samedi 26 juillet 2014

Gaza : Ne pas exporter le conflit israélo-palestinien en France. Soit… Mais comment expliquer qu’un réserviste de l’armée israélienne, ancien garde frontière de l’état hébreu, soit nommé conseiller du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, en 2006, en pleine guerre de destruction israélienne du Liban.



Arno Klarsfeld et Gilad Shalit versus Salah Hammoury.

Ne pas exporter le conflit israélo-palestinien en France. Soit
Mais comment expliquer qu’un réserviste de l’armée israélienne, ancien garde frontière de l’état hébreu, soit nommé conseiller du ministre de l’intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, en 2006, en pleine guerre de destruction israélienne du Liban.
Comment expliquer qu’un soldat israélien en opération de police contre Gaza, Gilad Shalit soit adopté comme otage français au prétexte de la présence d’aïeuls français dans sa lignée, et que cette protection diplomatique française soit refusée à un français de naissance, Salah Hammoury, un universitaire dont le grand tort est d’avoir une mère française, mais un papa palestinien. Une tare indélébile ?
La nomination d’Arno Klarsfeld, juriste français et réserviste de l’armée israélienne, au poste de conseiller du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy sanctionne-t-elle la carence française dans le domaine des compétences ou relevait-elle d’une manœuvre électoraliste ?
Le service militaire dans l’armée israélienne constitue-t-il désormais un passage obligé à des promotions politicologue-administratives en France ? Signe t-il dans l’ordre subliminal la collaboration entre les diverses composantes de l’ « axe du bien », telle qu’elle est préconisée par les néo-conservateurs américains et leurs relais français ? Un axe constitué, selon ses promoteurs, par les États-Unis, Israël, au-delà, la droite française, le judaïsme institutionnel français et sa roue dentée, le parti socialiste français, face à un « axe du mal » regroupant grosso modo le tiers monde arabo-musulman bariolé.
Un citoyen français engagé volontaire dans une armée étrangère en opération de guerre contre un peuple ami, sans mandat explicite du gouvernement français, peut-il se prévaloir de la nationalité française ? Autrement dit, Gilad Shalit, le caporal de l’armée israélienne capturé le 25 juin 2006 par les Palestiniens, peut-il se prévaloir de la nationalité française et réclamer es-qualité l’intervention diplomatique du gouvernement français. Son engagement dans l’armée israélienne, sans mandat gouvernemental français, entraîne-t-il, sinon la déchéance de sa nationalité, à tout le moins la caducité de son droit à invoquer la protection de la nationalité française ?
Sauf à considérer Israël comme le fer de lance du combat occidental contre l’ensemble arabo-musulman et que son service dans l’armée israélienne constitue une forme déguisée de coopération stratégique militaire franco-israélienne, le cas du caporal Shalit se doit d’être soumis pour avis aux autorités juridictionnelles compétentes et faire œuvre de jurisprudence en ce domaine, car au delà de ce problème de droit se pose un problème de morale politique : La double allégeance justifie-t-elle la confusion juridique ? exonère t-elle de toute obligation de réserve ? Autorise-t-elle toute licence au point de constituer un « passe droit » ?
Un problème d’actualité en ce qu’il se pose à nouveau avec les ni-nationaux franco israéliens servant dans l’armée israélienne et qu’il se pose annuellement avec la collecte pour le bien être des soldats israéliens, une armée d’occupation au regard du Droit international.
Meyer Habib
Ancien du mouvement radical Betar, impliqué en 1988 dans l’attaque par l’« Organisation juive de combat » de la fête de commémoration de Jeanne d’Arc le 8 mai 1988, faisant 8 blessés, dont deux fonctionnaires de police, ce représentant du Likoud en France a t-il droit de siéger au sein de la représentation nationale française, au titre de la 8eme circonscription des Français établis hors de France, sous l’étiquette de l’UDI ? Une étiquette centriste pour ce représentant d’un parti ultra droitier ?. Merci Rama Yade.
Nicolas Sarkozy : « Le premier président de sang mêlé de France ».
Le message était limpide quoique dans l’ordre subliminale : Pour un président d’un pays qui se refuse aux statistiques ethniques, présenter son identité politique sous son aspect ethnico identitaire a constitué une grave violation des fondements républicains du pays et accentué le clivage social du pays.
Nicolas Sarkozy le premier, en sa qualité de néo gaulliste a clôt la parenthèse gaulliste de la politique de la France à destination du Monde arabe :
• En sollicitant l’expertise de la répression des manifestations périurbaines de France, en 2005, à Avi Dichter, le responsable de la sécurité israélienne pour les territoires palestiniens occupés. En assimilant ainsi les banlieues françaises à la Cisjordanie et à Gaza. le premier président de « sang mêlé » a transposé en France le conflit israélo-palestinien.
• En empruntant à la terminologie israélienne pour désigner Gaza de Hamastan et en évitant soigneusement de fleurir la tombe de Yasser Arafat lors de son voyage en Cisjordanie. Il avait fait convoquer Mahmoud Abbas à Jéricho pour une rencontre contournant Ramallah, le siège de l’autorité palestinienne.
• En engageant la guerre contre la Libye et la Syrie, sous de prétextes fallacieux, la « démocratie », qu’il a bafouée durant son quinquennat comme en témoignent la succession des scandales politico financiers qui ont émaillé son mandat.
François Hollande : Le tropisme philo-sioniste des socialistes
Si Nicolas Sarkozy a rompu avec la tradition diplomatique gaulliste, François Hollande, lui a renoué avec le tropisme philo sioniste des socialistes, considérant la Syrie et non la Palestine comme « les Sudètes du XXI me siècle ».
De l’expédition de Suez contre Nasser, en 1956, ordonnée par Guy Mollet, aux ratonnades d’Alger par Robert Lactose (1955-1958), au caillassage de Lionel Jospin à Bir Zeit pour avoir traité de « terroriste » le Hezbollah libanais, l’unique formation politico-militaire du monde arabe à avoir infligé un double revers militaire à Israël (2000-2006), à l’esplanade David Ben Gourion dédiée par Khoyya Bertrand Delanoë, le Maire de Paris, au fondateur de l’armée israélienne au lendemain de l’attaque navale israélienne contre un convoi humanitaire turc en direction de Gaza.... Le registre est connu et bien tenu.
La filiation est lointaine et ne se dément pas, remontant au grand manitou du socialisme français, Léon Blum, qui invoquera son « trop d’amour » pour son pays « pour désavouer l’expansion de la pensée et de la civilisation française », admettant « le droit et même le devoir des races supérieures d’attirer à elles celles qui ne sont pas parvenues au même degré de culture ». Cette profession de foi surprenante est parue dans le journal « Le Populaire » en date du 17 juillet 1926, sans que ce vénérable humaniste, premier chef du gouvernement socialiste de la France moderne, artisan des premières conquêtes sociales sous le gouvernement du Front Populaire (1936), ne se doute que, lui-même, à son tour, subira, quinze ans plus tard, les lois de l’infériorité raciale de la part de ses compatriotes non coreligionnaires.
François Hollande relève d’un cas bien plus grave. L’héritier du parti de l’expédition de Suez et des ratonnades d’Alger, n’a pas hésité, lui le socialiste, en marge de sa visite officielle en Israël, en novembre 2013, à prendre un repas familial (un dîner, agrémenté de chants et de danses), et à trinquer avec le chef de gouvernement le plus xénophobe d’Israël, l’ultra droitier Benyamin Netanyahou (1).
Au diapason de son premier ministre, le président bis de la France, Manuel Valls, lié de son propre aveu, « de manière éternelle à la communauté juive et à Israël », dont, de surcroît, le premier déplacement ministériel en province, le 21 Mai 2012, aura été pour un dîner avec le CRIF PACA Marseille, où il a stigmatisé le boycott d’Israël, mais non la phagocytose de la Palestine ou sa rétention des recettes d’exportation des produits de Cisjordanie, se plaçant ainsi sur la même longueur que Richard Prasquier, le président du CRIF, dont la tonitruance inconditionnellement pro-israélienne s’accommode mal du positionnement qui se veut « normal » du nouveau président français.
Sa profession de foi, -lors du lancement du groupe d’amitié avec Israël, le nouveau lobby français pro israélien en pleine campagne présidentielle en avril 2012, « Israël, grande nation parmi les nations »-, a retenti comme une tartarinade démagogique. En résonance avec ses prises de position xénophobes à Evry, la ville dont il est le maire, dont il souhaitait y implanter,-selon le modèle des colonies israéliennes ?- davantage de « white et de blancos » pour y diluer la population bariolée. En résonance avec sa volonté de dissiper les Roms de France. En résonance avec son comportement abusivement dilatoire dans l’affaire Georges Ibrahim Abdallah.
Manuel Valls joue l’amnésique en se déclarant opposer à la transposition du conflit israélo-palestinien en France. Lui, qui y a tant contribué et son compère François Hollande, qui « n’est ni pour les Israéliens, ni pour les Palestiniens, mais pour la paix », a-t-il dit.
La paix de l’occupant fondée sur la répression continuelle de l’occupé et l’annexion rampante de son pays et la phagocytose de son identité. A la manière d’un pharisien qui donnerait un temps égal de parole à Hitler et à ses victimes juives. La lâcheté même.
Ne transposons pas le conflit israélo-palestinien en France quand bien même Itzhack Rabin dispose de deux majestueuses places à Paris, la place Fontenoy, devant l’Unesco et les jardins de Bercy, alors que son alter ego prix Nobel de la Paix, le Palestinien Yasser Arafat, ne dispose de rien, tout au plus d’une miette, paté d’alouette, une minuscule place à la mémoire du poète Mahmoud Darwiche, sur les quais de la Seine, coincée entre des monuments historiques, en guise de solde de tout compte.
Read on my lips : Il ne faut pas transposer le conflit israélo palestinien en France, quand bien même il est transposé par les plus hautes autorités de l’état, surtout parce qu’il est transposé par les plus hautes autorités de l’état... pour des raisons électoralistes.
René Naba

Témoignage d’une habitante de Gaza , écrit sous les bombes israéliennes…certains d’entre vous n’acceptent peut-être pas le mot génocide. Je vous assure que je préfère l’utiliser sciemment parce que l’armée criminelle d’Israël rase des quartiers entiers, partout à Gaza, sans jamais épargner les civils. Plusieurs familles ont été complètement anéanties.



Le crime des habitants de ce quartier est d’habiter tout près de la frontière avec Israël.
L’armée israélienne a tiré toute la nuit. C’était une nuit très dure et triste : on n’a pas pu dormir et on a passé la nuit à côté de la radio, heureusement chargée.
Des familles dont les maisons ont été bombardées demandaient aux ambulances et à la Croix Rouge d’aller sauver la vie de leurs blessés. Ni la Croix Rouge, ni les ambulances, ni la presse ne pouvaient entrer dans ce quartier à cause des obus des chars et des missiles de F16. Je n’ai fait que prier et pleurer. Quel dur réveil ... Les photos et les vidéos de ces massacres m’ont choquée. J’ai crié comme une folle, non, comme une maman qui avait perdu ses enfants : « il faut arrêter, il faut en finir avec ces attaques brutales et barbares.” Mon mari, qui était à l’hôpital Al Shefa, m’a appelée pour avoir de nos nouvelles, il m’a dit qu’on n’y sentait que l’odeur du sang : tellement il y avait des morts et des blessés. Beaucoup de familles de Chujaeya sont arrivées à l’hôpital pour chercher les leurs ou pour les attendre. Je ne peux jamais oublier cette femme qui suppliait de lui ramener les siens, morts ou vifs. Après plusieurs appels de la Croix Rouge à l’armée israélienne, elle a obtenu une trêve de deux heures, le temps d’extraire des décombres les corps des vivants. Durant leurs recherches de survivants, les bombardements continuent. J’ai mis deux jours à écrire ces mots, parce qu’à chaque fois où je me mets devant l’ordinateur pour écrire ce que j’ai vu et ce que je sens, je craque, je chiale. Je pleure à chaque mot qui me rappelle la douleur, la souffrance des gens.
En plus, je ne peux pas m’empêcher de prendre des nouvelles de tous mes connaissances partout à Gaza. J’appelle tous les gens que je connais, quand les communications passent, car le réseau est aux mains des israéliens. Depuis hier, on a peur d’un nouveau choc, d’un nouveau massacre à l’est de Khan-Younes, au sud de la bande de Gaza. Jusqu’à cet après-midi, on n’avait aucune nouvelle de ce quartier. La Croix rouge a réussi à obtenir l’accord d’entrer à Khan Younès mais dès que ses hommes y pénètrent ils essuient des tirs, ils rebroussent chemin sans pouvoir sauver personne. Cet après-midi, l’armée israélienne a arrêté une centaine de blessés et même de paramédicaux.
Les gens dont je vous parle sont des civils, ils avaient des rêves simples et faciles à réaliser : ils rêvaient d’une vie digne sans blocus et sans peur.
Certains d’entre vous n’acceptent peut-être pas le mot génocide. Je vous assure que je préfère l’utiliser sciemment parce que l’armée criminelle d’Israël rase des quartiers entiers, partout à Gaza, sans jamais épargner les civils. Plusieurs familles ont été complètement anéanties.
Des milliers de familles de Gaza vont revivre une autre Nakba, sachant que cette fois ci nous n’avons plus où aller, ni où trouver refuge. Aucun endroit n’est sûr. Les écoles de l’UNRWA ont ouvert leurs portes devant la plupart de ces familles, mais elles sont pleines ainsi que les églises. Aujourd’hui, vers 14h00, il y a eu 17 morts et une centaine de blessés suite à un bombardement d’une école de l’UNRWA qui abrite des familles réfugiées.
D’autres ont trouvé refuge chez leurs parents pensant que c’est plus sûr. En dépit de la situation très grave, je dois vous parler de ces jeunes, qui ont créé dans tous les quartiers de Gaza, des centres d’aide et de solidarité avec les familles qui ont évacué leurs maisons pour aller aux écoles de l’UNRWA. Bombardement acharné et incessant qu’ils subissent. Le propriétaire de l’immeuble résidentiel le plus beau et cher de Gaza, a proposé de mettre gratuitement des appartements à la disposition des réfugiés. Aussitôt l’armée israélienne a fait exploser l’édifice, peut-être pour empêcher les gens d’être à l’abri. Je terminerai en parlant pour la première fois du rôle que l’Egypte joue avec le poste frontière de Rafah. Certains s’imaginent les Egyptiens accueillir à bras ouverts leurs frères victimes des exactions de l’armée israélienne. Pas du tout, ils refoulent les ambulances et les blessés.
La Palestine est en train de perdre tant de ses enfants, de ses femmes, de ses hommes, de ses monuments et donc son histoire...
Salma AHMED ELAMASSIE
Gaza. Le 24 juillet 2014
P.S Je ne savais même pas quel jour on était aujourd’hui, une amie française me l’a dit !