Vendredi 14 juillet 2016
Depuis votre élection, vous prétendez lutter sans ménagement contre les organisations terroristes. Mais, en réalité, tout donne à penser que vous avez fait exactement le contraire.
Depuis votre élection, vous prétendez lutter sans ménagement contre les organisations terroristes. Mais, en réalité, tout donne à penser que vous avez fait exactement le contraire.
Après ce
nouvel attentat terroriste qui frappe cruellement notre pays, vous avez exprimé
au nom de la nation tout entière, avec émotion et dignité, votre compassion
pour ses victimes. Désignant aussitôt le coupable, et nous vous supposons bien
informé, vous avez appelé les Français à faire preuve d'unité et de solidarité
face au "terrorisme islamiste". Vous nous avez conviés à serrer les
rangs et à faire face, en mobilisant toutes nos énergies contre cette terrible
menace.
Mais cet appel légitime à la cohésion nationale en ce
moment où le pays entier se sent meurtri ne saurait interdire aux citoyens
d'interroger la politique qui est la vôtre. Depuis votre élection, vous
prétendez lutter sans ménagement contre les organisations terroristes. Mais, en
réalité, tout donne à penser que vous avez fait exactement le contraire. Car au
lieu de combattre le mal, vous avez concentré vos efforts contre ceux qui
tentaient de le terrasser. Vous nous disiez que vous combattiez le terrorisme,
mais vous n'aviez de cesse de diaboliser et de combattre la Syrie de Bachar Al-Assad.
Cet Etat souverain, détesté de vos amis
américano-sionistes parce qu'il refuse de se plier à leur diktat, vous l'avez
sciemment désigné à la vindicte des mêmes criminels que ceux qui mitraillent
les terrasses de nos cafés. Les mercenaires du djihad cherchaient une cible, et
vous avez cyniquement désigné Damas. Oui, des milliers de jeunes ont été
encouragés, par votre propagande de guerre, à aller se battre contre cet Etat
honni que vous rêviez d'anéantir sous les bombes. Et c'est votre ministre des
affaires étrangères, Laurent Fabius, qui donna le signal de cette curée,
lorsqu'il déclara que Bachar Al-Assad "ne méritait pas de vivre" et
que la branche syrienne d'Al-Qaida faisait du "bon boulot" en Syrie.
Vous aurez beau tenter d'occulter vos responsabilités,
chacun voit que les attentats commis en France sont le résultat de votre
politique. Pourquoi n'y a-t-il aucun attentat en Italie, en Argentine, au Japon
? Les Français ont-ils pris la mesure de votre refus de coopérer avec les
services syriens afin d'identifier les djihadistes français susceptibles de
revenir en France ? Nos compatriotes savent-ils que vous interdisez tout
transfert de fonds au profit de cette majorité de Syriens vivant dans les
régions sous contrôle gouvernemental ? Réalisent-ils que vous n'avez jamais eu
un mot de compassion pour les nombreuses victimes syriennes des attentats
d'Al-Qaida, et que vous persistez à infliger des sanctions économiques à ce
peuple victime du terrorisme de masse ?
Vous étiez décidé à prendre parti dans le conflit
syrien, et vous l'avez fait sous des prétextes humanitaires qui se sont
effondrés comme un château de cartes, exhalant surtout un âcre parfum
d'hydrocarbures. Vous embourbant, et nous avec, dans cette ornière qu'il eût
fallu éviter avec prudence, vous avez exposé les Français à un effet boomerang
dont on mesure à peine le potentiel destructeur. Cette violence que vous avez
déchaînée chez les autres par votre politique néo-coloniale, vous l'avez
ramenée à domicile !
Je doute que les Français vous en remercient, surtout
lorsqu'ils auront renoué les fils de cette dramatique affaire. Au lendemain de
ce drame, M. Hollande, passé le moment de la compassion devant les caméras et
de la célébration de l'unanimité patriotique, allez-vous remettre de nouvelles
médailles aux banquiers de la terreur ? Condamnant le crime terroriste côté
cour, irez-vous encore dîner, côté jardin, avec ses sponsors saoudiens ? Avec
George W. Bush, les USA ont eu leur Dr Frankenstein, l'apprenti-sorcier de la
géopolitique du chaos. Avec vous, c'est match nul. Les Français ont désormais
le leur.
En rangeant la France du côté d'une rébellion sectaire,
mafieuse et manipulée, en vous croyant habile alors que vous n'êtes qu'un
semi-habile, vous avez nourri le monstre qui nous frappe aujourd'hui de ses
tentacules. Allié objectif de Daech tant qu'il combattait Assad, vous avez juré
sa perte après les premiers assassinats d'Occidentaux en Irak, nourrissant
alors le ressentiment de cette mouvance criminelle dont vous attendiez sans doute
davantage de compréhension !
Conseillé par de pseudo-experts dont l'indépendance
intellectuelle est proportionnelle au chèque que vous leur versez, vous êtes
désormais condamné à persévérer dans l'erreur faute de pouvoir vous déjuger.
Vous allez continuer à nous jeter de la poudre aux yeux avec l'état d'urgence
et à faire des moulins avec vos petits bras. Mais, à neuf mois d'une élection
présidentielle où vous allez faire de la figuration, vous nous léguez surtout
les fruits pourris de votre politique de gribouille, les manifestations d'incompétence
d'un ministre qui confond Saddam Hussein et Bachar Al-Assad ne parvenant même
plus à nous faire rire en ce jour de malheur.
Bruno Guigue (15/07/2016)
