L´ «après-Kadhafi» a commencé. Tout le monde s´interrogeait, hier, non plus sur le sort du régime libyen, mais sur celui de son «dictateur», au pouvoir depuis 42 ans, de celui des membres de sa famille ainsi que celui de ses fidèles parmi les fidèles,
certes de moins en moins nombreux depuis le début du conflit, il y a six mois, mais qui seront restés à ses côtés jusqu´au dernier moment. Trois des fils Kadhafi, parmi lesquels Seif el Islam, ont été arrêtés ou se sont rendus à la rébellion. Aux dernières nouvelles, le procureur du Tribunal pénal international, l´espagnol Luis Moreno-Ocampo, a confirmé ces arrestations, ce qui donne la certitude qu´une procédure d´extradition des membres du régime libyen devant cette juridiction internationale est déjà en cours.
C´est la troisième fois qu´une dictature arabe tombe aux mains de l´insurrection populaire, depuis le début dudit «printemps arabe». Il faut remarquer que la prise du pouvoir en Libye sous la conduite de la coalition internationale rappelle, par bien des aspects, la méthode Bush (l´invasion armée) employée, en 2002, en Irak et suivie de la pendaison de Saddam Hussein et des plus proches membres de son régime. Le baroud d´honneur
Réfugié probablement dans un de ses bunkers de Bab Aziza, Kadhafi a refusé de se rendre comme il l´a toujours clamé. A l´appel de la Ligue arabe et à ceux d´un certain nombre de pays occidentaux lui demandant de quitter le pouvoir, le dictateur libyen avait aussitôt diffusé un message radiophonique par lequel il réitérait sa détermination à lutter jusqu´au bout, alors que des combats acharnés se déroulaient aux alentours de sa résidence de Bab Aziza.
Le pire est à venir
Dix ans après, l´Irak n´est ni sécurisé après la disparition de Saddam Hussein, ni démocratique sous le régime d’El Maliki. Pas plus que la Tunisie et l´Egypte où la transition démocratique s´est effectuée relativement sans trop de massacres en vies humaines, la Libye pourrait bien connaître un bain de sang pareil à celui que l´Irak vit au quotidien depuis l´invasion américaine.
C´est pourquoi il faut craindre que le conflit armé libyen, avec son cortège de ruines, de deuils et de massacres, est loin d´être terminé avec la prise de Tripoli par les insurgés. C´est peut-être même à présent que commence le plus difficile pour ce pays maghrébin où il n´y a ni Etat ni institutions prêtes à assurer la transition. l‘après-Kadhafi, comme dans les deux pays voisins.Aujourd´hui, la Libye est entièrement aux mains d´une rébellion désorganisée qui est traversée, de surcroît, par tous les courants, y compris par le courant salafiste qui a fait ses preuves en Irak. Tous les doutes sont désormais permis sur l´avenir de ce pays maghrébin, sur sa sécurité, sur sa stabilité et, par conséquent, sur l´équilibre politique de la région.
Les objectifs d´une guerre injuste
Que sera l’après-Kadhafi ? Une réponse à cette question fondamentale est prématurée, même si les «alliés» qui ont piloté les opérations militaires qui ont fait des dizaines de milliers de victimes civiles et des destructions massives des villes et des villages ont leur idée.
Officiellement, l´objectif des alliés était de porter secours aux populations civiles «massacrées» par le dictateur. Pour cela, la France a fait voter la Résolution 1973 sur la création d´une zone d´exclusion aérienne et un embargo sur les armes. Les intentions sont différentes, on l´aura vu sur le terrain, puisque les choses se sont passées autrement, car les motivations des alliés sont économiques et géostratégiques. Jamais humanitaires. Ce sont les Etats-Unis qui ont planifié depuis longtemps la création d´un nouveau Moyen-orient, un ensemble qui assurerait à Israël une sécurité absolue.
Ce n´est un mystère pour personne que l´intention des puissances occidentales les plus engagées dans ce conflit, la France à leur tête, est de mettre la main sur les considérables gisements d´hydrocarbures de ce pays à un moment où le prix du baril bat tous les records. Les prix du baril peuvent à présent poursuivre leur tendance à la baisse au grand soulagement des marchés occidentaux de l´énergie.
Hamid A.
Le Temps d'Algerie



