vendredi 3 juin 2016

France : Une campagne de haine menée dans les médias contre les travailleurs qui luttent pour le retrait de la loi travail.



Une campagne de haine est actuellement menée dans les médias contre les travailleurs qui luttent pour le retrait de la loi travail, c’est à dire contre le dumping social, contre la casse du code du travail. Cette campagne de haine, de haine de classe, visant particulièrement la CGT essaye de faire croire que la CGT est isolée. Le gouvernement Valls MEDEF et ses médias répètent en boucle cet élément de langage « la CGT est isolée et minoritaire ». C’est vouloir faire oublier un peu vite que le mouvement pour le retrait de la Loi Travail est largement majoritaire dans l’opinion. Qu’il mobilise des millions de travailleurs comme la pétition sur change.org l’a démontré. Et qu’il rassemble un très large front syndical. De la CGT à CFE CGC en passant par la FSU, SUD Solidaires, la CNT, FO, l’UNEF, l’UNL ou la FIDL. Et même dans les rangs patronaux, il faut rappeler que contrairement au MEDEF, les artisans et les professions libérales sont opposés à la Loi Travail

De fait c’est bien le gouvernement qui est isolé est minoritaire jusque sur les bancs de l’assemblée nationale.

Une large majorité de français pour le retrait de la Loi Travail

Les derniers sondages parus le prouvent à une écrasante majorité, les français demeurent opposés à la loi travail et soutiennent le mouvement social pour son retrait.
Selon un sondage Elabe réalisé du 24 au 26 mai, 70% des français veulent que le gouvernement retire le projet de loi travail. Seul 14% sont opposés au retrait. 59% jugent que les principaux responsables des tensions sociales sont François Hollande et Manuel Vals. Pour les français c’est bien le gouvernement et le MEDEF qui bloquent le pays. Et 48% des français approuvent les actions de blocages.

Un sondage Ifop réalisé du 27 au 28 mai confirme ces résultats. Seuls 13% des français veulent conserver la Loi Travail. 46% exigent le retrait de la loi travail contre 40% qui veulent y apporter des modifications. 60% des ouvriers et employés veulent le retrait du texte. Le PS, la CFDT et le MEDEF sont donc bien ultra minoritaire dans le pays, alors que c’est bien l’intersyndicale et la CGT qui en demandant le retrait du projet de loi défendent ce que soutien l’opinion. La CGT et l’intersyndicale ont bel et bien un soutien massif des salariés. Le gouvernement, la CFDT et le MEDEF compte leurs plus forts soutien parmi les cadres et les professions libérales, moins concernées par le projet de loi. Les français sont une large majorité à refuser l’inversion de la hiérarchie des normes. 43% veulent ainsi que le temps de travail soit déterminé par le code du travail avec peu de dérogations, contre un tiers de moins qui accepteraient que cela le soit par un accord d’entreprise.
Minoritaire, François Hollande l’est assurément, lui qui ne rassemble plus que 11% d’opinion  favorable et moins de 5% de soutien.
Au delà des sondages, c’est surtout l’extension des grèves, reconductibles, dans de larges secteurs stratégiques de l’économie, décidées démocratiquement en assemblée générale par les travailleurs qui démontrent que les travailleurs rejettent majoritairement cette loi et qu’ils sont toujours prêt à défendre le code du travail et à obtenir le retrait de l’euro directive écrite par le MEDEF qu’est la Loi El Khomri. Dans l’énergie, la chimie, les transports, dans le traitement des déchets, et dans un grand nombre d’entreprises la mobilisation est toujours forte et cela malgré déjà près de 3 mois de conflit. Loin de s’essouffler, elle se renforce. Et la solidarité s’organise avec la création de caisse de grève pour tenir jusqu’à obtenir le retrait de la loi travail.
Au niveau international, des messages de solidarité des travailleurs de toutes l’Europe, et même du monde entier affluent.
Source : initiative-communiste 


Pakistan : Iqbal Masih, l’enfant esclave symbole de cette jeunesse martyrisée.



Iqbal Masih n'était encore qu'un tout petit enfant pakistanais lorsque ses parents l'ont vendu pour éponger la dette familiale, contractée lors du mariage de son frère. A quatre ans, Iqbal rejoint une de ces fabriques de tapis qui exploitent déjà huit millions de gosses honteusement exploités dans son pays pour la finesse de leurs doigts aptes à réaliser les fameux tapis d'Orient. Pendant six ans, il travaille comme un esclave, les chevilles blessées par de lourdes chaînes. A dix ans il a déjà une tête de vieillard et les mains ravagées d'avoir noué douze heures par jour et pendant 6 ans de précieux tapis revendus à prix d'or en Occident. Un jour de 1993, son calvaire prend fin grâce à Eshan Khan, président de la ligue contre le travail des enfants (BLLF). Lors d'une réunion qu'il organise dans le village d'Iqbal, Eshan découvre le jeune enfant blotti dans un coin de la salle, littéralement effrayé. « Il était émacié et ressemblait à un vieil homme » dira Eshan.
A l’âge de 10 ans, son libérateur l'arrache donc de son métier à tisser pour lui redonner le goût de vivre et la rage de se battre. Iqbal devient alors le symbole de cette jeunesse martyrisée. Il rejoint le Front de Libération du travail des enfants et participe à leur campagne devenant bientôt le porte-parole de l'enfance exploitée. Orateur de talent, il parcourt le monde pour alerter l'opinion internationale sur les conditions de travail inhumaines imposées à des millions d'enfants du Pakistan, de l'Inde, du Bangladesh et d'ailleurs. « Nous nous levons à 4 heures du matin et travaillons enchaînés durant 12 heures… n'achetez pas le sang des enfants ! » s'écrie lqbal dont l'appel bouleverse les consciences.
En janvier 1995, il participe à une Convention contre l'esclavage des enfants à Lahore. Il se rend en Suède et aux États Unis, où il reçoit un prix de la firme américaine Reebok et déclare vouloir utiliser cet argent pour suivre des études d’avocat.
Sous la pression internationale, le gouvernement pakistanais ferme plusieurs dizaines de fabriques de tapis et trois mille petits esclaves sortent ainsi de l'oubli. « Je n'ai plus peur de mon patron, déclare Iqbal qui se rend désormais à l'école de son village, maintenant c'est lui qui a peur de moi » … Mais l'enfant n'aura pas le temps de goûter à sa liberté.
Alors qu'il n'a que 12 ans, Il meurt assassiné sur son vélo, le corps criblé de plomb gisant sur la lande de Chapa Kana Mill, près de Lahore (Pakistan). Il avait reçu des menaces de la "mafia de l'industrie du tapis" comme l'affirmait Eshan Kahn. La police pakistanaise écrira dans son rapport : "l'assassinat résulte d'une dispute entre un paysan et Iqbal". Histoire sordide d'un porte-parole qui devenait gênant. Les pistes de ce meurtre sont brouillées alors que la Commission des droits de l'homme du Pakistan a "adopté" la version de la police.
Départ à la fois prématuré et harmonieux d'un petit prince de lumière qui a donné sa vie pour éterniser, dans l'esprit des nations, le souffle de vie, de vérité, de justice et de courage qu'il avait répandu. Grande âme au sourire d'enfant, Iqbal a réussi sa mission d'Amour.
 Iqbal est mort mais son symbole est vivant.