vendredi 15 juillet 2011

Mourir sans bruit

« Et nous rirons, sans rien qui trouble notre joie, Car les morts sont bien morts et nous vous l’apprendrons. »
Verlaine
Par Marwan HARB
Source : l'Orient
             LE JOUR.com
Chaque jour, des victimes tombent dans le monde arabe à un point tel que la mort est devenue banale telle une feuille tombant d’un arbre. Nous labourons notre terre non pour nourrir les vivants, mais pour y jeter nos morts. La condamnation de la mort de manière générale provient de la volonté de dénigrement de l’étranger qui tue pour faire persister le sentiment d’un danger éminent rendant la soumission des citoyens plus docile. Alors que le massacre des populations par les régimes arabes relève du fait divers. De plus, l’impuissance des populations à émouvoir le monde face aux massacres donne l’impression que les morts arabes ne comptent pas. L’indifférence face à la mort des Arabes, que l’on attribue à l’autre, est intériorisée comme un stigmate. La rhétorique développée par les régimes arabes vient à point nommé pour retourner ce stigmate qui conduit à penser que les Arabes ne tiennent guère à l’existence. Mais « lorsque l’homme comprend que la vie n’a point de sens, ça n’est pas une fin mais un début », écrit Camus. Le début de la prise de conscience de la vie. L’homme, jeté hors de ses gonds par l’inhumanité, découvre l’existence d’une nature humaine et décide de prendre son avenir en main.
La rue arabe semble avoir compris que l’empathie, si tant est que nous puissions en susciter chez l’autre, ne peut davantage résoudre ses problèmes. L’espoir que ses actions puissent changer le cours des choses a remplacé la recherche de l’empathie de l’autre pour la sauver du joug du dictateur. Cet espoir a structuré une conscience commune capable de structurer l’action de manière efficace, en portant un discours politique, social, qui fasse sens pour demain.
Les régimes arabes s’efforcent de faire croire que l’avenir se fait à titre de prédiction ou de divination ou en attendant le paradis promis. Mais les cris de la liberté sur les places publiques, en défiant les baïonnettes des milices de la mort, reflètent une décision de construire un avenir au prix de la vie. Un avenir à modeler et non un modèle développé à imiter, ni un projet à appliquer à partir d’une idée absolue ou d’une théorie prête à l’exécution, mais par la production des faits et la réalisation comme réalités. Par le fait, si le prix de la liberté est le silence de la mort, la liberté, elle, ne devrait pas mourir en silence.

15/07/2011

L’UNESCO vole El QUODS (Jérusalem Est) aux Palestiniens

15/07/2011
L’Unesco déclare AlQods comme capitale d’Israël

L’Organisation des Nations Unies pour la pédagogie, les sciences et la culture, l’Unesco, a placé la ville sainte d’AlQods sur la liste des sites internationaux comme étant la capitale d’Israël.

Cette annonce a provoqué de fortes condamnations de la part des Palestiniens, qui l’ont considérée comme une transgression flagrante des lois internationales.

L’organisation de libération de la Palestine a condamné cette décision et a appelé la partie responsable à y renoncer à cause « de son grand danger et sa violation des résolutions internationales qui considèrent la ville sainte d’AlQods de l’Est comme une ville occupée».
Et d’ajouter : « Cette mesure profite à la politique du gouvernement israélien, et lui donne la légitimité pour ses agissements à AlQods occupée ».

De son côté, le Hamas a fermement condamné « cet acte dangereux et cette transgression flagrante des résolutions et des lois internationales liées à la ville sainte ».

Le ministère palestinien de la culture à Gaza a appelé les pays arabes et l’organisation arabe pour la culture, la pédagogie et les sciences, ainsi que la commission d’alQods à agir urgemment pour pousser l’Unesco à renoncer à sa décision prise au détriment des droits confisqués du peuple palestinien.

Source: Al-Manar

Hommage à ces descendants d’africains qui ont combattu pour l’indépendance des USA


Oubliés par leurs maîtres d’hier et par les africains eux-mêmes : les chasseurs volontaires de Saint Domingue

Durant la guerre d’indépendance des Etats-Unis d’Amérique qui opposait les Colons britanniques d’Amérique du Nord à leur métropole, la Grande Bretagne, de 1775 à 1783, une présence très remarquée des Descendants Africains, aux cotés des soldats de Georges Washington contribua efficacement à la grande révolution. Cette présence n’était autre que celle « Des Chasseurs Volontaires de Saint Domingue ». Un corps constitué par Ordonnance du 12 mars 1779, sous ordre du Comte Robert d’Argout, gouverneur général de la Martinique en 1775 et de Saint Domingue en 1777.
Nous sommes en septembre / octobre 1779. Soit 24 ans avant l’indépendance d’Haïti. A l’époque, l’Est de l’ile d’Haïti (actuelle République de Saint Domingue) et l’Ouest (actuelle République d’Haïti,) ne forment qu’un seul territoire. Sous domination française. Environ 800 « fusiliers de couleurs », tous des esclaves Affranchis, partent de Saint Marc, pour rejoindre la flotte française au large des cotes de la Géorgie, au Sud des Etats Unis. Rangés en ordre de bataille, 3500 soldats français sous le commandement du Comte Charles-Henri Théodat d’Estaing et 1500 soldats américains sous le commandement du général Benjamin Lincoln, se préparent à lancer l’assaut au siège de Savannah. Ces Descendants Africains sont un régiment de volontaires, composé de dix compagnies d’infanterie légère.
Le 8 septembre 1779, ils sont les premiers (selon certains historiens) à affronter les forces anglaises sur le terrain dans des opérations d’avant-garde, de reconnaissance et de couverture. Comme nouvelles unités, ils sont relativement inexpérimentés, mais combattent avec courage et détermination les forces britanniques. Cpendant, lors de la bataille du 09 octobre 1779, « Les Chasseurs Volontaires de Saint Domingue » subissent des pertes considérables. Et selon l’historien Stenio Vincent, cité par le New York Tribune du 6 juillet 1921, « ils réussissent néanmoins à tenir tête aux hommes du lieutenant-colonel Maitland, protégeant la retraite des forces franco-américaines et évitant ainsi un désastre total. » Bilan : 12 officiers et 88 soldats sont tués. Le Comte d’Estaing est grièvement blessé à la jambe droite et au bras gauche. En mai 1780, plus de 60 Chasseurs sont faits prisonniers, lorsque Charleston SC tombent aux mains des Anglais. La marine britannique capture également trois navires transportant des « Chasseurs Volontaires. » Ces soldats seront ainsi considérés comme trophées de guerre et vendus comme esclaves. A la fin des opérations, les forces unifiées françaises et américaines échouent dans leur tentative de déloger les Britanniques de Savannah.
Le compte rendu des opérations sera bien lourd en vie humaine, bien que les chiffres divergent. Selon les sources américaines, 1133 hommes, y ont laissé leur vie : 312 Américains, 821 Français dont 16 officiers. Quant au nombre exact des « Chasseurs Volontaires » tombés au champs d’honneur, on ne le saura jamais. Cependant quelques « Chasseurs volontaires » blessés, ont pu se sauver et leur identification certifiée. Ce sont : Pierre Pinchinat, André Rigaud, Pierre Faubert, Laurent Férou, Guillaume Bleck, Gédéon Jourdan, Louis-Jacques Beauvais, Jean Piverger, Pierre Cangé, Jean-Pierre Lambert, Pierre Tessier, Césaire Savary, Jérôme Thoby, Barthélémy-Médor Icard, Christophe Mornet ,Jea n-Louis Froumentaine, Jean-Baptiste Chavannes, Martial Besse, Jean-Louis Vilatte, Jean-Baptiste Léveillé, Luc-Vincent Olivier, Pierre Obas, Pierre Astrel, Jean-Baptiste Mars Belley, Henry Christophe.
Aujourd’hui, tous ces noms figurent sur le grand monument érigé à la Place Franklin, dans le quartier historique de Savannah. Juste en face de la première Eglise Baptiste des Esclaves Noirs d’Amérique fondée en 1773. On peut également y lire : « The largest unit of soldiers of African descent who fought in the American Revolution was the brave « LES CHASSEURS VOLONTAIRES DE SAINT DOMINGUE » from Haïti. This regiment consisted of free men who volunteered for a campaign to capture Savannah from the British in 1779. Their sacrifice reminds us that men of African descent were also present on many other battlefields during the revolution. (la plus grande unité de soldats d’origine africaine qui ont combattu pendant la révolution américaine, était les courageux « chasseurs volontaires de Saint Domingue ». Ce régiment se composait d’hommes libres qui se sont portés volontaires durant la campagne de capture de Savannah aux Britanniques en 1779).
Le monument des « Chasseurs Volontaires de Saint Domingue » inauguré le 8 octobre 2007, est un don de la « Haitian American Historical Society » érigé en collaboration avec la ville de Savannah. Un devoir de mémoire. Comme nous le confie Johnnie Brown, historien, collaborateur des journaux « USA Today » et « Wall Street Journal » : « c’était une façon de rendre hommage aux Descendants des Africains, aux hommes qui ont combattu et sont morts pour une patrie qui n’était et n’est pas la leur. » Une reconnaissance étrangement tardive, mais tout de meme une reconnaissance. Faite par le secrétaire d’Etat américain Cordell Hull, le 25 avril 1944, à Saint Marc. Dans la même église où s’étaient réunis les « Chasseurs Volontaires de Saint Domingue » qui allèrent se battre à Savannah. C’était à l’occasion du 165e anniversaire du départ, en 1779 des corps des « Chasseurs volontaires Haïtiens ». Une émouvante manifestation de souvenir au cours de laquelle fut dévoilée une plaque scellée dans le mur de la même église où l’on pouvait lire :
Ici
se sont réunis
les chasseurs volontaires
de ce pays
en instance de départ
sous les ordres du Comte d’Estaing
pour la campagne de Géorgie
Guerre de l’indépendance des Etats Unis d’Amérique 1779
« Les USA payaient ainsi une dette, qui durait déjà assez longtemps et mieux vaut tard que jamais », renchérit Johnnie Brown, également guide / propriétaire du « Freedom Trail Tour », une structure qui explore l’héritage des Noirs dans la ville de Savannah. D’ailleurs, le secrétaire d’Etat Cordell Hull, l’admettra sa détours, au cours de sa visite du 25 avril : « Nous payons aujourd’hui tribut au courage et à l’esprit des Volontaires Haïtiens de 1779, qui risquèrent leurs vies pour la cause de la liberté dans les Amériques. »
« A quand le tour de la France et de l’Afrique ? », attaque bille en tête, l’historien. Et d’ajouter : « D’ailleurs, elle s’en moque et l’Afrique s’en fiche. Ces Descendants Africains sont oubliés par les maitres d’hier et par les Africains eux-mêmes. Et pourtant, ils faisaient partie de l’armée française, bien qu’étant des volontaires. L’Afrique aussi, les a oublié. Et pensez-y, qu’il y en avait un Sénégalais, qui revendiquait avec orgueil d’être Sénégalais. »
Le regard vif et l’esprit alerte, l’historien reprend : « Il était le premier député noir à la convention de France en 1794. Il faut parler de ces hommes, de leur vie, de leurs souffrances et surtout de leur courage. » Eh bien ! Le Sénégalais, c’est Jean-Baptiste Mars Belley. Né à l’ile de Gorée et déporté comme esclave à l’âge de 2 ans. Dans les Antilles. Quant au « chasseur volontaire » Henry Christophe, il n’a que 12 ans à l’époque, et sert comme tambour dans le contingent de 1779. Du retour dans l’ile, il devient un des leaders dans la lutte pour l’indépendance d’Haïti, sous domination française. D’abord en tant que commandant de l’armée haïtienne et plus tard en tant que roi d’Haïti.
En ce 245e anniversaire d’indépendance des USA, c’est une occasion de plus, pour rendre un vibrant hommage à ces Descendants d’Africains qui ont versé leur sang pour la gloire et l’honneur de la première puissance mondiale.

Par Audifac Ignace (journaliste / écrivain) et Noreen Mc Royal (chercheure) Correspondance de Savannah ( Géorgie / USA)
Source : AFRIK.COM