jeudi 30 juin 2011

Régression sociale sans précédent en Europe

Une tempête de régression sociale sans précédent souffle très fort sur l’Europe. Elle risque d’emporter dans son sillage l’ensemble des acquis sociaux arrachés de haute lutte par des générations successives. Les classes dirigeantes européennes mènent une véritable guerre contre toutes les avancées sociales, petites et grandes. Elles sont l’ennemi déclaré du progrès. Aucun domaine n’est épargné : Emploi, Durée du travail, Retraite, Famille, Santé, Éducation, Libertés publiques etc. La régression est générale et totale . Le spectre de la misère hante l’Europe. Les ouvriers et les salariés doivent se dresser unis contre cette bourgeoisie rétrograde qui les exploite et les réduit à mener une existence inhumaine. 
Le gouvernement conservateur britannique n’a rien trouvé d’autre pour satisfaire les marchés financiers, et partant la bourgeoisie anglaise, que de faire travailler gratuitement les chômeurs ! Il est vrai que celle-ci a toujours méprisé les pauvres et les chômeurs. Malthus, ce pasteur économiste, ne traitait-il pas déjà au XIXe siècle les chômeurs de criminels qu’il faut tout simplement supprimer ? Voilà ce que F. Engels écrivait à ce propos dans « La situation des classes laborieuses en Angleterre » : « Malthus traite le pauvre qui recherche un emploi comme un criminel en lui accolant l’étiquette de « superflu » et recommande à la société de le punir de la mort par inanition »(1). La bourgeoisie n’a pas suivi Malthus sur ce point. Mais elle a supprimé, à travers la Loi de 1834, tous les secours en argent et en aliments. Elle a créé également les fameuses et sinistres Maisons de travail (Workhouses) où l’on enfermait les pauvres. On mesure mieux l’immense progrès social qui a été réalisé depuis. Mais le nouveau gouvernement veut aller jusqu’au bout de sa logique rétrograde et destructrice des acquis sociaux.

Les chômeurs ne sont pas les seuls concernés par la régression sociale : les étudiants (triplement des frais d’inscription dans le supérieur), les fonctionnaires ( suppression de 500 000 emplois, salaires gelés...), les handicapés (budget fortement amputé), les retraités (l’âge officiel de départ à la retraite sera fixé à 66 ans dès 2020), les locataires modestes (les allocations logement revues à la baisse), les consommateurs ( le taux de la TVA passera de 17,5 à 20 % en janvier 2011) etc. etc.
La bourgeoisie française n’est pas tendre non plus avec les classes populaires. Sa politique de régression sociale n’a rien à envier à celle menée par les riches en Grande Bretagne. Ainsi des dizaines de milliers de postes sont supprimés tous les ans dans la fonction publique notamment dans l’Éducation et la Santé publique. Les dépenses liées à la santé, par exemple, ne cessent d’augmenter dans le budget des ménages :« En huit ans, le poids des dépenses de santé dans le budget des familles a augmenté de 40% à 50% en moyenne » (2)
En 2011, le gouvernement prévoit un train de mesures rendant l’accès aux soins de plus en plus difficile pour les couches populaires (3)
Les ouvriers et les salariés, qui ont la « chance » d’avoir un emploi, sont obligés de travailler toujours plus pour engraisser encore une classe dirigeante oisive. Il faut travailler le jour, la nuit, le dimanche, le lundi et tous les autres jours de la semaine. La loi des 35 heures, mise en place en 2002, est remise en cause. Il faut revenir en arrière et travailler quatre heures de plus alors qu’aujourd’hui le niveau du développement de la société, sur le plan de la science et de la technique, permet de travailler nettement moins. Au XIXe siècle et plus précisément à partir des années 1830, la durée moyenne annuelle de travail était de 3000 heures et de « seulement » 1451 heures en 2006, soit une division par deux (4). Quel progrès social formidable arraché par les salariés aux patrons !
Mais Le gouvernement actuel veut faire tourner la roue de l’histoire en arrière. Il veut asservir tout un peuple en lui imposant de travailler jusqu’à 67 ans. Travailler tout le temps et jusqu’à 67 ans ou plus, voilà l’idéal de cette bourgeoisie libérale et moderne ! Quelle régression sociale !
En Grèce, en Irlande, au Portugal et en Espagne la situation économique et sociale des classes laborieuses n’est guère meilleure. Les gouvernements de ces pays, des authentiques représentants de la bourgeoisie, s’acharnent avec un zèle singulier à détruire tout ce que les ouvriers et les salariés en général ont obtenu grâce à leurs combats et à leurs sacrifices passés : suppression massive des emplois dans la fonction publique, suppression ou diminution drastique des prestations sociales, réduction et gel des salaires des fonctionnaires, baisse du salaire minimum lorsqu’il existe comme en Irlande qui passe de 8.65 l’heure à 7.65, baisse des pensions de retraite et allongement de la durée de cotisation, hausse de la taxe sur la valeur ajoutée payée essentiellement par ceux qui ne peuvent épargner puisqu’il s’agit d’un impôt sur la consommation etc. etc. etc. Par contre l’impôt sur les bénéfices des sociétés en Irlande par exemple, lui, reste inchangé : 12.5 % seulement, le plus faible des pays capitalistes industrialisés !
Le chef du gouvernement espagnol, le social-démocrate José Luis Zapatero, a décidé début décembre 2010 une nouvelle batterie de mesures pour satisfaire les marchés financiers. Signalons, entre autres, la suppression de l’allocation exceptionnelle de 426 euros accordée aux chômeurs en fin de droit et la réduction de l’impôt sur les sociétés pour les petites et moyennes entreprises. Ce énième plan prévoit également la privatisation partielle d’aéroports et le transfert de la gestion publique des aéroports de Madrid et de Barcelone au secteur privé avec toutes les conséquences sociales désastreuses, comme l’allongement de la durée du travail, pour les salariés.
Pour manifester sa reconnaissance à Zapatero, la bourse de Madrid a bondi de 4,4% juste après l’annonce de ces décisions antisociales. La Commission européenne, à son tour, a salué « la détermination du gouvernement » (5). Par contre, les contrôleurs aériens, eux, ont déclenché immédiatement une grève surprise très suivie. La réponse du gouvernement social-démocrate espagnol fut tout aussi rapide en déclarant « l’état d’alerte », une première dans l’Espagne post-franquiste ! Le vice-chef du gouvernement Alfredo Perez Rubalcab a déclaré, après une réunion d’urgence du gouvernement, « s’ils ne vont pas travailler, ils commettront un crime de désobéissance en vertu du code pénal militaire » !(6)
Les plans de régression économique et sociale se répètent, se succèdent et se ressemblent étrangement. Ils ont tous le même dénominateur commun : faire payer très cher au peuple les crises du capitalisme. Le peuple doit souffrir pour que les banquiers, les spéculateurs et autres parasites vivent dans l’opulence. Paul Lafargue (1842-1911), dans son célèbre « Droit à la paresse » décrit ainsi la France capitaliste, les banques et les prolétaires : « La France capitaliste, énorme femelle, velue de la face et chauve du crâne s’allonge sur un canapé de velours.(...) La banque à museau de fouine, à corps d’hyène et main de harpie, lui dérobe prestement les pièces de sans sous de la poche. Des prolétaires apportent aux pieds de la France capitaliste des monceaux de marchandises, de barriques de vin, des sacs d’or et de blé ».
Les bourgeoisies européennes, aidées par les agences de notation, le Fonds monétaire international( FMI), dont le patron n’est autre que Dominique Strauss-Kahn, la Banque centrale européenne (BCE), la Commission européenne et toutes les institutions de l’Union, ne reculent et ne reculeront devant rien pour trouver les milliards d’euros nécessaires à la survie du capital (7). Celui-ci, à l’instar du vampire, ne peut s’animer et s’épanouir qu’en suçant la richesse produite par les salariés. Plus il en pompe, et plus il en réclame ! Les salariés sont ainsi réduits à de simples machines à produire, sans trêve, de la richesse pour le compte de la classe dirigeante.

Des peuples entiers, de l’Irlande en Espagne, du Portugal à la Grèce en passant par la Grande Bretagne, l’Italie et la France, sont soumis au diktat du capital et de la classe qui le porte. C’est ce despotisme qui font, entre autres, de la bourgeoisie une classe méprisable car son mépris pour les hommes est sans limites. Elle leur enlève toute dignité et toute humanité.
Si l’Europe s’enfonce lentement dans les ténèbres, d’autres pays au monde ont choisi de sortir de l’obscurité et nous donnent quelques lueurs d’espoir. Certains peuples d’Amérique latine ont décidé de suivre une autre voie, celle du progrès social et du respect de la dignité humaine . Le cas de la Bolivie par exemple est très significatif à cet égard. Le peuple bolivien, guidé par le Mouvement vers le Socialisme d’Evo Morales, a non seulement engagé depuis 2005 un processus de réappropriation des richesses du pays auparavant entre les griffes des multinationales, mais il vient de réaliser une conquête sociale de portée historique : l’âge de départ à la retraite passe de 65 à 58 ans ! Certes la Bolivie n’est pas l’Europe, mais l’expérience de certains pays d’Amérique latine montre aux travailleurs européens, qui n’ont rien à attendre de leurs bourgeoisies respectives, qu’une autre voie est possible. Les travailleurs européens n’ont d’autres choix que de relever la tête et se dresser unis contre leur ennemi de classe, la bourgeoisie qui les méprise tant.
Mohamed Belaali
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Le colonialisme des temps modernes

Oussama Charabeh, Franco-syrien spécialisé en finance de marché est un observateur attentif des événements du Proche-Orient. Il y vit depuis plusieurs années après 23 ans passés à Paris. Sa connaissance a la fois de la France et de la Syrie et les trois derniers mois qu’il vient de passer dans ce dernier pays lui permettent de jeter un regard critique sur les informations présentées à ce sujet par les médias, informations dont le but manifeste est de manipuler l’opinion des Français et fabriquer un consensus artificiel contre le régime syrien, étape décisive sur la voie d’une intervention militaire. A côté des Américains et des Européens, Oussama Charabeh pointe le jeu dangereux d’une Turquie qu’on a cru peut-être un peu vite détachée de l’alliance avec Washington et Tel Aviv… Une alliance rejetée par la grande majorité des Turcs, mais quid de M. Erdogan ?
 
Le colonialisme des siècles passés a toujours eu pour but la domination économique par le controle des matières stratégiques, les XXeme et XXIeme siècles ne connaissent qu’une seule matière stratégique : le pétrole, qui est abondant au Moyen-Orient. Mais il n’est plus acceptable aujourd’hui de coloniser, non pas parce que les dirigeants des ex-colonies sont devenus plus humanistes mais parce qu’ils tomberaient instantanément devant la pression de leurs peuples. Le colonialisme doit donc se moderniser et revêtir un costume plus coloré et plus doux pour obtenir le même résultat : ce costume à la mode ce seront la démocratisation des pays du tiers monde, les droits de l’homme ou tout prétexte suffisamment noble en apparence. Le garant des intérêts stratégiques des USA au Moyen-Orient c’est Israël et il est tout simplement interdit à qui que ce soit d’avoir les moyens de s’opposer à ce pays même s’il occupe nos territoires et tue nos peuples. Tout Etat qui résiste à Israël ou qui a les moyens de lui résister est donc un danger qui doit être écarté soit par intervention directe sous prétexte humanitaire comme en Libye, soit par un renversement de l’intérieur.
La Syrie s’inscrit dans ce schéma et, à cause de ses positions hostiles aux ambitions impérialistes et coloniales d’Israël, n’a jamais été appréciée par les administrations américaines et leurs alliés. La Syrie a toujours été la cible de tentatives de déstabilisation par l’extérieur et pendant les dix dernières années ces tenatatives ont été régulières et répétées, surtout depuis le refus d’Assad de l’invasion de l »Irak et son soutien affiché à toutes les résistances de la région. En 2004, l’assassinat du Premier ministre libanais dont la Syrie fut aussitôt accusée sera le premier coup dur de la décennie pour le régime de Damas. La résolution 1559 est adoptée par l’ONU et la Syrie est la cible de sanctions américaines et européennes. En 2006, la guerre du Liban a pour objectif de détruire la résistance libanaise et d’affaiblir le régime syrien mais à la surprise du monde entier Israël est vaincu.
Les événements actuels s’inscrivent dans ce même schéma et les Américano-sionistes profitent du courant de révolte qui traverse les pays arabes pour forcer le changement en Syrie, ce malgré le peuple syrien. Tout indique une manipulation extérieure dans les événements en cours.

La main étrangère

Les Américains n’ont pas attendu longtemps avant de revendiquer leur implication dans la violence en Syrie. Le 2 Avril 2011, l’adjoint au Secrétaire d’Etat américain au affaires étrangères déclare dans une conférence de presse que « la Syrie pourrait retrouver à nouveau son calme et sa stabilité si elle répond aux exigences qui lui ont été transmises« . Les exigences en question sont passées par les arrières-cours de la diplomatie mais elles ne sont pas nouvelles. Déjà en 2003, lors de l’invasion de l »Irak, Colin Powell envoyé de Bush, croyant que maintenant que l’armée américaine était aux frontières syriennes Bachar al-Assad serait effrayé, avait débarqué a Damas avec une feuille récapitulant les exigences américaines : ne pas soutenir la résistance irakienne ; stopper tout soutien à la résistance libanaise ; fermer les bureaux de la résistance palestinienne à Damas et enfin rompre les liens avec l’Iran. La Syrie aurait pu devenir l’enfant gâté des Américains au Moyen-Orient si elle avait repondu positivement mais c’aurait été au prix de son asservissement à la volonté expansionniste et dominatrice d’Israël dans la région.
La déstabilisation de la Syrie et du Liban figurait sur l’agenda israélo-américain et sur celui de l’Otan depuis ces dix dernières années : selon le commandant général de l’OTAN l’Américain Wesley Clark, 2001 a vu la mise en place d’un plan quinquennal pour envahir sept pays (en commençant par l »Irak puis la Syrie , le Liban, la Libye, la Somalie et le Soudan) de la région et redéfinir la carte du Moyen-Orient (Le Nouveau Moyen-Orient selon les termes de l’alors Secrétaire d’Etat américaine Condolesa Rice).
Dans son livre « Gagner les guerres modernes » le général Wesley Clark écrit ainsi :
« En novembre 2001 alors que je repassais au Pentagone et en posant la question de l’Irak à un haut officier de l’armée américaine, celui-ci me dit : » Oui nous sommes toujours en route vers l’Irak ». Et d’ajouter avec un ton plein de désagrément : « Mais il y a plus : ceci (l’Irak) a été discuté dans le cadre d’un plan plus général de campagne contre sept pays : Irak, puis Syrie, Liban, Libye, Iran, Somalie et Soudan. »
Cette discussion a également été relatée par le général Clark dans une émission télévisée .
Il est tout aussi légitime de se demander pourquoi les affrontements armés sont intervenus dans des régions frontalières où il est plus facile de faire passer des combattants, des armes, de la drogue et de l’argent : il y a eu Daraa à la frontière jordanienne et israélienne, puis il ya eu Banyas et Tal Kalakh à la frontière libanaise et enfin récemment Jisr El Shoughour à 10 km seulement de la frontière turque. Ceci montre clairement à qui est de bonne foi que ces rébellions armées avaient bien pour bases arrières des pays étrangers frontaliers.
Et pourquoi, au fait, ces événements ne se sont-ils pas produits en même temps mais se sont au contraire succédés ? L’insurrection éclatait dans une ville lorsqu’elle état jugulée par l’Etat dans la précédente, comme pour signifier que quand les extrémistes sont neutralisés dans un point géographique donné et quand leur ravitaillement est coupé sur une frontière, ils se dirigent alors vers une autre frontière.
L’objectif est donc de déstabiliser la Syrie et de provoquer un « changement de régime » (traduire : pour implanter un régime soumis à Israël), ce par une insurrection armée infiltrée par des extrémistes islamistes. Les rapports sur des civils tués seraient utilisés pour légitimer une intervention sous le volet « droits de l’Homme » et en invoquant le devoir de « protéger les civils » : copie conforme de ce qui s’est déroulé – se déroule encore – en Libye. D’ailleurs, sait-on qui sont ceux qui se battent contre l’armée libyenne ; ceux que les médias appellent indécemment des « révolutionnaires » ? Sait-on d’où viennent leurs armes sophistiquées et leurs méthodes de combat en Toyota à la Taliban ? Car oui, ces groupes sont encadrés et entraînés par des combatants d’Al Qaida. Et puis sait-on enfin combien de civils les bombardements de l’OTAN ont-ils tué ? Mais tout cela importe peu aux éditorialistes pro-américains.
Et puis, si ce principe de protection des civils, des droits de l’homme et des droits internationaux est si important pour Sarkozy ou Obama pourquoi ne les entend-on pas lorsqu’il s’agit des Palestiniens tués – ou opprimés – par Israël ? Pourquoi ne les entend-on pas quand les résolutions de l’ONU sont bafouées par Israël ?

La propagande, la désinformation et le pilonnage médiatique

Toutes les preuves d’existence d’une rébellion extrémiste armée en Syrie est systématiquement niée par les médias et agences de presse occidentales et même certains médias arabes comme Al Jazeera ou Al Arabia qui ont deja perdu leur crédibilité au Moyen-Orient.
Les civils tués sont systématiquement imputés au compte du régime négligeant toute preuve d’existence de tireurs embusqués tirant sur la foule.
Les massacres des hommes de l’armée et de ceux des forces de sécurité sont régulièrement omis et lorsque les images montrent les militaires massacrés et leur corps mutilés les médias mentionnent timidement l’événement qu’ils expliquent par une fable qui insulte à l’intelligence de l’esprit humain : la fable de l’armée tuant et mutilant les corps de ses propres sodats qui ont refuseé de tirer sur la foule.
Le 17 avril dernier, huit membres des forces de securite sont égorgés dans un petite commune de la banlieue de Daraa. Le 8 Mai, 10 policiers sont froidement égorgés à leur tour a Homs. Le 7 Juin, 120 militaires et policiers sont attaqués dans leur caserne a Jisr Al Shoughour à la frontière turco-syrienne et décapités après avoir été tués. Al Jazeera et la BBC ont préféré parler alors de 120 manifestant pacifistes tués par les forces de sécurité !
Toutes les vidéos (sans exception) diffusées pour soutenir la thèse d’une révolution populaire ne durent jamais plus de 15 secondes, c’est-à-dire pas suffisamment pour discerner ce que dit réellement l’image ; d’ailleurs souvent on ne voit que des pieds ou le ciel avec comme fond sonore des cris. Puis les ingénieurs de son y ajoutent un slogan et finalement le commentaire du journaliste, qui du reste, est bien habillé et a l’air honnête, anéantit tout esprit critique ou doute quant aux images montrées.
Et finalement, quand la bêtise dépasse toute imagination, les agences de presse s’excusent pour avoir commis des erreurs. Reuters, fin avril, publie un communiqué officiel d’excuse pour avoir fourni des vidéos des événements d’Irak ou du Yémen avec le sous-titre « a eu lieu en Syrie« .
France 24 diffuse un appel en direct d’une personne qui se fait passer pour l’ambassadeur de Syrie à Paris, et annonçant sa démission en direct en raison des atrocités commises. L’ambassadeur dément immédiatement et porte plainte contre la chaîne. Enfin l’AFP reconnaît pour la première fois – bien tardivement – la présence d’une rébellion armée en diffusant des photos le 18 juin.
Que valent les excuses quand chaque image et chaque titre incitent à plus de violence et à plus de sang versé, et encouragent les terroristes qui se voient dotés des moyens médiatiques les plus puissants… et ce gratuitement.

La Turquie : de l’ONU à l’OTAN ?

Si les positions américaine et britannique n’ont surpris personne car ces deux pays ont toujours été les premiers à soutenir les attaques contre le régime syrien, et si la position clairement hostile du gouvernement francais s’inscrit dans l’inféodation de Sarkozy à Washington, le choc est venu de la Turquie qui, tel Judas, est passé du jour au lendemain du rôle d’ami fidèle à celui de prédateur affamé.
La dernière rébellion armée à Jisr al Shoughour, à la frontière turque, a indéniablement reçu le support logistique des Turcs ainsi que le montrent les équipements saisis sur les terroristes et leurs aveux : réseau de télécommunication à disposition des rebelles, armes et fonds ont transité par la Turquie. Des sources offcielles affirment que les tentes avaient été plantées à la frontière il y a déjà deux mois pour accueillir les futurs réfugiés. Ceux-ci étaient donc attendus et les Turcs participaient à la préparation des ces événements. Pourquoi ? Dans le cadre de quel deal ont-ils monnayé leur relation avec la Syrie ? Et comment la carte des réfugiés va-t-elle être utilisée par Ankara et Washington ?
Les réponses seront certainement connues dans les quelques semaines a venir. Mais il est d’ores et déjà clair que la Turquie a toujours eu la nostalgie de l »empire ottoman et de sa domination et nous avons sous-estimé – ou enterré trop vite – l’alliance militaire de la Turquie avec Israël, son appartenance à l’OTAN (sous hégémonie américaine) et son désir de devenir membre de UE. Nos amis Turcs viennent d’ailleurs de se retirer du convoi humanitaire d’aide à Gaza.
Le revirement de la position turque et l’échec diplomatique américano-européen après les vétos russe et chinois à l »ONU sur une condamnation de la Syrie, l’acharnement de ces ex-puissances coloniales (France et Grande-Bretagne) me poussent à penser que la Turquie pourrait être utilisée comme base d’intervention de l’OTAN aux frontières syriennes.
La dénonciation incessante du sort des réfugiés syriens à la frontière turque et l’exagération médiatique autour de ces derniers suggèrent que le prétexte de l’OTAN utilisera pourrait bien être (comme en Libye) de nature humanitaire.
Les quelques semaines à venir seront donc cruciales.
Oussama Charabeh
http://www.infosyrie.fr/re-information/le-colonialisme-des-t...
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Il y a 140 ans, mars 1871 - Avec la Commune de Paris, les ouvriers parisiens inventaient la première forme concrète de pouvoir ouvrier

« Le cadavre est à terre mais l’idée est debout »,
dira Victor Hugo.
« Le petit bourgeois social-démocrate a été récemment saisi d’une terreur salutaire en entendant prononcer le mot de dictature du prolétariat. Eh bien, messieurs, voulez-vous savoir de quoi cette dictature a l’air ? Regardez la Commune de Paris. C’était la dictature du prolétariat. »
(F. Engels)

« La Commune de Paris fut l’antithèse directe de l’Empire », écrivait Marx dès 1871 dans son livre La Guerre civile en France, texte dans lequel non seulement il rend hommage aux Communards « montés à l’assaut du ciel » mais dans lequel il analyse cette première révolution prolétarienne qui avait tenu le pouvoir pendant deux mois à Paris. Et, en dirigeant révolutionnaire qu’il était, il en tire toutes les conclusions politiques utiles aux combats futurs de la classe ouvrière.
Depuis 1852, la France était dominée par le second Empire de Napoléon III. Cet État dictatorial, corrompu jusqu’à la moelle, composé d’affairistes, d’arrivistes, d’escrocs, avait vu le jour parce que la bourgeoisie, terrorisée par l’insurrection ouvrière de juin 1848, s’était jetée dans les bras du premier aventurier galonné qui s’était présenté : Napoléon III. Le second Empire, tout en ôtant la direction politique directe de la société à la bourgeoisie, continua à servir avec zèle ses intérêts économiques et à développer son industrie, entraînant par là même le développement du prolétariat et la renaissance du mouvement ouvrier.
En 1864, à Londres, des militants ouvriers de différents pays européens avaient fondé la Première Internationale – première association internationale de l’histoire du mouvement ouvrier. Dans la France des années 1860, l’organisation des travailleurs, les luttes, les grèves connurent un véritable renouveau.

En 1870, face à la contestation grandissante, Napoléon III lança le pays dans une guerre contre la Prusse. L’incapacité, la gabegie et la corruption du pouvoir impérial menèrent à la défaite en quelques semaines. Les classes populaires parisiennes accueillirent l’annonce de la défaite et la capture de Napoléon III par les Prussiens en descendant dans la rue et en proclamant la République, le 4 septembre 1870. Les républicains bourgeois, dont l’opposition à l’Empire avait été bien timorée jusque-là, prirent la direction de cette nouvelle république. Au nom de la nécessité de la « défense nationale » – contre les Prussiens qui continuaient la guerre – ils formèrent un gouvernement dirigé par Adolphe Thiers. Mais loin de vouloir combattre l’invasion, cette république de la bourgeoisie n’eut qu’un objectif, dès sa naissance : désarmer les masses populaires qu’elle craignait plus que tout. L’insurrection ouvrière de 1848 n’avait guère plus de vingt ans et était dans toutes les mémoires. Et Paris concentrait alors des dizaines de milliers d’ouvriers du bâtiment et des travaux publics, de diverses industries en plein essor, toute une foule de petits artisans. Marx expliquait ainsi : « Cependant comment défendre Paris sans armer sa classe ouvrière, l’organiser en une force effective et instruire ses rangs par la guerre elle-même ? Mais Paris armé, c’était la révolution armée. Une victoire de Paris sur l’agresseur prussien aurait été une victoire de l’ouvrier français sur le capitaliste français et ses parasites d’État. Dans ce conflit entre le devoir national et l’intérêt de classe, le gouvernement de la défense nationale n’hésita pas un instant : il se changea en un gouvernement de la Défection nationale ».

Malgré l’attitude du gouvernement, durant les mois de guerre et de siège qui suivirent septembre 1870, les couches populaires parisiennes apprirent à agir collectivement, à s’organiser et à mesurer leurs forces. Des comités de vigilance furent formés dès septembre. La résistance face au siège prussien à partir d’octobre 1870, qui entraîna une famine dans la ville, attisa la flamme de la révolte. La Garde nationale, jusque-là milice armée de la petite bourgeoisie, à laquelle ne participaient que ceux qui pouvaient payer, fut ouverte aux hommes du peuple. Cette force populaire armée qui, malgré les vicissitudes de la famine et du siège, avait su imposer le respect aux armées prussiennes, devint l’âme de la révolte. Son Comité central élu gagna la confiance d’une grande partie des couches populaires parisiennes, ce qui en fit une sorte de direction politique. La bourgeoisie ne pouvait pas accepter que les classes populaires non seulement s’arment, mais s’organisent et choisissent leur propre commandement. L’affrontement entre la république bourgeoise et la classe ouvrière était de plus en plus à l’ordre du jour. À plusieurs reprises, le prolétariat, révolté par les lâchetés et les mensonges du gouvernement, le menaça.
Le 28 janvier 1871, la signature par le gouvernement de Thiers de l’armistice avec Bismarck accrut la colère populaire et accéléra le processus révolutionnaire. Il devenait indispensable et urgent pour le gouvernement de Thiers de désarmer Paris. Et quand le 18 mars les troupes de Thiers voulurent arracher ses canons au peuple parisien – canons qui avaient été en grande partie payés par des souscriptions populaires, malgré les affres de la famine – la révolte éclata. La troupe se rangea dans le camp des Parisiens révoltés, et fusilla sur-le-champ les généraux qui leur avaient ordonné de tirer sur la foule, composée en grande partie de femmes.
Le pouvoir politique, ainsi que tout ce que la ville comptait de riches, les bourgeois et leur clique, fuirent vers Versailles. Paris se retrouva aux mains des ouvriers et le pouvoir incomba à ceux que les masses populaires parisiennes considéraient comme leurs représentants : le Comité central de la Garde nationale. Le 26 mars suivant eurent lieu les élections de la Commune de Paris, qui devint le centre du pouvoir de la ville, sous le contrôle actif du prolétariat.

Avec la Commune de Paris, un nouveau type de pouvoir avait surgi de la lutte de classes elle-même. Le prolétariat faisait l’expérience, comme l’écrivit Marx, que « la classe ouvrière ne peut se contenter de prendre telle quelle la machine de l’État et de la faire fonctionner pour son propre compte ». C’était la première, la plus grande et la plus importante des leçons de la Commune.
Ce n’est pas le fait d’avoir élu une municipalité qui constituait, en soi, en acte révolutionnaire. C’était le fait que le prolétariat armé imposait son influence, sa domination de classe sur la société, et transformait, par là même, le pouvoir. La Commune de Paris n’était pas un organe parlementaire, bavard mais impuissant comme la bourgeoisie en avait déjà tant produit dans son histoire. C’était un corps agissant, exécutif et législatif à la fois, permettant ainsi le contrôle actif, direct de la population. Les décisions étaient prises et appliquées directement par les exploités eux-mêmes. Pour une fois ce n’était pas les riches ou leurs commis qui imposaient leurs choix mais les gens du peuple.
La Garde nationale, regroupant la population armée, était déjà dans les faits l’antithèse de l’armée permanente ; la Commune alla plus loin en décrétant l’abolition de cette dernière. « Qui a du fer, a du pain ! », avait déjà compris Blanqui, quelque vingt ans plus tôt. En abolissant l’armée permanente et en forgeant un nouvel État appuyé non sur une force de répression spéciale mais sur la population en armes, la Commune renouait avec le cours de l’histoire révolutionnaire du prolétariat.
Tous les fonctionnaires de la Commune, désormais élus par la population, devenaient responsables devant elle et révocables à tout moment. Leurs rémunérations étaient égales aux salaires ouvriers. Ainsi les classes populaires prenaient le contrôle de la vie politique. La justice était rendue gratuitement. Et enfin, la Commune s’attaqua au poids spirituel de l’Église et proclama, bien avant les lois radicales de 1905, la séparation de l’Église et de l’État.
Durant ses soixante-douze jours d’existence, les mesures prises par la Commune furent déterminées par les intérêts des couches populaires. « Le peuple, disait la révolutionnaire Louise Michel, n’obtient que ce qu’il prend. » Le gouvernement que s’étaient donné les Parisiens, contrôlé par les travailleurs en armes, fit des choix et vota des textes qui exprimèrent son caractère de classe.
Les locataires furent défendus contre les propriétaires et les loyers impossibles à payer, suite à ces mois de guerre, furent reportés. Les logements vacants furent réquisitionnés pour les sans-abri. Les amendes qui grevaient les salaires ouvriers furent interdites, tout comme le travail de nuit des boulangers. Enfin, le 16 avril, la Commune décida de collectiviser les ateliers et magasins abandonnés par leurs propriétaires pour les faire fonctionner au bénéfice de la collectivité, sous la forme de coopératives gérées directement par les travailleurs. Pendant la Commune, la nécessité de survivre, pour les classes populaires, avait donné naissance aux premiers balbutiements de la collectivisation des moyens de production.
Comme l’a écrit Trotsky au sujet d’une autre période, « la révolution est avant tout l’irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées ». Comme dans toutes les périodes révolutionnaires, la conscience des travailleurs évoluait à toute vitesse, et les idées, les initiatives les plus révolutionnaires venaient des tréfonds de la population elle-même. Les aspirations socialistes s’exprimaient de toutes parts, comme dans cette déclaration d’une assemblée de femmes : « Pour nous autres, la plaie sociale qu’il faut d’abord fermer, c’est celle des patrons, qui exploitent l’ouvrier et s’enrichissent de ses sueurs. Plus de patrons qui considèrent l’ouvrier comme une machine de produit ! Que les travailleurs s’associent entre eux, qu’ils mettent leur labeur en commun et ils seront heureux. Un autre vice de la société actuelle, ce sont les riches qui ne font que bien boire et bien s’amuser, sans prendre aucune peine. Il faut les extirper, ainsi que les prêtres et les religieuses. Nous ne serons plus heureuses que lorsque nous n’aurons plus ni patrons, ni riches, ni prêtres. » Ou dans cette proclamation du 23 avril 1871, du syndicat des mécaniciens et métallurgistes : « Considérant, qu’avec la Commune, expression de la révolution du 18 mars, l’égalité ne doit pas être un vain mot, et que la lutte si vaillamment soutenue que nous nous voulons continuer jusqu’à l’extinction du dernier des cléricaux royalistes, a pour but notre émancipation économique, que ce résultat ne peut être obtenu que par l’association des travailleurs qui, seule, doit transformer notre condition de salariés en associés.
Déclarons donner à nos délégués les instructions générales suivantes : supprimer l’exploitation de l’homme par l’homme, dernière forme de l’esclavage ; organiser le travail par associations solidaires à capital collectif et inaliénable. »
Portée par l’enthousiasme révolutionnaire des masses, leurs initiatives et leurs aspirations, la Commune se trouva à la pointe des idées de progrès. L’obscurantisme religieux fut combattu, les couvents fermés et les atrocités commises en leur sein dénoncées publiquement. Des débats eurent lieu pour inventer une nouvelle forme d’enseignement gratuit, populaire et laïc. La Commune affirma sa volonté de développer une formation professionnelle pour les filles, et d’ailleurs les femmes prirent une place active dans la révolution. La Commune officialisa l’union libre, conférant à la famille constituée hors mariage (concubins, enfants naturels) sa première reconnaissance légale. Enfin, la Commune bannit la prostitution considérée comme une forme de « l’exploitation commerciale de créatures humaines par d’autres créatures humaines ». Des idées de crèches pour garder les enfants, de cantines publiques virent le jour. La Commune rouvrit bibliothèques, musées et théâtres, et offrit pour la première fois aux classes populaires la possibilité d’assister à des concerts.
Les étrangers furent reconnus par la Commune comme membres de la grande famille ouvrière internationale. Quoi de plus révélateur que le fait que la Commune eût donné le commandement suprême de son armée à un sous-officier polonais ?
La Commune de Paris périt en mai 1871 sous les coups des troupes de Thiers alliées à celles de Bismarck. « L’internationale des classes possédantes » était entrée en action pour broyer cette première tentative d’émancipation ouvrière. La répression fit entre 20 000 et 40 000 morts. Les massacres de Communards, dont les cadavres jonchaient les rues, ne cessèrent que face au danger d’une épidémie de choléra. La violence de la répression fut à la hauteur de la peur que la bourgeoisie venait de connaître.
Cette révolution de la classe ouvrière parisienne, même écrasée, montrait la voie des révolutions futures. Lénine écrivit à propos de la Commune : « Marx ne se contenta (…) pas d’admirer l’héroïsme des Communards (…). Dans le mouvement révolutionnaire des masses, bien que celui-ci n’eût pas atteint son but, il voyait une expérience historique d’une portée immense, un certain pas en avant de la révolution prolétarienne universelle, un pas réel bien plus important que des centaines de programmes et de raisonnements. Analyser cette expérience, y puiser des leçons de tactique, s’en servir pour passer au crible sa théorie : telle est la tâche que Marx se fixa. » Depuis 1848, Marx et Engels affirmaient que, pour son émancipation, le prolétariat devait se transformer en classe dominante et prendre le pouvoir politique. Mais cela restait une perspective révolutionnaire et non une réalité tangible. Certes, Marx et Engels avaient tiré les conclusions politiques des révolutions passées, en particulier celle de 1848 : « Toute tentative de révolution en France devra consister à briser la machine bureaucratique et militaire. » Mais c’est la Commune de Paris qui montra pour la première fois comment la classe ouvrière pouvait briser l’appareil d’État bourgeois et forger son propre État au service de son émancipation. Par la suite, bien des militants socialistes se revendiquant du marxisme abandonnèrent ces idées sur l’État. Lénine, au contraire, en pleine effervescence révolutionnaire, en 1917, reprit ce drapeau dans son livre L’État et la révolution. Il poursuivait l’analyse de Marx et reprenait l’exemple de la Commune : « Ainsi, la Commune semblait avoir remplacé la machine d’État brisée en instituant une démocratie “simplement” plus complète : suppression de l’armée permanente, électivité et révocabilité de tous les fonctionnaires sans exception. Or, en réalité, ce “simplement” représente une œuvre gigantesque : le remplacement d’institutions par d’autres foncièrement différentes. C’est là justement un cas de “transformation de la quantité en qualité” : réalisée de cette façon, aussi pleinement et aussi méthodiquement qu’il est possible de le concevoir, la démocratie, de bourgeoise, devient prolétarienne ; d’État (= pouvoir spécial destiné à mater une classe déterminée), elle se transforme en quelque chose qui n’est plus, à proprement parler, un État. »
La Commune de Paris a nourri l’expérience du mouvement ouvrier international durant des décennies. C’est pour cela que son histoire constituait la base de la formation de tous les révolutionnaires du XXe siècle.
Si les révolutionnaires, en particulier les bolcheviks, étudièrent soigneusement cette première forme d’État ouvrier de l’histoire, ils tirèrent aussi toutes les leçons politiques de l’expérience de la Commune. Dans un texte de 1908 par exemple, Les Enseignements de la Commune, Lénine analysait ce qu’il nommait les erreurs de la Commune. D’une part, il expliquait que le fait de ne pas avoir exproprié la Banque de France revenait à s’arrêter à mi-chemin dans le combat social et économique contre les capitalistes et avait de fait favorisé la bourgeoisie. D’autre part, il mettait en garde le prolétariat contre les illusions romantiques et tirait toutes les conclusions de la violence de la répression versaillaise. « La deuxième faute fut la trop grande magnanimité du prolétariat. Au lieu d’exterminer ses ennemis, il chercha à exercer une influence morale sur eux, il négligea l’importance des actions purement militaires dans la guerre civile et, au lieu de couronner sa victoire à Paris par une offensive résolue sur Versailles, il temporisa et donna au gouvernement de Versailles le temps de rassembler les forces ténébreuses et de préparer la semaine sanglante de mai. » Mais, ajoutait-il, « malgré toutes ses fautes, la Commune est le modèle le plus grandiose du plus grandiose mouvement prolétarien du XIXe siècle ».
Lénine raisonnait en révolutionnaire et cherchait dans l’expérience du prolétariat, dans son histoire, des leçons pour vaincre demain. Ces analyses aidèrent les bolcheviks, en 1917, à prendre le pouvoir avec toute la résolution qui avait manqué aux Communards. La connaissance des événements de la Commune, des combats entre elle et les troupes versaillaises, servit pour mener la guerre civile en Russie jusqu’à la victoire.

La Commune, au moment de son 140e anniversaire, fait aujourd’hui l’objet de commémorations convenues, y compris du maire social-démocrate de la Ville de Paris. Les faux amis des travailleurs, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui, peuvent louer la Commune parce qu’elle n’a pas vaincu, et qu’ils peuvent verser des larmes hypocrites sur les morts, les martyrs. Ces gens-là n’aiment les ouvriers que vaincus : ce sont les mêmes qui haïssent les prolétaires russes de 1917 qui, armés des leçons de la Commune, ont vaincu la bourgeoisie et ne se sont pas laissés massacrer.
Les espoirs des Communards, leurs rêves, comme leurs erreurs et leurs échecs, tout cela constitue l’héritage des communistes révolutionnaires, un héritage dont nous devons être fiers, que nous devons apprendre, comprendre et transmettre pour poursuivre le combat contre l’ordre capitaliste. Chaque jeune qui rejoint le camp de la classe ouvrière et les rangs des révolutionnaires doit garder à l’esprit la vaillance des Louise Michel, des Léo Frankel, des Eugène Varlin d’une part, mais surtout des milliers d’ouvriers anonymes qui ont combattu sur les barricades pour l’émancipation de leur classe. Comme il doit connaître et comprendre la haine de la bourgeoisie envers la Commune. Sans cette connaissance, nous ne pourrons jamais vaincre.
Alors le plus grand hommage à rendre aux Communards, aux combattants connus et inconnus, c’est d’apprendre de leurs luttes, d’apprendre de leurs actes et de leurs erreurs, et de continuer leur combat.
Nous reproduisons ci-dessous un texte écrit en 1911 pour le quarantième anniversaire de la Commune par Lénine, pour qui toutes les leçons de la Commune auront été indispensables au moment de la révolution russe de 1917.

Lénine - À la mémoire de la Commune, 1911

Quarante ans se sont écoulés depuis la proclamation de la Commune de Paris. Selon la coutume, le prolétariat français a honoré par des meetings et des manifestations la mémoire des militants de la révolution du 18 mars 1871 ; à la fin de mai, il ira de nouveau déposer des couronnes sur la tombe des Communards fusillés, victimes de l’horrible « semaine sanglante » de mai et jurer une fois de plus de combattre sans relâche jusqu’au triomphe complet de leurs idées, jusqu’à la victoire totale de la cause qu’ils lui ont léguée.
Pourquoi le prolétariat, non seulement français, mais du monde entier, honore-t-il dans les hommes de la Commune de Paris ses précurseurs ? Et quel est l’héritage de la Commune ?
La Commune naquit spontanément ; personne ne l’avait consciemment et méthodiquement préparée. Une guerre malheureuse avec l’Allemagne ; les souffrances du siège ; le chômage du prolétariat et la ruine de la petite bourgeoisie ; l’indignation des masses contre les classes supérieures et les autorités qui avaient fait preuve d’une incapacité totale ; une fermentation confuse au sein de la classe ouvrière qui était mécontente de sa situation et aspirait à une autre organisation sociale ; la composition réactionnaire de l’Assemblée nationale qui faisait craindre pour la République, tous ces facteurs, et beaucoup d’autres, poussèrent la population de Paris à la révolution du 18 mars qui remit inopinément le pouvoir entre les mains de la Garde nationale, entre les mains de la classe ouvrière et de la petite bourgeoisie qui s’était rangée à son côté.

Ce fut un événement sans précédent dans l’histoire. Jusqu’alors, le pouvoir se trouvait ordinairement entre les mains des grands propriétaires fonciers et des capitalistes, c’est-à-dire d’hommes de confiance à eux, constituant ce qu’on appelle le gouvernement. Mais après la révolution du 18 mars, lorsque le gouvernement de M. Thiers s’enfuit de Paris avec ses troupes, sa police et ses fonctionnaires, le peuple devint le maître de la situation et le pouvoir passa au prolétariat. Mais dans la société actuelle, le prolétariat, économiquement asservi par le capital, ne peut dominer politiquement s’il ne brise les chaînes qui le rivent au capital. Et voilà pourquoi le mouvement de la Commune devait inévitablement revêtir une couleur socialiste, c’est-à-dire chercher à renverser la domination de la bourgeoisie, la domination du capital, et à détruire les assises mêmes du régime social actuel.
Au début, ce mouvement fut extrêmement mêlé et confus. Y adhéraient des patriotes qui espéraient que la Commune reprendrait la guerre contre les Allemands et la mènerait à bonne fin. Il était soutenu par les petits commerçants menacés de ruine si le paiement des traites et des loyers n’était pas suspendu (ce que le gouvernement leur avait refusé, mais que la Commune leur accorda). Enfin, au début, il bénéficia même en partie de la sympathie des républicains bourgeois qui craignaient que l’Assemblée nationale réactionnaire (les « ruraux », les hobereaux sauvages) ne restaurât la monarchie. Mais dans ce mouvement, le rôle principal fut naturellement joué par les ouvriers (surtout par les artisans parisiens) parmi lesquels une active propagande socialiste avait été menée durant les dernières années du second Empire et dont beaucoup appartenaient même à l’Internationale.
Les ouvriers seuls restèrent fidèles jusqu’au bout à la Commune. Les républicains bourgeois et les petits bourgeois s’en détachèrent bientôt : les uns effrayés par le caractère prolétarien, socialiste et révolutionnaire du mouvement ; les autres lorsqu’ils le virent condamné à une défaite certaine. Seuls les prolétaires français soutinrent sans crainte et sans lassitude leur gouvernement ; seuls ils combattirent et moururent pour lui, c’est-à-dire pour l’émancipation de la classe ouvrière, pour un meilleur avenir de tous les travailleurs.
Abandonnée par ses alliés de la veille et dépourvue de tout appui, la Commune devait inéluctablement essuyer une défaite. Toute la bourgeoisie de la France, tous les grands propriétaires fonciers, toute la Bourse, tous les fabricants, tous les voleurs grands et petits, tous les exploiteurs se liguèrent contre elle. Cette coalition bourgeoise soutenue par Bismarck (qui libéra 100 000 prisonniers français pour réduire Paris) réussit à dresser les paysans ignorants et la petite bourgeoisie provinciale contre le prolétariat parisien et à enfermer la moitié de Paris dans un cercle de fer (l’autre moitié étant investie par l’armée allemande).
Dans certaines grandes villes de France (Marseille, Lyon, Saint-Etienne, Dijon et ailleurs), les ouvriers tentèrent également de s’emparer du pouvoir, de proclamer la Commune et d’aller secourir Paris, mais ces tentatives échouèrent rapidement. Et Paris, qui leva le premier le drapeau de l’insurrection prolétarienne, se trouva réduit à ses seules forces et voué à une perte certaine.
Pour qu’une révolution sociale puisse triompher, deux conditions au moins sont nécessaires : des forces productives hautement développées et un prolétariat bien préparé. Mais en 1871 ces deux conditions faisaient défaut. Le capitalisme français était encore peu développé et la France était surtout un pays de petite bourgeoisie (artisans, paysans, boutiquiers, etc.). Par ailleurs, il n’existait pas de parti ouvrier ; la classe ouvrière n’avait ni préparation ni long entraînement et dans sa masse, elle n’avait même pas une idée très claire de ses tâches et des moyens de les réaliser. Il n’y avait ni sérieuse organisation politique du prolétariat, ni syndicats ou associations coopératives de masse…
Mais ce qui manqua surtout à la Commune, c’est le temps, la possibilité de s’orienter et d’aborder la réalisation de son programme. Elle n’avait pas encore eu le temps de se mettre à l’œuvre que le gouvernement de Versailles, soutenu par toute la bourgeoisie, engageait les hostilités contre Paris. La Commune dut, avant tout, songer à se défendre. Et jusqu’à la fin, survenue entre les 21 et 28 mai, elle n’eut pas le temps de penser sérieusement à autre chose.
Au demeurant, malgré des conditions aussi défavorables, malgré la brièveté de son existence, la Commune réussit à prendre quelques mesures qui caractérisent suffisamment son véritable sens et ses buts. La Commune remplaça l’armée permanente, instrument aveugle des classes dominantes, par l’armement général du peuple ; elle proclama la séparation de l’Église et de l’État, supprima le budget des Cultes (c’est-à-dire l’entretien des curés par l’État), donna à l’instruction publique un caractère tout à fait laïque et par là même porta un coup sérieux aux gendarmes en soutane. Dans le domaine purement social, elle n’eut pas le temps de faire beaucoup de choses, mais le peu qu’elle fit montre avec suffisamment de clarté son caractère de gouvernement ouvrier, populaire : le travail de nuit dans les boulangeries fut interdit ; le système des amendes, ce vol légalisé des ouvriers, fut aboli ; enfin, la Commune rendit le fameux décret en vertu duquel toutes les fabriques, usines et ateliers abandonnés ou immobilisés par leurs propriétaires étaient remis aux associations ouvrières qui reprendraient la production. Et comme pour souligner son caractère de gouvernement authentiquement démocratique et prolétarien, la Commune décida que le traitement de tous les fonctionnaires de l’administration et du gouvernement ne devait pas dépasser le salaire normal d’un ouvrier et en aucun cas s’élever au-dessus de 6 000 francs par an.
Toutes ces mesures montraient assez clairement que la Commune s’avérait un danger mortel pour le vieux monde fondé sur l’asservissement et l’exploitation. Aussi la société bourgeoise ne put-elle dormir tranquille tant que le drapeau rouge du prolétariat flotta sur l’Hôtel de Ville de Paris. Et lorsque, enfin, les forces gouvernementales organisées réussirent à l’emporter sur les forces mal organisées de la révolution, les généraux bonapartistes, battus par les Allemands et courageux contre leurs compatriotes vaincus firent un carnage comme jamais Paris n’en avait vu. Près de 30 000 Parisiens furent massacrés par la soldatesque déchaînée, près de 45 000 furent arrêtés dont beaucoup devaient être exécutés par la suite ; des milliers furent envoyés au bagne ou déportés. Au total, Paris perdit environ 100 000 de ses fils et parmi eux les meilleurs ouvriers de toutes les professions.
La bourgeoisie était contente. « Maintenant, c’en est fait du socialisme, et pour longtemps ! », disait son chef, le nabot sanguinaire Thiers, après le bain de sang qu’avec ses généraux il venait d’offrir au prolétariat parisien. Mais ces corbeaux bourgeois croassaient à tort. À peine six ans après l’écrasement de la Commune, alors que nombre de ses combattants croupissaient encore au bagne ou languissaient en exil, le mouvement ouvrier renaissait déjà en France. La nouvelle génération socialiste, enrichie par l’expérience de ses aînés et nullement découragée par leur défaite, releva le drapeau tombé des mains des combattants de la Commune et le porta en avant avec assurance et intrépidité aux cris de « Vive la révolution sociale ! Vive la Commune ! ». Et quelques années plus tard, le nouveau parti ouvrier et l’agitation qu’il avait déclenchée dans le pays obligeaient les classes dominantes à remettre en liberté les Communards restés aux mains du gouvernement.
Le souvenir des combattants de la Commune n’est pas seulement vénéré par les ouvriers français, il l’est par le prolétariat du monde entier. Car la Commune lutta non point pour quelque objectif local ou étroitement national, mais pour l’affranchissement de toute l’humanité laborieuse, de tous les humiliés, de tous les offensés. Combattante d’avant-garde de la révolution sociale, la Commune s’acquit des sympathies partout où le prolétariat souffre et lutte. Le tableau de sa vie et de sa mort, l’image du gouvernement ouvrier qui prit et garda pendant plus de deux mois la capitale du monde, le spectacle de la lutte héroïque du prolétariat et de ses souffrances après la défaite, tout cela a enflammé l’esprit de millions d’ouvriers, fait renaître leurs espoirs et gagné leur sympathie au socialisme. Le grondement des canons de Paris a tiré de leur profond sommeil les couches les plus arriérées du prolétariat et donné partout une impulsion nouvelle à la propagande révolutionnaire socialiste. C’est pourquoi l’œuvre de la Commune n’est pas morte ; elle vit jusqu’à présent en chacun de nous.

La cause de la Commune est celle de la révolution sociale, celle de l’émancipation politique et économique totale des travailleurs, celle du prolétariat mondial. Et en ce sens, elle est immortelle.
Vladimir Lénine
Rabotchaïa Gazeta (Journal ouvrier) n° 4-5
15 avril 1911

mercredi 29 juin 2011

Derniére lettre du Che à Fidel avant son départ en Bolivie - Année 1966

Fidel,
Je me souviens en ce moment de tant de choses : du jour où j'ai fait ta connaissance chez Maria Antonia, où tu m'as proposé de venir et de toute la tension qui entourait les préparatifs. Un jour, on nous demanda qui devait être prévenu en cas de décès, et la possibilité réelle de la mort nous frappa tous profondément. Par la suite, nous avons appris que cela était vrai et que dans une révolution il faut vaincre ou mourir (si elle est véritable). De nombreux camarades sont tombés sur le chemin de la victoire.
Aujourd'hui, tout a un ton moins dramatique, parce que nous somme plus mûrs ; mais les faits se répètent. J'ai l'impression d'avoir accompli la part de mon devoir qui me liait à la Révolution cubaine sur son territoire, et je prends congé de toi, des compagnons, de ton peuple qui est maintenant aussi le mien.
Je démissionne formellement de mes fonctions à la Direction du Parti, de mon poste de ministre, je renonce à mon grade de commandant et à ma nationalité cubaine. Rien de légal ne me lie plus aujourd'hui à Cuba en dehors de liens d'une autre nature qu'on n'annule pas comme des titres ou des grades.
En passant ma vie en revue, je crois avoir travaillé avec suffisamment d'honnêteté et de dévouement à la consolidation du triomphe révolutionnaire. Si j'ai commis une faute de quelque gravité, c'est de ne pas avoir eu plus confiance en toi dès les premiers moments dans la Sierra Maestria et de ne pas avoir su discerner plus rapidement tes qualités de dirigeant d'hommes et de révolutionnaire.
J'ai vécu des jours magnifiques et j'ai éprouvé à tes côtés la fierté d'appartenir à notre peuple en ces journées lumineuses et tristes de la Crise des Caraïbes. Rarement, un chef d'Etat fut aussi brillant dans de telles circonstances, et je me félicite aussi de t'avoir suivi sans hésiter, d'avoir partagé ta façon de penser, de voir et d'apprécier les dangers et les principes.
D'autres terres du monde réclament le concours de mes modestes efforts. Je peux faire ce qui t'est refusé, en raison de tes responsabilités à la tête de Cuba et l'heure est venue de nous séparer.
Je veux que tu saches que je le fais avec un mélange de joie et de douleur ; je laisse ici les plus pures de mes espérances de constructeur et les plus chers de tous les êtres que j'aime...et je laisse un peuple qui m'a adopté comme un fils. J'en éprouve un déchirement. Sur les nouveaux champs de bataille je porterai en moi la foi que tu m'as inculquée, l'esprit révolutionnaire de mon peuple, le sentiment d'accomplir le plus sacré des devoirs : lutter contre l'impérialisme où qu'il soit ; ceci me réconforte et guérit les plus profondes blessures.
Je répète une fois encore que je délivre Cuba de toute responsabilité, sauf de celle qui émane de son exemple. Si un jour, sous d'autres cieux, survient pour moi l'heure décisive, ma dernière pensée sera pour ce peuple et plus particulièrement pour toi. Je te remercie pour tes enseignements et ton exemple ; j'essaierai d'y rester fidèle jusqu'au bout de mes actes. J'ai toujours été en accord total avec la politique extérieure de notre Révolution et je le reste encore. Partout où je me trouverai, je sentirai toujours peser sur moi la responsabilité d'être un révolutionnaire cubain, et je me comporterai comme tel. Je ne laisse aucun bien matériel à mes enfants et à ma femme, et je ne le regrette pas ; au contraire, je suis heureux qu'il en soit ainsi. Je ne demande rien pour eux, car je sais que l'Etat leur donnera ce qu'il faut pour vivre et s'instruire.
J'aurais encore beaucoup à te dire, à toi et à notre peuple, mais je sens que c'est inutile, car les mots ne peuvent exprimer ce que je voudrais, et ce n'est pas la peine de noircir du papier en vain.
Jusqu'à la victoire, toujours. La Patrie ou la Mort !
Je t'embrasse avec toute ma ferveur révolutionnaire.

Poémes ecrits par ERNESTO CHE GUEVARA


Che Guevara, 1956
Partons au Combat

Partons,
Ardent prophète de l'aurore,
Par les sentiers cachés et abandonnés,
Libérer le vert crocodile que tu aimes tant.
Partons,
Vainqueurs de ceux qui nous humilient,
L’esprit rempli des étoiles insurgées de Marti,
Jurons de triompher et de mourir.
Quand ta voix répandra aux quatre vents
Réforme agraire, justice, pain, liberté,
À tes côtés, avec les mots,
Nous serons la.
Et quand viendra la fin du voyage,
La salutaire opération contre le tyran,
À tes côtes, espérant la dernière bataille,
Nous serons là.
Et si le fer vient interrompre notre voyage,
Nous demandons un suaire de larmes cubaines
Pour couvrir les os des guérilleros
Emmenés par le courant de l'histoire américaine.

Che Guevara
                                      2                                          

J'ai voulu emporter dans la mallette
La saveur fugace de tes entrailles
Et elle est restée dans l’air, circulaire et certaine,
L’insulte au viril de mon espérance.

Je m'en vais par des chemins plus longs que le souvenir
Avec l'hermétique solitude du pèlerin,
Mais, circulaire et certaine, à mes côtés
Quelque chose marque le rythme de mon destin.

Quand à la fin de toutes les journées
Je n'aurais pas déjà un futur fait chemin,
Je viendrai me ressourcer dans ton regard
Ce rieur jalon de mon destin.

Je m'en irai par des chemins plus longs que le souvenir
Enchaînant des adieux dans le flux du temps.

Che guevara
                                                                                3

Au revoir Thomas

Et même si je suis un médecin ouvert aux choses
qui ne les transforme pas et les comprends à peine.
J’ai nonobstant une formule magique
- Je crois que je l’ai apprise dans une mine de Bolivie,
ou peut-être chilienne, péruvienne ou mexicaine,
ou dans l’empire détruit de Sonora,
ou dans un port noir du Brésil africain,
ou peut-être en chaque point une parole.
La formule est facile :
ne t’occupe pas de la barrière, attaque le récif,
unis tes jeunes mains à la pierre ancienne
et donne-lui ton pouls aux rouges coraux palpitants
en petites ondes quotidiennes.

Un jour, bien que nos souvenirs soit une voile
plus loin que l’horizon
et ton souvenir soit un navire
échoué dans ma mémoire,
apparaîtera l’aurore pour crier avec étonnement
en voyant les frères rouges à l’horizon
marchant joyeux vers l’avenir.
Eux les maux arrêtés terribles et blancs
comme la nuit surprise à l’envers.

Et alors, poète blême des quatre murs
Tu seras le chanteur de l’univers.
Alors, poète tragique, délicat, malade,
tu seras un solide poète du peuple.


Vidéo : TRES BELLE CHANSON (N. Cardone: Comandante Che Guevara)

Nathalie Cardone: Comandante Che Guevara Hasta Siempre..........

Hasta siempre est une chanson écrite en 1965 par Carlos Puebla, elle parle du Commandant Ernesto Che Guevara au moment où celui-ci quitte le gouvernement de Fidel Castro, et part pour l'Afrique.

Cette chanson anticipe la fin tragique d'Ernesto Guevara à la Higuera en Bolivie. Elle relate l'histoire presque légendaire de la révolution cubaine, glorifie le « Che » et le place à l'avant de la scène. Il est confirmé dans son rôle de représentant de la révolution.

Hasta siempre comandante veut dire en français Pour toujours commandant et est une allusion au slogan "Hasta la victoria siempre".
LES PAROLES DE CHANSON EN LANGUE ESPAGNOLE:
Aprendimos a quererte
Desde la histórica altura
Donde el sol de tu bravura
Le puso cerco a la muerte

Washington planifie plus d'actions contre la venezuela.

Le silence assourdissant des peuples face à l'agression de la Lybie par l'OTAN, l'intervention en Côte d'Ivoire, un secrétaire de l'ONU qui a bafoué la neutralité et le droit international,  rendent possible aujourd'hui, la main mise de l'Empire sur n'importe quel pays du monde...
Foule esclave debout ...
m.leray

Le Département d’État a mentionné aujourd’hui qu’il considère « sérieusement » classifier le Venezuela comme un « État terroriste ».


21 juin 2011 – Au cours d’une audience, aujourd’hui, le Comité des relations extérieures de la Chambre des représentants du Congrès des Etats-Unis portant sur « les activités pouvant être sanctionné du Venezuela », les congressistes démocrates et républicains ont demandé au gouvernement de Barack Obama de prendre des décisions plus agressives contre le gouvernement d’Hugo Chavez au Venezuela. Le chef du Sous-comité des relations extérieures pour l’hémisphère Est, Connie Mack, républicain de la Floride, a décrit le gouvernement vénézuélien de « terroriste » en déclarant que « il est l’heure d’agir pour endiguer l’influence dangereuse d’Hugo Chavez et ses relations avec l’Iran. »

Mack est connu pour sa position anti-chaviste. De plus, le congressiste républicain a un grand poids dans la prise de décisions au sein du corps législatif en raison de son haut poste dans le Comité des relations extérieures. Ses efforts, jointes aux celles de la chef du Comité des relations extérieures, la républicaine Ileana Ros-lehtinen, ont réussi à convaincre la Maison blanche d’imposer des sanctions contre l’entreprise pétrolière étatique du Venezuela, Petroleos de Venezuela S.A. (PDVSA) le 24 mai dernier. Mack a déclaré que son unique mission était « d’aller pour Chavez. »


L’audience d’aujourd’hui, dédié entièrement au Venezuela, comptait la présence d’hauts fonctionnaires du Département d’État, du Département du Trésor et du Bureau de contrôle des biens étrangers. Faisant des déclarations devant le comité, l’assistant du sous-secrétaire d’État pour l’Amérique latine, Kevin Whitake, a révélé que l’administration de Barak Obama « considère sérieusement » classifier le Venezuela comme un « État terroriste. » « Il n’y a aucune option hors de la table, et le Département d’État continuera d’étudier toute action additionnelle étant nécessaire dans le future » signala Whitaker.


Les sanctions imposées contre PDVSA le 24 mai dernier ont glissé sous une loi sanctionnant l’Iran (Iran Sanctions Act) des Etats-Unis et inclut la prohibition de l’octroie de contrats étasuniens, l’usage de la banque des importations et exportations des Etats-Unis et l’approbation de certaines licences technologiques. Cette action hostile de Washington envers le Venezuela n’a pas eu un impact économique majeur contre le pays sud-américain et son entreprise pétrolière du au fait qu’elle n’avait plus de contrats avec le gouvernement étasunien ni de crédit dans ses banques. Les sanctions n’ont pas affecté l’important envoie de pétrole du Venezuela aux Etats-Unis ni l’entreprise vénézuelienne en territoire nord-américain, CITGO.


Toutefois, les sanctions ont eu un impact diplomatique entre Caracas et Washington, même si antérieurement les relations étaient déjà en train de se détériorer. Suite à ces dernières agressions, le gouvernement vénézuélien a déclaré comme « congelée » la relation avec les Etats-Unis.


Il est dangereux de faire des affaires avec PDVSA


Selon le département d’État, les sanctions contre PDVSA, n’ont pas d’impact sur le pays économiquement, « elles donnent un messages au monde qu’il est dangereux de faire des affaires avec le Venezuela et PDVSA », indiquant ainsi que dans un futur proche, Wahsington pourrait agir contre ceux qui entrent en contact ou ont des contrats avec les entreprises vénézuéliennes.


Des sanctions contre CONVIASA


Les congressistes ont également exigés au Département d’État d’imposer des sanctions contre la ligne aérienne du Venezuela CONVIASA, du au faire qu’il considère cela comme « un appui au terrorisme » car elle maintient des vols entre Caracas, la Syrie et l’Iran. Sans présenter une solide preuve, les congressistes ont dit que ce vol, qui ne fonctionne d’ailleurs déjà plus, « transporte du matériel radio-actif, des armes, des drogues et des terroristes connus du Hezbollah et de l’Iran. »
Afin d’appuyer cette « accusation » dangereuse, les congressistes ont cité le journal allemand, Die Welt, qui avait mentionné quelques jours avant que le Venezuela et l’Iran était en train de construire une base de missiles sur la côte-est du Venezuela pour « attaquer les Etats-Unis ». Face à cette fausse information, le président Hugo Chavez a montré des images de l’endroit où les sources du journal avaient trouvé une base militaire iranienne fictive, il y avait en fait des moulins à vent.


Plus de sanctions


Le congrès a également demandé au Département d’État de considérer l’application de plus de sanctions contre le Venezuela, incluant « la prohibition des importations des Etats-Unis » et les « transactions en dollars. » Les représentants de la Maison blanche ont dit que même s’ils considèrent plus de sanctions contre le gouvernement de Chavez, considéré comme un gouvernement « ennemi », il doivent prendre en compte les importants approvisionnements en pétrole vénézuélien, soit 1% des importations étasuniennes. Il y a quelques jours, le président Barack Obama a autorisé l’exportation pétrolière dans l’État de l’Alaska, une zone protégée pour ses richesses naturelles, en indiquant que Washington cherche à sécuriser ses besoins énergétiques avant de rompre ses relations avec le Venezuela.


Des sanctions jusqu’à aujourd’hui


En plus des sanctions imposées contre PDVSA le 24 mai dernier, Washington avait déjà pris des décisions encore plus agressives à l’égard du gouvernement vénézuélien. En juin 2006, ils ont classifié le Venezuela comme étant un pays « qui ne coopère pas suffisamment avec la lutte contre le terrorisme » et ont imposé des sanctions prohibant la vente d’armes des Etats-Unis au Venezuela ou de n’importe quelle autre entreprise dans le monde qui utilise des technologies étasuniennes.


Depuis 2005, Washington a également classifié le Venezuela comme étant un pays « qui ne coopère pas Néanmoins, puisque le Venezuela ne reçoit pas de fonds des Etats-Unis, l’unique aide qui pourrait être coupé serait les millions de dollars octroyés annuellement aux groupes anti-chavistes dans le pays caribéen qui travaillent tous les jours à destituer le gouvernement de Chavez. Ils ont même inclus une exception mentionnant que « les sanctions n’affecteront pas les appuies économiques des Etats-Unis envers les organisations démocratiques de la société civile », assurant ainsi d’une continuité aux groupes voulant déstabiliser du Venezuela.


En 2007, le Département du trésor des Etats-Unis a sanctionné trois hauts fonctionnaires du gouvernement vénézuélien, en les accusant d’avoir des liens avec le terrorisme et le narcotrafic, sans présenter de preuves. Les fonctionnaires étaient le directeur de la Direction de l’intelligentsia militaire, le général Hugo Carvajal, le directeur actuel des Services de l’intelligentsia bolivarienne (SEBIN), le général Henry Rangel et le ministre de l’intérieur et de la justice Ramon Rodriguez Chacin.


L’année suivante, le Département du trésor a désigné les deux Vénézuéliens, d’origine syrienne, Fawsi Kan’an et Ghzi Nasr al Din comme « terroristes » pour avoir des liens avec le Hezbollah, un groupe considéré terroriste par les Etats-Unis.


Tout indique que Washington va continuer à augmenter ses agressions contre le Venezuela avec des sanctions et des actions menant à son isolement.

Eva GOLINGER
Source : http://www.chavezcode.com/2011/06/washington-planifica-mas-acciones.html

Traduit par Stéphanie Yrduav pour http://www.sbqc.org  


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