vendredi 14 décembre 2012

Berlin - En route pour la prochaine guerre


DAMAS/ BERLIN - Parallèlement au débat à l’OTAN sur l’éventualité d’une intervention militaire en Syrie, le Bundestag (parlement allemand) votera demain vendredi 14 sur le déploiement de soldats (400 maximum) à la frontière syro-turque. Ils seraient chargés de servir des batteries de missiles Patriot équipées de radars dernier cri ; en outre on envisage l’emploi d’avions de surveillance Awacs.
Les renseignements ainsi obtenus seraient de grande importance dans le cas où l’OTAN déciderait ensuite d’intervenir elle-même en Syrie, au vu des positions que gagnent rapidement les milices islamistes anti-occidentales. En attendant, la RFA et ses alliés occidentaux ont élargi leur soutien à la nouvelle coalition de l’opposition, formée récemment au Qatar et disposant depuis une semaine de sa propre force armée. Suffira-t-il de renforcer cette dernière ou l’OTAN doit-elle l’appuyer par mer et par air pour renverser Assad, comme en Libye? La question n’est pas encore tranchée. Le Ministère allemand des Affaires étrangères déclare avoir insisté pour qu’on ne spécule pas publiquement sur d’éventuelles manœuvres guerrières avant que le Bundestag n’ait pris sa décision. Ce qui facilité un vote positif du SPD et des Verts et permet donc un large consensus parlementaire en faveur de l’intervention.

À la frontière syrienne

Demain vendredi le Bundestag votera sur l’envoi de soldats (400 maximum) à la frontière syro-turque. Ils seraient chargés de servir deux batteries de missiles dernier cri (PAC-3) ainsi que d’intervenir à bord d’avions de surveillance Awacs. Le lieu du stationnement des batteries, qui n’est pas précisé publiquement, offre selon certains dires la possibilité de protéger des missiles la grande ville de Kharamanmaras (plus de 1 400 000 habitants) dans le Sud de la Turquie. Ce lieu serait le plus proche possible de la ville syrienne d’Alep, siège actuel de combats acharnés. On dit que la Bundeswehr pourrait commencer à se déployer dès les semaines qui viennent. Parallèlement les Pays-Bas installent de systèmes de batteries Patriot pour protéger Adana et les USA pour protéger Malatya [1]. Les militaires devraient être à pied d’oeuvre début février 2013 au plus tard. L’approbation du Bundestag, incluant celle d’importantes fractions de l’opposition (SPD, Alliance 90/les Verts) semble assurée après le débat d’hier au Bundestag.

Aussi pourris que le régime

L’envoi de troupes allemandes est décidé à un moment où les évènements syriens prennent une tournure fâcheuse pour l’Occident. En dehors du fait qu’une issue à la guerre civile n’est toujours pas en vue, la grogne contre les dissidents croît même dans les pans de la population initialement favorables à la rébellion. Des actions mal préparées qui ont causé de graves torts à la population civile, un vandalisme absurde, des procédés criminels et l’assassinat de sang-froid de prisonniers ont érodé le capital de sympathie des rebelles, selon la presse US-américaine du mois dernier.[2] Nombre de Syriens penseraient désormais que les opposants sont aussi pourris que le régime qu’ils combattent et leur retireraient leur soutien, capital dans une guerre civile. Les massacres ont en outre monté contre eux un grand nombre de Syriens. Hier encore (mercredi 12/12) des médias ont rapporté qu’à Akrab, un village de la province de Hama peuplé d’alaouites, une série d’explosions a détruit plusieurs maisons et tué ou blessé plus de 120 personnes. L’Observatoire syrien des droits humains, basé à Londres et qui d’ordinaire est cité pour apporter des preuves des violences commises par les forces du régime est d’avis que ces attaques sont à porter au compte des rebelles[3].

« Nous sommes tous Al-Nusra »

S’ajoute à tout cela l’influence croissante acquise par des milices islamistes hostiles à l’Occident, par exemple le tristement célèbre Front Al-Nusra. Cette évolution - prévisible[4] - a elle aussi été récemment décrite dans la presse US-américaine. Selon elle les milices en contact avec des réseaux comme Al-Qaida profitent au moins en partie de leur expérience du combat et d’un accès aux armes et aux explosifs, ce qui leur assure à la longue des succès plus importants qu’aux autres milices - et une position éminente chez les rebelles. Leur influence sans cesse croissante - encore renforcée par les livraisons d’armes en provenance d’alliés importants de l’Occident, notamment du Qatar et l’Arabie saoudite, qui arment de préférence les milices islamistes - pousse aussi un nombre croissant de francs-tireurs à se rallier aux pratiques ordinaires des islamistes et d’une manière générale accroît le nombre de leurs partisans. Washington a désormais classé Al-Nusra comme « organisation terroriste » - un geste dont l’utilité est douteuse aux yeux des observateurs. « Non à l’intervention des USA, nous sommes tous al-Nusra » proclamaient des banderoles brandies par des manifestants dans plusieurs villes syriennes[5]. Selon des rapports émanant aussi bien du gouvernement syrien que des rebelles, la milice s’est récemment emparée d’une usine de production de chlore à l’Est d’Alep. Elle serait aussi en possession de batteries de DCA[6]. La guerre civile en Syrie échappe de plus en plus à tout contrôle.

Reconnue par l’Occident

Devant le désastre où a conduit la fourniture d’armement aux rebelles par l’Occident, une dispute a désormais éclaté au sein de l’OTAN : suffira-t-il de continuer à armer ces derniers ou des forces armées occidentales doivent-elles intervenir en complément? C’est sûr, l’aide aux milices va être intensifiée. La semaine dernière, dans la ville turque d’Antalya, a été fondé un nouveau Conseil militaire suprême, composé de 30 commandants de milice. Il remplace la structure directrice de l’Armée syrienne libre, créée elle aussi en Turquie en accord avec l’Occident et qui n’a pas réussi à unir les milices syriennes, extrêmement disparates. Selon les médias, trois membres de la CIA ainsi que des représentants de la Grande-Bretagne et de la France ont participé à la réunion fondatrice du Supreme Military Council ; on aurait promis de nouvelles livraisons d’armes. Elles proviendraient au premier chef du Qatar, mais aussi d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, de Turquie et de Jordanie[7]. En complément l’Occident a créé il y a peu, en commun avec les dictatures du Golfe, une nouvelle structure d’opposition, reconnue depuis par l’UE (Allemagne comprise) , les USA et les dictatures du Golfe comme « représentante légitime du peuple syrien », qui doit former un contre-gouvernement. Cette structure remplace également un organe de coopération avec l’Occident, le Conseil national syrien, qui s’est avéré largement dépourvu d’influence. La nouvelle structure d’opposition (« Coalition nationale des forces révolutionnaires et d’opposition ») reste largement sous l’influence des islamistes (voir :german-foreign-policy[8]) - tout comme la nouvelle structure militaire, dont les chefs sont à plus de 60% proches du milieu des Frères musulmans.

Masquer l’intervention

Alors que la France a exprimé récemment encore son scepticisme envers une intervention de l’OTAN en Syrie et préfère une poursuite de la fourniture d’armement aux rebelles, les USA et la Grande-Bretagne se prononceraient en faveur d’actions militaires, pour empêcher de nouveaux succès de milices islamistes hostiles à l’Occident, comme le Front al-Nusra et placer à la tête de révoltés des forces prêtes à coopérer. Le Ministre allemand des Affaires étrangères se serait montré surtout irrité de voir le nouveau débat sur la guerre porté sur la place publique avant le vote de demain 14 au Bundestag, ce qui selon lui rend plus difficile au SPD et à l’Alliance 90/Les Verts d’approuver l’intervention : ces deux partis doivent songer au petit reste de leur clientèle électorale encore opposé à la guerre et donc prendre quelques précautions[9]. Un média britannique déclare que quelques pays - USA, Grande-Bretagne, Arabie saoudite, Qatar entre autres- ont déjà débattu il y a plusieurs semaines de plans d’intervention détaillés. Selon cette source, on prévoirait, outre la formation de milices rebelles, des frappes aériennes et un appui d'unités marines, le tout sans légitimation du Conseil de sécurité de l'ONU. Le stationnement des Patriots, qui doit être décidé vendredi par le Bundestag, est évoqué selon le journal dans le splans d'intervention : l'argument selon lequel il s'agirait de défendre la souveraineté du terrritoire turc contre des attaques aériennes ou de missiles syriennes fictives, dont Damas n'a jamais brandi la menace et qui ne sont pas dans son intérêt, le serait "en réalité" rien d'autre qu'un "camouflage de l'intervention"[10].
 
 
 
 
 
Traduit par Michèle Mialane
[1]Des systèmes de batteries "Patriot" pour protéger une grande ville turque , www.spiegel.de 12.12.2012
[2] Missteps by Rebels Erode Their Support Among Syrians; www.nytimes.com 08.11.2012
[3] Zahlreiche Menschen in syrischem Dorf getötet (Un grand nombre de personnes tuées dans un village syrien); www.zeit.de 12.12.2012
[4] voir Die Islamisierung der Rebellion (l’islamisation de la rébellion)
[5] Syrian Rebels Tied to Al Qaeda Play Key Role in War; www.nytimes.com 08.12.2012
[6] Al-Qaida-Verbündete verfügen offenbar über chemische Waffen (À l’évidence les alliés d’Al Qaida disposent d’armes chimiques); www.faz.net 09.12.2012
[7] Rebel Groups in Syria Make Framework for Military; www.nytimes.com 07.12.2012
[8] Flugabwehr für die Exilführung (Défense aérienne pour l’oppsition)
[9] Syrie: l'OTAN divisée sur la menace chimique; Le Monde 11.12.2012
[10] Exclusive: UK military in talks to help Syria rebels; www.independent.co.uk 11.12.2012

Merci à Tlaxcala
Source: http://www.german-foreign-policy.com/de/fulltext/58490
Date de parution de l'article original: 13/12/2012
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PALESTINE : Le peuple palestinien face aux équivoques du « monde libre » et à la félonie du « monde arabo-monarchique »....un “État d’Israël” sans foi ni loi jouant le rôle de gendarme du Moyen-Orient et des Émirats/roitelets – liges dévoués à leurs protecteurs qui leur assurent la pérennité de leurs dynasties.

Plusieurs régimes arabes vivent et se maintiennent grâce à ce statuquo sur la Palestine. Ils useront de tous les artifices, dont financiers et politico-socio-religieux, pour que leur problème ne se règle pas. Bien plus, ils s’emploient à neutraliser tous les États arabes et autres de l’axe de la résistance au sionisme en leur fomentant des « révolutions » dites « printemps arabe » sur des principes aux antipodes des fondements de leur régime ! Les pétromonarchies du Golfe, en particulier l’Arabie Saoudite et le Qatar sont la cause des désespoirs du monde arabe, de leur impuissance pour leur félonie, leur corruption et leur illégitimité.
 Par cette agression sanglante et incessante, sur Gaza, contre les Palestiniens, un peuple spolié de sa terre par un « Israël » factice encrassé par une idéologie colonialiste et fasciste que soutient par allégeance et ressemblance un Occident à histoire jalonnée de contradictions, surtout de déshumanisation, on doit retenir la résurgence sinon la persistance des idéologies extrémises et nihilistes entraînant de récurrentes ruptures d’équilibres qui se manifestent par des souffrances et des incertitudes.
Ce qui se déroule dans le monde arabe, avec cette tempête controuvée baptisée « Printemps arabe », ne saurait être dissociée des crises économiques cycliques du Grand capital et de ses conséquences sociales, politiques et institutionnelles. La solution de ce Capital, pour surmonter ses crises, a toujours été, au travers de son évolution historique, de conquérir encore plus d’espaces économiques par la force des armes, sinon par des artifices de plus en plus subtiles. Ainsi, il est passé de l’esclavagisme au colonialisme, puis au néo-colonialisme pour aboutir au chemin inverse dans une tentative de recolonisation et Dieu seul connait la suite. Comme le monde a changé grâce à la Science et la Technologie, leurs stratégies, leurs tactiques, leurs moyens et leurs procédés ont également changés, mais pour les mêmes buts et les mêmes objectifs issus d’idéaux, qui eux n’ont pas changés, même dissimulés dans de grossiers sophismes.
Dans ce jeu de partage et de domination du monde on a imposé un « État » factice, un corps étranger, là où les richesses pétrolières sont abondantes, presque simultanément avec la création d’ « États arabes » liges sous forme d’oligarchies héréditaires où la puissance de l’argent est prépondérante ; de grandes ploutocraties rigides et féroces : un “État d’Israël” sans foi ni loi jouant le rôle de gendarme du Moyen-Orient et des Émirats/roitelets – liges dévoués à leurs protecteurs qui leur assurent la pérennité de leurs dynasties.
Depuis les accords secrets de Sykes-Picot de 1916 et la Déclaration Balfour de 1917 – qui aboutit à la partition de la Palestine en « deux Etats juif et arabe » en 1947 - le monde, en particulier le Moyen-Orient, n’a cessé de connaitre l’instabilité. L’ensemble des peuples arabes et musulmans refusent à ce jour cette injustice, d’inspiration opportuniste sioniste, décidée dans le sillage du démantèlement de l’empire ottoman suite à sa capitulation.
La question palestinienne reste, depuis, la pomme de discorde entre un monde occidental, pro-israélien et pro-sioniste, à histoire sulfureuse jalonnée d’immoralité, qui ne s’est pas guéri de ses velléités colonialistes et un monde anti-colonialiste et anti-impérialiste, dont les arabes, qui refusent cette hégémonie inhumaine contraire à la morale et à la raison. « Les splendeurs et les horreurs de demain résident dans les décisions ou éclairées ou malavisées d’aujourd’hui. » (Yves Breton)
L’Organisation de la Conférence islamique (OCI), crée en 1969, devenue « de la coopération » en juin 2011 ( certainement pour accabler la Syrie qu’elle suspend d’ailleurs 1 mois et demi après) avec 57 États membres regroupant plus de 2,5 milliards des musulmans à travers le monde (dont un des buts est de « soutenir la lutte du peuple palestinien et l’aider à retrouver ses droits et à obtenir, par la diplomatie, les territoires revendiqués comme leurs ») avec aussi sa soixantaine Conférences islamiques au Sommet et sa quarantaine de Conseil des Ministres des ministres des AE, ainsi que la Ligue dite des « États arabes », créée en 1945 regroupant 22 États arabes (dont l’objectif est d’« d’unifier la ‘nation arabe’, de défendre les intérêts des États membres, de faire face à toute ingérence des puissances dans la région ») avec sa trentaine de sommets, dont 12 en ‘urgence’ concernant la Palestine, n’ont toujours pas réglé le problème de colonisation de la Palestine. 60 années de tergiversations pour aboutir à l’effet inverse avec plus de colonies, plus de morts, plus d’instabilité, plus de divisions, plus de domination. L’Occident « des lumières » qui a imposé la « liberté » et « l’égalité » ne veut pas voir chez les autres peuples les mêmes injustices qu’il a subi. Il y trouve, par contre, un prétexte pour plus d’iniquité et de supériorité. Nietzsche y voyait déjà, dans « Le Déclin de l’Occident » une décadence par une crise d’une civilisation malade. « On veut la liberté aussi longtemps qu’on n’a pas la puissance ; mais si on a la puissance, on veut la suprématie » affirme-t-il.
Les arabes qui voulaient l’Union pour imposer « une force de proposition et d’impulsion » se sont avérés, avec le temps, profondément divisés, incapables d’une quelconque initiative, même de paix. Plus grave, ils se servent désormais de leurs propres « Organisations » pour nuire à leurs membres au profit de ceux qu’ils prétendent combattre ! La limite de la perversion. Deux visions politiques antinomiques s’affrontent. L’une « pro-occidentale » que mène l’axe monarchique, l’autre plus « indépendantiste » que mène l’axe républicain. D’où leur putréfaction et leur neutralisation.
Dès-lors, la question palestinienne ne saurait, désormais, être réglée par les arabes. Il devient impossible, voire dangereux pour eux, qu’ils prennent en charge le problème de colonisation de la Palestine ; du moins dans leur configuration politique actuelle basée sur la félonie. Seuls les palestiniens, unis, sont à mêmes de trouver la solution à leurs tourments selon leurs intérêts exclusifs. Se voir dicter les choses par certains États arabes, spéculateurs, opportunistes et corrompus, pour de l’argent, est une tactique perdante qui mène à la faillite. La preuve, 60 ans déjà sans arriver à un semblant de paix ! Même le projet d’une reconnaissance pourtant « partielle » s’était vu « torpiller » par des actions d’apparences pour la « cause », mais qui en fait va dans le sens d’une dilution de la Palestine et de son peuple, du moins d’envoyer la « question » aux calendes grecs en attendant, peut-être, le fait accompli, c’est-à-dire quand tout sera fini.
Plusieurs régimes arabes vivent et se maintiennent grâce à ce statuquo sur la Palestine. Ils useront de tous les artifices, dont financiers et politico-socio-religieux, pour que leur problème ne se règle pas. Bien plus, ils s’emploient à neutraliser tous les États arabes et autres de l’axe de la résistance au sionisme en leur fomentant des « révolutions » dites « printemps arabe » sur des principes aux antipodes des fondements de leur régime ! Les pétromonarchies du Golfe, en particulier l’Arabie Saoudite et le Qatar sont la cause des désespoirs du monde arabe, de leur impuissance pour leur félonie, leur corruption et leur illégitimité.
La puissance d’un pays se constate plus par la faiblesse de l’adversaire. C’est le cas d’Israël, une entité de 7 millions d’habitants (avec une PIB de 245 milliards de dollars), face à un monde arabe composé de 24 pays regroupant 400 millions de personnes (avec une PIB de 2,4 billions de dollars) ! Un « monde arabe » - factice car plein de contradictions, d’adversités et de disparités - inconciliable. Un simple exemple économique : le PIB de l’Arabie Saoudite est de 560 Milliards de dollars (2011), Mauritanie 4 milliards. Le Qatari jongle avec un PIB par tête de 76 ?000 dollars pendant que le palestinien se débat avec 1000 dollars et sans perspective.
Il est étrange d’observer que, subitement, un « printemps arabe » se déclenche presque simultanément, en l’espace de moins de 2 ans dans plusieurs pays arabes. Les ‘vraies’ révoltes, pour dégager les régimes vassaux à l’occident, vite confisquées ou contenues, ont été accompagnées des révoltes ‘fabriqués’ dans les États à régimes hostiles à Israël et à l’hégémonie occidentale créant ainsi, avec l’accaparement des médias lourds du monde, la plus grande diversion, confusion et manipulation ! Les pétromonarchies du Golfe ont été les pourvoyeuses de fonds, de chair à canons et les guides dans l’endoctrinement, par la religion, pour imposer l’idéologie rétrograde wahabo-salafiste. La Palestine n’est, pour eux, rien d’autre qu’un faire-valoir, un paravent qui assure la pérennité de leur dynastie.
La dernière agression contre Gaza en est un des exemples, sinon l’exemple le plus significatif qui montre, le vrai visage, la putréfaction de ce ‘monde arabe’. Les occidentaux soutiendront encore et toujours Israël tant qu’il est utile aux dictatures arabes qui s’en servent pour détourner l’attention de leur peuple dans le sens qu’ils le souhaitent, tant que le tourment des palestiniens leur reste imputable à cause de leur division et ce, quelle que soit la justesse de leur cause et quelle que soit aussi la barbarie des israéliens. Les 3 morts israéliens comptent plus que la centaine de morts et le millier de blessés palestiniens. Pendant que l’on assassine des enfants, que l’on tue des femmes, la presse française titre « Israël tire sur des bureaux du Hamas ». Quelle déchéance ! À chaque fois qu’il y a poussé de violence par Israël cela se termine par 1, 2, 3 morts Israéliens contre des centaines de morts palestiniens et c’est toujours ces derniers qui sont fautifs avec cet occident dépravé ! De quel côté et la terreur et le terroriste ? Ils n’oseront pas dire la vérité de crainte des lobbies sionistes.
Sitôt que les israéliens se trouvent en difficultés ou embourbés par leurs provocations, ils demandent vite à leurs protégés occidentaux, en particulier les États-Unis, le Royaume uni, la France, l’Allemagne, de les sortir. Mais les choses ont évolué en pire puisque ce sont maintenant les arabes - par lâcheté, déshonneur, indignité et absence de solidarité - qui sont chargés maintenant de mettre fin aux risques d’enlisement des sionistes d’Israël. Surtout après qu’ils ont eu la surprise d’une riposte par missiles sur leurs colonies, jusqu’à Tel Aviv, créant la panique générale ! Une équation nouvelle s’impose donc.
Des informations, rapportées par Al Manar font état que c’est Israël qui aurait demandé au félon Qatari de charger le frère musulman Morsi de faire pression sur son équivalent le Hamas pour une trêve. Mais lors de la visite du ministre Qandil les différents groupes de la résistance palestinienne auraient refusé. Ceci montre que le Hamas n’est pas le seul sur la scène. En assassinant un leader militaire d’importance (Al Djaabari) qui fera escalader les choses vers un conflit armé - dont ils ont programmé qu’il aboutirait à l’anéantissement, à jamais, de la cause palestinienne – les stratèges sionistes en ont eu pour leur frais ! C’est les habitants israéliens aussi, dont Netanyahou lui-même, qui passent la nuit dans les abris ; c’est les bâtiments officiels qui sont touchés par les missiles, c’est un F16 qui se fait abattre et les pilotes disparus, par une résistance pourtant sous embargo, même alimentaire, depuis une décennie.
Ce seraient donc nos bienfaisants pourvoyeurs de fonds et de logistiques, pour les rebelles qui détruisent la Syrie, qui se seraient précipités au Caire pour faire pression sur Hamas afin d’arrêter les tirs de missiles et ce, selon certains analystes, pour éviter des déclarations qui offusqueraient leur maitre d’une part et pour donner à leur ami israélien une carte favorable à sa campagne électorale d’autre part notamment l’acceptation par le Hamas d’une trêve « sans conditions » qui « craindrait une opération terrestre après l’anéantissement de ses bases de lancement de missiles ».
Si une dizaine de simples missiles « fadjr 5 » ont créé l’affolement en Israël que dire si des centaines de ces redoutables missiles iraniens, de haute technologie, s’abattent sur les israéliens ?
Incontestablement, le « Dôme de fer » n’est plus désormais qu’une imposture, qu’un ‘couscoussier’ et l’entité sioniste sera dorénavant à la portée de tous les missiles de la résistance ; un colosse aux pieds d’argile. Et dire que ces bandits sionistes veulent attaquer ce pays qui peut en faire une bouchée y compris les roitelets du golfe !
Même si la réaction limitée de la résistance palestinienne ne peut ébranler un régime fasciste surarmé que soutien tout l’occident, il demeure que les sionistes ont été surpris par la réaction farouche qui a mis à néant la fable de leur invincibilité. D’où cette diversion par la « fausse victoire du Hamas ». Passons !
En fait, ce qui a été obtenu de l’accord du Caire est d’abord un droit basique inaliénable qui ne devrait pas constituer un élément de négociation. Où est donc cette victoire quand vous obtenez le droit de manger, de boire etc. après vous en avoir privé par un embargo illégal et inhumain ? C’est une des tactiques ignobles des sionistes qui n’ont d’humain que l’apparence. Ils trompent le monde en montrant qu’ils sont vertueux alors qu’ils ne font que restituer, par la pression, un droit. Comme si on vous autorisait de mettre un pantalon après vous avoir mis nu ! Un commentateur éclairé compare cet « accord » du Caire à cette histoire de Jeha (personnage légendaire de contes et anecdotes populaires au Maghreb) : A chaque assemblée des gens d’un douar, un villageois ne cesse de perturber les débats avec ses sempiternelles lamentations sur ses conditions de vie en particulier l’exiguïté de son gourbi. Il avait âne, un bouc, 2 chèvres et 2 moutons. Jeha connu pour sa sagesse et ses capacités à résoudre les problèmes intervient en lui promettant de résoudre son problème en 5 jours à condition qu’il respecte à la lettre ses recommandations. La 1ère du 1er jour est qu’il doit mettre, dans son gourbi, tous ses animaux. Le paysan s’exécuta. Le lendemain il s’en plaint pour avoir vécu un ‘enfer’ surtout à cause de l’âne. Jeha l’autorise au 2ème jour de sortir l’âne. Le lendemain il s’en plaint de l’odeur du bouc, mais il est ‘mieux qu’hier’. Jeha le débarrasse du Bouc. Le 3ème jour il déclare ‘commencer à respirer ‘ et ce jusqu’à le débarrasser de tous les animaux. Au dernier jour le paysan annonce, avec soulagement, avoir ‘passé la nuit la plus paisible de ma vie’ ! Conclusion du commentateur : « croire qu’une réunion de 2 jours entre les représentants des spoliateurs sionistes et des hypocrites puissent apporter un rayon de lumière aux palestiniens est une vue de l’esprit ».
Au-delà du gain politique et stratégique, les palestiniens savent mieux que quiconque qu’ils n’ont encore rien obtenu de leurs droits fondamentaux légitimes qui leur terre, leur droit au retour. Le combat demeure entier face à la réalité et les leçons à tirer après chaque action et épreuve.
La réalité et que les palestiniens pouvaient régler leur problème avec Israël si leurs congénères arabes, du golfe en particulier, avaient cette volonté. La même volonté et promptitude qui a permis, par leur « Ligue », de se réunir plusieurs fois en quelques mois, dont 2 fois en 24 heures, pour décider d’une série de sanctions contre la Syrie pour faire tomber son régime qui se trouve être le nœud gordien politiques des sionistes sur la Palestine avec l’Iran et le Hezbollah. Contre Israël, il suffit de se réunir une seule fois prendre des mesures radicales, comme menacer l’occident par l’arme du pétrole (proposition de l’Irak), pour voir, par enchantement, le problème réglé définitivement ! Ce n’est pas dans leurs intérêts…. « stratégiques ».
Serait bien naïf celui qui attend des organisations dites « arabes » ou « islamiques » une quelconque prise de position contre Israël et ceux qui les soutiennent tant que des États perfides œuvrent pour leurs intérêts personnels ; qui pour accaparer le pouvoir (les frères musulmans), qui pour perpétuer leur dynastie (les ploutocraties du golfe) qui, tel un Cheval de Troie, rêve en ‘Otanien’, de devenir le nouvel Ottoman des arabes !
Tous sont d’accord avec ce projet « Nouveau Moyen-Orient » américano-sioniste qui devait ôter toute puissance aux arabes en les pulvérisant en petit États sur des bases religieuses, sectaires et ethniques pour en faire des peuplades amorphes et obéissantes. La Palestine étant la question nodale qui unie, il fallait donc anéantir toute forme de résistance à son sujet.
Il faut comprendre la visite, autorisée par Israël, du cheikh qatari plus comme une tentative alléchante de corrompre la résistance armée, en espèce et en nature, pour l’emmener à abandonner le combat de leurs ascendants qu’un acte de bienfaisance visant à soutenir une cause et à rebâtir une ville martyr. N’est-il pas bizarre que c’est au lendemain de cette visite qu’Israël assassine un important responsable de la résistance, « récalcitrant » ?
La leçon est que rien ne vaut la lutte armée contre un colonisateur en comptant sur ses propres forces, unies, avec les aides d’amis sûrs. C’est pénible, coûteux, long, mais l’issue est certaine. Les exemples dans le monde ne manquent pas. Il reste, cependant, ces deux pétromonarchies perfides qui constituent l’obstacle majeurs des arabo-musulmans qu’il faudra, par tous les moyens réduire, car ne cessant pas d’affaiblir la large coalition anti-sioniste en la simplifiant à une coalition « sunnite » inopérante pour enterrer, définitivement, la lutte d’un peuple pour un État viable.
Des palestiniens, victimes permanentes des exactions d’un « Israël » - englué dans les contradictions d’une idéologie colonialiste et fasciste - avec la bénédiction de l’Occident et de certains états arabes sans que l’on reconnaisse leur droit à se défendre, les voilà défier par eux-mêmes et par les armes leur bourreau en mettant à nu, irrémédiablement, sa vulnérabilité. Pour le faire, ils n’avaient pas eu besoin de l’aval de la « Ligue Arabe » ou de son soutien. Ils avaient compté sur leurs propres forces soutenues par leurs amis… non arabes. Il ne reste donc aux arabes, encore fidèles, aux musulmans sensés et aux pays épris de paix et de liberté qu’à accabler ces scélérats pour les neutraliser, à jamais, avec leur funeste idéologie.
Il faut croire que le sionisme est arrivé au point nodal de son évolution historique dont il est impératif d’exploiter la situation pour en faire un moment de rupture. Le monde est assez convaincu qu’il est face à un gouvernement israélien hypocrite, paranoïaque et usurpateur que pilotent des bandits sans origines et sans vertus, sous tutelle de lobbies influents dotés de moyens redoutables et immoraux.
L’offensive doit être engagée, à notre avis, sur trois directions : économique, politique, médiatique.
• Lier les intérêts économiques des Américano-sionistes et de certains pays européens au règlement définitif et juste du problème palestinien. Lier toute adversité par des conséquences économiques. L’arme la plus décisive est celle du pétrole/gaz qui a donné ses preuves par le passé.
• L’action politique doit passer par la refondation des institutions arabes, les regroupements régionaux d’intérêts communs en intégrant sans attendre l’Iran, l’offensive diplomatique doit viser la réorganisation des instances et organisations internationales qui se caractérisent par leur partialité tout en améliorer les politiques intérieures afin d’enlever tout prétexte sur la question des droits de l’homme.
• L’action médiatique et fondamentale pour contrer leur propagande. Elle doit se faire en anglais, espagnol, français et viser à démystifier le sionisme en dévoilant son vrai visage, c’est-à-dire une idéologie coloniale inhumaine qui ne survie que par l’agression et le mensonge. Elle doit toucher les opinions occidentales qui influent sur les décisions politiques.
Toute chose a ses limites. Les limites de l’adversité et du chantage des États sont leurs intérêts qui peuvent être compromis par les excès de celui qu’ils sont censés protéger.
La Palestine vient d’être admise à l’ONU, comme État observateur non membre, avec 138 voix pour, 9 voix contre et 41 abstentions (dont 4 pays africains). Une autre victoire d’importance. Un cauchemar pour les sionistes d’Israël et d’Amérique. Quelques jours avant, il était inimaginable que des missiles palestiniens s’abattent aux portes de Tel-Aviv, montrant que désormais aucune ville ne sera à l’abri en cas d’agression. La Syrie, le Hezbollah et l’Iran (ainsi que d’autres) restent, en le réaffirmant à toutes les occasions, leurs soutiens puissants et inconditionnels. Les États du golfe, surtout les pétromonarchies Saoudiennes et du Qatar restent les seuls États à l’origine du malheur arabe, par leur félonie, qui empêche toute évolution et émancipation. Les délégués du Qatar et de l’Arabie Saoudite qui ont montré leur « indignation » devant les crimes de l’armée israélienne lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères de la « Ligue arabe » est de la pure comédie. C’est lors de la réunion du 13 novembre 2012 au Caire que le Ministre des AE Tunisien, et non moins gendre de Ghannouchi, réplique à son homologue algérien ainsi - alors qu’il s’adressait au Ministre Qatari auquel il demandait des « solutions concrètes dans le soutien à Gaza » - comme un ignorant et un « brosseur » : « En cinquante ans, qu’a-t-elle donc fait l’Algérie pour la cause palestinienne ? ». Mal lui en pris, il a reçu la foudroyante réponse suivante : « « A ceux qui s’interrogent où était l’Algérie, je répondrai que nous n’avions pas à renvoyer un ambassadeur sioniste qui ne rêve même pas de mettre les pieds chez nous. Devons-nous par exemple cesser d’exporter notre gaz à l’Etat sioniste ? Devons-nous expulser les bases américaines et celles de l’OTAN de nos territoires dont nous avons juré qu’ils n’y mettront jamais les pieds ? Dites-nous ce que nous devons faire, partir au djihad contre Israël ? C’est ce qu’il y a de plus facile pour un algérien libre, mais garantissez nous votre non trahison, assurez nous que vous ne nous poignarderiez pas dans le dos comme à chaque fois…garantissez nous l’ouverture de vos frontières et nous… Nous avons été éduqué dans la haine du sionisme et vous avez été éduqué dans la trahison ».
La levée complète du blocus sur Gaza est une exigence non négociable et indiscutable ! Qu’est-ce que c’est ce monde qui ferme les yeux sur une immoralité et une illégalité imposée par un ramassis des voyous, colonialistes, sans origines et mercenaires, sur un peuple chez lui, qui ne fait que défendre sa terre et sa dignité ? Sinon, il faut dissoudre toutes ces institutions dites « internationales » en se retirant au plus vite, car complice d’une idéologie qui sème le désordre et la désolation là où elle s’y introduit !

Il appartient, impérativement, au Monde de l’équité et de la liberté de riposter pour extirper, sans appréhensions, cet “abcès purulent”, de la planète, que condamnent la raison et l’histoire. Ils l’avaient fait pour les systèmes et idéologies qui visent la domination et l’avilissement de l’homme, pourquoi pas pour le sionisme qu’il faut en urgence mettre au rebut de l’Histoire !

Djerrad Amar

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ITALIE : Les Italiens luttent pour survivre…l’idée répandue par les media selon laquelle l’Europe viendra à leur rescousse se dissipe chaque jour un peu plus.

..Comment en effet espérer d’une entité dont les mesures prises jusque-là n’ont fait qu’aggraver la situation (l’union européenne favorise le chômage de masse, la création monétaire est abandonnée aux banques et les capitaux vont et viennent sans contrôle, etc.) ?...

Une crise comme les Italiens n’en ont jamais connue. Une crise qui bouscule toutes les certitudes et qui fait craindre un avenir bien sombre.

Le 46ème rapport du CENSIS ne nous pousse en effet pas vraiment à l’optimisme. Son analyse est sans appel : la sécurité de l’emploi est précaire, les traitements et les salaires sont modestes et ne permettent pas d’avoir un niveau de vie décent, des milliers de foyers se trouvent contraints de rogner sur les économies de toute une vie pour survivre. Si on ajoute à ce tableau les dernières mesures prises par le gouvernement, en particulier l’introduction d’une taxe odieuse comme l’IMU (l’impôt municipal unique vise à taxer les biens immobiliers des Italiens - 80 % sont propriétaires, parfois au prix de lourds sacrifices – mais ne vise ni les biens de l’Église, ni les biens des fondations bancaires), on comprend aisément l’attitude de défiance qu’ont les Italiens envers leur classe politique.
Les difficultés inhérentes à la nécessité de survivre au jour le jour se posent avec acuité non seulement pour de nombreuses familles, mais aussi pour de nombreuses entreprises qui craignent de ne pas pouvoir résister au marché global qui impose une concurrence féroce basée sur une main d’œuvre à faibles coûts. Quand on sait que la majorité des entreprises italiennes, petites ou moyennes, sont à dominante familiale, on comprend mieux les liens étroits qui unissent le destin de ces petites entreprises à celui des ménages.
Les inquiétudes populaires finissent par se répandre comme une trainée de poudre. Le pouvoir en place peut craindre à juste titre des développements futurs. La crise économique crée des inquiétudes qui ne se sont encore jamais manifestées à ce niveau ; une majorité d’entreprises familiales craignent de devoir mettre la clé sous la porte et les familles qui vivent en situation d’insécurité constante voient leur pouvoir d’achat et leur épargne s’amenuiser mois après mois. Une véritable déroute pour les dirigeants qui apparaît dans toute leur insuffisance et qui ne sont rien d’autre que le relais des politiques d’austérité imposées par la troïka, avec la même réussite qu’en Grèce ou en Espagne.
L’extrême pauvreté a obligé ces deux dernières années plus de deux millions et demi de personnes à vendre leur or ou des métaux précieux et près de trois cent mille familles ont vendu des meubles ou des biens divers pour boucler les fins de mois. Le nombre de voitures vendues ne cesse de diminuer : ce mode de transport est devenu quasiment un luxe du fait de la hausse ininterrompue du prix des carburants. Beaucoup de foyers se sont adaptés à la situation et roulent régulièrement en scooter ou à vélo. Nombre de jeunes couples ont été contraints de recourir aux aides financières des parents, ce qui ne fait que confirmer la place centrale qu’occupe la famille dans la société italienne. La crise a de ce fait provoqué des phénomènes très répandues de solidarité entre les familles.
Ces incertitudes, ces craintes qui s’emparent de tous les politiciens, de droite ou de gauche, se répercutent presque mécaniquement sur les citoyens italiens. Pour ces derniers, l’idée répandue par les media selon laquelle l’Europe viendra à leur rescousse se dissipe chaque jour un peu plus. Comment en effet espérer d’une entité dont les mesures prises jusque-là n’ont fait qu’aggraver la situation (l’union européenne favorise le chômage de masse, la création monétaire est abandonnée aux banques et les capitaux vont et viennent sans contrôle, etc.) ?
Ce qui manque, c’est une réaction collective comme la Botte a pu connaître dans l’immédiat après-guerre lorsque les Italiens, jetés dans les décombres d’un pays détruit, se retroussèrent les manches pour jeter les bases du futur boom économique. La situation vécue aujourd’hui, note le CENSIS, n’est plus possible étant donné la défiance qu’ils entretiennent envers l’État et les politiciens, considérés au mieux comme des sangsues, au pire comme de véritables ennemis.
Les problèmes économiques ont fini par jeter sur le banc des accusés l’Union européenne, qui a été présentée à l’origine comme la garantie d’un bien-être généralisé pour tous les citoyens des pays membres. Force est de constater que l’adhésion à cette structure n’a été accompagnée que de bien peu d’avantages. Les institutions communautaires apparaissent quant à elles tentaculaires et caractérisées par des mécanismes décisionnels interminables et… incompréhensibles.
La crise a déclenché un véritable sentiment d’indignation à l’égard d’une classe politique incapable, corrompue et qui se drape avec arrogance dans ses privilèges. 87 % des citoyens italiens estiment que la corruption est un problème grave et 43 % estiment que l’effondrement moral de cette même classe et la corruption sont les principales causes de la crise. Un mélange explosif de colère croissante et de ressentiment envers les institutions politiques qui pourraient bien nous offrir quelques bonnes surprises… sans nécessairement devoir attendre les prochaines élections.
Capitaine Martin

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