lundi 29 juin 2015

GRECE : Référendum sur les mesures d’austérité exigées par l’UE - La proposition de Tsipras est une escroquerie réactionnaire visant à donner un vernis de légitimité démocratique au pillage des travailleurs et de la classe moyenne grecs par les banques.



Tôt ce matin, le premier ministre grec Alexis Tsipras a convoqué un référendum pour le 5 juillet en Grèce sur l’approbation ou non du plan d’austérité exigé par l’Union européenne (UE) en échange d’une prolongation des prêts et pour éviter une faillite de l’État grec.
Les propositions de Tsipras ont été faites après que des entretiens à Bruxelles entre des responsables de l’UE et de la Grèce ont à nouveau échoué dans un contexte de violentes récriminations. Après avoir déjà accepté d’imposer des milliards d’euros de coupes sociales, les responsables grecs ont convenu de nouvelles mesures d’austérité, y compris d’importantes réductions des retraites exigées par l’UE, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque centrale européenne (BCE). Le ministre grec de la Sécurité sociale, Dimitris Stratoulis, a dénoncé « une humiliation absolue » du gouvernement grec et l’« esclavage et l’extermination » du peuple grec.
Les exigences de l’UE ne sont rien d’autre qu’un ordre donné à Tsipras de répudier totalement et publiquement les résultats des élections de janvier dernier en Grèce et que son parti avait remporté sur la base de promesses de mettre un terme à l’austérité de l’UE. Lors d’un dîner jeudi soir, la chancelière allemande, Angela Merkel, et le premier ministre néerlandais, Mark Rutte, auraient dit à Tsipras de « se taire » alors qu’il réclamait plus de temps pour résoudre la crise de la dette.
À son retour à Athènes, Tsipras a organisé une réunion d’urgence avec ses ministres. Il est ensuite apparu à la télévision nationale après minuit pour annoncer la tenue d’un référendum qu’il dit avoir discuté avec Merkel, le président François Hollande et le patron de la BCE, Mario Draghi.
« A l’issue de cinq mois d’âpres négociation, nos partenaires ont malheureusement fini par faire une proposition qui pose un ultimatum à la démocratie grecque et au peuple grec », a dit Tsipras. Il a précisé que l’UE avait soumis la Grèce à « une humiliation et un chantage », en ajoutant que ses propositions « viol[ai]ent clairement les règles européennes et les droits fondamentaux au travail, à l’égalité et à la dignité. »
Il proposa néanmoins que la population grecque vote sur l’acceptation ou non de ces propositions réactionnaires, qualifiant cela de « processus démocratique. »
« Je respecterai le résultat quel qu’il soit », a-t-il ajouté.
La proposition de Tsipras est une escroquerie réactionnaire visant à donner un vernis de légitimité démocratique au pillage des travailleurs et de la classe moyenne grecs par les banques.

Selon la proposition de Tsipras, ils peuvent soit voter pour accepter les coupes de l’UE, ce qui les plongera encore plus dans la pénurie, soit voter non et être confrontés à une coupure des crédits de l’UE et de la BCE, à la faillite de l’État grec et à un effondrement du système bancaire grec. Il s’avère en effet que des banques grecques commencent déjà à s’écrouler avant le référendum.
Jeudi, Jens Weidmann, le président de l’influente banque centrale allemande (Bundesbank), a dit que la BCE devait s’apprêter à couper les crédits aux banques grecques. Avec les épargnants qui continuent de retirer de l’argent des banques grecques, une banque au moins – Alpha Bank – a dit avoir cessé ce matin le traitement en ligne des transactions.
Si les banques et l’État grecs étaient totalement privés d’accès à des crédits en euros, et que la Grèce était de ce fait contrainte de réintroduire une monnaie nationale dans le but de renflouer les banques et d’éviter un effondrement financier total, la dévaluation de la monnaie grecque qui s’ensuivrait dévasterait certainement totalement le pays. Une étude réalisée par la banque suisse UBS en 2011, a jugé qu’un pays comme la Grèce pourrait subir un énorme effondrement de 40 à 50 pour cent de son produit intérieur brut l’année suivant un tel événement.
Sav Savouri, l’économiste en chef de Tosca Fund, un fonds spéculatif basé à Londres, a carrément prédit que la sorte de la Grèce de l’euro entraînerait un « effondrement de la société civile » et l’arrivée au pouvoir d’une dictature militaire. « Chaque fois où cela s’est produit, l’armée a assumé le rôle du gouvernement », a-t-il dit.
Il est difficile de savoir comment le référendum évoluera. Un sondage réalisé le 16 juin pour la chaîne privée Mega TV a indiqué que 56,2 pour cent des sondés voulaient rester dans l’euro et 35,4 pour cent étaient en faveur d’une sortie de l’euro. Les sondeurs ont cependant reconnu que les avis changeaient rapidement avec une progression de 10 pour cent du soutien pour une sortie de l’euro au cours de la première moitié de juin.
La situation à laquelle la Grèce est confrontée constitue un réquisitoire dévastateur contre la faillite de la perspective pro-capitaliste de Syriza. Ayant refusé de faire appel à une mobilisation de la profonde opposition à l’austérité dans la classe ouvrière européenne, espérant plutôt que d’autres puissances de l’UE critiqueraient et adouciraient les politiques d’austérité exigées par l’Allemagne, il s’est trouvé isolé, et obligé d’imposer des réductions supplémentaires. Il est maintenant réduit à proposer un référendum qui équivaut à pointer un pistolet chargé sur la tempe du peuple grec.
Au-delà de donner à ses manœuvres réactionnaires un vernis pseudo-démocratique, la proposition de référendum de Tsipras est une reconnaissance tacite du fait que son parti et son gouvernement sont profondément divisés et ne peuvent se mettre d’accord sur comment procéder.
De larges sections du gouvernement dirigé par Syriza et de la classe dirigeante grecque dans son ensemble font pression pour la capitulation à ce que Tsipras a déjà reconnu être des exigences humiliantes. Après que la banque centrale de Grèce ait lancé appel à rester dans l’euro, le ministre des Finances Yanis Varoufakis a souligné vendredi que la Grèce faisait tout son possible pour satisfaire les demandes « étranges » de ses créanciers et était déterminé à rester à l’intérieur de la zone euro.
Le Financial Times a récemment publié un article sur une soirée piscine dans les « quartiers riches et verdoyants du nord » d’Athènes à laquelle assistait une foule d'« hommes d’affaires bien nantis, politiciens, universitaires, et personnalités mondaines ». Pour ces couches pro-UE, fait remarque le FT, « la vie sans l’euro est presque inimaginable. La monnaie unique a rendu plus facile pour eux d’envoyer les enfants étudier à l’étranger et d’acheter des propriétés et des produits de luxe ailleurs en Europe. »
Étant donné que Syriza regroupe essentiellement le même genre d’universitaires, de politiciens et de personnalités mondaines des classes moyennes supérieures, qui n’ont rien en commun avec la classe ouvrière et lui sont hostiles, des humeurs semblables sont bien représentées à l’intérieur de Syriza elle-même.
D’autres sections du gouvernement, y compris la Plate-forme de gauche de Syriza et le parti des Grecs indépendants d’extrême-droite (Anel), envisagent une sortie de la Grèce de l’euro. Le ministre du Développement grec Panagiotis Lafazanis, un membre de la Plate-forme de gauche, a appelé les Grecs à répondre « avec un non retentissant » à la proposition de référendum d’un accord avec l’UE.
Derrière eux se rangent d’autres sections puissantes de l’aristocratie financière grecque, notamment les magnats du transport maritime qui ont des liens étroits avec Anel. Leurs richesses ont jusqu’à présent été protégées par les dispositions de la Constitution grecque qui disposent qu’ils paient un impôt nul sur leurs revenus internationaux. Cependant, les derniers plans de l’UE comprennent des propositions visant à « éliminer les régimes fiscaux spéciaux pour l’industrie du transport maritime » et à « mettre en place un cadre fiscal efficace pour la navigation commerciale. »
Ces mesures affaibliraient la richesse des magnats du transport maritime, qui contrôlent encore la plus grande flotte marchande du monde. Les avoirs du plus riche d’entre eux, Philip Niarchos, sont évalués à 2,5 milliards de dollars, et quatre autres magnats du transport maritime ont des actifs d’une valeur de plus d’un milliard d’euros.
Ces divisions âpres à l’intérieur de la classe dominant grecque reflètent des divisions entre les grandes puissances impérialistes en Europe. Alors que les responsables européens ont jusqu’à présent insisté dans les négociations menées par Berlin pour qu’ils visent à maintenir la Grèce dans la zone euro, il est apparu vendredi que le Premier ministre britannique David Cameron estime que l’éclatement de la zone euro via une sortie de la Grèce pourrait être la meilleure stratégie.
Une note diplomatique divulguée au Guardian dit que Cameron « se demandait s’il était prudent de la part d’Angela Merkel de permettre la discussion avec la Grèce d’avoir lieu au niveau [des Premiers ministres] et suggérait qu’il serait peut-être mieux pour la Grèce de quitter la zone euro pour mettre bon ordre dans son économie. »
La seule solution pour la classe ouvrière est de définir sa politique indépendamment de toutes les factions de la classe capitaliste, dont l’ordre social a complètement échoué. La tâche essentielle est de se préparer à mobiliser la classe ouvrière en Grèce et dans toute l’Europe dans une lutte révolutionnaire contre les intrigues réactionnaires de Syriza et de l’UE.


(Article original paru en anglais le 27 juin 2015).

Par Robert Stevens et Alex Lantier

Source : WSWS
 

Cher frère civilisé,« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde » dites-vous.Mais qui donne à la France le droit de coloniser,de piller les richesses des peuples et de poursuivre ses opérations « humanitaires », un peu partout dans le monde?


Cher frère civilisé ! 
Tu as prétendu que j’étais un arriéré et décidé de venir me « civiliser ». 
Tu as pillé mes richesses. Tu as exploité ma force. Tu as violé nos femmes et nos enfants (et cela continue). Tu as torturé et ou assassiné des Hommes libres qui s’opposaient à tes brutalités et mis en place, après ton départ forcé, des potentats formés par toi dans tes écoles.Tu as créé de toutes pièces des monstres-religieux ou pas,tes mercenaires Low Cost, pour semer la barbarie chez moi et justifier tes interventions néocoloniales. 
Aujourd’hui j’ai décidé de traverser la mer au péril de ma vie pour venir me « civiliser » chez toi et tu me refuses l’hospitalité en me traitant de sans papier, d’irrégulier,de réfugié économique ou de misère du monde. Le seul choix que tu me laisses, comme vous dites chez vous, est de « CREVER de préférence chez moi ou durant ma traversée LA BOUCHE OUVERTE ». Complexé et ingrat, tu fais de l’Oncle Sam dans un mythe Hollywoodien ton sauveur mais tu manques de gratitude et de respect pour les millions de victimes russes, africaines, tes véritables libérateurs. EST-CE AINSI QUE TU CONÇOIS LES MOTS LIBERTÉ - ÉGALITÉ - FRATERNITÉ ? 
Mon cher frère « civilisé »,tu n’as plus le droit de choisir pour moi,ou tu cesses de piller mes richesses et tu acceptes qu’on partage les fruits de la terre et du travail,sinon en me poussant à bout comme tu le fais,tu vas finir par me forcer à venir te demander des comptes,à travers un audit comme vous dites, pour savoir : 
Qui vole qui ? 
Qui profite de qui ? 
Qui s’engraisse sur le dos de qui ? 
Qui a une dette envers qui ? 
« La France ne peut pas accueillir toute la misère du monde … » dites-vous, mais qui donne à la France le droit de coloniser,de piller les richesses des peuples et de poursuivre ses opérations « humanitaires »,un peu partout dans le monde ?
NB : 
J’allais oublier : fermeté face à l’humain sans défense que je suis et serpillière vis-à-vis de ceux qui t’espionnent et t’empoisonnent la vie… J’allais oublier, aussi,ce « terrorisme » avec des opérations téléguidées à la Merah, Kouachi,…pour détourner l’attention des mouvements de revendications légitimes des citoyens et ou pour cacher les revers enregistrés par tes mercenaires qui « font du bon boulot » comme en Syrie ?! Pour couronner le tout, votre sinistre premier ministre-qui rêve de devenir un Caudillo,vient de faire sienne cette formule CHOC de « guerre des civilisations » de Bush avec lequel il partage « les valeurs de démocratie, de justice et de liberté…» Contre la « barbarie ».

Hamid Benzekri, juin 2015
Source : Bella Ciao

vendredi 26 juin 2015

GRECE : L'UE refuse les propositions d'austérité de Syriza au sommet de L’Eurogroupe… La plupart des propositions d’Athènes ont été barrées en rouge et remplacées par des propositions plus sévères des créanciers soulignés en rouge aussi – se moquant ainsi des « lignes rouges » que Syriza prétendait s’imposer.



26 juin 2015

Les créanciers internationaux de la Grèce ont jeté à la poubelle hier les nouvelles propositions d’austérité d’Athènes, exigeant des coupes bien plus profondes. Cette manœuvre a été exécutée avant la réunion d’urgence de l’Eurogroupe la nuit précédente à Bruxelles, rassemblant les ministres des Finances de la zone euro.
La réunion a duré à peine une heure avant de se disperser. L’Eurogroupe va reprendre les négociations cet après-midi, avant un sommet de deux jours des dirigeants de l’Union européenne (UE) à partir d’hier soir.
Plus tôt mercredi, le Premier ministre grec et leader de Syriza Alexis Tsipras était convoqué à des entretiens avec la directrice du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, le chef de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi, et Jean-Claude Juncker le président de la Commission européenne (CE).
Lundi Syriza a présenté une nouvelle liste de mesures d’austérité totalisant 7,9 milliards d’euros, y compris des limitations sur la retraite anticipée. Initialement l’UE, la BCE et le FMI ont accueilli positivement mais avec prudence les dernières concessions de Syriza, les qualifiant de base pour de nouvelles négociations. Mais dans les 24 heures, les créanciers ont contré les propositions de Syriza avec un édit de cinq pages de « Mesures Préalables » à être imposées « en consultation avec les équipes des CE / BCE / FMI. »
Ces trois institutions n’ont pas produit de document séparé, mais ont utilisé la fonction de suivi des modifications dans Microsoft Word. La plupart des propositions d’Athènes ont été barrées en rouge et remplacées par des propositions plus sévères des créanciers soulignées en rouge aussi – se moquant ainsi des « lignes rouges » que Syriza prétendait s’imposer.
Les représentants de Syriza à Athènes ont qualifié ce qu’on exige maintenant d’eux d'« Armageddon » et de « napalm financier ».
Au centre des demandes des créanciers il y a des coupes plus profondes et permanentes dans les retraites d’un montant de 1,8 milliard (1 pour cent du PIB), qui doivent être imposées dès l’année prochaine et des hausses de la TVA – la taxe à la vente.
Bien que Syriza ait proposé d’augmenter les revenus de l’État, principalement en sabrant dans les dépenses sociales, ses propositions de nouvelles recettes étaient une hérésie pour les institutions : elles s’appuyaient largement sur des augmentations d’impôts, y compris des impôts sur les bénéfices des sociétés, sans coupes immédiates dans les retraites.
Berlin, qui est à l’avant-garde des appels à faire un exemple de la Grèce pour justifier des politiques d’austérité à travers toute l’Europe, veut que toutes les « mesures préalables » soient approuvées par le parlement grec ce mois-ci, avant même que d’autres parlements de la zone euro vote sur tout accord qui pourrait se matérialiser.
La Grèce a proposé d’augmenter l’âge effectif de la retraite à 67 ans d’ici 2025, après avoir proposé 2036. Les institutions l’exigent d’ici 2022. Elles insistent également pour qu’un travailleur ne puisse prendre sa retraite à 62 que s’il a payé ses cotisations pendant 40 ans. Ces mesures devraient s’appliquer immédiatement.
Les institutions veulent aussi en finir avec la proposition de Syriza d’une « allocation de solidarité » en 2017 – un supplément exceptionnel pour les retraités les plus pauvres. Syriza a prévu de le supprimer progressivement d’ici 2018, avec sa résiliation en 2020.
Ces exigences constituent une réfutation accablante des déclarations de Syriza qui dit être engagé dans des négociations « honnêtes » avec l’UE, visant à conclure un accord « mutuellement bénéfique ». En réalité, les représentants du capital financier européen et mondial ont exigé que Syriza revienne sur chaque engagement pris avant leur victoire électorale de janvier de « mettre fin à l’austérité ».
Aucune barrière démocratique ou morale n’est admise à entraver la mise en œuvre des coupes sauvages dans le niveau de vie de la classe ouvrière. Ce mois-ci, le plus haut tribunal administratif de la Grèce, le Conseil d’État, a jugé que les réductions des retraites du secteur privé effectuées en 2012, sur l’insistance des UE / BCE / FMI, étaient inconstitutionnelles, elles violaient la législation grecque et la Convention européenne des droits de l’homme.
En réaction, le dernier document déclare que, « les autorités feront adopter une législation pour compenser entièrement les effets fiscaux des décisions de justice sur la réforme des retraites de 2012 ».
La crise grecque menace l’existence même de l’euro et de l’UE. Mardi prochain, le 30 juin, le programme existant d’austérité pour la Grèce expire. En février, Syriza s’est engagé à imposer de nouvelles mesures d’austérité en échange de la tranche de prêt restante à verser de 7,2 milliards. Sans ce versement, la Grèce, avec sa dette de 315 milliards, est risque la faillite et sera incapable de rembourser des milliards de prêts, dont un paiement dû le 30 juin de 1,6 milliard au FMI.
Avant de quitter Athènes pour des entretiens à Bruxelles hier, Tsipras a tweeté, « Le rejet répété des mesures équivalentes par certaines institutions ne s’est jamais produit avant – ni en Irlande, ni au Portugal. Cette position étrange semble indiquer que soit il n’y a aucun intérêt à trouver un accord, soit des intérêts particuliers sont favorisés ».
Tsipras revenait sur ses commentaires qu’il avait faits dans Le Monde le mois dernier. Après s’être plaint qu’une fois encore un autre lot de « concessions sincères » d’Athènes avait été rejeté par l’UE, la BCE et le FMI, Tsipras a déclaré que cela témoignait de l’existence d’une zone euro fondée sur des décrets dictatoriaux.
Si cela continue, a déclaré Tsipras, « les élections devraient être supprimés dans ces pays » assujettis aux programmes d’austérité. « Notamment, nous devrions accepter que les institutions doivent nommer les ministres et les premiers ministres, et que les citoyens soient privés du droit de vote jusqu’à l’achèvement du programme [d’austérité] ». Cela signifiait « l’abolition complète de la démocratie en Europe », a-t-il ajouté.
Notant les observations ultérieures de Tsipras qui mettaient en garde contre la menace qui pèse sur la démocratie, ce mois-ci Business Insipide a également cité une note de Mujtaba Rahman et Federico Santi de la société de conseil Eurasia Group, qui a déclaré que les négociations entre Athènes et ses créanciers ont été menées « dans l’espoir de provoquer un changement de régime ».
Alors que la Commission européenne parle d’un « état d’urgence » imminent en Grèce et de la nécessité de se préparer à des troubles sociaux, le Daily Telegraph a indiqué que Tsipras a laissé entendre « que leur véritable objectif est de détruire la crédibilité de son gouvernement Syriza de gauche radicale et forcer à un changement de régime ».
L’histoire grecque démontre que le changement de régime pour défendre les intérêts du capital financier international peut signifier un retour au régime militaire. Aussi récemment qu’en 1974, le « régime des colonels » fasciste était au pouvoir en Grèce, après avoir renversé le gouvernement dans un coup d’État sanglant soutenu par la CIA en 1967.
Cette semaine, le journaliste Paul Mason de la chaîne Channel 4 a commenté, en notant les tensions politiques croissantes, qu’il est maintenant « devenu courant pour les gens de parler à tour de bras de “guerre civile”, et plus pour rire comme avant ».
Depuis le début de l’austérité de masse en Grèce en 2010, il y a eu des rumeurs constantes de discussions autour d’un coup parmi les militaires de haut rang. L’armée grecque, une grande armée de conscription deux fois plus nombreuse que l’armée britannique, est en état ​​d’alerte haute.
Depuis l’élection de Syriza, les forces armées ont été engagées dans une série de manœuvres militaires très médiatisées, y compris des « jeux de guerre », sous couvert de la lutte contre le terrorisme et « l’extrémisme ». Ceux-ci comprenaient des exercices avec les forces armées du dictateur égyptien aux mains couvertes de sang Abdel Fattah al-Sissi.
(Article paru en anglais le 25 juin 2015)
Robert Stevens
Source : WSWS