mercredi 23 octobre 2013

L'Arabie Saoudite, un Royaume des ténèbres

C'est le titre de la dernière livraison de René Naba. Rien à voir avec les derniers bestsellers sur le très médiatique et très insignifiant Qatar voisin. L'Arabie, c'est du lourd, difficile à décrypter. 
Caché au fond des ténèbres de l'inquisition et de l'horreur, cette monarchie obscurantiste est à l'abri de toutes critiques car elle est la plus riche et donc la plus influente de la planète. Aucun cri de détresse ne parvient jusqu'à Paris, aucun homme politique, aucun philosophe, aucun journaliste, aucune épouse de Président, aucun groupe de bien pensants n'a trouvé le courage de dénoncer ce régime d'insulte permanente aux Droits de l'Homme.
Le Royaume bénéficie d'une impunité à l'égale de sa richesse: sans limite. Premier exportateur de pétrole, premier importateur d'armes, ce pays est aussi le pôle d'attraction d'un milliard et demi de musulmans auxquels la loi d'Allah prescrit de se rendre en pèlerinage au moins une fois dans sa vie. La Mecque n'est pas un sanctuaire bénéficiant de l'extraterritorialité, elle est la propriété privée de la maison des Saoud qui délivre à son gré le précieux visa d'entrée au paradis.
René Naba est un journaliste rigoureux et intransigeant. En une vie de métier en France et au Levant, on lui cherchera en vain une quelconque faiblesse ou compromission. Ses écrits sont redoutés car la démonstration décalée est toujours implacablement documentée. Il n'est pas du genre à tremper sa plume dans l'eau de rose, ses formulations acides font grincer les dents "non là il exagère" pense-t-on en début de page pour admettre quelques lignes plus loin qu'il a raison. Son livre est bourré de références précises et d'annotations détaillées.
Le musée des horreurs de l'Arabie est unique et les personnes sensibles sont priées de sauter certains paragraphes. Naba aurait pu faire son miel de l'énumération des aberrations effrayantes du Royaume et y consacrer tout son ouvrage, il n'a pas cédé à cette facilité. Il élargit son observation du royaume wahhabite à l'ensemble du monde arabe, aborde avec acuité toutes les incidences à la périphérie de l'Arabie péninsulaire et les imbrications façon poupées gigognes dont les Saoud sont les artisans.
La race des pétromonarques illettrés est en voie de disparition. Au plus vieux roi de la planète succèdera  un "savant" sachant conduire une voiture, lire l'anglais et taper sur un clavier. Les petits-enfants du patriarche régnant connaissent la formidable puissance du Royaume. Auront-ils l'audace de l'utiliser pour émanciper leur pays et lui donner les clés de la justice et de la renaissance des mondes arabes et musulmans ? C'est un espoir secret. Allah karim ! (miséricordieux) Ou à l'inverse seront-ils les géniteurs d'une civilisation de l'obscurantisme et de la violence ?
Il y a quelques jours, les Saoudiens ont refusé de s'assoir au Conseil de sécurité des Nations Unies. C'est un geste d'une audace inouïe sans précédent dans la diplomatie mondiale.
Riyad entend protester non pas contre l'occupation de la Palestine par Israël - mais contre la paix en Syrie !
Pour éclairer un absurde Royaume des ténèbres - René Naba.
Source : Palestine Solidarité


La France soutient le camp des perdants…. En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie.


Les responsables français lient l'avenir de leur relation avec la région au sort de l'agression contre la Syrie. L'administration du président François Hollande a remplacé son partenariat avec l'émirat du Qatar, hérité du mandat de Nicolas Sarkozy, par une alliance avec la monarchie saoudienne, qui exprime publiquement et hystériquement sa déception après l'échec de l'agression de Barack Obama contre la Syrie.
Les présidents Hollande et Sarkozy ont réussi à détruire l'image supposée de la France en tant que grande puissance indépendante, et sont apparus comme de petits exécutants des ordres américains. Des soupçons laissent croire que leur enthousiasme à la guerre universelle contre la Syrie serait dicté par des considérations financières directement liées au Qatar et à l'Arabie saoudite. Les médias français  ont d'ailleurs évoqué ces dernières années la dimension financière dans les choix de la politique étrangère de la France.
Quoi qu'il en soit, François Hollande a hystériquement appuyé l'agression contre la Syrie et n'a pas été en mesure de s'adapter à la reculade imposée aux Etats-Unis par la résistance de la Syrie et la détermination de la Russie et de l'Iran. Hollande a partagé la déception de l'Arabie saoudite, qui traverse des moments difficiles après l'échec de tous ses paris, en raison du changement du climat international en faveur du président Bachar al-Assad.
François Hollande a transformé la France en Etat défaillant. Dans le passé, le pouvoir français avait réussi à se distinguer, au moins verbalement, de la politique américaine, dans le but de conserver une marge de manœuvre et de jouer le rôle de médiateur lorsque les Etats-Unis en avaient besoin. C'est le rôle qu'avait joué Nicolas Sarkozy, après 2007, pour absorber l'échec américain au Proche-Orient et, surtout, la défaite israélienne lors de la guerre de juillet 2006.
En s'alignant sur l'Arabie saoudite, François Hollande lie son sort au camp des perdants et prend le parti de ceux qui financent Al-Qaïda en Syrie. Il cautionne la colère saoudienne contre la montée en puissance de la Russie et de l'Iran -une ascension reconnue par Obama-, et de la victoire du président Bachar al-Assad, dont l'annonce n'est plus qu'une question de temps. Cette attitude va conduire à l'isolement total de la France, qui ne sera pas en mesure de tirer profit des changements en cours dans le monde. Gagner les faveurs de l'Arabie saoudite ne suffira pas à compenser cette perte, surtout que ce royaume tyrannique, despotique et obscurantiste est indéfendable. Bachar al-Assad, lui, reste un président moderne, laïque, combattant le terrorisme takfiriste soutenu et financé par la dynastie des Saoud.
La plus grande honte de Hollande et, avant lui de Sarkozy, est d'avoir trahi les constantes de la politique étrangère de la France, la plus importante étant la protection des chrétiens d'Orient et de leur rôle dans leurs pays respectifs.
La France a armé et a politiquement soutenu des groupes terroristes responsables de crimes atroces contre les chrétiens, leurs lieux de culte et leurs biens en Syrie. Paris s'est chargé de couvrir ces crimes commis sous la bannière de la révolution syrienne, qui n'est en réalité qu'une agression coloniale occidentale appuyée par les pétromonarchies rétrogrades du Golfe et la Turquie néo-ottomane. Pire encore, de hauts responsables français n'ont pas caché leur implication dans le complot visant à chasser les chrétiens du Liban et de Syrie, selon les informations qui avaient filtré de la rencontre houleuse entre Nicolas Sarkozy et le patriarche maronite Béchara Raï. La destruction de l'Etat laïque en Syrie ne peut que conduire à la disparition des chrétiens d'Orient, menacés par la montée en puissance des mouvements takfiristes soutenus par le nouvel allié stratégique de la France dans la région: l'Arabie saoudite.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

Palestine : La banque européenne d’investissement finance le nettoyage ethnique.

L’Union Européenne finance une usine israélienne de production d’électricité, tandis que les Bédouins vivant près du site reçoivent des ordres de démolition de leurs propriétés.

Les responsables de Union européenne ont approuvé un prêt pour un projet d’énergie israélienne, exactement une semaine après que les Bédouins palestiniens vivant à proximité du site aient reçu des ordres de démolition .
Une décision plutôt passée inaperçue et faite par la Banque européenne d’investissement (BEI) le 17 septembre, a entériné un prêt de 150 millions € ( 205 millions $ ) pour le site de production d’énergie Megalim. Cette décision équivaut à un geste de soutien au nettoyage ethnique d’Israël dans le désert du Naqab (Neguev).
L’usine est en construction à Ashalim, une communauté israélienne située à côté du village bédouin de Bir Hadaj. Le 10 septembre, un certain nombre d’ordres de destruction des propriétés ont été distribués à Bir Hadaj par les autorités israéliennes. Pourtant, la banque basée au Luxembourg - une institution de l’UE - n’a semblé prêter aucune attention à cette tentative éhontée de déraciner les populations autochtones du Naqab.
Comme l’usine Megalim va produire de l’énergie solaire et thermique, elle est promue comme une initiative « écologique » par les entreprises investies dans le projet. On y trouve Alstom, une société française qui a également investi dans le tramway de l’Apartheid reliant les colonies israéliennes à Jérusalem-Est occupée.
 Tirs de gaz lacrymogène
Contrairement à de nombreux autres villages bédouins dans le Néguev, Bir Hadaj a été officiellement reconnu par l’État d’Israël. Ce statut n’a pas empêché les autorités de détruire - et de menacer de détruire - les propriétés des Bédouins.
Quatre maisons ont été démolies à Bir Hadaj sur l’ordre d’Israël l’année dernière, selon le Negev Coexistence Forum pour l’égalité civile}, qui surveille les violations des droits de l’homme commises à l’encontre des Bédouins .
La police israélienne a également investi Bir Hadaj en masse en novembre 2012, tirant des gaz lacrymogènes sur des écoliers. C’était l’une des nombreuses fois au cours des derniers mois de 2012, où la police a pris d’assaut le village après que des arrêtés de démolition et d’expulsion aient été distribués.
La BEI prête à de faibles taux d’intérêt, et le projet d’énergie qu’elle finance ne peut pas être considéré isolément des efforts permanents d’Israël pour déraciner les Palestiniens vivant dans le Néguev.
Ashalim est situé à proximité du parc Golda Meir, qui a été mis en place par le Fonds national juif (FNJ) sur les restes de Bir Asluj, un village bédouin détruit par les forces sionistes en 1948. Le FNJ a été chargé par Israël d’exproprier les terres palestiniennes et a été intimement impliqué dans la destruction des biens appartenant aux Bédouins.
Il faut remarquer que la décision de la BEI s’inscrit à la suite de la publication récente de lignes directrices de l’UE sur la fin de l’aide financière pour les entreprises et les institutions israéliennes basées à Jérusalem-Est et plus largement en Cisjordanie occupée .
Alors que l’usine est en construction à l’intérieur de ce qui est Israël d’aujourd’hui [Palestine de 1948], certains organismes qui sont activement impliqués dans la colonisation de la Cisjordanie prennent part à ce projet. Une « étude d’impact » de l’usine affirme que ses propriétaires vont coopérer avec l’Autorité des Antiquités d’Israël (IAA) afin de conserver les sites archéologiques de la région environnante. Comme l’IAA a son siège à Jérusalem-Est, cette coopération va à l’encontre de l’esprit , sinon la lettre, des nouvelles lignes directrices de l’UE.
Malgré des demandes répétées par courriel et par téléphone aujourd’hui, la BEI a omis de me fournir une explication sur la raison pour laquelle elle a approuvé le prêt pour le projet d’énergie.
Flexibilité
La BEI a des antécédents dans l’aide aux entreprises israéliennes qui participent directement à la dépossession des Palestiniens. En 2011, par exemple, elle a prêté 120 millions € (164 millions $) à Mekorot, une société appartenant à l’État israélien et qui a servi à voler l’eau des puits et des sources des Palestiniens de sorte qu’elle puisse être utilisée dans des colonies exclusivement juives.
En théorie, la BEI devrait réduire ses prêts en Israël dès que les nouvelles directives de l’UE - qui ont suscité un tollé parmi l’establishment israélien - seront mises en œuvre au début de 2014. Pourtant, il semble qu’il y aura une énorme possibilité de flexibilité.
Parmi les bénéficiaires des prêts de la BEI se trouve Hapoalim, une banque israélienne avec des succursales en Cisjordanie occupée. Un document traitant des « questions fréquemment posées » et préparé par l’ambassade de l’UE à Tel Aviv, affirme que, malgré les nouvelles lignes directrice, les banques actives dans les colonies israéliennes peuvent continuer à demander des prêts à l’UE à condition que les bénéficiaires finaux de ces prêts soient basés en Israël.
A voir tout cet empressement pour plaire à Israël, il est difficile de comprendre pourquoi certains hommes politiques israéliens dépeignent l’UE comme leur ennemi.
David Cronin
Source : Info-Palestine