dimanche 11 mars 2012

LA GUERRE D'ALGERIE : P'TIT OMAR - LA REVOLUTION DANS LE CARTABLE DE SOUHILA AMIRAT - L'ETOFFE D'UN GRAND COMBATTANT.

Qui se souvient de cet enfant, héros avant l’âge qui a grandi dans les venelles tortueuses de la Casbah, qui naquit le 7 janvier 1944 au 3, rue des Abdérames, connaissait par cœur toutes les caches des grands résistants de la Révolution de Novembre 1954 ?
Qui se souvient de cet enfant, héros avant l’âge qui a grandi dans les venelles tortueuses de la Casbah, qui naquit le 7 janvier 1944 au 3, rue des Abdérames, connaissait par cœur toutes les caches des grands résistants de la Révolution de Novembre 1954 ?
Il faut songer un instant à ce combattant avant l’heure qui au lieu de jouer avec les gamins, accompagnait son père membre du PPA dans les réunions clandestines avec les militants du FLN et avait une conscience précoce de la nécessité d’une lutte implacable pour libérer les Casbadjis des riches Européens qui vivaient dans une opulence outrageante dans les beaux quartiers et surnommaient tous les Algériens par les prénoms Mohamed et Fatma comme si ces derniers n’avaient pas d’identité propre. Celui que tout le monde appelait affectueusement « P’tit Omar »  ce jeune agent de liaison avait l’étoffe d’un grand combattant qui côtoyait les Ben M’hidi, Krim Belkacem , Ali La pointe et Hassiba Ben Bouali avec son air très perspicace, débrouillard à l’extrême, il transportait des armes dans les couffins et faisait circuler les fidayines incognito et sans attirer le moindre soupçon des parachutistes français vers des abris.
Ce garçon pétri de sagesse et d’une bravoure inqualifiable tant elle étonnait les adultes qui l’entouraient de protection s’est vite familiarisé avec le discours  passionnants des chefs de la révolution qui promettaient de faire tomber l’ennemi et de libérer le pays du joug colonial, ce jeune garçon n’avait pas peur des patrouilles de police française et savait user des plus ingénieux stratagèmes pour tromper la vigilance des soldats.. Lui qui admirait la stature révolutionnaire de son oncle Yacef Saadi qu’il avait réussi à convaincre de l’intégrer dans le réseau de lutte et des artisans de la bataille d’Alger, accompagnait les poseuses de bombes habillée en tenue européenne en suivant scrupuleusement l’itinéraire indiqué jusqu’au lieu de l’attentat. Dans son livre l’auteur Souhila Amirat rend hommage à l’orée de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance, à la figure exceptionnelle et mythique du plus jeune révolutionnaire algérien, mort avec trois autres héros de la Guerre de libération à quelques mètres de son lieu de naissance au cours d’une explosion qui aura raison de sa jeune vie, pour que d’autres Algériens de son âge vivent en toute liberté et innocence une vie d’enfants insouciants dans un pays qui leur appartenait et une terre que leurs ancêtres avaient chérie.
L’ouvrage qui retrace dans un style pénétrant la vie de celui que beaucoup d’Algériens n’oublieront pas et qui conservent dans leur mémoire l’image vivante de celui que les moudjahidines appelaient affectueusement P’tit Omar, est une belle initiative littéraire sur l’écriture de l’histoire que cette écrivaine, diplômée en informatique a décidé de publier après le décès de la mère de ce jeune héros de la guerre aux éditions de l’Imprimerie Officielle. Le présent récit qui suit pas à pas la prise de conscience de cet enfant hors du commun et dont l’engagement avec ses grands frères d’armes force l’admiration de n’importe quel algérien digne de ce nom et dont le souvenir de la mort héroïque suffit à raviver l’émotion en faisant perler quelques larmes sur la destinée incroyablement engagée et mure de cet enfant qui était la preuve et l’incarnation vivante de la résistance algérienne contre l’oppression coloniale et dont la notoriété dépassait la ville d’Alger contraignant dans les derniers moments de retranchement P’tit Omar à se cacher dans les hauteurs des terrasses de l’antique médina loin des menaces que proférait sur lui un certain colonel Français, le tristement célèbre Massu qui avait mis sa tête à prix. A la lecture de cet émouvant livre qui narre les péripéties du jeune garçon jusqu’au cheminement ahurissant de son intégration spontanée dans les rangs du FLN pour devenir au sein du réseau de la capitale un élément incontournable de la Bataille d’Alger, on devine et sent fortement que l’auteur a mis du cœur à l’ouvrage en se consacrant totalement à l’écriture de ce récit chargé de grands sentiments de considération à l’égard de ce héros que la mémoire algérienne ne doit pas oublier. L’histoire racontée dans ce livre qui fourmille à chaque page de photographies inédites de la famille de ce chahid et illustrent le contenu du texte, se lit d’un trait tant elle arrive à brosser les traits du personnage en lui conférant ses qualités réelles et en faisant pratiquement revivre au présent le destin de ceux, qui au péril de leurs vie et ils ne furent qu’une poignée d’hommes et de femmes au courage exemplaire, avaient façonné le visage d’une Algérie libre et indépendante
Lynda Graba
Source : EL MOUDJAHID

Les leçons non retenues de l’Histoire...Nous ne savons pas tirer les leçons de l’Histoire, nous préférons nous laisser croupir dans le lit douillet – qui se délite – des acquis du passé,....

Il est bien sûr toujours dangereux de faire des comparaisons historiques car il n’existe pas, dans l’Histoire, deux situations identiques,… et l’Histoire ne se répète pas.
Cela ne doit pas nous empêcher de tirer un certain nombre de leçons sur des attitudes, des réflexes, des réactions prévisibles à des mécanismes, des évènements, même s’ils ne sont pas identiques mais qui déclenchent à peu près les mêmes réactions à toutes les époques.
LE MÉPRIS DES PEUPLES
Il peut s’exprimer aussi bien par cynisme et idéologie – le refus de l’autre considéré comme inférieur – que par une pure rationalité, au nom d’une logique supérieure… celle de marchés par exemple.
Aujourd’hui, sauf pour quelques imbéciles, il est difficile, et politiquement risqué, d’établir une hiérarchie entre les individus, les communautés, les civilisations. De même qu’à part les fanatiques – et ils sont encore très /trop nombreux - les différences entre croyances, religions ne constituent pas des critères pertinents de domination. La tendance, comparée au passé, très lente il est vrai, est l’acceptation de l’autre dans sa spécificité culturelle… ceci porte un nom : la laïcité.
Par contre on assiste à un phénomène, pas nouveau c’est vrai, mais qui prend de plus en plus d’importance, c’est de considérer l’autre au travers d’une « réalité économique » qui fini par l’instrumentaliser et finalement le nier en tant qu’être humain. Plus besoin dés lors d’idéologie, de croyance et autre manifestation plus ou moins subjective. Le calcul et les statistiques, les règles de la comptabilité et de la gestion donnent le la des relations sociales et des rapports entre les peuples.
Ainsi, la manière dont le peuple grec est traité depuis des mois en dit long sur cette pratique. Il lui est, de fait, dénié le droit d’exprimer réellement ses désirs, sinon au travers d’un système politique électoral complètement piégé et manipulé,… lui sont même confisqués les moyens d’une vie décente (santé, pouvoir d’achat, retraites, écoles,…) et ce, au nom d’une exigence économique fondée sur l’intérêt des marchés et de leur spéculation. En France la manipulation politique qui a annulé la décision populaire de refuser le Traité Constitutionnel Européen,… est du même genre.
On ne compte plus aujourd’hui les décisions arbitraires – sous couvert d’impératifs économiques et camouflées sous l’intitulé de « démocratie », les décisions prises par les gouvernements, les banquiers et les marchés, qui mettent en péril plus d’un demi-siècle de conquêtes sociales et oblitèrent l’avenir des générations à venir.
Au nom d’une prétendue « science économique » qui serait l’expression d’une réalité naturelle et indépassable,… et bien entendu incontestable, le système marchand asservi des peuples entiers, les condamne à la rigueur, à la pauvreté et les accule à la révolte.
Malgré, ou plutôt à cause, du camouflage démocratique, les pires pratiques sont « permises »… Les décideurs ont la « bonne conscience » de leur côté, la légitimité en prime et la certitude d’agir dans le « sens » de l’Histoire ( ?).
A toutes les époques nous trouvons des pouvoirs qui, ceint de telles certitudes, plus ou moins accommodées, soit à la sauce religieuse, mystique, patriotique, « démocratique », ont fait n’importe quoi, pratiquant les pires politiques, acculant des peuples entiers soit à la révolte contre eux, soit à l’affrontement entre eux.
Aujourd’hui, comme hier, mais sur des bases nouvelles, nous assistons à un processus de domination, cette fois des marchés, des experts, des spéculateurs, des politiciens qui ne peut qu’aboutir à la fracture sociale et politique. Le mécanisme inhérent au pouvoir du capital, sa domination et la logique de son extension marginalisent, voire excluent, absolument l’ensemble des peuples. Tout se fait à leur insu. Le lien social se délite, se décompose… A court terme, cette décomposition profite aux marchés, fonds de pensions, spéculateurs, banques et leurs valets politiciens… à moyen et long terme c’est l’effondrement de la société.
LA MONTÉE DU TOTALITARISME
Il est aujourd’hui évident, malgré les rodomontades de certains, que la société civile n’a pas trouvé le moyen de dépasser cette situation. Les drames du 20e siècle ont quasiment tous cette origine… Révoltes, insurrections, coups d’Etat,… même la « révolution bolchevique », même les luttes de libération coloniales,… tout a échoué contre le capitalisme…. Sans parler des élections qui le renforcent systématiquement.
C’est toujours cette incapacité stratégique pour les exploités qui a aboutit au totalitarisme.
La force du Capital c’est la faiblesse de celles et ceux qui luttent contre lui.
Dans toute société, un rapport de forces dans lesquelles celles-ci sont équilibrées, c’est-à-dire que les classes sont fortes et y « trouvent leur compte »… comme les salariés dans les pays développés qui ont profité des miettes substantielles du capitalisme,… donne un système, contradictoire, mais stable.
Aujourd’hui la force du Capital est disproportionnée par rapport à celle de celles et ceux qu’il exploite, qu’il asservit, qu’il se permet d’exclure.
Aujourd’hui, les amortisseurs de ce qu’il est convenu d’appeler la crise, c’est le modèle social issu des luttes des salariés en Europe. La déréglementation, la libéralisation sont entrain de faire fondre comme neige au soleil les protections sociales qui rendaient supportable le système. Le fonctionnement actuel du système marchand remet à nu ses principes (on parle d’un retour au 19e siècle). Le social qui était une production des luttes disparaît. La condition humaine devient de plus en plus insupportable,… la révolte gronde.
Une classe capable de tout pour garder son pouvoir, face à une multitude – qui souffre - incapable de l’essentiel pour la renverser,… et nous avons là les ingrédients essentiels pour une aventure totalitaire. Le 20e siècle nous en donne des exemples édifiants.
C’est très exactement la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui. Lobotomisés par les pratiques « républicano-électorales », nous faisons, nous, comme les plupart des peuples, comme si….. Nous nous efforçons, à défaut d’autre chose, de croire que la solution (hypothétique) réside dans les vieilles formes de contestation et finalement dans… les élections.
Pendant tout ce temps les contradictions se développent, les conflits se multiplient, le tissu social se délite,… Pendant combien de temps cette déliquescence peut-elle durer ? Personne ne peut répondre. Mais l’on peut/doit penser, à juste titre, que ce processus ne peut éternellement se poursuivre… ça ne peut que « casser ».
« Casser » veut dire que la révolte – stérile – aboutira sur un désordre inacceptable pour les dominants, mais aussi pour les dominés. Seul, dans les conditions d’alors, un coup d’Etat, militaire ou militaro-policier ‘toutes les formules sont possibles), pourra assurer une stabilité politique, économique et sociale. Paix des cimetières, mais paix tout de même. Et aucune force – forcément inorganisée – ne pourra s’y opposer… Certains même, parmi le peuple aspireront à cette stabilité… L’exemple de la montée du nazisme en est une parfaite illustration. Lassitude et peur seront de puissants moyens de restabilisation sociale au travers d’un coup de force.
Ce raisonnement, ces exemples, on n’en parle jamais… Ils font peur. On préfère s’accrocher aux certitudes futiles – pour le moment – de politiciens patelins, sécurisants ou, si l’on est plus velléitaires, de tribuns plus ou moins contestataires qui séduisent par leur verve et leurs gesticulations médiatiques.
Nous ne savons pas tirer les leçons de l’Histoire, nous préférons nous laisser croupir dans le lit douillet – qui se délite – des acquis du passé, espérant que le froid calcul des intérêts égoïstes du Capital ne frappera que les voisins.
Le réveil va être brutal !
Patrick MIGNARD
URL de cet article 16061 http://www.legrandsoir.info/les-lecons-non-retenues-de-l-histoire.html

RSF : L’UNESCO exclut Reporters Sans Frontières, affiliée à la CIA, pour ses "méthodes de travail" controversées (Rebelion)

L’ONG française Reporters Sans Frontières (RSF), subventionnée par des agences du Département d’État nord-américain et dont les liens avec l’intelligence nord-américaine ont été démontrés, vient d’être exclue de la liste d’Organisations Non Gouvernementales associées à l’UNESCO.
C’est la deuxième fois en exactement quatre ans que RSF est sanctionnée par l’UNESCO pour son manque d’éthique.
L’institution prestigieuse des Nations Unies lui a avait déjà retiré le mercredi 12 mars 2008 le co-parrainage de la Journée pour la liberté d’Internet pour cause de « tentatives visant à disqualifier un certain nombre de pays ».
Le Conseil Exécutif de l’organisme international a validé ce 8 mars la décision du Comité sur les Associés Non Gouvernementaux qui a retiré à RSF son statut d’organisation associée.
Le Comité sur les Associés Non Gouvernementaux, un organe affilié au Conseil Exécutif de l’UNESCO, s’est réuni le 28 février dernier, pour étudier le reclassement des ONG qui collaborent avec l’UNESCO.
Au cours des débats de l’UNESCO, quelques pays ont dénoncé les méthodes controversées de travail employées par l’ONG « qui ne sont pas compatibles avec les valeurs de l’UNESCO dans le domaine du journalisme » et a décidé de l’exclure de la catégorie d’association.

La créature de Robert Menard

En 2008, quelques mois après une décision similaire, le fondateur de RSF, Robert Ménard, a renoncé à son poste de chef de l’ONG, qu’il détenait apparemment à vie, pour accepter un contrat millionnaire de l’Émirat du Qatar où il devait supposément créer un organisme en faveur des droits de la presse.
Il est aujourd’hui de retour en France où il est associé au parti d’extrême-droite, le Front National, des Le Pen.
Lorsqu’il était à la tête de RSF, Ménard a du publiquement reconnaître que son groupe recevait des subventions généreuses de l’Agence de Développement International (USAID), une façade de l’intelligence nord-américaine, à travers le Center for a Free Cuba, une créature de Freedom House, dirigée par l’agent de la CIA Frank Calzón.
Ménard a eu pendant des années accès aux fonds de l’agence nord-américaine pour l’ingérence, USAID, qui disposait l’année de sa "retraite" précipitée d’environ 45 millions de dollars pour mener son travail de propagande et d’espionnage contre Cuba, à travers un réseau de soi-disant ONG. Le bras droit de Calzón, Felipe Sixto, a avoué à la fin de l’année passée avoir volé un million et demi de dollars du budget du “Center”.
L’affiliation avec l’USAID et d’autres appuis occultes des EU explique l’ardeur de RSF à attaquer constamment les pays progressistes de l’Amérique Latine, parmi lesquels les pays de l’ALBA, contre qui il déclenche à intervalles régulières des campagne de diffamation aux côtés d’autres organismes de presse connus pour leur collaboration avec le Département d’État.
En février passé, RSF est intervenu dans le débat qui se développe à l’Équateur sur les droits de la presse pour appuyer le quotidien El Universo, condamné pour injures et mesonges grossiers contre le président Rafael Correa.
RSF a qualifié de « désastre » la décision de la Cour Nationale de Justice (CNJ) de l’Équateur qui a ratifié une sentence par « une injure calomnieuse » contre le porte-parole du quotidien de l’extrême-droite et de l’oligarchie.
De même, RSF attaque la Bolivie et en Venezuela, les pays dont la « grande presse » a été traditionnellement monopolisée par l’oligarchie nationale.
Désormais, RSF ne disposera pas d’un droit d’intervention et devra se limiter à « des consultations ».
Plus de 60 ONG collaborent avec l’UNESCO en tant qu’organisations associées.
Jean-Guy Allard
http://www.rebelion.org/noticia.php?id=146110
Traduction « la liberté des ONG stipendiées à bien des limites » par VD avec probablement les fautes et coquilles habituelles
URL de cet article 16062
http://www.legrandsoir.info/l-unesco-exclut-reporters-sans-frontieres-affiliee-a-la-cia-pour-ses-methodes-de-travail-controversees-rebelion.html