vendredi 22 juillet 2011

De l’esclavage aux ASSEDIC, l’histoire façon Case départ.

vendredi 8 juillet 2011

Pourquoi aller voir un tel film ? Déjà, parce qu’il est réalisé par un Noir, que les deux comédiens principaux sont Noirs et, surtout, pour écrire cet article. Car après avoir vu la bande-annonce, difficile de trouver des raisons de s’infliger ça.
Je me dis d’ailleurs que c’est bien parce que je suis Arabe que je peux me permettre d’y aller. Car comment expliquer que j’aille voir dès sa sortie un tel navet alors que me suis bien gardé de voir la plupart des films de la bougnoulerie intégrationniste comme Indigènes, L’italien, Il reste du jambon ou encore Aïcha (il faut dire que je suis allé voir Le nom des gens, qui surpasse de très loin les films qui viennent d’être cités). Mon pote Antillais qui m’accompagnait et à qui j’avais caché jusqu’au dernier moment le nom du film, n’a tenu que 15 minutes. Et encore, c’était pour me faire plaisir vu que c’est moi qui avais payé la place...
Comme je sais qu’en matière de clichés, j’aurais de quoi faire, je m’installe et en bon élève, je sors papier-stylo pour prendre consciencieusement mes notes, ce qui ne manque pas d’attirer l’attention de mon voisin de droite, qui m’avoue être journaliste à Respect Mag, mais de ça, il en sera question ultérieurement. « Si vous avez un problème avec la qualité, essayez la quantité » disait Staline. Le réalisateur de Case départ, Fabrice Eboué, l’a bien compris.
Le scénario
Même si la bande-annonce dit presque tout, le diable réside néanmoins dans tous les petits détails qui parsèment le film. L’histoire est très simple, c’est celle de deux frères, Joël (Thomas Ngijol) et Régis (Fabrice Eboué). Le premier est une caricature grossière de gars de cité : il sort de trois mois de prison pour avoir arraché un sac à une vieille. En plus d’être un lâche et un mauvais père, il est prétentieux, sexiste, homophobe et fainéant. Sa devise pourrait être Nique sa mère la réinsertion et il parle à tort et à travers du racisme car pour lui, tout est « de la faute des Blancs ». C’est ce qu’il répètera bêtement tout au long du film, un peu comme Bahia Benmahmoud (Sarah Forestier) répétait tout aussi bêtement dans Le nom des gens que « la gauche, c’est bien », c’est-à-dire jamais donner un début d’explication ni formuler un discours un peu construit sur la question. Pour couronner le tout, notre Joël s’est converti à l’islam en prison, un islam qui se résume d’ailleurs à « allahou akbar », dit ici ou là. Bref, même sa spiritualité fait de la peine. Son demi-frère, Régis, c’est le parfait intégré. En plus d’avoir fait les Scouts de France et monté sa boite de compta, il est conseiller municipal auprès d’un maire qui rentre constamment dans son bureau pour lui lâcher deux trois vannes racistes et lui pincer la joue, exactement comme on pinçait la joue à Amine, l’ « Auvergnat » à l’université d’été de l’UMP. Quand une femme camerounaise venue parler de son dossier logement demande à Régis un peu d’aide, au nom d’une « solidarité africaine », il lui rappelle sèchement qu’il n’est pas Africain mais originaire de Normandie. Evidemment, Régis est marié à une Blanche, qui campe le rôle de la Blanche antiraciste, qui tempère constamment les envolées xénophobes de son mari.
Les deux frères, qui s’étaient perdus de vu, vont se retrouver aux Antilles où ils sont appelés pour venir au chevet de leur père mourant. Celui-ci, en plus d’avoir totalement négligé l’éducation de ses fils, a été toute sa vie un séducteur invétéré, ce qu’atteste la présence à son chevet de ses très nombreuses filles. Son nom de famille le prédestinait tout naturellement à cela : Monsieur Grosdésir. Le film fait donc dans la finesse (je crois d’ailleurs que c’est à ce moment-là que mon pote s’est barré). En guise d’héritage, cette caricature raciste de père antillais lègue à ses fils un « trésor » : l’acte officiel qui a affranchi leurs ancêtres et qui se transmet, dans la famille, de génération en génération. Les fils vont se montrer plutôt ingrats et pas très réceptifs à la portée symbolique de ce document. Ils auraient nettement préféré de l’argent ou un titre de propriété. Mais une vieille tante, qui goûte fort peu cette ingratitude, va leur jeter un sort (normal pour une Antillaise) et les projeter en 1780. Et c’est là que les problèmes commencent pour nos deux frères.

Les Antilles, c’était pas mieux avant

On le comprend assez vite, tout le ressort comique du film repose sur le décalage entre les personnages et l’époque où ils évoluent, exactement comme dans Les Visiteurs. Les deux frères se font immédiatement capturer par des marchands d’esclaves, bien qu’ils ne comprennent pas tout de suite de quoi il retourne. Joël filme donc leur acheminement avec son portable et est persuadé qu’il s’agit de « flics en civils déguisés en clochards », tandis que Régis menace ses ravisseurs de « faire un rapport auprès d’Amnesty International ». Les deux frères sont vendus et rebaptisés Gédéon (Joël) et Gaspar (Régis). Ce dernier, métis, est tout de suite rangé parmi les Mulâtres, ce qui lui vaut d’être un esclave d’intérieur. Gédéon sera quant à lui envoyé couper de la canne avec les autres esclaves. Il faut ici souligner que l’on verra très rarement les esclaves travailler et qu’il y a une invisibilisation quasi-totale de l’exploitation proprement dite. Les esclaves sont montrés la plupart du temps dans leurs cases ou durant leurs « pauses ». Ils ne sont ainsi jamais malades ou épuisés et tout se passe presque comme si nous étions dans une usine dans laquelle les tâches sont bien réparties et la hiérarchie scrupuleusement respectée. L’esclavage en devient presque sympathique : on voit ainsi les esclaves faire la fête (entre eux, bien sur), danser et boire du rhum, pendant que les Blancs font eux aussi la fête au château. Bref, pour le film, l’esclavage est surtout synonyme de séparation, pas d’asservissement.

Les Blancs de l’époque sont horribles (sauf leurs enfants, bien sur)

Si les Noirs du film sont des caricatures, il en va tout autant des Blancs. Le propriétaire du domaine, M. Jourdain, ainsi que tous ceux qui l’entourent sont laids, gras, antipathiques et atrocement racistes. Ils débitent à longueur de journée des clichés sur les Noirs. Bref, ces Blancs sont irrécupérables et tout est fait pour nous montrer le contraste qui existe entre l’époque de l’esclavage et la notre, dans laquelle Blancs et Noirs vivent en harmonie et peuvent même se marier (c’est le cas de Régis). Malgré tout, ces Blancs ne sont jamais dépeints comme spécialement cruels ou méchants. Ils se limitent à occuper leurs rôles de Blancs et on ne les voit jamais maltraiter ou abuser d’un esclave. A chaque fois qu’un esclave sera fouetté, ce sera uniquement parce qu’il aura tenté de s’enfuir.
Mais si les personnages Blancs semblent irrécupérables, ils le sont néanmoins à titre individuel, car le fils de M. Jourdain - Victor - est là pour nous rappeler que les Blancs peuvent être bons et vont d’ailleurs le devenir (comment ? C’est un mystère). L’humanité des Blancs et leur rédemption future est donc incarnée par cet enfant, qui se propose, par exemple, d’aller donner les restes de son repas aux esclaves ou qui ne dit rien lorsqu’il voit Gédéon et Gaspar s’enfuir. Bref, l’enfant est bon et Gaspar lui dira même : « T’es l’avenir ! »
L’avenir du Noir n’est donc pas le Noir lui-même, mais le Blanc. Fanon aurait apprécié !
A côté de ces racistes indécrottables et de cet enfant tolérant, se trouve une troisième figure du Blanc, celle du contremaitre, incarnée dans le film par M. Henri. Lui, ce pourrait être l’équivalent aujourd’hui du maton ou du flic, c’est-à-dire celui qui est constamment au contact des Noirs et les gère au quotidien (les autres Blancs ne manquent jamais l’occasion de lui rappeler à quel point « il sent le Nègre »). Comme Pascal Sevran, M. Henri est obsédé par « la bite des Noirs », dont il parle constamment, rappelant même que « ce qui compte, ce n’est pas nécessairement la taille ». Un cliché grossier de plus dans un film, qui décidément les enfile comme des perles.
La mémoire, à consommer avec modération !

Fabrice Eboué a d’ailleurs du sentir venir le vent de la critique « bienpensante », qui n’aurait pas manqué de traiter le film et son réalisateur de « communautariste ». Pour bien montrer qu’il n’y en a pas que pour les Noirs et leurs « souffrances », on voit donc arriver à l’écran Isaac, marchand juif au nez très crochu, qui arrive à extorquer 50 Ecus à M. Jourdain, ce qui lui vaudra d’être traité par ce dernier (en aparté) de « sale Juif ». C’est d’ailleurs dans la charrette d’Isaac que Gaspar et Gédéon vont s’enfuir. Il leur offrira même le couvert, une fois arrivés chez lui. Isaac, aujourd’hui, c’est celui qui vient en aide aux sans-papiers. Quand Gaspar lui demande pourquoi il fait tout cela, Isaac lui répond tout simplement « Parce que je suis Juif ! ». Pour Isaac, Il est donc important de « se serrer les coudes » car il existe à travers l’histoire une correspondance évidente entre les souffrances endurées par les Juifs et celles endurées par les Noirs. S’amorce alors un pseudo débat sur la question de savoir qui des Juifs ou des Noirs a le plus souffert. Il s’agit encore ici d’une mise en scène classique (et très grossière) de la « concurrence mémorielle » où chaque représentant d’un groupe qui en a bavé essaie de montrer à quel point les souffrances subies par ce groupe sont sans commune mesure avec celles subies par les autres groupes. Bref, sur cette question, comme sur les autres, on est tombé si bas, que pour en parler faudrait qu’j’me fasse mal au dos. « Putain quel film de bâtard ! »

Les Nègres Marrons : des sauvages extrémistes

La première fois que nos deux aventuriers tentent de s’enfuir de nuit de la propriété de M. Jourdain, ils rencontrent un mystérieux personnage dans la forêt, le visage peint en blanc et l’expression menaçante. Les deux compères font rapidement demi-tour et retournent sagement à leur case. Mieux vaut couper de la canne que de voir la gueule enfarinée de ce type. On ne le sait pas encore à ce moment du film, mais le personnage ténébreux rencontré n’est autre que le chef des Marrons qui vivent non loin de la propriété. C’est donc un comble que ce soit un Nègre Marron qui dissuade, dans un premier temps, les deux frères de s’enfuir. Mais le paradoxe n’est qu’apparent et le film insiste sur ce point : toute tentative de trouver une solution collective est illusoire, seule la débrouille individuelle compte. Les Nègres Marrons apparaissent collectivement une seule fois dans le film. On les voit tous réunis devant leur chef charismatique, qui harangue ses troupes comme un syndicaliste de la CGT : « Est-ce que vous êtes prêts à libérer tous vos frères ? Est-ce que vous êtes prêts à massacrer tous les Blancs ? » Encore une fois, on ne fait pas dans la finesse : libération des Noirs et massacre des Blancs vont de pair. Le film réussit donc à faire à la fois l’éloge de l’individualisme -l’affranchissement des esclaves ne peut venir que des efforts personnels et individuels de quelques uns - ainsi que la critique du communautarisme - l’organisation autonome des esclaves est quoiqu’il arrive outrancière. L’unanimisme et l’extrémisme sont au cœur de la logique des Nègres Marrons et ils n’hésiteront pas à s’attaquer à leurs propres frères Gaspar et Gédéon, lorsque ces derniers exprimeront quelque réticence au fait de « massacrer les Blancs ». Pour aujourd’hui, le message du film est on ne peut plus clair : l’organisation autonome des Noirs, Arabes, Musulmans et Asiatiques est, au mieux, du communautarisme, au pire, de l’extrémisme. S’engager politiquement, c’est inutile. S’engager dans une organisation non-Blanche, c’est dangereux. Résultat : chacun pour sa gueule.

Liberté, Egalité, ASSEDIC

Il est bel et bien fini le temps lointain de l’esclavage et celui, plus proche, des colonies. C’est en substance le message qu’entend faire passer le film. L’esclavage, ce sont les Ténèbres, un temps préhistorique avant l’avènement des Lumières. Les deux compères le disent d’ailleurs explicitement dans un dialogue qui pourrait résumer à lui seul le film. Ainsi, à chaque évocation d’un aspect de l’histoire « glorieuse » de la France par Gaspar l’intégré, Gédéon la racaille répond par un épisode plus sombre de l’histoire hexagonale. La France est ainsi le berceau de la « Révolution », des « droits de l’homme » et du « suffrage universel » ce à quoi il est répondu qu’elle est aussi celui de la « guerre d’Algérie » et de la « colonisation ». Mais quand Gaspar dira que la France, c’est aussi les ASSEDIC, Gédéon ne pourra que s’avouer vaincu et s’incliner. A l’époque de l’esclavage, il y avait du racisme, certes, mais tout cela est fini puisqu’aujourd’hui les Noirs et les Arabes ne sont plus exploités et sont même payés à ne rien foutre grâce aux ASSEDIC et au RSA. Elle est belle la quenelle !

Eloge de l’intégration... et du racisme

On ne le répètera jamais assez : s’intégrer à une société raciste, signifie intégrer les valeurs dominantes de cette société et donc intégrer le racisme lui-même. On le voit d’ailleurs parfaitement dans le parcours de Régis (Gaspar) ainsi que dans l’éloge de l’intégration qu’il fait tout au long du film. C’est d’ailleurs ce que laisse échapper le film à son corps défendant : le plus intégré des deux, celui qui a constamment à la bouche la devise de la République, et bien ce type-là est raciste. On le voit s’en prendre au début du film à un « Roumain » qui nettoie les pare-brises, faire des remarques racistes à une Camerounaise ou encore se moquer de la « consanguinité des ch’tis ». Il incarne donc parfaitement la figure du Noir civilisé : alors que Joël (Gédéon) est homophobe, lui, ne l’est pas. Il a réussi socialement, a un bon niveau d’instruction, joue un peu du piano et adore le fromage. Au moment d’être vendu au marché aux esclaves, il s’écriera « Je suis un citoyen français, vivant dans une République française. J’ai épousé une Blanche ! » A la fin du film, il avouera tout de même avoir subi quelques moqueries à l’école primaire mais s’être néanmoins accroché pour s’intégrer. Emouvant.
C’est d’ailleurs au cours de cette même scène pathétique et lacrymale que Joël, qui campait jusque là la figure du gars de cité homophobe, sexiste et fraichement converti à l’islam, avoue à son frère qu’il aurait lui aussi aimé apprendre à jouer du piano, aller aux Scouts de France ou encore avoir un « job respectable ». Il ira même jusqu’à avouer avoir partagé quelques petits moments d’intimité avec son codétenu quand il était au placard ! C’est donc par défaut qu’il joue les têtes brulées car il aspire lui aussi à rentrer dans le rang. Niveau pédagogie, nous voilà bien servis. Le pire, c’est qu’une fois revenu à l’époque contemporaine, Joël s’empressera d’aller se faire exploiter en taffant dans le bâtiment (on peut imaginer que c’est chez Bouygues. On le voit signer son CDD (un CDI, c’était pas crédible) assorti d’une période d’essai de deux mois. Joël, Comme le dirait notre futur ministre de la culture, Abdel Malik, fera comme « le père de Majid, qui a travaillé toutes ces années avec ses mains dehors, qu’il neige, qu’il vente ou qu’il fasse soleil sans jamais se plaindre ». Ca, c’est du (très) lourd !

Du Jamel Comedy Club à Case départ : faire intégrer le racisme aux indigènes

Ce film arrive donc, on l’a dit, après de nombreux autres qui prennent pour thème central la « question identitaire », le racisme et l’intégration. il arrive surtout après le Jamel Comedy Club - dont nos deux comédiens sont d’ailleurs issus - et qui a bien travaillé le terrain pour faire intégrer le racisme aux indigènes, c’est-à-dire aux Noirs, Arabes et Asiatiques. Dans le Jamel Comedy Club, tous les comiques campent des caricatures de Noirs, d’Arabes et d’Asiatiques, qui passent leur temps à faire rire un public plus ou moins blanc sur les comportements de ces mêmes Noirs, Arabes ou Asiatiques. Le Jamel Comedy Club, c’est l’adaptation française du « minstrel show », ces spectacles racistes américains où les Noirs venaient se « moquer » d’eux-mêmes pour divertir un public blanc. Sauf qu’aujourd’hui, le public est malheureusement composé, en partie, de descendants d’immigrés coloniaux, qui viennent rire de la caricature d’eux-mêmes qu’on leur offre sur scène. La salle où était projeté Case départ était d’ailleurs remplie majoritairement de Noirs, assez jeunes pour la plupart, et l’accueil fait au film fut très bon. Des applaudissements sont même venus accompagner la fin de la projection.
C’est donc navré que je suis sorti de la salle, en voyant ces visages souriants de Noirs et d’Arabes venus célébrer leur propre humiliation. Je n’étais malheureusement pas encore au bout de mes peines, puisque le journaliste de Respect Mag assis à côté de moi m’a demandé les raisons pour lesquelles mon pote s’était barré et ce que j’avais pensé du film. Je lui ai donc dit tout le bien que je pensais de ce navet raciste, ce qu’il a résumé de façon grotesque par « Je voulais voir l’antiracisme français comme on le voit. Il y avait un film qui ressemblait à celui-ci qui s’appelait Le nom des gens, sorti il y a 6 mois. Et c’est quasiment la même mécanique. C’est un film qui parle de nous, qui parle d’esclavage, des Noirs, des Arabes, etc.
 Je me sens concerné parce que je suis Arabe et que j’ai envie de voir le discours qui est derrière. » ….

Rafik Chekkat, membre du PIR
Source : Les Indigénes de la République

Mélancolie pour ma mère : Je suis née à St Etienne de ma mère et de mon père émigré. Je leur dois ma langue maternelle, le kabyle.

lundi 18 juillet 2011

Je suis née à St Etienne de ma mère et de mon père émigré. Je leur dois ma langue maternelle, le kabyle.

C’est ma langue intime, presque privée, cette vieille langue méditerranéenne est l’une des plus vieilles de l’humanité, pendant que ses sœurs en histoire s’éteignaient, elle a survécu, et pour ma part, je sais qu’elle doit cette incroyable ténacité aux femmes qui, comme ma mère, la donnèrent à leurs enfants comme on transmet de son sang, telle une évidence. Jamais cette langue ne fut ma langue de combat mais toujours la langue de l’émotion, de la mélancolie de ma mère. Dans son exil stéphanois, ma mère pleurait en écoutant Chérifa sur son Teppaz et elle dansait seule devant sa glace au rythme de cette voix qui était plus que celle du pays, c’était la voix de sa mère, de sa naissance à l’humanité, la voix de sa venue au monde. Depuis, je ne peux entendre Cherifa chanter sans que mon corps ne se lève, lui qui est si réfractaire à la danse, il se lève, et à son tour il pleure habité par celui de ma mère, cette femme qui était cependant étrangère au monde que je me fabriquais avec mes lambeaux de livres, en français. Ce que l’on doit aux mères, c’est la musique même quand elles se taisent, surtout quand elles se taisent.
Samia Chala vient de perdre sa mère. Moi, il y a plus longtemps, et sa pâleur toute récente doit ressembler à la mienne, le jour où la mienne est partie. Quand les mères s’en vont, le sang se retire de nos joues comme si elles en emportaient leur part, nous laissant notre part, comme la mienne me laissait ma part de couscous alors que je partais sur les routes pour la fuir. Samia est documentariste, elle est mon amie et ce soir, alors que j’écris, c’est à elle que je dois cette remontée de mère. Cet après-midi, elle est passée me voir comme chaque fois qu’elle passe à Alger car elle vit à Paris, avec son tout dernier documentaire, Mouss et Hakim, origines contrôlées, inquiète de mes réactions. Et, dès les premières images, c’est une part de mon histoire qui m’envahie : Samia m’a tuer.
Mouss et Hakim Amokrane sont deux frères chanteurs et musiciens engagés qui se sont fait connaître avec le groupe Zebda, beurre en arabe, enfants d’émigrés, nés à Toulouse, ils en possèdent le délicieux accent mais ils possèdent également un précieux héritage, la bande son de leur enfance, la musique de leur père et de leur mère, la langue kabyle, cette langue de montagnards qui ont perdus « leurs sites ensoleillés » pour aller trimer en France. De cet héritage, ils ont fait un album, « Origines contrôlées » et une tournée et c’est depuis cette histoire qu’est né ce documentaire, tellement nécessaire que je suis encore toute surprise d’apprendre que c’est la première fois que Mouss et Hakim se racontent ainsi, et que seule la chaîne française, France O, d’outre mer, a accepté de le produire en partie et de le diffuser depuis les territoires toujours français des Antilles, magnifique raccourci sur la place qu’occupent encore les enfants d’immigrés berbéro arabes nés français.
Dans ce documentaire, le père ouvrier est omniprésent alors qu’il parle si peu, mais quand il parle, il dit. Il se souvient de son arrivée à Marseille en bateau : d’un côté les flics, de l’autre la visite médicale. Des médecins les attendent munis de tampons, rouge pour les corvéables et taillables à merci, vert pour les chétifs, les mal dotés par la vie qui seront rembarqués comme ils sont venus, les mains vides mais tamponnés pour l’éternité. C’était dans les années 30, en France. Les mains calmes, le père retrousse ses manches comme si jamais ce marquage animal ne l’avait quitté. Hanoi en 45, engagé volontaire, le père reçoit la croix de bronze, alors Hakim et Mouss chantent sur scène cinquante ans plus tard : « Mesdames, mesdemoiselles, monsieur, avant de vous dire adieu, sachez que nos aïeux ont combattus pour la France, bien avant la résidence ». Une chanson de Slimane Azem, un poète/chanteur culte des années 60, ouvrier et immigré qui, le soir venu, écrivait la douleur de l’exil comme on accompagne la solitude, tellement culte que dans le salon des parents sa photo trône en membre de la famille. « Nous ne sommes pas issus de l’immigration, rectifie Hakim à moins que ce ne soit Mouss ou le contraire (allez sur leur site et vous comprendrez, nous sommes des héritiers de l’immigration », et ils me deviennent frères.
Pendant que leur mère est la mienne. Bien qu’à peine entrevue dans le documentaire, elle est cependant lumineuse dans son silence. Sans voix, elle regarde éperdue d’amour ses enfants sur scène, ses héritiers magnifiques, lui restituer sa mémoire qui se perd. Ils se déclarent français dans l’assurance de leurs racines enfoncées quelque part en Algérie, le pays de leurs cousins et de leurs vacances. Engagés et militants, pour que leurs histoires ne soient pas réduites à celles de mendiants mais d’hommes d’un monde bâtis aussi par leurs parents qui ont payé cher leur droit aujourd’hui d’être en France à leur juste place.
Mouss et Hakim de Samia Chala est un film doux-amer sur la mémoire et la transmission à travers cette famille tendrement complice qui se parle par les yeux et en chansons. Il raconte l’histoire de l’immigration maghrébine en passant par les baumes, sur les corps exploités des émigrés, qu’ont été les chants de ces chanteurs des années 60 à 80 qui, comme Slimane Azzem ou cheikh El Hasnaoui, ont donné à ces hommes et à ces femmes un présent, un passé et un avenir par la poésie de cette mémoire orale quand la plupart ne savaient ni lire, ni écrire mais juste travailler de leurs mains de manœuvres, hier tamponnées. Et c’est ce tampon que Mouss et Hakim efface de la peau de leur père en parcourant les scènes de France aujourd’hui, traduisant pour leurs compatriotes, leurs contemporains, leur bouleversante histoire d’apprentis en mémoire. Un apprentissage qui passe aussi par les langues maternelles, on les voit forçant leurs cordes vocales à s’approprier à force de travail leurs sons inconnus de leur gorge plus familière du reu français que du gha kabyle ou arabe.
Il a fallu beaucoup d’intelligence, de sensibilité et de conscience politique pour transformer cette expérience intime, cette histoire familiale en histoire collective qui se partage contre le mépris et l’arrogance, en toute justice. Mouss et Hakim qui se ressemblent telles des sauterelles chantent comme on ouvre les portes du ghetto dans lequel, de part et d’autre de la méditerranée, on aime tant à enfermer les émigrés et leurs descendants désormais déclinés en numéros de génération. Eternels émigrés : d’origines contrôlées en France, zmigri en Algérie. Ce documentaire rappelle que l’immigration a été de tout temps un acteur politique et culturel et que son histoire se tend tel un accordéon de port en port. Pourtant, les émigrés ne sont pas de nulle part, condamnés à choisir « la bonne identité », sommés tantôt d’être maghrébins, tantôt français, ils sont les résidents de nos mémoires, le disque dur d’une expérience historique qui a bel et bien eu lieu, entre contrainte et liberté. Ce documentaire de Samia Chala raconte, sans discours ni bavardages sur l’identité nationale, combien il vain de leur demander d’en effacer un morceau, ce que les français, de mauvaise foi, appellent, mot barbare s’il en est : l’assimilation. C’est aussi vain que de demander à ma mère d’arrêter d’habiter mon corps quand Cherifa me fait danser et ...pleurer.
P.S. Alors que je m’apprêtais à poster cette chronique, j’apprends que Mouss et Hakim, origines contrôlées de Samia Chala, a été retenu pour la phase finale de la 16ème édition de PriMed - Prix International du Documentaire et du Reportage Méditerranéen, qui se déroulera à Marseille.
Ghania Mouffok

Hachette se mettra-il au service du lobby sioniste ?

dimanche 17 juillet 2011

Après l’épuration ethnique, l’éradication sémantique. En conformité avec la pensée coloniale, les tentatives israéliennes de révision de l’histoire de la Palestine arabe ont été constantes depuis 1948.
À chaque période son mensonge. On connaissait le fameux leit motiv sioniste, justifiant la colonisation de la Palestine selon Herzl : "La Palestine, une terre sans peuple pour un peuple sans terre". Celui-ci ayant fait long feu, il a fallu inventer autre chose. Incapable de nier plus longtemps la présence des Palestiniens avant Israël, Golda Meir, ex premier ministre israélien essaya de nier leur qualité de peuple. Elle s’exclama un jour de 1972, devant un parterre médusé de journalistes, « Le peuple Palestinien n’existe pas, c’est une invention de la propagande anglaise sous le mandat » ajoutant un peu plus tard "quand je pense à tous ces bébés arabes nés pendant la nuit cela me donne des cauchemars". Tant de zèle éradicateur démontre une chose, l’occupant sait que la guerre sur le terrain serait vaine si elle ne se prolongeait pas par une guerre des mots. Une victoire sans appel sur le papier et dans les esprits. D’où son acharnement à imposer une écriture de l’histoire présentant les indigènes comme des intrus et affirmant la prééminence coloniale. L’obscénité de certains propagandistes français d’Israël n’a pas de limite nous le savons. C’est bien dans le cadre de cette guerre des mots et des concepts, qu’agissent à nouveau les relais français de l’armée israélienne comme le CRIF, Europe Israël etc. Ceux-ci ont décidé tout dernièrement de s’attaquer aux éditions Hachette coupables d’avoir fait usage du mot Nakba dans un spécimen de manuel d’Histoire pour classe de 1ere. Nous le savons celui-ci désigne pour les Palestiniens la catastrophe, qui en 1947-1948 et jusqu’en 1949, les a vus être chassés de leurs demeures, de leurs terres, à hauteur de 900 000. 450 villages et quartiers de villes entièrement rasés. Catastrophe prolongée en 1967 par l’expulsion de 250 000 nouveaux réfugiés à la suite de l’occupation des territoires de Cisjordanie et Gaza lors de l’agression de juin 1967. Aujourd’hui ce sont plus de 4 millions de réfugiés, selon la définition de l’ONU qui réclament leur retour dans la Palestine historique, c’est-à-dire dans ce que les Israéliens nomment Israël. Tuer le mot dans l’espoir de tuer la réalité, c’est là le pari ubuesque du CRIF. Cette réalité de la Nakba, il suffit d’ouvrir n’importe quel journal, n’importe quel ouvrage, n’importe quel rapport consulaire sur le Moyen Orient en cette fin de la décennie 1940 pour en avoir la preuve manifeste. Il suffit juste, surtout, d’interroger les rescapés eux-mêmes de cette Nakba. Ils sont des centaines de milliers dans les camps de réfugiés de Cisjordanie, de Gaza, du Liban, de Syrie, de Jordanie, d’Egypte, d’Irak. Cela ne souffre pas l’ombre d’un débat. Et pourtant, c’est cette vérité criante que ces groupes stipendiés propagandistes de l’État d’Israël voudraient voir remise en question au motif qu’elle ferait la part belle à la version palestinienne du conflit et qu’elle serait fausse. En effet la fable inventée par la propagande sioniste ferait sourire si le sujet était moins grave. Les 900 000 Palestiniens se seraient exilés volontairement en 1948-1949 "afin de permettre aux armées arabes de mieux en finir avec les juifs". Salir la mémoire de la Nakba, minorer son importance ou la nier carrément, dans tous les cas, il s’agit en gommant l’écriture de l’histoire, de la folle tentative d’abolir les faits eux-mêmes. Mais aussi vainement que le mauvais élève arrache les pages du livre dans l’espoir de ne pas avoir à en apprendre les leçons, le CRIF peut pourchasser mille fois la Nakba et 10 000 fois les éditions Hachette, les âmes des Palestiniens de 1948 continueront à le hanter. D’ailleurs si tel n’était pas le cas, s’acharnerait-il ainsi ? Car nul ne combat des fantômes. Les faits sont têtus. Les trois quarts du peuple palestinien ont bel et bien été expulsés en 1948-1949 par le fait des armées israéliennes. Cela a été largement démontré d’abord par les réfugiés eux-mêmes, puis par les historiens palestiniens, enfin par les nouveaux historiens israéliens plus récemment. Le peuple palestinien demande son retour en Palestine au nom du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Mieux, à propos de cette Nakba, une résolution, adoptée le 11 décembre 1948, la 194 de l’Assemblée générale de l’ONU, la reconnaît implicitement. Ne déclare-t-elle pas « qu’il y a lieu de permettre aux réfugiés qui le désirent de rentrer dans leurs foyers le plus tôt possible et de vivre en paix avec leurs voisins... ". De même bien plus tard la résolution 3236 réaffirme le « droit inaliénable des Palestiniens de retourner dans leurs foyers et vers leurs biens, d’où ils ont été déplacés et déracinés, et demande leur retour » ainsi que le droit à l’autodétermination du peuple palestinien. L’extrait « D’où ils ont été déplacés et déracinés" allant exactement à l’encontre des affabulations israéliennes. Ce droit au retour réaffirmé par l’ONU plus de 130 fois, d’ailleurs, est reconnu par plusieurs de ses organes, y compris par l’Assemblée générale et le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale. Il ne s’applique pas seulement à ceux qui ont été directement expulsés de leur pays et leur famille proche mais aussi à leurs descendants, si ceux-ci ont maintenu ce que le Comité des droits de l’homme appelle « des liens intimes et durables » avec la région. Ce droit au Retour reconnait implicitement la réalité de la Nakba.
C’est pourquoi, à défaut d’avoir réussi à faire disparaître ces mêmes réfugiés en dépit de tous les massacres, ces mêmes thuriféraires de Tsahal se sont mis en tête de poursuivre la vérité historique et de lui faire rendre gorge jusque sur les bancs scolaires. Et pourtant qui d’autre que les victimes elles-mêmes sont-elles habilitées à désigner les souffrances endurées ? Il est intéressant de noter au passage que c’est déjà aux éditions Hachette qu’en 2001, les organisations sionistes s’en étaient prises. La cible cette année-là fut un manuel de seconde de sciences de la Terre qui avait osé présenter un bilan hydrique du bassin du Jourdain précédé de cette question fort pertinente "Israël assoiffe-t-il les Palestiniens ?" Après une campagne honteuse au cours de laquelle les organisations sionistes en étaient même arrivées à faire le siège du siège de Hachette, l’ouvrage en question avait été révisé. De plus, comment ne pas trouver une étrange résonance entre cette nouvelle campagne anti-palestinienne du CRIF et la loi avortée de février 2005 sur "l’œuvre positive de la colonisation en Algérie" ? Mais il y a autre chose. Cette sinistre offensive constitue un épisode de l’affrontement concurrentiel acharné auquel se livrent entre elles les principales organisations communautaires juives, engagées dans une surenchère sioniste et un alignement quasi aveugle sur les positions de la droite israélienne la plus dure. Ainsi en Israël à partir de 2009 la Nakba s’est trouvée non seulement chassée des manuels scolaires mais également de toute expression publique.
Le rêve de tout colonialiste n’est-il pas d’effacer jusqu’à la trace de son forfait ? Pour que le crime soit parfait, sa préoccupation première n’est-elle pas de faire disparaître le corps de la victime ? Les éditions Hachette, sommées de surseoir à l’impression du dit manuel, si elles cédaient à cette injonction, ne feraient que conforter cette obsession israélienne et se trouveraient complices de ce déni de vérité.
Mais à travers l’argumentaire sioniste se profile un autre enjeu de cette bataille pour l’histoire, le terme de Palestinien. En effet un des autres motifs de récrimination des organisations sionistes est de prétendre que le manuel Hachette incriminé n’évoquerait le terme de Palestinien qu’en ce qui concerne le seul peuple arabe palestinien et ignorerait les populations palestiniennes juives. Il est cocasse d’observer qu’après avoir combattu ce terme durant des années et après avoir essayé vainement pendant des décennies de faire disparaître le mot de Palestine du champ sémantique, ces organisations s’efforcent maintenant de le récupérer au profit de l’État sioniste. Il ne s’agit là encore que d’une opération courante dans le discours colonial général. Usurper jusqu’au nom même de l’indigène. Ainsi en dépit de toute réalité les colons français se disant propriétaires légitimes de l’Algérie, s’affirmaient eux-mêmes Algériens et même Africains ( "C’est nous les Africains" proclame le chant de la légion). Comme Israël après avoir envahi le pays, ils se prétendaient victimes en Algérie d’une agression de la part des Indigènes contre lesquels il fallait bien se défendre. En Afrique du sud, les colons européens hollandais se proclamaient eux aussi afrikaans, « africains » en néerlandais. Cependant, les éditions Hachette doivent réaliser à quel point elles perdraient tout crédit si elles se prêtaient à cette misérable manœuvre de réécriture coloniale de l’histoire imposée depuis le ministère de la guerre israélien. Elles devraient alors assumer non seulement le ridicule, car in fine le mot Nakba finira par s’imposer, comme c’est déjà le cas aux États-Unis mais aussi les conséquences politiques désastreuses d’une telle entreprise en termes de légitimation des théories complotistes.
Youssef Boussoumah, membre du PIR
Source : Les Indigénes de la République

L’Iran ouvre une Bourse du Pétrole – présage de problèmes pour New-York et Londres ? (Oil Price.com)

Les trois dernières années de récession mondiale ont été un coup dur pour les discours capitalistes américains sur l’efficacité des « marchés libres » claironnés à travers le monde. Wall Street s’est révélé n’être qu’une forme d’économie de casino, avec des banksters initiés en train de parier avec l’argent des autres, et parfois avec celui du gouvernement. Tandis que les Républicains au Congrès, sentant leur victoire proche pour les élections présidentielles de 2012, tiennent Obama en joue et que les agences de notation envisagent de baisser la note du trésor US, dans l’expectative d’un défaut de remboursement de ce dernier, de nombreuses idées qui paraissaient improbables à cause de la domination de l’économie US connaissent un regain.
Sans surprise, bon nombre de ces concepts viennent de pays qui ne sont pas sous l’influence de Washington, et peut-être même la majorité d’Iran, membre officiel de « l’Axe du Mal » qui a vu son économie secouée par plus de trois décennies de sanctions initiées par les Etats-Unis. A présent, l’Iran se consacre à un projet qui, s’il réussit, pourrait aider à miner la prééminence du dollar comme monnaie de réserve mondiale, mieux que ne le ferait le premier Républicain venu.
Quelle est la botte secrète iranienne contre la devise du Grand Satan ? Une bourse du pétrole sur l’île Kish dans le Golfe Persique, qui a commencé à vendre du pétrole brut iranien de haute qualité.
Mohsen Qamsari, directeur adjoint aux affaires internationales de la société nationale iranienne du pétrole était modeste sur les capacités initiales de la bourse, en déclarant « la bourse a depuis longtemps cherché à mettre en place des mécanismes pour commercialiser le pétrole brut et elle a pris les premières mesures, dans la mesure du possible. Eu égard aux problèmes bancaires actuels, on n’attend pas la participation de clients étrangers dans la première phase des offres de brut, et elles seront effectuées à titre d’essai. Aujourd’hui, pour la première fois, c’est du pétrole brut Bahregan de haut-qualité, à faible teneur en souffre, qui sera mis en vente. Pour commencer, un lot de 600.000 barils sera mis en vente. »
La consommation mondiale de pétrole brut est d’environ 83 millions de barils par jour. L’offre iranienne à la bourse n’aura pas un grand impact sur les marchés mais elle représente une tentative de la part d’un producteur important de détourner le flux de revenus de la bourse de New York, la plus grande bourse de biens de consommation au monde, qui gère West Texas Intermediate et Intercontinental Exchange de Londres, qui gère le (pétrole) Brent de la mer du Nord. Tous les échanges sur le pétrole s’effectuent en dollars et instaurent un monopole pour la devise US.
La bourse de Kish date de février 2008 lorsque l’île fut choisie, au lieu de Téhéran, parce qu’elle avait été déclarée zone franche. La bourse a été créée pour effectuer des opérations en euros, rials iraniens et un panier de devises excluant le dollar. L’année précédente, l’Iran avait demandé à ses clients de payer le pétrole dans une devise autre que le dollar. Mais la bourse à l’origine ne concernait que des produits dérivés du pétrole tels que ceux employés comme matière première pour l’industrie chimique ou pharmaceutique. A présent, l’institution a fait un pas de plus.
Même si le Congrès US reste sourd aux effets de la récession sur les emplois et l’économie aux Etats-Unis, d’autres y prêtent une oreille attentive. Le 17 juin 2008, s’exprimant devant la 29ème rencontre du Conseil des Ministres du Fonds de l’OPEC pour le Développement International dans la ville iranienne d’Isfaham, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré à son auditoire, « la chute de la valeur du dollar est un des problèmes majeurs dans le monde aujourd’hui. Les dégâts provoqués se ressentent déjà dans l’économie globale, particulièrement pour les pays exportateurs d’énergie... Par conséquent, je réitère ma suggestion, qu’une combinaison des devises les plus fortes du monde devienne la base des transactions pour le pétrole, ou alors les pays membres de l’OPEC choisissent une nouvelle devise pour les transactions de pétrole. »
Pour que la nouvelle Bourse iranienne puisse survivre et se développer, il lui fallait trouver un client de poids contre qui Washington hésiterait à chercher la bagarre, et c’est désormais chose faite : la Chine.
La Chine est le premier acheteur de pétrole brut iranien et vient de renouveler ses accords commerciaux pour 2011. En 2010, l’Iran a fournit environ 12 pour cent de toutes les importations de pétrole de la Chine. Selon le dernier rapport de l’Organisation des Douanes de la Chine, les exportations de pétrole iranien à la Chine se sont élevées à 8,459 millions de tonnes entre janvier et avril 2011, soit une augmentation de 32 pour cent par rapport à l’année dernière. L’Iran est actuellement le troisième fournisseur de pétrole à la Chine et livre près d’un million de barils par jour.
En ce qui concerne les sanctions économiques contre l’Iran, la Chine se contente d’ignorer les protestations de Washington. Cela dit, la Chine est avant tout intéressée par ses marges et si l’Iran ne parvient pas à offrir un prix plus compétitif par rapport à ses concurrents du Moyen orient ou de l’Amérique du sud, il lui sera peut-être difficile d’augmenter sa part d’un marché Chinois en rapide expansion.
Voici qu’apparait la Bourse de Kish
L’ambassadeur chinois à Téhéran, Yu Hung Yang, devant une conférence sur le commerce à Téhéran qui s’est tenue lundi dernier, a déclaré que le montant des échanges commerciaux entre les deux pays avait augmenté de 55 pour cent au cours des quatre premiers mois de 2011 par rapport à la même période de l’année dernière et s’est élevé à 13,28 milliards de dollars. Il a aussi prédit que le chiffre dépasserait 40 milliards de dollars d’ici la fin de l’année.
Au temps pour les sanctions, n’est-ce pas ?
Ainsi, tandis que Washington se prépare à un Hara-Kiri politique, l’Iran se prépare à ternir un peu l’aura capitaliste de New York et Londres. Si les Chinois se décident à payer leurs achats iraniens uniquement en Yuans, les petits abandons du dollar dans les transactions pétrolières que l’on constate ici ou là se transformeront rapidement en un sauve-qui-peut général. De quoi donner aux politiciens à Washington d’autres sujets de préoccupation que le mariage gay.
John C.K. Daly
http://oilprice.com/Energy/Crude-Oil/Iran-Opens-Oil-Bourse-H...
traduction "le dollar se meurt et l’euro ne se sent pas très bien ?" par VD pour le Grand Soir avec probablement les coquilles et erreurs habituelles.
URL de cet article 14238 http://www.legrandsoir.info/l-iran-ouvre-une-bourse-du-petrole-presage-de-problemes-pour-new-york-et-londres-oil-price-com.html

Le Canada Sous Influence du lobby judéo sioniste

20 Juillet 2011


Le LOBBY juif dirige aussi le Canada.


Petit à petit les peuples découvrent qui sont leurs véritables maitres. Derrière les apparences de la démocratie, une judéocratie totalitaire mondiale montre son visage. 
Le complot juif passe du mythe à la réalité et les paravents tels que l'Atlantisme, et les empires "anglo-saxons", "Américains" sont de plus en plus perçus pour ce qu'ils sont c'est à dire des avatars du programme judaique de domination du monde.
Mais l'humanité pourra t-elle échapper à cette emprise criminelle avec des mots ?  Pas sûr...