jeudi 25 août 2011

La Libye et le CNT

Après cinq mois de bombardement, ce moment inéluctable a bien fini par arriver: Kadhafi est tombé. Ou presque. Enfin bref, il n'est plus maître tout puissant de la Libye. Pourtant, les choses ne semblent pas être aussi simples. En effet, le CNT s'embarrasse déjà dans des annonces contradictoires: tantôt il annonce avoir capturé les fils du dictateur, tantôt il affirme le contraire. Le seul point qui réunit tous les spécialistes, du moins les plus sérieux, est que la situation est encore trop confuse pour tirer des conclusions. Mais prenons quelque peu les devants. Imaginons la suite: quels sont les défis du CNT?
Tout d'abord, il faut préciser que le CNT n'est pas le représentant du peuple libyen; il n'est autre que le représentant de ceux qui ont pris les armes contre Kadhafi et ses troupes. Cela implique qu'il ne peut dès le départ prétendre instaurer un État démocratique, car cela signifierait l'accession au statut de représentant légitime. Non. Le Conseil de transition doit d'abord réconcilier les Libyens entre eux. Il doit rapprocher et renforcer les liens inter-ethniques et géographiques mis à l'épreuve depuis le début de la révolution. La tache est grande, mais telle est sa mission s'il veut véritablement gagner en légitimité. Comme son nom l'indique, c'est un conseil qui n'a pour but que de permettre la mise sur pied d'institutions véritables; en somme d'assurer la transition.

Le peuple libyen, avec tout le respect qu'il mérite, n'a encore jamais connu la démocratie et on peut se poser la question de sa capacité à comprendre les mesures démocratiques qui peuvent dans certains cas heurter certains reflex tribaux. Cela ne signifie pas que la société libyenne est incapable de connaître la démocratie. Au contraire, elle a été soulevée en partie par les envies démocratiques. Les envies de liberté ne doivent pas être sous-estimées. Le CNT doit ici montrer sa capacité à respecter son engagement et quitter le pouvoir dès la trasition achevée.

Enfin, le nouveau pouvoir libyen de transition devra au plus vite établir et rendre transparent ses projets politiques et idéologiques pour le futur Etat libyen. Parce qu'au fond, à quoi bon faire la révolution pour voir l'installation d'une dictature à la solde des Occidentaux, cette fois-ci. Le CNT devra éviter le piège de l'achat d'armement made in UE; alors que jusque là le régime kadhafiste se fournissait au-près des Russes. De plus, les enjeux pétroliers devront être absolument contrôlés par le peuple libyen afin d'éviter un monopole étranger et donc spoliateur. Enfin, les stratégies militaires en méditerrannée devront respecter les intérêts souverain du peuple libyen. Et cela implique le refus de toute base étrangère en terre désormais révolutionnaire.
Publié dans Maghreb

Libye : les medias font la guerre en fonction des intérêts de leur Etat

L'information trop sérieuse pour être laissée aux journalistes : Des médias en guerre en Libye
 
Une analyse objective de la situation sur le terrain et du rapport de forces militaires ne permet qu'une seule conclusion: le régime de Kadhafi est fini. Ce n'est plus qu'une question de temps. Mais dans une guerre… les médias font aussi la guerre. En Irak, on avait fait le raccourci avec les «médias embedded» dans les chars de l'armée américaine. En Libye, les médias font, en fonction des intérêts de leur Etat, le même boulot guerrier.
Le patron d'Al Jazira, l'émir du Qatar, fait partie de la coalition qui mène la guerre en Libye. Et on peut affirmer que ce ne sont pas ses avions qui sont l'apport le plus significatif à cette guerre mais la chaîne Al Jazira, elle-même. En l'occurrence, l'émir n'a presque pas besoin de faire beaucoup d'efforts. Il s'est créé un «esprit Al Jazira» où les journalistes ne se contentent pas de faire un métier mais font la «révolution».        Les faits qui l'attestent sont légion et, bien entendu, ceux qui font ces constats sont catalogués par les «fans» d'Al Jazira - ça existe dans la corporation - comme des suppôts des dictatures. Même si on affiche son mépris le plus total pour l'absurde tyrannie de Kadhafi et sa progéniture, le fait de constater qu'Al Jazira fait de la propagande plus que de l'information n'est pas admis. Faire le même constat pour la chaîne Al Arabiya suscite moins de critiques. Al Arabiya comme chacun ne le sait pas «couvre» aussi parfaitement qu'Al Jazira ce qui se passe au Bahreïn et s'intéresse particulièrement au statut de sujets de seconde zone réservé aux chiites et aux femmes… On se passe de faire des constats élémentaires sur les médias occidentaux où, de manière à peine plus fine, des «experts» viennent expliquer aux gens ce qu'il faut impérativement comprendre.

Démoraliser les partisans de Kadhafi

Le régime de Kadhafi est fini. Les médias en guerre n'inventent rien, c'est une vérité. Le régime de Kadhafi est-il « déjà » fini ? Voilà qui est moins sûr et voilà ce que les médias en guerre étaient tenus de faire passer. Avec un objectif précis: démoraliser ce qui reste de soutien au régime de Kadhafi et les dissuader de combattre. Cela s'appelle de la guerre psychologique. Cela a toujours accompagné les guerres et celle qui se déroule actuellement en Libye ne déroge pas à la règle. Il s'agit d'accélérer la décomposition du régime qui est en cours. Les médias jouent la partie en toute conscience « patriotique » pour certains et par dépendance à l'égard des sources. L'information fait partie de la guerre. On peut décrypter son fonctionnement ces derniers jours sur la Libye. La première mission est de mettre en exergue que la libération de Tripoli est le fait des rebelles libyens et il fallait mettre au second plan la grande part de l'Otan. Et surtout éviter de poser les questions sur le subit renversement de la situation militaire qui serait, selon des analystes non médiatiques, le fait d'un apport externe qualitatif constitué par l'intervention de forces spéciales occidentales sur le terrain.

Un écran de fumée à double usage

L'écran de fumée est donc à double usage: mettre en valeur les forces rebelles et surtout masquer l'intervention, illégale aux yeux de la résolution du Conseil de sécurité, sur le terrain des forces spéciales occidentales. La seconde « mission » relève de la guerre psychologique. Il s'agit de pousser ceux qui soutiennent encore Kadhafi à abandonner la partie. L'annonce de l'arrestation de Seif Al Islam, « confirmée » par le président du CNT, est un modèle du genre. Son but de propagande était évident. Mais on semblait tabler sur le fait que l'homme devait se terrer quelque part. Son apparition hier devant les télévisions, occidentales, au milieu de ses partisans, a semé la confusion dans le «planning média» de la guerre. C'est peut-être le «dernier coup» de Seif Al Islam mais l'embarras des médias «embedded» était perceptible dans la soirée de lundi à mardi. Le fils de Kadhafi s'est même offert une virée en 4x4 devant l'hôtel Rixos où séjournent les journalistes étrangers.     C'est peut-être sans lendemain - personne n'est cependant en mesure de prévoir ce que sera la Libye des tribus qui remplacera celle de la Djamahirya - mais ces faits illustrent parfaitement le fait que l'information est devenue une affaire trop sérieuse pour que les militaires la laissent aux journalistes. Même aux « journalistes révolutionnaires ». Durant la guerre, les médias doivent agir en soldats.
par Salem Ferdi
Source : le quotidien d'Oran

Affaire DSK : La justice américaine débande

mercredi 24 août 2011

Non, le miracle n’aura pas lieu pour Nafissatou Diallo : la troisième comparution de DSK aura été celle de la bonne fortune. Il la subodorait déjà, puisque mardi 22 août 2011, les assistantes de Cyrus Vance Jr notifiaient à la plaignante, Nafissatou Diallo, la décision du procureur d’abandonner les poursuites contre DSK. La séance du 23 août n’avait pour objectif que l’entérinement de ladite mesure par le juge ; ce qui fut fait séance tenante, puisque Michael Obus déclara classée l’affaire DSK, mettant fin à une affaire juridique des plus rocambolesques qui dura trois longs mois et demi.
Et du coup, voilà l’ancien grand boss du FMI de nouveau libre comme le vent ; il peut reprendre son passeport et s’en aller où bon lui semble. A présent il a bien le droit de jubiler tandis que son adversaire pleure à fendre l’âme.
Et pourtant, cette relation sexuelle a eu lieu, puisque même le procureur le reconnaît ; quant à savoir si elle a été consentie ou non, « that is the question » ; c’est bien là que même la justice américaine achoppe ; et dans ce duel qui opposait la parole de DSK à celle de Nafissatou, la femme de chambre était vouée à perdre la face ; la raison en est simple : elle s’était permis certains petits arrangements avec la vérité, et sur sa vie passée et sur les évènements de la chambre 2806 de l’hôtel Sofitel ; des arrangements jugés coupables au point de la rendre elle-même peu crédible.
Il n’y aura pas de procès au pénal de l’affaire, et Nafissatou peut rengainer son souhait de voir DSK croupir dans quelque cellule secrète d’un pénitencier américain. Cette procédure pénale, la femme de chambre l’aura perdue sur toute la ligne et grâce à ses propres soins. Aura-t-elle plus de chance de remporter celle civile, puisqu’une plainte a été déposée à cet effet ?
On devra attendre pour le savoir. Mais à supposer qu’elle y obtienne gain de cause, on doute que les dommages et intérêts qu’on pourrait lui verser puissent lui faire oublier ce qui aura assurément constitué le pire de ses cauchemars au pays de l’Oncle Sam, où elle avait eu la malencontreuse idée de croire qu’elle pourrait faire fortune.
DSK n’en a cure, à présent, que Nafissatou Diallo pleure comme une Madeleine ; elle est bien celle par qui le ciel américain lui est tombé sur la tête ; elle est encore celle à cause de qui il a goûté aux rigueurs du pénitencier de Rikers Island. Lui, à présent, est libre ; et son souci premier, on l’imagine, sera de faire ses cliques et ses claques, de faire un crochet au FMI, histoire d’aller faire des adieux émouvants à des amis qui se seront lamentés trop longtemps sur son infortune, avant de sauter dans un avion, en compagnie de sa très fidèle compagne, Anne Sinclair, pour retrouver, à Paris, amis, parents et fidèles qui les attendent pour sauter le champagne.
Mais ce champagne-là a de fortes chances de présenter quelque part quelque goût amer ; car, même libre de toutes les charges qui pesaient sur lui, DSK ne sera jamais blanchi ; cette affaire ne lui vaudra pas une sévère réclusion dans quelque pénitencier mal famé du Bronx ou de Brooklyn, mais l’ancien grand patron du FMI ne bénéficiera pas non plus de la pureté d’un sou neuf. La liberté est acquise, certes, mais l’honneur est loin d’être sauf ; pis est, l’opprobre est là, qui risque de ternir un peu plus et à tout jamais la réputation, déjà fort sulfureuse, d’un homme qui a tellement accumulé les affaires de mœurs qu’il finit par faire croire qu’il a décidé de faire du soin de sa vie privée le cadet de ses soucis. Même libre comme le vent, DSK serait bien inspiré de garder un profil bas en évitant la parade facile, car, pour le dire tout net, cette affaire dont il réchappe, à vrai dire, ne l’honore absolument pas.
La procédure alambiquée du système judiciaire américain aura tourné en sa faveur ; cela ne signifie absolument pas que sa relaxe est synonyme de virginité morale et qu’il est indemne de tout égarement dans ce mystère qui se sera passé dans le secret de la chambre d’hôtel. Et peut-être même qu’au fond de lui-même, l’homme se dit bien qu’il est coupable de quelque chose, que les avocats de Nafissatou Diallo se seront révélés incapables de prouver, ladite chose se trouvant dans le for intérieur de celui qui l’a commise. Mais enfin… l’homme est libre ; espérons seulement que pour lui ce ne soit pas la seule chose qui compte.
DSK n’est pas au bout de ses peines cependant ; mais les plaintes qui l’attendent, qu’elles proviennent de Nafissatou Diallo ou de Tristane Banon, qu’elles soient déposées en France ou aux Etats-Unis, on peut les cumuler, elles paraissent de simples broutilles si on les compare au verdict qui aurait attendu DSK si toutefois le procès avait eu lieu.
Dans le pire des cas, l’ancien patron du FMI devra se délester de quelques liasses de billets de banque qui dédommagent les plaignantes, et sa vie nouvelle poursuivra son cours. Pour faire court, on dira que dans juste quelques jours, peut-être, DSK ne sera plus à la une de l’actualité ; tout comme il est fort probable qu’il ait perdu, peut-être à tout jamais, l’opportunité d’être le numéro 1 des Français à l’issue de la présidentielle de 2012 ; cette sombre affaire aurait alors compromis pour toujours le destin politique qu’il avait à portée de main ; on ne le plaindra pas outre mesure : même ayant perdu la direction du FMI, DSK ne mourra pas de faim. Il n’est pas sûr, par contre, que l’on puisse dire pareille chose de Nafissatou Diallo : il se pourrait que la femme de chambre, dans son humiliation, agonise et voie désormais sa vie pourrir et devenir un enfer vécu au quotidien. Elle, à présent, sait que cette affaire désormais classée, commence pour elle le pire des cauchemars. Et la question se pose de savoir comment et combien de temps elle l’endurera.
AfriSCOOP

Nafissatou Diallo victime de ses propres turpitudes

mercredi 24 août 2011

Sur ordre de Cyrus Vance le procureur new-yorkais, Dominique Strauss-Kahn (DSK) ne sera pas poursuivi. L’ancien directeur du FMI (Fonds monétaire international) était accusé de viol et d’agression sexuelle à l’hôtel Sofitel où il a séjourné, par Nafissatou Diallo, femme de chambre d’origine guinéenne. C’est donc le dénouement de cette affaire. DSK revient de loin. On se rappelle le jour de son arrestation : menottes aux poignets comme un vulgaire délinquant, il avait l’air hagard, hébété, les cheveux hirsutes. Contrairement à sa supposée victime qui bénéficiait alors de toutes les formes de compassion et de soutien. Une liste impressionnante de chefs d’inculpation semblait le mettre à jamais hors d’état de nuire. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. DSK a beaucoup perdu de sa superbe, en même temps que son poste de Directeur général du FMI. Nafissatou, elle, a perdu de son intégrité. La rigueur de la justice américaine est passée par-là : des traces indélébiles marqueront à jamais le cours de la vie de chacun des deux acteurs principaux d’une saga judiciaire qui aura tenu le monde entier en haleine des mois durant. Le procureur semble avoir bien fait son travail comme on en a l’habitude dans cette partie du monde. S’appuyant sur les résultats d’enquêtes menées avec minutie, Cyrus Vance ne s’est pas laissé influencer. Ni les atermoiements des lobbies noirs, ni les pressions constantes des groupes féministes et autres défenseurs des causes des déshérités, n’auront eu raison de sa détermination. Les Africains ont suivi cette affaire avec beaucoup d’intérêt. Cela, d’autant plus que partout sur le continent, la justice est aux ordres. L’intérêt était manifeste à travers les médias du continent et d’ailleurs. Au-delà des aspects anecdotiques, chacun en aura appris sur les mécanismes et le fonctionnement d’un système judiciaire dans lequel l’argent occupe une grande place, certes, mais où la vérité demeure la fin des fins. En ce sens, Nafissatou aura perdu pour avoir manqué de crédibilité, élément de poids dans la vie quotidienne aux Etats-Unis. Il lui est reproché d’avoir plusieurs fois menti. Au fur et à mesure, Cyrus Vance, avait des doutes sur les allégations de Nafissatou Diallo. Sa première version des faits était erronée. Plus grave encore, selon les enquêteurs du procureur, la Guinéenne aurait menti au moment de sa demande de carte de séjour aux Etats-Unis. Comment donc se laisser convaincre de sa bonne foi ? Dans sa posture, plutôt qu’une autre, elle a pu paraître davantage une victime…consentante ! La justice américaine n’est sans doute pas une justice qui sied aux pauvres. Mais pour autant que ceux-ci parviennent à établir la preuve de la culpabilité de l’accusé, ils se sortent généralement bien de ce labyrinthe. Surtout que dans leurs démêlés avec autrui, le système les assiste. Et ce qui fait le charme de la justice américaine, c’est que l’indépendance du juge va de pair avec sa compétence. A travers les dossiers qu’il traite, on sent cette hargne à traquer le délinquant autant que cette détermination à faire triompher la vérité et donc la justice. Débarrassé des pesanteurs de toutes sortes, en son âme et conscience, le juge ne peut que dire le droit. L’affaire DSK a bien passionné les Africains ! Tous ont vu que dans son acharnement à faire émerger la vérité, le procureur n’hésitait pas à fouiller dans la poubelle et dans le passé de la personne détenant le fardeau de la preuve. L’instruction étant très médiatisée, il faut prier Dieu car, dans un tel cas, jamais la vie privée ne sera épargnée. Il s’en trouve sans doute des gens qui condamnent la justice américaine. Elle a pourtant joué sa partition et fait preuve de rigueur. Qu’on se souvienne qu’au début, tout en bénéficiant de la présomption d’innocence, DSK a connu les affres de la prison pour tentative de fuite. Aux yeux du procureur, les faits le compromettaient sérieusement. Nafissatou, elle, avait eu droit à tous les égards. Mais au finish, elle aura déçu pour n’avoir pas été constante dans sa narration des faits. Le rapport du procureur l’accable. En une seule phrase, on a démoli ses accusations et ruiné ses attentes. Nafissatou victime de ses propres turpitudes ? Sans doute. Selon son avocat, c’est un refus de justice à une femme victime d’un viol. La seule défense de Dominique Strauss-Kahn, « c’est que cette relation sexuelle était consentie. C’est un mensonge et nous pouvons prouver que c’est faux », soutient Kenneth Thompson. Il n’en fut rien. Les éléments matériels montrent bien qu’il y a eu relation sexuelle, mais il n’est pas possible de prouver qu’elle lui a été imposée par l’ancien directeur général du FMI. C’est donc la fin du dossier pénal. Mais le système judiciaire américain a ses particularités : le volet pénal condamne à des peines de prison et le civil donne droit à des indemnisations. Les deux actions sont entièrement indépendantes. Obligée d’aller au procès en civil, Nafissatou ne pourra que souhaiter pouvoir obtenir quelques subsides auprès de celui qu’elle a accusé de viol et que d’aucuns auront traité de tout. En tout cas, le droit a été dit. Et en la matière, l’affaire DSK montre que la justice nord-américaine parvient tout de même à se débarrasser des oripeaux du racisme pour devenir, on ne peut plus, impartiale. Quant à la "belle" Nafissatou, victime de ses propres errements, elle n’aura que ses yeux pour pleurer. Car, elle le sait : en Afrique, la dignité n’a pas de prix. Et quel que soit le montant dont elle pourra bénéficier suite à l’affaire DSK, jamais des pluies de dollars ne l’aideront à dissimuler sa peine et ses larmes. Pire, les femmes guinéennes, et au-delà, la communauté guinéenne, vivant aux USA risquent de pâtir de cette affaire.
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Libye - Mouammar Kadhafi : Wanted mort ou vif !

jeudi 25 août 2011

Non, on ne rêve pas ! Mouammar Kadhafi himself est recherché dans son propre pays : une cagnotte de 1,7 million de dollars (excusez du peu !) à laquelle s’ajoute une offre d’amnistie (en cas de besoin), voilà ce qui attend l’heureux élu qui ramènera Kadhafi ; mort ou vif, cela n’aura pas d’importance ; peu importe la carafe, pourvu qu’on ait l’ivresse, disaient les anciens ; le CNT lui non plus n’en a cure que le Guide qu’on lui ramène se présente droit dans ses bottes ou les pieds en avant ; pourvu seulement qu’on le lui ramène ; pourvu seulement qu’il mette la main sur Kadhafi ou ce qui en reste.
On l’aura compris, bien que les insurgés se soient quasiment rendus maîtres de Tripoli, bien qu’ils aient pris la forteresse de Bab Al Azizya, ce bunker symbole de l’ère Kadhafi, le CNT tient absolument à retrouver l’homme lui-même ; et il a sans doute raison : il ne sera pas question de croire que l’organe de transition maîtrise Tripoli, qu’il gouverne la Libye, tant qu’il n’aura pas retrouvé cet homme qui, 42 longues années durant, aura gouverné ce pays d’une main de maître au point qu’il avait même fini par faire croire à certains qu’il était inamovible et que le futur de ce pays ne pouvait pas se dessiner sans lui.
C’est bien la raison pour laquelle les insurgés sont, en ce moment, sur les dents ; car de Kadahfi, point de nouvelle ; nulle trace. Il semble avoir disparu, il donne l’impression de s’être volatilisé ; et pourtant son ombre plane partout ; à commencer par cette victoire apparente que les rebelles savent cependant incomplète et fallacieuse tant qu’ils n’auront pas alpagué le Guide et ce qu’il représente dans leur nasse.
Et pendant que les insurgés le recherchent, Kadhafi les nargue. On ne le voit pas, certes, mais on l’entend. Il y a juste quelques heures, il déclarait sur une chaîne de radio du Moyen-Orient qu’il s’était promené « incognito » dans Tripoli et qu’il n’avait pas eu le sentiment que la capitale était en danger. Dans un autre message radio, le Guide appelait les Libyens à « passer Tripoli au peigne » fin pour rechercher et exterminer ces insurgés qu’il a, dès le départ, pris pour des rats, mais qui, au final, auront réussi la prouesse de mettre en fuite le lion que lui était !
Autant dire que la bataille de Tripoli, commencée depuis quelques jours, n’est pas près de s’achever ; car, tant que Kadhafi et ses rejetons seront dans le vent, les insurgés se diront qu’ils n’ont qu’une victoire inachevée. Et alors la traque continuera. Jusqu’à quand, on ne le sait trop, puisque Kadhafi a réussi la gageure de s’évaporer, de se transformer en ombre, mais en ombre qui parle.
Ne se trouvant pas dans sa fortification de Bab Al Aziziyah, se peut-il qu’il se terre quelque part à Syrte, sa ville natale, toujours défendue par le dernier carré de ses fidèles ? A-t-il réussi à prendre la clé des champs pour se retrouver dans quelque pays hospitalier ou se terrerait-il dans quelque trou champêtre dans l’attente qu’un beau jour on lui mette la main dessus ? On devrait finir par le savoir, tôt ou tard.
Mais une chose est dès à présent sûre : Kadhafi, c’est fini ; le Guide ne montrera plus la voie à personne en Libye ; c’est une longue ère de 42 ans qui s’achève bien pitoyablement. Mais l’homme manquera quelque part au décor : on n’entendra plus ses longues diatribes enflammées assénées du haut de la tribune des Nations unies ; on ne le verra plus se pavaner et faire le paon au milieu d’un aréopage de chefaillons africains nourris par ses propres soins et, partant, prêts à chanter à temps et à contretemps ses hauts faits ainsi que son panégyrique, volontairement surfait ; on ne le verra plus dresser sa tente à quelques encablures du palais de l’Elysée ; il n’aura plus l’occasion de chercher à se faire forger un second mandat à la tête de l’Union africaine alors même que plus d’un de ses pairs africains en avait eu assez du mandat qui lui avait été accordé, et dont il avait fait, à la vérité, un lamentable tissu de gaffes, de gags et de dégâts.
Kadhafi tombe pour avoir péché par excès d’orgueil ; l’homme se savait immensément riche ; par ses largesses calculées, il avait réussi la prouesse de se créer une foule d’obligés ; mais plus, il s’était suscité une plus grande masse d’ennemis qui, sans doute, attendaient le moment opportun pour lui faire rendre gorge ; l’occasion était trop belle lorsque le Guide a eu la malencontreuse idée de chercher à faire couler « des rivières de sang » dans les sables du désert, au moment même où des Libyens opprimés se mettaient à réclamer plus de liberté, moins d’autoritarisme et plus de dignité.
Il se peut que Kadhafi tombe d’un moment à l’autre ; tout comme il est possible que passent des jours, des semaines sans que ses ennemis ne parviennent à lui mettre le grappin dessus ; une chose est certaine cependant, la Libye est en passe de tourner une page d’importance de son histoire ; et le CNT, qui a mû la roue de l’Histoire, a l’impérieuse obligation de réussir une mission bien délicate : éviter qu’un jour on lui fasse grief de ce qu’aujourd’hui lui-même reproche au Guide, et pour lequel il a été jusqu’à mettre sa tête à prix ; car alors il n’aurait pas été meilleur qu’un Kadhafi qu’à ce jour, il s’échine à écarter.
Afriscoop