mardi 13 mars 2012

Gaza : le massacre continue...Le monde se tait. Pas un mot sur les enfants qui sont tués.

Quatre jours de bombardements. 23 morts, dont plusieurs enfants. Plus de 80 blessés. Et ça continue. 1,6 millions de Palestiniens vivent à Gaza, enfermés dans une cage. Pas de moyen de s’enfuir. Les bombes tombent partout, près des écoles, sur des buildings. Les blessés affluent dans les hôpitaux, qui ont des difficultés de fonctionnement. Depuis des semaines, Gaza vit dans le noir, il n’y a plus d’électricité. Israël tire sur les cortèges des Palestiniens tués la veille. Le monde se tait. Pas un mot sur les enfants qui sont tués. Pour nos médias : Palestiniens et Israéliens s’agressent mutuellement.
Tout a commencé vendredi soir avec une provocation délibérée : l’exécution de deux responsables des Comités de Résistance Populaire. L’argument israélien pour justifier ce raid est que les deux hommes visés étaient les organisateurs d’un attentat en août dernier et s’apprêtaient à en perpétrer un autre. Comme toujours, l’armée israélienne ment et contredit ses propres enquêteurs, qui avaient conclu au mois d’octobre que les Palestiniens de Gaza n’étaient pas impliqués dans cet attentat, comme on peut le lire ici. Israël savait bien que les Palestiniens allaient répliquer à ce meurtre par des tirs de roquettes, qui leur donneraient la justification pour continuer le massacre.
Revenant des EU et n’ayant pas reçu le feu vert pour une attaque contre l’Iran maintenant, Netanyahou s’en prend à Gaza. Au moins, là, il peut y aller sans craindre une réaction de Washington. Un commentateur israélien écrit sans scrupules dans le Jerusalem Post « Il faut raser la pelouse à Gaza » « Assurer la maintenance, pour ainsi dire, dans la lutte contre le terrorisme ».
Depuis l’opération « Plomb durci », les attaques contre Gaza n’ont pas cessé. Rien que depuis le 1 janvier 2011, 260 personnes ont été tuées par Israël à Gaza. Vous voulez voir à quoi ressemble une attaque sur Gaza : visionnez la vidéo ci-dessous, plus spécialement à partir de 18 min 35. Le film Tears of Gaza a été fait lors de la guerre d’agression contre Gaza en 2008-2009.
pourlapalestine.be

Quand la France martyrisait la Syrie...dès mai 1916, la France et la Grande-Bretagne négocient en secret le partage du Moyen-Orient (accords Sykes-Picot)

Anticipant le démembrement de l’empire ottoman qui a suivi la Première guerre mondiale, dès mai 1916, la France et la Grande-Bretagne négocient en secret le partage du Moyen-Orient (accords Sykes-Picot). Sur une partie de cette région - qu’on appelait alors le Levant - la France se réserve la possession d’un territoire aux frontières arbitraires correspondant à la Syrie et au Liban d’aujourd’hui. [1]
En 1920, la Société des Nations consacre la remise de ce territoire à la France (mandat).
Commandé par le général Gouraud, le corps expéditionnaire français va rencontrer une résistance acharnée de la part des populations farouchement opposées à l’occupation étrangère.
Dès leur débarquement sur le sol syrien, en juillet 1920, les troupes coloniales se heurtent à une insurrection arabe conduite par l'émir Faysal qui dirige le royaume de Damas.
Il faudra l’envoi d’une colonne avec autocanons, automitrailleuses, deux formations de chars d’assaut et l’appui de l’aviation, pour que les troupes françaises parviennent à écraser les insurgés et faire leur entrée à Damas, le 25 juillet 1920.
Dès septembre 1920, la France démembre la Syrie en créant un Etat libanais confessionnel où dominent les chrétiens maronites. Elle joue aussi des oppositions entre populations : Alaouites, Druzes, Kurdes.

En juillet 1925, éclate la révolte druze (ou Grande Révolte syrienne) dirigée par le sultan Pacha al-Atrache. Dès les premiers combats, elle met en déroute les troupes françaises. L’insurrection s’étend et prend une dimension nationale.
En octobre 1925, Damas insurgée est bombardée par l’artillerie durant trois jours sur ordre du général Sarrail. On compte près de 1.500 morts. Des monuments historiques de la vieille ville sont réduits en poussière.
Ce n’est qu’en faisant venir des renforts de troupes du Maroc (30.000 soldats) en mars 1926 que la France parviendra à venir progressivement à bout du mouvement.
En mai 1926, la ville de Damas est de nouveau bombardée  - cette fois-ci par l’aviation - provoquant de nouvelles pertes humaines (5.000 morts) et matérielles considérables.
Au début de 1936, une insurrection urbaine embrase la Syrie. Le gouvernement de Front populaire négocie et signe des traités prévoyant l’indépendance de la Syrie et du Liban. Mais ces textes ne seront jamais ratifiés par le Parlement français.
Durant la Seconde guerre mondiale, en juin 1941, le général Catroux, au nom de la France libre, proclame l’indépendance de la Syrie et du Liban. Toutefois, celle-ci ne doit intervenir qu’après un traité qui reste à venir.
Des élections ont lieu en 1943 qui donnent la victoire aux nationalistes. Ceux-ci exigent leur souveraineté immédiate et refusent de la subordonner à un traité.
De Gaulle tergiverse, envoie des troupes et, le 30 mai 1945, donne l'ordre à l'aviation française de bombarder Damas pendant 36 heures d’affilée. On dénombre 500 morts dont 400 civils et des centaines de blessés. Une partie de la ville est détruite dont le parlement syrien.
Mais De Gaulle doit finalement accepter l’arrêt des combats et abandonner ses prétentions. En avril 1946, les derniers soldats français quittent le Levant.
Durant un quart de siècle, la France a ainsi soumis la Syrie à une dictature féroce et sanguinaire, comme en témoigne le seul fait d’avoir procédé à trois reprises au bombardement de la ville historique de Damas, faisant des milliers de victimes.
Cette réalité rend d’autant plus odieuse l’ingérence de l’ancienne puissance coloniale dans les évènements qui, depuis un an, secouent la Syrie.
Dès le début, la France a cherché à imposer à ce pays un scénario « à la libyenne » en appuyant diplomatiquement et militairement les groupes violents de la contestation à Bachar al-Assad.
La France comme la Grande-Bretagne, avec une participation active de la Turquie, et des monarchies obscurantistes du Qatar et de l’Arabie saoudite, arment et entraînent les « rebelles », troupe composite de Syriens et de mercenaires extérieurs.
Comme en Libye, la France a dépêché des éléments de ses forces spéciales pour apporter un soutien logistique aux « rebelles ». [2]
Il semble même que certains d’entre eux aient été arrêtés alors qu’ils opéraient sur le territoire syrien (le bulletin Médiapart accuse les médias français de taire cette information sous l’effet d’une véritable censure militaire). [3]
[1] Les Britanniques exercent leur tutelle sur la Palestine, la Transjordanie et l’Irak.
Jean-Pierre Dubois - blanqui.29@orange.fr