dimanche 18 mars 2012

“Il n’y a plus de journalisme indépendant” : D’un ex journaliste d’Al Jazeera


Les chaînes de télévision se sont transformées en partis politiques, poussant l’agenda de forces extérieures, a dit à RT l’ancien correspondant de la chaîne Al Jazeera à Beyrouth, Ali Hashem. Hashem s’est vu être mis sous les feux de la rampe après avoir démissionné de la chaîne de télévision citant sa partialité dans la couverture de l’information.
Dans des courriers électroniques fuités par des hackers syriens, Ali Hashem laissait passer sa colère contre la couverture unidimensionnelle d’Al Jazeera sur la Syrie et son refus de couvrir les évènements de Bahreïn. Dans une interview exclusive avec RT, l’ancien corespondant à Beyrouth Hashem n’a pas voulu en dire plus sur sa démission, mais a insisté sur le fait que de nos jours, l’idée que les médias sont indépendants est un mythe.
“Il n’y a plus de médias indépendants. Tout est fait pour l‘agenda de ceux qui paient, financent le média”, a t’il dit. “La politisation des médias veut dire qu’aujourd’hui, ceux-ci sont des partis politiques. Tout le monde prend partie, se bat pour son point de vue et utilise tous les outils et moyens possibles à leur disposition afin que leur vue touche le plus grand nombre possible.”
C’est maintenant le travail de ceux qui s’informent de comparer les informations de plusieurs sources différentes et de tirer leurs conclusions eux-même, pense le journaliste. “Aujourd’hui, nous sommes dans l’ère de l’information open source – source libre – et tout le monde peut obtenir l’information qu’il désire.”
Hashem a dit que le problème de cet état de fait est que certains médias peuvent atteindre une audience bien supérieure à d’autres et “ce qu’ils disent pourra sembler être factuel alors que çà ne l’est pas.” A t’il dit.
Les médias de masse devraient être “immunisés”, impartiaux lorsqu’il s’agit de conflit, cela garantit alors la liberté de parole et d’expression, pense Ali Hashem.
“En 2006, Israël a bombardé la chaîne de télévision Al-Manar parce qu’ils disaient que celle-ci diffusait de la propagande contre Israël”, dit-il. “Al-Manar était d’un côté de la guerre et ils supportaient le Hezbollah, la résistance et la guerre contre Israël. Mais ceci donne t’il à Israël l’excuse de les bombarder ? Certainement pas.”
“En tant que journalistes, nous devrions, et ce quelque soit notre point de vue (parce qu’il est clair qu’il n’y a plus de journalisme indépendant), avoir le droit de dire ce que nous voulons en toute sécurité, sans avoir à être menacés de bombardement, ou tués, exécutés ou arrêtés”, a conclu Hashem.
Al Jazeera a subi récemment un exode du personnel clef de son bureau de Beyrouth: le correspondant Ali Hashem, le directeur de gestion Hassan Shaaban et le producteur Mousa Ahmad.
Tous ces professionnels ont mentionné la partialité dans la couverture de l’information sur le printemps arabe de la part de la chaîne, spécifiquement en ce qui concerne les évènements de Syrie et du Bahreïn, comme étant la cause de leur départ.
url de l’article original (avec vidéo de l’interview du journaliste en anglais):http://rt.com/news/hashem-al-jazeera-resignation-523/

Traduction de l'article par Résistance 71.

Principes de la propagande de guerre...Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011)….

Depuis la fin de l’Union soviétique, les interventions militaires de l’Occident se multiplient : Irak (1990), Kosovo (1999), Afghanistan (2001), Irak (2003), Libye (2011). [1]

Après chacune de ces guerres, il est apparu que les motifs invoqués pour les justifier étaient le plus souvent mensongers.
Ainsi, dans le cas de la Libye, la zone d’exclusion aérienne censée « protéger les civils » s’est métamorphosée en un bombardement de villes comme Tripoli ou Syrte où des centaines de civils ont trouvé la mort.
Or, nous devons faire un constat déroutant : la reconnaissance après coup de ces mensonges ne sert en rien de leçon.
Il suffit que télévisions et journaux se lancent dans une campagne d'opinion tout aussi mensongère à propos d’un nouveau pays que l’Occident cherche à déstabiliser pour que, dans sa majorité, la population adhère à la version des faits qui lui est proposée (ou plutôt imposée car, avec les grands médias, nous ne bénéficions pas du pluralisme de l’information).
Anne Morelli a écrit un excellent ouvrage [2] où elle dévoile certains principes de la propagande de guerre régulièrement mis en pratique. Quatre d’entre eux sont particulièrement représentatifs des guerres actuelles :
1 - LE DIRIGEANT DU PAYS AGRESSE EST UN MONSTRE SANGUINAIRE, UN
« NOUVEL HITLER »
2 - NOUS DEFENDONS UNE CAUSE NOBLE (LA DEMOCRATIE, LES DROITS DE L'HOMME, etc.)
Nicolas Sarkozy, Voeux aux Armées, 3 janvier 2012 :
« En Afghanistan, nos soldats combattent quotidiennement et payent un lourd tribut pour les valeurs universelles que la France défend. Au service de la liberté et de la démocratie, ils protègent les populations civiles et luttent contre le fanatisme religieux ».
3 - L’ENNEMI COMMET DES ATROCITES, NOUS, SEULEMENT DES « BAVURES »L'affaire des couveuses au Koweït :
En 1990, une jeune fille bouleversée témoigne devant le Congrès américain du meurtre de bébés koweïtiens par les soldats de Saddam Hussein. Ce témoignage renforcera le soutien de l'opinion publique à la première guerre contre l'Irak (1990-1991). En réalité, la jeune fille est la fille de l'ambassadeur koweïtien à Washington qui joue un numéro appris par coeur. Le meurtre des bébés était une invention.

4 - L’ENNEMI UTILISE DES ARMES INTERDITES
La fiole d'anthrax de Colin Powell :
Le 5 février 2003, devant le Conseil de sécurité de l'ONU, Colin Powell présente des informations « sûres et fiables » justifiant d'après lui une attaque sur l'Irak.
Pour appuyer ses affirmations sur la présence d'armes de destruction massive dans ce pays, durant plus d'une minute, il agite une petite fiole supposée contenir de l'antrax, un poison hyper actif. La fiole contient en réalité une inoffensive et banale substance blanche composée de silicone. C'était un coup médiatique.

Une fois le pays envahi et largement détruit, les Américains n'ont jamais pu produire les armes de destruction massive dont ils avaient garanti la présence.
Une revue italienne a caractérisé ces procédés de propagande d’« utilisation stratégique du faux » qui consiste à discréditer l’adversaire le temps d’atteindre les objectifs militaires visés.
On peut aussi appliquer à ces procédés la phrase qu'Adolf Hitler aimait répéter à ses proches durant la dernière guerre mondiale : « Personne ne nous demandera des comptes quand nous aurons vaincu ».
[1] Grâce à la fermeté de la Russie et de la Chine, il semblerait que la Syrie ait échappé à un scénario « à la libyenne ». Dans le même temps, les menaces  d’un bombardement des installations nucléaires de l’Iran s’accumulent.
[2] Anne Morelli, Principes élémentaires de propagande de guerre, Ed. Aden, 2010. Docteure en histoire, Anna Morelli est directrice adjointe du Centre interdisciplinaire d'étude des religions et de la laïcité de l'Université libre de Bruxelles (ULB), université où elle enseigne également la critique historique, les contacts de culture, l'histoire des religions et la didactique de l'histoire.
Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr