dimanche 21 juillet 2013

Lettre d'un ex-soldat israélien au gagnant palestinien de l'émission "Arab Idol".....J’ai été soldat ; je sais ce que veut dire d’être prêt à mourir pour une cause. Or, je préfère vivre à tes côtés, sur ce bout de terre, plutôt que de donner ma vie pour que d’autres personnes puisse continuer à y vivre sans la partager.



Washington – Cher Mohammad Assaf, tu te demandes peut-être pourquoi, un jeune Israélien comme moi, t’écrit à toi, le gagnant d’« Arab Idol », qui es de Gaza.
Tu penses sans doute que nous sommes très différents. Tu as raison. Nous avons grandi, toi à Gaza et moi à Jérusalem, à une heure de route l’un de l’autre, mais des années-lumière nous séparent. Aux carrefours de la vie, nous avons chacun emprunté des chemins différents. À 20 ans tu chantais aux mariages, alors que moi je faisais mon service militaire. Mais malgré tout, nous avons beaucoup de points communs : nous sommes jeunes, nous avons vu couler beaucoup trop de sang et tous les deux, nous nous sentons chez nous sur ce bout de terre.

Tu es le jeune Palestinien le plus aimé du moment. Quand tu as chanté à la finale d’Arab Idol, Arabes et non-Arabes, partout dans le monde, sont tombés sous ton charme.

J’ai voulu t’écrire, parce qu’au delà de ton charme, pour les gens de Ramallah et de Khan-Yunis, tu représentes l’espoir – une denrée rare par les temps qui courent pour tous ceux qui habitent entre le Jourdain et la Méditerranée.

J’ai voulu t’écrire parce que quand les gens te regardent, ils ne voient pas seulement un beau gosse qui chante bien, mais quelqu’un qui symbolise de nouvelles possibilités et qui donne envie de croire à un avenir différent de la réalité qui nous enferme.

Tu te dis sûrement : « Mais qu’est-ce je peux faire ? »

Tu as toutes les raisons du monde d’être pessimiste. Le secrétaire d’Etat usaméricain John Kerry a beau essayer de ramener les Israéliens et les Palestiniens à la table des négociations. Mais toi et moi, nous savons très bien que chez nous, la plupart des gens n’y croient plus vraiment. On ne peut pas leur en vouloir, après tout ce temps et tous ces dirigeants qui nous ont déçus par leur incapacité à prendre des décisions courageuses et à faire un pas vers la réconciliation.

Mais, justement, ta voix pourrait être plus claire et plus forte que celles des dirigeants. Nombreuses sont les initiatives non conventionnelles qui ont changé le cours de l’histoire. Tu as touché le cœur et l’âme de plus de 160 millions de personnes. Un grand nombre d’Israéliens n’ont pas le profil de tes fans, néanmoins, nous ne sommes pas pour autant si différents. Quand la musique est prenante, on n’y reste pas insensible. Avec ta belle voix, tu peux transmettre ce qu’aucun politicien ne pourra.

Tu te dis sûrement : « Ces gens-là ne veulent pas de paix avec nous ». C’est vrai que les Israéliens ont du mal à croire à une éventuelle résolution du conflit, non pas parce qu’ils sont contre, mais plutôt parce qu’un ancien Premier ministre nous a dit que nous n’avions pas de partenaire pour cette paix. Vraie ou fausse, cette phrase, la plupart d’entre nous l’a encore à l’esprit aujourd’hui. Mais à vrai dire, même les plus pessimistes espèrent avoir tort en leur for intérieur.

Dans la Bible, il est dit qu’« un bon voisin vaut mieux qu’un lointain ami ». Le monde entier a beau t’aimer et compatir avec toi, mais c’est à nous que tu as affaire, et vice versa. S’il te plaît, adresse-toi aussi à nous ! Sois aussi notre « nouvelle star ».

Tu as 23 ans, moi j’en aurais bientôt 25. Nous sommes jeunes, mais nous ne sommes plus des enfants. Quand j’avais 15 ans, j’ai lu dans un livre usaméricain que « le signe d’immaturité chez un homme, c’est de vouloir mourir pour une noble cause, alors que la maturité c’est de vouloir vivre en toute humilité ». Aujourd’hui, cette phrase me parle enfin, au-delà d’une belle citation de l’auteur d’un roman. J’ai été soldat ; je sais ce que veut dire d’être prêt à mourir pour une cause. Or, je préfère vivre à tes côtés, sur ce bout de terre, plutôt que de donner ma vie pour que d’autres personnes puisse continuer à y vivre sans la partager.

Regarde-moi, parce que tu n’as pas le choix. Moi aussi je suis dans le même cas que toi. Nous sommes tous les deux coincés ici, sans pouvoir aller nulle part ailleurs. Ce n’est pas obligatoirement une mauvaise chose.

Tu as une belle voix. Toute la jeunesse palestinienne et arabe t’écoute - et nous aussi. Tu peux chanter une nouvelle histoire, qui ne dira pas « nous n’avons pas de partenaire pour la paix ». Ce sera une chanson, qui honore – sinon l’amour – la vie. J’écrirais bien la chanson, si tu la chantais.

Mabrouk, ou comme on dit en hébreu mazel tov (félicitations).
Source : Tlaxcala : 18/07/2013

Les mensonges de la France sur l’affaire Evo Morales/Edward Snowden….Paris s’est rendu coupable d’une gravissime violation du droit international en attentant contre l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat.

Sur injonction de Washington, plusieurs pays européens dont la France ont fermé leur espace aérien à l’avion du Président bolivien Evo Morales, déclenchant une grave crise diplomatique entre l’Europe et l’Amérique latine.
 

En interdisant à l’avion présidentiel d’Evo Morales de survoler son territoire dans la nuit du 2 au 3 juillet 2013, la France a déclenché une grave crise internationale avec la Bolivie. L’Espagne, l’Italie et le Portugal se sont rendus coupables du même acte d’hostilité à l’égard du pays d’Amérique du Sud. Tous, sans exception, ont suivi les ordres émanant de Washington, qui pensait à tort que son ancien agent Edward Snowden se trouvait à bord de l’avion.

Cet acte, inédit depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a unanimement été condamné par l’ensemble de l’Amérique latine, du Chili à Cuba, toutes tendances politiques confondues. Paris s’est rendu coupable d’une gravissime violation du droit international en attentant contre l’immunité diplomatique absolue dont jouit tout chef d’Etat. La Bolivie a immédiatement dénoncé cette agression illégale auprès des instances internationales.

Les explications fournies par le Ministère français des Affaires étrangères ne sont guère convaincantes. Le Quai d’Orsay a ainsi exprimé « les regrets de la France suite au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l’autorisation du survol du territoire par l’avion du président ». Or, la Bolivie a demandé et obtenu l’autorisation de traverser l’espace aérien français dès le 27 juin 2013, c’est-à-dire six jours avant l’incident. La France savait ainsi depuis plus d’une semaine que l’avion présidentiel bolivien traverserait le territoire national.

Interrogé à ce sujet, le président français François Hollande n’a pas fourni davantage d’éclaircissements. « Dès que j’ai su que c’était l’avion du président bolivien, j’ai donné immédiatement l’autorisation de survol ». Là encore, ces propos sont inexacts puisque l’autorisation de traverser l’espace aérien avait été fournie près d’une semaine avant le grave incident qui a obligé Evo Morales à atterrir en urgence en Autriche et à y faire une escale de 13 heures.

En réalité, la France a fait preuve d’une embarrassante soumission à l’égard des Etats-Unis et s’est comportée non pas comme une grande nation souveraine et indépendante, mais comme une république bananière docile et obéissante. Paris n’a pas hésité un seul instant pas à violer le droit international, à commettre un acte extrêmement hostile à l’égard d’un pays allié et à mettre en danger la vie d’un président démocratiquement élu, dans le but de répondre à une injonction de la part de Washington. Le gouvernement socialiste français a ainsi prêté main forte à l’administration Obama dans ses tentatives d’arrêter Edward Snowden, qui a révélé que les services de renseignements étasuniens espionnaient…l’Europe et la France.

Mondialisation.ca, 10 juillet 2013
Texte publié initialement en portugais :
http://operamundi.uol.com.br/conteudo/opiniao/29882/as+mentiras+da+fra…