mercredi 29 avril 2015

Séisme au Népal : Si le séisme est le produit d'énormes forces naturelles, l'étendue de la mort et de la destruction a des racines sociales déterminées.



Malgré leur solidarité de façade, les grandes puissances n’ont fourni que peu d'aide d'urgence à ce jour.

Plus de 4000 personnes sont mortes et plus de 7500 blessées suite à un séisme majeur qui a frappé le Népal samedi dernier, juste avant midi, heure locale. Le nombre de morts est susceptible d'augmenter encore fortement à mesure que des corps sont extraits des décombres et que les équipes de secours commencent à atteindre les villages reculés actuellement coupés du monde. Des dizaines de milliers de personnes sont sans abri et la plupart des gens vivent dehors par crainte de nouvelles répliques. 30 des 75 districts du pays ont été touchés.
Le séisme a atteint une magnitude de 7,8 sur l'échelle de Richter et son épicentre était situé à environ 80 kilomètres à l'ouest de la capitale népalaise Katmandou. Douze répliques se sont produites pendant la seule journée de samedi ainsi qu’un autre séisme important de magnitude 6,7 dimanche.
Le séisme a été ressenti jusque dans la capitale indienne New Delhi et a fortement touché les Etats du Bihar et de l'Uttar Pradesh dans le nord de l'Inde où 58 personnes sont mortes. Au Bangladesh, deux personnes ont été tuées dans la capitale Dhaka et dans le district de Pabna dans le nord-ouest du pays. L’onde de choc a également été ressentie au Pakistan et dans les régions avoisinantes de la Chine.
La zone de Katmandou et ses alentours, où vivent plus de 5 millions de personnes, a été parmi les plus durement touchées. La mauvaise qualité des bâtiments, aggravée encore par l'absence de normes de construction imposées, signifiait que la majeure partie de la ville était menacée. De nombreux bâtiments anciens ont été transformés en ruines. Les neuf étages de la Tour Bhimsen, édifice historique reconstruit en 1832 après un tremblement de terre cette année, se sont effondrés, ce qui aurait tué ou piégé 250 personnes.
Une grande partie de la capitale est sans transport, électricité ou carburant. Selon un rapport de l'ONU, « Dans la vallée de Katmandou, les hôpitaux sont surpeuplés, manquent de place pour entreposer les cadavres et se trouvent aussi à court de fournitures d'urgence. Bir Hospital, un grand hôpital de Katmandou prodigue des soins aux gens dans les rues ... La majorité de la population reste en dehors des maisons par crainte de répliques et des dommages structurels des bâtiments ».
Gary Shaye, un responsable de l’ONG Save the Children, a expliqué au New York Times que Katmandou était « densément, très densément peuplé. » Il a averti que les travailleurs humanitaires devaient livrer « une course contre le temps » car la mousson doit commencer en juin. « Même si nous avions toutes les bâches en plastique et tous les abris temporaires, est-ce que ce sera suffisant?» a-t-il demandé.
En dehors de la capitale, de nombreux villages ne sont accessibles qu'à pied ou par hélicoptère. Matt Darvas, travailleur humanitaire de World Vision a déclaré au New York Times: « Des villages de ce genre sont régulièrement touchés par des glissements de terrain, et il n'est pas rare que des villages entiers de 200, 300, et jusqu'à 1000 habitants soient complètement enterrés sous des chutes de pierres. »
Une avalanche déclenchée par le tremblement de terre a tué au moins 18 personnes et en a blessé 61 au camp de base du Mont Everest.
La région de l'Himalaya, où est situé le Népal, est particulièrement sujette aux tremblements de terre. Le dernier séisme majeur à frapper la région eut lieu au Sichuan dans le sud-ouest de la Chine en 2008, où quelque 90.000 personnes ont été tuées. Le Népal a été frappé en 1934 par un séisme massif qui a tué plus de 10.000 personnes, plus 7000 personnes dans l'Etat de Bihar en Inde.
Si le séisme est le produit d'énormes forces naturelles, l'étendue de la mort et de la destruction a des racines sociales déterminées – elle résulte de l'absence de préparation et de planification, de bâtiments et d’une infrastructure qui ne sont pas antisismiques. Les zones les plus touchées et les plus négligées sont invariablement les plus pauvres.
Bien qu'il soit difficile de faire des prédictions précises sur quand, où et avec quelle intensité un tremblement de terre frappera, des prévisions plus générales ont été faites. En 2013, le sismologue Vinod Kumar Gaur a averti dans l'Hindou: « Les calculs montrent qu'il y a une énergie accumulée suffisante maintenant pour produire un séisme de magnitude 8. Je ne peux pas dire quand. »
Cependant, le gouvernement népalais a peu fait pour se préparer à cette éventualité. Le pays est embourbé dans une crise politique prolongée depuis une décennie après que la monarchie a été abolie et le Parti communiste du Népal maoïste (PCN-M) a été intégré dans l'establishment politique. De durs marchandages entre sections rivales de l'élite dominante ont bloqué les tentatives de rédiger une nouvelle constitution et aucun des principaux partis n'a la moindre préoccupation pour le sort des travailleurs et de la population rurale pauvre.
Le ministre de l'Information et de la Radiodiffusion Minendra Rijal a déclaré à la télévision indienne que le gouvernement avait « lancé un plan d'action massif de sauvetage et de réhabilitation et il y a beaucoup à faire. » Toutefois, en raison du manque d'équipement lourd et d’avions, les opérations de secours ont été lentes, ce qui risque d’entraîner de nombreux décès supplémentaires.
Le Népal est un des pays les plus pauvres du monde. La directrice générale d'Oxfam Winnie Biyanyima a expliqué que « la moitié de la population de 28 millions d’habitants du Népal n'a pas accès à un assainissement amélioré et vit en dessous du seuil de pauvreté, et environ un sur trois vit dans une pauvreté extrême. » Ce n’est pas seulement le gouvernement népalais qui porte la responsabilité du sort de la population mais les grandes puissances qui fournissent une aide financière dérisoire, y compris pour ce qui est de se préparer à un séisme majeur.
La revue d'affaires britannique, The Economist a fait remarquer: «Théoriquement, il y avait largement le temps pour que de nombreuses agences internationales et d'autres bailleurs de fonds fassent des plans pour un séisme au Népal, dont on dit qu’il a 92 lignes de faille actives. Le Népal pullule d'experts étrangers, recrutés pour se concentrer précisément sur ce genre de problème. « Pourtant, mis à part le renforcement de quelques bâtiments scolaires et hospitaliers, très peu a été fait. »
Malgré leur solidarité de façade, les grandes puissances n’ont fourni que peu d'aide d'urgence à ce jour. L'Inde a déployé 13 avions de transport militaires et une équipe d'intervention d'urgence de 40 personnes tandis qu'une équipe chinoise de recherche et de sauvetage est déjà arrivée à Katmandou. Le gouvernement britannique a mis $7,5 millions à la disposition des organismes de bienfaisance travaillant au Népal et la Norvège a promis $4 millions.
Toutes ces promesses sont loin de ce qui serait nécessaire dans l'immédiat, sans parler de l'aide financière dont on aura désespérément besoin pour la reconstruction. À ce jour, les États-Unis, par l'intermédiaire de leur ambassade à Katmandou, ont offert une aide misérable d'un million de dollars et envoient une équipe d'intervention d'urgence de 62 personnes.
La principale motivation de cette offre d’aide est de promouvoir des intérêts économiques et stratégiques. Au cours de la dernière décennie, le Népal, qui borde la Chine et l'Inde, est devenu le centre de rivalités géopolitiques croissantes. Cela s’est intensifié par l'intervention des États-Unis qui, dans le cadre de leur « pivot vers l'Asie », cherchent à encercler la Chine par une série de partenariats et de liens militaires, y compris avec le Népal.
Ce n'est pas un hasard si, lorsque le séisme a frappé, deux équipes de forces spéciales américaines étaient déjà dans le pays effectuant un exercice d'entraînement. Washington augmentera sans doute dans les prochains jours sa proposition d'aide dérisoire qui sera soigneusement calibrée pour maintenir le Népal plus fermement dans la sphère d'influence américaine.
Par W.A. Sunil
Source : wsws

lundi 27 avril 2015

Drame de l'immigration : Honte à cette France, à ces USA, à cette Europe et autres occidentaux, véritables pyromanes qui font un usage mensonger de leurs médias et manipulent leurs populations pour se faire passer pour d'innocents pompiers et sauveurs humanistes.



En effet, l'immigration naît du désir des immigrants de rechercher un mieux-être pour répondre à leurs aspirations légitimes de paix et d'un meilleur niveau de vie. Connaitre donc les sources d'appauvrissement et de guerre des pays d'origine peut efficacement permettre de proposer les meilleures solutions dans le but de stopper l'immigration vers les pays européens. Il convient urgemment de mettre fin à cette hécatombe qu'engloutit chaque année l'insatiable mer Méditerranéen. Le drame est réel et se répète toujours.
Cette fois, les responsables européens ont clamé haut vouloir y mettre fin. Mais l'hypocrisie continue et manifeste de ceux-ci nous amène d'en douter. Quelles sont donc les causes de ces flux migratoires ?
Les pays d'origine de ces immigrants permettent d'être situé : Irak, Afghanistan, Libye, Syrie Somalie, Mali, RCA où des guerres ont été menées par les occidentaux coalisés pour officiellement mettre fin au terrorisme d'Al Qaida de Ben Laden lequel avait été précédemment coopté par les américains pour chasser les moudjahidines.
Il était aussi parfois utilisé le prétexte de mettre fin au règne de chefs d'état qualifiés de dictateurs. Ces occidentaux sont venus tuer impunément des milliers de civils avec l'argutie d'installer la démocratie et de protéger ces populations des armes de destruction massive qu'utiliseraient ces gouvernants contre leurs peuples.
A la vérité, à la place de démocrates, ils installent plutôt de véritables dictateurs à leurs soldes, adeptes de leurs sectes exotériques et donc la « Démon-cratie ». Alors, aujourd'hui, dans ces pays les citoyens s'entretuent, des clans sont suscités pour semer la division et faciliter ainsi le pillage des ressources de ces pays. Tel est le cas particulier dans la Libye d'après Khadafi, lâchement assassiné par Sarkozy, le bourreau des africains.
Honte à cette France, à ces USA, à cette Europe et autres occidentaux, véritables pyromanes qui font un usage mensonger de leurs médias et manipulent leurs populations pour se faire passer pour d'innocents pompiers et sauveurs humanistes.
Ces guerres ne peuvent que pousser les honnêtes citoyens de ces pays à rechercher l'exil, la richesse et la paix en dehors de leurs territoires où la guerre sévit par le fait des occidentaux. Ces derniers viennent semer la désolation, la pauvreté et la mort chez les autres, dans le dessein lugubre d'accroitre l'opulence de ces prédateurs occidentaux. Ils viennent s'accaparer les richesses des pays pour les partager chez eux, à leurs citoyens. L'immigration leur donne de servir les véritables propriétaires qui vont là où sont envoyées leurs richesses. Pourquoi les occidentaux cherchent-ils alors à fermer leurs frontières ? Vraiment, la raison du plus fort est toujours la meilleure !
Si, dans les pays précédemment cités, la guerre a été menée ouvertement par ces occidentaux, dans les pays au Sud du Sahara, c'est plutôt de façon sournoise et par procuration que le France et les occidentaux se sont attaqués aux africains.
La France a toujours commandité dans ses ex-néo-colonies et dans plusieurs états africains des coups d'état, des rébellions, des massacres de populations, pour installer des régimes fantoches à sa solde. Ceci, dans l'unique but de continuer de mieux vivre sur le cordon ombilical des pays africains. Quel vampirisme ! Ce fut le cas au Nigéria avec la guerre du Biafra, en Sierra Leone, au Libéria, en Côte d'Ivoire, au Mali…
En Côte d'Ivoire, la France, pour justifier son coup d'état, a diaboliquement présenté, à l'aide de ses médias, Gbagbo le démocrate, l'homme de paix, le père de la démocratie ivoirienne, comme un dictateur sanguinaire. Ce plan satanique, concocté par la France de Chirac, pour chasser Gbagbo du pouvoir, a atteint son objectif 10 ans plus tard avec Sarkozy, le criminel qui n'a pas hésité à exterminer des milliers d'ivoiriens à l'aide de bombes et de missiles.
L'ex-Chef d'Etat français a installé au pouvoir un criminel, froid et sans cœur, qui, quatre ans après le coup d'état, persévère dans les exactions, les occupations de plantations et de domiciles, les expropriations abusives, les emprisonnements arbitraires et l'injustifiable rattrapage ethnique. Quand ceux qui rentrent d'exil continuent d'être martyrisés jetés en prison avec le silence coupable des occidentaux, autrefois très prolixes sous Le Président GBAGBO, que reste-t-il à faire pour sauver leur peau si ce n'est l'exil ? Cet exil se fera par la traversée de la Méditerranée.
On peut à juste titre se poser la question de savoir pourquoi les forces vives d'Afrique et du Moyen-Orient, s'engagent-ils de façon irrésistible vers une mort certaine. Cette issue macabre est le résultat d'une grande désolation ; et si ces peuples choisissent cette voie, c'est qu'il y a sans aucun doute un danger plus grand que la mort qui les poursuit dans leurs pays d'origine ; un danger toujours suscité par les mêmes impérialistes.
Si Chirac et Sarkozy ont pu tuer leurs compatriotes et des milliers d'ivoiriens en Côte d'Ivoire et dans bien d'autres pays, pour la grandeur de la France, ces européens sans foi ni loi, peuvent aussi exterminer ces milliers d'étrangers qui cherchent à débarquer sur leurs côtes. Ces occidentaux sont capables de faire chavirer volontairement les embarcations de fortune de ces immigrants et se délecter de la mort de ceux-ci, sans aucun remords.
Pourquoi alors ces occidentaux versent-ils des larmes de crocodiles quand l'on sait qu'ils sont la source et les responsables de l'appauvrissement de l'Afrique, de la spoliation des richesses africaines, des obligations de loger les réserves de change de pays africains au Trésor Français pour enrichir la France et appauvrir davantage l'Afrique ? C'est la France, l'auteur des guerres par procuration qui fragilise sans cesse la paix en Afrique.
Ces immigrants ne vont que là où se trouvent leurs richesses et la paix. C'est pour cela que l'Europe continuera de voir arriver des immigrants venus des pays du Sud qu'ils appauvrissent et martyrisent. Cela se poursuivra tant que les occidentaux installeront des dictateurs, des sous fifres pour piller les richesses africaines.
Le refus d'accepter un commerce profitable à tous et une indépendance réelle des pays sous développés emmènera toujours les immigrants à braver la dangereuse traversée de la mer Méditerranée pour gagner les côtes européennes. Non pour mourir dans l'enfer de feu mais pour périr dans la douceur de la mer Méditerranée. Quel drame dont sont les seuls responsables les impérialistes !
NANWOULET G. Simone
Source : Cameroonvoice

vendredi 24 avril 2015

Naufrages de bateaux de migrants en Méditerranée, La honte de l’Europe. L’UE adresse au monde un terrible message : continuez à mourir chez vous ou en mer, l’UE sera là pour assurer le service mortuaire.



Les résultats du Conseil européen qui s’est tenu le 23 avril 2015 ne peuvent que susciter la colère.
Une fois de plus, l’Union européenne se refuse à traiter la question des migrants et des réfugiés sous un autre angle que celui d’une forteresse qui serait assiégée par des hordes d’étrangers, tout en versant de chaudes larmes sur ces pauvres victimes des passeurs.
Nier ainsi la responsabilité essentielle de l’Europe dans ce scandale, c’est faire preuve de cynisme et d’hypocrisie.
Dans ce concert, la France a pris toute sa place en se bornant à promettre de recevoir quelques centaines de réfugiés syriens. En se contentant de mesures quantitatives, même si elles sont utiles, en ne changeant pas de politique migratoire, en refusant de mettre en œuvre les moyens nécessaires à l’accueil des réfugiés, en donnant le pitoyable spectacle d’un manque de solidarité et de pays cherchant à en faire moins que le voisin, l’UE adresse au monde un terrible message : continuez à mourir chez vous ou en mer, l’UE sera là pour assurer le service mortuaire.
Les Européens peuvent avoir honte de leurs gouvernements, les Français en particulier.

mercredi 22 avril 2015

Yémen : Echec saoudien, Cet échec aura des répercussions importantes sur les rapports de force régionaux au détriment du royaume wahhabite.



L'Arabie saoudite a annoncé, mardi soir, la fin de sa campagne aérienne contre le Yémen, presqu'un mois après son lancement, sans avoir atteint aucun des objectifs qu'elle s'était fixée. Cet échec aura des répercussions importantes sur les rapports de force régionaux... au détriment du royaume wahhabite.

Presque un mois après avoir lancé sa campagne aérienne contre le Yémen, l'Arabie saoudite a subitement annoncé, mardi soir, la fin des raids, arguant du fait que les opérations militaires avaient atteint leurs objectifs. Le porte-parole saoudien, le général Ahmed al-Assiri, a expliqué que la campagne a été stoppée «à la demande du gouvernement et du président du Yémen», Abed Rabbo Mansour Hadin, réfugié à Riyad. Selon le ministère saoudien de la Défense, les raids aériens sont parvenus «avec succès à éliminer les menaces pesant sur la sécurité de l'Arabie saoudite et des pays voisins». Il a fait état de la «destruction d'armes lourdes et de missiles balistiques, qui avaient été saisis par la milice Houthie et les forces de (l'ex-président) Ali Abdallah Saleh dans des bases et camps de l'armée».
Ce sont de bien maigres résultats comparés à ceux qui avaient été affichés au tout début de la guerre, le 25 mars dernier. Lorsque l'Arabie saoudite a lancé ses avions contre son voisin, elle s'est fixée trois objectifs. Le premier, rétablir la «légitimité», représentée par le président démissionnaire Hadi. Le deuxième est le désarmement d'Ansarullah. Le troisième, enfin, empêcher l'Iran (à travers ses alliés) d'arriver à Bab al-Mandab, par où transitent tous les jours 3,8 millions de pétrole brut ou raffiné. Vingt-huit jours et 2500 sorties aériennes plus tard, aucun de ces objectifs n'a été atteint. Abed Rabbo Mansour Hadi est toujours réfugié à Riyad après avoir fui Aden. «Nous allons bientôt retourner dans notre patrie, à Aden et à Sanaa», a-t-il assuré. Mais si les avions saoudiens ont été incapables de le réinstaller au pouvoir, il ne pourra certainement pas rentrer par ses propres moyens. Par ailleurs, l'armée yéménite, appuyée par Ansarullah et les comités populaires, ont étendu leur contrôle à de larges pans du territoire, y compris dans le sud du pays, notamment à Aden, Chabwa, Maareb, Taëz et Dhaleh. Ce mercredi, l'armée et ses alliés se sont même emparés du camp d'une brigade fidèle à Hadi, dans la province de Taëz, à l'issue de violents affrontements ayant fait «des dizaines de morts et de blessés» de part et d'autre, a indiqué à l'AFP un officier. Enfin, l'Armée yéménite et ses alliés sont arrivés à Bab al-Mandab et comptent bien y rester. Les centaines de raids aériens ne les ont pas délogés et n'ont pas réussi à enrayer leur progression.

Cessez-le-feu annoncé par l'Iran

Mais la gifle la plus forte assénée au royaume wahhabite est venue d'Iran. En effet, l'Arabie saoudite avait annoncé le déclenchement de la campagne «Tempête décisive» à partir de Washington. Mais c'est de Téhéran que le cessez-le-feu a été annoncé. Le vice-ministre des Affaires étrangères, Hussein Abdollahian avait révélé, dès mardi matin, que la cessation des raids serait décrétée dans les heures qui viennent. La suite des événements lui a donné raison.
Dans cette guerre, l'Arabie saoudite a commis une série d'erreurs d'appréciation et de jugement qui lui coûteront énormément sur la scène régionale. Profondément imprégnée par la doctrine israélienne de la supériorité aérienne, elle a sous-estimé la capacité de résistance des Yéménites et leur détermination à défendre leur pays, quels que soient les sacrifices. Pendant que les avions saoudiens détruisaient l'infrastructure du Yémen et tuaient les civils, l'armée yéménite et Ansarullah ont décidé que la meilleure riposte à l'agression était d'affermir leur contrôle sur le terrain, notamment dans le sud.
De plus, Riyad a cru pouvoir entrainer de grands «pays sunnites» dans «sa» guerre, et a pensé que les armées du Pakistan et de l'Egypte seraient de simples mercenaires au service des Saoud. Or Islamabad a officiellement opté pour la neutralité et Le Caire n'a offert qu'un appui verbal. La tentative de donner à la «Tempête décisive» la dimension d'un conflit entre sunnites et chiites a échoué.
Enfin, les images des civils tués par centaines et des infrastructures détruites ont provoqué un vif émoi au sein de l'opinion publique mondiale. La situation humanitaire a en effet atteint un niveau alarmant. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a mis en garde mardi contre un effondrement imminent des systèmes de santé, en raison de pénuries de médicaments et de coupures permanentes d'électricité. L'OMS a fait état d'un bilan de 944 morts et 3487 blessés, des civils en majorité, jusqu'au 17 avril.
L'échec saoudien aura aussi des répercussions sur les équilibres internes au sein de la famille des Saoud. Il s'agit d'une défaite personnelle pour le nouveau ministre de la Défense, Mohammad Ben Salman, adepte de la manière forte. Le décret royal demandant à la Garde nationale, dirigée par Meteeb Ben Abdallah, de défendre les frontières du royaume, est une sorte de réhabilitation du représentant de l'aile rivale au sein de la dynastie.
Dès le premier jour du conflit, le leader d'Ansarullah, Abdel Malek al-Houthie, mais aussi le leader de la révolution iranienne, l'Ayatollah Ali Khamenei et le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, avaient prévu l'échec de l'agression saoudienne. Ils ont eu raison, et Riyad a été contraint de revenir à l'option politique.
L'aventure yéménite des Saoud a abouti à l'élargissement de «l'axe de la résistance», qui compte désormais un nouveau pays. Le Yémen a bien mérité sa place, au prix de milliers de morts et de blessés.
Source : French.alahednews