lundi 13 mai 2013

Bangladesh - Les sociétés mondiales et l’écroulement d’un immeuble du Rana Plaza

Le seul moyen de mettre un terme à cette perte tragique de vies et de santés est une lutte unifiée des travailleurs d’Asie, d’Europe, d’Amérique et du monde pour en finir avec le système capitaliste obsolète et établir une économie socialiste planifiée rationnellement au niveau mondial et qui satisfasse les besoins urgents de l’humanité.

Deux semaines après l’écroulement du bâtiment du Rana Plaza, les géants de la distribution qui font produire leur vêtements au Bangladesh, comme Walmart, Primark, Benetton et d’autres, se sont engagés dans une opération cynique de relations publiques dans le but de prendre leurs distances vis-à-vis de cette tragédie et de préserver leur image et leurs profits.
Le 7 mai, le bilan des victimes avait atteint 705 morts et des centaines de blessés, faisant de cet écroulement la pire catastrophe industrielle de l’histoire du pays et une des pires qui se soit jamais produites dans le monde. Le Rana Plazza est typique de milliers d’ateliers de misère mal construits et dangereux du Bangladesh, employant des ouvriers à 38 dollars par mois pour produire en masse les commandes de certaines des plus importantes sociétés dans le monde.
Une opération médiatique bien orchestrée s’est mise en route dès que la nouvelle de la catastrophe a commencé à se répandre le 24 avril. Les services de relations publiques bien dotés des sociétés directement ou indirectement impliquées ont publié des déclarations exprimant leur « choc » et leur « tristesse » devant les vies perdues. La plupart ont tenté de nier tout rapport avec les cinq usines de vêtements situées dans le bâtiment, sans aucun doute conseillés par leurs services juridiques, également bien équipés. Quelques-uns ont reconnu leurs rapports avec les fournisseurs du Rana Plaza.
Ces larmes de crocodile et déclarations exprimant le « choc » sont tout à fait hypocrites. La raison même pour laquelle certaines des marques internationales les mieux connues font produire leurs marchandises au Bangladesh, est que ce pays a les coûts les plus bas – non seulement en termes de salaire mais aussi pour ce qui est des frais généraux, dû au manque de réglementation. La sécurité et les normes de construction n’existent en grande partie que sur le papier, étant donné que le gouvernement utilise très peu d’inspecteurs pour faire appliquer les normes et ce, dans un pays qui est notoire pour sa corruption et le paiement de pots-de-vin.
De nombreuses sociétés montrent en façade qu’elles s’inquiètent des conditions en établissant pour leurs fournisseurs des règles soutenues par un système d’« audits » prétendument pour assurer que les normes soient remplies. La réalisation d’audits de sécurité et des conditions de travail est devenue une industrie en soi, dans laquelle sont engagées les ONG (organisations non gouvernementales). Les règles sont ignorées et les commandes généralement données en sous-traitance à des ateliers de misères plus petits. Les audits ne représentent guère plus que des embêtements occasionnels, les producteurs réduisant les coûts afin de respecter le prix demandé.
Un groupe de suivi, Business Social Compliance initiative, opérant à partir de Bruxelles a admis que ses auditeurs avaient approuvé deux des usines de vêtement du Rana Plaza pour leurs clients. Le bon état structurel du bâtiment ne se trouvait tout simplement pas sur la liste de contrôle.
L’amplitude même de la catastrophe du Rana Plaza, qui a horrifié les gens dans le monde entier, a forcé certains géants de la distribution à envisager de faire des affaires ailleurs. Le New York Times a souligné la semaine dernière que la société Walt Disney, le plus important donneur de licence au monde grâce à des ventes annuelles de plus de 40 milliards de dollars, avait émis une directive en mars demandant de mettre fin à la production de produits griffés au Bangladesh et dans d’autres pays. Des produits Disney avaient été trouvés dans les ruines de la fabrique de mode Tazreen qui fut détruite par le feu en novembre dernier, tuant 112 ouvriers.
À l’époque, l’incendie était la pire catastrophe industrielle du pays. Cependant, la directive de Disney de se retirer du Bangladesh était une décision purement commerciale. Le coût infligé à son image en tant que société dépassait tout simplement l’impact relativement faible sur ses profits, étant donné que seule une très faible partie de sa production est produite au Bangladesh. Dans sa déclaration, Disney annonça que la production serait progressivement retirée sur une période de plus d’un an. Cela laissait la porte ouverte à un retour, si les usines commençaient à coopérer avec le programme Better Work dirigé par l’Organisation internationale du travail (OIT) et la Société financière internationale, une structure de la Banque mondiale.
Les sociétés qui ne sont pas financièrement en mesure de se retirer on requis les services de l’OIT, des syndicats et de diverses ONG pour faire pression sur le gouvernement du Bangladesh et sur les producteurs afin qu’ils entreprennent des transformations superficielles. La semaine dernière, la BEGMA, l’Association des producteurs et exportateurs de vêtements du Bangladesh qui veut à tout prix garder ses clients internationaux, a rencontré des représentants de quarante acheteurs parmi lesquels H&M, JC Penny, Gap, Nike, Li & Fung et Tesco. Elle promit d’effectuer des inspections de construction de tous ses membres.
Certaines sociétés comme Primark promettent de payer des indemnité à hauteur d’environ 1200 dollars pour chacune des familles des victimes de la catastrophe du Rana Plaza. Walmart qui était directement impliqué dans la catastrophe du Tazreen Fashion, a refusé de payer ce qui représente le prix du silence, mais a fait un don de 1,6 millions de dollars envers un programme de formation à la sécurité incendie au Bangladesh. Ces sommes sont dérisoires est sans aucun doute calculées grâce aux méthodes de l’analyse coûts/bénéfices utilisée par Disney pour parvenir à sa décision.
L’Union européenne, (UE) agissant au nom des distributeurs européens a publié une déclaration la semaine dernière menaçant de retirer au Bangladesh l’accès commercial préférentiel aux marchés de l’UE. La dirigeante de la politique extérieure de l’UE, Catherine Ashton et le commissaire européen au commerce, Karel De Gucht, ont déclaré que l’UE envisageait une « action appropriée » afin d’inciter à la gestion responsable des chaînes d’approvisionnement dont font partie les pays du tiers monde. Quelque 60 pour cent des exportations de vêtements du Bangladesh vont en Europe.
La posture adoptée par l’UE n’a rien à voir avec une amélioration du sort des travailleurs du Bangladesh. Les responsables de l’UE ont déclaré au Financial Times que le fait de retirer la préférence commerciale serait une « mesure extrême » dont il était improbable qu’elle soit prise. Comme l’a dit un des responsables de la Commission européenne à ce journal, la déclaration adressé aux autorités du Bangladesh ne l’a été que pour « leur mettre un peu le feu sous les pieds ».
Si la préférence commerciale était retirée, ou si des grandes sociétés suivaient l’exemple de Disney, l’effet sur l’économie du Bangladesh serait catastrophique. L’industrie du vêtement représente environ 80 pour cent des exportations du pays et plus de trois millions d’ouvriers sont directement employés dans cette industrie. Beaucoup perdraient leur emploi, aggravant la pauvreté très répandue qui afflige déjà les masses du Bangladesh.
De plus, tout mouvement hors du Bangladesh de la part des sociétés ne se ferait qu’en direction d’une autre zone de travail à bon marché avec des coûts encore plus bas. On vante la Birmanie (Myanmar) comme une alternative possible où le régime dominé par l’armée garantirait une main-d’œuvre docile et peu de réglementation. La ruée pour satisfaire la nouvelle demande assurerait que des bâtiments soient construits à toute vitesse d’une façon tout aussi chaotique et bâclée. D’autres possibilité seraient le Pakistan ou près de 300 ouvriers sont morts dans l’incendie d’une usine de vêtement de Karachi en septembre dernier, ou encore les ateliers de misère de pays comme le Sri Lanka, le Cambodge ou Haïti.
Loin d’améliorer les normes de sécurité et les conditions de travail, les sociétés géantes sont engagées dans une concurrence féroce contre leurs rivales et qui s’intensifie dans le cadre de l’effondrement mondial du capitalisme. La course incessante aux profits mine la santé, la sécurité et le niveau de vie non seulement des ouvriers des pays en voie de développement mais aussi des nations économiquement avancées. Le seul moyen de mettre un terme à cette perte tragique de vies et de santés est une lutte unifiée des travailleurs d’Asie, d’Europe, d’Amérique et du monde pour en finir avec le système capitaliste obsolète et établir une économie socialiste planifiée rationnellement au niveau mondial et qui satisfasse les besoins urgents de l’humanité.
Peter Symonds
WSWS https://www.wsws.org/fr/articles/2013/mai2013/pers-m10.shtml
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ICIA (Inflation, Corruption, Insécurité et Autoritarisme) pour déstabiliser l’Amérique Latine

L’ICIA est un sigle qui pourrait synthétiser l’offensive actuelle des secteurs les plus conservateurs de la société sud-américaine. Il condenserait les étendards supposés « d’une lutte » des classes privilégiées, historiquement privilégiées, contre les avancées progressistes et démocratisantes promues surtout par les gouvernements d’Hugo Chávez, de Cristina Kirchner, d’Evo Morales et de Rafael Correa.
Les petits étendards de l’ICIA (« Inflation », « Corruption », « Insécurité » et « Autoritarisme ») forment le quadrilatère réactionnaire, oligarchique et droitier qui oriente les discours et les actions d’une partie de l’opposition de la région. On doit attirer l’attention sur le fait que le degré de « sensibilité » de ces quatre variables a une relation forte avec deux agents principaux :
1) les grands conglomérats industriels, financiers et commerciaux, contrôlés justement par les classes privilégiées et le capital étranger ; et
2) les médias hégémoniques, qui sont aussi sous l’intervention des élites locales et des multinationales.
On remarque que chacun de ces deux agents ont influencé de façon décisive la plus ou moins grande « gravité » de ces quatre problèmes. Les premiers, les groupes économiques, au fur et à mesure qu’ils contrôlent de vastes parts de marchés, tiennent un rôle crucial dans la détermination des prix des produits en bout de chaîne. En plus de cela, par le biais de l’accaparement et de la spéculation, ils peuvent générer le désapprovisionnement des biens, la pénurie et l’augmentation des prix qui en découle. Une telle « recette pour le chaos » a aidé à démolir le gouvernement de Salvador Allende en 1973. L’absence de produits dans les supermarchés et l’accroissement des prix de biens basiques comme le lait, le sucre, le riz et la farine, ont suscité des degrés d’insatisfaction sociale et la diminution de la popularité du gouvernement. C’est ce qui se trame, à des degrés relativement différents, au Venezuela, en Bolivie, en Équateur et en Argentine.
D’un autre côté, et de façon complémentaire, ces mêmes éléments déstabilisateurs résistent aux contrôles publics qui essaient d’agir contre leurs postures criminelles. Les grands conglomérats économiques accusent les gouvernements interventionnistes d’être autoritaires, adeptes de Hitler et de Mussolini. Ils hurlent contre l’action de l’État sur les taxes sur les profits, les taux d’intérêt, les taux de change, l’accès aux dollars et l’amélioration des conditions de vie des travailleurs. Leur argument central est le supposé « libre marché », qui est en vérité un rideau de protection pour la liberté de manœuvre de puissants groupes économiques.
La planification gouvernementale est traitée comme un « interventionnisme exagéré », un retour au « populisme irresponsable » ou, même, comme une « dictature castro-chaviste-communiste ». Sont déprimantes l’ignorance, la méconnaissance, et la culture de la haine présentes dans les manifestations et les concerts de casseroles des secteurs de l’opposition. Tout rappelle les momies chiliennes qui ont célébré le coup d’État d’Augusto Pinochet. Ils utilisent des concepts de façon primaire, composent des discours incompréhensibles déterrant des termes de la Guerre Froide contre la « menace rouge » et les « guérilleros marxistes ». Leur refrain favori est le quatuor ICIA.
Ceux qui manient un peu mieux les concepts affirment que retourner au national-développementisme des années trente, quarante et cinquante du siècle dernier est une très grave erreur. En réalité, ils proposent d’aller encore plus loin en arrière. Ils rêvent au premier libéralisme que le maître Adam Smith a si bien présenté, il y a 250 ans. Il est notoire que l’instauration du monde libéral qui a pu faire partie un jour des rêves des "honnêtes citoyens", s’est , depuis David Ricardo, transformée en proposition malfaisante, en théorie hypocrite, au seul bénéfice des plus grands et des plus forts. L’Allemand Friedrich List s’est rendu compte de cela et l’a dénoncé il y a 170 ans. Depuis cette époque même un perroquet n’y croirait pas.
En même temps, les puissants monopoles de désinformation et d’aliénation des masses, contrôlés par deux ou trois familles de nos pays, sont devenus les caisses de résonance de la « corruption » et de l’ « insécurité ». De cette façon, les quatre roues du carrosse de l’opposition deviennent des vérités, des preuves, des plaintes. Dans une action orchestrée, ils imposent l’ICIA. C’est pourquoi, en réalité, ce sont les médias qui sont autoritaires et qui torpillent la liberté d’expression. Ils se sont auto-proclamés défenseurs de la liberté individuelle, gardiens de la justice et des droits citoyens. mais ce sont les mêmes médias hégémoniques qui ont été créés et qui se sont tus pendant les dictatures militaires.
Pour défendre leurs intérêts économiques inavouables, ils dénoncent l’existence d’une « inflation galopante », la « plus grande corruption de l’histoire », « l’autoritarisme croissant » et « l’insécurité insupportable ». C’est la formule pour le chaos du XXIe siècle, fille du mariage entre monopoles économiques et monopoles de la communication. On l’observe, à des degrés divers, en Argentine, au Venezuela, en Bolivie et en Équateur. Au Brésil, cette campagne médiatique s’est déclenchée très nettement contre l’ex-président Lula. Les hésitations et les concessions croissantes du gouvernement de Dilma Rousseff aux grands groupes économiques nationaux et internationaux, maintiennent une paix aparente, seulement troublée par les pamphlets porte-parole de Washington qui circulent dans nos kiosques.
Enfin, il est fondamental que nous nous demandions jusqu’à quel point un gouvernement peut contrôler les niveaux d’inflation, d’insécurité et de corruption dans des économies si concentrées et avec une présence si importante des multinationales étrangères. Avec l’accaparement et la spéculation on génère de l’inflation et une croissance des taux d’intérêt, comme façon d’enrichir le système financier. Avec des actions terroristes et conspiratrices, avec des playboys brûlant des pneus et armés au volant, la violence augmente et avec elle, les degrés d’insécurité, jusqu’à des niveaux « intolérables ». Avec des shows de dénonciations et un pilonnage TV, radio, magazines et journaux on présente un climat de « corruption répandue partout » comme du « jamais vu ». Toute action de l’État pour faire face à l’inflation, à l’insécurité et à la corruption est appelée autoritarisme par les grands médias.
Par conséquent, il faut se demander jusqu’à ce quel point les niveaux de mesure de ces quatre variables répondent à l’influence des médias. Et jusqu’à quel point la perception par l’opinion de ces quatre problèmes est dirigée par les monopoles médiatiques. De notre point de vue, la conclusion est : il n’y a pas de façon d’avancer dans des processus progressistes, populaires et démocratisants sans la destruction de ces deux types de monopoles privés. Parce que, bien que cette combinaison de quatre facteurs que nous nommons ICIA soit éthérée, gazeuse et superficielle, elle a imposé des difficultés et généré des freins considérables aux processus progressistes.
La destruction de ces monopoles privés, économiques et médiatiques, est indispensable et génère une frayeur dans les élites et le capital étranger. Pour cette raison on critique de façon si forte toute tentative de développement du contrôle du pouvoir public, de l’État, sur ces deux structures. Plus vite les gouvernements progressistes s’apercevront de la gravité de cette situation et plus vite ils mettront en place des actions démocratisantes, plus grandes seront ses chances de succès. D’un autre côté, continuer à financer ces monopoles avec d’immenses et croissantes sommes d’argent public, en plus d’être un crime de trahison nationale, peut être considéré comme se tirer une balle dans le pied.
Luciano Wexell Severo
Traduit de l’espagnol pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi http://www.elcorreo.eu.org/ICIA-pour-destabiliser-l-Amerique-Latine
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La Syrie détruit les illusions dominatrices d'Israël….les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l'agression contre la Syrie, après s'être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama.

En coordination avec leurs amis émiratis, qataris, saoudiens et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l'agression contre la Syrie, après s'être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama. Les chambres d'opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie.
Les centres de recherche israéliens ont estimé que les événements en Syrie ont imposé des changements stratégiques en faveur d'Israël. Les dirigeants sionistes se sont imaginés avoir éliminé les résultats des victoires de la Résistance au Liban et en Palestine, qui a imposé de nouvelles équations dissuasives stratégiques, surtout depuis la défaite d'Israël, en 2006.
Conformément à cette évaluation, les services israéliens se sont impliqués dans la guerre contre la Syrie en exécutant des opérations de sabotage contre le système de défense nationale syrien, et ont directement appuyé les groupes terroristes dans l'hinterland syrien. Dans le même temps, les troupes israéliennes s'activaient ouvertement sur la ligne de démarcation au Golan pour apporter des facilités aux terroristes et leur offrir une protection. En coordination avec leurs amis émiratis, qataris, saoudiens et jordaniens, les Israéliens sont devenus des partenaires à part entière dans l'agression contre la Syrie, après s'être réconciliés avec la Turquie, sous le parrainage du président américain Barak Obama. Les chambres d'opération installées sur le territoire turc jouent un rôle de premier plan dans la destruction de la Syrie.
C'est dans ce climat que les dirigeants israéliens ont organisé une série de manœuvres et d'entrainement militaires dans des buts offensifs contre le Liban et la Syrie et ont mené des exercices conjoint avec des troupes turques, jordaniennes et de pays du Golfe, avec la participation de troupes de l'Otan. Les prémices d'une vaste intervention militaire en Syrie sont apparus à l'horizon, après l'exhumation du prétexte des armes chimiques.
Cependant, la Syrie, grâce à son armée et à ses alliances régionales et internationales, a fait montre d'une grande immunité et résilience face aux projets d'intervention militaires. L'Occident et ses auxiliaires sont alors passés à une autre forme d'agression, et les raids aériens israéliens contre Damas ont constitué un test sur les capacités d'Israël à intervenir d'une manière permanente en Syrie sous une couverture américaine offerte par Obama en personne. Une sorte de guerre par procuration, car les Etats-Unis sont incapables de s'aventurer dans de nouveaux conflits après leur défaite en Irak et en Afghanistan. D'ailleurs, à cause des nouveaux rapports de force, Washington est plus enclin à conclure des compromis et à accepter l'accord de Genève sans conditions préalables.
La réponse stratégique syrienne aux raids israéliens va renforcer les rapports de forces au détriment d'Israël. La situation sera encore plus favorable pour l'axe de la résistance qu'elle ne l'était avant le début de la guerre mondiale contre la Syrie, il y a deux ans. Cette riposte se base sur le concept qui consiste à transformer la menace en opportunité, comme l'a si bien dit le leader de la Résistance, sayyed Hassan Nasrallah. Cette réponse repose sur des changements structurels des équilibres qui sous-tendent le conflit israélo-arabe: 1-Renforcement des capacités de dissuasion de la Résistance, après la décision syrienne de lui fournir des armes qualitatives, capables de changer le rapport de force avec Israël. 2-Lancement d'une résistance populaire pour la libération du Golan, qui bénéficiera de l'expérience, du soutien et des capacités de la Résistance libanaise. 3-Les instructions données aux forces stratégiques syriennes de riposter immédiatement, sans besoin de revenir au commandement suprême, à toute nouvelle agression israélienne. 4-La riposte syrienne a pavé la voie à une nouvelle ère dans la lutte nationale armée du peuple palestinien, à travers l'ouverture du front du Golan.
Dans une tentative désespérée de freiner ces changements dans les rapports de force, la Turquie est entrée en lice. Ankara tente d'instrumentaliser les attentats de la localité de Rihaniya, accusant la Syrie d'en être responsable, avant même la fin de l'enquête. Cette action montre que la coordination entre la Turquie et Israël a atteint des niveaux élevés. Mais là aussi, la riposte de l'axe de la Résistance et de ses alliés était rapide. la Russie a très vite réagi en affirmant que les accusations contre la Syrie visent à torpiller la conférence internationale sur la Syrie, convenu entre Moscou et Washington.
Puis le ministre syrien de l'Information a accusé le gouvernement turc d'avoir transformé les régions frontalières en sanctuaire pour le terrorisme international. Ankara facilite le trafic d'armes, d'explosifs, de voitures piégées, d'argent et de criminels à destination de la Syrie. Par conséquent, a ajouté Omrane al-Zohbi, le gouvernement turc et son chef assument un responsabilité directe, politique et morale, vis-à-vis des peuples turc et syrien, dans les violences qu'ils subissent. "La Syrie n'a pas commis et ne commettra jamais un tel acte car nos valeurs ne nous le permettent pas", a assuré le ministre, appelant au départ du Premier ministre turc Recep Tayyeb Erdogan, responsable, selon lui, des malheurs qui frappent la Syrie.
Ghaleb Kandil
Tendances de l’Orient

Egypte : la gravité de la crise pousse les travailleurs à se battre pour la réhabilitation du rôle du secteur public

Les luttes sociales en Egypte sont un peu éclipsées par les luttes politiques entre les tenants des idéologies obscurantistes et les défenseurs d’un système démocratique basé sur la séparation entre la religion et l’Etat.
Mais ces luttes sont intenses.
Les travailleurs mènent de façon opiniâtre leur combat pour exiger de meilleures conditions de travail et une vie plus digne. Rassemblements et manifestations, arrêts de travail et grèves de la faim se poursuivent sans discontinuer depuis deux ans. Tous les secteurs sont touchés : agriculture, industrie, transport, finances …
Dans de nombreux cas les protestations ont été réprimées par la police. Des heurts opposent les travailleurs aux forces répressives. Ce sont les travailleurs qui pâtissent le plus d’une crise économique qui secoue l’Egypte avec une force inégalée. C’est pour cette raison qu’ils sont décidés à ne plus reculer. Ils n’ont plus le choix. Ils sont touchés par des compressions à mort. Ils sont donc obligés de réagir. Leurs familles ont faim. Ils ont du mal à soigner leurs enfants et à joindre les deux bouts pour « survivre ».
L’Egypte a subi, depuis quelques années, dans un programme de privatisation à tout va qui a affaibli considérablement le secteur d’Etat. Des initiatives sont entreprises actuellement par des travailleurs et des syndicalistes pour remettre sur le devant de la scène le secteur public. Les travailleurs de l’entreprise de textile à Tanta (capitale du gouvernorat de Gharbeya) ont organisé une conférence pour exiger le retour du secteur public.
De nombreux militants des droits de l’homme, des dirigeants syndicaux et des hommes politiques, entre autres, le candidat aux dernières présidentielles, Khaled Ali, s’affirmant de gauche, ont soutenu les travailleurs dans leurs revendications. Lors des débats, les participants sont revenus sur les jugements prononçant la nullité des contrats de ventes de l’entreprise de tissus de Tanta, de la société de filage de Shebin El-Kom et de la société d’égrenage du coton de Zefti (Basse Egypte) et leur retour au secteur de l’Etat.
Diverses autres questions ont été abordées, entres autres la lenteur du gouvernement dans l’application de ces jugements et les appels introduits pour sauvegarder les intérêts des investisseurs.
Les ventes de ces entreprises, sous l’ère de l’ancien président Moubarak, s’étaient déroulées dans des conditions opaques et furent contestées par le Centre égyptien pour les doits économiques et sociaux (ECESR). Cet organisme a estimé que l’Etat a cédé ses entreprises en contrepartie de sommes ridicules, bien inférieures à la valeur réelle de leur biens immobiliers et terrains.
Alger Republicain