K.O technique
Avant d’être la victoire du candidat républicain
populiste sur la candidate démocrate du système, l’élection de Donald Trump à
la présidence des Etats-Unis est la victoire d’un peuple sur l’oligarchie
médiatique qui prétendait le cornaquer. Jamais les médias « mainstream »
n’avaient pris une telle claque. Un véritable krach qui fera date au même titre
que le krach de 1929 dans l'histoire économique, bien qu’il soit encore peu
commenté. Et pour cause, les commentateurs en sont les premières victimes.
Peut-être parce qu’ils s’étaient pris eux même à croire
à leurs mensonges et à leurs faux sondages, ne l’ont-ils pas vu venir. Le matin
de la victoire du républicain, pas un article cohérent en faisant état sur les
versions en ligne des grands journaux. Un black out médiatique généralisé. Le
prestigieux New York Times en perdait sa une, et refusait, en rupture avec les
principes déontologiques de base du journalisme, de reporter l’évènement. D’un
bout à l’autre de l’hémisphère ouest, les médias d’habitude rangés en ordre de
bataille comme un seul homme, cherchaient leur chemin, comme un nid de fourmis
sur lequel aurait marché le gorille.
A-t-on échappé de justesse à une
confrontation nucléaire ?
Bien sûr, tous les bien pensant, et parmi eux, les
artistes sponsorisés d’Hollywood ont déploré cette victoire, affichant sur les
réseaux sociaux des images de la statue de liberté les mains sur les yeux en
signe de catastrophe. Ils reprochent au peuple américain, qu’ils méprisent, sa
crédulité et son ignorance. Mais qui sait si le peuple, en barrant la route à
Hillary-la-corrompue, comme l’a surnommé son rival victorieux, ne s’est pas mis
en travers d’une guerre nucléaire ?
La véhémence des propos tenus par Hillary Clinton
pendant les débats présidentiels au sujet des Russes et des Chinois annonçait
des années bien plus dangereuses que les propos de Trump sur les femmes ou les
mexicains, ceux-ci fussent-ils peu glorieux. Pourtant, les médias ne semblaient
pas lui faire grief de ce ton va-t-en-guerre, et faisaient campagne unanime
pour elle, de sorte qu’elle est apparue comme une candidate suspendue par des
fils à la main invisible d’un deus ex machina.
Des médias va-t-en guerre détenus par des
groupes d’armement
Portons nos regard trois ans en arrière et, force est
de constater que les médias de l’ouest n’ont eu de cesse de militer en faveur
d’un antagonisme avec la Russie et la Chine, et maintenu une tension dramatique
constante sur le peuple avec des sujets à tendance islamophobes, anti chinois
et anti-russes, sans cesse réactualisés. Ce qui n’est pas étonnant quand on
sait à qui appartiennent lesdits médias. En France, Le figaro, appartient à
Dassault, marchand d’arme, le Journal du Dimanche, à Lagardère, marchand
d’armes, et libération, à Rothschild, Israélien. Pour ne citer que ceux là. Il
y a donc un conflit d’intérêts manifeste, de même qu’il a un conflit d’intérêts
lorsque la secrétaire d’état Clinton récolte des fonds très importants pour sa
fondation pendant son mandat. En raison même de ce conflit d’intérêts, il est
logique que ces médias n’effectuent pas leur devoir d’information en toute
indépendance, mais travaillent à l’accomplissement des objectifs des groupes
auxquels ils appartiennent.
On connaît maintenant l’économie de la
guerre au moyen orient.
Les grands conglomérats
militaro-industrialo-mediatico-pharmaceutiques promeuvent des guerres à
l’étranger, si possible loin de leurs frontières. Plus il y a de guerres, plus
ils vendent d’armes. Plus ils vendent d’armes, plus il y a de guerre, et plus
ils vendent de journaux ; la guerre détruit, donc il faudra reconstruire, et
cela tombe bien, en plus d’une chaîne de télévision, ou d’un journal, la
holding possède un groupe de bâtiments et travaux publics ; dans les pays ainsi
détruits (exemple Irak) ils installent ensuite au pouvoir une coalition qui
leur est soumise, hommes avec lesquels il est aisé de signer des contrats
avantageux d’exploitation des hydrocarbures et autres richesses naturelles ;
comme le pays a été mis à feu et à sang, les populations émigrent massivement ;
via leurs journaux positionnés à gauche, ces même groupes plaident en faveur
des solidarités entre peuples en montrant des photographies d’enfants de
migrants morts sur les plages de la méditerranée. En France, pour ces groupes,
l’immigration provoquée par ces guerres est d’abord la garanti d’un afflux de
main d’œuvre pas chère et beaucoup plus docile que le français moyen
syndicalisé. Par la même occasion ces guerres permettent aux laboratoires
pharmaceutiques et aux groupes industriels de vendre des millions de tonnes de
médicaments et de matériel médical. Par la force de ces opérations en Irak, en
Syrie et en Libye, alors que l’on fait croire aux peuples qu’il s’agit de
libérer des peuples et d’abattre des dictateurs sanguinaires, ces groupes
s’enrichissent considérablement avec d’autres intentions. Ils ont également
accompli une fonction politique. D’abord sur la scène internationale, ils ont
rendu service à des alliés, clients, associés ou actionnaires de la région qui
souhaitaient se débarrasser de leurs ennemis jurés. Nous nommons l’axe Arabie
Saoudite, Quatar, Israël, à titre d’exemple, qui ont pu se débarrasser ainsi de
leurs ennemis en Irak, en Syrie et en Libye. Sur le plan de la politique
intérieure, la droite comme la gauche ont également vu leur politique
influencée par ces conflits. La droite, grâce aux attentats et à la menace
terroriste qui résulte directement des interventions en Irak, en Libye et en
Syrie, a pu voter des lois privatives de liberté et sécuritaires – il faut de
plus en plus de lois à mesure qu’il y a de plus en plus de riches et de plus en
plus de pauvre. Lois qui ont été plébiscitées par les classes pauvres du peuple
comme l’ont montré les sondages. Le peuple ne voyant pas la manipulation dont
il est l’objet, terrorisé qu’il est, entre de lui même dans le piège vers
lequelle il est conduit. La gauche quant à elle, trouve dans ces guerres contre
le terrorisme un sujet opportun pour parler d’autre chose que de la misère
sociale qui gagne les classes sociales pauvres exploitées qu’elle à abandonné.
Elle profite également de ce divertissement et de l’état d’urgence sur le
terrorisme pour passer en toute discrétion des lois contre le travailleur, sans
que les médias de gauche occupés à parler de la guerre et des réfugiés, ne
consacre leurs une au sujet. A titre d’exemple, sous François Hollande, les
délais pour poursuivre son employeur aux prud’hommes est passé de 5 ans à 3
ans, et la loi Macron, qui est ironiquement appelé « loi pour l’égalité des
chances », a retiré la possibilité au justiciable de se défendre lui même en
cas d’appel de la décision rendu par le tribunal de prud’hommes.
Ainsi ces même médias qui reprochaient à Trump ses
propos sur les mexicains ou sur les femmes, et tous les bien pensant avec eux,
la bourgeoisie de gauche et de droite qui forme et arrête ses opinions en
regardant le journal de 20H sur TF1, en lisant libé ou le Figaro, ne se sont ils
pas formalisés qu’Hillary Clinton ait voté la guerre en Irak. Peu importe que
cette guerre ai eu pour conséquence direct la mort de cinq cent mille civils,
femme et enfants compris.
Un observateur neutre y verrait une forme de
négationnisme de crime contre l’humanité. D’un point de vue moral, une faute
sans commune mesure avec les propos tenus par trump pendant sa campagne
électorale. Mais peu importe. Les bourgeois sont habitués à vivre dans la
contradiction et les médias aussi.
L’Irak ? La Libye ? La Syrie ? Pas capable d’émouvoir
notre français moyen…Ou du moins plus capable depuis les attentats de Charlie
Hebdo et du Bataclan grâces auxquels un « Je suis Charlie » unanime a pu
remplacer un « nous sommes tous palestiniens » qui avait peine à prendre il est
vrai, les tenants socialistes du « touche pas à mon pote » se muant avec une
rapidité déconcertante en prosélytes du « mon pote est un terroriste ».
Tout cela mériterait réflexion, questionnements et
enquêtes. Mais les médias sont repartis en rang de bataille. La colonne de
fourmis c’est remise en route vers ses buts destructeurs et querelleurs, armée
de toute sa mauvaise foi : pourquoi les sondages se sont trompés ? Hillary a
t’-elle été victime d’un vote machiste ? Ce qu’a dit trump sur la France (et
pas du bien)… Et si Michelle Obama se présentait ? Ne cédons pas au sirène du populisme…
etc.
Finalement, cela est clair. Au travers des sujets
qu’ils abordent et de la manière dont ils en parlent, les médias de l’occident
n’ont pas pour préoccupation bienfaisante le bonheur des peuples et encore
moins leurs désirs, mais l’obsession de tromper, de diviser, et de divertir.
Les journalistes appartiennent au peuple me direz vous. Oui, c’est vrai. Mais
ils sont dans la situation d’adeptes d’une secte. Victimes et bourreaux pour la
plupart, payés pour faire leur boulot dans des sociétés vivant dans la peur, le
chômage et l’auto flagellation.
La France prisonnière des idéologies ?
La possibilité d’une victoire du vote populaire sur le
diktat médiatique semble peu probable en France. Premièrement, il n’y a pas de
candidat d’envergure capable de rassembler le peuple. Deuxièmement, s’il se
présentait, il ne serait pas élu. Donald Trump a pu être élu parce que le
peuple américain n’est pas contaminé par les idéologies. Le peuple américain
est pragmatique et met la liberté au dessus de l’égalité. C’est ainsi que
Donald Trump a pu réunir les classes populaires et les classes supérieures
conservatrices. En France, jamais le peuple ne pourrait voter pour un
milliardaire. Une partie du peuple votera toujours socialiste ou communiste,
par réflexe conditionné. Le changement est ainsi rendu impossible. Ceci, pour
le plus grand bonheur de nos petits politiciens de droite et de gauche qui
prospèrent sur la misère sociale, l’appauvrissement des classes moyennes
travailleuses, et l’ignorance de la petite bourgeoisie, dont ils se partagent
la gestion depuis 30 ans.
Par Marion Rul
Source : AGORAVOX
