Dirigeant
libanais marxiste des FARL (Fractions armées révolutionnaires libanaises) il
avait été condamné en 1987 à la détention perpétuelle pour complicité dans
l'assassinat à Paris de deux diplomates américain et israélien, payant
largement pour des attentats qui n'étaient pas les siens. Récit d'un parcours
hanté par l'histoire.
Il est
devenu l'un des plus anciens prisonniers politiques du monde, battant
sinistrement cette année le record de Nelson Mandela. Aujourd'hui oublié, il
fut un spectre des années 80. Vingt-neuf ans après son arrestation, son nom
reste associé à juste titre à plusieurs meurtres perpétrés en Europe en pleine
guerre du Liban mais aussi, par confusion médiatique, à une vague d'attentats
aveugles qui lui est certainement étrangère tant son propre combat était ciblé.
Sa trajectoire reflète les drames d'une époque.
Issu d'une
famille chrétienne maronite, Georges Ibrahim Abdallah naît en 1951 à Koubeyat,
un gros village du nord du Liban. C'est là qu'il grandit, au sein d'une fratrie
de 9 enfants, sous la forte autorité d'un père militaire. Devenu professeur de
collège, il est muté à Beyrouth où, à contre-courant de sa culture familiale,
il sympathise avec les milieux pro-palestiniens et nationalistes arabes, à
l'époque plus imprégnés de marxisme que d'islamisme. Après le début de la
guerre du Liban, il rejoint le Front populaire de libération de la Palestine
(FPLP) puis une petite organisation qu'il a sans doute contribué à faire naître
: les Fractions armées révolutionnaires libanaises (FARL).
Composée
surtout de militants originaires de ... Koubeyat, celles-ci cherchent, après
l'invasion du Liban par Israël (20 000 morts combattants et civils), à porter
en Europe la guerre subie au Proche-Orient. Plusieurs actions meurtrières leur
sont attribuées au début des années 80 dont, en 1982, les assassinats à Paris
du Lieutenant-Colonel Charles Ray (attaché militaire adjoint de l'ambassade des
États-Unis en France) et Yacov Barsimentov (deuxième conseiller à l'ambassade
d'Israël) ainsi que, en 1984, celui à Rome de l'amiral américain Leamon Hunt.