jeudi 31 mai 2012

QUEBEC : Lettre ouverte au premier ministre

Depuis maintenant cent jours, les étudiants québécois manifestent contre l'augmentation des frais de scolarité.

Monsieur le Premier ministre, je vous fais une lettre que vous ne lirez pas, quand bien même vous en auriez le temps.
Il y a dix ans, on m’a fait venir à l’Université de Montréal pour contribuer à l’excellence en enseignement et en recherche en bio‐informatique, un domaine émergent particulièrement important pour la médecine moléculaire. Pour me faire quitter mon poste de directeur de recherche au CNRS en France, on m’a offert une chaire de recherche du Canada, qui non seulement me fournissait des fonds pour effectuer mes recherches, mais aussi une prime de 30 000 $. Mieux encore, le gouvernement du Québec m’a exonéré d’impôt provincial pendant les cinq premières années. J’aurais dû me méfier, mais les scientifiques sont fort naïfs. Comment considérer qu’un gouvernement est sérieux dans son support à l’université quand il exonère d’impôts les plus riches, mon salaire étant en effet d’environ 100 000 $ ?
En fait, ces considérations financières avaient peu d’importance. L’excellence universitaire, exercice humain très demandant et très délicat, nécessite avant tout un cadre favorable. J’étais donc attiré par un environnement de recherche humainement riche au département de biochimie, et par le Québec, un pays démocratique, respectueux des droits, avec un enseignement de qualité, où il faisait bon vivre. Même si cette vision idyllique s’est un peu modifiée au fil du temps, je n’ai jamais envisagé de revenir en France. Non seulement j’ai payé mes impôts provinciaux avec plaisir il y a cinq ans, mais j’ai aussi choisi de transformer la prime en subvention de recherches pour recruter des étudiants supplémentaires. Bref, tout allait bien jusqu’il y a 100 jours.
Avant de revenir sur ces 100 funestes jours, je tiens à vous indiquer, Monsieur le Premier Ministre, en utilisant un langage économique que vous affectionnez, que mon retour sur investissement est excellent. Mon immodestie, qui est probablement la seule chose que je partage avec vous, n’en souffrira pas. Excusez-­moi pour la nécessaire technicité de ce paragraphe. Le principal critère pour évaluer la recherche fondamentale est le nombre de publications, surtout dans les meilleures revues scientifiques (seules les publications dans les revues Nature & Science sont prises en compte dans le célèbre, bien que critiquable, classement des universités réalisé, par exemple, par l’Université de Shanghai), et le nombre de citations. Avec une petite équipe et des moyens financiers relativement modestes, notre travail s’est traduit par quatre publications dans Nature & Science (l’Université de Montréal dans sa totalité en a publié 49 depuis 2003) et a reçu plus de 1000 citations en 2011. Demandez à vos experts, vous trouverez très peu de chercheurs au Canada, voire aux États-­Unis, ayant une productivité aussi grande, c’est-à­-dire un impact scientifique par dollar investi. Je pense donc avoir rempli ma part du contrat et contribué à l’excellence de la recherche scientifique québécoise.
Depuis 100 jours, tout a changé pour moi. Un mouvement étudiant, massif, démocratique, a soulevé une question primordiale, les frais de scolarité universitaire que votre gouvernement a décidé d’augmenter de 75% sur 5 ans, paraît-­il pour favoriser l’excellence dans la recherche. Faire payer aux étudiants la recherche de pointe, est-­ce une bonne idée ? 100 jours de grève étudiante et aucune négociation, ou si peu. Pire encore, 100 jours de grève étudiante et quasiment aucun débat sur cette question. Tout a été fait pour parler d’autres choses que de l’excellence en enseignement et en recherche. Est-­ce un boycott ou une grève ? Une vitrine brisée par ci, un parcours non annoncé par là. La condamnation de la violence par les associations étudiantes est-­elle suffisante ? En même temps, malgré des blessés graves, nous n’avons jamais entendu le gouvernement appeler à limiter la violence policière, j’y reviendrai.
Monsieur le Premier Ministre, pourquoi donc le Québec et le Canada recrutent­‐ils les chercheurs d’excellence préférentiellement dans des pays où l’éducation est gratuite, ou à tout le moins très peu chère, comme la France, la Chine, l’Allemagne, l’Argentine, l’Autriche, l’Inde ou la Russie ? Pourquoi les recrutements n’ont-­ils pas lieu dans les pays où les frais de scolarité sont très élevés, comme les États-­Unis d’Amérique ? Pourquoi ces mêmes États-­Unis sont-­ils contraints de recruter autant d’étudiants et de professeurs à l’étranger si leur système d’éducation très couteux pour les étudiants est si performant que le Québec se doive de l’imiter ? Sans prétendre résoudre ce paradoxe, je peux apporter quelques éléments de réflexion. En transformant les étudiants en clients, on introduit plusieurs moyens de pression permettant de dégrader fortement l’excellence de l’enseignement, et par là même l’excellence de la recherche, qui rappelons-­le repose avant tout sur les étudiants. Les clients achètent leur diplôme, et ils s’attendent donc à l’obtenir, même s’ils n’ont pas le niveau. Ensuite, l’université a tout intérêt à garder ses clients, puisqu’ils constituent leur principale source de financement. La pression se transmet aux professeurs, qui doivent réduire le taux d’attrition au maximum. Dans ces conditions, pourquoi faire échouer un client à un examen, puisque cela réduirait les ressources de notre département et de notre université, allant à l’encontre de l’intérêt du professeur ? Les professeurs, qui, vous l’avez peut-­être oublié, Monsieur le Premier Ministre, sont avant tout des êtres humains, se trouvent tous les jours face à des étudiants, qui sont aussi des êtres humains, mais des êtres humains luttant pour survivre dans un monde où les richesses sont de plus en plus accaparées par une petite minorité. Comment, humainement, peut-­on refuser un cours à un étudiant sérieux qui a travaillé fort et qui s’est lourdement endetté, mais qui est juste en dessous du niveau requis pour satisfaire aux hautes exigences du savoir intellectuel actuel ? Comment peut-on, humainement, laisser un jeune avec une grosse dette et sans diplôme ?
Aucune des pressions induites par le clientélisme universitaire n’est à elle seule décisive pour dégrader la qualité de l’enseignement. Mais elles vont toutes dans ce sens et il y a fort peu mesure gouvernementale pour soutenir l’excellence dans l’enseignement, la bonne volonté des étudiants et des professeurs nous préserve, pour combien de temps encore, du naufrage. Aux États-­Unis, où les études sont très chères depuis longtemps, les notes finales d’un étudiant sont corrélées positivement avec le montant des frais de scolarité, est‐ce bien sérieux ! La dette étudiante y est actuellement de plus de mille milliards de dollars, et l’enseignement est déjà sévèrement dégradé. Une question cruciale est de savoir comment elle sera remboursée, si tant est qu’elle puisse l’être. Monsieur le Premier Ministre, oui, la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire est très complexe et ne peut pas se résoudre par une loi spéciale, mais par un large, long et difficile débat démocratique.
Débat démocratique, mais quel étrange concept viens­‐je d’évoquer ? La démocratie semble se résumer, pour vous, au seul dépôt dans l’urne d’un bulletin de vote tous les quatre ans. Mais comment croire que l’on puisse décider intelligemment de toutes les questions complexes auxquelles notre monde est confronté par un seul bulletin ? Quel n’a donc pas été mon désespoir quand une association étudiante, la CLASSE, a été vilipendée, insultée, trainée dans la boue parce que ses représentants respectaient le mandat qui leur avait été confié lors de votes démocratiques ! Quelle horreur, des élus qui refusaient d’abuser de leur pouvoir, qui refusaient de faire passer leur opinion personnelle en lieu et place de celle des gens qu’ils représentaient, et outrage inimaginable, osaient affirmer qu’ils allaient consulter leur base ! Monsieur le Premier Ministre, comment puis‐je accepter de voir ainsi bafouer les principes fondamentaux de la démocratie par un gouvernement censé œuvrer pour l’épanouissement de la démocratie ?
La vraie démocratie, qui n’est pas la dictature de la majorité, doit mettre en œuvre de multiples systèmes, des contre-­pouvoirs, pour garantir les droits de tout un chacun. Comment peut-­‐on respecter les minorités, si seul un vote tous les quatre ans est considéré comme suffisant ? Or, du fait du baby boom, les jeunes, les étudiants, constituent une petite minorité au Québec. Il y a plus de personnes de plus de 75 ans que de jeunes de 15 à 19 ans, fraction de la population qui de toute façon n’avait pas le droit de vote lors des dernières élections. Il y a seulement 500 000 jeunes de 20 à 24 ans, mais plus de 2 millions d’ainés âgés de plus de 65 ans. Dans un tel contexte, et sans un long débat, quelle est la chance de faire passer l’idée d’études universitaires presque gratuites garantissant l’excellence de l’enseignement, alors que l’impact concret d’un tel choix servira l’intérêt des Québécois dans 10, 20 ou 30 ans, avant l’idée d’une baisse immédiate des impôts ?
Cent jours de lutte menée par des centaines de milliers de jeunes Québécois n’ayant comme seul pouvoir que des manifestations pacifiques et le sacrifice de leur propre session. Et quelles réponses le puissant gouvernement québécois a-t-il fourni ? Le mépris, l’absence de dialogue, la répression et maintenant une loi spéciale qui réduit la liberté d’expression de tous et qui laisse à la police, et bientôt peut-­être à l’armée, le soin de régler la question de l’excellence universitaire. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour imaginer la violente répression qui sera nécessaire pour arrêter un mouvement si profond, si massif, si motivé. Chaque fois que mes enfants, ou leurs amis, sortent le soir, c’est avec la peur au ventre que j’attends leur retour, sursautant à chaque coup de téléphone qui pourrait m’annoncer la perte d’un oeil, un traumatisme crânien, voir pire. Oui, je sais, la police fait un métier difficile, oui il y a de très rares casseurs qui veulent en découdre et se cachent parmi la foule, oui il y a maintenant beaucoup de fatigue. Les conditions sont réunies pour que de graves bavures se produisent. Monsieur le Premier Ministre, agissez pour qu’elles ne se produisent pas, soutenez les policiers qui font bien leur travail et condamnez ceux qui abusent de la violence, comme par exemple à la brasserie Saint-­Bock. Croyez-­vous vraiment que poivrer des touristes va permettre de recruter des chercheurs d’excellence et de former d’excellents étudiants ?
Cent jours de lutte à mains nues face à un pouvoir sourd, autoritaire et violent, peuvent-ils s’expliquer seulement par la question des frais de scolarité et de l’excellence universitaire ? Que nenni. La jeunesse sent bien, voit bien que notre modèle de société est en train de s’effondrer ; tous les marqueurs sont au rouge : un environnement social dégradé, marqué par une montée indécente des inégalités ; un environnement biologique dégradé, avec une disparition accélérée des espèces et des écosystèmes ; un environnement physique dégradé, avec le réchauffement climatique et les multiples pollutions chimiques ; un épuisement généralisé des ressources, qui oblige à exploiter à grands frais les sables bitumineux, les gaz de schiste, les métaux au fond des océans ou dans le Grand Nord ; un système financier démesuré, mais qui ne survit qu’à force de subventions, générant une dette publique impossible à rembourser. Ces cent jours de lutte sont un extraordinaire cri de désespoir de notre jeunesse, désespoir qui s’est cristallisé sur la question des frais de scolarité, mais qui dénote un très profond malaise sociétal.
Le Québec est le premier pays riche à prendre massivement conscience du mur dans lequel nous sommes en train de nous enfoncer avant que la crise économique se manifeste de manière évidente comme en Grèce ou en Espagne. Monsieur le Premier Ministre, vous avez l’opportunité extraordinaire de disposer d’une jeunesse courageuse, innovante, politisée, prête à explorer un nouvel avenir qui nous fera éviter tous les graves dangers évoqués plus tôt. Ou alors, souhaitez-­vous choisir l’obstination, l’aveuglement, la répression, la violence et m’obliger à vivre dans un autre pays où la démocratie, l’éducation, la nature… Bref : la société humaine, pourront s’épanouir ?
Hervé Philippe
Professeur titulaire,
Chaire de Recherche du Canada en Bioinformatique et Génomique Evolutive, Département de Biochimie – Université de Montréal

Source : Investig'Action

PALESTINE : Appel du père et des frères de Mahmoud Sarsak pour sauver sa vie !

Campagne populaire palestinienne contre le Mur d’apartheid
Notre frère et fils, Mahmoud Sarsak, est footballeur professionnel, il a 25 ans, il est du camp de réfugiés de Rafah, dans la bande de Gaza, et entre dans son 67è jour de grève de la faim. Nous vous demandons de soutenir Mahmoud et son exigence pour un traitement équitable. Votre voix peut contribuer à sauver sa vie et à une petite victoire contre l’injustice.
Mahmoud est emprisonné par Israël depuis trois ans, après avoir été arrêté par les militaires israéliens le 22 juillet 2009 au check-point d’Erez dans la bande de Gaza alors qu’il rejoignait l’équipe de football nationale palestinienne au camp de réfugiés de Balata en Cisjordanie (près de Naplouse).
Après son arrestation, il a été transféré à la prison d’Ashkelon où il a été interrogé pendant 30 jours, avant d’être mis en détention le 23 août 2009 en application de la « Loi sur les combattants illégaux » d’Israël. Addameer, organisation des droits de l’homme et de soutien aux prisonniers, a déclaré que « en pratique, la Loi sur les combattants illégaux accorde encore moins de protections aux détenus que celles, rares, permises par la détention administrative en Cisjordanie », et elle autorise l’État israélien à tenir enfermé les Palestiniens de Gaza pour des périodes indéterminées sans inculpation ni procès.
Mahmoud a commencé la grève de la faim le 19 mars 2012, pour protester contre sa détention sans inculpation ni procès, exigeant d’être informé des raisons de ses trois années de détention et de pouvoir se défendre, comme c’est son droit le plus fondamental en vertu du droit international. Après avoir commencé sa grève de la faim, il a été transféré à la prison du Naqab le 8 avril, puis mis à l’isolement à la prison d’Eshel. Le 16 avril, il a été conduit à l’hôpital de la prison de Ramleh, en raison de la détérioration de sa santé. Il est aujourd’hui (24 mai) à son 67e jour de grève de la faim, une étape extrêmement dangereuse où il peut mourir à tout moment.
Il est l’un des plus de 4400 Palestiniens détenus dans les prisons israéliennes en violation des articles 49 et 76 de la Quatrième Convention de Genève (1), qui interdisent le transfert de personnes sous occupation (les Palestiniens) dans le territoire de l’occupant (Israël). Les violations graves de ces articles sont jugées comme étant des crimes de guerre en vertu du droit international.
(JPG) Pour nous, il est insupportable de voir qu’Israël a été choisi pour accueillir le Championnat d’Europe des moins de 21 ans de l’UEFA en 2013 et qu’il se prépare à participer aux Jeux Olympiques de Londres, pendant que, régulièrement, il arrête, torture, emprisonne et tue des Palestiniens, notamment des joueurs de football, en toute impunité. Ce n’est pas respecter les règles du jeu. Le sport doit faire preuve de solidarité.
En tant que membres de la famille de Mahmoud, nous appelons toutes les personnes de conscience à exiger sa libération immédiate, et à faire pression sur les gouvernements et organisations internationales pour contraindre Israël à se conformer aux normes les plus élémentaires du droit international. En particulier, nous demandons aux autres footballeurs et athlètes de manifester leur soutien à Mahmoud : ne pas se taire quand la cruauté et l’arbitraire des Israéliens anéantissent les aspirations d’un athlète plein d’avenir et qu’ils gardent, dans leurs prisons, des milliers d’êtres humains dans des conditions inhumaines. Nous demandons aux équipes sportives et aux fan-clubs antiracistes de soutenir Mahmoud et tous les prisonniers politiques palestiniens. Votre voix peut contribuer à sauver sa vie et à une petite victoire contre l’injustice.
Il est temps de mettre fin aux crimes israéliens perpétrés en toute impunité, et d’exiger la libération de tous les Palestiniens détenus illégalement par Israël, dont les prisonniers palestiniens qui, à l’instar de notre cher Mahmoud, sont en grève de la faim pour leur dignité et leur liberté.
Mahmoud Kamel Muhammad Sarsak
Père de Mahmoud

-  Article 49. - Les transferts forcés, en masse ou individuels, ainsi que les déportations de personnes protégées hors du territoire occupé dans le territoire de la Puissance occupante ou dans celui de tout autre Etat, occupé ou non, sont interdits, quel qu’en soit le motif.
Toutefois, la Puissance occupante pourra procéder à l’évacuation totale ou partielle d’une région occupée déterminée, si la sécurité de la population ou d’impérieuses raisons militaires l’exigent. Les évacuations ne pourront entraîner le déplacement de personnes protégées qu’à l’intérieur du territoire occupé, sauf en cas d’impossibilité matérielle. La population ainsi évacuée sera ramenée dans ses foyers aussitôt que les hostilités dans ce secteur auront pris fin.
La Puissance occupante, en procédant à ces transferts ou à ces évacuations, devra faire en sorte, dans toute la mesure du possible, que les personnes protégées soient accueillies dans des installations convenables, que les déplacements soient effectués dans des conditions satisfaisantes de salubrité, d’hygiène, de sécurité et d’alimentation et que les membres d’une même famille ne soient pas séparés les uns des autres.
La Puissance protectrice sera informée des transferts et évacuations dès qu’ils auront eu lieu.
La Puissance occupante ne pourra retenir les personnes protégées dans une région particulièrement exposée aux dangers de la guerre, sauf si la sécurité de la population ou d’impérieuses raisons militaires l’exigent.
La Puissance occupante ne pourra procéder à la déportation ou au transfert d’une partie de sa propre population civile dans le territoire occupé par elle.
-  Article 76. - Les personnes protégées inculpées seront détenues dans le pays occupé et si elles sont condamnées, elles devront y purger leur peine. Elles seront séparées si possible des autres détenus et soumises à un régime alimentaire et hygiénique suffisant pour les maintenir dans un bon état de santé et correspondant au moins au régime des établissements pénitentiaires du pays occupé.
Elles recevront les soins médicaux exigés par leur état de santé.
Elles seront également autorisées à recevoir l’aide spirituelle qu’elles pourraient solliciter.
Les femmes seront logées dans des locaux séparés et placées sous la surveillance immédiate de femmes.
Il sera tenu compte du régime spécial prévu pour les mineurs.
Les personnes protégées détenues auront le droit de recevoir la visite des délégués de la Puissance protectrice et du Comité international de la Croix-Rouge, conformément aux dispositions de l’article 143.
En outre, elles auront le droit de recevoir au moins un colis de secours par mois.

mercredi 30 mai 2012

GRECE : Comment les multinationales ont exploité la Grèce

Mesdames et Messieurs,
Je vous adresse cette lettre comme l’un de ces nombreux Grecs que tout le monde appelle «paresseux» et «inutile». Il est possible que vous ne puissiez pas avoir une idée claire sur la Grèce et je voudrais vous montrer un nouvel aspect de la situation ici.
Entre 2000 et 2010, la Grèce a, en effet, dépensé plus que ce qu’elle a produit. Malheureusement, les grandes multinationales ont profité de cela pour faire un profit facile sur le dos de la population «paresseuse» et «inutile». Beaucoup de ces entreprises ont profité de la situation misérable de l’Etat grec et ont enfreint la loi pendant de nombreuses années, en empochant la plupart des millions d’euros que l’on nous accuse de gaspiller aujourd’hui.
Ils ont gagné cet argent en vendant leurs produits à des prix extrêmement élevés, profitant de leur position dominante sur le marché grec ou de la chance d’imposer des conditions illégales dans leurs accords avec les Grecs «paresseux» et «inutiles». Ils ont fait ces bénéfices parce que certains politiciens corrompus grecs ont fait en sorte qu’ils s’en tirent avec des amendes minimales. Ces multinationales ont anéanti leurs concurrents grecs en utilisant des méthodes illégales, sous la protection des gouvernements grecs pendant des années. Notre compétitivité a donc touché terre. 
Toutes ces sociétés ont utilisé les profits illégalement obtenus, qu’ils ont pris des Grecs  »paresseux » et « inutiles » pour offrir des salaires aux personnes restées au pays.
Voici quelques exemples explicites :
PEARSON
La plus grande maison d’édition dans le monde, l’éditeur britannique Pearson a été accusé et reconnu coupable pour avoir enfreint les lois sur la concurrence en Grèce de 2002 à 2007. Leur politique a continué jusqu’en 2009. Pour leurs pratiques illégales, ils ont été condamnés à une amende  de seulement 1 500 000 € (appel en attente à la Cour suprême).
Les cadres de Pearson, Paul Anderson, John Knight, Kenneth Bristow, John Fallon et Mark Short font actuellement l’objet de poursuites par les autorités grecques pour leurs responsabilités dans  la vente de leurs livres ELT à des prix très élevés en Grèce (bien sûr tout le monde est innocent jusqu’à preuve du contraire). Pendant le même temps (2002-2009) les ventes et les profits de PEARSON tirés des  Grecs «paresseux» et «inutiles»  étaient à la hausse.
L’éditeur a, bien sûr, en même temps, utilisé les mêmes contrats illégaux dans d’autres pays européen, et seulement après qu’ils aient été accusés par les Grecs «paresseux» et «inutiles»  il se sont mis en conformité avec les lois européennes de la concurrence (tous ceci est apparu au grand jour après l’enquête du Comité européen de la concurrence «l’affaire 39771 Floras Librairies vs Pearson et d’autres» Suite à la plainte d’un «paresseux» et «inutile» grec). [okeanos : voir ici]
NESTLE
La grande multinationale a été accusé d’abus de position dominante entre 2002 et 2006 et a été condamnée à une amende de 30 000 000 €. Pendant la même période, les profits de Nestlé pour le marché grec étaient d’environ 460 000 000 €. NESTLE a également été condamné à une amende 4 100 000 € pour participation à des ententes illicites.
COCA COLA HELLAS
Un des plus grands embouteilleurs de Coca-Cola a été condamné à une amende 11 000 000 € pour abus de position dominante entre 1991 et 2006. Les bénéfices de la société pour la même période étaient d’environ 2 milliards d’euros.
DIA HELLAS
La filiale locale de DIA a été condamné à une amende de 5 192 000 € pour l’imposition de conditions illégales sur le marché grec.
British Petroleum (BP) et ROYAL NÉERLANDAIS SHELL
Les filiales des géants multimilliardaires ont été condamnées à une amende de 50 000 000 € pour participation à des ententes illicites en 2003. Leurs ventes aux Grecs «paresseux» et «inutile»  dans les années respectives étaient de 3 milliards d’euros.
UNILEVER
UNILEVER a été condamné à une amende 6 946 588 € pour des pratiques illégales en 2001-2002, leurs ventes pour ces deux années aux Grecs «paresseux» et «inutiles»  étaient de 520 000 000 €
CARREFOUR
La filiale de Carrefour en Grèce a été condamnée à une amende 12 512 000 € pour des pratiques illégales pour les années 2003-2008 alors que pendant la même période, leurs ventes aux «paresseux» et «inutile» Grecs ont totalisé 8 694 000 000 €
[okeanos : il se dit encore -beaucoup- en Grèce que Carrefour n'aurait jamais payé ses taxes en Grèce. Rumeurs ou ... ?]
SIEMENS 
Pendant de nombreuses années, le géant allemand a été corrupteur des politiciens grecs corrompus, assurant ainsi des projets de plusieurs milliards d’euros, surchargeant les Grecs «paresseux» et «inutile», qui doivent maintenant payer cet argent.
HEINEKEN 
La filiale grecque de Heineken (brasserie athénienne) est accusée d’abus de position dominante. Dans la dernière décennie, leurs ventes aux «paresseux» et «inutiles» Grecs étaient de 4 500 000 000 € et les bénéfices de 1 000 000 000 €
Au nom de tous les «paresseux» et «inutiles» Grecs, je voudrais vous demander de nous montrer un peu de sympathie, car tout au long de ces années, les profits illégaux de la fête des  multinationales vautours dans le pays ont fourni des revenus et des emplois pour des nombreux employés dans leurs pays respectifs.
Sincères salutations, 

GEORGE Floras 
Un «paresseux» et «inutile» grec 
ATHENES, GRECE
The Economist

mercredi 23 mai 2012

SYRIE : Les bombardements terroristes de Damas - Du "MADE IN USA"

....L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. ....
On a pu voir jeudi la dernière incarnation de cette politique. Les bombes dévastatrices placées dans des voitures et qui ont tué 55 personnes et fait près de 400 blessés à Damas marquent une nouvelle étape de la campagne impérialiste criminelle pour un changement de régime en Syrie.
Washington, après avoir détourné le mouvement de protestation, qui avait débuté en Syrie en mars de l’année dernière, en une tentative pour en faire un appareil pour l’installation d’un régime client à Damas, a ensuite soutenu la formation des « Amis de la Syrie », inspirée d’un groupe international similaire à celui utilisé lors de la préparation de la guerre en Libye.
Washington a déclaré que le Conseil national syrien (CNS), assortiment de politiciens islamistes issus des Frères musulmans et d’agents vieillissants en exil, originaires de diverses agences de renseignement occidentales, était le « représentant légitime » du peuple syrien. Washington a aussi soutenu la formation de la soi-disant Armée syrienne libre (ASL) pour perpétrer des attaques armées contre les forces de sécurité syriennes.
Les alliés les plus proches de Washington dans le monde arabe, en l’occurrence les monarchies féodales dictatoriales de l’Arabie saoudite et du Qatar, ont mis en place un fonds de 100 millions de dollars dans le but de faire figurer directement sur leur registre de personnel à rémunérer les membres de l’ASL tandis que les Etats-Unis annonçaient l’envoi d’une assistance « non létale » à ces mêmes forces, comprenant de l’équipement de communication sophistiqué, des lunettes de vision nocturne et du renseignement américain.
Rien de tout cela n’a eu le résultat souhaité. Dans la plupart des régions, l’ASL a à peine opposé un semblant de résistance à l’armée syrienne et il n’existe pas le moindre signe d’un soutien populaire de masse pour le Conseil national syrien.
Alors maintenant on en vient aux bombardements terroristes. Les explosions de jeudi à Damas ne sont que les dernières en date et les plus mortelles d’une série d’attaques à la bombe de ces quelques dernières semaines. Vendredi, le gouvernement syrien a rapporté avoir déjoué un autre attentat suicide, cette fois-ci dans la capitale commerciale d’Alep, et qui impliquait un véhicule chargé d’une tonne et demi d’explosifs.
L’objectif de cette campagne est de terroriser le peuple syrien et, avec en plus des sanctions unilatérales des Etats-Unis et de l’Union européenne, de paralyser l’économie du pays afin de créer les conditions d’une implosion sociale et politique. Dans le même temps, ceci est conçu pour prouver que l’accord de cessez-le-feu des Nations unies, négocié par l’ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan, ne peut pas marcher.
Deux jours seulement avant les attaques de Damas, Susan Rice, ambassadrice américaine aux Nations unies, avait rejeté comme étant une « diversion » les avertissements syriens concernant des terroristes étrangers arrivant en Syrie. Elle soulignait dans le même temps que Washington restait concentré sur un changement de régime et augmenterait son assistance « non létale » à cette fin.
Comme l’a dit Rice en se référant au plan d’Annan, Washington ne « met pas tous ses oeufs dans le même panier. » Il semble à présent que certains de ces « oeufs » aient été en fait des voitures piégées.
Après le bombardement de Damas, les médias avaient initialement accordé une certaine crédibilité aux déclarations absurdes du Conseil national syrien selon lequel le régime d’Assad avait organisé l’attaque lui-même en tuant un nombre considérable de ses propres forces de sécurité.
Le Département d’Etat s’est trouvé obligé de publier une condamnation de pure forme du terrorisme, reconnaissant que des « saboteurs » avaient pu être impliqués dans l’attaque et en insistant pour dire que « la responsabilité [du bombardement] incombait fermement » à sa cible, le régime syrien.
Le secrétaire américain à la Défense, Leon Panetta, a confirmé jeudi la « présence d’al Qaïda en Syrie » tout en réitérant que le Pentagone est chargé « de faire toutes sortes de plans en ce qui concerne d’éventuelles approches en Syrie. Et, si le président des Etats-Unis nous demande de réagir de manières particulières, nous sommes prêts à le faire. »
Selon le Washington Post, ses plans comprennent « une protection militaire des couloirs humanitaires pour aider les civils syriens ou bien une ‘zone de sécurité’ où l’opposition pourrait s’organiser, ainsi qu’une frappe aérienne contre la Syrie. »
Si des éléments d’al Qaïda sont en train de collaborer avec l’impérialisme américain pour mener une campagne terroriste en Syrie, ce ne serait pas la première fois. Abdel Hakim Belhadj, haut commandant des milices qui furent soutenues par les Etats-Unis et l’OTAN durant la guerre pour le changement de régime en Libye, avait auparavant été enlevé, restitué (« renditioned ») et torturé par la CIA en raison de son rôle joué dans le groupe terroriste islamiste.
Ces mêmes éléments libyens jouent à présent un rôle majeur dans l’armement et la formation de l’« opposition » armée soutenue par les Etats-Unis en Syrie tout comme dans l’envoi direct de combattants dans le pays.
Le cliché cynique de la guerre froide selon lequel « un terroriste pour l’un est un combattant de la liberté pour l’autre » est loin de faire le tour du rôle des Etats-Unis en Syrie, où ces éléments remplissent les deux rôles à la fois. D’un côté, dans une campagne en vue de renverser le régime d’Assad, Washington soutient des forces liées à al Qaïda tandis que de l’autre, il planifie de recourir à leur présence dans le pays comme prétexte pour une intervention militaire américaine.
Ceci a été exprimé le plus clairement par Anne-Marie Slaughter, ancienne directrice de la prospective du département d’Etat des Etats-Unis et proche conseillère d’Obama, et qui est une ardente partisane des interventions « humanitaires » impérialistes. La radio National Public Radio l’a citée pour avoir dit que « la présence de groupes jihadistes en Syrie ne devrait pas dissuader les Etats-Unis et leurs alliés d’intervenir, » au contraire, « elle devrait les réveiller aux dangers que pourrait engendrer un conflit prolongé en Syrie. » Elle a poursuivi en avertissant qu’une « menace grave » pesait sur la Syrie, à savoir que des armes chimiques puissent tomber entre les mains d’al Qaïda.
Et donc, les prétextes qui avaient servi pour une invasion américaine en Irak sont repris sous une nouvelle forme perverse. La présence d’al Qaïda, soutenue par Washington, et l’existence supposée d’« armes de destruction massive » en Syrie doivent avoir pour riposte une intervention militaire américaine.
La campagne pour le renversement d’Assad, principal allié de Téhéran dans la région, signifie l’isolement de l’Iran qui est considérée par Washington comme le principal obstacle à sa revendication d'hégémonie dans les régions riches en pétrole et stratégiquement vitales du Golfe persique et de l’Asie centrale. Derrière tous ces prétextes concernant al Qaïda, les armes chimiques, la « démocratie » et l’humanitarisme, l’impérialisme américain est en train de planifier de nouvelles guerres d’agression qui risquent d’avoir des conséquences atroces dans tout le Moyen-Orient et au-delà.
BILL VAN AUKEN
Source : WSWS
Investig'Action

lundi 21 mai 2012

Palestine : La lettre de Thaer Halahleh à sa fille Lamar. " Quand tu grandiras, tu comprendras quelle injustice a été commise contre ton père et contre des milliers de Palestiniens que l’occupation a mis en prison "..

Bien que j’ai été privé de t’étreindre et d’entendre ta voix, de te regarder grandir et te déplacer dans la maison et dans ton être, et que j’ai été privé de mon droit en tant qu’être humain et que père vis-à-vis de sa fille, ton existence m’a donné toute la force et l’espoir, et quand j’ai vu ta photo avec ta mère dans la tente de sit-in, tu étais si calme en regardant les gens avec surprise, comme si tu étais à la recherche de ton père, regardant mes photos accrochées sous la tente en silence et demandant pourquoi ton père ne revenait pas, j’ai senti que tu étais avec moi, constante, dans mes sentiments et mon esprit, comme si tu étais une partie de mes battements de cœur, et du sang coulant dans mes veines, ouvrant toutes les portes pour moi, créant un ciel clair autour de moi, et exprimant ta libre voix enfantine après ce long silence.
Lamar mon amour : je sais que tu n’es pas à blâmer et que tu ne peux pas encore comprendre pourquoi ton père en est à son 75e jour de cette bataille de la grève de la faim, mais quand tu seras grande, tu comprendras que la lutte de la liberté est celle de pouvoir te revenir, afin que je ne puisse plus jamais être emmené loin de toi et privé de ton sourire ou de te voir, de sorte que l’occupant ne puisse plus jamais m’enlever à toi.
Quand tu grandiras, tu comprendras quelle injustice a été commise contre ton père et contre des milliers de Palestiniens que l’occupation a mis en prison et dans des cellules de prison, brisant leur vie et leur avenir sans qu’ils soient coupables de quoi que ce soit si ce n’est leur quête de liberté, de dignité et d’indépendance, tu sauras que ton père n’a pas toléré l’injustice et la soumission, qu’il n’acceptera jamais l’insulte et le compromis, et qu’il fait une grève de la faim pour protester contre l’État juif qui veut nous transformer en esclaves humiliés sans aucun droit ou dignité patriotique.
Lamar mon aimée, garde la tête haute et sois toujours fière de ton père, et remercie tous ceux qui m’ont soutenu, qui ont soutenu les prisonniers dans leur lutte, et n’aie pas peur car Dieu est toujours avec nous, et Dieu n’abandonne jamais ceux qui ont la foi et la patience, nous sommes dans notre droit, et le droit prévaudra toujours contre ceux qui commettent l’injustice et le mal.
Lamar mon amour : ce jour viendra, et je vais le créer pour toi en toutes choses, et te dirai tout, et tes journées qui s’ensuivront seront plus belles, alors laisse tes jours passer maintenant et porte tes plus jolis habits, cours et puis cours à nouveau dans les jardins de ta longue vie, va de l’avant encore et encore, rien n’est derrière toi que le passé, et c’est ta voix que j’entends tout le temps comme une mélodie de liberté. »
Source : La lettre de Thaer Halahleh, en arabe, sur Maan News / http://www.ism-france.org/temoignag...


Thaer Halahleh

Quebec : Le rapt de la démocratie

....La démocratie n’étant que la façon la moins violente de réguler les conflits sociaux, lorsqu’elle est kidnappée, que le pouvoir est accaparé par une élite, la population trouve d’autres manières de se faire entendre. .....

Lorsque des gouvernements font la sourde oreille aux revendications qui sont portées par un si grand nombre de gens, lorsqu’ils refusent d’entendre les aspirations de la population, lorsqu’ils préfèrent régler les conflits sociaux par l’usage de la force, qu’elle s’exerce par une loi injuste ou par les armes, ces gouvernements prennent la voie de la dictature. Avec la loi spéciale décrétée par le Premier Ministre Jean Charest, nous assistons, atterrés et dégoûtés, à un véritable rapt de notre démocratie. Par cette mesure autoritaire, le gouvernement libéral fait une fois de plus preuve de mépris envers les institutions démocratiques mêmes qui l’ont porté au pouvoir ; assemblées délibérantes, vote majoritaire et recherche de compromis.
Pire, il indique à la population que rien ne sert d’exprimer un quelconque mécontentement, puisque ses décisions sont inflexibles. Du moins en ce qui concerne les gens. Car lorsqu’il s’agit des entreprises privées et du capital, le discours est tout autre, plein de complaisance et de compromission. À preuve, Jean Charest était entouré de l’exécutif de la CRÉPUQ au moment d’annoncer sa loi spéciale. Ne soyons pas dupes, c’est à cette élite ainsi qu’aux banques que profite la situation ! La démocratie est prise en otage et ce sont eux, les ravisseurs ! Et les médias de masse, dissimulant leur parti pris en faveur du pouvoir établi sous des faux airs d’objectivité, en sont les complices.
Sur la scène fédérale, la même pièce se joue, mais bien plus dramatiquement. Tant de droits sont atteints par la loi C-38 que la population ne sait pour quelle cause se battre : l’environnement ? La retraite ? L’assurance-emploi ? Les droits des immigrants et des réfugiés ? Les droits des femmes ? La liberté d’expression, d’opinion et de manifestation ? À voir à quelle vitesse et avec quel acharnement le gouvernement conservateur démolit le Canada, nous sommes en droit de nous demander ce qu’il en restera aux prochaines élections ! À part l’armée, s’entend !
Mais du haut de leur pouvoir, nos dirigeants oublient l’essentiel. Les gouvernants ne peuvent gouverner sans le consentement des gouvernés. On a entendu monsieur Charest dire que la politique ne se fait pas dans la rue ; c’est un mensonge ! La démocratie n’étant que la façon la moins violente de réguler les conflits sociaux, lorsqu’elle est kidnappée, que le pouvoir est accaparé par une élite, la population trouve d’autres manières de se faire entendre. Et ce n’est pas en discréditant les protestataires par des lois injustes sur leur accoutrement ou sur le trajet qu’ils prennent que le pouvoir établi parviendra à nous faire rentrer dans le rang comme des moutons. C’est l’une des grandes leçons de l’histoire ; lorsqu’on prend la démocratie en otage, qu’on bafoue les droits légitimes des citoyens, il faut s’attendre à ce que la population s’insurge et organise la sédition.
Marie-Iris Légaré
Source : PRESSE TOI A GAUCHE

samedi 19 mai 2012

Le Québec adopte un projet de loi fasciste !...Le Québec vient de basculer dans un régime policier !

Le Québec est-il en train de basculer dans la dictature ? Cette question se fait de plus en plus de circonstances ! Depuis ce soir (18 mai), on peut de moins en moins "causer", parce qu’aujourd’hui on a voté une loi qui dit : « Ferme ta gueule ! »
Pour tenter de mettre fin au conflit étudiant qui dure depuis déjà 15 semaines, le gouvernement néolibéral autoritaire de Jean Charest vient d’adopter une loi limitant la contestation, la liberté de parole et le droit de se rassembler.
Non seulement pour les étudiants, mais pour l’ensemble de la population.
Au Québec, la démocratie est en deuil ! ( La loi 78 : http://www.lapresse.ca/html/1425/projetdeloi78.pdf )
Une loi fasciste ? Fasciste, un mot qui n’est pas du tout exagéré, un mot tout à fait adéquat. Le fascisme… ce qui s’apparente aux méthodes utilisées par Mussolini dans les années 20. La police de ce régime pouvait "légalement" matraquer et arrêter tout ce qui déplaisait au régime. C’est ce que met en place le gouvernement néolibéral Charest.
Le Québec vient de basculer dans un régime policier.
En plus du Canada réformiste néoconservateur de Stephen Harper qui vote, lui aussi, de son côté de multiples lois qui érodent considérablement les libertés jusqu’alors protégées par notre droit démocratique, voilà que nos "libéraux" du Québec emboîtent le pas.
( La loi "mammouth" des réformistes néoconservateurs de Stephen Harper : http://www.ledevoir.com/politique/canada/348607/une-loi-mammouth-pour-changer-les-regles-sans-debat )
Même le gouvernement municipal de Montréal y met du sien en adoptant une loi anti-masque lors de manifestation.
http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2012/05/18/001-masques-reglement-conseilville.shtml
« Comment dire aux étudiants qu’il faut qu’ils tiennent ? »
Il y a deux mois cette question se posait. http://www.vigile.net/Il-faut-manifester-a-leur-cote
Aujourd’hui elle se pose avec encore plus d’intensité.
Il faut de plus en plus manifester au côté des courageux étudiants.
Malheureusement, il est clair que manifester demande nettement plus d’énergie et d’investissement personnel que ceux qui, passivement, laissent gueuler et commande l’encadrement policier.
Le gouvernement québécois, depuis 15 semaines, dépense des millions pour que sa police casquée et bien armée de matraques, gaz lacrymogène et bombes assourdissantes puisse contenir les manifestations étudiantes quotidiennes.
Le régime Charest a des millions de $$ à offrir aux policiers en heures supplémentaires, mais refuse toute concession concernant les faramineux droits de scolarité qu’il veut imposer aux étudiants.
Il est clair que le conflit n’a pas comme enjeu principal : l’argent. L’enjeu de ce conflit en est un d’idéologie.
Le régime Charest peut dépenser des millions pour la police, mais il est hors de question de geler les frais de scolarité ! Pour le régime Charest, il est aussi hors de question d’aller prendre ailleurs que dans la poche vide des étudiants ces 100 à 200 millions que l’on dit avoir besoin.
On préfère donner aux prédateurs économiques privés les ressources minières, pétrolières et gazières du Nord québécois plutôt que de geler les frais de scolarité : « Les redevances minières, un secret bien gardé » http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/347918/les-redevances-minieres-un-secret-bien-garde
On préfère offrir d’indécents gros salaires avec un « minimum » d’impôts !
« La rémunération de Michael Sabia a bondi en 2011 » http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/347742/caisse-de-depot-et-placement-la-remuneration-de-michael-sabia-a-bondi-en-2011
On préfère "subventionner" des entreprises qui font des milliards plutôt que de subventionner nos étudiants en leur offrant le savoir gratuitement :
« Pour investir au Canada, AbitibiBowater attend l’aide des gouvernements. » http://argent.canoe.ca/lca/affaires/canada/archives/2011/07/20110713-134100.html
« AbitibiBowater déclare des profits nets de 4,2 G$ US » http://www.lapresse.ca/le-nouvelliste/201104/08/01-4387791-abitibibowater-declare-des-profits-nets-de-42-g-us.php
On préfère épargner ces "shylocks" institutionnalisés plutôt que les étudiants sans le sou : « La Banque Nationale hausse ses profits de 15% » http://affaires.lapresse.ca/economie/services-financiers/201108/25/01-4428746-la-banque-nationale-hausse-ses-profits-de-15.php
On préfère même récompenser généreusement les crapules de la finance lors de leur départ plutôt que d’offrir le savoir gratuit : « Passer du régime Rousseau à l’ère Sabia a coûté près de 10 millions de dollars à la Caisse de dépôt » http://lpa.cyberpresse.ca/economie/quebec/201012/07/01-4349840-faire-le-menage-a-la-caisse-de-depot-a-coute-cher.php
« La prime de départ de près de 380 000$ accordée à l’ex- PDG de la Caisse de dépôt et placement du Québec, Henri-Paul Rousseau » http://argent.canoe.ca/infos/quebec/archives/2009/01/20090119-074403.html
On pourrait allonger cette liste de faits où l’on constate que l’argent ne fait pas défaut. On constate que l’argent n’est pas un problème. Elle existe, elle est bien là. On peut « rapidement » trouver des milliards pour sauver des banques et des banquiers. L’argent est là, mais on ne veut absolument pas la partager.
La volonté des régimes néolibéraux comme celui de Jean Charest, c’est de maintenir bien profond ce fossé qui se creuse entre les très bien nantis et la classe jadis moyenne.
Les gouvernements néolibéraux à travers le monde cherchent par tous les moyens à détruire les organisations citoyennes et cela va des syndicats jusqu’aux associations étudiantes.
La lutte se fait entre le pouvoir absolu de ces marionnettes néolibérales dirigeant les Pays de moins en moins souverains et les solidarités citoyennes.
Nous avons de nombreux exemples.
Observons la Grèce, observons l’Espagne, observons l’Angleterre, observons les "Occupy" des États-Unis ainsi que plusieurs autres endroits.
Partout, comme ici au Québec, c’est la lutte des « masses » citoyennes contre ces cliques oligarchiques qui contrôlent les Pays capitalistes.
Les « masses » !!! Le régime Charest insinue que les « masses » sont de son côté. Le régime Charest répète que notre société est "illégitimement" perturbée par une "minorité" de jeunes enfants gâtés ! Minorité ??? Cette "minorité" a tout de même offert la plus grande manifestation étudiante de toute notre histoire ! ( Les images valent mille mots, voyez vous-même : http://tvanouvelles.ca/lcn/infos/regional/montreal/archives/2012/03/20120322-131252.html )
Ces courageux étudiants portent non seulement leur flambeau, mais le flambeau d’une grande partie de la population qui n’a pas leur jeune énergie, mais qui les appuie de tout cœur.
Ce mouvement étudiant n’est pas un "petit" mouvement ridicule qui tient en otage toute la population. C’est plutôt le régime Charest qui tient en otage toute la population du Québec.
Ce régime Charest, autoritaire et corrompu. http://www.vigile.net/-Charest-dilapidation-dissimulation-
Il est dénoncé depuis déjà des années.
Parfois avec sérieux : « Amir Khadir accuse Charest de faire la guerre aux étudiants plutôt qu’à la corruption » http://www.lapresse.ca/actualites/quebec-canada/politique-quebecoise/201204/16/01-4515954-khadir-accuse-charest-de-faire-la-guerre-aux-etudiants-plutot-qua-la-corruption.php
Parfois de façon sarcastique : http://www.youtube.com/watch?v=z_V7K_Bd978
De notre « Infoman » : http://www.youtube.com/watch?v=HJKmLkx97QY&feature=related
Il y a deux mois déjà on pouvait dire : « Tenir ! C’est là que tout se joue ! » http://www.vigile.net/Il-faut-manifester-a-leur-cote. Le 29 mars dernier, on constatait que partout les autorités ne bronchent pas tellement. On constatait qu’ils réagissent parfois un peu, mais toujours de façon uniquement « cosmétique » Comme notre régime Charest qui a déclaré : « Nous sommes prêts à augmenter les « prêts » et "bourses" !!!
C’est ce que l’on peut appeler du « cosmétique ».
On refuse de considérer une moindre hausse des frais de scolarité et on favorise l’endettement étudiant.
Nos courageux et imaginatifs étudiants manifestent depuis des semaines ( http://www.tagtele.com/videos/voir/84278 ) Malheureusement, on les laisse "gueuler" et on ne bouge pas ! C’est l’une des plus efficaces méthodes de nos gouvernements "démocratiques" pour faire un doigt d’honneur à la population qui conteste leurs politiques antisociales : laisser gueuler jusqu’à l’épuisement.
Coluche disait : La dictature, c’est "Ferme ta gueule".La démocratie, c’est "Cause toujours". Eh ! Que ce lucide avait raison ! C’est exactement cela.
Vous pouvez toujours gueuler vous n’avez pratiquement aucun pouvoir. Aucun pouvoir. Le 29 mars on pouvait dire : « Nous n’avons pratiquement aucun pouvoir. » Aujourd’hui, avec la nouvelle loi du régime Charest, le peu de pouvoir que les citoyens québécois avaient vient de disparaître.
Le régime Charest a le pouvoir de la matraque et celui des chevaux qui piétinent les manifestants. Il a le pouvoir des polices en armures capables de vous enlever la vue (deux jeunes ont perdu un œil [1] ) et même capables de vous tuer par négligence.
L’arme des discours
Les régimes fascistes modernes utilisent non seulement les méthodes traditionnelles comme la police et leurs lois sur mesures pour imposer leurs politiques, mais les fascistes ont aussi appris à discourir.
La démagogie, cette technique qui consiste à utiliser les préjugés et les sentiments inoculés dans la population pour discourir habilement en flattant ces points afin d’obtenir l’assentiment de la population ainsi subjuguée.
Il n’y a qu’à écouter les Bachand, Courchesne, Charest et Cie qui nous disent que la neige est noire avec une assurance déconcertante.
On nous dit que la violence est étudiante (la neige est noire !), alors que la violence est policière.
On nous dit que les étudiants en grève sont une "minorité" alors que jamais la solidarité étudiante ne nous a montré une telle solidité et une telle popularité.
On nous dit que les étudiants ne veulent pas bouger de leur position alors que c’est le régime Charest qui ne bronche absolument pas.
On nous dit bien des choses qui sont totalement l’inverse de la réalité (la neige est noire !). Une des techniques des fascistes modernes est la capacité de dire avec assurance et "sincérité" d’odieux mensonges (la neige est noire !).
Comme ce ministre Bachand qui nous dit : « C’est une journée pour la liberté aujourd’hui » ( jour de l’adoption de la loi fasciste 78 ) http://www.radio-canada.ca/audio-video/pop.shtml#urlMedia=http://www.radio-canada.ca/Medianet/2012/CBFT/Telejournal201205182200.asx
( La neige est noire et la glace est chaude, il suffit de l’affirmer avec sincérité ! )
Les fascistes modernes savent pertinemment que je journalisme d’aujourd’hui s’attarde aux mots plutôt qu’aux faits véritables et vérifiables. Ainsi, ils peuvent allègrement aiguiller l’opinion publique par des mots livrés avec "sincérité".
Comme le notait William Blum sur LGS http://www.legrandsoir.info/ce-qu-il-vous-faut-c-est-la-sincerite-et-si-vous-arrivez-a-simuler-la-sincerite-vous-avez-gagne-vieux-dicton-hollywoodien.html
Le pionnier de cette technique : Ronald Reagan : «  Il y a quelques mois, j’ai dit au peuple américain que nous n’échangions pas des armes contre des otages (Irangate). Mon cœur me dit que c’est encore vrai, mais les faits indiquent le contraire. » http://www.highbeam.com/doc/1P2-1309515.html
"A few months ago I told the American people that I did not trade arms for hostages. My heart and my best intentions still tell me that is true, but the facts and evidence tell me it is not." Reagan, 1987 http://killinghope.org/bblum6/aer105.html#link-1
Le mensonge devient vrai (sic) malgré que les faits indiquent totalement le contraire.
Serge Charbonneau
Québec
P.S. : En moins de 16 heures, plus de 140 000 personnes ont signé une pétition d’appui à la requête en nullité du Projet de loi spécial 78
URL de cet article 16726
http://www.legrandsoir.info/le-quebec-adopte-un-projet-de-loi-fasciste.html

vendredi 18 mai 2012

Québec : Depuis plus de trois mois, les étudiants sont très massivement en grève...La lutte des étudiants contre l’emprise du capitalisme financier sur l’enseignement reste en tout cas aujourd’hui l’un des signes les plus encourageants....

La formidable grève des étudiants québécois

Depuis plus de trois mois,  les étudiants du Québec sont très massivement en grève contre le projet gouvernemental de hausse des droits d’inscription à l’université. Des manifestations considérables ont déstabilisé le gouvernement libéral, entraînant la démission de la ministre de l’éducation, Line Beauchamp. Le premier ministre Jean Charest ne trouve rien de mieux à faire en ce 17 mai que de faire passer une « loi spéciale » visant à rendre illégale la grève et à criminaliser les étudiants en lutte.
 
La détermination dont ont fait preuve les étudiants, la durée de leur action, l’unité de leurs associations jusqu’à ces derniers jours face aux manœuvres du pouvoir et à la violence de la police sont en tout point remarquables. Cela ne doit pas faire oublier le contenu de leurs revendications et le sens de leur lutte. Les étudiants québécois sont vent debout contre l’alignement de la Belle Province sur la norme néolibérale mondiale en matière d’enseignement supérieur, dont l’une des caractéristiques est l’augmentation de la part du financement privé des dépenses universitaires. La décision du gouvernement Charest d’augmenter de 75 % les frais d’inscription ne sont, au dire même des responsables politiques, qu’une mesure de rattrapage par rapport à la norme établie en Amérique du Nord. Or, ce modèle défendu dans les hauts lieux de la pensée dominante, depuis l’OCDE jusqu’à la Commission européenne, commence à prendre l’eau. Cette décision survient en effet à un moment où, dans le monde entier, les révoltes contre le modèle néolibéral d’enseignement supérieur se multiplient. Que l’on songe à la grève des étudiants anglais à l’hiver 2010 ou à celle des étudiants chiliens au printemps et en été 2011.
Ces luttes ont pour trait ne pas rester confinées au seul monde de l’enseignement. L’alourdissement des charges pesant sur les familles et les étudiants vient frapper les couches sociales les moins favorisées mais aussi une masse croissance de membres des classes moyennes en voie d’appauvrissement. La situation est particulièrement dramatique en Europe. Les pays les plus frappés par les conséquences de la crise financière sur les budgets publics, de l’Irlande à la Grèce en passant par l’Italie et l’Espagne, ont tous eu recours à l’augmentation des frais d’inscription qui encourage mécaniquement l’endettement privé. Et ceci à un moment où les tensions sociales en Europe se font sentir de plus en plus fortement du fait des politiques d’austérité qui aggravent les conditions de vie et détruisent l’emploi. Les luttes étudiantes contiennent donc un potentiel de contestation de l’ordre néolibéral très puissant, capable d’entraîner de larges couches de la population et de s’élargir à toutes les conséquences  des politiques néolibérales, comme on l’a vu au Chili ces derniers mois. 
Il ne faut pas non plus oublier que le mouvement des Indignés et d’Occupy Wall Street  s’inscrit explicitement contre ce modèle de financement privé de l’enseignement supérieur. Le cas des Etats-Unis commence à être mieux connu. Dans un article remarquable, intitulé « Endettement étudiant : une bombe à retardement aux Etats-Unis »,   le quotidien Le devoir faisait le 14 mai dernier le point sur la dette des étudiants américains. Elle a quintuplé en douze ans pour atteindre mille milliards de dollars, soit une dette moyenne par étudiants de 25 000 $. Cet article n’hésitait pas à écrire : « On commence à parler d’une bulle comparable à celle des subprimes, ces prêts hypothécaires à risque, dont l’éclatement avait plongé les États-Unis et le monde dans une grave récession en 2008. Plus du tiers des dettes d’étudiants sont « titrisées », c’est-à-dire regroupées puis cédées à des investisseurs sous forme de produits dérivés. Il y a pour 400 milliards de dollars de SLABS en circulation chez nos voisins du Sud : il s’agit de papiers commerciaux appuyés sur des actifs (PCAA), en l’occurrence des prêts étudiants. »

On comprend que le président américain Obama commence à s’inquiéter de cette nouvelle « bombe » qui menace le système bancaire. L’aveuglement de tous ces gouvernements qui veulent suivre la même voie est sans doute plus étonnant. Mais comment oublier le matraquage des formules dogmatiques qui répètent depuis des années que l’université dans un contexte concurrentiel doit impérativement avoir recours aux portefeuilles des familles et des étudiants plutôt qu’aux financements publics  ? N’est-ce pas le modèle que les think tanks néolibéraux  veulent toujours mettre en place en France, non sans l’appui de certains idéologues de Terra nova ?

La lutte des étudiants contre l’emprise du capitalisme financier sur l’enseignement reste en tout cas aujourd’hui l’un des signes les plus encourageants qu’une autre politique est possible qui consisterait à faire contribuer fiscalement ceux qui profitent le plus sur le plan économique du haut niveau des connaissances de la population sans vouloir en financer les conditions.
 
On pourra lire sur la question québécoise le livre de deux enseignants canadiens Éric Martin et Maxime Ouellet, Université inc., Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir, Lux, 2011.
 
Christian Laval
Blog Mediapart

mercredi 16 mai 2012

Bahreïn (VIDEO) : Le Pays Interdit - Une population opprimée dans l'indifférence

Depuis un an, une insurrection démocratique remplit chaque jour les rues d’un pays où personne ne va, Bahreïn, le pays oublié du printemps arabe. Cette île, petite monarchie du Golfe Persique de 600 000 habitants, est fermée aux journalistes.
Pour le reste du monde, Bahreïn est un pays riche, moderne, en plein essor. En réalité, la monarchie sunnite du roi Al Khalifa est une dictature pratiquant la torture, les arrestations arbitraires, la discrimination à l'égard d'une population chiite à plus de 75%. L’élite est sunnite.


Bahreïn est avant tout un satellite de l’Arabie Saoudite et un allié occidental. Au printemps 2011, lors du début du soulèvement, l’armée saoudienne a envoyé ses chars à Bahreïn pour rétablir l’ordre.

Depuis maintenant un an, chaque jour, des femmes et des hommes de toutes les générations défient le pouvoir de Manama pour demander plus de démocratie. Une population opprimée dans l'indifférence.

samedi 12 mai 2012

France : Ôter toute illusion sur le nouveau Président socialiste.

La lutte est la seule issue  
Nous ne regretterons pas l’éviction de Sarkozy et son équipe : ils portent la lourde responsabilité d’avoir fait de la France le plus agressif des pays impérialistes occidentaux, d’avoir été les plus fermes soutiens de l’Europe des banquiers et des spéculateurs, du chômage, de l’austérité et de la régression sociale, les complices de la destruction des industries françaises en favorisant les délocalisations, et ils ont cultivé depuis cinq ans la xénophobie et les idées fascisantes.
Mais notre devoir de militants lucides est d’ôter toute illusion sur le nouveau Président socialiste et ses soutiens, notamment dans le domaine international. Même s’ils ont été prudents sur le sujet, nous savons que François Hollande et le Parti socialiste non seulement sont fermement attachés aux règles du grand marché mondial capitaliste, mais qu’ils ont soutenu depuis cinq ans toute les guerres impérialistes menées par la France (en Afghanistan, en Libye), qu’ils ont affirmé leur attachement à l’OTAN et à la politique belliciste israélienne, à l’Europe supranationale et ses diktats d’austérité budgétaire, à l’OMC et à la « libre circulation » des capitaux. Nous ne devons rien espérer de positif des nouvelles autorités politiques françaises, sauf si le peuple français les y contraint.
Notre objectif dans la période qui vient, y compris dans la campagne électorale qui continue, doit être de convaincre les Français encore majoritairement sous l’emprise de la propagande « européenne ». Il n’y aura pas de progrès sociaux en France sans une politique totalement nouvelle sur le plan international :
1) La sortie de l’OTAN et la fin des ingérences militaires et économiques en Afrique, Syrie, Iran, etc.
2) La dénonciation des traités européens et la restauration de la souveraineté nationale et populaire en matière monétaire, économique, douanière.
3) L’appropriation par les nationalisations des grands moyens de production et d’échange (banques, eau, énergie, services publics) aujourd’hui livrés aux financiers et spéculateurs.
Cela seul permettra de stopper la désindustrialisation et de lutter contre le chômage et l’inégalité sociale. Un mouvement populaire fort sur ces objectifs peut l’imposer quel que soit le gouvernement. Il nous reste à le créer, sur la base d’un rassemblement de toutes les sensibilités politiques et syndicales attachées à ces orientations.
Paris, le 12 mai 2012
Communiqué du Collectif Communiste Polex  
Source : Alger Républicain

SYRIE - Gregorios III : « une dictature de la presse sur la crise syrienne »« Il n’y a plus de Révolution, il n’y a plus de manifestations. Il y a seulement du banditisme et le monde entier refuse de le reconnaître ». ....

Ces paroles ne sont pas celles du président syrien Bachar el-Assad, ni celles d’un de ses ministres, ou celles d’un membre d’un quelconque gouvernement arabe soutien du régime, mais celles du patriarche de l’Église grecque-catholique melkite, dont la résidence est à Damas.
Le prélat n’a pas fait usage de termes vagues pour décrire l’actuel état de crise dans lequel se trouve plongé la Syrie : « des éléments étrangers sont entrés dans le pays et ont même commencé à frapper les chrétiens, qui ont dû quitter Homs étant donné la dangerosité de la situation », a expliqué le patriarche qui n’a pas caché une certaine insatisfaction vis-à-vis de la situation jugée trop souple du Vatican à son égard. Grégoire III s’en est pris ensuite à la presse européenne avec laquelle il a eu affaire lors de récentes visites sur le Vieux Continent pour raconter ce qui était justement en train de se passer en Syrie. «  Je n’excuse pas le régime comme j’ai pu l’entendre en France, mais je soutiens une réalité. Les journaux sont stéréotypés, ont des sources uniques et ne sont prêts à écouter personne, pas même moi », a avancé le prélat qui n’ pas hésité à parler d’une vraie « dictature de la presse au service des États-Unis ». Le patriarche a même raconté une anecdote arrivée au neveu d’un évêque travaillant à Dubaï (Émirats arabes unis), qui, alors qu’il se rendait un jour à son travail, a entendu derrière lui un homme annoncer au téléphone qu’il se trouvait à Homs, pendant que les troupes gouvernementales faisaient l’assaut de la ville, en tuant femmes et enfants.
«  On a parlé de complot, mais c’est bien plus grave que cela : il y a une volonté internationale de nuire à la Syrie », a encore affirmé Grégoire III tout en se demandant comment certains États pouvaient changer en peu de mois « le régime qui a tant fait pour sa population », alors que ces mêmes Etats ne réussissent pas à mettre fin au conflit israélo-palestinien. « Aucune sanction n’a été approuvée contre les colonies israéliennes, a-t-il ajouté, alors qu’elles sont illégales. Tout le monde en est persuadé mais personne ne fait rien ».
Enfin, répondant à une question des journalistes relative aux actions de l’armée syrienne vis-à-vis de la population, le patriarche n’a pas hésité à affirmer que l’intervention des forces armées a été « tardive et trop légère » pour espérer mettre fin aux violences des bandes rebelles.
Un témoignage important sur la situation réelle de la Syrie qui tranche singulièrement avec ce qu’on peut trouver dans les principaux media, lesquels ne se préoccupent décidément pas d’informations claires et objectives.
Capitaine Martin
Résistance http://www.resistance-politique.fr/article-gregorios-iii-une...
URL de cet article 16647 http://www.legrandsoir.info/gregorios-iii-une-dictature-de-la-presse-sur-la-crise-syrienne.html

lundi 7 mai 2012

France : La prophétie des charognards « La France de sarkozy est morte ! » et bien morte…

Ça y est, on peut !
Ça y est, cette fois-ci on y est vraiment ! Fini les anticipations, les spéculations fracassantes, les révélations racoleuses soi-disant prémonitoires, car trop souvent manipulées, déformées, voire complètement orientées (certaines informations étaient carrément des leurres, d’autres plus insidieuses de grossières manips de la veine du « bon docteur Coué » ; auto-persuasions grossières, révélations auto-réalisatrices, etc. Tout cet attirail médiatico-sémantique, pour mieux vous éclairer et surtout vous aveugler !)
Le clan sarkozy est mort… mais l’immonde bête métastase à tout va et propage ses ramifications en profondeur dans nos chairs, et ressurgiront le moment venu !
La défaite de sarkozy, c’est la défaite d’un clan maffieux… c’est surtout la défaite d’un système particulièrement infâme. Les nombreux cadavres (témoins muets comme ils les aiment…), jonchent le quinquennat. L’autocrate caractériel, a garni (comme jamais sous la Ve république) les allées du pouvoir d’une montagne de macchabées en décomposition. Cette infernale orgie n’aura servi à rien, car l’espoir de fuir la réalité était vain et le rattrapa toujours...
Il devra cracher et payer le prix fort !
Fuite inutile puisqu’irréfléchie voire totalement absurde ; comment croire une seule seconde (malgré les cadavres, les menaces les intimidations et l’achat des consciences de témoins gênants) qu’il puisse encore échapper à ses turpitudes ? La réalité elle-est devenue à ce point incontournable ? Dans la balance il y a trop d’intérêts contradictoires en jeu, la pression de d’argent sera bien trop forte (des montagnes de valises de fric), et malgré la foultitude de précautions, la réalité comme par enchantement (réapparaîtra toujours les alliés deviendront beaucoup trop encombrants), pas toute la vérité évidemment, mais une bonne partie, et il y en aura assez pour le faire plonger… ! Quoi qu’il dise et quoi qu’il fasse… elle lui collera ad aeternam à la peau ! Le prix à payer sera évidemment proportionnel à toute l’énergie dépensée pour lui échapper (pour échapper au châtiment), lourd, très lourd et de plus en plus lourd… Bien sûr dans l’immédiat il aura perdu toute crédibilité politique (et par la même, le poste suprême qu’il occupa par la ruse et à coup de mensonges insultants). D’ailleurs, comme je l’écrivais précédemment, personne (je dis bien personne) ne peut échapper (et n’échappera) au passage obligé de cracher au bassinet ! Car personne ne peut (quel que soit votre rang ou votre statut) passer à votre place à la caisse !, c’est un passage obligé, il lui faudra banquer… et rubis sur ongle même ! Et dans son cas, le paiera au prix fort !
L’anguille Chirac (Pas vu, pas pris !) s’en est pas trop mal tiré, mais le sortant (et sorti !) n’aura pas le même fion, il aura bien du mal à s’en tirer aussi bien que l’escroc (et de toutes manières ça lui coûtera un maximum !)
Son prédécesseur s’en est sorti sans trop de dégâts, il se porte bien et ce la coule douce chez ses riches amis, merci pour lui ! (malgré les deux ans et demi de taule avec sursis dont il a écopé, agrémenté d’une grosse pénalité (bof, bof), sans doute pas assez élevée au regard de ce qui lui était reproché, et ce, malgré les rodomontades de madame sa femme, la Chaudron de Courcelles, qui avait décrété que son mari n’était pas un citoyen comme les autres et qu’en conséquence il n’avait pas à être jugé… La bonne blague !)
On devrait élever le débat…, en respect de la fonction ! (Le roi républicain serait au-dessus de nos lois !) Cassez-vous pov’cons… !
En se faisant jeter comme un malpropre, hors des lambris dorés de notre République française, il n’aura payer en somme, qu’une infime partie de sa dette envers le peuple de France. Notre peuple a té gravement insulté, méprisé, voué aux gémonies sarkozystes (sa femme trouvait même que les français sont des cons…), quand le matamore se vantait (au sein de petits cercles privés et auprès d’amis chers, si chers pour notre pauvre pays, la France !) de le faire plier, lui faire mettre genoux à terre pour mieux l’humilier… Le peuple français réclame la totalité, l’entièreté, de ce qu’il lui a pris (de tout, absolument tout ce qu’il a détourné au profit d’un petit groupe de privilégiés), il faudra qu’il crache au bassinet, et jusqu’au dernier centime encore !. Le prix de ses exactions, de ses turpitudes, son mépris, sa haine du peuple français (et du peuple en général), son ostentatoire grossièreté, ses minables insultes, sa haine et ses crises de colères, ses intransigeances, sa partialité et ses partis pris, confortablement retranché derrière une confortable immunité, un sur mesure pour lui et son prédécesseur (sortie tout droit d’une interprétation avantageuse (pour lui et son prédécesseur) de notre Constitution, par quelques courtisans aux ordres)
Vengeance, vengeance, vengeance ! Nous n’oublions jamais rien !…
Portez-vous bien, au revoir et à bientôt sans doute ? sergio
PS : je prédisais que cette élection serait un 21 avril à l’envers, et que ce "duel" opposerait Hollande à Marine Le pen… sarkozy ayant épousé les thèses et l’idéologies du FN (via les fachos Buisson et Longuet, les racistes multirécidivistes Guéant et Hortefeux, les fachos honteux du groupuscule de la Droite populaire), il s’agissait bien de cela, un duel entre Hollande et Sarkopen (comme l’écrivait la presse outre-atlantique), ce qui n’empêchera évidemment pas l’ump d’imploser, les encore (?) démocrates-républicains s’émanciperons-t-ils du carcan haineux et nauséabond umpiste ? Mystère…
sergio
URL de cet article 16624 http://www.legrandsoir.info/la-prophetie-des-charognards.html

dimanche 6 mai 2012

Égypte : quelle réforme économique derrière le prêt du FMI ?......« les politiques économiques et financières qui ont été imposées suite à ces prêts ont abouti à la réduction des dépenses publiques sur les services de la santé, les services éducatifs et ont accru le fossé entre les riches et les pauvres ».


Le 10 avril dernier, l’équipe du Fonds monétaire internationale (FMI) terminait une mission d’un mois en Egypte pour discuter du programme de réforme économique du pays. Ce programme de réforme, une fois finalisé, permettrait à l’Egypte de bénéficier d’un prêt de 3,2 milliards de dollars du FMI pour le mois de mai.

La Campagne populaire pour l’audit et l’annulation de la dette de l’Égypte , une organisation composée d’académiques et d’associations de la société civile, a réagi dans les jours qui ont suivi pour demander plus de transparence dans les négociations relatives à ce prêt et au programme de réforme économique égyptien. A ce titre, Elle a écrit une lettre à la directrice du FMI.

19 avril 2012
Chère Christine Lagarde,
La Campagne populaire pour l’annulation de la dette égyptienne vous écrit pour attirer votre attention sur la manière dans le prêt du FMI est négocié.
Le gouvernement égyptien continue malheureusement à gérer les prêts accordés par les institutions financières de la même manière qu’avant la révolution. Le gouvernement continue à dissimuler les détails de la réforme économique associé à ce prêt. Cette attitude reflète que :
1. Le gouvernement n’a pas diffusé le programme de réforme économique aux médias à aucun stage de la préparation. Les détails du draft initial du programme de réforme n’était pas connu jusqu’au moment où la Campagne a divulgué le document au public.
2. Au moment où nous vous rédigeons ce courrier, le Parlement égyptien et le Ministère des finances refuse de révéler les détails du programme de réforme économique après qu’il ait été amendé.
3. Le programme de réforme économique du gouvernement n’a été l’objet d’aucun débat public.
4. Le programme de réforme économique n’a jamais été discuté à aucune session publique du parlement jusqu’à aujourd’hui. Ces discussions ont eu lieu derrière des portes fermées, entre les membres du parlement de la commission chargée de la planification et du budget et les représentants du gouvernement et du FMI.
5. La commission parlementaire chargée de la planification et du budget avait au départ refusé le programme de réforme économique. Elle a ensuite changé ses positions et a annoncé à la presse son accord sur ce programme sans aucune explication sur son changement de position.
Ces pratiques sont en contradiction avec les principes de transparence et de responsabilité du FMI et du gouvernement égyptien. Les Égyptiens porteront les obligations de ce prêt pendant les années à venir. Les Égyptiens doivent donc activement participer à leur formulation. Pour cela, la Campagne populaire pour l’annulation de la dette égyptienne demande au FMI de :
- Divulguer les détails du programme de réforme économique et des précédentes versions de ce programme afin que le FMI ne soit pas complice de la mise à l’écart des Égyptiens de ce programme.
- Cesser les négociations associés à ce prêt car le gouvernement engagé dans ces négociations n’est pas légitime et que les acteurs clés de ces négociations appartiennent à l’ancien régime considéré comme corrompu et dictatorial. Les Égyptiens continuent à se battre pour changer l’ancien régime afin d’établir une société et une économie basée sur la transparence, la responsabilité, la participation des citoyens dans les décisions qui influencent leurs vies. Les Égyptiens se battent pour une société et une économie qui répondent au besoin de la majorité des Égyptiens et qui répartissent les coûts en fonction des capacités financières de chaque Égyptien.
- Pour finir, la Campagne croit que la constante confidentialité autour des détails des négociations avec le FMI risque de faire du prêt proposé « une dette odieuse ».
En attendant une réponse positive de votre part, veuillez agréer, Madame Lagarde, nos sincères salutations,
La Campagne populaire pour l’annulation de la dette égyptienne
Egyptiandebtaudit@gmail.com
La Campagne se bat pour une annulation de la dette « odieuse » contractée par le régime d’Hosni Moubarak mais aussi pour une plus grande transparence dans les décisions économiques prises par les autorités égyptiennes. Selon Amr Adly, membre de l’organisation, « les politiques économiques et financières qui ont été imposées suite à ces prêts ont abouti à la réduction des dépenses publiques sur les services de la santé, les services éducatifs et ont accru le fossé entre les riches et les pauvres ».
 Popular Campaign to Drop Egypt’s Debt

samedi 5 mai 2012

Appel à l'action en soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim : "Leur sort est entre nos mains"

Khader Adnan remercie toutes les personnes qui ont soutenu sa grève de la faim et appelle à la solidarité avec les prisonniers palestiniens en grève de la faim.
Au nom d'Allah, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux
Louange à Allah et que la paix et les bénédictions soient sur le Messager d'Allah
Chers peuples libres du monde.
Chers opprimés et privés de leurs droits dans le monde.
Chers amis de notre peuple, qui vous êtes tenus à mes côtés avec une conviction inébranlable en la liberté et la dignité pour mon peuple et pour nos prisonniers qui  languissent dans les prisons de l'occupation.
Chers femmes et hommes libres, jeunes et vieux, gens ordinaires et élites intellectuelles  de partout - je m'adresse à vous aujourd'hui avec un élan d'espoir et de douleur pour chaque Palestinien qui souffre de l'occupation de sa terre, pour chacun d'entre nous qui a été tué, blessé ou emprisonné par l'Etat terroriste qui nie tout ce qui est beau dans nos vies, même le sourire de nos enfants et de nos familles. Je vous adresse ma première lettre après ma libération - en priant qu'elle ne soit pas la dernière - après qu'Allah m'ait accordé la liberté, la fierté et la dignité. J'ai été un "détenu administratif" dans les geôles de l'occupation pendant quatre mois, sur lesquels j'ai passé 66 jours en grève de la faim.
J'ai été conduit à me déclarer en grève de la faim illimitée à cause du harcèlement quotidien et des violations des droits de mon peuple par l'occupation sioniste israélienne. Pour moi, la goutte d'eau qui a fait déborder le vase furent les arrestations, la brutalité du raid nocturne à mon domicile, la violence de ma détention, pendant laquelle j'ai été emmené à la colonie "Mavo Dotan", sur notre terre occupée en 1967, et les coups et les humiliations que j'ai subis pendant l'interrogatoire qui a suivi mon arrestation, la manière dont j'ai été traité pendant l'interrogatoire au centre de détention Jalameh, avec les pires et les plus basses insultes verbales du dictionnaire. Après l'interrogatoire, j'ai été condamné à l'emprisonnement sous détention administrative, sans charges, ce qui prouve que mon arrestation et celles des autres ne servent qu'à maintenir un quota de prisonniers, à les harceler, à les priver de liberté et à saper notre détermination, notre fierté et notre dignité.
J'écris aujourd'hui pour remercier tous ceux qui sont restés debout en soutien à mon peuple, à nos prisonniers, à Hana al-Shalabi et à moi-même. J'en appelle à vous pour soutenir la justice, la fierté et la dignité en face de l'occupation. Les attaques contre la liberté et la dignité du peuple palestinien sont des attaques contre les gens libres du monde par une occupation criminelle qui menace la sécurité, la liberté et la dignité de tous, peu importe où.
Merci de continuer à dénoncer cette occupation, à la boycotter et à l'isoler internationalement. Montrez son véritable visage, celui qui a été clairement exposé lors de l'agression contre notre compagnon danois par un officier israélien. Contrairement à cette attaque, les assassinats de notre peuple sont des crimes dont on ne parle pas et que les caméras ne filment pas. Nos prisonniers meurent en silence. Des centaines de défenseurs de la liberté sont en grève de la faim dans les prisons, dont les huit chevaliers, Bilal Diab et Thaer Hlahalh, maintenant au 61ème jour de grève de la faim, Hassan Safadi, Omar Abu Shalal, Mahmoud Sarsak, Mahmoud Sarsal, Mohammad Taj, Jaafar Azzedine (qui n'a été arrêté que parce qu'il a exprimé sa solidarité à mon égard) et Ahmad haj Ali. Leurs vies sont maintenant en grand danger.
Nous sommes tous responsables et nous perdrons tous si quoique ce soit leur arrive. Agissons tout de suite, faisons pression sur l'occupation pour leur libération immédiate, ou leurs enfants pourraient ne jamais nous pardonner.
Que tous ces personnes libres et révolutionnaires joignent leurs mains contre l'oppression de l'occupation, descendent dans les rues - devant les prisons de l'occupation, devant ses ambassades et devant toutes les autres institutions qui la soutiennent dans le monde entier.
Avec notre profonde reconnaissance,
Khader Adnan