Suite à la plainte d’un groupe d’extrême-droite
nostalgique de l’Algérie française (l’AGRIF), le sociologue Saïd Bouamama et le
rappeur Saïd, dit Saïdou, de Z.E.P. (Zone d’Expression Populaire), ont comparu
le mardi 20 janvier 2015 au Tribunal de Grande Instance de Paris (4 boulevard
du Palais, Métro Cité) pour « racisme anti-blanc » et « provocation à la
discrimination, à la haine ou à la violence ».
L’objet du litige est un livre-disque intitulé Nique
la France (raciste, colonialiste et impérialiste) ! Devoir d’insolence.
Le fait même d’enregistrer cette plainte est une
inquiétante atteinte liberticide à la liberté d’expression au regard des
traditions démocratiques Françaises de l’humour insolent littéraire,
artistique, poétique, etc. Même les partisans de
"l’intégration-assimilation" colonialiste doivent en être surpris.
La France Républicaine dont la devise est
"liberté, égalité, fraternité" est-elle entrain de succomber aux
sirènes de l’inversion du racisme contre les victimes du racisme dont certaines
expressions les plus illustratives sont : les propos de Finkielkraut, Frêche,
de Villiers et Le Pen sur l’équipe de France de football qui aurait notamment
"trop de Noirs", de l’académicienne Hélène Carrère d’Encausse en 2005
sur la "polygamie" qui serait à l’origine "des émeutes de
banlieues", de Pascal Sevran, animateur de France Télévision, qui a
déclaré : "La bite des Noirs est responsable de la famine en Afrique ...
Il faudrait stériliser la moitié de la planète !", ceux qui pullulent dans
les médias et les campagnes électorales comme "les immigrés volent le
travail, les femmes, le pain, les allocations des français",
"l’immigration, c’est la délinquance, l’insécurité, la toxicomanie",
"l’immigration, c’est la cinquième colonne en cas de guerre",
"les immigrés sont des Merah", "l’islam, c’est le
terrorisme", de Zemmour suggérant "la déportation des 5 millions de
musulmans", etc. Même les ministres de la République n’échappent pas à
cette inversion des "valeurs", c’est le cas de Mme Taubira qui a été
comparé impunément à une "guenon".
Propos insultants et racistes qui n’ont jamais fait
l’objet d’aucune comparution devant la justice mais qui banalisent la
stigmatisation, les amalgames racistes qui ont permis à Jean-Marie Le Pen
lui-même de fanfaronner : "C’est ça la politique, peser sur son temps, sur
les décisions du pouvoir, sur la pensée politique. Je pèse en m’exprimant,
j’oblige toute la politique française à se droitiser et à se déterminer par rapport
à moi. C’est démocratique parce que ce que je pense, c’est ce que pense le
pays" (Le Monde du 21/11/84).
En fait, c’est devenu coutumier en France d’insulter et
d’attenter à la dignité des Français récents et des immigré(e)s parce
qu’originaires des anciennes colonies ou des Roms en toute impunité.
Mais dès que les victimes dénoncent sous différentes
formes artistiques ou littéraires les racisme, la rromophobie, l’islamophobie
d’État en pointant de surcroît le passé ou le présent colonialiste ou néo-colonialiste,
la démocratie, la liberté d’expression ou d’opinion montre ses limites, voire
se transforme en dictature sous couvert de procédure judiciaire.
Ce procès ne peut servir qu’à conforter les mouvements
fascistes parce qu’il "est triste que souvent pour être bon patriote on
soit l’ennemi du reste des hommes... (Voltaire).
Saïdou (ZEP) et Saïd Bouamama au tribunal pour "racisme anti-blanc"
NIQUE LA FRANCE - Clip officiel
Le Parquet a estimé que les propos incriminés n’étaient pas illégaux [LGS].


