jeudi 13 décembre 2012

Europe : crépuscule du capitalisme et horizon du socialisme

...La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d’escarmouches contre ses effets. Il faut oeuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme....

Avec ses dizaines de millions de chômeurs, de précaires, de pauvres, de sans abris etc., l’ Europe s’enfonce profondément dans la misère. Les peuples d’Europe, comme des « esclaves », sont réduits à vivre au jour le jour sous la dictature brutale du capital. Leur vie et leur destin sont entre les mains des multinationales, des marchés financiers, des agences de notation, des experts de l’Union Européenne, de la BCE, du FMI qui décident à leur place. Les gouvernements leur répètent à longueur de journée et de nuit que leur prospérité, leur salut et leur bonheur résident dans les plans de rigueur et d’austérité. Et lorsqu’on leur organise des élections, les instituts de sondages et les médias se chargent de les « aider » en leur dictant leur choix. Cette « farce démocratique » se produit régulièrement et porte à la tête de l’État des partis dont la mission est d’ exécuter les ordres des monopoles qui détiennent, eux, le véritable pouvoir. Parfois, la classe dominante ne juge même pas utile de procéder aux élections. Elle choisit directement ses gouvernements sans se soucier le moins du monde de l’avis des populations. Quelques jours seulement ont suffit pour remplacer Georges Papandreou et Silvio Berlusconi. A leur place, la bourgeoisie a mis des hommes qui vont servir ses intérêts d’une manière plus brutale et plus violente en appliquant sa politique de destruction de ce qui reste encore du tissu économique et social. La Grèce et l’Italie sont désormais sous tutelle de l’Union européenne. La souveraineté nationale et la démocratie sont ainsi vidées de leur contenu et transformées en mascarade grossière et ridicule.
En Espagne, J.L. Zapatero a ruiné son pays à coups de plans d’austérité avant de céder sa place à Mariano Rajoy. Quelques mois seulement après les élections législatives de novembre 2011, les espagnols se sont rendus compte que M. Rajoy pour lequel ils ont voté massivement applique les mêmes recettes économiques que J.L Zapatero. Plus de 100 000 chômeurs supplémentaires rien que pour le mois de février 2012, portant le nombre total d’hommes et de femmes privés d’emploi à 4,7 millions, record absolu pour l’Espagne de Zapatero et de Rajoy ! (1). Déçu, désemparé et révolté, le peuple d’Espagne est sorti massivement le 19 février 2012 et se mettra en grève générale le 29 mars pour protester contre cette politique de misère imposée par le capital par gouvernements interposés. Les régions autonomes de Valence (2) et de Galice (3) connaissent de fortes mobilisations populaires contre cette même politique misérable menée par le gouvernement régional et central. En Andalousie, durement frappée par le chômage, les ouvriers agricoles renouent avec l’occupation des terres. Depuis le 4 mars 2012, 500 journaliers agricoles occupent la Finca Somonte près de Cordoba (4). Cette occupation des terres rappelle les glorieuses luttes menées par les habitants de Marinaleda dans les années 80 (5).
Les Pays-Bas, présentés avec l’Allemagne comme un modèle à suivre et à qui les agences de notation ont accordé le « triple A » connaissent à leur tour une nette augmentation du chômage et une récession persistante (6). Comme les autres pays de l’Union Européenne, ils subissent de plein fouet la crise du capitalisme. La bourgeoisie hollandaise va profiter de cette situation pour tailler dans les dépenses publiques de l’Éducation et de de la Santé notamment. Elle profitera également pour « flexibiliser » un peu plus le marché du travail au grand bonheur des patrons néerlandais.
Les quelques différences de degré et non d’essence qui existent entre l’UMP et le PS, deux partis qui alternent au pouvoir en France depuis des décennies au mépris de ce qu’ils appellent les « petits partis », ne suffiront évidemment pas pour renverser cette tendance de fond. Bien au contraire, cette alternance, profondément ancrée dans l’Union Européenne, ne fait qu’empirer la situation économique et sociale des travailleurs. La bourgeoisie française, comme toutes les autres bourgeoisies européennes, est déterminée à venir à bout de l’ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives. Tout au long de la campagne électorale, la classe dirigeante française a distillé, comme un venin mortel, son discours haineux et fascisant et a créé un climat étouffant et détestable. Jamais la France n’a connu une campagne électorale aussi médiocre que dangereuse. Globalement elle a réussi relativement facilement à occulter durant toute la campagne électorale, grâce à ses médias, les malheurs qui rongent la vie des citoyens au quotidien (chômage, précarité, Santé, Éducation, logement etc.). Et quel que soit le parti qui sortira vainqueur des élections présidentielles et législatives de 2012, il aura comme tâche essentielle de poursuivre la politique d’austérité avec toutes ses conséquences dramatiques sur les couches populaires.
Dans toute l’Europe, avec ou sans élections, à l’Est comme à l’Ouest, c’est toujours la même politique servant les mêmes intérêts qui est poursuivie : maximisation des profits quel que soit le prix à payer par les populations.
Corruption, scandales financiers, affaires en tout genre se multiplient au moment même où la bourgeoisie exige des classes populaires des sacrifices de plus en plus insupportables (7). Parachutes dorés, retraites chapeau, actions gratuites, primes, bonus et autres stock-options sont allègrement octroyés aux dirigeants des grandes entreprises même lorsqu’ils procèdent aux licenciements de ceux qui ont produit ces richesses, les salariés.
Pour masquer sa responsabilité dans la destruction massive des économies européennes et détourner la colère et le combat des travailleurs et des salariés en général des véritables problèmes économiques sociaux et politiques, la bourgeoisie européenne fabrique des boucs émissaires. L’Étranger, le Noir, le Musulman, le Rom, le Sans Papiers etc, dont la bourgeoisie n’a plus besoin de leur force de travail, sont présentés à une population traumatisée et paupérisée par les différents plans d’austérité comme les véritables responsables des malheurs de l’Europe. La classe dirigeante tente, par cette stigmatisation généralisée, d’occulter sa faillite économique et morale. Elle mobilise alors les gouvernements, les médias, la justice etc., pour traquer ces ennemis qui « volent » l’emploi des « vrais » européens et rabaissent « la civilisation européenne ». Rappelons pour mémoire que c’est au nom de cette même « civilisation » que la bourgeoisie européenne, poussée par la recherche effrénée du profit, a envahi et colonisé le monde entier au prix des pires massacres de l’histoire. Les crimes de la bourgeoisie en Europe et dans le monde, souvent au nom de cette prétendue « civilisation », sont innombrables et dépassent le cadre de cet article.
Mais malgré tous ces malheurs, le capital et la classe qui le porte, la bourgeoisie produisent et préparent en même temps les conditions matérielles de transformation sociale et du dépassement du capitalisme. Les travailleurs et les salariés en général n’ont absolument rien à attendre de ce système qui les opprime. Par contre, ils ont tout un monde à gagner en travaillant unis à leur propre émancipation. Rappelons que dans ce système la vie des hommes en elle-même, n’a aucune valeur !
L’abolition du capitalisme et la construction du socialisme restent les seules perspectives. Le socialisme, toutefois, n’est pas un dogme, un modèle, un idéal, mais un mouvement qui puise sa force dans la réalité économique, sociale et politique engendrée par le capitalisme lui-même. La société bourgeoise actuelle a de plus en plus de mal à masquer l’opposition entre le développement prodigieux des sciences et techniques qui donne une puissance scientifique à la production jamais égalée dans l’histoire et le partage des richesses qui restent concentrées entre les mains d’une minorité : richesses fabuleuses pour une petite partie de la population d’un côté et misère sordide pour la majorité de l’autre !
L’exemple de la situation matérielle des couches populaires, par rapport à la minorité dominante en Grèce, en Espagne, au Portugal, et bientôt en Italie, au Royaume-Uni, en France, sans parler des pays de l’Europe de l’Est, est éloquent à cet égard. Le développement des associations caritatives comme les Restos du Coeur en France ou la distribution de la soupe populaire par les mairies et l’église en Grèce, le travail des enfants qui quittent l’école pour aider leurs parents au chômage, ne sont que quelques signes visibles de cette misère qui s’étend en Europe. Le paupérisme en Europe est une réalité que la propagande de la classe dominante a du mal à cacher.
Mais le capitalisme ne disparaîtra pas de lui-même. Plus il s’enfonce dans la crise et plus il devient dangereux. On le voit en Europe avec les agissements du capital financier qui est une composante essentielle du système pris dans sa globalité. On le constate également dans le monde arabe où l’impérialisme tente de briser, directement ou indirectement, l’élan et la vitalité révolutionnaires des peuples. En Amérique latine, il utilise tous les moyens en sa disposition pour anéantir ou bloquer les expériences originales d’un certain nombre de pays qui tentent de sortir du capitalisme pour aller vers le socialisme : contrôle des ressources naturelles, nationalisation de vastes secteurs de l’économie, répartition plus équitable des richesses, accès universel à l’Éducation et à la Santé, protection de l’environnement, résistance à l’impérialisme américain etc. etc.
Le crépuscule du capitalisme ne signifie donc pas l’aube du socialisme.
Si certains pays d’Amérique latine déploient des efforts réels pour progresser vers le socialisme du 21ème siècle, l’Europe, elle, s’enfonce dans la nuit obscure du capitalisme : privatisations de tous les secteurs de l’activité économique, asservissement total au capital, montée du néo-fascisme, guerres intérieures et extérieures, mépris absolu de la vie des hommes, etc. etc. Malheureusement, le projet du passage à la société socialiste n’est qu’un horizon lointain pour les forces du progrès en Europe. Laminée par le chômage de masse et « la guerre de tous contre tous » sur un marché du travail désormais mondialisé, la classe ouvrière en Europe peine à produire des directions syndicales et politiques capables de résister efficacement aux assauts du capitalisme. La bourgeoisie tire sa force de la faiblesse de ses ennemis de classe.
Pourtant, ici ou là des révoltes éclatent. Elles sont encore timides, émiettées, isolées les unes des autres, éphémères et sans projet réellement socialiste. Mais la fuite en avant de la bourgeoisie dans les politiques d’austérité va aggraver encore la situation matérielle de vastes couches de la population. Les travailleurs et l’ensemble des victimes du capitalisme en Europe doivent se préparer à de nouveaux combats s’ils ne veulent pas voir leurs conditions d’existence empirer. Les forces du progrès, dans chaque pays d’abord, doivent amplifier les mobilisations qui existent déjà avant de les étendre à toute l’Europe ensuite. La lutte contre le capitalisme vieillissant ne doit pas se limiter à une guerre d’escarmouches contre ses effets. Il faut oeuvrer en même temps à sa disparition et à la construction du socialisme.
Mohamed Belaali
http://belaali.over-blog.com/ 
URL de cet article 16167 http://www.legrandsoir.info/europe-crepuscule-du-capitalisme-et-horizon-du-socialisme.html

Syrie : Fabrication de «preuves»? Opération clandestine israélienne en Syrie pour «suivre l’arsenal chimique»...Ce qui se déroule actuellement avec la Syrie est une reprise des tentatives précédentes de faire passer des preuves fabriquées dans le réseau médiatique



Israël mène une opération clandestine transfrontalière contre le gouvernement syrien, en liaison avec l’OTAN et le Pentagone.
Après avoir cherché des preuves probantes (un « revolver fumant ») en Iran plus tôt cette année les forces spéciales israéliennes « suivent » maintenant les « réserves d’armes chimiques et biologiques », selon le Sunday Times :
« L’opération transfrontalière fait partie d’une guerre secrète visant à suivre les armes syriennes non conventionnelles et à saboter leur développement. “Nous connaissons l’emplacement exact des munitions chimiques et biologiques de la Syrie depuis des années” a affirmé une source israélienne en faisant référence aux satellites d’espionnage et aux drones du pays. “Mais cette semaine des signes nous ont indiqué un déplacement de munitions vers un nouvel endroit” » (Uzi Mahnaimi et Lucy Fisher Israel tracks Syria’s chemical arsenal, The Sunday Times 9 décembre 2012.)

Tout le monde se rappelle de l’hyper médiatisation des armes de destruction massive (ADM) avant le lancement de la guerre en Irak. La menace des ADM irakiennes s’est révélée être une pure fabrication.

Ceux qui étaient derrière ce subterfuge appliquent désormais leurs compétences à la fabrication de preuves impliquant des ADM afin d’intervenir en Syrie. Selon un reportage du Jaffee Center for Strategic Studies de l’Université de Tel-Aviv, les Israéliens ont « mal interprété la menace irakienne ». En 2003, la BBC a publié un reportage sur les conclusions du rapport :

Les services de renseignement israéliens ont mal évalué la menace posée par Saddam Hussein […] Cela a contribué au « faux » portrait brossé par les services de renseignement étasuniens et britanniques […]

« Le renseignement israélien était un partenaire à part entière des États-Unis et de la Grande-Bretagne en contribuant à la fausse représentation de la capacité des armes de destruction massive de Saddam Hussein », a déclaré l’auteur du rapport, le brigadier-général Shlomo Brom.

Israel Radio a cité le parlementaire gauchiste Yossi Sarid : « Le renseignement a sérieusement surestimé la menace irakienne pour Israël et renforcé la croyance des États-Unis et de la Grande-Bretagne en l’existence de ces armes. Dorénavant lorsque nous présenterons des données importantes concernant d’autres pays, comme l’Iran par exemple, qui nous prendra au sérieux? » (Israelis ‘misread’ Iraqi threat, BBC, 5 décembre 2003.)

À la fin mars 2012, le The Sunday Times rapportait qu’« Israël utilise une base permanente au Kurdistan irakien pour lancer des missions de renseignement transfrontalières dans le but de trouver “des preuves irréfutables“ que l’Iran développe une ogive nucléaire. » (Israeli spies scour Iran in nuclear hunt, The Sunday Times, 25 mars 2012.)

Il n’existe aucune preuve que l’Iran possède des armes nucléaires, même les agences de renseignement étasuniennes l’admettent. Mondialisation.ca a publié un article sur l’opération clandestine visant potentiellement à fabriquer des preuves d’ADM relatives à l’Iran. Ce qui se déroule actuellement avec la Syrie est une reprise des tentatives précédentes de faire passer des preuves fabriquées dans le réseau médiatique :

Des sources occidentales ont dit au Times qu’Israël surveillait « la radioactivité et la magnitude de tests d’explosifs [et que] des forces spéciales utilisaient des hélicoptères Black Hawk pour transporter des commandos déguisés en membres de l’armée iranienne et utilisant des véhicules militaires iraniens sur le terrain ». Les sources croient que les « Iraniens tentent de cacher des preuves révélant des tests d’ogive afin de préparer une possible visite de l’AIEA [Agence internationale de l’énergie atomique] ». (Cité dans Report: Israeli soldiers scour Iran for nukes, Ynet, 25 mars 2012.)

Selon cet article, le nombre de missions du renseignement israélien à la base militaire de Parchin en Iran s’est accru dans les derniers mois. Durant cette période, Téhéran négociait avec l’AIEA, qui avait demandé de visiter Parchin. Selon le représentant permanent iranien de l’AIEA, Ali Asghar Soltanieh, les deux parties s’étaient entendues au début de février pour que la visite ait lieu en mars. (Gareth Porter, Details of Talks with IAEA Belie Charge Iran Refused Cooperation, IPS, 21 mars 2012.)

L’AIEA a demandé de visiter Parchin à la fin janvier ainsi qu’à la fin février, après avoir accepté une visite en mars. L’Agence a donc demandé à voir le complexe militaire au moment même où Israël intensifiait ses opérations secrètes dont le but présumé est de chercher une preuve, un « pistolet fumant » (smoking gun). (Julie Lévesque, Fabricating a “Smoking Gun” to Attack Iran? Israeli Spies Disguised as Iranian Soldiers on Mission Inside Iran Global Research,March 27, 2012)

L’opération clandestine d’Israël en Syrie fait partie d’un long programme du renseignement contre le gouvernement de Damas. Selon intelNews :

[…] Les activités clandestines d’Israël contre l’arsenal chimique et biologiques du gouvernement syrien ont débuté il y a presque 30 ans. Certaines de ces activités récentes pourraient avoir eu pour cibles des scientifiques russes, croit-on.

Bien que la Russie le nie régulièrement, on estime que l’arsenal syrien non conventionnel s’est significativement accru à la fin des années 1980 et au début des années 1990 grâce au général russe à la retraite Anatoliy Kuntsevich […]

Fait intéressant, Kuntsevich est mort soudainement en 2003 à bord d’un vol de la capitale syrienne en direction de Moscou. À l’époque, on supposait que le Mossad, l’agence des services secrets d’Israël, pourrait avoir joué un rôle dans la mort soudaine du général russe. En 2010, un autre général à la retraite, Yuri Ivanov, ancien directeur adjoint de la GRU, l’agence du renseignement militaire russe est mort dans des circonstances nébuleuses […]

Selon les reportages parus dans la presse israélienne, l’ancien représentant de la GRU était en route pour une réunion avec des agents du renseignement syrien lorsqu’il est disparu. Israël n’a jamais admis avoir joué un rôle dans la mort d’Ivanov, toutefois nombreux sont ceux qui suspectent que Tel-Aviv ciblait les deux Russes depuis très longtemps. (Joseph Fitsanakis Israel special forces conducting cross-border operations in Syria, intelNews.org, 10 décembre 2012.)

Cette interprétation des événements est plausible puisque des assassinats ciblés de scientifiques étrangers par les services secrets israéliens ont déjà été admis par le passé :

Selon les représentants, [la diminution des opérations clandestines d’Israël en Iran] touche un vaste éventail d’opérations, non seulement les missions très en vue comme les assassinats et les explosions sur des bases iraniennes de lancement de missiles, mais aussi la collecte de renseignement sur le terrain et le recrutement d’espions au sein du programme iranien. (Karl Vick, Mossad Cutting Back on Covert Operations Inside Iran, Officials Say, 30 mars 2012, cité dans Julie Lévesque, «À court de cibles», les services secrets israéliens «diminuent les assassinats» en Iran, Mondialisation.ca, 17 avril 2012.)

Alors qu’il est concevable que l’opération secrète d’Israël en Syrie vise des scientifiques russes, il faut comprendre que le but ultime est d’intensifier la campagne de propagande concernant l’arsenal chimique syrien. Il se peut que cette fuite dans le Sunday Times relève de l’opération psychologique continue contre la Syrie et vise à forger un prétexte pour mener une guerre préemptive contre la Syrie.

Depuis le début de l’insurrection armée en mars 2011, les États-Unis et leurs alliés, au même titre que les médias dominants occidentaux, accusent le gouvernement syrien d’avoir commis des atrocités à l’endroit des civils, dont le massacre de Houla. D’après les reportages des médias indépendants et les témoignages recueillis sur le terrain, ces atrocités ont été commises par les forces d’opposition parrainées par les États-Unis et l’OTAN.

Le gouvernement syrien a été diabolisé à tel point par les médias mainstream qu’advenant une attaque, l’opinion publique pourrait facilement être portée à croire, sans preuves à l’appui, que le gouvernement syrien est responsable de crimes contre son propre peuple.

Un tel contexte est parfait pour une opération sous faux pavillon ou une propagande intensive impliquant des armes chimiques. Ces allégations fondées sur de fausses preuves d’ADM contre le gouvernement syrien pourraient à nouveau être employées pour faire pression sur le Conseil de sécurité de l’ONU afin qu’il donne à l’OTAN un « mandat légal » pour intervenir en Syrie en vertu de la doctrine de la « responsabilité de protéger ».

CNN rapportait récemment que les États-Unis et « certains alliés européens emploient des sous-traitants du domaine de la défense pour entraîner les rebelles syriens à sécuriser les réserves d’armes chimiques en Syrie ». Le gouvernement syrien a exprimé ses inquiétudes dans une lettre à l’ONU :

Cette nouvelle que font circuler les médias suscite des inquiétudes. Nous craignons sérieusement que certains des pays appuyant le terrorisme et les terroristes fournissent des armes chimiques aux groupes terroristes armés et affirment que c’est le gouvernement syrien qui les a utilisées […] (Quoted in John Glaser, US Defense Contractors Training Syrian Rebels to Handle Chemical Weapons, Antiwar.com, 10 décembre 2012.)
Julie Lévesque
Journaliste
Article initialement publié en anglais :
Source : Mondialisation.ca

La situation en Syrie : « L’ennemi principal est dans ton propre pays » (Karl Liebknecht,août 1914)...l’impérialisme n’a pas qualité pour « libérer » des peuples et qu’il est au contraire l’ennemi principal de tous les peuples.

« un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre » (Marx).

Il ne s’agit pas de s’aligner sur le « régime » Assad, comme ils disent, car le choix d’un régime relève de chaque peuple en vertu du « droit des nations à disposer d’elles-mêmes » constamment défendu par Marx et par Lénine, sans parler de Robespierre, de Jaurès ou de Ho Chi Minh. Il s’agit, pour nous Français, qui sommes les citoyens d’un pays dominé par l’impérialisme, de nous souvenir que l’impérialisme n’a pas qualité pour « libérer » des peuples et qu’il est au contraire l’ennemi principal de tous les peuples, y compris du nôtre : car « un peuple qui en opprime d’autres ne saurait être libre » (Marx).
Qui croit sérieusement que Sarkozy ait voulu « libérer » le peuple libyen et non pas saisir l’occasion d’une guerre civile en Libye pour engager la recolonisation de l’Afrique avec les autres prédateurs du capital anglais et américain ? Maintenant c’est carrément l’impérialisme allemand « décomplexé » qui entre dans la danse au Proche-Orient en envoyant ses fusées « Patriot » en Turquie, et cela malgré l’opposition des progressistes allemands.
Au nom de quel « droit » Hollande a-t-il « reconnu » le conseil syrien comme représentant officiel de la Syrie ?
Depuis quand, juridiquement parlant, un pays s’arroge-t-il le droit de dire QUI est légitime pour en gouverner un autre ? Il est évident que si ce « droit d’ingérence » cher au belliciste en chef BHL était universalisé, il mettrait aussitôt la planète à feu et à sang ; mais qu’on se rassure, il ne marche que du fort au faible car que dirait-on si le Tchad ou Cuba avait « reconnu » Al Gore et non Bush quand ce dernier a été « élu » dans les conditions frauduleuses que l’on sait ? Tout progressiste doit donc choisir, au niveau des principes, entre le « droit d’ingérence » NÉCESSAIREMENT IMPÉRIALISTE DANS LES CONDITIONS ACTUELLES et l’ensemble « droit des nations à disposer d’elles-même » + solidarité internationale DE PEUPLE A PEUPLE, avec les forces d’un autre pays. La ligne rouge c’est que des progressistes de nos pays impérialistes n’en appellent jamais à leurs propres gouvernants (c’est-à-dire à ceux qui mènent la guerre de classe contre nous ici) pour apporter la « paix » dans des pays qui, comme par hasard, firent partie de l’ancien empire colonial français ! Car cela revient à demander au loup d’aller arbitrer un différend entre les moutons d’un même troupeau.
Demain ce sera au tour de l’Iran, puis à terme des « BRIC », Russie et Chine, qui sont DÉJÀ dans le collimateur des re-colonisateurs occidentaux de la planète : il suffit de regarder une carte pour voir comment la tenaille de l’OTAN se resserre autour de la Russie, des pays Baltes à l’Asie centrale en passant par la Turquie, le Japon et la Corée du nord fermant le ban à l’est. Et là encore, la question n’est pas « pour ou contre Poutine » - tout communiste ne peut que combattre son régime contre-révolutionnaire – mais pour ou contre le repartage du monde par les impérialistes. Quant au peuple russe, l’histoire a montré qu’il est capable de s’émanciper par lui-même d’une dictature capitaliste.
Il est grave que des syndicalistes – non pas parce qu’ils sont bêtes ou méchants, mais parce que des décennies d’attaque contre le marxisme ont remplacé les critères de classe par des critères pseudo-humanitaires (forcément à géométrie variable : qui tient les médias définit le bon et le méchant tout à loisir…) – se portent à la tête de cette croisade, alors même que le pouvoir qu’ils appellent à intervenir à Damas démolit ICI ET MAINTENANT nos salaires, nos pensions, nos statuts, notre souveraineté nationale et notre industrie, en un mot notre pays qu’il est absurde de confondre avec son oligarchie destructrice. Le meilleur service à rendre aux opprimés du Sud, ce n’est pas de leur envoyer des « forces Licorne », c’est encore et toujours de renverser ICI nos propres capitalistes fauteurs de guerre.
Car la guerre est la politique (nationale), donc la lutte des classes INTERNES, continuée par d’autres moyens, et il est SUICIDAIRE pour des progressistes de demander aux loups qui nous dévorent ICI d’aller délivrer la veuve et l’orphelin AILLEURS. Quand ils se seront gavés là-bas, ils reviendront encore plus forts nous dévorer vivants ici !
Alors que se profile un nouveau cycle de guerres impérialistes qui, crise mondiale du capitalisme et faillite de la zone euro aidant, pourraient aisément dégénérer en conflits mondiaux, les communistes, les syndicalistes de lutte et les vrais patriotes républicains, doivent se souvenir du mot d’ordre de Karl Liebknecht en août 1914 : « l’ennemi principal est dans ton propre pays ».

Fraternel salut, et dialoguons dans le respect des personnes et des arguments.

Georges Gastaud
URL de cet article 18637