dimanche 19 août 2012

VENEZUELA : L’esprit de Pinochet hante la campagne contre Chavez...« Dans les années Allende, nous avions l’espoir de voir l’esprit humain triompher »

« Mais en Amérique latine, ceux qui croient qu’ils sont nés pour diriger se comportent avec une telle brutalité pour défendre leurs droits, leur propriété, leur mainmise sur la société qu’ils sont proches du véritable fascisme. Les gens qui sont bien habillés, dont les frigos sont pleins, cognent sur des casseroles dans les rues pour protester, comme s’ils n’avaient rien. C’est ce que nous avons vécu au Chili, il y a 36 ans. C’est ce à quoi on assiste actuellement au Venezuela. Comme si Chavez était Allende. C’est très évocateur pour moi. »
La majorité de la presse occidentale le diabolise
Je suis entré avec Roberto Navarrate dans le stade national de Santiago, Chili. Le vent de l’hiver austral descendait des Andes et le stade était vide et fantomatique. Peu de choses avaient changé, dit-il : le grillage, les sièges brisés, le tunnel vers les vestiaires où résonnaient les cris. Nous nous sommes arrêtés devant un grand 28. « J’étais ici, face au tableau d’affichage. C’est ici qu’ils ont appelé mon nom pour me torturer ».
Des milliers de « détenus et disparus » furent emprisonnés dans ce stade au lendemain du coup d’état du Général Pinochet, soutenu par Washington, contre la démocratie de Salvador Allende, le 11 septembre 1973. Pour la majorité des peuples d’Amérique latine, les abandonados, l’infamie et la leçon historique du premier « 11 Septembre » n’a jamais été oubliée. « Dans les années Allende, nous avions l’espoir de voir l’esprit humain triompher » dit Roberto.
« Mais en Amérique latine, ceux qui croient qu’ils sont nés pour diriger se comportent avec une telle brutalité pour défendre leurs droits, leur propriété, leur mainmise sur la société qu’ils sont proches du véritable fascisme. Les gens qui sont bien habillés, dont les frigos sont pleins, cognent sur des casseroles dans les rues pour protester, comme s’ils n’avaient rien. C’est ce que nous avons vécu au Chili, il y a 36 ans. C’est ce à quoi on assiste actuellement au Venezuela. Comme si Chavez était Allende. C’est très évocateur pour moi. »
Lorsque je tournais mon film, The War on Democracy, j’ai tenté d’aider des Chiliens comme Roberto et sa famille, et Sara de Witt qui a courageusement accepté de retourner avec moi dans les salles de torture de la Villa Grimaldi, où elle a miraculeusement survécu. Avec d’autres Latino-américains qui ont connu les tyrannies, ils observent le même schéma de propagande et les mêmes mensonges à présent être déployés pour contrer une nouvelle aspiration à la fois pour la démocratie et la liberté sur le continent. Ironiquement, au Chili, qu’on présentait à Washington comme un « modèle de démocratie », la liberté se fait attendre. La Constitution, le système de contrôle électoral et les inégalités sont autant de cadeaux que Pinochet a laissé derrière lui.
La désinformation qui a aidé à détruire Allende et participé à la montée des horreurs de Pinochet a fonctionné de la même manière pour le Nicaragua, où les Sandinistes eurent la témérité de mettre en œuvre des réformes populaires modestes largement inspirées du mouvement coopératif anglais. Dans les deux pays, la CIA finançait les principaux média d’opposition, même si ce n’était pas vraiment nécessaire. Au Nicaragua, le faux martyr du journal « d’opposition » La Prensa devint une cause nationale pour les grands journalistes libéraux nord-américains, qui débattaient avec tout le sérieux du monde si un pays misérable de trois millions d’habitants représentait une « menace » pour les Etats-Unis.
Ronald Reagan le pensait et déclara l’état d’urgence pour repousser les hordes à ses portes. En Grande-Bretagne, où le gouvernement de Thatcher « appuyait sans réserves » la politique des Etats-Unis, la classique censure par omission fut appliquée. En examinant 500 articles traitant du Nicaragua au début des années 80, l’historien Mark Curtis a trouvé une censure quasi totale des réussites du gouvernement sandiniste - « remarquable à tous points de vue » - en faveur du mensonge sur « la menace d’une mainmise communiste ».
Les similitudes avec la campagne actuelle contre la montée phénoménale des mouvements démocratiques populaires sont frappantes. Prenant principalement pour cible le Venezuela, et particulièrement Hugo Chavez, la virulence des attaque laisse entendre que quelque chose est en marche, et c’est bien le cas. Des milliers de pauvres Vénézuéliens voient un médecin pour la première fois de leur vie, leurs enfants sont vaccinés et boivent de l’eau potable.
Le 26 juillet, Chavez a annoncé la construction de 15 nouveaux hôpitaux ; plus de 60 hôpitaux publics sont en cours de modernisation et seront ré-équipés. De nouvelles universités ont ouvert leurs portes aux pauvres, brisant le privilège des institutions compétitives contrôlées par la « classe moyenne » dans un pays où il n’y a pas de moyenne. A Barrio La Linea, Beatrice Balazo m’a dit que ses enfants étaient la première génération de pauvres à assister à une journée entière d’école et à recevoir un repas chaud et à apprendre la musique, l’art et la danse. « J’ai vu leur confiance s’épanouir comme des fleurs, » dit-elle. Une nuit au barrio La Vega, dans une salle nue éclairée par une seule ampoule, j’ai observé Mavis Mendez, 94 ans, apprendre à écrire son propre nom pour la première fois.
Plus de 25.000 conseils communaux ont été crées en parallèle des anciennes structures bureaucratiques locales corrompues. Beaucoup sont des phénomènes de démocratie à la base. Des porte-paroles sont élus, mais toutes les décisions, idées et dépenses doivent être approuvées par une assemblée communautaire. Dans des villages longtemps contrôlés par les oligarques et leurs médias serviles, cette explosion de pouvoir populaire a commencé à changer les vies de la manière que Beatrice a décrite. C’est cette nouvelle confiance du « peuple invisible » du Venezuela qui a enflammé ceux qui vivent dans les quartiers appelés Country Club. Derrière leurs murs et leurs chiens de garde, ils me font penser aux blancs Sud-africains.
Les médias vénézuéliens, caricatures du Far West, sont majoritairement entre leurs mains ; 80% des émissions et pratiquement la totalité des 118 sociétés de presse sont privées. Jusqu’à récemment, un présentateur de télévision aimait qualifier Chavez, qui est métisse, de « singe ». On le présente à la Une des journaux comme un Hitler, ou un Staline (le rapport entre les deux étant qu’ils aiment tous le deux manger les enfants). Parmi les médias qui hurlent le plus fort à la censure, on trouve ceux qui sont financés par la National Endowment for Democracy, qui n’est qu’une façade de la CIA. « Nous avions une arme létale, les média » a dit a Amiral qui faisait partie des comploteurs du coup d’état de 2002. La chaîne de télévision, RCTV, qui n’a jamais été poursuivie pour son rôle dans la tentative de renverser un gouvernement élu, a perdu sa licence d’émettre par voie hertzienne et émet encore par satellite ou par câble.
Et pourtant, comme au Nicaragua, le « traitement » subi par RCTV est devenue une cause célèbre pour tous ceux en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis, offusqués par le culot et la popularité de Chavez, qu’ils qualifient de « assoiffé de pouvoir » et de « tyran ». Le fait qu’il soit le produit authentique d’un réveil populaire ne sera pas mentionné. Même sa description comme un « socialiste radical », généralement de manière péjorative, ignore volontairement qu’il est en réalité un nationaliste et un social-démocrate, une étiquette que le Parti Travailliste britannique était jadis fier de porter.
A Washington, le gang des anciens des escadrons de la mort Iran-Contra, revenus au pouvoir sous Bush, craignent les relations économiques que Chavez est en train de nouer dans la région, comme le recours aux revenus du pétrole vénézuélien pour mettre fin à l’esclavagisme du FMI. Le fait qu’il maintienne une économie néo-libérale avec un taux de croissance de plus de 10%, qui permet aux riches de devenir plus riches, et faisant selon le magazine the American Banker « l’envie du monde bancaire » est rarement mentionné comme une critique justifiée de ses réformes timides.
Evidemment, par les temps qui courent, toute réforme véritable est exotique. Et tandis que les élites libérales sous Blair et Bush s’abstiennent de défendre leurs propres démocraties et libertés fondamentales, ils observent le concept même de leur démocratie de privilégiés du haut vers le bas être remis en cause sur un continent dont Richard Nixon avait dit un jour que « tout le monde s’en fout ». Tout en cherchant par tous les moyens à lui inculquer les bonnes manières, à Chavez, leur arrogance les empêche d’accepter que les graines de l’idée de Rousseau sur la souveraineté populaire directe ait pu être semées chez les plus pauvres, une fois encore, et que « l’espoir dans l’esprit humain », dont Roberto parlait dans le stade, soit de retour.
John Pilger
http://www.johnpilger.com/articles/the-ghost-of-pinochet-hau...
Traduction « c’est vrai que le changement c’est maintenant. Mais pas ici : là-bas » par VD pour le Grand Soir avec probablement les fautes et coquilles habituelles.
URL de cet article 17470 http://www.legrandsoir.info/L-esprit-de-Pinochet-hante-la.html

IRAN : La « tumeur cancéreuse » d’Israël va bientôt disparaître, affirme Ahmadinejad...« Les sionistes partiront et la domination américaine sur le monde prendra fin »..

L’État hébreu espère tirer des USA la promesse d’un soutien à tous les niveaux, selon certains responsables.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé hier que la « tumeur cancéreuse » d’Israël va bientôt disparaître, lors d’un discours à Téhéran à l’occasion de la Journée d’el-Qods (Jérusalem). « Le régime sioniste est une tumeur cancéreuse (...). Les pays de la région vont en finir prochainement avec la présence des usurpateurs sionistes sur la terre de Palestine », a déclaré M. Ahmadinejad devant les manifestants réunis à l’université de Téhéran pour la prière collective. La télévision iranienne a montré les images de foules importantes de manifestants à travers le pays venues participer à la « Journée d’el-Qods » organisée chaque année par le pouvoir à la fin du mois de ramadan en solidarité avec les Palestiniens et contre Israël. « Ils (Occidentaux) disent qu’ils veulent un nouveau Proche-Orient, nous voulons aussi un nouveau Proche-Orient mais dans le nôtre il n’y a aura plus de traces des sionistes », a dit encore le président Ahmadinejad dans ce discours prononcé dans un contexte de tension croissante entre l’Iran et l’État hébreu. « Les sionistes partiront et la domination américaine sur le monde prendra fin », a-t-il ajouté alors que son discours était ponctué par des cris de « mort à Israël » et « mort à l’Amérique ».
Il a aussi dénoncé une solution de deux États pour un règlement de paix entre Palestiniens et Israéliens. « Ils (États-Unis et leurs alliés) veulent jouer un scénario... faire accepter la solution de deux États (...) Même s’ils donnent 80 % de la terre de Palestine aux Palestiniens et gardent 20 % (pour les Israéliens), ce sera dangereux, ce sera réduire à néant des années de résistance », a-t-il estimé. Le guide suprême iranien, l’ayatollah Ali Khamenei, avait déjà affirmé mercredi qu’Israël, une « excroissance sioniste artificielle, disparaîtra du paysage » de la région.

Ces dernières semaines, et de façon plus insistante ces derniers jours, les médias israéliens se sont largement fait l’écho d’informations, basées sur les déclarations de responsables ayant requis l’anonymat, selon lesquelles une action militaire israélienne contre le programme nucléaire iranien serait imminente. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le ministre de la Défense Ehud Barak sont partisans d’une attaque contre le programme nucléaire iranien mais d’autres responsables, notamment parmi les responsables militaires et des services de renseignements, y sont hostiles.
Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères Ramin Mehmanparast a toutefois exclu la possibilité d’une attaque israélienne. « Ils savent très bien qu’ils n’ont pas la capacité de telles actions (...) S’ils commettent une erreur, la réaction de notre pays aboutira à la disparition du régime sioniste », a déclaré M. Mehmanparast cité hier par l’agence ISNA.
Selon certains responsables, la rhétorique israélienne autour d’une attaque imminente contre l’Iran s’est bien accentuée cette semaine, mais s’adresserait à Washington plutôt qu’à Téhéran. Benjamin Netanyahu espère en effet rencontrer Barack Obama à l’occasion de l’Assemblée générale de l’ONU, fin septembre, et obtenir trois engagements : la promesse que Washington passera à l’attaque si l’Iran ne cède pas ; une date limite rapide pour les négociations avec Téhéran, qui jusqu’ici n’ont pas donné grand-chose ; un renforcement des sanctions. « Israël dit au président Obama que sauf changement de cap, il ira tout seul. Je crois que Netanyahu est sérieux là-dessus », estime Ehud Yaari, un professeur de l’Institut politique du Moyen-Orient de Washington installé en Israël.
Source : L'ORIENT LE JOUR

Une famille palestinienne brûlée dans l'indifférence générale ? Où sont l'ONU et BHL ?..On passe sous silence, à chaque fois, les crimes commis par l'armée et les colons.


Alors que les exactions commises par les colons et l'armée devraient chaque jour être relayées par les médias français, on assiste à un veritable bal des faux culs, et à une surenchère dans la désinformation.
On a compris le subtil exercice consistant à mettre palestiniens et israliens sur le même pied d'égalité.
Un enfant de 4 ans comprendrait aisément que cette symétrie, qui n'est qu'une stratégie visant à nuire aux palestiniens, est non seulement débile mais dangereuse.
On a toujours assimilé la résistance palestinienne, légitime contre l'occupation illégale des terres de Palestine, comme du terrorisme.
Depuis trop longtemps, les médias français ont choisi leur camp.
Il n'y a qu'a voir la pluie de dépêches quand une roquette est tirée sur Israël. Avec ou sans blessés, on en entendra forcément parler. Soit.
Le problème c'est que lorsque ce sont les palestiniens qui sont victimes d'actes de barbarie, il n'y a plus personne pour s'en faire l'écho.
On passe sous silence, à chaque fois, les crimes commis par l'armée et les colons qui, il faut le rappeler sont reconnus par le droit international comme des spolieurs de territoires, des criminels en puissance.
La passivité de la très grande majorité des nations, la non-réaction de l'Etat français, sont une honte internationale.
Par Madjid MESSAOUDENE
Source : MEDIAPART

Arabie Saoudite : Tous les chemins (de guerre) mènent à la Mecque...Pour la galerie, les notables de la Mecque ont adopté trois résolutions. Ils ont suspendu la Syrie; reconnu la Palestine en tant qu’Etat souverain,et a défendu la cause des Rohingyas au Myanmar..

Ce fut sans aucun doute le GROS TRUC. Tout le monde et son voisin étaient là. L’émir du Qatar, le président Morsi d’Égypte, le président Gül de Turquie, Mahmoud Abbas de l’Autorité palestinienne, Hamid Karzaï l’Afghan, le président Asif Ali Zardari du Pakistan, Moncef Marzouki le nouveau leader tunisien, le roi Abdallah de Jordanie, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad himself. Les 57 Etats membres de l’Organisation de la Coopération Islamique (OCI), qui représentent pas moins de 1,5 milliard de musulmans dans le monde.

Arab News n’a pas pas résisté à un cirage de pompes poétique. Qu'on en juge :
« A la Mecque, la nuit dernière la Kaaba et la Grande Mosquée étaient baignées de vives lumières. La Tour de l’Horloge géante brillait de ses feux verts par une nuit claire sans lune. Alors que la voix réconfortante du muezzin résonnait dans la ville montagneuse d'Isha, les dirigeants du monde, siégeant au Palais Al-Safa jouxtant la Grande Mosquée, ont répété Allah-ou-Akbar après lui. »
Allah Akbar en effet – et puis ont filé tout droit aux affaires dans lesquelles ces « dirigeants » excellent : se quereller – et suspendre la Syrie de l’OCI. Voilà pour l’idée générale parrainée par le « leader respecté du monde islamique », le gardien des Deux Saintes Mosquées « le roi Abdullah » sur la façon « d’unifier et de renforcer le monde musulman face à la crise qui le déchire. »
Mais les détails pratiques – inaccessibles au commun des mortels – étaient de quoi les Saoudiens, les Iraniens et les Turcs ont effectivement débattu derrière ces portes à la Mecque, après que le muezzin à la voix chaleureuse fut allé se coucher.
Pour la galerie, les notables de la Mecque ont adopté trois résolutions. Ils ont suspendu la Syrie; reconnu la Palestine en tant qu’Etat souverain (une fois de plus, notez que la Palestine a été traitée comme une question secondaire), et a défendu la cause des Rohingyas au Myanmar (l’armée de Naypyidaw n’a pas du vraiment trembler dans ses bottes).
Le show du gardien
Ce que le « gardien des Deux Saintes Mosquées » semble avoir perpétré est un avisé coup de com’ dans la pure tradition de Washington. Il a évidemment fait asseoir Ahmadinejad à sa gauche et l’émir du Qatar à sa droite. Le message adressé, de ce triumvirat était – deux puissances sunnites wahhabites, une chiite khomeyniste – décideront de l’avenir du Moyen-Orient. Nous – les Wahhabites – n’avons pas l’intention d’anéantir ces Chiites infidèles.
Pas si vite. Mon collègue Kaveh Afrasiabi a soutenu que Téhéran était peut-être tombé dans un piège, qu’ils s’attendaient à un véritable effort de médiation et de dialogue au lieu de la question prioritaire de la suspension et de l’éventuelle expulsion de leur allié, la Syrie (Voir Saudis use summit to isolate Syria, Iran, Asia Times Online, 15 Août, 2012).
Derrière les manigances sirupeuses, le fait est que la Maison des Saoud et Téhéran n’ont pas – et ne peuvent pas – être d’accord sur quoi que ce soit, ce qui sonnerait plutôt comme un « parlons toujours » – une version mecquoise du bon vieux téléphone rouge USA-URSS. Le « gardien » a appelé à « la solidarité, à la tolérance et à la modération » : difficile de voir quoi que ce soit de ce genre vu que la Maison des Saoud – et le Qatar – sont en train d'armer les gangs de rue et toute une panoplie de joyeux coupeurs de tête djihadistes salafistes en Syrie.
L’OCI a défendu dans son ensemble « l’intégrité, l’unité, la souveraineté et l’indépendance territoriale » de la Syrie, exactement comme la Maison des Saoud et le Qatar font tout ce qu’ils peuvent pour laminer tout cela. Voilà l’OCI transformée en extension du Conseil de Coopération du Golfe dirigé par l’Arabie (les autres membres étant le Bahreïn, le Koweït, Oman, Qatar et les Émirats arabes unis). Un petit nombre de pays – d’Asie du Sud à l’Afrique – sont très mal à l’aise avec toute cette affaire, mais le mot de la fin revient au « gardien ».
Le « gardien » veut aussi mettre en place un « centre de dialogue » à Riyad. Les paris sont ouverts pour savoir si ce centre examinera qui est vraiment responsable de ce qui est maintenant pratiquement une guerre entre sunnites et chiites à travers toute la Oummah. Imaginez qu'un tel centre concluerait que les protestations au Bahreïn étaient légitimes; aussi légitime que les manifestations dans la province orientale de l’Arabie Saoudite. Et aussi légitime que ce qui s’est passé l’an dernier au Caire sur la place Tahrir (tout le monde se souvient de la grande panique de la Maison des Saoud ralliée à l’Egyptien Hosni Moubarak alors qu’il était défié par des masses de jeunes citadins).
Le « gardien » a aussi dit : « La nation islamique vit dans un état de sédition et de désunion qui ont fait couler le sang de son peuple en ce mois sacré dans de nombreuses régions de notre monde islamique ».
Sur la sédition – fitna en arabe – il est impensable que le « gardien » et sa coquette Maison des princes Saoud ne soient pas familiers avec le plan Yinon [1] et d’innombrables autres, dont la règle de base du diviser et régner et d'inciter à une interminable guerre entre sunnites et chiites, avec un casting de subdivisions tels que musulmans contre chrétiens, Arabes contre Perses, Turcs contre Perses, Arabes contre Turcs et, pourquoi pas, Kurdes contre Turcs.
C’est exactement le retour de manivelle qui qui se passe avec la guerre par procuration en Syrie.
Pourquoi ne pas faire d’une pierre deux coups ?
Ainsi, le « gardien » semble avoir vendu l’idée que l’Iran et le CCG parlementent – alors que littéralement ils s’entre-déchirent. Mais l’ordre du jour de la Maison des Saoud reste extrêmement délicat, elle peut ne pas rêver d’un Iran éclaté, mais certainement d’un Iran affaibli, que ce soit par des années de sanctions occidentales ou par une éventuelle attaque israélienne. Ce n’est un secret pour personne que le CCG souhaiterait vraiment qu’Israël attaque l’Iran, il pourrait alors profiter des avantages d’un pouvoir chiite affaibli de l’intérieur, ravir un pouvoir régional, tout en condamnant publiquement l’agression unilatérale d’Israël.
Cette farce, de toute façon, est loin d’être terminée. La suite se déroulera plus tard ce mois-ci, Téhéran a invité le « gardien » au sommet du Mouvement des pays non-alignés (MNA). Voyons si la Maison des Saoud, le CCG et l’Iran seront vraiment prêts à mettre fin à la fitna au-delà d’une séance de photos. Rien n’indique encore que les « dirigeants » des 1,5 milliard de musulmans accorderont leurs violons. Pas même Dieu lui-même ne leur fera voir ce jour.
Pepe Escobar
Source : Palestine Solidarité