dimanche 28 août 2011

La Révolution Arabe : Processus révolutionnaires dans le monde arabe : Les femmes en première ligne


Remarquée et remarquable, la présence des femmes en première ligne des mouvements sociaux, démocratiques et révolutionnaires du monde arabe en a interpellé plus d’un-e. D’une part, leur implication active dans ces processus est un brillant pied-de-nez aux stéréotypes sexistes et racistes profondément ancrés, plus ou moins conscients et plus ou moins assumés. Rien que ça secoue et constitue un formidable bol d’air pour les luttes féministes, antiracistes et anti-impérialistes au-delà des frontières.

D’autre part, incontournables dans les luttes, elles imposent la nécessité d’intégrer pleinement les revendications féministes pour la poursuite des processus révolutionnaires en cours. Ainsi, elles actualisent et concrétisent un adage connu "Pas de révolution sans libération des femmes ; pas de libération des femmes sans révolution".
Oser briser les tabous
Il n’y a en soi rien de surprenant à ce qu’au moins une partie de la moitié féminine du peuple prenne activement part aux processus révolutionnaires. Au contraire, subissant à la fois l’exploitation capitaliste et l’oppression patriarcale, sans oublier le racisme et l’impérialisme pour la plupart, les femmes sont potentiellement parmi les plus enclin-e-s à la révolte.
Asma Mahfouz, jeune internaute égyptienne, incarne très bien cette révolte. Son appel poignant, largement visionné sur internet, a certainement achevé de convaincre certain-e-s de ses compatriotes de rejoindre la place Tahrir aux heures cruciales qui ont mené à la chute de Moubarak.
Mais les femmes sont aussi parmi celles -et ceux- qui doivent surmonter le plus d’obstacles pour franchir le pas, tenir bon et obtenir des droits sociaux et démocratiques effectifs. En Lybie ou au Yémen, elles ont particulièrement dû briser les tabous pour manifester et s’exprimer ouvertement dans les rues. Comme le souligne la militante yéménite Tawakoul Karman "La révolution vise avant tout à renverser le régime. Mais elle a aussi permis de venir à bout de traditions archaïques, selon lesquelles une femme devait rester à la maison et en dehors de la politique".
Evidemment, les révolutions se construisent entre autres avec et par les femmes. Evidemment, il n’a pas fallu la déferlante révolutionnaire de début 2011 pour que les femmes du Maghreb et du Moyen Orient s’engagent dans les luttes féministes, sociales et démocratiques. Par exemple, en Tunisie, les femmes avaient déjà obtenu par leurs luttes le droit à l’avortement en 1961 (trente ans avant la Belgique donc). Mais, malgré leur courage et leur détermination, les femmes révolutionnaires, et d’autant plus celles "du Sud", sont les premières "oubliées" de la mémoire collective.
Pour le peuple et pour les femmes
Ainsi, lorsque certaines remontent au créneau des révolutions sous les feux des projecteurs, elles interpellent. Elles réduisent en miettes la ridicule image d’Epinal de "la femme" docile, soumise et impuissante. Lorsque ce sont les femmes du Maghreb et du Moyen Orient qui le font, avec ou sans foulard ou niqab, elles anéantissent en même temps les théories abjectes du "choc des civilisations" selon lesquelles les peuples musulmans seraient quasi génétiquement voués aux dictatures et les musulmanes irrémédiablement « soumises » et impuissantes face à un machisme exacerbé.
En prenant elles-mêmes en main leur émancipation, elles mettent également en échec les tentatives d’instrumentalisation du féminisme, du genre de celles qui prétextaient une soi-disant libération des femmes pour légitimer la guerre en Afghanistan. Curieusement, on constate que, les mêmes qui instrumentalisent le féminisme pour s’en prendre aux femmes musulmanes en Europe, n’ont pas de mots pour saluer et soutenir la place des femmes arabes dans ces événements.
En plus de transmettre jusqu’au-delà des frontières leur souffle chargé d’inspiration et d’appuis pour les luttes féministes, antiracistes et anti-impérialistes, les femmes jouent bien sûr un rôle essentiel pour l’approfondissement et l’élargissement des processus révolutionnaires en cours dans le monde arabe. Comme elles l’ont démontré le 29 janvier en Tunisie ou le 8 mars sur la place Tahrir en Egypte, elles se battent non seulement pour les droits sociaux et démocratiques de l’ensemble du peuple, mais aussi pour leurs droits spécifiques en tant que femmes.
L’étendue des droits des femmes est bien sûr variable selon les pays de la région. Mais, inspirées et encouragées par l’énergie révolutionnaire de ces derniers mois, toutes revendiquent une amélioration de leur statut, via l’abolition de la tutelle parentale sur les femmes, le libre accès au travail, la fin des violences sexistes et des mutilations sexuelles, ...
Il va de soi que, si les revendications des femmes ne sont pas prises en compte, si leur rôle essentiel dans les mouvements révolutionnaires en cours, ceux-ci n’ont aucune chance de mener à bien un changement radical de société. Il s’agit donc d’un défi majeur à relever, qui ne peut être remis à d’autres lendemains mais bien être saisi à pleines mains à l’heure où la révolution se construit.
mardi 23 août 2011, par Céline Caudron 
Source : Presse-toi à gauche

La Révolution Arabe : Processus révolutionnaire dans le monde arabe et émancipation des femmes

La réussite des processus révolutionnaires dans les pays arabes dépend en partie de la place des femmes dans ces révolutions, victimes au moins autant que les hommes de la répression policière, participant activement aux mobilisations et aux grèves.

Les espoirs soulevés par les processus révolutionnaires en cours dans différents pays arabes sont immenses. Des peuples longtemps soumis à des dictatures policières décident de prendre leur vie en main et mènent aujourd’hui des luttes acharnées pour s’émanciper. Mais ces processus ne pourront pas aboutir, c’est-à-dire que leur visée émancipatrice ne sera pas atteinte, si les femmes, la moitié de la société, demeurent sous l’oppression patriarcale. La place des femmes est donc un indicateur des espoirs que l’on peut avoir dans ces processus.
Depuis les germes des révolutions en cours, soit depuis les différentes vagues de révoltes qui ont soulevé l’Égypte en 2007-2008, les bassins miniers marocain et tunisien en 2008, les femmes ont apporté leur pierre à ces édifices révolutionnaires.
Ainsi, en Égypte, elles ont été les initiatrices des mouvements de grève dans les usines de textile à Mahalla fin 2007 et début 2008, s’inscrivant dans un contexte de mobilisations sociales fortes dans plusieurs secteurs : cimenteries, élevages de volailles, secteur minier, transports publics, santé, et surtout industrie textile. Les grèves étaient bien sûr illégales.
Mais refusant les baisses de salaires et la suppression des primes de fin d’année, les ouvriers commençaient à se rassembler régulièrement sur la place centrale de la ville pour protester. Mais la production s’arrêta totalement quand les 3.000 ouvrières quittèrent leur poste et allèrent rejoindre leurs collègues hommes aux cris de : « Où sont les hommes ? Voici les femmes ! » C’est ainsi qu’elles entraînèrent les hommes dans la grève, les manifestations, les occupations, jusqu’à avoir gain de cause.
De même, en Tunisie en 2008, durant la révolte du bassin minier, les femmes ont organisé des marches, des sit-in et des rassemblements, pour dénoncer la répression policière.
Et depuis le début des processus révolutionnaires, des femmes ont occupé leur lieu de travail, mené des grèves, des manifestations, des sit-in, pour défendre leurs droits en tant que travailleuses. C’était encore le cas à Mahalla et dans d’autres villes d’Égypte, c’était aussi le cas notamment dans les secteurs du textile et de la grande distribution en Tunisie.
À Bahreïn, des femmes ont participé à l’occupation de la place de la Perle, dans la capitale du royaume, pour réclamer le changement. Zainab Al-Khawaja, qui a entamé une grève de la faim après les violences subies par son père, son mari et son beau-frère et leur arrestation, est devenue une des leaders des protestations bahreïnies.
Et lorsque le président yéménite a osé dénoncer la mixité illégale dans les manifestations, des manifestantes ont porté plainte contre lui pour diffamation et n’ont évidemment pas déserté les rues.
Égales... dans la répression
Mais malgré leur détermination, les femmes qui se sont mobilisées depuis plusieurs mois ont aussi payé au prix fort leur aspiration à la liberté et à la dignité. Ainsi, en Égypte, l’armée s’est livrée à des examens de virginité sur les manifestantes arrêtées. De nombreux viols ont été enregistrés, dont celui d’une journaliste sud-africaine. À Tripoli, Iman al-Obeidi a révélé avoir été violée par une quinzaine de militants pro-Kadhafi.
Au Yémen, une femme a été détenue pendant 48 heures pour avoir osé conduire seule la nuit. Et partout dans les pays de la région, manifestation a rimé avec agressions des manifestantes et atteintes à leur dignité. En janvier 2011 en Tunisie, plusieurs femmes ont été violées – notamment à Kasserine – par des policiers et des miliciens du RCD. En mars 2011, les blogueuses tunisiennes dénonçaient le déchaînement de violence contre des manifestantes pacifiques dans les termes suivants : « On voulait la parité pour les élections. Finalement, on ne l’a réellement obtenue que dans la violence policière à notre égard ! »
Les organisations féministes se sont rapidement saisies de toutes ces questions, enquêtant sur les viols et violences de toutes sortes faites aux femmes. Et elles sont seules à assurer ces enquêtes. En Tunisie, aucune enquête officielle n’a été ouverte concernant les viols dénoncés par les populations de plusieurs villes. L’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) se retrouve seule à sillonner le pays depuis plusieurs mois pour recueillir les témoignages des femmes victimes de violence et de leurs proches et pour les accompagner dans leurs démarches juridiques.
Mais les organisations féministes doivent aujourd’hui se battre sur d’autres terrains aussi : en Tunisie encore, où le statut des femmes est le plus avancé de tous les pays arabes, il faut lutter pour préserver les droits garantis par le code du statut personnel. Certains partis de gauche affichent leur attachement à ce code et ont réussi, avec les associations féministes et des droits de l’homme, à faire voter par la haute instance un article de la loi électorale imposant la parité dans les listes électorales. Mais les manques criants dans ce même code sont aussi dénoncés.
Car si les femmes tunisiennes ont obtenu depuis 1956 l’interdiction de la polygamie, le droit au divorce, le droit de vote, et en 1961, le droit à l’avortement, bien avant plusieurs pays européens, la séparation entre la religion et la politique n’est toujours pas acquise, l’inégalité dans l’héritage persiste, la transmission de la nationalité est toujours soumise à l’accord du père, et le non-remboursement de la contraception et des actes d’IVG rend ces droits réservés en pratique aux classes privilégiées. Sans parler des discriminations à l’embauche, l’inégalité des salaires, ni du harcèlement croissant qu’elles subissent dans les sphères publique et privée.
Des manifestations et campagnes pour les droits des femmes, pour l’égalité femmes-hommes, contre toute remise en question des droits des femmes tunisiennes sont ainsi régulièrement organisées mais ne mobilisent pas au-delà des milieux militants classiques. Car si l’auto-organisation est faible dans le mouvement ouvrier, elle est quasi inexistante dans le mouvement féministe.
Dans les autres pays arabes, le combat pour l’émancipation part de beaucoup plus loin. Ainsi en Algérie, les femmes sont légalement des mineures à vie, passant de l’autorité du père à celle du mari. Et les violences qu’elles subissent ne trouvent pas de réaction réelle de la part des autorités. Les viols collectifs et actes de torture ont été subis par les femmes de la ville de Hassi Messaoud il y a dix ans, auxquels l’imam de la ville avait appelé, pour l’unique raison que ces femmes étaient indépendantes, vivaient de leur travail salarié et n’avaient pas besoin d’hommes pour les entretenir.
Ces actes ont été ignorés par le gouvernement et les victimes n’ont toujours pas obtenu de réparations. La plupart des coupables sont toujours en liberté et l’imam en question a même eu une promotion. Ce sont les victimes qui vivent encore dans la honte !
En Égypte, c’est la question de l’excision qui semble être la plus urgente, puisque la quasi-totalité des petites filles subit cette mutilation génitale, malgré l’existence d’une loi l’interdisant. Sur le harcèlement sexuel, une enquête menée en 2008 révèle que 83% des Égyptiennes et 98% des femmes étrangères en sont victimes. 63% des hommes reconnaissent en être coupables ! Et dans plusieurs pays, comme le Yémen, les petites filles peuvent être mariées dès l’âge de 9 ans, malgré l’existence d’une loi fixant l’âge minimum de mariage à 17 ans.
Indispensables à la réussite du mouvement
L’atmosphère révolutionnaire favorise habituellement l’irruption des femmes sur le terrain politique, à la fois parce qu’elles ont beaucoup à gagner à une remise en cause des rapports de domination existants, mais également pour une raison très pragmatique : les classes exploitées ressentent le besoin d’unir toutes les forces disponibles pour bouleverser la société.
Malheureusement, cette situation connaît souvent une fin assez brutale dès que les rapports sociaux se stabilisent de nouveau. Alors, les femmes sont souvent parmi les premières à subir les effets de la contre-révolution. L’exemple de la contre-révolution stalinienne en Russie est édifiant à cet égard. Pour l’instant, dans les pays arabes en lutte, les rapports de domination demeurent globalement les mêmes.
En plus, quelles que soient les lois, dans les institutions et les sphères de décision, les femmes sont extrêmement peu présentes voire totalement absentes. Par exemple, seules trois femmes participent au gouvernement provisoire tunisien, avec des ministères qui les maintiennent dans leur rôle traditionnel : ministère de la Famille, de la Santé et un secrétariat d’État. En Égypte, les femmes ont été totalement exclues de la commission de modification de la Constitution, commission présidée par un membre des Frères musulmans. Mais y compris dans la direction du mouvement ouvrier (syndicats, partis politiques, etc.), les femmes sont très peu présentes.
De plus, on ne voit pas encore émerger à la base un mouvement autonome autour de ces questions spécifiques. L’émancipation des femmes n’est pas un mot d’ordre visible parmi les revendications des révolutionnaires. Et partout où les femmes se mobilisent, le discours est le même : « nous avons les mêmes revendications que les hommes ». Ce qui est légitime dans un moment où touTEs luttent contre des dictatures ou leurs restes.
Cela laisse finalement peu de place à l’émergence d’un mouvement autonome de femmes sur des revendications spécifiques. Et les mouvements féministes ne sont pas encore ancrés dans les couches populaires. C’est une élite intellectuelle, souvent petite bourgeoise, qui s’organise et lutte contre l’oppression spécifique des femmes. Si ce clivage de classe n’a rien de spécifique à la région arabe, le défi pour ces organisations est de se joindre aux classes populaires et participer avec elles à la construction de ce mouvement autonome.
L’avenir de chacun des processus révolutionnaires dans les pays arabes dépendra sans doute en partie de la place que prendront ces mouvements de femmes. Dans les pays où celles-ci ne travaillent pas ou peu dans la sphère marchande et restent confinées dans la sphère familiale, la lutte pour l’émancipation sera beaucoup plus compliquée, car les pouvoirs qui émergeront des processus révolutionnaires en cours pourraient rapidement les ramener à leur rôle habituel, celui de femmes au foyer.
En revanche, dans les pays où les femmes, par leur travail salarié, ont une certaine indépendance et ne participent pas seulement aux luttes en tant que mères ou épouses, mais aussi en tant que travailleuses, leur place dans le mouvement ouvrier et donc dans le processus révolutionnaire est plus importante.
Et malgré les tentatives de récupération de la part d’organisations réactionnaires, elles ne se feront pas aussi facilement confisquer leur révolution. C’est donc dans ces pays, à la condition que s’enracine dans les couches populaires un véritable mouvement autonome des femmes posant les problèmes des rapports de domination patriarcale et de revendications propres, que le combat pour l’émancipation pourra avancer dans les prochains mois.
mardi 23 août 2011, par Wafa Guiga
Source : Presse-Toi à gauche

Les rebelles libyens, mal-aimés du printemps arabe

24/08/2011
Considérés comme des héros au début de la révolution libyenne, les rebelles du CNT ont de plus en plus de mal à convaincre l'opinion publique arabe.

C’est un étrange contraste. La chute de Ben Ali et de Moubarak en janvier et février dernier avait provoqué l’enthousiasme de la majorité des peuples arabes. Même en Arabie saoudite, où les autorités n’ont toujours pas digéré la démission de leur allié —et obligé— égyptien, des manifestations de joie et de solidarité ont eu lieu dans les grandes villes du royaume.
Mais tel n’est pas le cas pour ce qui concerne la fin de règne annoncée de Mouammar Kadhafi. Bien entendu, certains n’ont pas boudé leur plaisir. En Tunisie d’abord, où le colonel de Tripoli apparaissait comme une menace susceptible de faire dérailler la transition démocratique —comme en témoigne le projet avorté d’un attentat libyen contre l’ambassade du Qatar à Tunis.
Dans la capitale tunisienne, comme à Sfax, Monastir ou Sousse, des milliers de gens —et pas seulement des Libyens— ont crié de joie en apprenant que les rebelles venaient d’investir la principale ville libyenne. D’autres pays arabes ont connu des célébrations comparables comme en Égypte, au Yémen et même à Bahreïn (malgré la tension qui oppose la population chiite au pouvoir en place) et en Syrie, où les manifestants ont chanté «Bachar, c’est au tour de ta tête de tomber».
Pour autant, il serait mensongé d’affirmer que l’allégresse dans le monde arabe est comparable à celles du 14 janvier (chute de Ben Ali) ou du 11 février (chute de Moubarak), dont on sait quelle dynamique protestataire elles ont engendrée. Pour s’en rendre compte, il suffit de surfer sur la blogosphère arabe. Face aux anti-Kadhafi qui clament leur joie et leur soulagement de voir un autre tyran tomber, un bon nombre d’internautes disent leur colère contre les «traîtres du CNT» et ne cessent de crier au complot médiatique (selon eux, Tripoli serait encore sous contrôle des troupes loyalistes).
Ce déni témoigne avant tout d’une réelle défiance à l’égard du Conseil national de transition (CNT) qui, malgré ses victoires et les félicitations qu’il reçoit de nombre de pays «frères», va avoir bien du mal à gagner l’estime d’une partie des opinions publiques arabes. Pourtant, à la mi-février, quand les Libyens se sont soulevés contre Kadhafi, ils bénéficiaient d’un soutien presque unanime. A l’époque, l’effervescence révolutionnaire était contagieuse et la population de Benghazi était encore parée de toutes les vertus héroïques. Pourquoi alors un tel changement de perception? En voici les principales raisons.

1- L’intervention militaire de l’Occident ne passe toujours pas

On le sait, l’incapacité des rebelles du CNT à faire tomber le régime de Kadhafi —et même à sauver la ville de Benghazi d’une reprise par les troupes loyalistes— est à l’origine des frappes aériennes de l’Otan. Cette nouvelle donne a, pour nombre d’Arabes, transformé l’image des troupes du CNT de héros en supplétifs des troupes occidentales.
Jour après jour, au fil des bombardements aériens, la rébellion libyenne est devenue suspecte. Un peu comme si elle n’existait que pour être instrumentalisée par un Occident manipulateur et désireux de voir revenir ses armées en Afrique du Nord, près de cinquante ans après les indépendances.
A cela s’ajoute le soutien, certes efficace, mais certainement encombrant de Bernard-Henri Lévy. Dans une séquence comme seule la France officielle de Sarkozy semble capable d’offrir, on se souvient que c’est le «philosophe froufroutant», pour reprendre l’expression de l’éditorialiste algérien Selim, et non le Quai d’Orsay qui a convaincu le président français de reconnaître le CNT et d’accélérer le soutien militaire occidental aux anti-Kadhafi.
Or, exception faite de quelques cercles intellectuels, BHL n’est guère en odeur de sainteté dans le monde arabe, qui voit en lui un redoutable activiste pro-israélien (même son engagement pour la Bosnie n’a pas réussi à gommer cette image). D’ailleurs, les propos tenus par le philosophe français au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou à propos du CNT n’ont guère amélioré l’image de ce dernier dans le monde arabe. En juin dernier, BHL a ainsi affirmé que les membres du Conseil lui avaient assuré que le futur pouvoir libyen reconnaîtrait Israël. Des propos qui ont fortement embarrassé la direction du CNT, qui a été obligée de publier plusieurs démentis notamment via la chaîne qatarie Al Jazeera, l’un de ses plus grands soutiens.
Cela explique pourquoi les adversaires de l’intervention de l’Otan en Libye sont persuadés que la défaite de Kadhafi annonce la mise au pas de la Libye sur la question palestinienne. De quoi ôter toute crédibilité aux futurs dirigeants libyens, qui sont d’ores et déjà très attendus sur cette question.

2- Les intentions de l’Occident restent suspectes

La suspicion d’allégeance du CNT à l’Occident n’est pas près de disparaître, même avec la chute de Tripoli. Alors que même les anti-Kadhafi commencent à clamer «Otan go home» (Otan, rentre chez toi), les déclarations de nombre de pays membres de la coalition donnent du grain à moudre à celles et ceux qui qualifient l’intervention de l’Alliance Atlantique de néocoloniale.
Ainsi, le fait que la France se soit dite prête, mardi 23 août, à organiser prochainement à Paris une «conférence internationale de soutien à la Libye» ne fait qu’accroître les soupçons. Pourquoi une telle conférence (jamais envisagée pour la Tunisie ni l’Égypte) et de quel droit la France parle-t-elle aussi d’une «feuille de route pour l’après-Kadhafi»?
Idem en ce qui concerne les intentions d’autres pays européens, dont la Grande-Bretagne et l’Italie, de participer à la mise en place de nouvelles institutions libyennes. Selon la résolution 1973 de l’ONU, le mandat de l’Otan se limite à une intervention militaire aérienne pour empêcher les troupes loyalistes de s’attaquer aux populations civiles. Rien n’est dit sur une quelconque intervention dans les affaires politiques libyennes, voire sur un mandat en matière de reconstruction —à l’image de ce qui s’est passé pour l’Irak après la chute de Saddam Hussein en 2003.
De fait, l’idée que les pays occidentaux estiment qu’ils ont leur mot à dire sur la manière dont la Libye doit se réorganiser ne plaît pas qu’aux seuls anti-Kadhafi. Même dans les rangs des contempteurs du dictateur libyen, l’inquiétude commence à germer. Et si l’on assistait à une mise sous tutelle de facto? Là aussi, le CNT et ses membres sont très attendus et devront prouver qu’ils sont attachés à la souveraineté de leur pays.
La fausse capture de Seif al Islam, l’un des fils de Kadhafi, a prouvé que la rébellion libyenne sait déjà ce qui l’attend. A peine la (fausse) nouvelle connue, le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) a demandé son transfert. Une demande rejetée avec vigueur par les porte-paroles du CNT, qui ont très vite compris que répondre par l’affirmative ne pouvait que porter préjudice à la réputation de leur instance.

3- Mais le CNT, c’est qui?

Instance suprême de la rébellion libyenne, le Conseil national de transition n’est pas seulement critiqué parce qu’il a été soutenu par l’Occident. Depuis sa création le 27 février dernier, sa composition est scrutée avec attention et alimente nombre de polémiques. Il y a d’abord le fait que plusieurs de ses membres ont été des caciques du régime. C’est le cas par exemple de son président actuel, Mustafa Mohamed Abud Al Jeleil, ancien ministre de la Justice (2007-2011). Certes, l’homme a tenté de moderniser le système judiciaire de son pays et s’est élevé plusieurs fois contre les détentions arbitraires (il a même essayé de démissionner en 2010). Reste que lui et d’autres ont servi Kadhafi et qu’affirmer comme ils le font que ce dernier porte seul la responsabilité des crimes de son régime semble un peu facile.
De même, Mahmoud Jibril, que l’on considère aujourd’hui comme le ministre des Affaires étrangères de facto du CNT, a-t-il été l’un des hommes clé de l’ouverture économique libyenne pilotée par Seif al Islam à partir du milieu des années 2000. Jibril a ainsi été à la tête du National Economic Development Board de 2007 à 2011, instance qui a mené les privatisations et la libéralisation progressive de l’économie libyenne. Là aussi, la vocation révolutionnaire de ce spécialiste en stratégie économique que l’on dit aussi très proche des États-Unis ne convainc pas tout le monde.
A cela s’ajoute le fait que parmi les officiels qui ont rejoint très tôt le CNT, certains sont impliqués dans le scandale des infirmières bulgares, tandis que d’autres ont été pointés du doigt par des organismes internationaux de défense des droits de la personne humaine. Dès lors, on comprendra pourquoi le CNT a du mal à en imposer à des opinions publiques arabes qui restent convaincues que les révolutions se mènent par des hommes au passé vierge de toute compromission…

4 – Le spectre de l’islamisme

C’est le grand tabou, le thème que même Al Jazeera préfère éluder, elle qui ne cesse en ce moment d’accorder du temps d’antenne à Rashed Ghanouchi, le leader islamiste tunisien, et à ses pairs d’autres pays arabes.
C’est un fait: il semblerait que les islamistes libyens n’existent pas. On ne parle pas d’eux, on n’en fait pas mention. Quand il arrive qu’un journaliste pose une question à leur propos à un membre du CNT, ce dernier promet que le futur État libyen sera «civil» (cela n’empêche pas le projet de nouvelle Constitution de déclarer qu’il sera arabe et musulman, ce qui rend furieux les libyens berbérophones). Pourtant, il est établi qu’une grande partie des combattants rebelles sont des islamistes, dont certains avaient même pris les armes contre Kadhafi bien avant les révoltes de février 2011.
C’est cette réalité qui alimente aussi un autre type défiance à l’égard du CNT. En Algérie, mais aussi en Tunisie et même au Maroc, les adversaires de l’islamisme politique —qui ne portaient pas non plus Kadhafi dans leur cœur— se demandent si la rébellion ne va pas imploser en plusieurs factions avec un courant islamiste qui finira tôt ou tard par apparaître au grand jour. Une perspective qui inquiète, car contrairement à leurs homologues tunisiens, égyptiens ou même algériens, les islamistes libyens sont peu connus.
L’avenir dira s’ils seront finalement les grands gagnants de la chute de Kadhafi, et l’on se demandera alors si les Occidentaux avaient pris en compte le fait que cela risquait d’arriver…
Akram Belkaïd
Source : SlateAfrique

...Qui sont les rebelles du CNT?

Dimanche 28 août 2011

(....)
Pierre Piccinin professeur d'histoire et de sciences politiques en Belgique écrit à propos de la configuration ethnique libyenne: «La société libyenne, en effet, se structure en un ensemble de tribus, dont les intérêts divergent; et dont les alliances se recomposent en permanence. Ainsi, s'il est vrai que, au début des événements, le 17 février 2011 et durant les jours qui ont suivi, on a pu voir l'émergence d'une société civile s'exprimant lors de manifestations hostiles au colonel Kadhafi, ces mouvements sont néanmoins restés très limités et ont rapidement servi de prétexte aux soulèvements de chefs de clans, auxquels ils ont cédé la place, et lesquels ont plongé la Libye dans le chaos. De même, croyant leur heure arrivée, plusieurs mastodontes du régime se sont dressés contre leur ancien maître et ont pris le contrôle d'une partie de la rébellion. Qui sont ces rebelles que l'Occident, la France en tête, a pris le parti de financer, d'armer, d'appuyer par un soutien logistique et militaire inconditionnel, bien au-delà du mandat onusien qui appelait à la protection des populations civiles, mais en aucun cas au renversement du chef de cet État pétrolier?» (6)

L'avenir de la Libye: la curée et le retour au nomadisme

Il se passera ce qui se passe actuellement en Irak 50.000 GI's gardent les puits pendant que les Irakiens s'étripent à qui mieux mieux... Que les Occidentaux s'empressent de dégeler les fonds pour un gouvernement qui n'est pas encore admis à l'ONU et n'est pas de ce fait reconnu avec ses institutions est fait pour avaliser le fait accompli. Comment faire confiance à la plupart des dirigeants du CNT qui avaient tous émargé au râtelier de Kadhafi et ne s'étaient pas fait remarquer particulièrement par leur respect de la démocratie pendant le règne de Kadhafi. Certaines mêmes comme le président du CNT, s'occupaient de l'injustice du pouvoir.

« Il n'y aura pas la paix. (...) Mais la prise de Tripoli, écrit Pierre Piccinin, ne signifie pas nécessairement la fin de la guerre civile: la capitale, dans cette antithèse de l'Etat-nation qu'est la Libye, ne constitue pas un enjeu déterminant. Et la guerre, la guérilla, pourrait perdurer des années durant et ruiner le pays: les civils s'arment; chaque homme, chaque adolescent membre du clan, de la tribu, est un guerrier potentiel; (...) le CNT ressemble davantage à un repère de brigands ».(6)

« Ainsi, le président du CNT, Mustapha Mohammed Abud al-Jalil, était jusqu'il y a peu, ministre de la Justice de Kadhafi, dénoncé en décembre 2010 par Amnesty International comme l'un «des plus effroyables responsables de violations des droits humains en Afrique du Nrd». Bref, ce sera à qui mangera l'autre, s'ils parviennent à s'imposer par-delà les rivalités tribales et claniques. Troisième composante qui apparaît de plus en plus au grand jour, le mouvement islamiste: lUnion africaine avait déjà sévèrement dénoncé la tournure prise par les événements, condamnant le glissement des objectifs»(6)

Conclusion

Que reproche le «peuple libyen» à Kadhafi? D'avoir gouverné sans partage pendant plus de quarante ans, soit! Il n'a que trop duré! Il doit partir! Mais le peuple libyen a-t-il «manqué» de pain, de logement, d'électricité, de couverture sociale, d'école? Bref de tous les attributs d'une vie digne? Pratiquement tout est gratuit en Libye contrairement aux citoyens européens et américains qui galèrent sans certitude pour le lendemain. On le comprend sans peine, la destruction de la Libye est un des scénarios pour faire main basse sur les réserves pétrolières des pays arabes qui, pour leur malheur, possèdent du pétrole et des dirigeants qui s'installent au pouvoir pour l'éternité. Il est d'ailleurs,bien connu qu'ils quittent le pouvoir par l'émeute ou par la mort naturelle.

Ce qu'il y a de sûr, c'est que les pays occidentaux qui ont démoli la Libye vont très vite se laver les mains. Ce qui les intéresse, c'est de voler d'une façon ou d'une autre les 150 milliards de la Libye qu'ils vont se partager en proposant de reconstruire la Libye et vendre des armes au CNT, c'est aussi et surtout le pétrole, le gaz naturel et le gaz de schiste qu'ils vont siphonner d'une façon effénée d'autant que le pétrole, comme le pétrole algérien, sont des pétroles légers,très demandés...Cette manne va donner un sursis d'environ une vingtaine d'année à l'Occident (les 4 pays ayant participé à la curée). Nous verrons très rapidement les compagnies américaines les plus importantes (Exxon, BP, Total, ENI) se battre pour la répartition du butin.

S'agissant des pays arabes, ils vont successivement subir le même sort que la Libye-Même si Kadhafi contre toute attente, a donné une image de résistant au Nouvel Ordre mondial qui tranche avec son règne de potentat inamovible- au fur et à mesure de l'épuisement des réserves. Il est fort à parier que le Monde arabe ne représentera plus grand-chose à l'horizon d'une trentaine d'années. Ils retourneront à leur vocation de nomades comme au début du XXe siècle où le roi Ibn Saoud se plaignait à la France de la suppression de la «zakat»des Algériens qui n'étaient plus envoyée aux Lieux Saints aux pauvres de La Mecque et de Médine. Un proverbe saoudien est d'une brulante actualité: «Mon père chevauchait un chameau, je roule en cadillac, mon fils vole en jet, son fils chevauchera un chameau». Tout est dit.

S’agissant de l’'Algérie, si elle continue ainsi , elle va se positionner dans la même charrette que les potentats grassouillets du Golfe, du fait de l'échec multidimensionnel de sa gouvernance, notamment son système éducatif, -avec pour couronnement de la gabegie, la suppression de la formation d'ingénieurs qui fera de nous réellement des marchands, car nous allons être définitivement réfractaires à la technologie,- une errance énergétique, financière et diplomatique. Est-ce cela son destin? Doit-on baisser les bras?
 
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
extrait de l'article paru sur le blog http://www.mleray.info/     "NOUS SOMMES EN 2030 : Les Arabes reviennent au nomadisme."

L’OTAN réfléchit à un mariage avec Israël

samedi 27 août 2011
Israël souhaite participer aux guerres futures de l’OTAN à en juger par la teneur d’un télégramme diplomatique diffusé cette semaine par WikiLeaks.

Un garçon se tient au milieu des décombres à l’extérieur d’une école détruite dans la ville côtière de Zliten, à l’est de Tripoli, où un bombardement par des avions de l’OTAN, le 8 août, a tué 85 civils dont 33 enfants et 32 femmes. Cet acte barbare illustre bien les affinités existant entre l’OTAN et l’état sioniste...
 
Daté de novembre 2009, le document de l’ambassade étasunienne à Tel-Aviv résume un briefing donné par Claudio Bisorgniero, secrétaire général adjoint de l’OTAN, pendant sa visite en Israël.
À la sortie de l’entretien avec Avigdor Liebermann, ministre des affaires étrangères israélien, Bisorgniero a signalé qu’Israël souhaitait signer un Accord sur le statut des forces (SOFA), avec l’alliance. Un tel accord prévoit les règles régissant les troupes du pays lorsqu’ elles opèrent à l’étranger.
L’idée d’un SOFA (acronyme ridicule) entre Israël et l’Alliance est défendue par le lobby sioniste depuis quelques années. Moins de deux semaines avant la rédaction du télégramme, la publication politique Europe’s World a publié un article de Matthew Mark Horn du congrès juif américain sur les relations d’Israël avec l’OTAN. Il a indiqué qu’un accord sur le statut des forces permettrait à Israël de se joindre aux opérations de l’OTAN plus rapidement qu’il ne l’a fait jusqu’à maintenant. Horn, ancien officiel du département de la défense US a rongé son frein quand il a fallu deux ans de négociation avant qu’un officier Israélien ne puisse être détaché au siège de l’opération Active Endeavour à Naples. À l’origine, cette patrouille méditerranéenne faisait partie de la réponse de l’OTAN aux atrocités du 11 septembre 2001 ; sa mission avait été ultérieurement étendue pour lui permettre d’intervenir afin d’empêcher les étrangers pauvres de naviguer vers l’Europe.
« Question délicate »
Bisorgniero a qualifié l’idée israélienne concernant SOFA de « délicate ». Il a laissé entendre qu’il pourrait être difficile à l’OTAN de conclure un tel accord avec Israël à moins que des arrangements similaires puissent être passés avec certains pays arabes. Depuis 1994, l’OTAN a participé à un dialogue méditerranéen avec les états voisins de l’Alliance. Outre Israël, ces Etats comprennent l’Égypte, l’Algérie, la Tunisie, le Maroc, la Jordanie et la Mauritanie. Israël a toutefois utilisé ce forum de dialogue pour forger des liens avec l’Alliance plus étroits que ceux de tous les autres pays. Il est révélateur que le télégramme ne parle pas une seule fois de l’opération Plomb durci, attaque israélienne menée contre Gaza en 2008 et 2009. L’OTAN a donné son approbation tacite à cet acte d’agression au début de la même année. Lorsque Gabi Ashkenazi, chef militaire israélien, qui a supervisé Plomb durci, a visité Bruxelles en janvier, il a été invité à un dîner d’adieu pour marquer son départ imminent à la retraite en tant que chef de « l’armée la plus morale » du monde.
Aucun sentiment de culpabilité concernant les massacres
Sous la direction d’Ashkenazy, cette armée a tué 22 membres de la famille al-Dayah - dont deux enfants et une femme enceinte-lorsqu’elle a bombardé la maison de la famille à Gaza au début de 2009. Les commandants de l’OTAN se sont peut-être senti des affinités avec Ashkenazy ce mois-ci quand ils ont essayé d’excuser un massacre encore plus sanglant en Libye. La nuit du 8 août, l’OTAN a attaqué des zones résidentielles de Zliten, ville du district de Misrata. Selon les autorités libyennes, il y a eu 85 victimes dont 33 enfants et 32 femmes selon certains rapports.
Si vous n’avez pas entendu parler de ce massacre ne vous frappez pas ; c’est à peine s’il a été mentionné dans la presse occidentale. Matthew Price s’est rendu sur le site de l’attaque et il a admis avoir vu des corps de femmes et d’enfants à la morgue. Mais il a également essayé de valider la version de l’OTAN selon laquelle la cible frappée était légitime (selon l’expression du propagandiste Roland Lavoie) puisque les partisans de Kadhafi s’y étaient réfugiés. « Le front n’est pas loin » disait Price. « On peut voir des fumées blanches monter du site où les combats ont eu lieu. Il serait logique que les soldats aient besoin de se reposer quelque part dans la zone ». Les commandants de l’OTAN et ses laquais dans les médias n’éprouvent même pas le moindre remords d’avoir assassiné des enfants. Il serait donc logique que l’OTAN s’assure que son flirt avec Israël conduise à un mariage en bonne et due forme.
David Cronin
* David Cronin est l’auteur de Europe’s Alliance With Israel : Aiding the Occupation (Pluto Press, 2011). Il a notamment écrit pour The Guardian, The Wall Street Journal Europe, European Voice, the Inter Press Service, The Irish Times et The Sunday Tribune. Militant politique, il a essayé de procéder à l’arrestation citoyenne de Tony Blair et d’Avigdor Lieberman pour crimes contre l’humanité.
Source :  Info-Palestine.net