Les
américains peuvent élire Hillary Clinton, et malgré ceci, Donald Trump pourrait
devenir président des États-Unis. Ceci serait expliqué par la loi de l’élection
présidentielle américaine. Le résultat final de l’élection présidentielle sera
donc annoncé au cours du mois de décembre.
Les
électeurs américains sont invités à voter pour l'élection de leur président.
Cependant, ils n'élisent pas directement celui-ci : le scrutin se fait au
suffrage indirect. Les médias annoncent le résultat de l’élection
présidentielle au mois de novembre, alors que les grands électeurs ne votent
qu’au cours du mois de décembre qui suit.
Chacun
des cinquante États élit un nombre de «grands électeurs» égal au nombre de ses
Représentants et Sénateurs soit un total de 538 (100 au titre du Sénat, 435 au
titre de la Chambre des représentants, 3 pour le District fédéral de Columbia).
L’État le plus peuplé, la Californie, dispose de 55 votes et les 8 États les
moins peuplés n’en ont que 3 chacun. Les partis politiques nomment leurs listes
de grands électeurs lors des conventions politiques par États. Un grand électeur
ne peut faire partie du Congrès ou être membre d'un bureau fédéral.
En
principe, les votes populaires devraient être exprimés en faveur d’un grand
électeur. Dans la pratique, les bulletins de vote sont rédigés sous la forme
«grand électeur en faveur de tel "ticket"» ou mentionnent simplement
le nom des candidats.
De
plus, dans tous les États sauf deux, le Maine et le Nebraska, le mode de
scrutin donne toutes les voix de l’État (selon « the winner-takes-all system »
: principe du «tout-au-vainqueur») au candidat arrivé le premier (le Maine et
le Nebraska donnent deux voix au vainqueur de l'État et une voix au vainqueur
de chaque district congressionnel). C’est ce qui explique la disparité entre
les résultats populaires qui, lors des dernières élections, étaient proches
entre Républicains et Démocrates, et les résultats des grands électeurs qui
donnaient une majorité souvent écrasante à l’un des candidats. À titre
d’exemple, on peut citer l’élection présidentielle de 1972 où le candidat
républicain Richard Nixon a été élu avec plus de 95 % des voix des grands
électeurs alors qu’il n’avait emporté que 60 % des voix populaires.
Une
des critiques de ce mode de scrutin est que le président élu peut ne pas être
le candidat ayant recueilli le plus de suffrages populaires. Théoriquement au
moins, un candidat pourrait être élu avec 21,91 % du vote populaire. Lors de
l'élection présidentielle de 2000, le candidat démocrate Al Gore obtint 550 000
voix de plus que son adversaire républicain George Bush au niveau national,
mais les 550 voix d'avance que Bush a officiellement obtenues en Floride lui
permirent d'obtenir tous les grands électeurs de cet État et de remporter
l'élection au niveau fédéral.
Mais
la critique la plus courante de ce principe est qu’il favorise le bipartisme ;
récemment les candidats d’un troisième parti, n’ont reçu aucune voix de grand
électeur alors que les votes populaires en leur faveur ont avoisiné 20 %.
Un
grand électeur peut décider de ne pas voter pour le candidat auquel il avait
d'abord apporté son soutien ; les cas sont rares, mais on en compte huit dans
la période contemporaine. Certains États ont d'ailleurs interdit cette
pratique, qui n'est pas contrôlée au niveau fédéral. Les médias annoncent donc
le résultat de l’élection présidentielle au mois de novembre, alors que les
grands électeurs ne votent qu’au cours du mois de décembre qui suit.
En
effet, après plusieurs modifications des lois électorale, fédérale et étatique,
on est arrivé au mode de scrutin actuel de l’élection couplée du président et
de son vice-président ainsi qu’au vote bloqué des grands électeurs. Des
associations cherchent toujours à modifier cela pour passer à un scrutin
proportionnel au niveau des états, voire pour l’éliminer complètement et ne
conserver que le vote populaire.
Source :
alahed

