mercredi 31 août 2011

La Che Guevara sexy qui fait trembler le Chili

30 août 2011
Contestation estudiantine
Une jeune diplômée en géographie de 23 ans est devenue le visage de la contestation estudiantine qui secoue le Chili depuis plus de trois mois. Son nom: Camila Vallejo.

La Confédération des étudiants du Chili doit rencontrer, mardi 30 août, Sebastian Pinera, le président du pays, pour discuter du conflit sur l'éducation qui dure depuis plus de trois mois. Cette rencontre est le fruit d'une longue lutte de jeunes emmenés notamment par la jolie Camila Vallejo.
À 23 ans, cette diplômée universitaire en géographie est la présidente de l'un des principaux syndicats étudiants chiliens, la Federación de Estudiantes de la Universidad de Chile. Dotée d'un charisme indéniable et bonne oratrice, cette Chilienne d'obédience communiste veut faire bouger les choses: «Il est temps de changer de système politique, de système économique, afin de parvenir à une redistribution plus juste du pouvoir et des richesses. Ce modèle de développement a uniquement servi à enrichir énormément une poignée de personnes», a-t-elle déclaré, la semaine dernière.
«L'Angelina Jolie de Santiago»
Depuis quelques semaines, sa figure a pris beaucoup d'importance au niveau de la scène nationale. Elle est très présente dans les médias locaux et séduit tant par son discours que par son physique. De nombreux fans lui consacrent des vidéos ou des chansons sur Youtube.
«Certains la surnomment «l'Angelina Jolie de Santiago»; d'autres la comparent à Che Guevara. Avec son joli minois et son éloquence dure mais posée, Camila Vallejo s'est imposée comme le symbole du mouvement de contestation qui secoue actuellement le pays», analyse le site LCI.fr. «Rapidement, sa beauté naturelle, son petit piercing à la narine, et ses talents d'oratrice ont totalement effacé les autres membres de la fédération», relève, pour sa part, Le Nouvel Observateur.

«Si on tue la chienne, on se débarrasse de la portée»
Sa médiatisation et son charisme en excèdent certains. Récemment, la Cour suprême du Chili a décidé de mesures de protection policière pour Camila Vallejo et pour sa famille. Celle-ci avait en effet fait l'objet de diverses menaces via les réseaux sociaux. Certaines de ces menaces proviennent d'une responsable du ministère de la Culture, en personne.
Tatiana Acuña, secrétaire exécutive du Conseil pour le livre, avait écrit à son propos sur son compte Twitter: «Si on tue la chienne, on se débarrasse de la portée». Cette phrase de sinistre mémoire avait été prononcée par le général Augusto Pinochet, le 11 septembre 1973, jour du coup d'État contre le président Salvador Allende, évoquant ce dernier et ses partisans. La fonctionnaire a présenté des excuses par le même biais, mais a été démise de ses fonctions.
(L'essentiel Online/cgo)

Camila Vallejo : A la tête de la révolte en cours au Chili, Camila Vallejo est perçue par de nombreux chiliens comme la digne héritière de Che Guevara.
Camila Vallejo est une jeune femme de 23 ans qui s’est imposée depuis plusieurs mois à la tête du syndicat étudiant qui mène la révolte au Chili. Charismatique, déterminée, bonne oratrice et accessoirement photogénique, la nouvelle Che Guevara soulève les foules au point d’inquiéter les autorités.
Cette  jolie chilienne ne lésine pas sur les références communistes pour raviver la flamme révolutionnaire de ses compatriotes. A ce titre, Camila Vallejo n’est pas sans rappeler un certain Ernesto Guevara et ses idées révolutionnaires.
Camila Vallejo est plus qu’une porte-parole, elle est en passe de devenir une icône révolutionnaire, plébiscitée par les indignés et les médias sociaux. Elle incarne les revendications de la jeunesse chilienne et plus globalement de l’ensemble de la population.
La « Federacion de Estudiantes de la Universidad de Chile«  exige un enseignement public de qualité alors que le Chili est paralysé par des grèvistes qui réclament la redistribution équitables des fruits de la croissance. Travail, éducation, impôts, les sujets de revendication s’assemblent dans une seule et même contestation.
Mais Camila Vallejo n’est pas le Che angélique que l’on fantasme sur des t-shirts à 20 euros. En bonne révolutionnaire, Camilla Vallejo attise le feu de la révolte des « encapuchados » qui sévissent lors des manifestations. Les violences se répètent partout dans le pays allongeant la liste des dégâts mais aussi des blessés. Un jeune homme a même perdu la vie lors d’une manifestation.

Des traits similaires, la tignasse rebelle, le même regard déterminé.
Alors Camila Vallejo, fille spirituelle de Che Guevara ? Le Che s'est-il réincarné ? D’autres observateurs lui trouve d’autres qualités, sans doute moins dangereuses et l’ont simplement surnommée l’ « Angelina Jolie de Santiago »

Les figures qui montent ne s'illustrent pas que dans le domaine de la télé-réalité. A l'autre bout du monde, au Chili, dans un pays mué par des soulèvements de la population, la figure de proue du principal syndicat estudiantin fait tourner les têtes, ont notamment remarqué Le Nouvel Observateur et L'Essentiel.

La Révolution Arabe : Bahreïn, Oman, Yémen, Jordanie... Le point sur les mouvements de contestation

Mardi 30 Aout 2011

Notre attention tournée vers la Libye, l’Égypte ou la Tunisie, il est important de noter que les mouvements de contestation arabes sont contagieux dans toute la région. Tour d’horizon de l’état des mouvements populaires dans les pays environnants.
Lorsque les révolutions ont éclaté, la plupart des monarchies du Golfe ont pu acheter provisoirement la paix sociale grâce à la richesse qu’elles tirent du pétrole. Mais cette possibilité n’existait pas à Barheïn où les ressources en hydrocarbures s’épuisent. Pendant quatre semaines, la place de la Perle au cœur de la capitale est devenue le centre de la contestation qui a donné lieu à une répression sans merci. À Oman, des mouvements sociaux et démocratiques ont éclaté dès le 17 janvier et, en mars, les travailleurs du pétrole ont déclenché une grève.
L’armée a investi la ville de Sohar interrompant très provisoirement le mouvement. La Jordanie a connu plusieurs mois de manifestations qui ont débouché sur un changement de Premier ministre et des réformes. Ce qui n’a pas empêché une manifestation massive le 15 juillet. Au Yémen, pays pauvre de la région et principalement agricole, le mouvement a commencé dès le 16 janvier et, le 27, des dizaines de milliers de manifestants demandaient le départ du président Saleh au pouvoir depuis 33 ans. Le 16 juillet, les forces de l’opposition ont créé un Conseil de transition pour construire l’alternative à Saleh qui, blessé, s’est réfugié en Arabie saoudite mais annonce régulièrement son retour.
L’épicentre du mouvement de révolte dans la région du Golfe arabo- persique était situé dans l’État insulaire du Bahreïn. Les premières manifestations y ont commencé le 14 février 2011, trois jours après la démission forcée du président égyptien Hosni Moubarak.
Au moment des révoltes de masse dans d’autres pays arabes, les monarchies du Golfe ont pu déverser de très fortes sommes d’argent pour «  acheter  » temporairement la paix sociale, ces dépenses étant toutefois toujours accompagnées de mesures de répression. Ainsi le roi d’Arabie saoudite a-t-il augmenté, fin février et mi-mars 2011, les dépenses publiques de 67 milliards de dollars  ; en faveur de besoins sociaux par exemple le logement, mais aussi pour renforcer la police, l’armée et la «  police des mœurs  ».
L’émirat du Koweït a fait offrir, fin janvier 2011, une somme d’environ 3 500 dollars à titre de «  cadeau  » à chaque ménage koweïtien (à l’exclusion des habitants n’ayant pas la nationalité koweïtienne qui représentent 70 % de la population totale de ce pays riche en pétrole mais ne comptant qu’un million de sujets-citoyens). Pendant un an, les aliments de base ont été rendus gratuits pour ces mêmes ménages. Ce qui n’a pas empêché des milliers de jeunes Koweïtiens de manifester à plusieurs reprises, le 8 mars, puis fin mai et début juin 2011.
Barheïn, une terrible répression
Au Bahreïn, la situation est très différente. Ici, les ressources pétrolières sont déjà sur le point de se tarir. Par ailleurs, 70 % de la population appartiennent à la confession chiite, alors que la monarchie régnante (au pouvoir depuis 1783) est sunnite. Sur le plan social, des sunnites – originaires du Bahreïn ou encore d’autres pays de la région – sont systématiquement favorisés, notamment sur le plan de l’emploi.
Le clivage principal au sein de la société n’est ainsi pas de nature théologique, mais la différence d’appartenance religieuse débouche sur une discrimination sociale, matérielle. Des membres de la population chiite participaient aux protestations avec des sunnites progressistes (le parti Alliance démocratique nationale, notamment). La confédération des syndicats, la General Federation for Bahrain Trade Unions (GFBTU, dirigée par Salman Jaffar Al-Mahfoodh), soutenait également le mouvement de protestation, dont une partie demandait des «  réformes  » politiques et sociales alors qu’une autre allait jusqu’à mettre en question ouvertement la monarchie.
Après quatre semaines de manifestations et rassemblements incessants, dont le centre était la désormais célèbre place de la Perle de la capitale Manama, le pouvoir décide de mater la révolte par la répression. Le 14 mars, des troupes du Conseil de coopération du Golfe (réunissant six monarchies conservatrices et réactionnaires), surtout d’Arabie saoudite, entrent à Bahreïn sur demande du pouvoir royal.
Ce dernier décrète l’état d’urgence à partir du 15 mars, et fait évacuer la place de la Perle, le 16 mars. Le fameux monument d’une hauteur de cent mètres, au bout duquel se trouvait une boule représentant une perle, fut d’ailleurs détruit par des bulldozers, le 18 mars  : il fallait surtout ne laisser aucune trace de la rébellion de masse  ! Dans un pays qui compte 1, 2 million d’habitants (dont 650 000 de nationaux), les manifestations dans la capitale s’étiraient, quelques jours plus tôt, sur plus de trois kilomètres de long.
Depuis, c’est une répression terrible. 24 manifestants ont été tués pendant les mois de février et mars (dont vingt dans la rue, et quatre probablement sous la torture). 2 000 personnes ont été licenciées, après le 15 mars, pour avoir participé aux rassemblements de protestations. Le 19 mai dernier, neuf opposants ont été condamnés à vingt ans de prison, puis huit autres – le 22 juin – à la prison à vie. Des dizaines de médecins et infirmières ont été traduits en justice, pour avoir soigné des manifestants blessés et «  exagéré leurs blessures face aux médias internationaux  ».
Mais le 1er juin, le roi a officiellement levé l’état d’urgence, mesure qui fut tout de suite suivie de tentatives de manifester (vite étouffées). Le 2 juillet, la monarchie a ouvert un «  dialogue national  » auquel le plus grand parti d’opposition chiite (le Bloc Wefaq) a d’abord participé. Or, le 17 juillet, ce parti, revendiquant des réformes politiques, s’est retiré de ce pseudo-dialogue. L’avant-veille, plusieurs dizaines de milliers de partisans de l’opposition avait de nouveau manifesté à Manama.
Oman, grèves des pétroliers
Un autre pays du Golfe, le sultanat d’Oman (qui compte environ trois millions d’habitants), a connu de forts mouvements sociaux et démocratiques, à partir du 17 janvier 2011. Les mobilisations (grèves et sit-in) ont surtout concerné la fonction publique et les sociétés nationales. Elles ont été accompagnées de rassemblements et sit-ins de plusieurs centaines de chômeurs et d’intellectuels – manifestant pour l’emploi et pour les libertés d’expression et d’information et contre la corruption dans plusieurs villes – et, du 15 au 20 mars, la première grève de travailleurs du pétrole est déclenchée dans le Golfe pendant le «  printemps arabe  ».
L’armée a fini par investir la ville de Sohar, épicentre industriel de la contestation qui s’est provisoirement interrompue. À la suite de procès où des manifestants ont été condamnés à de lourdes peines d’emprisonnement, les manifestations pour exiger leur libération ont repris en juillet, vite réprimées.
Les concessions obtenues (salaire minimum mensuel porté de 364 à 520 dollars, instauration d’une allocation de chômage de 390 dollars mensuels, remaniement ministériel, annonce de la création de milliers d’emplois dans le public et le privé, distribution de terres constructibles aux foyers, annonce d’une féminisation relative de l’assemblée consultative qui serait dotée de pouvoirs législatifs et dont le renouvellement est prévu à l’automne, etc.) ne sont toutefois pas parvenues à endiguer la révolte des travailleurs du privé exigeant d’être traités à égalité avec ceux du public ou des chômeurs oubliés des mesures.
Jordanie, des réformes insuffisantes
La Jordanie, pays voisin d’Israël, de la Syrie et de l’Irak, compte environ 6, 5 millions d’habitants. Son pouvoir monarchique est étroitement lié aux États-Unis. Notons que le Conseil de coopération du Golfe a décidé de s’étendre à la fois à la Jordanie et au Maroc  ; deux pays situés loin du Golfe arabo-persique, mais qui partagent cette caractéristique d’être gouvernés par des monarchies conservatrices.
Le pays a connu pendant plusieurs mois des manifestations massives. Elles ont commencé, le 16 janvier 2011, dans la capitale Amman, rassemblant plusieurs milliers de personnes venant de trois pôles politiques  : la gauche, les syndicats et le Parti d’action islamique (proche des Frères musulmans). À partir de la mi-mai, ces différentes forces ont d’ailleurs formé un Front national pour la réforme, une sorte de coordination commune.
À plusieurs reprises, le 15 février (en journée) puis dans la nuit du 24 au 25 mars 2011 à Amman, des rassemblements et campements d’opposants ont été attaqués par des nervis pro-régime en civil. À l’instar des attaques des «  baltagyas  » en Égypte, ou plus récemment des milices de civils pro- pouvoir au Maroc.
Le pouvoir monarchique a changé de Premier ministre et de gouvernement, le 1er février, mais a nettement refusé au cours des semaines suivantes les revendications de réformes politiques de l’opposition (dissolution du Parlement et système de vote plus démocratique). Le 13 juin, un convoi de voitures du roi Abdallah ii a été attaqué à Tafileh, à environ 150 km au sud de la capitale Amman, par une soixantaine de jeunes jetant des pierres et des projectiles.
Récemment, le 15 juillet, une nouvelle manifestation massive a eu lieu à Amman, au cours de laquelle au moins dix-sept personnes (dont neuf journalistes) ont été blessées.
Yémen, Saleh résiste
La situation au Yémen est différente, dans la mesure où le mouvement ouvrier est extrêmement faible dans ce pays le plus pauvre de tout le monde arabe, et encore largement agricole. L’agriculture représente 75 % de la population active, mais seulement 10 % du PIB  ; alors que les ressources pétrolières, en voie de s’épuiser, procurent un quart des recettes du pays mais 70 % des finances du gouvernement. Le pays compte par ailleurs l’une des populations les plus jeunes du monde, avec un âge moyen de 24 ans.
Au Yémen, la première mobilisation «  pour des réformes  » a commencé le 16 janvier 2011, au surlendemain du renversement de Ben Ali, en Tunisie, avec deux rassemblements successifs sur le campus de l’université de la capitale Sanaa. Ils étaient suivis, le 20 janvier, par un premier rassemblement dans la ville de Taëz. Mais c’est surtout l’arrestation, dans la nuit du 22 au 23 janvier, de la journaliste et militante Tawakel Karman qui a déclenché les protestations.
Madame Karman, membre de la direction du parti Islah («  Réforme  », de tendance islamiste modérée), anime par ailleurs une association, Journalistes sans chaînes, qui lutte pour la liberté de la presse. Elle avait été la principale animatrice d’un rassemblement «  de solidarité avec le peuple tunisien  ». Environ 200 journalistes ont manifesté, le 23 janvier, pour la libération de leur collègue (qui a d’ailleurs été relâchée le lendemain).
Dès lors, le processus était déclenché. Le 27 janvier 2011, pour la première fois, ils étaient des dizaines de milliers à se rassembler à Sanaa contre le régime du président Ali Abdallah Saleh. Au pouvoir depuis juillet 1978 – 33 ans  ! –, ce dernier s’appuyait jusqu’ici sur les structures tribales, encore extrêmement puissantes  ; les tribus soutiennent financièrement leurs membres en cas de maladie ou incapacité de travail, aucune protection sociale publique n’existant dans ces domaines.
Par ailleurs, le régime était soutenu par les États-Unis puisque le président Saleh agitait le chiffon rouge de la présence d’Al-Qaida dans le pays  ; même si l’administration américaine se méfiait de lui et était convaincue que Saleh jouait un jeu tactique avec cet argument. Or, au fur et à mesure que son pouvoir perdurait et montrait de l’usure, certaines structures tribales se sont détournées de Saleh.
Ainsi, il y a eu deux mobilisations en parallèle contre le régime de Saleh. D’un côté, un mouvement de masse, non armé, majoritairement jeune, misant sur les rassemblements publics et les manifestations, dans les centres urbains. Une mobilisation à laquelle le pouvoir tentait d’ailleurs de répondre par des contre-­manifestations de partisans du Congrès général du peuple (parti au pouvoir).
Mais ces dernières restaient nettement plus petites que les manifestations de l’opposition, soutenues par le parti Islah, le Parti socialiste (anciennement au pouvoir au Yémen du Sud avant 1990, ex-marxiste-léniniste) et des nationalistes arabes nasséristes. De l’autre côté, dans les zones rurales et montagnardes, les tribus entrées en «  dissidence  » mobilisaient des combattants armés contre le régime, venant parfois rejoindre les manifestants en ville. Mais les uns se méfiaient nettement des autres.
Le 3 juin 2011, le président Saleh est blessé dans son palais présidentiel, probablement par une bombe placée à l’intérieur (alors que des premières théories avaient porté sur des obus lancés sur le palais par les combattants de tribus, entrés fin mai à Sanaa). Depuis, il est soigné en Arabie saoudite, mais il a à plusieurs reprises annoncé son retour que l’opposition refuse fermement. Le 16 juillet, les forces de l’opposition ont annoncé avoir créé un Conseil de transition pour mettre sur pied une alternative au pouvoir de Saleh.
mardi 30 août 2011, par Bertold du Ryon
Source : PESSE-TOI A GAUCHE !- Une tribune pour la gauche québécoise en marche

Quelles sont les causes de la famine ?

La Somalie, malgré les sécheresses, était naguère un pays autosuffisant.
 
Nous vivons dans un monde d’abondance. Selon les chiffres de l’Organisation des Nations Unies pour l’Agriculture et l’Alimentation (FAO), on produit aujourd’hui de la nourriture pour 12 milliards de personnes, alors que la planète compte 7 milliards d’êtres humains. De la nourriture, il y en a. Alors pourquoi dans ce cas une personne sur sept dans le monde souffre de la faim ?
 
La menace alimentaire qui touche plus de 10 millions de personnes dans la Corne de l’Afrique remet en lumière la fatalité d’une catastrophe qui n’a pourtant rien de naturelle. Sécheresses, inondations, conflits armés... tout cela contribue à aggraver une situation d’extrême vulnérabilité alimentaire, mais ce ne ce sont pas les seuls facteurs explicatifs.
La situation de famine dans la Corne de l’Afrique n’est pas une nouveauté. La Somalie vit une situation d’insécurité alimentaire depuis 20 ans. Et, périodiquement, les médias nous remuent de nos confortables divans en nous rappelant l’impact dramatique de la faim dans le monde. En 1984, près d’un million de morts en Ethiopie ; en 1992, 300.000 somaliens ont perdu la vie à cause de la faim ; en 2005, près de cinq millions de personnes au bord de la mort au Malawi, pour ne citer que quelques cas.
La faim n’est pas une fatalité inévitable qui affecterait seulement certains pays. Les causes de la faim sont politiques. Qui contrôle les ressources naturelles (terres, eau, semences) qui permettent la production de nourriture ? A qui profitent les politiques agricoles et alimentaires ? Aujourd’hui, les aliments sont devenus une marchandise et leur fonction principale, nous nourrir, est mise à l’arrière plan.
On pointe du doigt la sécheresse, avec les pertes de récoltes et de bétail consécutives, comme l’une des principales explications de la famine dans la Corne de l’Afrique. Mais alors comment expliquer que des pays tels que les Etats-Unis ou l’Australie, qui subissent régulièrement de graves sécheresses, ne souffrent pas de famines extrêmes ? Evidement, les phénomènes météorologiques peuvent aggraver les problèmes alimentaires, mais ils ne suffisent pas à expliquer les causes de la faim. En ce qui concerne la production d’aliments, le contrôle des ressources naturelles est la clé pour comprendre pour qui et pourquoi on les produits.
Dans plusieurs pays de la Corne de l’Afrique, l’accès à la terre et un bien rare. L’achat massif de sols fertiles de la part d’investisseurs étrangers (agro-industrie, gouvernements, fonds spéculatifs...) a provoqué l’expulsion de milliers de paysans de leurs terres, diminuant ainsi leur capacité à satisfaire leurs propres besoins alimentaires de manière autonome. Ainsi, tandis que le Programme Mondial Alimentaire tente de nourrir des milliers de réfugiés au Soudan, des gouvernements étrangers (Koweït, Emirats arabes unis, Corée...) y achètent des terres pour produire et exporter des aliments pour leurs propres populations.
  1. Il faut également rappeler que la Somalie, malgré les sécheresses récurrentes, était un pays autosuffisant dans la production d’aliments jusqu’à la fin des années 1970. Sa souveraineté alimentaire a été mise en pièce au cours des trois décennies suivantes. A partir des années 1980, les politiques imposées par le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale pour que le pays puisse rembourser sa dette au Club de Paris se sont traduites par l’imposition d’un ensemble de mesures d’ajustement. En ce qui concerne l’agriculture, ces dernières impliquaient une politique de libéralisation commerciale et d’ouverture des marchés, permettant ainsi l’entrée massive de produits subsidiés - comme le riz et le blé - des multinationales agro-industrielles nord-américaines et européennes, qui ont commencé à vendre leurs produits en dessous de leur prix de production, faisant ainsi une concurrence déloyale aux produits autochtones.
  2. Les dévaluations périodiques de la monnaie somalienne ont également provoqué une hausse des prix des intrants agricoles tandis que la politique en faveur des monocultures pour l’exportation a progressivement forcé les paysans à abandonner les campagnes. La même chose s’est produite dans d’autres pays, non seulement en Afrique, mais aussi en Amérique latine et en Asie.
  3. La montée des prix des céréales de base est un autre des éléments désignés comme détonateurs des famines dans la Corne de l’Afrique. En Somalie, les prix du maïs et du sorgho rouge ont respectivement augmenté de 106 et 180% par rapport à l’année dernière. En Ethiopie, le coût du blé a augmenté de 85% par rapport à 2010. Et au Kenya, la valeur du maïs a augmenté de 55% en un an. Des hausses qui ont rendus ces aliments inaccessibles.
Mais quelles sont les raisons de cette escalade des prix ? Plusieurs indices pointent la spéculation financière sur les matières premières alimentaires. Les prix des aliments sont déterminés dans les Bourses de valeurs, dont la plus importante, à l’échelle mondiale, est celle de Chicago, tandis qu’en Europe les aliments sont commercialisés dans les marchés à terme de Londres, Paris, Amsterdam et Francfort. Mais, aujourd’hui, la majeure partie de l’achat et de la vente de ces marchandises ne correspond pas à des échanges commerciaux réels.
On estime, d’après Mike Masters, responsable du fonds de pension Masters Capital Management, que 75% des investissements financiers dans le secteur agricole sont de caractère spéculatif. On achète et on vend des matières premières dans le but de spéculer avec elles en faisant un profit qui se répercute finalement dans l’augmentation du prix de la nourriture pour le consommateur final. Les mêmes banques, fonds à hauts risques, compagnies d’assurances, qui ont provoqué la crise des “subprimes” sont celles qui spéculent aujourd’hui avec la nourriture, profitant de marchés globaux profondément dérégulés et hautement rentables.
La crise alimentaire à l’échelle globale et la famine dans la Corne de l’Afrique en particulier sont les fruits de la globalisation alimentaire au service des intérêts privés. La chaîne de production, de distribution et de consommation des aliments est entre les mains d’une poignée de multinationales qui placent leurs intérêts particuliers au dessus des nécessités collectives. Tout au long de ces dernières décennies, elles ont miné, avec le soutien des institutions financières internationales, la capacité des Etats du sud à décider sur leurs politiques agricoles et alimentaires.

Revenons au début. Pourquoi la faim existe-t-elle dans un monde d’abondance ?

La production d’aliments a été multipliée par trois depuis les années 1970, tandis que la population mondiale n’a fait que doubler depuis lors. Nous ne sommes donc pas face à un problème de production de nourriture, mais bien devant un problème d’accès à la nourriture. Comme le soulignait le rapporteurs de l’ONU pour le droit à l’alimentation, Olivier de Schutter, dans une interview au journal “El Pais” :
“La faim est un problème politique. C’est une question de justice sociale et de politiques de redistribution”.
Si nous voulons en finir avec la faim dans le monde, il est urgent d’opter pour d’autres politiques agricoles et alimentaires qui mettent au centre de leur préoccupation les personnes et leurs besoins, ceux qui travaillent la terre et l’écosystème. Il s’agit de parvenir à ce que le mouvement international Via Campesina appelle la “souveraineté alimentaire”, et de récupérer la capacité de décider sur ce que nous mangeons. En reprenant un des slogans les plus connus du Mouvement du 15-M : “une démocratie réelle, maintenant” dans l’agriculture et l’alimentation est nécessaire.
Esther Vivas
*Esther Vivas participe au Centre d’études sur les mouvements sociaux (CEMS) de l’Universitat Pompeu Fabra (UPF) en Catalogne.
**Cet article a été publié comme opinion dans le journal “El País”, 30/07/2011.
***Traduction française par Ataulfo Riera pour le site www.lcr-lagauche.be
URL de cet article 14445 http://www.legrandsoir.info/quelles-sont-les-causes-de-la-famine.html

BHL,le CNT et Israel - BHL,petit télégraphiste d'Israél à Bengh

Samedi 11 juin 2011 
Par : Gilles Munier
 
BHL et les soldats du désert
Une base israélienneà la frontière algérienne ?

 On sait qu’à chaque voyage en Cyrénaïque (Est de la Libye), BHL s’emploie à persuader le CNT de l’intérêt d’entrer en contact avec Tel-Aviv et qu’il n’hésite pas – selon ses dires - à évoquer  la « grandeur d’Israël » devant des insurgés perplexes (2). Quelques dirigeants rebelles se sont laissés convaincre car la présence de conseillers militaires israéliens à Benghazi – des juifs d’origine libyenne ou maghrébine, dit-on – a fini par bruiter. Le document douteux, remis au gouvernement libyen par un officier de renseignement ukrainien, selon lequel le CNT accepterait l’installation d’une base militaire israélienne dans le Djebel Akhdarpour menacer l'Algérie (3)non démenti par les rebelles -  peut maintenant être interprété comme un appel du pied .  

 On imagine la consternation - voire la panique - des chefs de l’insurrection qui ne s’attendaient pas à ce que leur décision de nouer des relations avec Israël soit ébruitée de cette façon. Abdel Hafiz Ghoga, vice-Président du CNT, a aussitôt démenti avoir chargé l’activiste pro-israélien de quoi que ce soit. Trop tard, le mal était fait dans l’opinion publique arabe. Les initiateurs de l’opération s’en moquent. Leur but est de convaincre les Etats qui n’ont pas reconnu le CNT en raison de la présence Al-Qaïda en Cyrénaïque. Israël, disent-ils, n’accueillerait pas favorablement les propositions des rebelles si l’influence des djihadistes était aussi importante que les spécialistes le prétendent.
 
Prendre l’Egypte en tenaille

En visite officielle en Israël, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a avalé une nouvelle couleuvre en apprenant que le porte-parole de Benyamin Netanyahou avait confirmé les dires de BHL, son vibrionnant rival sur la scène libyenne. Le Premier ministre israélien qui reproche à la France de vouloir reconnaître la Palestine dans ses frontières de 1967, s’est fait un malin plaisir à remercier Nicolas Sarkozy pour l’intervention militaire française en Libye. Pour Netanyahou, le renversement du Colonel Mouammar Kadhafi permettrait à Israël de s’approvisionner plus facilement en pétrole - une denrée lui manquant cruellement - et l’avantage de prendre l’Egypte en tenaille en cas de conflit.
 
Source : le cri du peuple