8 Mai 2011
Dans de nombreux pays, dans tous les continents, des
journaux en difficultés ont été cédés à de grands patrons par les collectifs de
journalistes qui en avaient la propriété. Partout, ces médias ont
progressivement perdu leur indépendance. Par la combinaison de la censure et de
l'autocensure, cette mise sous tutelle est inévitable.
Pour exercer pleinement leur métier, des journalistes
de plus en plus nombreux s'investissent dans des médias numériques
indépendants. Leur objectif est de continuer à faire leur travail : enquêter
pour fabriquer l'information. Et, il n'est plus possible d'exercer la liberté
d'informer dans des médias contrôlés par les puissances économiques qui sont les
sujets des enquêtes!
De nombreux Algériens politisés, qui
réfléchissent hors des coteries manipulées par les clans et le système qui
régule leur compétition, refusent l'extension de ce processus de main mise de
l'argent dans notre pays.
La vente du groupe El Khabar au
multimilliardaire Rebrab et la réaction du ministre Grine ont le mérite de révéler
aux citoyens cette tendance de fond : les oligarques mettent la main sur des
médias algériens en difficultés. La liste des riches hommes d'affaires
impliqués est déjà longue. Rebrab franchit un nouveau pas dans la concentration
de journaux entre les mains d'un seul homme.
La distinction personne morale-personne physique est
ici dérisoire. C'est bien Rebrab, himself, qui contrôlera El Khabar en plus de
Liberté!
Il est souhaitable que les juges arrêtent l'OPA de
Rebrab, parce qu'elle contourne la loi avec des artifices. Comme il est
souhaitable qu'à cette occasion soit mis à l'ordre du jour la nécessité de
mesures de soutien aux collectifs de journalistes pour sauvegarder la pluralité
de la presse. Cette aide est la condition pour contrer la main mise des
puissances d'argent sur les médias. C'est l'absence de cette politique publique
de soutien à la presse qui prépare le terrain
aux puissances d'argent.
Publié par
Saoudi Abdelaziz
Source :
Le blog de algerie-info
