mercredi 18 novembre 2015

Attentas de Paris : J’Accuse….



Quelques jours après l’attaque sur Paris, la première du genre depuis la 2eme guerre mondiale et qui a coûté la vie à près de 130 civils, la tension est grande et la peur est là…

La question se trouve dans toutes les bouches ; un nouvel attentat pour bientôt ? 
Car oui, les experts, à l’image de Marc Trevidic, ancien juge antiterroriste, lors de son allocution à la TV après les attentats, s’accordent pour prévenir d’une menace réelle qui plane sur la France.
Si aujourd’hui, les amalgames entre musulmans et «Daech» sont audibles dans les rues françaises, les causes et les initiateurs de cette effroyable attaque doivent être surlignés à l’encre rouge.
Pourquoi «Daech» a-t-il visé la France ? Et surtout qu’a-t-il à gagner à perpétrer de tels actes et promettre plus de sang encore ?
Pour tenter d’éclaircir certains internautes excédés par le discours uniforme des médias d’Occident, il est nécessaire de faire un petit retour-arrière, lorsque le monde arabe subissait coup sur coup, renversements politiques et chaos ensanglanté.
De l’Egypte en passant par la Tunisie, la Lybie et aujourd’hui la Syrie, au devant de la scène, les mêmes acteurs, les mêmes cracheurs de feu.

Le wahhabo-salafisme véritable gangrène

L’humanité fait face à une idéologie ultra violente qui non seulement se dote de plus de barbarie encore mais surtout plaît à un nombre croissant de badauds de par le monde: Le wahabbo-salafisme et son second, les frères musulmans.
Ce n’est plus un secret, cette nébuleuse a été créée en Arabie saoudite et au Qatar (deux grandes puissances qui se partagent près de 80% des richesses du monde arabe), par les britanniques au XIXème siècle pour s’assurer la protection de la route des Indes, sécurité qui implique la totale maîtrise du golf arabo persique.
Aujourd’hui, ce mouvement ultra fondamentaliste, s’est doté de deux acteurs majeurs, «Al-Qaïda» et «Daech» qui se disputent la place de leader régional en matière de barbarie.
La palme d’or est décernée à «l’Etat islamique» qui a dépassé son grand frère en matière de violence mais aussi et surtout par sa fortune colossale de plus de 2200 milliards de dollars.
Une question essentielle se pose alors ; comment a-t-il pu devenir aussi puissant ?

«Daech», l’entité terroriste au PIB d’un Etat

D’abord et avant tout, il est nécessaire de rappeler le financement secret saoudien, koweitien et qatari, dans sa création.
Aujourd’hui, confortablement installée, la nébuleuse peut donc jouir de toutes les réserves naturelles irakiennes (pétrole, gaz, minerais etc.), des pillages d’œuvres d’art vendues partout dans le monde, impôt, trafic d’êtres humains… La liste est longue.
Plus de 800 millions de dollars de pétrole transitent chaque année depuis la Turquie, grand allié des saoudiens, au-delà des «frontières de l’Etat islamique». Où va cet or noir vendu à moitié prix ? Ne nous leurrons pas, les pays de l’Ouest ont bien évidemment leur part de marché.
Au-delà de ces faits chiffrés, les enjeux politico-économiques sont tout aussi ahurissants.

La responsabilité flagrante du Quai d’Orsay

En se positionnant en véritable fer de lance de la «démocratie occidentale», la France de Nicolas Sarkozy d’abord puis celle de François Hollande s’est engagée dans un virage à 90 degrés concernant sa politique extérieure.
Les allées et venues à Tripoli (capitale libyenne) de l’auto proclamé philosophe des lumières, Bernard Henri Levy, soit dit en passant également membre d’un Think Tank sioniste, pour haranguer les foules, puis la mise à sac, par les bombardements français, d’un pays souverain qui ont fait des dizaines de milliers de victimes, n’ont eu d’autres résultats que d’ouvrir l’autoroute africaine aux miliciens de «Daech».
Concernant la Syrie, on se rappelle des propos du ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, affirmant que «Bachar el-Assad ne méritait pas d’être sur la terre» tout en donnant sa bénédiction à tous les extrémistes prêts à en découdre avec l’armée et les civils syriens. Discours va t-en guerre démontrant clairement que la France est décidée de suivre à la lettre, la politique moyenne orientale des américano-sionistes et de leurs alliés arabes et turcs.
Nous savons aussi que des financements  et des armes comme des missiles APILAS ou MILAN de fabrication française ont été envoyés depuis l’hexagone aux terroristes d’«Al Nosra», autre groupe radical.
Et que pouvons-nous dire des contrats militaires mirobolants de plus de 10 milliards d’euros, récemment signés entre Paris et Ryad, alors que l’Arabie Saoudite est en train de perpétrer un véritable génocide au Yémen ? Que dire de la vente des quartiers défavorisés ou du prestigieux club de foot du PSG au Qatar.

Attentats, la suite logique d’une politique erronée

Comme Marc Trevidic le dit si bien, que peut-on attendre d’un groupe terroriste si la politique mondiale l’a laissé devenir hyper puissant ?
Lorsque l’on nourrit la Bête, ne finit-elle pas par revenir chez ses maîtres ???
François Hollande, qui appelle à l’«Unité nationale», vient de le dire: «Les français devront faire des sacrifices». A quoi doivent-ils s’attendre ? Plus de police, plus d’armée, plus de budget pour ses actions extérieures pour moins d’emplois, de santé, d’éducation ??
Jean Jaurès disait: «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte les nuages d’orage».
Par Eline Briant
Source: french.alahednews

Mais d’où vient la fortune de «Daech» (infographie)


« Passeport » : Le Retour. Un papier d’identité, trouvé miraculeusement et désignant l’auteur des attentats venant d’être commis, est devenu un classique. Il s’agit d’un évènement qui se répète.



Dans le cadre de l’enquête sur les massacres à Paris, un passeport syrien a été retrouvé près de l’un des kamikazes du Stade de France. Après avoir été désigné comme responsable des attentats par le président Hollande, “l’Etat Islamique ”, a reconnu être à la base de ces actions. Pour l’exécutif français qui avait déclaré vouloir intervenir en Syrie contre l’EI, en réalité contre Bachar El Assad qui « doit partir », il s’agit là d’un indice important devant conforter une opération militaire. La procédure du double discours, soutenir une organisation que l’on désigne comme ennemi et nommer comme terroristes des personnes que l’on a préalablement appelés « combattants de la liberté », n’est pas l’apanage du gouvernement français.
Produire son ennemi est devenu un axe de la stratégie occidentale, nous confirmant que dans la structure impériale, il n’y a pas de séparation entre intérieur et extérieur, entre le droit et la violence pure, entre le le citoyen et l’ennemi. En Belgique, le prédicateur musulman Jean-Louis Denis est poursuivi « pour avoir incité de jeunes gens à partir faire le djihad armé en Syrie », car il est soupçonné d’avoir eu des contacts avec Sharia4Belgium, un groupement qualifié terroriste, ce que le prévenu nie. Son avocat a fait ressortir la double pensée de l’accusation dans cette affaire, en lançant devant le tribunal correctionnel de Bruxelles : « On a envoyé des gamins dans les bras de l’Etat islamique en Syrie et ce sont vos services qui l’ont fait [1] ». Il a appuyé ses accusations en faisant ressortir le rôle dans cette affaire d’un agent infiltrant de la police fédérale.
Le retour du signifiant.
Concernant les massacres parisiens, il semblerait qu’une des premières préoccupations des terroristes soit d’être identifiés le plus rapidement possible. Cependant ce paradoxe nous étonne à peine. Un papier d’identité, trouvé miraculeusement et désignant l’auteur des attentats venant d’être commis, est devenu un classique. Il s’agit d’un évènement qui se répète, une compulsion de répétition désignant à chaque fois un coupable appartenant à une « mouvance jihadiste ».

Dans la version officielle du 11 septembre, le FBI affirmait avoir retrouvé le passeport intact de l’un des kamikazes à proximité d’une des deux tours complètement pulvérisées par des explosions, dégageant une température capable de faire fondre l’acier des structures métalliques d’un building, mais laissant intact un document en papier. Le crash du quatrième avion, s’écrasant en rase campagne à Shanksville, a également permis à la police fédérale de retrouver le passeport de l’un des terroristes présumés. Ce document partiellement brûlé permet quand même d’identifier la personne, grâce à la présence de son nom, de son prénom et de sa photo. Cette possibilité est d’autant plus troublante que du crash de l’avion ne subsistait qu’un cratère d’impact, point de morceau de fuselage ou de moteur, seul restait ce passeport partiellement brûlé.

L’invraisemblable comme mesure du vrai.

Dans l’affaire Charlie Hebdo, les enquêteurs ont retrouvé la carte d’identité de l’aîné des frères Kouachi dans la voiture abandonnée dans le nord-est de Paris. A partir de ce document, la police s’aperçoit qu’il s’agit d’individus connus des services antiterroristes, des « pionniers du djihadisme français. » La «  traque » peut alors commencer. Comment des tueurs, commettant un attentat avec un sang froid et une maîtrise qualifiés de professionnels, peuvent-ils commettre une telle erreur ? Ne pas s’encombrer de ses papiers fait pourtant partie de l’abc du simple cambrioleur.
Depuis le 11/9, l’invraisemblable fait partie de notre quotidienneté. Il est devenu le fondement de la vérité. La Raison est bannie. Il ne s’agit pas de croire ce qui est dit, mais bien la voix qui parle, quelque soit le non sens de l’énonciation. Plus celui-ci est patent, plus la croyance en ce qui est affirmé doit être indéflectible. L’invraisemblable devient ainsi la mesure et la garantie du vrai.
Le discours portant sur les affaires Merah ou Nemouche l’atteste. Merah, encerclé par des dizaines de policiers, serait parvenu, en trompant la surveillance des forces spéciales, à sortir de son domicile et ensuite à y retourner, afin de se faire tuer par un « sniper » qui aurait tiré en « légitime défense » avec des « armes non létales ». Il serait sorti de chez lui pour téléphoner d’une cabine publique, afin de “dissimuler son identité ”, lors de sa reconnaissance de culpabilité à une journaliste de France 24 [2].
Quant à Nemmouche, l’auteur de la tuerie au Musée juif de Bruxelles, il ne se serait pas débarrassé de ses armes, car ce qui comptait pour lui était de les revendre. Pour ce faire, il aurait fait le choix du mode de transport international le plus surveillé, en les transportant dans un bus assurant la liaison Amsterdam, Bruxelles, Marseille. Un « contrôle de douane inopiné » aurait permis de le confondre et de l’arrêter.

La sidération de “l’unité nationale ”.

Dans tous les cas, le caractère déréalisant de ce qui est présenté nous installe dans la sidération. Tel le regard de la Gorgone, il nous pétrifie. Il nous montre que quelque chose ne va pas dans le discours. Il exhibe une faille qui n’a pas pour effet de nous tromper, mais de nous morceler. Le compte-rendu du déroulement des attentats est une exhibition qui s’impose au spectateur. Elle échappe à toute représentation et a un effet de sidération. Celle-ci ne résulte pas tant du caractère dramatique des faits que de l’impossibilité de déchiffrer le réel. Le spectateur ne peut alors retrouver un semblant d’unité que par un surcroît d’adhésion à ce qui est énoncé. Une fusion s’opère avec celui qui nomme. Il convient de renoncer à se distancier avec le dit et le montré, en posant des questions ou en rétablissant une parole. “L’unité nationale, la fusion entre les surveillants et les surveillés, peut alors se mettre en place.
En effet, l’exhibition des failles dans le discours du pouvoir concernant tous ces attentats a pour effet d’installer une psychose et de supprimer tout mécanisme de défense, non pas seulement face à des propos ou des actes déterminés, mais vis à vis de n’importe quelle action ou déclaration du pouvoir, par exemple face à des lois comme celle sur le renseignement qui rejette la vie privée hors des libertés fondamentales.

Un acte de guerre contre les populations

Votée en juin 2015, la loi sur le renseignement, ce projet vieux de plus d’une année, nous a été présenté comme une réponse aux attentats de Charlie Hebdo. La loi autorise notamment l’installation de « boites noires » chez les fournisseurs d’accès Internet permettant de capturer en temps réel les métadonnées des utilisateurs. Elle permet également la pose de micros, de balises de localisation, l’installation de caméras et de logiciels espions. Sont soumis à ces techniques spéciales de recherche, non les agents d’une puissance étrangère, mais les populations françaises. Ces dernières sont ainsi traitées comme ennemis d’un pouvoir exécutif, auquel il revient la décision et le « contrôle » de ces dispositifs secrets. Sous le couvert de la lutte contre le terrorisme, cette loi légalise des mesures déjà en place, mettant à la disposition de l’exécutif un dispositif permanent, clandestin et quasiment illimité de surveillance des citoyens. L’absence de toute efficacité dans la prévention d’attentats nous montre que c’est bien les ressortissants de l’Hexagone qui étaient l’objet de la loi et non les terroristes. En changeant la nature des services de renseignement, du contre espionnage à la surveillance des citoyens, cette loi est un acte de guerre idéelle contre ceux-ci. Les massacres qui viennent d’avoir lieu à Paris en sont le réel.

Jean-Claude Paye
Sociologue, auteur de L’Emprise de l’image. De Guantanamo à Tarnac. Editions Yves Michel 2012.