"La mémoire des opprimés ne s’efface jamais, et le souvenir des événements qui la composent ne cesse de nourrir la révolte."
samedi 17 octobre 2015
Leila Khaled solidaire de Georges Abdallah ! …Si le prix de la liberté est gigantesque, Georges Abdallah a malgré tout choisi de le payer.
Nous sommes ravi de publier ici un message vidéo que
nous avons reçu de Leila Khaled. Dirigeante historique du Front Populaire de
Libération de la Palestine (FPLP), Leila Khaled apporte ici un message
réaffirmant son soutien à Georges Abdallah et à la campagne pour sa libération
:
http://www.dailymotion.com/video/x3...
Camarades et amis, frères et sœurs, au nom de mon
peuple, de mon parti, le Front Populaire de Libération de la Palestine (FPLP),
et de moi-même, je vous adresse à vous tous de chaudes salutations. J’ai le
privilège de vous parler, et à travers vous de parler à Georges Abdallah, qui
est un symbole des combattants pour la liberté face à l’oppression et l’occupation,
face aux impérialistes, aux sionistes et aux réactionnaires. Pendant que je
vous parle, mon peuple fait face à l’état d’apartheid d’Israël, qui est en
train de lancer une attaque fasciste et brutale contre notre peuple en
Palestine.
Israël tente de nous faire taire grâce à une seule
politique : tuer, tuer, et encore tuer des Palestiniens – femmes, enfants et
vieillards. Arrêter de plus en plus de militants. Détruire plus de maisons.
Confisquer plus de terre. Construire plus de colonies. Leur nouvelle méthode
brutale est de brûler vives des personnes, comme ils l’ont fait à l’enfant
Mohammed Abu Khdeir l’an dernier à Jérusalem, et récemment, à l’enfant Ali
Dawabsheh et sa famille près de Nablus.
Notre peuple fait face et continue à faire face aux colons
et l’armée israélienne. Il est de notre droit de nous opposer à ces artistes du
sévice du 21ème siècle.
Camarades et amis, en cette occasion, laissez-moi
m’adresser à travers vous à mon camarade Georges Abdallah.
Camarade Georges, pour nous, pour toutes les forces
progressistes, tu es notre représentant dans ta prison. Tu fais partie du
mouvement des prisonniers contre l’occupation et l’oppression partout dans le
monde. Tes camarades dans les prisons sionistes ont hâte de te voir retrouver
ta liberté, autant qu’ils ont hâte de retrouver la leur. Le camarade Ahmad
Sa’adat t’envoie ses chaleureuses salutations, accompagné de tous les
prisonniers. Ils te regardent comme un grand symbole pour les révolutionnaires
du monde entier. Tandis que nous dénonçons la brutalité des politiques d’Israël
envers les prisonniers, nous dénonçons aussi l’obstination du gouvernement
français à te garder enfermé. Pourtant, aussi enfermé sois-tu, tu demeures plus
libre que le gouvernement français et son système judiciaire.
Cet événement rejoint ceux qui se déroulent au Liban,
en Palestine et dans d‘autres lieux. Ils montrent que tu n’es pas seul. Nous
sommes avec toi, et ce depuis trente ans.
Camarades et amis, faisons tous entendre nos voix pour
la libération de Georges Ibrahim Abdallah et de tous les prisonniers politiques
partout, dans toutes les prisons du monde.
Je suis reconnaissante envers vous tous de me donner
l’opportunité de prendre la parole. Si le prix de la liberté est gigantesque,
Georges Abdallah a malgré tout choisi de le payer. Grâce à notre soutien
inconditionnel et en dénonçant ceux qui emprisonnent les combattants de la
liberté, nous pourrons un jour les libérer. Apprenons de leur patience et de
leurs comportements. Crions, propageons notre revendication : libérez Georges
Abdallah ! Libérez Ahmed Sa’adat ! Libérez tous les prisonniers politiques
combattants de l’impérialisme, du sionisme et des réactionnaires. Ensemble nous
vaincrons.
Merci, shukran, thank you - Leila Khaled, 12 octobre
2015.
Source : Bella ciao
17 OCTOBRE 61 - sociogenèse d’un crime d’état : chèque en blanc à Maurice Papon, écrivait il ya trois jours Emmanuel Blanchard.
Alors que l’on commémore, ce samedi 17 octobre 2015 (à
17H30 au Pont Saint-Michel à Paris), le cinquante-quatrième anniversaire du
massacre d’octobre 1961, il nous paraît utile de revenir sur le travail
d’Emmanuel Blanchard. Dans son livre La police parisienne et les Algériens
(1944-1962), paru en 2011, l’historien restitue les résultats d’une longue
enquête sur la police parisienne. Il montre comment, de 1947 à 1958, la
préfecture de police, en réponse à ce qu’elle perçoit comme le « problème nord
africain », constitue, de façon non encore publique, des unités ciblant
spécifiquement les Algériens. Alors que la guerre d’indépendance algérienne
s’étend à la métropole en 1957 et 1958, les forces de police s’engagent dans
une politique « d’élimination des indésirables ». A l’automne 1961, le préfet
Maurice Papon obtient du gouvernement un véritable « chèque en blanc » pour
démanteler le FLN et mener une bataille qui débouchera sur la perpétuation d’un
massacre colonial au cœur de Paris, le massacre du 17 octobre 1961. Cette
enquête historique inédite est précieuse en ce qu’elle permet de réinscrire ce
déchaînement de violence exceptionnel dans des généalogies plus longues. En
faisant la socio-histoire de l’institution policière et de ses liens avec le
gouvernement, en restituant le rôle de Maurice Papon et la responsabilité très
claire de Michel Debré et du Général de Gaulle, on voit réfutées les thèses
d’un gouvernement politique dépassé, ou celle d’une simple « crise » au sein de
la police l
Extrait de l’épilogue du livre d’Emmanuel Blanchard, La
police parisienne et les Algériens (1944-1962), Éd. Nouveau Monde Editions,
2011.
« Les
policiers sont devenus les combattants sans merci d’une lutte sournoise et sans
merci, car c’est d’une guerre raciale qu’il s’agit. Et voici la conséquence :
l’État, lui, est devenu dépendant de sa police – de son armée aussi, de cette
armée dont certains organes ont été démesurément développés par leurs fonctions
répressives : l’esprit de corps est la source de tout notre malheur comme il
l’était déjà du temps de Dreyfus. »
François
Mauriac, Le Figaro littéraire, 11 novembre 1961 [1]
En octobre
1961, toutes les conditions de possibilité d’une violence extrême étaient
réunies. L’histoire longue des pratiques de police vis-à-vis d’une
population racialisée et soumise à une emprise spécifique des forces de l’ordre ; l’état de quasi-belligérance entre une
organisation armée et des policiers voulant venger leurs morts ; la
désobéissance organisée à un « couvre-feu » qui, sans fondement légal, était le
symbole d’une forme de souveraineté policière ; l’atteinte symbolique à la
souveraineté nationale défiée par la parade d’une « organisation terroriste »
avec laquelle il n’était possible de négocier qu’à condition qu’elle soit
défaite ; le format du dispositif de maintien de l’ordre ; la tolérance
hiérarchique et politique vis-à-vis de violences quotidiennes et de pratiques
extra-légales considérées comme nécessaires ou pour le moins inévitables, sont
au nombre des logiques qui permettent d’appréhender ce massacre inscrit dans la
situation coloniale.
Ce serait
cependant céder à « l’illusion étiologique [2] » que d’expliquer le massacre du
17 octobre 1961 seulement par ces généalogies et ce contexte. Pour que les
rafles au faciès dégénèrent en quasi-« pogrom [3] », il a fallu que se mêlent,
de façon en apparence paradoxale, les encouragements de la hiérarchie et
l’insubordination d’agents subalternes que leurs encadrants laissèrent souvent
seuls pour ne pas avoir à les sanctionner. Ces brisures dans la chaîne
hiérarchique et cette forme de démission temporaire des autorités policières,
qui savaient pouvoir compter sur leurs agents pour que le seul objectif qui
valait à leurs yeux – arrêter le maximum d’Algériens afin que force reste à la
« loi » – soit atteint, donnèrent la possibilité à chacun des policiers
d’utiliser toute la gamme des moyens en sa possession pour gagner la bataille
engagée contre le FLN.
A l’heure ou les propos de haine islamophobes, de
«racisme anti -ARABE sont banalisé, pour attiser les peurs, et favoriser les
divisions entre "sns dents", c’est un devoir révolutionnaire que de
se pencher sur ce passé
"LA Bête IMMONDE" n’est pas
morte.
Source : Bella ciao
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