samedi 27 avril 2013

Palestine - La lettre de victoire de Samer Issawy...Jérusalem, ou le martyr, il n'y a pas de troisième choix


Dieu est grand, Dieu soit loué
Dieu est grand, Dieu soit loué
Dieu est grand, Dieu soit loué
Je remercie Dieu avant tout pour cette victoire, et pour sa générosité pour me l'avoir accordée.
Pour commencer cette lettre, je tiens à présenter mes excuses à tous ceux qui m'ont soutenu dans cette bataille, une bataille de la dignité et de la loyauté envers les martyrs de Gaza, les blessés et ceux qui sont en détresse à cause de l'agressivité à laquelle ils ont été exposés quand les sionistes ont tenté, en vain, de libérer le soldat israélien "de la boîte", comme ils disaient. Ils ont cependant trouvé un espace grand ouvert, malgré leur technologie avancée, et malgré le soutien dont ils jouissent dans le monde entier, et bien qu'ils aient les services de renseignement de tous les pays du monde à leur disposition, ils ont été incapables de le libérer.
J'espérais que ma libération soit immédiate, et c'était ma position, mais après que plusieurs prisonniers politiques aient commencé une grève de la faim illimitée en solidarité avec moi, inquiet pour leur bien-être, dans le souci du mouvement des prisonniers et ne voulant pas qu'ils endurent pour moi ce que j'ai enduré pendant ma grève de la faim, j'ai été obligé d'accepter la proposition finale qui m'a été offerte, à savoir une peine de prison effective de 8 mois, à partir du jour de la signature de l'accord, et le retour à ma Jérusalem bien-aimée.
Grâce à Dieu, les exigences pour lesquelles j'ai mené ma grève de la faim illimitée, par fidélité aux martyrs, ont été satisfaites, et dès le début, elles ont été : défendre la dignité de notre nation, dénoncer les violations par l'occupation des clauses de l'accord "Loyauté des libres", interdire de ré-arrêter les prisonniers politiques libérés dans le cadre de cet accord, refuser le rétablissement des peines antérieures, appeler à l'arrêt de la politique d'extradition et au droit au retour dans notre pays.
Les négociations qui ont été conduites avec moi, en envoyant une équipe de négociateurs supervisée par des spécialistes en négociation et des agents du Shabak, ont été très pénibles, elles ont duré plusieurs heures par jour, mais je n'ai pas bougé. La première offre qu'ils m'ont faite prévoyait que je sois banni à Gaza pendant 10 ans, mais je l'ai totalement refusée. Puis ils ont proposé de m'extrader dans un pays de mon choix, alors je leur ai dit que je n'accepterai pas l'idée d'extradition, et que, en possession de toutes mes capacités mentales, exempt de toute faiblesse de la volonté, je refusais toute idée d'extradition, même s'ils m'extradaient vers l'honorable Gaza. Même si elle fait partie de ma patrie, j'ai maintenu que je souhaitais revenir sur les terres saintes, chez moi, dans les bras de mes parents et de ma famille, et dans mon village. J'ai dit et répété : Jérusalem, ou le martyr, il n'y a pas de troisième choix. J'ai refusé de me courber devant l'occupation et ses humiliations, et j'ai refusé d'être un pont qu'on traverse, j'ai refusé d'abandonner le sang des martyrs et les soupirs des blessés qui sont tombés pour la libération des prisonniers politiques.
Le simple refus d'accepter l'extradition fut ma première victoire sur l'occupation, y compris le refus d'être extradé à Gaza, parce que cela rappelait les opérations d'expulsion forcée qui ont frappé les Palestiniens en 1948 et en 1967. Nous livrons actuellement une lutte pour la libération de la terre et le retour des refugiés, et non pas pour augmenter le nombre des déplacés. Les méthodes systématiques qu'"Israël" applique pour expulser les Palestiniens de leur terre et pour remplacer les propriétaires initiaux de la terre par des mercenaires, sont l'essence du crime et je refuse donc l'extradition vers un autre lieu. Je leur ai dit :
"Je préfère la mort sur mon lit d'hôpital à mon expulsion loin de Jérusalem. Jérusalem est mon âme et ma vie, et si on m'arrachait de Jérusalem, c'est comme si on m'arrachait l'âme du corps. Il n'y a pas de vie sans Jérusalem et sans Al-Aqsa, toute terre sera pour moi incomplète après Jérusalem, mon retour sera donc à Jérusalem, et nulle part ailleurs."
Je n'ai pas considéré que c'était une question personnelle qui ne concernait que Samer Issawi mais une question nationale, avec la conviction et les principes que chaque Palestinien qui aime sa terre y adhère. L'équipe de négociation a alors compris que l'extradition ne pouvait pas faire partie des possibilités, et qu'il fallait l'exclure des négociations.
J'ai également informé la cour militaire que je boycotterais les audiences, et que j'estimais qu'elle est illégale, et illégale sa présence sur les terres palestiniennes. Comment puis-je être jugé dans un tribunal qui est illégal, et où des magistrats me jugent pour être entré dans des territoires palestiniens, alors que leur palais de justice est situé, illégalement, sur la terre palestinienne ? Je leur ai dit si je me présentais devant cette cour, ce serait une reconnaissance de sa légitimité et de l'illégalité de la présence de l'occupation sur la terre palestinienne, et qu'il n'en était pas question. Le tribunal militaire a donc été obligé d'envoyer ses magistrats à l'hôpital pour apprendre les raisons de mon refus de me présenter devant la cour. Je leur ai transmis ma réponse, qui a provoqué irritation et colère, ce que je considère comme ma deuxième victoire sur l'occupation.
Après qu'ils aient écarté l'idée d'extradition, ils se sont mis à parler d'années d'emprisonnement effectif, et leur première suggestion a été 10 ans ; alors j'ai commencé à négocier à la baisse et les réduire après avoir affirmé ma détermination à être libéré, et j'ai réussi à réduire à 8 mois, ce que je considère comme ma troisième victoire. La volonté de l'ennemi se brise face à la volonté du peuple palestinien, qui refuse de plier.
Après que j'acceptais leur offre d'être emprisonné pendant 8 mois, j'ai demandé la présence de l'équipe de la défense, dans le but de compléter son statut et de le signer, et d'établir les procédures judiciaires pour que l'accord voit le jour, pour sceller la victoire que j'attendais depuis mon emprisonnement, à savoir être libéré et rentrer à Jérusalem.
Depuis, je suis sur ce lit de la victoire, transmettant mes salutations à tous ceux qui se sont tenus à mes côtés, sans exception, et je ne préciserai pas plus par crainte de plaintes. J'estime et j'apprécie tous ceux qui m'ont soutenu dans la réalisation de cette victoire, que ce soit par des actes, des actions, des paroles ou des prières, et puisse Dieu les bénir en mon nom et au nom du peuple palestinien. J'adresse aussi mes salutations à tous les soldats qui ont participé à cette bataille, malgré sa longueur. Ils ont tenu pendant cette longue période en face de l'agresseur, et ils ont supporté toute la souffrance et la douleur provoquées par l'oppression de l'occupation. Pourtant, ils ont tenu à poursuivre cette bataille jusqu'à la victoire, malgré les tourments et les malheurs qui les ont assaillis, avec les arrestations et les blessures dans leurs rangs, les blessures par balles, et malgré les larmes provoquées par les grenades lacrymogènes.
Après toute cette souffrance, nous voici aujourd'hui en train de célébrer la victoire qui a été remportée grâce à votre persévérance dans cette bataille héroïque, vous et tous les gens libres du monde qui ont partagé cette bataille avec nous, et cette victoire prouve à l'occupation que la justice l'emporte chaque fois, et que l'injustice et ce qui en sont responsables perdent toujours.
J'envoie mes bénédictions aux mères des martyrs et je salue les familles des blessés qui ont sacrifié leurs âmes et leurs corps pour que réussisse l'opération "Loyauté des libres" et au nom des un million et demi de Palestiniens de Gaza, qui ont payé un lourd tribut, sous la forme du blocus et de la famine pour tenter de les forcer à libérer le soldat. Malgré cela, notre peuple à Gaza a maintenu ce soldat sous bonne garde, dans le but de réaliser l'accord d'échange de prisonniers le plus important dans l'histoire du peuple palestinien. Nous en sommes là aujourd'hui, accrochés à tous ces sacrifices et ces réalisations, avec notre victoire dans cette bataille que nous dédions à Gaza. J'ai tenu la promesse que j'ai faite, que ce serait soit le martyr soit la libération et le retour à Jérusalem, et c'est fait. La liberté est maintenant en chemin, si Dieu le veut.
Il est vrai que lorsque je pensais aux martyrs, aux blessés, aux personnes en détresse à Gaza, qui s'étaient sacrifiés pour notre libération, je me sentais renforcé et déterminé, et je considérais que reculer et abandonner la victoire serait comme une trahison envers ceux qui se sont sacrifiés pour garantir notre liberté dans l'accord "Loyauté des libres". Ma victoire est leur victoire, et leur souffrance est ma souffrance.
Et je n'oublierai pas de saluer les soldats inconnus de cette bataille, dans les médias écrits et audiovisuels, qui ont joué un rôle essentiel dans cette grande victoire que nous avons remportée. Je salue aussi tous ceux qui se sont efforcés de me soutenir parmi les poètes, les compositeurs et les chanteurs, ils ont aidé à faire connaître cette lutte aux quatre coins du monde, et ils ont joué un rôle qui n'est pas moins important que les autres.
Maintenant, je plaide pour une poursuite du mouvement populaire et son accentuation sur tous les fronts, afin de lutter pour nos prisonniers politiques.
J'appelle aussi à la poursuite de la mobilisation politique et diplomatique pour internationaliser la question des prisonniers politiques, et pour aller devant la Cour pénale internationale afin d'inculper les juges de l'occupation en vertu du droit internatonal, pour les crimes qu'ils perpètrent contre le peuple palestinien.
Je vous salue, je salue votre ténacité, et j'espère vous rencontrer bientôt, et que nous fêterons la vraie victoire, celle de la libération de la Palestine, avec Jérusalem bénie comme capitale. Nous nous rencontrerons bientôt dans la Ville sainte, si Dieu le veut.
Votre fils et votre frère
Samer Issawi
Centre médical Kaplan

SYRIE - Accusations chimiques contre Damas : l'exemple de l'Irak ressuscité ?

Depuis que les Américains ont exploité l’affaire des ADM en Irak, en allusion aux armes de destruction massive, pour harceler ce pays, lui imposer des sanctions pour finalement l’envahir, de nombreux analystes sont totalement persuadés que la question des armements chimiques (AC) en Syrie sert les mêmes objectifs, mais avec Damas.
 

Au début de la crise syrienne, les Occidentaux se sont vite mis à la tache de mettre en garde contre le recours des forces gouvernementales à cet armement, menaçant d’intervenir militairement. Si ce n’étaient les avertissements sérieux de la Russie, puis le double véto sino-russe, l’Otan serait depuis longtemps dans la capitale syrienne.
Dernièrement, cette affaire est martelée de nouveau. Depuis l’attaque chimique perpétrée à Khan al-Assal à Alep, au lendemain de sa reconquête par les forces gouvernementales.
Pourtant, la logique des évènements et des réalités sur le terrain, (15 militaires y ont été tués) sans oublier les menaces proférés en vidéo au préalable, permettent de pencher beaucoup plus vers l’accusation des rebelles, et de soupçonner de surcroît des parties occidentales et turques par derrière de les y a avoir assistés. D’autant plus que dans l’enceinte onusienne, Français et Britanniques se sont mis de concert pour les couvrir, entravant l’envoi d’une commission d’enquête onusienne, et s’attelant à accuser le gouvernement syrien de l’avoir entravé.

En même temps, et pour la première fois depuis l’éclatement du conflit syrien, les Britanniques, suivis par les Français, se sont mis à marteler qu’ils détiennent des preuves sur un recours limité des forces gouvernementales à l’arme chimique, spécifiant le gaz de sarin.
Raison en est-il que leurs assertions ont été inscrites dans le cadre de la campagne de couverture du bombardement chimique de Khan al-Assal.

Curieusement, cette campagne de matraquage s’est poursuivie, escortant les avancées importantes de l’armée syrienne régulière à Homs et Damas. Récemment, les Israéliens ont suivi le pas. Durant la visite à Jérusalem occupée du secrétaire d’Etat américain à la guerre Chuck Hagel, et par la voix du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou.
Or, devant ce dernier, Hagel a fait la sourde oreille. Jeudi, il a quelque peu fléchi. "La communauté américaine du renseignement conclut, avec différents degrés de certitude, que le régime syrien a utilisé des armes chimiques à petite échelle en Syrie, en particulier du sarin", a affirmé Hagel face aux journalistes à Abou Dhabi.

Mais sans changer de position: ses propos ont hâtivement été suivis par les explications d’un haut responsable du Pentagone: « différents degrés de certitude signifie dans le jargon du renseignement américain que ses agences ne sont pas toutes du même avis ». Et par une annonce de la Maison Blanche, selon laquelle « les indices ne constituaient pas encore une preuve formelle à ses yeux».

Selon le quotidien libanais AsSafir, quoique la position américaine est « confuse, elle n’en constitue pas moins une tentative occidentale de cristalliser une accusation chimique contre Damas ». Alors que le quotidien alAkhbar estime qu’elle constitue « une soumission américaine à la vision israélienne ».

Inversement, le rédacteur en chef du quotidien arabophone londonien Al-Quds Al-Arabi, Abdel Bari Atouane va plus loin, estimant que ces accusations sont les prémisses d’une guerre qui se prépare.

Dans l’introduction de son édition d’infos du jeudi 19h30, la chaine de télévision al-Manar a expliqué les déclarations de Netanyahou comme étant le reflet d’une volonté d’impliquer militairement les Américains en Syrie.
Au minimum, il serait question pour les Israéliens de la création d’une zone sécuritaire au sud de la Syrie, aux confins avec la Jordanie et la Palestine occupée. Ce qui permettrait de calmer les esprits de certains des experts israéliens lesquels craignent que le chaos en Syrie ne permettent la prolifération de groupes anti israéliens.

Ce vendredi, les ténors de l’insurrection syrienne, désespéréss par leurs pertes, ont repris à leur compte ces revendications, espérant agiter ce qu’ils considèrent être « la paralysie du Conseil de sécurité ».
Prenant pour prétexte les soupçons de Washington, un membre de la Coalition des forces de l’opposition et de la révolution en Syrie a réclamé via l’AFP une intervention des Nations Unies, ou au moins de l’Otan. Le but minimum étant d’imposer "une zone d’exclusion aérienne", pour l’aviation syrienne.
Comme si la campagne britannique leur a donné de nouveau espoir.

Alors que les autorités syriennes ne sont pas du tout dupes et gardent à l’esprit l’exemple irakien: « ceux qui ont utilisé des armes chimiques à Khan al-Assal sont bel et bien les terroristes. La Syrie a collaboré avec les Nations Unies pour l’envoi d’experts pour savoir qui et comment ces armes ont été utilisées et quelles sont leurs séquelles. Mais les Nations Unies et leur secrétaire général ont commencé à parler de la nécessité d’une enquête dans plus d’une région syrienne sous prétexte que les forces syriennes avaient auparavant utilisé des armements chimiques. Sachant que personne ne s’était plaint auparavant. Sauf lorsque la Syrie a exigé une enquête qu’ils ont commencé à demander une enquête un peu partout. Pour deux raisons : la première est qu’ils voudraient que cette délégation se transforme en une commission d’inspection, similaire à celle de l’Irak, et qui a fini par le détruire. Et deuxièmement, parce qu’ils veulent que les groupuscules terroristes échappent à leur crime en dilapidant cette affaire », a déclaré le ministre syrien de l’information Omrane al-Zoebi, dans une conférence de presse ce vendredi, rapporte par Sana.

L'exemple de l'Irak semble tout aussi vivant chez l'administration américaine . Non point parce qu’il lui a coûté cher en soldats, comme ce fut le cas au Vietnam, mais parce qu’il ne lui a pas fourni les résultats escomptés. Sans oublier le trou économique dans lequel elle s’est engouffrée de par son cout astronomique. Et le constat désolant qu'elle s'est obligée de faire: celui que l'Iran, son ennemi juré en est sorti renforcé.

Au vu des déclarations officielles sur le cas syrien, les réserves de Washington ont le dessus, et sont l’expression d’une fin de non-recevoir à toute velléité de guerre directe. Au rythme des contrats d'armes conclus avec ses alliés, aussi bien arabes qu'israélien, il est clair qu'elle privilégie toujours les guerres par procuration.

Israël en est le premier lésé: depuis 2006, il a bâti sa stratégie de guerre sur un va-t-en guerre américain à ses souhaits. Ce qui ne semble plus être le cas.

Source : Al-Manarhttp://www.almanar.com.lb/...