samedi 9 mars 2013

Terroristes et Occident même combat ?...Comment comprendre sinon ce bizarre comportement qui voit l’Occident combattre les terroristes au Mali, tout en étant leur allié en Syrie, les finançant, les formant, voire en les armant ?

Bachar al Assad un dictateur ? C’est fort possible ! Mais est-ce au Qatar et à l’Arabie Saoudite - deux monarchies absolues où le citoyen n’a pas droit de cité - de faire la leçon au régime syrien en matière de démocratie ? Est-ce aux Etat-Unis qui, toutes ces années, ont conforté et aidé de toutes les manières les régimes dictatoriaux et autocrates du Monde arabe, de dire aux peuples arabes ce qu’il faut faire ?

Maintenant on sait avec certitude qu’à l’exception des révoltes du dit « Printemps arabe » en Tunisie et en Egypte, les bouleversements qui ont marqué et marquent encore, le Monde arabe du Maghreb au Moyen-Orient, ont été téléguidés, diligentés, voire directement encouragés par et à partir des monarchies du Golfe et de l’Occident sous l’impulsion agissante de certains pays plus engagés que d’autres, à l’instar du Qatar et de la France de l’ex-président Nicolas Sarkozy. Ceci pour fixer les idées, car ce qui a été présenté depuis deux ans comme étant des « révolutions » arabes contre les dictatures ne sont en réalité que des actions de déstabilisation commanditées, voire impulsées de l’étranger. En Libye, où il n’y a jamais eu de révoltes, c’est l’Otan qui a ouvert les portes aux islamistes leur donnant l’opportunité de postuler à un pouvoir qu’ils n’avaient aucune chance d’en rêver autrement. Mais c’est encore le pillage des arsenaux libyens par les terroristes - et les conséquences désastreuses qui en ont résulté sur la région du Sahel avec notamment, la prise par les terroristes des deux-tiers du territoire malien - qui donne la mesure des inconséquences de ceux qui, apprentis sorciers, ont voulu remodeler le Monde arabe à leurs intérêts.
Comment comprendre sinon ce bizarre comportement qui voit l’Occident combattre les terroristes au Mali, tout en étant leur allié en Syrie, les finançant, les formant, voire en les armant ?! Jeudi encore, lors de la réunion des dits « Amis » du peuple syrien, les pays occidentaux et les monarchies du Golfe ont décidé d’octroyer des « aides » matérielles et financières à l’opposition syrienne, en fait, à la rébellion. Des groupes qui combattent un gouvernement légitime et un président régulièrement élu par son peuple. Bachar al Assad un dictateur ? C’est fort possible ! Mais est-ce au Qatar et à l’Arabie Saoudite - deux monarchies absolues où le citoyen n’a pas droit de cité - de faire la leçon au régime syrien en matière de démocratie ? Est-ce aux Etat-Unis qui, toutes ces années, ont conforté et aidé de toutes les manières les régimes dictatoriaux et autocrates du Monde arabe, de dire aux peuples arabes ce qu’il faut faire ? Le Qatar qui (grâce à ses immenses richesses) finance les terroristes au Sahel africain (avec toutes les déprédations et meurtres qu’ils ont commis dans la région), la rébellion syrienne (laquelle sans état d’âme ruine méthodiquement ce pays) et vient de condamner à une lourde peine de prison un poète qatari, Mohammed Al-Ajami, (coupable d’avoir chanté le « Printemps arabe » et réclamé la démocratie pour son pays) est-il vraiment le mieux qualifié pour enseigner les droits de l’homme et l’abécédaire de la démocratie au peuple et dirigeants syriens et par extension du Monde arabe ?
Ainsi, depuis deux ans, des choses singulières se passent dans cette région devenue un vaste champ d’expériences iniques dont les uniques victimes sont encore et restent les peuples arabes auxquels on veut « transférer » la « démocratie » par la baïonnette, quitte à les exterminer jusqu’au dernier. C’est en fait le cas en Syrie où la rébellion - des déserteurs de l’armée syrienne renforcés par des mercenaires et des terroristes notamment libyens - s’acharne à détruire le pays. Et c’est à cette opposition armée que les monarchies du Golfe et des pays occidentaux promettent une aide « non létale » et des dons financiers conséquents. A Rome, les Etats-Unis, qui ont mis sur la liste rouge du terrorisme le Front Al-Nosra - qui combat le gouvernement syrien et est auteur de nombreux attentats suicides en Syrie - vont octroyer à la rébellion syrienne 60 millions de dollars. Qui dit que ces dollars n’iront pas alimenter directement les caisses de ces terroristes qui figurent sur leur liste noire ?
Devenu donc un immense champ d’expérimentations non identifiées, le Monde arabe est surtout une cocote-minute qui, à tout moment, peut exploser. Avec les dégâts que l’on peut supposer. De fait, l’effet de surprise qui a joué dans le cas de la Tunisie et de l’Egypte, a fait long feu dans d’autres parties du Monde arabe et singulièrement en Syrie où la guerre entre dans sa troisième année sans que l’on puisse savoir qui en sortira vainqueur et à quel prix ? L’Occident et les terroristes poursuivent-ils le même combat ? La question mérite d’être posée.
Karim MOHSEN
http://www.lexpressiondz.com/edito/169990-terroristes-et-occ...
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Hugo Chavez, l’enfant pauvre de Sabaneta. (La Jornada)...qui a juré de ne pas trahir son enfance de privations et de précarité,


Hugo Chávez fut un personnage en chair et en os sorti du roman le plus fantastique de Gabriel García Márquez. Enfant pauvre de Sabaneta (capitale de l’état de Barinas) qui a juré de ne pas trahir son enfance de privations et de précarité, a appris très tôt à semer et à vendre des friandises. Fils d’instituteurs qui a grandi avec sa grand-mère Rosa Inés et deux autres de ses frères, il a vécu dans une maison en palmes, au mur et sol en terre, qui était inondée par la pluie. Enfant qui rêvait d’être peintre et qui portait dans l’âme le rêve de jouer au base-ball dans les Grandes Ligues, il s’est nourri toute sa vie de ses origines humbles.
De la main de sa grand-mère, qu’il nommait Maman Rose, il a appris à lire et à écrire avant d’entrer à l’ école primaire. À ses côtés, il a appris sur les injustices de ce monde et a connu l’étroitesse économique et la douleur, mais aussi la solidarité. De ses lèvres, une narratrice extraordinaire, il a reçu ses premières leçons d’histoire de la patrie, mélangée à des légendes familières.
L’enfant Hugo Chávez a voyagé par le monde à travers les illustrations et les histoires qu’il a lues dans les quatre grands et gros tomes de l’Encyclopédie Autodidacte Quillet, cadeau de son père. A la fin de la primaire, il fut choisi pour faire un discours à l’évêque González Ramírez, le premier à arriver jusqu’à son village. Depuis ce temps-là, il a trouvé le goût de parler en public et les autres, l’intérêt de l’écouter.
Son idole fut Isaías Látigo Chávez, pítcher dans les Grandes Ligues. Il ne l’a jamais vu, mais il l’imaginait après avoir écouté les matches à la radio. Le jour où son héros est mort dans un accident d’avion, le monde est tombé sur le jeune Hugo, âgé de 14ans.
Pour être comme el Látigo, le garçon de la forêt est rentré dans l’armée. Grâce à ses qualités de joueur de base ball, on lui a ouvert les portes de l’Académie Militaire en 1971. Quatre ans après, il fut diplômé comme sous-lieutenant et obtient une licence en sciences et arts militaires, avec un diplôme en contre-insurrection, avec une boussole qui marquait comme nord, la direction du chemin révolutionnaire.
Sa prise de conscience fut un processus long et complexe, dans lequel se sont combinés des lectures clés et une connaissance de personnages, et événements politiques de l’Amérique Latine. Dans un des épisodes de réalisme magique qui ont marqué sa vie, en 1975, lors d’une opération le sous-lieutenant Chávez a trouvé à la Marqueseña, Barinas, une Mercedes Benz noir cachée dans la forêt. Après avoir ouvert le coffre avec un tournevis, il est tombé sur un arsenal subversif composé de livres de Karl Marx et de Valdimir Ilich Lénine, qu’il a commencé à lire.
Quant à ce qui a contribué à forger ses attitudes politiques, son frère ainé Adam a eu une influence décisive, comme militant du Mouvement de Izquierda Révolutionnaire (MIR). De même sa participation à une expérience éducative des forces armées appelée Plan Andrés Bello, destinée à proposer aux militaires une formation humaniste. De la même manière, dans son éducation politique, clef fut la découverte de Simon Bolívar et la voracité intellectuelle de Chavez l’a conduit à lire tout document trouvé sur la biographie et la pensée du Libertador. Plus tard, l’influence de Fidel Castro, qu’il a traité comme s’il était son père, sera définitive.
Le renversement de Salvador Allende en 1973 a provoqué chez lui un grand mépris envers les militaires de l’acabit d’Augusto Pinochet, si répandus en Amérique Latine. Au contraire, la connaissance de l’œuvre du panaméen Omar Torrijos et du Péruvien Juan Velasco Alvarado lui a montré l’existence d’un autre type de forces armées à vocation nationaliste et populaire, si différentes des gorilles formés à l’École des Amériques.
Rebelle devant le manque de respect, il a découvert en service les abus et la corruption de ses dirigeants, et comme il a pu , il les a combattu. « Je suis venu au Palais pour la première fois – racontait Chavez – chercher une caisse de whisky pour la fête d’un officier ». Pour les bouger, lors l’anniversaire de la mort de Simon Bolívar en 1982, un petit groupe de memebres du corps militaire, parmi lesquels se trouvait Chavez, a fait le serment de Samán de Güere, dans lequel ils ont fondé le Mouvement Bolivariano Revolucionario 200 (MBR200).
Presque sept ans plus tard s’est produit un soulèvement spontané des quartiers pauvres du Caracas contre les mesures d’austérité du gouvernement de Carlos Andrés Pérez. Le « Caracazo » a été étouffé à feu et à sang. La rébellion populaire a donné une grande impulsion au mouvement des militaires bolivariens.
En 1992, Chávez et ses compagnons se sont soulevés en armes. L’émeute a échoué et Chavez est allé en prison. Il a assumé la responsabilité face aux médias. Sa popularité et son ascendance politique furent à partir de ce moment-là en hausse. Après être sorti libre, sa présence politique a vite progressé face à la déroute du système politique traditionnel. Lors des élections présidentielles de 1998 il a triomphé avec 56 % des votes. À partir de ce moment, personne n’a pu l’arrêter. À plusieurs reprises, il a gagné presque tous les élections et les referendums auxquels il a participé, et aussi il a miraculeusement survécu à un coup d’État et à une grève pétrolière.
Tout au long des presque 20 ans qu’il a dirigé l’État vénézuélien, le lieutenant colonel a refondé son pays, il l’a décolonisé, il a rendu les invisibles visibles, il a redistribué la rente pétrolière, il a combattu l’analphabétisme et la pauvreté, il a incroyablement élevé les indicateurs de santé, il a augmenté le salaire minimum et il a fait progresser l’économie. En même temps, dans la cour internationale, il a renforcé le pôle des pays pétroliers sur les grandes compagnies privées, il a fait déraillé le projet d’une aire de libre-échange pour les Amériques, l’ALCA, poussé depuis Washington, et a créé un projet alternatif d’intégration continentale et il a établi les bases pour un socialisme en accord avec le nouveau siècle.
Hugo Chávez fut un communicateur formidable, un conteur infatigable d’histoires, un éducateur populaire. Ses récits, hérités des contes que Maman Rose lui offrait dans son enfance, qui mélangeaient histoire de la patrie, lectures théoriques, anecdotes personnelles, souvent au temps présent. Dans tous, le sens de l’humour était présent. « Si ta femme te demande de te jeter par la fenêtre – il jouait le comique – il est temps que tu déménages au rez-de-chaussée... »
Ses narrations suivaient le modèle classique des sonates musicales, où deux thèmes en contraste se développent dans des tonalités voisines. Dans ses discours il recourait de la même façon à la poésie et au chant. « Je chante très mal – se justifiait il – mais, comme l’a dit cet habitant de los llanos, Chávez chante mal, mais il chante joli », pour, ensuite, interpréter une chanson villageoise ou une ballade.
Anti-impérialiste, anti-néolibéral, il a commencé par faire le miracle de construire les fondations de l’utopie dans un pays qui imaginairement était plus près de Miami que de La Havane. Un llanero pur jus, affabulateur infatigable, Chavez a rêvé de revivre l’idéal socialiste quand très peu voulaient en parler . Et il l’a fait, pour ne jamais trahir son enfance d’enfant pauvre de Sabaneta.
Luis Hernández Navarro
La Jornada. Mexique, le 6 mars 2013
Source traduction : http://www.elcorreo.eu.org/Hugo-Chavez-l-enfant-pauvre-de-Sabaneta?lang=fr#forum815
TRADUCTION : Estelle et Carlos Debiasi pour El Correo
Source originale : http://www.jornada.unam.mx/ultimas/2013/03/06/101329003-hugo-chavez-el-nino-pobre-de-sabaneta
URL de cet article 19671