samedi 25 juin 2016

L’ONU : un leurre au service des puissances impérialistes ! Il est urgent de revenir aux fondamentaux de la lutte anti-coloniale.



L’Etat colonial israélien s’est bâti sur le terrorisme, l’épuration ethnique et la violation des droits des Palestiniens. Mais que peut-on attendre de l’ONU ? 

Depuis le 13 juin dernier, la 6ème commission de l’Assemblée générale de l’ONU est présidée par Israël. Cette commission gère l’ensemble des opérations de l’organisation de l’ONU du droit international que ce soit l’application des conventions de Genève ou la coordination de la lutte mondiale contre le terrorisme. Après son élection à la vice-présidence de la 4ème commission chargée des questions politiques spéciales et de la décolonisation en juin 2014, l’entité sioniste colonise peu à peu les arcanes de l’Organisation.
L’Etat colonial israélien s’est bâti sur le terrorisme, l’épuration ethnique et la violation des droits des Palestiniens. Mais que peut-on attendre de l’ONU ? C’est une organisation conçue par les Etats-Unis sur les cendres de la Société des Nations, fondée par le club des vainqueurs de la seconde guerre mondiale, et selon des règles qui leur assurent la suprématie dans n’importe quelles circonstances. Le vote de résolutions par l’Assemblée générale est un leurre puisqu’elles ne sont jamais contraignantes vis-à-vis des Etats dominants. De plus le droit de veto au Conseil de Sécurité garantit les intérêts des grandes puissances.
Ces nominations montrent une fois de plus que les Palestiniens n’ont rien à attendre de cette organisation et de la dite « communauté internationale ». Le mouvement de solidarité internationale doit cesser d’y faire référence comme seul cadre du droit des Palestiniens à l’autodétermination et des conditions de leur lutte nationale. Il est urgent de revenir aux fondamentaux de la lutte anti-coloniale. Le sionisme est un colonialisme, seuls les Palestiniens sont à même de définir les moyens de lutte pour libérer la terre arabe de Palestine car il s’agit de leur survie et de leur devenir. Le mouvement de solidarité doit avoir un seul mot d’ordre : la libération de toute la Palestine.

vendredi 24 juin 2016

Le Royaume-Uni à voté ce jeudi pour la sortie de l'Union européenne. Le Brexit à 51,9 %.



C'était prévisible pour ceux qui connaissent l'histoire de ce pays mais cela pose pas mal de questions.

C'était prévisible parce que le l'Angleterre est le pays qui a inventé la démocratie parlementaire et pour elle, le grand-machin de Bruxelles parrainé par une commission qui n'a de comptes à rendre à personne ne peut supplanter un parlement démocratiquement élu. Je ne peux que souscrire à cet avis.
L'Angleterre est aussi le pays qui a inventé le libéralisme qui a accompagné la première révolution industrielle. Cela a fait de l'Angleterre [1] la première puissance économique du monde durant tout le XIXe siècle et c'est sûr que l'Angleterre vit encore dans le rêve de sa gloire passée.
Pour autant que cette décision soit effective, une deuxième référendum n'est pas à exclure, je pense qu'il ne faut pas s'inquiéter pour l'Angleterre. L'Angleterre a suffisamment d'atouts pour réussir seule et elle a prouvé pendant toute son histoire qu'elle est capable de faire front contre ceux qui veulent lui nuire.
Dans le cas présent, les menaces sont venues de la Commission européenne et assez singulièrement de la France. D'un autre côté, l'Angleterre a aussi de nombreux alliés en Europe qui ne sont pas prêts a suivre une politique anti-britannique. Je pense aux Pays scandinaves, aux Pays-Bas, à la Pologne et il y a sans doute d'autres pays.
Je pense que ce Brexit serait davantage un danger pour l'Union européenne, surtout si cette sortie de l'Union était une réussite.
Survivra-t-elle à cet événement ? Sans doute mais pas dans sa forme actuelle.
Parmi les questions qu'on peut se poser, il y en a une qui me semble importante et qui n'a pas encore été évoquée à ma connaissance : quid de la langue anglaise en Europe ?
Cela semble une question insignifiante mais cela peut bouleverser pas mal choses.
1.   Si l'Angleterre sort de l'Union européenne, l'anglais deviendrait une langue extra-européenne. En effet, la première langue officielle de l'Irlande est le gaélique [2] et l'anglais y a le statut de deuxième langue. Il n'y a pas d'autre pays anglophone en Union européenne.
2.   L'anglais est actuellement la langue la plus utilisée par les institutions européennes.
Un exemple concret : l'anglais sert de langue relai lors des débats au Parlement européen quand il faut traduire des discours entre des langues minoritaires. Un discours en gaélique est traduit en anglais et ensuite en letton. C'est le seul moyen pour ne pas utiliser au moins un millier d'interprètes pour traduire directement toutes les langues. On imagine qu'il n'est pas possible d'immobiliser un interprète (si on en trouve un) gaélique/letton pour juste traduire quelques discours par an.
Est-il concevable qu'une langue qui n'est la langue d'aucun pays de l'Union ait ce statut ?
3.   L'anglais risque d'être remplacé par l'allemand comme première langue utilisée. L'allemand est déjà la première langue étrangère parlée dans les Balkans et dans pas mal de pays d'Europe centrale parce que de nombreux touristes allemands fréquentent ces pays, parce que la percée économique allemande y est flagrante et parce que de nombreux travailleurs de ces pays ont travaillé en Allemagne. L'anglais y est bien sûr la première langue enseignée.
Le résultat serait que l'Allemagne renforcerait encore son influence en Europe et ce n'est pas la France qui a les moyens d'y faire obstacle.
Il y a aussi d'autres questions importantes qui vont se poser. 
1.   Quid de l’Écosse qui a massivement voté contre le Brexit ? Peut-il y avoir un deuxième référendum pour l'indépendance ? Il serait assez paradoxal que cette fois-ci l'Union européenne soutienne cette indépendance.
2.   En cas de signature du TTIP, l'Angleterre ne perdrait aucune de ses positions commerciales en Europe.
3.   Y aura-t-il d'autre pays qui vont suivre l'Angleterre et aussi quitter l'Union européenne ?
4.   Est-ce que David Cameron gardera son poste de Premier ministre. Il est convoité par Boris Johnson, l'ancien maire de Londres qui a milité pour le Brexit même s'il dit pour le moment que David Cameron doit rester.
David Cameron vient cependant d'annoncer son départ pour respecter la tradition démocratique qui découle de l'échec de type de consultation.
Il faudra quelque mois pour analyser les conséquences d'un Brexit mais il semble bien que ce sera le séisme annoncé.
En tout cas, l'Union européenne en sortira affaiblie et ce sera peut-être une opportunité pour la réformer, pour autant que ce soit possible.

Source : AgoraVox

mercredi 22 juin 2016

France : Après le 14 juin, la Loi El Khomri, un détonateur social.



Pour le gouvernement et les médias contrôlés par le pouvoir et les grands groupes, cette journée devait être un non-événement, le baroud d’honneur d’un mouvement essoufflé (voir sur ces thèmes les articles publiés sur ce site en date du 17 mai, du 9 juin et du 15 juin sous l’onglet : Europe, France).

Pourtant, c’est un immense cortège qui a défilé dans les rues de la capitale, traversant les quartiers Sud-Ouest de Paris de la Place d’Italie aux Invalides. Quatre heures après le départ du carré de tête, des groupes attendaient encore pour démarrer… Alors que la CGT a annoncé 1,2 million de manifestants, le gouvernement n’a vu dans les rues que 120’000 personnes, mettant un point d’honneur à ce que ce chiffre soit le plus bas annoncé depuis le 31 mars. Mais surtout, la seule communication médiatique et gouvernementale depuis la manifestation aura concerné « la violence des casseurs », une dizaine de vitres brisées et des murs tagués d’un grand hôpital pédiatrique parisien qui se trouvait sur le parcours.
Concernant le fond du dossier, le Premier ministre a comme posture que le dossier est clos, la loi est bouclée, il n’y aura aucune modification et la mobilisation sociale doit immédiatement disparaître des écrans médiatiques. D’ailleurs, il menace même d’interdire les prochaines manifestations annoncées pour la semaine prochaine.
Pourtant, la mobilisation a la vie dure. Ce fut la plus grosse manifestation parisienne depuis le début du mouvement, il y a trois mois, deux ou trois fois plus grosse que celle du 31 mars. Evidemment, il s’agissait d’une montée nationale, mais plusieurs grandes villes étaient aussi dans la rue, comme Marseille, Toulouse, Strasbourg, Rennes… De même, l’ambiance n’était pas à un dernier tour de piste. Car dans cette manifestation, comme dans toutes les actions menées depuis des semaines, l’état d’esprit est à la détermination. Un grand nombre de salariés venait d’entreprises grandes ou petites du secteur privé, de toutes les régions, le plus souvent amenés en cars par la CGT, mais aussi par Force ouvrière ou Solidaires.
Le cortège, les mots d’ordre témoignaient de la détermination dans l’exigence de retrait de la loi El Khomri et du rejet du gouvernement du PS. Malgré la propagande quotidienne menée depuis des mois à la radio et à la télé par le PS et l’ensemble des commentateurs et prétendus experts économiques et sociaux, les salariés sont toujours vent debout contre cette loi : dans tous les sondages, seulement 30% de l’opinion soutient le maintien du projet de loi. 70% – et la quasi-totalité des salarié·e·s – veulent son retrait pur et simple ou au moins de profondes modifications.
Pourtant, le mouvement n’a pas encore réussi à faire plier le gouvernement. Car les données présentes depuis le début du mouvement sont toujours là.
D’un côté, le gouvernement est toujours aussi faible. Sa crédibilité se réduit semaine après semaine comme peau de chagrin. Le couple dirigeant Valls-Hollande affiche le visage de dirigeants forts, d’un Etat de plus en plus policier pour masquer leur faiblesse. Le Premier ministre (Valls) joue sur ce registre en répétant à l’envi que la France est en guerre face au terrorisme, que la République doit être défendue et on assiste désormais à une hystérisation médiatique, orchestrée par le gouvernement, de tout événement qui peut entrer dans cette grille de lecture. Il en a été ainsi, au matin du 14 juin, après l’assassinat d’un couple de policiers en Région parisienne qui est devenu une attaque terroriste de première importance. A la suite de cet acte meurtrier, le ministre de l’Intérieur a accédé à une vieille revendication des syndicats réactionnaires de policiers et de l’extrême droite : l’autorisation du port d’armes pour les policiers en dehors du service.
Les dégradations subies par la façade de l’hôpital pour enfants le 14 juin ont, elles, été sublimées par le Premier ministre en « un hôpital dévasté », alors qu’aucun manifestant n’a pénétré à l’intérieur. Mais cette mise en scène médiatique d’un « acte inhumain » va servir à justifier, peut-être, l’interdiction de prochaines manifestations. Ironiquement, le leader de Force ouvrière (FO), Jean Claude Mailly, a répondu à cette menace en disant qu’il faudrait parallèlement interdire les prochains matches de l’Euro 2016, prétexte à de multiples affrontements avec au moins déjà un mort et des blessés graves.
Sur ce terrain de l’Etat policier et de la mise en scène d’un pays en guerre, le gouvernement se fait prendre à son propre jeu, la droite et le Front national lui reprochant désormais sa faiblesse devant le désordre social.
Ce climat de violence d’Etat, le gouvernement et sa police l’applique aux manifestations. Au moins 150 manifestants ont été blessés le 14 juin, 15 ont dû être dirigés vers des services d’urgence et au moins un est dans un état grave, sa colonne vertébrale atteinte par une lacrymogène tirée à tir tendu. L’utilisation des flash-balls, de LBD, de grenades de désencerclement et des lacrymogènes amène à blesser sérieusement les manifestants, sans parler des charges contre les cortèges avec l’usage intensif des matraques.
Le gouvernement cherche donc à sortir de la situation après le 14 juin en faisant monter la tension et les violences policières. Le but est d’arriver à casser définitivement le mouvement social avant le deuxième passage de la loi à l’Assemblée nationale début juillet.
Du côté du mouvement, les « choses » sont toujours contradictoires.
Les échéances données par l’Intersyndicale nationale, beaucoup trop espacées, surtout depuis la mi-mai, ne permettent pas de construire le rapport de force, d’acculer le gouvernement à la défaite. La détermination des équipes syndicales combatives a permis jusqu’à aujourd’hui de maintenir la force du mouvement, mais beaucoup de secteurs, d’entreprises, sont entrés en grève de façon dispersée, reprenant quand une autre démarrait.
Le seul moment où le gouvernement a été à deux doigts de céder, ces dernières semaines, a été fin mai, lorsque le blocage des dépôts de carburants et la grève des chauffeurs routiers a mis à sec 30% des stations-service. Faire céder le gouvernement n’est possible que par un blocage de la vie économique du pays, au moins assez fort pour créer une situation dans laquelle l’isolement social et politique de l’exécutif l’oblige à céder. De cette question, beaucoup de syndicalistes sont conscients depuis le début du mouvement. C’était le sens de l’appel « On bloque tout », lancé le 22 mars par 100 syndicalistes, essentiellement CGT et Sud. C’est aussi l’état d’esprit de nombreuses équipes syndicales qui, notamment depuis la mi-mai, ont multiplié les blocages, les grèves, comme celles du ramassage et du traitement des ordures ménagères dans plusieurs villes de France.
Les salariés des raffineries de pétrole ont tenu plusieurs semaines, mais l’impact de leur grève a été cassé par l’importation massive de carburant par les grands groupes. Les grèves de la SNCF, des pilotes d’Air France, vertébrées sur des revendications locales n’ont pas pu donner depuis le 1er juin une vigueur comparable à la tension des deux semaines précédentes. Cela d’autant plus, à la SNCF, qu’avant d’imposer à la CGT une grève reconductible à partir du 1er juin, il y avait eu, depuis mars, plusieurs journées isolées ou de 48h, usant une partie des forces.
Pourtant, d’autres secteurs, travailleurs des centrales nucléaires, des ports, de la verrerie, de l’agroalimentaire sont aussi entrés dans l’action ces dernières semaines. La force de ce mouvement et la composition des manifestations brisent l’image brossée depuis des années d’un mouvement syndical et revendicatif limité aux salariés de la fonction publique. Depuis, des mois, ce sont les salariés de l’industrie, des transports, du commerce et des services qui structurent la mobilisation.
Bloquée dans une situation dont elle n’est pas maîtresse, la direction de la CGT essaye de louvoyer, notamment depuis la mi-mai. Prise en tenaille entre la force du mouvement qui la pousse en première ligne et le blocage de toute marge de négociation avec le gouvernement, Philippe Martinez (secrétaire général de la CGT) gère mais ne veut pas pousser davantage à l’affrontement. Ainsi, a-t-il explicitement refusé de profiter du lancement de l’Euro 2016, le 10 juin, pour acculer le gouvernement sur la défensive, désavouant les équipes syndicales qui avaient renforcé la grève sur les lignes de transport desservant les stades de foot. De même, l’Intersyndicale n’a pas tracé de plan de mobilisation crescendo après le 14 juin. La prochaine échéance est seulement une journée le 23 juin et l’Intersyndicale appelle moins à renforcer les grèves qu’à multiplier les signatures de pétitions. L’Union départementale CGT des Bouches du Rhône, pour sa part, s’appuyant sur la force du 14 juin avec 300 entreprises du privé de la région marseillaise en grève ce jour-là, a lancé un appel à la grève de 48h, les 23 et 24 juin, dans l’état d’esprit d’enclencher un réel bras de fer.
Une nouvelle fois, rien n’est réglé dans cette mobilisation qui dure depuis 4 mois, en ayant plusieurs fois renouvelé ses forces. (16 juin 2016, article écrit pour le site Viento Sur)
Publié par Alencontre le 19 - juin - 2016

jeudi 16 juin 2016

Mohamed Ali, on s’en souviendra, son combat dans le ring était pour tous les Noirs et opprimés de ce monde.



Né dans une famille de classe moyenne à Louisville (Kentucky), celui qui était au départ Cassius Clay avait vite compris qu’il fallait de battre, comme l’ensemble de la communauté noire dans le sud ségrégé. Comme plusieurs de sa génération, il a commencé à pratiquer la boxe, qui était (et reste) un sport synonyme avec la pauvreté. Très vite, on a perçu qu’il avait du talent. Aux Jeux olympiques de Rome en 1960, il a gagné la médaille d’or. À son retour aux États-Unis, il a continué à faire face à des attaques racistes. Il a pris sa médaille et il l’a jeté dans le Mississippi !
Après sa victoire contre le champion poids-lourd Sonny Liston, il s’est rapproché de Malcolm X et c’est alors qu’il est devenu Mohamed Ali. On le surnommait le poète ou le danseur de la boxe, tant il bougeait sur le ring. La presse blanche le haïssait. Dans la tradition du sud, les Noirs devaient demeurer des « Oncle Tom », soit, des serviteurs des blancs.
Ali a alors compris que son combat dans le ring était pour tous les Noirs et opprimés de ce monde. La boxe était devenue un instrument politique pour confronter le racisme et l’exploitation. Pour le faire taire, le gouvernement américain l’a conscrit pour la guerre au Vietnam. Ali a refusé. Dans une déclaration célèbre, il a affirmé qu’il n’avait jamais été traité de « sale nègre » par des Vietnamiens. On lui a alors enlevé son titre de champion et on lui a interdit de continuer à boxer. Sans argent, il a continué à mener la lutte. Il était en tête de plusieurs grandes manifestations antiracistes, de la Californie à Washington. Sa réputation est devenue mondiale, y compris parmi les prisonniers politiques sud-africains dont un certain Nelson Mandela, que le régime de l’apartheid avait arrêté grâce à la collaboration de la CIA. À l’époque, le gouvernement des États-Unis était le grand ami de l’apartheid, au nom de la lutte contre le « communisme ».
Mohamed Ali n’était pas parfait. Cela a un peu mal tourné à la fin de vie lorsqu’il était assez gravement malade, et lorsqu’il s’était retrouvé avec l’administration Bush pour appuyer l’agression contre l’Afghanistan. En fait, mal conseillé par une élite africaine-américaine très cooptée, il n’était plus que l’ombre de lui-même.
L’histoire le retiendra toutefois comme un combattant contre le racisme et l’injustice.