Lundi 26 Janvier 2015
Je rêve d’un pays où l’on ne se fait pas
battre par la police, où l’on ne disparaît pas mystérieusement. D’un pays où
l’on meurt à l’hôpital parce que son heure est venue et non parce qu’on n’a pas
assez d’argent pour aller ailleurs que dans un centre où les médecins sont
incompétents ou corrompus." Voila ce que j’écrivais il y a exactement
quatre ans, se remémore l’écrivain et éditorialiste Belal Fadl le 25 janvier
dernier.
Elle est morte au Caire, tué par un tir
d’arme à feu, au pied de la gerbe de fleurs qu’elle venait de déposer en hommage
à la révolution commencée 4 ans plus tôt sur cette même place TAHRIR.
Meurt-on pour avoir déposé des fleurs en
hommage à la révolution ? Oui en Egypte on en meurt.
Ce 25 janvier 2015, date anniversaire de la
révolution populaire, que des militants de gauche ont souhaité célébrer à la
place Tahrir, armés de couronnes de fleurs et de slogans, ils rendent hommage
aux manifestants tués par les forces de l’ordre. Le pouvoir réprime cette
manifestation jugée illégale, il disperse la foule à balles réelles.
Elle a cru à la Révolution, à la liberté, à
la démocratie, à un système sans islamiste et sans généraux.
C’est cette révolution entrevue et perdue
qu’elle voulait honorer par cette gerbe de fleurs, assassinée par ceux qui ne
veulent pas de fleurs.
Shaima al-Sabbagh, jeune révoltée a offert
en don sa vie à l’impertinence, à la liberté de dire et de penser, elle s’est
effondrée sous les balles.
Les dictatures tombent et se relèvent.
Des images tournent dans la presse et les
réseaux sociaux pour faire résonner cette réalité qui semble ne jamais devoir
finir.
