vendredi 5 août 2011

Chili - LETTRE ECRITE EN PRISON PAR RECAREDO GALVEZ, DIRIGEANT ETUDIANT CHILIEN EMPRISONNE DANS LA FOULEE DES MOBILISATIONS ETUDIANTES DANS CE PAYS.

mardi 2 août 2011, par Recaredo Gálvez 

Compagnes et compagnons,
Au cours de nos vies, nous rencontrons de multiples défis qui nous font apprécier et comprendre quel est le vrai motif de notre parcours.

Il est douloureux de voir comment les luttes justes que nous assumons à travers ces défis de la vie sont criminalisées et surtout combattues par ceux qui désirent maintenir le pouvoir qu’ils ont toujours détenu. Ils utiliseront toutes les méthodes, du mensonge à la violence la plus absolue, pour éviter que nous construisions la Société Nouvelle dont nous avons besoin et que nous méritons.
Notre lutte est juste et le sera toujours. Aujourd’hui nous ne devons pas nous laisser déconcentrer et nous devons continuer de lutter. Si je dois payer pour les mensonges de quelques-uns, sachez que je ne me sentirai pas seul et que je sais que vous, camarades, continuerez de croire dans les idées que j’ai toujours voulu traduire en paroles et en actions.
Le moment actuel que traverse notre pays est une opportunité que nous ne devons pas perdre afin d’unifier les causes de notre mécontentement ; nous savons que nous avons tous les outils pour avancer toujours plus fermement vers l’aube tant attendue. Ne perdons pas nos mots, ne doutons pas de sortir dans les rues pour crier notre rage et, surtout, n’arrêtons pas de nous organiser. Seul le pouvoir collectif est capable de briser la répression.
Je fus détenu loin de la marche et je fus durement agressé physiquement à l’intérieur de l’autobus des carabiniers, jusqu’à en perdre conscience. Je me suis réveillé, assis, exposé et humilié. Je n’ai su le motif de ma détention qu’au commissariat plusieurs heures plus tard.
Lorsque j’étais à l’hôpital, le médecin de garde réprimanda les carabiniers pour la gravité des blessures qu’ils m’avaient affligées à la tête. Il ordonna qu’on me fasse passer un scanneur et une radiographie, toujours avec les menottes aux poings, par ordre des gens en uniforme et accompagnés d’un sous-lieutenant carabinier (les menottes étaient les siennes). L’inquiétude des carabiniers était évidente et ils essayèrent de me sortir rapidement de l’hôpital. Un carabinier revint accompagné d’un nouveau médecin, sans identification, qui se moqua de la lutte étudiante, en disant que je n’avais rien de grave et me donna quelques anti-inflammatoires. Les carabiniers tentèrent de me faire signer une déclaration motivant ma détention qui indiquait, après plusieurs heures de détentions, que j’étais accusé d’attentat contre un carabinier. Je ne connus jamais le résultat de mes examens médicaux.
Bien qu’en piteux état, on me fit attendre longuement au commissariat pour finalement me lire mes droits. On me demanda de quelle couleur étaient mes vêtements, et pendant qu’un carabinier donnait les réponses au téléphone, on m’intimida pour que je déclare que je portais une capuche noire. Curieusement, dans la déclaration postérieure du carabinier qui dit avoir été l’objet d’une agression de ma part, il donne textuellement la description que j’avais transmise à l’autre carabinier qui parlait alors au téléphone.
De plus, la déclaration décrivait en détail que j’avais lancé un cocktail Molotov vers le carabinier, ce qui est entièrement faux, puisque je n’ai jamais lancé un tel objet. Dans mon sac à dos « apparurent » deux bouteilles de nectar vides. En fait, ils n’ont rien trouvé dans mon sac à dos puisqu’il ne contenait rien. De plus, il n’y a aucune trace de substance incendiaire dans mes mains, puisque je n’ai jamais transporté ni lancé quoi que ce soit.
Si les carabiniers ont menti en premier lieu, que puis-je espérer de mon jugement ? Comment ne pas penser que les carabiniers ont inventé toute cette histoire, car j’ai des responsabilités en tant que dirigeant étudiant universitaire ? Comment ne pas penser que ce fut une attaque contre les dirigeants les plus engagés au sein du mouvement étudiant ? Comment expliquer la raclée brutale à laquelle je fus soumis et les sales mensonges qu’ils ont orchestrés ?
Ce qu’ils ont fait n’est rien de plus qu’un acte grossier visant à cacher la force répressive démesurée qu’utilisent les carabiniers, appuyés par le gouvernement, contre tout le Peuple du Chili. Couvert de honte, ils ont décidé que je suis responsable d’une tentative de meurtre manquée. L’absence de preuves contre moi leur tombera dessus comme une pierre au visage et la justice leur donnera la punition qu’ils méritent pour avoir mentis et pour m’avoir fait prisonnier.
Pour sa part, la juge a décidé que je devais être en prison, car je représente un danger pour la société. Il semblerait qu’aujourd’hui, être capable de défendre des causes justes à travers l’organisation collective et transparente, c’est être une être humain dangereux. C’est un danger pour cette société oppressive que nous nous ouvrions les yeux et soyons capables de lutter pour l’éducation, dans les quartiers populaires et sur les lieux de travail. Il paraît que ce sera toujours un danger que les étudiants dénoncent les injustices dans notre système d’éducation et qu’ils luttent pour que ça change ; que les travailleurs obtiennent un traitement juste et des salaires dignes ; que les habitants des quartiers populaires en aient assez d’obtenir que des miettes, de subir des injustices et qu’ils exigent de vivre dans des conditions de logement digne. C’est un danger pour cette société oppressive que l’éducation, le travail, la santé et les logements soient dignes pour tous. Dans cette société organisée autour de quelques-uns, il est menaçant que plusieurs aspirent à créer un monde nouveau...
Depuis mon enfance, j’ai appris que c’était dangereux de dire ce que je pense, et plus dangereux encore, de motiver les autres pour qu’ils le fassent également. J’ai appris que pour triompher, le mieux à faire est de dénoncer clairement les manques de ce monde oppressant, par le débat et la démocratie directe.
Aujourd’hui, le système me révèle encore une fois le danger d’être ce que je suis. Il le fait cette fois-ci de façon plus violente, à coups de poings, de mensonges, et en m’emprisonnant, me privant des gens et du peuple qui me renforcent.
Mais je ne suis pas inquiet et je n’ai pas peur puisque je sais que je ne suis qu’un parmi tant d’autres. Je sais qu’à l’extérieur de ces barreaux il y en a des centaines de meilleurs que moi, tout comme ici à l’intérieur.
Je sais qu’aujourd’hui mon nom a été traîné dans la boue, mais les idées qui font de moi un homme libre ne s’éloigneront jamais de ma conviction toujours plus forte à lutter pour un monde meilleur.
Camarades, amis et amies, aujourd’hui plus que jamais, en tout moment et en tout lieu, dans chaque rêve et dans chaque réalité, SEULE LA LUTTE NOUS RENDRA LIBRES.
RECA
RECAREDO GÁLVEZ, SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA FÉDÉRATION DES ÉTUDIANT-E-S DE L’UNIVERSITÉ CONCEPCIÓN
* Traduit de l’espagnol par Catherine Sanchez Saornil (tiré de La gauche, Québec)

Déclin et chute de l’empire américain

Le gouvernement des Etats-Unis et ses médias prostitués ont gaspillé du temps et de l’énergie en créant une hystérie à propos d’une “crise du plafond de la dette” non existante. Après avoir lu la “nouvelle” au ministère de la propagande et avoir été témoin de la stupidité du gouvernement américain, le reste du monde est effaré par l’immaturité “de la seule super-puissance mondiale”.

Quelle est cette superpuissance, se demande le monde, qui est capable d’aller jusqu’à la 11ème  heure pour convaincre le monde, qui détient ses réserves bancaires et sa dette du trésor, que le gouvernement américain va faire défaut sur sa dette ?

Chaque nation du monde se préoccupe maintenant de savoir si le jugement et la sanité du pays qui détient le plus gros arsenal nucléaire au monde, sont toujours opérationnels. Ceci est le résultat de l’action des républicains, qui ont pris une augmentation routinière du plafond de la dette, un évènement qui s’est déjà produit plusieurs fois au cours de ma vie, et en ont fait une crise menaçant le système financier mondial.

Soyons clairs; il n’y a jamais eu aucun risque de défaut sur la dette des Etats-Unis alors que le président Obama possède le pouvoir établi par George W. Bush sous la forme de la directive présidentielle 51 de déclarer la faillite de l’état américain comme une mesure d’urgence nationale et de mettre entre parenthèse le plafond de la dette et le pouvoir du congrès sur le porte-feuille de la nation et de continuer à créer toute la dette nécessaire pour financer les dettes du gouvernement américain et ses guerres.

Que la presse américaine ait pris pour argent comptant cette “crise” hyper gonflée ne démontre que plus avant son statut de prostituée.

La dette publique des Etats-Unis augmente trop rapidement par rapport à son PIB, bien qu’elle soit toujours sous les pourcentages atteints lors de la seconde guerre mondiale. Le problème qui est ignoré par les idiots de Washington et la presse prostituée est que la dette augmente en relation à l’économie parce que l’économie n’augmente pas, mais les dépenses de guerres elles, augmentent.

Pourquoi l’économie ne se développe t’elle pas ?

Simplement parce qu’elle a été délocalisée. Ce qui était auparavant du PIB américain produit à Gary, Indiana; St Louis, Detroit, Silicon Valley et bien d’autres endroits aux Etats-Unis, est maintenant du PIB pour la Chine, l’Inde, l’Indonésie et d’autres pays où la main d’œuvre ouvrière et les professionnels des services peuvent être payés bien en dessous des salaires états-uniens.

Que se passe t’il avec la délocalisation ? La réponse est claire. Le PIB américain, le revenu du consommateur, les opportunités de carrière et la base fiscale quittent le pays. Les profits et bénéfices des entreprises augmentent à cause des moindres coûts du travail.

Tout cela pour quoi ?

La réponse est que cela n’est bon que pour Wall Street, les actionnaires d’entreprises et le management des corporations. Leurs revenus grimpent et le PIB diminue ainsi que les opportunités d’emploi pour les Américains et la base fiscale pour le gouvernement.

L’autre destructeur de la perspective économique américaine a été la dérégulation du secteur financier. Les économistes ont théorisé que les marchés s’auto-régulaient d’eux-mêmes et ont créé l’illusion que la rapacité n’était jamais un problème. Ceci fut une douce musique aux oreilles de Wall Street. Le président de la réserve fédérale Alan Greenspan et la trésorerie états-unienne, propriété de Wall Street, sautèrent dans le train en marche. Ceux qui, comme Brooksley Born, reçurent le pouvoir légal de réguler les marchés dérivatifs furent virés de leur position par le président de la réserve fédérale, le ministre des finances et le président de la SEC.

Les institutions financières, libérées des accords Glass-Steagall, libérés des obligations de capital et libérés de tout contrôle, ont immédiatement appuyé la dette sur des paris irréalistes qu’ils ont emmenés à un niveau jamais vu. Quand la combine s’est effondrée, la réserve fédérale prêta aux banques américaines et à certaines banques étrangères la somme de 16 100 milliards de dollars, une somme plus importante que la dette nationale US et plus grande que le PIB américain.

Où diable la réserve fédérale a tels trouvé ces 16 100 milliards de dollars ? La Fed les a créé de l’air du temps sur quelques touches d’un clavier ordinateur.

Pendant que la Fed créait ces 16 100 milliards de dollars en nouveaux prêts pour des banques privées, les banques ainsi sauvées passèrent au bulldozer les maisons repossédées des citoyens américains insolvables et expulsés.

http://news.yahoo.com/bulldoze-way-foreclose-102000063.html

Ainsi, en Amérique, la lumière du monde, les citoyens sont jetés à la rue afin que les banques puissent détruire leur maison.
Ceci n’a un sens qu’aux Etats-Unis.

Et ce ne sont pas que les Américains qui se retrouvent à la rue et sans abri grâce à la politique américaine. Des Afghans, Pakistanais, Irakiens, Yémenis, Somaliens, Libyens, sont également forcé à être sans abri à cause de la politique américaine. De plus, les guerres des Etats-Unis contre ces gens ajoutées au budget de soutien du complexe militaro-industriel et de sécurité, compte pour 70% du déficit du budget états-unien. En fait, le coût de ces guerres dépasse le futur budget planifié pour économiser dans les limites des nouveaux accords sur la dette.

En d’autres termes, le coût des guerres qui jettent à la rue des millions d’étrangers pompe les revenus que le gouvernement fédéral aurait pu utiliser pour sauvegarder les maisons des américains et garder des enseignants dans les écoles. Aussi loin que des républicains disent être concernés a propos de la dette publique, ces républicains ne sont pas du tout concernés pour ce qui est de faire des coupes franches dans le budget de 1200 milliards de dollars alloué aux dépenses militaires et de la sécurité ou pour augmenter la fiscalité bien trop basse des méga riches.

Regardez ces titres datant du 30 Juillet, juste deux jours avant la date limite pour le défaut sur la dette; titres émanant d’un groupe en ligne: Stop NATO (NdT: Arrêter l’OTAN du journaliste Rick Rozoff):

- L’armée américaine va se cantonner en Australie pour contrer la Chine

- Avis d’expansion des opérations de contre insurrection aux Philippines

- Les Etats-Unis pourrait moderniser des vaisseaux de guerre polonais pour la Mer Baltique

- Bulgarie: le Pentagone continue la modernisation des bases militaires

- Les Etats-Unis utilisent une base aérienne roumaine pour leur logistique dans la guerre en Afghanistan

- La station de partenariat américaine pour l’Afrique en Afrique de l’Est

- Mongolie: Les Etats-Unis mènent des exercices militaires avec l’OTAN et les alliés asiatiques de l’OTAN

- Guerre de Libye: Plus de 17 000 mission aériennes pour l’OTAN

- La grosse affaire: La guerre contre la Libye est la guerre contre l’Afrique

Que diable un pays au bord de la banqueroute se permet-il de faire des exercices militaires en Mongolie et en Asie centrale ? Que fait l’OTAN, créée pour contrer une poussée de l’URSS en Europe de l’Ouest, en Mongolie ?

Pourquoi ces dépenses militaires sont-elles vues comme nécessaires, mais pas celles qui permettraient d’empêcher la population sans logis aux Etats-Unis d’augmenter et d’empêcher que plus de maisons ne soient détruites ?

Pourquoi les républicains n’écoutent-ils pas quand le méga milliardaire Warren Buffet leur dit que le ratio fiscal sur son revenu énorme est bien plus bas que celui imposé à sa secrétaire ?

La réponse est que les républicains ont un agenda: la guerre. Et les républicains veulent financer cette guerre, pas en imposant les gros revenus mais en coupant les programmes de soutien à ceux qui sont déjà à la rue et n’ont plus rien.

De toute façon: même si toutes les coupes interviennent, l’économie totalement affaiblie résultera en de nouvelles projections de déficit qui va balayer d’un coup les économie envisagées par l’accord sur la limite de la dette.

Que fera alors le gouvernement ?

Tant que les législateurs n’auront pas compris que l’économie a été délocalisée et ne prendront pas les mesures qui s’imposent pour la ramener à la maison, il n’y aura aucune solution au problème de la dette de l’Amérique, ni au chômage du reste.

Article original en anglais : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=25872
Traduction : Résistance 71
Paul Craig Roberts est un collaborateur régulier de Mondialisation.ca.  Articles de Paul Craig Roberts publiés par Mondialisation.ca