !…
Silvia Cattori : Vous avez accompli un véritable exploit !
Mordechaï Vanunu : En tant qu’être humain, j’ai fait quelque chose pour la sécurité et le respect de l’humanité. Tout pays a le devoir de nous respecter, tous, en tant qu’êtres humains, quelle que soit notre religion, que l’on soit juifs, chrétiens, musulmans, bouddhistes… Israël a un gros problème : ce pays ne respecte pas les êtres humains. Ce que ce pays a pu faire, parce qu’il ne considère pas les autres humains comme des égaux, est absolument terrible. Le résultat est dévastateur, pour l’image d’Israël ; l’État d’Israël n’est en aucun cas une démocratie. L’État juif est raciste. Le monde devrait savoir qu’Israël met en pratique une politique d’apartheid : si vous êtes juif, vous avez le droit d’aller où vous voulez et de faire ce que bon vous semble ; si vous n’êtes pas juif, vous n’avez aucun droit. Ce racisme est le véritable problème auquel Israël est confronté. Israël est bien incapable de prouver qu’il est une démocratie. Personne ne peut accepter cet État raciste ; ni les États-Unis, ni les pays européens. Les armes nucléaires israéliennes, ils pourraient, à la rigueur, les accepter… Mais comment pourraient-ils justifier cet État d’apartheid fasciste ?
Silvia Cattori : Vous semblez refuser de reconnaître la légitimité de cet État ?
Mordechaï Vanunu : Bien sûr. C’est ce que j’ai dit, à ma sortie de prison : nous ne devons pas accepter cet État juif. L’État juif d’Israël est le contraire de la démocratie ; nous avons besoin d’un État pour tous ses citoyens, sans égard pour leurs croyances religieuses. La solution, c’est un État unique, pour tous ses habitants, de toutes les religions, comme c’est le cas dans des démocraties comme la France ou la Suisse, et non pas seulement un État pour les juifs. Un État juif n’a absolument aucune raison d’être. Les juifs n’ont pas besoin d’un régime fondamentaliste comme celui qui règne en Iran. Les gens ont besoin d’une véritable démocratie, qui respecte les êtres humains. Aujourd’hui, dans la région du Moyen-Orient, nous avons deux États fondamentalistes : l’Iran, et Israël. Mais Israël est très en avance, en matière de fondamentalisme, même sur l’Iran !…
Silvia Cattori : À vos yeux, Israël est-il donc une plus grande menace que l’Iran ?…
Mordechaï Vanunu : Bien entendu : nous savons ce que les Israéliens font subir au peuple palestinien, depuis plus de cinquante ans ! Il est grand temps, pour le monde, de s’en souvenir et de se préoccuper de l’holocauste palestinien. Les Palestiniens ont tellement souffert, et depuis tellement longtemps, à cause de toute cette oppression ! Les juifs ne les respectent absolument pas, ils ne les considèrent pas comme des êtres humains ; ils ne leur accordent aucun droit, et ils continuent à les persécuter, à mettre en danger la vie présente des Palestiniens, et par conséquent leur propre avenir, aussi.
Silvia Cattori : Que dites vous à mon pays, la Suisse, qui est dépositaire des Conventions de Genève ?
Mordechaï Vanunu : La Suisse devrait condamner très clairement et à haute voix la politique raciste d’Israël, c’est-à-dire toutes les violations des droits des Palestiniens, tant musulmans que chrétiens. Tous les pays doivent exiger du gouvernement israélien qu’il respecte les non-juifs, en tant qu’êtres humains. De fait, je n’ai pas le droit de vous parler, je ne suis pas autorisé à parler à des étrangers ; si je m’exprime quand même, c’est à mes risque et périls. Israël a utilisé des dédommagements de l’Holocauste pour fabriquer des armes, pour détruire des maisons et des biens palestiniens. Je serai très satisfait si votre pays me donne un passeport et m’aide à quitter ce pays, Israël. La vie est très dure, ici. Si vous êtes juif, vous n’avez aucun problème ; si vous ne l’êtes pas [ou plus], on vous traite sans le moindre respect.
Silvia Cattori
(*) Entretien réalisé en anglais par Silvia Cattori, en octobre 2005. Traduction : Marcel Charbonnier
[2] Né le 13 octobre 1954 Vanunu commence à travailler à Dimona en 1977. Après ses révélations en 1986 il est kidnappé par des agents du Mossad. Condamné à 18 ans de prison (en 1988) il sort de prison en 2004
Ayant refusé toute mesure de clémence
ou de grâce, Louise Michel ne rentra en France qu’en 1880, après une loi
d’amnistie complète pour tous les Communards. Son exil lointain dura sept ans. À
l’occasion de la diffusion de son téléfilm sur Louise Michel en 2009, Solveig
Anspach déclara : « J’ai l’impression que la Commune et Louise Michel résonnent
très fort aujourd’hui. Elle dit des choses qui font écho à ce que vivent
aujourd’hui les gens au quotidien, pas seulement les femmes, mais les gens dans
la misère, les ouvriers, les travailleurs ou les sans-papiers. ».
Ici l’hiver n’a pas de prise, Ici les bois sont toujours
verts ; De l’Océan, la fraîche brise Souffle sur
les mornes déserts, Et si profond est le silence Que l’insecte qui se balance Trouble seul le calme
des airs.
Le soir, sur ces lointaines plages, S’élève parfois un doux
chant : Ce sont de pauvres coquillages Qui le
murmurent en s’ouvrant. Dans la forêt, les lauriers-roses, Les fleurs nouvellement écloses Frissonnent d’amour
sous le vent.
Viens en sauveur, léger navire, Hisser le captif à ton
bord ! Ici, dans les fers il expire : Le bagne
est pire que la mort. En nos coeurs survit l’espérance, Et si nous revoyons la France, Ce sera pour
combattre encor !
Voici la lutte universelle : Dans l’air plane la Liberté ! A la bataille nous appelle La clameur du
déshérité !... ... L’aurore a chassé l’ombre épaisse, Et le Monde nouveau se dresse A l’horizon
ensanglanté !
...Les alliés naturels des Palestiniens, c’est-à-dire les Arabes, ont prouvé, en
dehors de quelques exceptions, leur allégeance aux pays occidentaux et, en fait,
à Israël. Ils disposent pourtant de l’arme économique, le pétrole, mais il est
impensable qu’ils s’en servent dans l’état de sujétion où ils se trouvent à
l’égard des pays occidentaux, alliés de l’entité sioniste....
Alors que le bilan des victimes, parmi lesquelles des enfants, s’alourdit,
que décidera la Ligue arabe qui tient aujourd’hui une réunion d’urgence au Caire
pour débattre de l’agression sioniste contre Ghaza ? Que feront le Conseil de
sécurité de l’ONU et la fameuse « communauté internationale » en réaction à cet
acte de guerre délibéré et caractérisé par un déséquilibre flagrant des forces ?
On peut, sans grand risque de se tromper, répondre d’ores et déjà : rien ! Les
condamnations verbales ont, certes, leur poids, mais, surtout dans le cas de
l’entité sioniste, elles sont sans effet. Ce qui est attendu, ce sont des actes
inscrits dans une stratégie de neutralisation du bellicisme de l’entité
sioniste. L’entité sioniste, qui s’est engagée dans une escalade criminelle (30
000 réservistes ont été mobilisés pour élargir l’opération militaire dans la
bande de Ghaza) contre un peuple pratiquement sans défense, est absolument
convaincu de bénéficier de l’impunité, comme toujours. Car quand il s’agit du
gardien de leurs intérêts dans la région, les pays occidentaux empêchent
systématiquement la « communauté internationale » de prendre ses
responsabilités. La comparaison avec d’autres situations saute aux yeux. Des
prétextes ont été inventés par les pays occidentaux pour envahir l’Irak, qui est
jeté dans une tourmente dramatique, intervenir en Libye, voué au chaos, et
assiéger la Syrie, qui résiste encore heureusement. Les alliés naturels des
Palestiniens, c’est-à-dire les Arabes, ont prouvé, en dehors de quelques
exceptions, leur allégeance aux pays occidentaux et, en fait, à Israël. Ils
disposent pourtant de l’arme économique, le pétrole, mais il est impensable
qu’ils s’en servent dans l’état de sujétion où ils se trouvent à l’égard des
pays occidentaux, alliés de l’entité sioniste. La guerre menée à la Syrie, par
mercenaires interposés, livre, une nouvelle fois, un de ses secrets. En 2008,
Ghaza agressée avait reçu un soutien décisif de Damas, et pas seulement en
paroles.
...La destruction est un art qu’Israël a particulièrement bien apprise de son
parrain, les Etats-Unis.
Oui, les Etats-Unis et Israël partagent des valeurs. Ils partagent aussi des
tactiques. Leur relation privilégiée est forgée dans une iconographie commune :
l’image de la mort, illustrée par les innombrables cadavres de buffalos et
d’oliviers, sans parler des innombrables cadavres de gens....
La réponse à la question de savoir si Israël a le droit d’exister est aussi
facile que la réponse à la question de savoir si un colonialisme d’implantation
meurtrier a le droit d’exister.
Depuis plusieurs jours, Israël lance des attaques aériennes sur Gaza,
provoquant de nombreux morts et blessés. Les attaques font partie d’un tableau
plus large et éminemment déprimant d’une colonie usurpatrice qui enferme une
population entre les murs d’un ghetto et les bombarde au nom du Judaïsme et des
Juifs.
Un article du New York Times, du 14 novembre, nous informe sur la mort
du commandant militaire du Hamas, Ahmed Jabari, tué par une des récentes frappes
« chirurgicales » (« chirurgicale », selon l’article). Bien entendu, l’article
prend soin de ne pas mentionner les autres – dont des enfants – tués lors de la
frappe. Une phrase dans l’article reflète la logique du gouvernement israélien
en la matière : « la férocité des frappes aériennes, en réponse à ce
qu’Israël appelle des attaques répétées par roquettes par des militants
palestiniens basés à Gaza... »
L’article se poursuit en renforçant cette logique lorsqu’il aborde le fragile
cessez-le-feu entre le Hamas, au pouvoir à Gaza, et Israël :
« Depuis (2008-2009), le Hamas pour une grande partie respecté le
cessez-le-feu informel, sinon vacillant, et a parfois tenté de le faire
respecter par des groupes militants plus petits. Mais au cours des derniers
mois, sous la pression d’une partie de la population de Gaza qui voulait venger
les frappes meurtrières aériennes israéliennes, le Hamas a revendiqué des tirs
de roquettes. »
Alors se pose la question : qui a commencé ? Lorsqu’on lit le texte
ci-dessus, on a l’impression que le « commencement » de « tout ça » est un
phénomène récent et que la réponse se trouve dans les événements récents de la
semaine écoulée. La logique défendue par le gouvernement israélien et le
« journal de référence » US est défendu aussi par – et je m’excuse par avance à
l’absence de toute surprise ici – le gouvernement des Etats-Unis.
A la fin de son mandat, George W. Bush a justifié l’opération Plomb
Endurci – le massacre par Israël d’environ 1400 Palestiniens – en disant que
c’est le Hamas qui avait commencé en violant le cessez-le-feu avec des tirs de
roquette.
D’abord, c’est faux. Israël a violé le cessez-le-feu le 4 novembre 2008,
lorsqu’il a envahi la bande de Gaza et tué six membres du Hamas. Le raid fut
mentionné à l’époque par le quotidien The Guardian. L’incident ne fut pas
vraiment mentionné dans la grande presse US, ce qui est révélateur de l’attitude
de la presse dominante US envers Israël et Gaza.
Les défenseurs d’Israël vantent souvent comment Israël s’est « retiré » de
Gaza, comme si la transformation de Gaza d’un territoire formellement occupé en
une prison à ciel ouvert constituait un geste de paix de la part d’Israël. Mais
Israël viole le territoire de Gaza comme il l’entend et s’offusque lorsqu’il
rencontre une résistance. Ceci n’a rien d’exceptionnel. Le parrain d’Israël, les
Etats-Unis, pense aussi que tout lui appartient et qu’il peut faire ce qu’il
veut où il veut. Pensez à ce vaste réseaux de drones, toujours occupé à
assassiner des civils au Pakistan, au Yémen ou ailleurs.
Techniquement, le Hamas et d’autres factions palestiniennes à Gaza avaient
offert une trêve à Israël, pas plus tard que le 12 novembre. Mais posons une
question plus profonde : qui a commencé ?
La réponse est facile, mais la question doit être posée avec plus de
précision : qui a commencé le colonialisme d’implantation meurtrier ?
(« colonialisme d’implantation meurtrier » est un pléonasme, mais j’emploierai
cette expression pour bien me faire comprendre).
C’est Israël, bien sûr. La question du colonialisme d’implantation est
importante. Ca clarifie les choses. Après tout, le colonialisme d’implantation
est un processus. En Palestine, c’est un processus en cours. Et chose plus
importante encore à souligner, c’est un processus qui est toujours
violent.
Au cœur du projet colonialiste d’implantation se trouve le plan de séparer
les membres du peuple visé, de couper les individus de leurs communautés. Pour y
parvenir, le présent de la population visée doit devenir son passé et son passé
doit être effacé. Ce qui s’obtient par le vol et la destruction.
La destruction est un art qu’Israël a particulièrement bien apprise de son
parrain, les Etats-Unis. Une des tâches entreprises par les colonisateurs US fut
l’extermination massive des bisons (et, chose méconnue par la majorité, se
poursuit encore de nos jours), et la modification radicale de la terre que les
Amérindiens connaissaient si bien. De la même manière, Israël a depuis des
années entrepris l’extermination en masse des oliviers, modifiant radicalement
la terre que les Palestiniens connaissaient si bien.
Oui, les Etats-Unis et Israël partagent des valeurs. Ils partagent aussi des
tactiques. Leur relation privilégiée est forgée dans une iconographie commune :
l’image de la mort, illustrée par les innombrables cadavres de buffalos et
d’oliviers, sans parler des innombrables cadavres de gens.
Le blocus contre Gaza est une des formes d’expression de la violence du
colonialisme d’implantation. Aux Etats-Unis, ceci n’est généralement pas
considéré comme une forme de violence. Après tout, les partisans de sanctions US
contre l’Iran considèrent le plus souvent que les sanctions sont des
alternatives à la violence.
En réalité, les sanctions sont d’une violence inouïe. Les 500.000 enfants
irakiens assassinés par les sanctions de Bill Clinton dans les années 90
témoignent que ceux qui cherchent à « briser » des économies cherchent à affamer
des enfants.
Il en va de même à Gaza. Un rapport de l’ONU a déclaré que l’endroit sera
« invivable » d’ici 2020 si les conditions actuelles persistent. Dans ces
conditions, des roquettes répétitives et féroces – fabriquées avec le peu de
matériel disponible – constituent des actes de résistance, des déclarations de
lutte, des promesses que la violence d’Israël ne sera pas acceptée à Gaza,
malgré la puissance militaire des forces ligués contre lui.
En résumé, ceux qui voient la violence en Palestine et se sentent dans
l’obligation de hurler aux Palestiniens qu’ils doivent reconnaître le droit à
l’existence d’Israël sont soit incapables, soit refusent, de reconnaître un
colonialisme d’implantation meurtrier.
Et cette autre question : Israël a-t-il le droit d’exister ?
Typiquement, il n’est jamais bon de répondre à une question par une autre,
mais parce que cette question-ci est un piège, je n’aurai pas d’état d’âme.
Alors voilà : Est-ce que « Israël » peut être dissocié du colonialisme
d’implantation meurtrier auquel il se livre depuis sa fondation ?
Admettons que la réponse soit non. Je veux dire par là que le droit au retour
des Palestiniens leur soit toujours refusé et que le système raciste israélien
construit sur une paranoïa démographique persiste dans sa violence. Dans ce cas,
la réponse à la question de savoir si Israël a le droit d’exister est aussi
facile que la réponse à la question de savoir si un colonialisme d’implantation
meurtrier a le droit d’exister.
La réponse est non.
Non.
En aucun cas. Patrick Higgins http://www.counterpunch.org/2012/11/15/bloodbath-in-gaza/
1871, à Paris et dans d'autres villes, le peuple prend la parole pour défendre les idéaux de la République et revendique le droit de décider pour lui même. Ses aspirations démocratiques et libertaires seront réprimées dans le sang (entre 20 000 et 30 000 morts), ainsi que par la déportation en nouvelle calédonie de milliers d'hommes et de femmes de toutes conditions et de toutes origines. Louise michel, figure emblématique de la Commune, elle-même déportée, morte à Marseille en 1905, est le fil conducteur de ce film. Quelles traces a laissé cet évènement dans nos sociétés ? Qu'en est-il aujourd'hui de la parole des peuples, du pouvoir des citoyens ? Ce documentaire historique sur la Commune de Paris rappelle les origines du mouvement insurrectionnel, les principales dates et évènements de cet épisode important de l'histoire de la République Française.
« Au nom du peuple, la Commune de Paris est proclamée. » Gabriel Ranvier, 28 mars 1871
« Le 28 mars 1871, devant l'Hôtel de ville de Paris décoré d'un drapeau rouge, plus de 100.000 parisiens entendaient un de leurs élus, Gabriel Ranvier proclamer la naissance de la Commune de Paris. « Quelle journée écrivait le soir même Jules Vallès, le soleil clair et tiède qui dore la gueule des canons, le frisson des drapeaux ! Le murmure de cette révolution qui passe ! Il y a là de quoi griser d'orgueil et de joie l'armée victorieuse des Républicains ! » La Révolution dont parlait Vallès avait commencé dix jours plus tôt, lorsque le 18 mars, les Parisiens avaient refusé de rendre au gouvernement les canons qui avaient servi à la défense de Paris pendant la guerre franco-prussienne de 1870. C'était le début d'une autre guerre, une guerre civile qui, pendant 9 semaines a opposé la Commune de Paris au gouvernement qui s'était installé à Versailles. Jusqu'au jour où à la porte de Saint Cloud, un général polonais de la Garde Nationale voyait arriver l'armée de Mac Mahon qui en une semaine allait écraser la Commune de Paris.