samedi 30 juillet 2011

Norvège : La lutte contre la droite populiste et raciste doit être engagée

27 juillet 2011
Aslak Sira Myhre est un écrivain norvégien, directeur de la Maison de Littérature d’Oslo et ex-dirigeant de l’Alliance Électorale Rouge norvégienne. Il livre ici ses réflexions sur la récente tragédie norvégienne impliquant un militant de la mouvance d’extrême droite.

Comme d’autres habitants d’Oslo, j’ai déambulé dans les rues et les immeubles attaqués. J’ai même visité l’île dans laquelle furent massacrés les jeunes activistes politiques. Je partage le sentiment de peur et de douleur qui frappe mon pays. Mais la question demeure « pourquoi ? ». Car cette violence n’était pas aveugle.
La terreur en Norvège n’est pas venue d’extrémistes islamistes. Ni de l’extrême gauche, bien que tous deux aient été accusés à plusieurs reprises de constituer une menace interne pour « notre mode de vie ». Jusqu’à aujourd’hui, y compris avec les terribles heures vécues cet après midi du 22 juillet, le peu de terrorisme qu’a connu mon pays est toujours venu de l’extrême droite.
Pendant des décennies, la violence politique dans ce pays a été le privilège exclusif des néonazis et d’autres groupes racistes. Dans les années ’70, ils ont posé des bombes contre des librairies de gauche et contre une manifestation du Premier Mai. Dans les années ’80, deux néonazis ont été exécutés par leur compères, soupçonnés d’avoir trahis leur groupuscule. Au cours de ces deux dernières décennies, deux jeunes norvégiens d’origine immigrée sont morts suite à des agressions racistes. Aucune organisation étrangère n’a tué ou blessé des personnes sur le territoire norvégien, à l’exception du Mossad, les services secrets d’Israël, qui a assassiné par erreur un innocent à Lillehammer en 1973.
Pourtant, malgré ces antécédents éloquents, lorsque cet acte terroriste dévastateur nous a frappé, les soupçons se sont immédiatement portés sur le monde musulman. C’était forcément des « djihadistes ». Cela ne pouvait être qu’eux.
On a immédiatement dénoncé une attaque contre la Norvège et contre « notre mode de vie ». Dès que la nouvelle a été connue, des jeunes femmes portant le foulard ou le hijab et d’apparence arabe ont été verbalement agressées dans les rues d’Oslo.
Et c’est « naturel ». Depuis au moins 10 ans, on nous raconte que la terreur vient de l’orient. Qu’un arabe est, par définition, un suspect. Que tous les musulmans sont marqués par l’intégrisme. Nous voyons régulièrement comment la sécurité aéroportuaire examine les gens de couleur dans des pièces spéciales. Il y a des débats infinis sur les limites de « notre » tolérance. Dans la mesure où le monde musulman s’est transformé en « l’Autre », nous avons commencé à penser que ce qui distingue « eux » de « nous », c’est la capacité de tuer des civils de sang froid.
Il y a également, il faut le dire, une autre raison pour laquelle tout le monde s’attendait à ce qu’al-quaïda soit derrière l’attentat. La Norvège participe à la guerre en Afghanistan depuis dix ans, depuis quelques temps nous intervenons également en Irak et nous larguons en ce moment des bombes sur Tripoli. Quand on participe depuis si longtemps à des guerres à l’étranger, il peut arriver un moment où cette guerre vient vous rendre visite à domicile.
Mais il y a plus. Alors que nous savons tout cela, la guerre fut à peine mentionnée quand nous avons souffert de l’attaque terroriste. Notre première réponse frisait l’irrationalité ; cela devait être « eux », parce qu’ils sont ce qu’ils sont. Moi je craignais que la guerre que nous livrons à l’étranger pouvait arriver un jour en Norvège. Que se passerait-il alors dans notre société ? Qu’arriverait-il avec notre tolérance, dans nos débats publics et, surtout, avec nos immigrés et leurs enfants nés en Norvège ?
Mais ce ne fut pas ainsi. Une fois de plus, le cœur des ténèbres se trouve au plus profond de nous-mêmes. Le terroriste est un homme blanc nordique. Ce n’est pas un musulman mais bien un islamophobe.
Dès que les choses ont été clarifiées, la boucherie est subitement devenue l’œuvre d’un fou. On a cessé de la voir comme une attaque contre notre société. La rhétorique et les titres des journaux ont tout de suite changé. Plus personne ne parle de « guerre ». On parle d’un « terroriste », au singulier et non plus au pluriel. Un individu particulier, et non un groupe indéfini facilement généralisable afin d’inclure des sympathisants ou quiconque entrant dans les préjugés fantaisistes et arbitraires, si commodes lorsqu’il s’agit de musulmans.
Cet acte terrible est maintenant officiellement une tragédie nationale. La question est : les choses auraient-elles été identiques si l’auteur aurait été un fou, certes, mais un fou musulman ?
Je suis, moi aussi, convaincu que l’assassin est fou. Pour chasser et exécuter des adolescents sur une île pendant une heure, il faut vraiment être cinglé. Mais, de même que dans le cas du 11 septembre 2001 ou dans le cas des bombes dans le métro de Londres, il s’agit d’une folie au service d’une cause, une cause tout aussi clinique que politique.
Quiconque a consulté les pages Web de groupes racistes, ou suivi les débats en ligne sur les sites internet des journaux norvégiens se sera rendu compte de la furie et de la rage avec laquelle se diffuse l’islamophobie, la haine vénéneuse avec laquelle des auteurs anonymes crachent contre les « idiots utiles » progressistes et antiracistes et contre toute la gauche politique. Le terroriste du 22 juillet participait à ces débats. Il a été un membre actif d’un des deux grands partis politiques norvégiens, le parti populiste de droite « Parti du Progrès Norvégien ». Il l’a quitté en 2006 pour rejoindre la communauté des groupes anti-musulmans sur internet.
Quand le monde croyait que le massacre était l’œuvre du terrorisme islamiste international, tous les hommes d’Etat, d’Obama jusqu’à Cameron, ont déclaré qu’ils étaient aux côtés de la Norvège dans leur lutte commune contre le terrorisme. Et maintenant, en quoi consiste la lutte commune ? Tous les dirigeants occidentaux ont le même problème à l’intérieur de leurs frontières. Vont-ils livrer avec la même vigueur une guerre contre la montée de l’extrémisme de droite, contre l’islamophobie et contre le racisme ?
Quelques heures après l’explosion de la bombe, le premier ministre norvégien, Jens Stoltenberg, a déclaré que notre réponse à l’attaque devait être plus de démocratie et plus d’ouverture. Si l’on compare avec la réponse de Bush face aux attaques du 11 septembre, il y aurait des raisons de se sentir orgueilleux.
Mais après la plus terrible expérience qu’ait connue la Norvège depuis la Seconde guerre mondiale, j’aimerai que l’on aille plus loin. Il est nécessaire de s’appuyer sur cet événement tragique afin de lancer une offensive contre l’intolérance, le racisme et la haine, qui sont en croissance, non seulement en Norvège et en Scandinavie, mais dans toute l’Europe également.
ASLAK SIRA MYHRE
Traduction française pour le site
www.lcr-lagauche.be
Source : Investig'Action

L'ONU et la famine en Afrique de l'Est.

27 juillet 2011
Les larmes de crocodile se sont mises à couler le long des joues de gens comme Anthony Lake, ex-candidat des démocrates pressenti pour diriger la CIA, et devenu Directeur Général de l'UNICEF (avril 2010, NDT), alors que 15 millions de personnes souffrent de famine dans la Corne de l'Afrique.


Les larmes de crocodile versées sur l’épidémie
 de famine

Tony Lake demande au monde entier d'envoyer des dizaines, non, des centaines de millions de dollars pour sauver de la famine les populations d'Ethiopie et de Somalie, sans jamais signaler que la majorité d'entre eux, quelque 10 millions de personnes, qui habitent dans les régions d'Ogaden et d'Oromie sont soumis par l'armée éthiopienne à un blocus de l'aide alimentaire financée par les pays occidentaux.

Ne vous fiez pas seulement à ce que je vous dis sur l'ampleur de l’épidémie de famine, jetez un coup d'œil rapide sur la carte de l'ONU des régions touchées par la sècheresse concernant la Corne de l'Afrique, vous verrez que pratiquement toute la région du sud de l'Ethiopie est concernée, ce qui correspond à 20 millions de personnes.

Cinq autres millions de personnes, peut-être davantage, souffrent de la famine en Somalie. Les dirigeants des organismes d'aide alimentaire répugnent à reconnaître qu'un million, voire plus, de ceux qui meurent de faim sont les réfugiés qu'ont produits l'armée éthiopienne et celle de l'Union Africaine, financées par l'ONU, qui envahissent et occupent la Somalie depuis 2006. Ces mêmes réfugiés à qui des gens comme Tony Lake avaient réduit de 70% les rations minimum de survie pour cause de "manque de financement" (par les dons des pays "riches", NDT) avant que toutes les larmes de crocodile ne se mettent à couler.


Depuis 2008, depuis la défaite et le retrait des troupes éthiopiennes qui avaient envahi la Somalie en 2006, l'ONU et sa branche militaire de l'Union Africaine sont intervenues directement dans le cadre de la "guerre contre le terrorisme" en Somalie sous la forme d'un déploiement de 10.000 troupes, majoritairement venues de l'Ouganda.


Ces 3 dernières années, l'armée ONU/UA a détruit plus de la moitié de Mogadiscio, l'ancienne capitale de la Somalie. Plus de 75 km2 de Mogadiscio ont été rayés de la carte par l'artillerie lourde, les tirs de mortiers, les tanks et les hélicoptères d'attaque utilisés par l'armée ougandaise.

 

Au cours de ces trois dernières années, quelque 500.000, voire plus, habitants de Mogadiscio ont dû fuir pour échapper à la mort à cause de l'offensive impitoyable de l'armée ONU/UA, rejoignant, ainsi, le demi-million de réfugiés qu'avait générée l'invasion éthiopienne.

La sècheresse qui ravage la Corne de l'Afrique dure déjà depuis quatre ans et est devenue la pire sécheresse qui ait touché la région depuis 60 ans. Parallèlement au début de la sécheresse en 2007, l'armée éthiopienne lançait des opérations anti-insurrectionnelles d'envergure dans la région d'Ogaden, opérations entièrement payées par les institutions d'aides (financières et autres) occidentales.


En réalisant ces opérations anti-insurrectionnelles, il était nécessaire en même temps de couvrir ce crime : la Croix Rouge et MSF ont été expulsés du territoire. Loin des yeux, loin du cœur, est le slogan actuel de la majorité des médias internationaux, sans équipe de tournage, sans journalistes, et qui ne donnent absolument aucune information, s'ils peuvent éviter de le faire, sur les 10 millions de personnes menacées de famine par force en Ethiopie du sud-est et du sud ouest, dans les régions de l'Ogaden et d'Oromie. Les derniers journalistes qui se sont risqués à se rendre dans l'Ogaden, deux Suédois, ont tout deux été remis aux autorités, moyennant rançon, par les chefs de guerre du Puntland. Pris dans une embuscade par des paramilitaires éthiopiens, leurs guides étaient assassinés et les deux journalistes, blessés, étaient jetés dans une geôle en Ethiopie - un message pour dire au monde entier de se mêler de leurs affaires en ce qui concerne le génocide en cours dans la Corne de l'Afrique.

Et donc les larmes de crocodile couleront à flot et des centaines de millions de dollars censés être destinés à nourrir des millions de personnes frappées par la famine dans la Corne de l'Afrique serviront au bout du compte, une fois de plus, à financer les derniers achats d'armes de l'armée éthiopienne, ou bien atterriront dans les comptes en banque du premier ministre éthiopien, Meles Zenawi, et de sa clique.
Et pendant un certain temps, les médias internationaux pondront des articles regorgeant d'images déchirantes d'enfants qui meurent de faim dans la Corne de l'Afrique et pas une seule fois, ils ne vous expliqueront la raison pour laquelle quelque 10 millions de ces personnes subissent un blocus de l'aide alimentaire financée par l'occident.
 Thomas C. Mountain

Thomas C. Mountain est un journaliste indépendant qui travaille dans la Corne de l’Afrique et vit en Érythrée, d’où il écrit ses articles depuis 2006. Il a fait partie de la première délégation US pour la paix en Libye en 1987.
Traduction emcee, blog des bassines et du zèle
Source : Investig'Action

vendredi 29 juillet 2011

A mesure que l’empire américain s’étend à l’extérieur, il se transforme en état policier à l’intérieur

"J’ai du enlever mon pantalon. J’ai du enlever mes tennis et ensuite mes chaussettes. On m’a traité comme un criminel."
A mesure que l’empire américain s’étend, il devient de plus en plus policier. Les violentes méthodes utilisées par l’armée pour anéantir les étrangers sont ensuite appliquées à l’intérieur de la"patrie".
Dans un article du 25 septembre dernier intitulé "C’est officiel : les USA sont un état policier" Paul Craig Roberts, secrétaire adjoint du Trésor pendant les années Reagan, a écrit : " ’Violent extrémisme’ est un de ces termes vagues chers aux états policiers que le gouvernement peut interpréter comme il veut. 
Aujourd’hui l’espionnage par le FBI de ce qui se passe dans les maisons des citoyens qui ont une conscience a pour cible les militants pacifistes dont les activités sont qualifiées de ’support matériel du terrorisme’..."
Les raids du FBI à l’intérieur du pays rappellent les raids de l’armée des USA au delà des mers. En Irak, par exemple, les forces d’occupation ont fait une descente dans les bureaux des syndicats en tirant des coups de feu et ont mis les leaders syndicalistes en prison. Leur "crime" était de s’opposer à de contrats pétroliers de complaisance avec des firmes privées.
Le vaste système carcéral des USA qui détient 2,4 millions d’étasuniens est comparable au goulag que les USA ont construit à l’étranger. L’Amérique d’aujourd’hui est le geôlier du monde. Comme le dit Allan Uthman sur AlterNet, en 2006 le régime de Bush s’est mis à construire des "centres de détention" pour y entreposer des détenus pour de vagues "nouveaux programmes" quand le corps des ingénieurs de l’armée (Army Corps of Engineers) a donné presque 400 millions de dollars à la filiale de Halliburton, Kellogg Brown & Root. Ce que nous faisons à l’étranger nous le faisons chez nous.
Adopter contre les citoyens américains les tactiques policières d’abord utilisées par l’empire américain à l’étranger n’est pas une nouveauté. Quand les Philippins se sont rebellés contre les USA après que leur pays ait été "libéré" de l’Espagne, les combattants de la résistance capturés étaient soumis à la torture de l’eau. Vingt ans plus tard, les pacifistes américains incarcérés ont été suspendus par les mains et on leur a enfoncé des tuyaux d’eau courante dans la bouche.
Dans son éditorial du 25 juin la magazine the Nation dénonçait l’utilisation américaine "d’armées secrètes, d’opérations secrètes.... de centres de torture offshore, de groupes armés hors de contrôle, de dépenses militaires incontrôlables, des guerres par des flottes de robots, des guerres par assassinat --- et toutes les autres caractéristiques de la présidence impériale..."
Le magazine lutte depuis longtemps contre ces pratiques. C’est toujours une belle idée mais c’est un peu tard. L’élite réactionnaire qui dirige les USA est puissante. Le Congrès a soutenu les cinq guerres d’agression d’Obama à l’étranger et vote des lois qui limitent la liberté individuelle. Avec comme résultat l’émergence d’un état policier.
L’autre jour je regardais des gens entrer dans la gare des autobus d’Orlando, en Floride ; deux officiers de la sécurité qui n’avaient probablement aucune raison spéciale de les contrôler soumettait les passagers au scanner corporel. Les Américains qui montent dans un train ou un avion acceptent maintenant ces scanners comme quelque chose de normal. Les Américains acceptent sans protester que leur intimité soit de plus en plus violée au nom de la "sécurité nationale". Le régime Bush a crée des listes de personnes "à surveiller" (75 000 personnes) et de "personnes interdites de vols" (45 000 personnes) qui restreignent le droit à voyager en avion des individus et ceux qui sont fouillés, scannés et/ou empêchés de prendre l’avion peuvent protester tant qu’ils veulent cela ne changera rien.
Robert Johnson, un citoyen américain dont Naomi Wolf parle dans son livre "La fin de l’Amérique (Chelsea Green), décrit l’humiliation d’être déshabillé pour être fouillé avant d’embarquer : "J’ai du enlever mon pantalon. J’ai du enlever mes tennis et ensuite mes chaussettes. On m’a traité comme un criminel." Tout ça est maintenant devenu le lot commun d’innombrables Américains. Même au plus fort de la seconde guerre mondiale, de telles violations des droits individuels auraient été impensables.
La peur du gouvernement se répand et c’est quelque chose de nouveau dans notre vie. Comment est-ce que je sais que les gens ont peur ? Parce que beaucoup de gens disent que je suis "courageux" (ce que je ne suis pas) d’oser défier le gouvernement, ce qui montre qu’ils ont vraiment peur de dire ce qu’ils pensent.
David Cole qui est professeur à l’école de droit de Georgetown a écrit dans The Nation que le Congrès en mai dernier a autorisé la remise en application de certaines parties du "Patriot Act" si mal nommé, qui permettent au gouvernement de faire des écoutes au hasard sans identifier la personne ou le téléphone qui doivent être écouté, d’obtenir des documents des bibliothèques ou des entreprises sans avoir à prouver de quelque manière que ce soit que leur cible est impliquée dans une action criminelle et encore moins terroriste ; et d’utiliser des outils et instances de surveillance auparavant réservés aux espions de gouvernements étrangers ou d’organisations terroristes, à des "loups solitaires" qui ne sont affiliés à aucun de ces groupes ni à aucun gouvernement. C’est un écho du système ECHELON que les USA et ses alliés du Commonwealth britannique utilisent depuis la seconde guerre mondiale pour mettre sur écoute toute la planète, traquer les dissidents et voler les secrets de fabrication.
Cole écrit aussi que le procureur général Eric Holder va désormais autoriser les agents du FBI "à fouiller les poubelles des citoyens, à mener des recherches dans les données des ordinateurs et à utiliser de manière répétée des brigades de surveillance, pour traquer des gens qui ne sont pas suspectés du moindre délit, sans avoir besoin d’autorisation légale." (exactement comme pour la fouille des passagers à la gare des autobus). L’absence d’autorisation légale est significative car la justice est le seul rempart du citoyen contre les abus de pouvoir de la police. Et maintenant ce rempart a disparu. Les peuples d’Afghanistan et d’Irak ont souffert bien davantage sous la botte de l’armée dirigée par les USA.
Le fait est que quand l’empire déclare la guerre à quelqu’un, la vie du citoyen individuel est dévaluée et dégradée -pas seulement sur le champ de bataille où elle est souvent sacrifiée pour toutes sortes de mauvaises raisons, mais dans la mère patrie aussi. C’est ce qui nous arrive. Le droit de se syndiquer librement est limité par peur de tous les travailleurs qui veulent se syndiquer. Le trésor Public est pillé par le Congrès pour renflouer les banques malgré les protestations de 100 pour 100 des citoyens. Les guerres étrangères sont menées sans le consentement de la majorité du peuple qui veut au contraire les voir se terminer.
A mesure qu’une liberté après l’autre est limitée ou éliminée les hommes et les femmes ordinaires sont réduits au rôle de serfs. Harold Laski, un ancien président du parti travailliste britannique, a dit un jour : "Nous vivons dans un système où le grand nombre est exploité par une petite minorité et la guerre est l’étape finale de cette exploitation." L’impérialisme -qu’il soit pratiqué par l’Espagne au 16ième siècle, l’Angleterre au 18ième, l’Union Soviétique, le Japon impérial, l’Allemagne nazie au 20ième siècle ou l’Amérique aujourd’hui- est un cancer qui instaure la tyrannie à l’intérieur du pays avec la même vélocité qu’il propage la guerre à l’étranger.
Sherwood Ross.
Sherwood Ross est directeur du service d’information contre la guerre (Anti-War News Service). Il écrivait auparavant des articles pour des quotidiens et des radios. On peut le joindre à sherwoodross10@gmail.com
Pour consulter l’original : http://countercurrents.org/ross250711.htm
Traduction : Dominique Muselet
URL de cet article 14270 http://www.legrandsoir.info/a-mesure-que-l-empire-americain-s-etend-a-l-exterieur-il-se-transforme-en-etat-policier-a-l-interieur.html

Nous vaincrons si nous n’avons pas désappris d’apprendre

La lutte pour les revendications immédiates ne doit pas faire perdre de vue le but final : la révolution prolétarienne.
C’est Paul Mattick qui cite cette phrase de Rosa Luxemburg, prononcée en pleine guerre mondiale, celle de 1914-1918, face à la banqueroute de la 2ème Internationale. A cette image, dit-il, les révolutionnaires d’aujourd’hui peuvent dire, face à l’effondrement de la 3ème Internationale : "Nous ne sommes pas perdus et nous vaincrons si nous n’avons pas désappris d’apprendre."
C’était en 1935 et Paul Mattick faisait ce rappel à la fin d’un de ses articles qu’il consacrait aux "Divergences de principe entre Rosa Luxemburg et Lénine", titre sous lequel il donnait son article.
Paul Mattick, dont le père fut membre de la Ligue spartakiste, et qui appartint lui-même à son organisation de jeunesse, fut apprenti outilleur aux usines Siemens et passe en 1920 au KAPD (organisation communiste de conseils) dans lequel il participe aux évènements révolutionnaires de l’époque et dont il restera l’un des représentants théoriques après son installation aux Etats-Unis (1926) où il militera au sein des "Industrial Workers of the World (IWW), syndicat révolutionnaire.

LUXEMBURG ET LENINE, DES VOIES DIFFERENTES
Rosa Luxemburg et Lénine se sont formés l’un comme l’autre au sein de la social-démocratie dont ils furent des figures éminentes.
"Mais, dit Paul Mattick, tout en s’étant assignés une mission identique – à savoir sortir le mouvement ouvrier du marais où il se trauvait enlisé et le lancer à l’assaut du capitalisme – Luxemburg et Lénine empruntèrent des voies différentes, sinon opposées.
"Sans que faiblisse l’estime qu’ils éprouvèrent toujours l’un pour l’autre, ils se heurtèrent vivement à propos des questions fondamentales de la stratégie et des principes révolutionnaires.
"Il est permis d’affirmer d’emblée que sur bien des points essentiels leurs conceptions respectives diffèrent comme le jour et la nuit ou, plus exactement, comme les problèmes de la révolution bourgeoise et les problèmes de la révolution prolétarienne.
"Maintenant que tous les deux ont disparu, il n’est pas rare de voir des léninistes inconséquents s’efforcer, pour des raisons politiques, de concilier Lénine et Rosa Luxemburg, et de minimiser ce qui les opposa ; mais il s’agit là tout bonnement d’incroyables falsifications de l’histoire, qui ne servent que les falsificateurs et pour un temps seulement..."
"Rien n’a été fait pour tirer au clair le différend. On ne tient pas du tout, en général, à "déterrer" le passé. A l’instar de la social-démocratie allemande qui, alléguant le "manque d’argent", refusa de publier les oeuvres de Luxemburg, la 3ème Internationale ne manque pas de se réclamer de Rosa Luxemburg chaque fois que cela lui semble opportun..."

LES DIVERGENCES SUR LA QUESTION NATIONALE
En général, poursuit Mattick, on se borne à réduire les divergences en question à un désaccord sur la question nationale. Cependant la question nationale reste indissociable des autres problèmes au sujet desquels Luxemburg et Lénine se sont combattus. Elle se rattache en effet, le plus étroitement, à toutes les autres questions concernant la révolution mondiale.
"Mais, dit-il, elle a l’avantage de faire mieux ressortir la divergence fondamentale : l’antagonisme irréconciliable de la conception jacobine de la révolution et de sa conception prolétarienne...
"La politique de la 3ème Internationale a sans doute changé sur bien des points depuis la mort de Lénine, mais sur la question nationale elle est restée foncièrement léniniste. Un léniniste ne peut prendre qu’une position opposée à celle de Luxemburg dont il n’est pas seulement l’adversaire en matière de théorie, mais aussi l’ennemi mortel...
"La position de Luxemburg est incompatible avec le bolchevisme léniniste et, par conséquent, quiconque se réclame de Lénine ne saurait en même temps invoquer Rosa Luxemburg à l’appui de ses thèses."

L’OPPOSITION AU REFORMISME
Le développement du capitalisme mondial, l’expansion impérialiste, la monopolisation graduelle de l’économie et les surprofits qui lui sont liés, devaient permettre la formation provisoire d’une aristocratie ouvrière, la mise en place d’une législation du travail et une amélioration générale de la condition prolétarienne.
D’où l’essor du révisionnisme et les progrès du réformisme au sein du mouvement ouvrier.
Aussi, selon Mattick, au marxisme révolutionnaire – infirmé, disait-on, par la prospérité capitaliste – on substitua la théorie de la réalisation progressive du socialisme grâce à la démocratie.

Dès lors, le mouvement ouvrier officiel put se développer et recueillir l’adhésion d’une masse de petits-bourgeois ; ceux-ci en prirent bientôt la direction intellectuelle et partagèrent, avec les ouvriers parvenus, les avantages matériels liés aux carrières qui s’offraient ainsi à leurs ambitions...
Luxemburg et Lénine furent des rares qui poursuivirent sans répit, en faveur d’un mouvement ouvrier réellement marxiste, un combat implacable, d’abord contre le réformisme avéré, puis aussi contre le réformisme orthodoxe...

REFORME ET REVOLUTION
"Cependant, dit Mattick, l’attaque que Luxemburg lança contre lui (le révisionnisme) fut la plus vigoureuse et la plus efficace...
"Face aux thèses absurdes des partisans du légalisme à tout prix, elle souligne qu’il est impossible de transformer les rapports fondamentaux de la société capitaliste, qui sont ceux de la domination d’une classe par une autre, au moyen de réformes légales qui en respecteraient le fondement bourgeois.
"La réforme sociale, fait-elle valoir en outre, a pour fonction non de "limiter la propriété capitaliste", mais au contraire de la protéger.
"Ou encore – économiquement parlant – elle ne constitue pas une atteinte à l’exploitation capitaliste, mais une tentative pour la normaliser.
"Loin de conduire au socialisme, le capitalisme s’effondre, déclare Rosa Luxemburg, et c’est à cet effondrement que les ouvriers doivent faire face – non par la réforme, mais par la révolution...
"Pour les marxistes, le problème du moment consiste à faire progresser les facteurs subjectifs, la conscience de classe révolutionnaire, par le biais des luttes syndicales et politiques.
"Poser la réforme et la révolution comme des termes s’excluant réciproquement, c’est mal poser le problème ; pour autant qu’il y ait opposition entre eux, il faut la replacer dans son contexte propre, le progrès social.
"La lutte pour les revendications immédiates ne doit pas faire perdre de vue le but final : la révolution prolétarienne.
"Peu de temps après, Lénine à son tour attaqua le révisionnisme d’une manière finalement semblable...
"Ce n’est donc que dans le cadre général de la révolution russe de 1905 que des divergences se manifestèrent entre eux..."

LE NATIONALISME BOURGEOIS
Selon Mattick, Lénine proclamait : "Dans tout nationalisme bourgeois d’une nation opprimée, il existe un contenu démocratique, et c’est ce contenu que nous appuyons sans restrictions..."
Il écrit dans ses "Thèses sur la révolution socialiste et le droit des nations à disposer d’elles-mêmes" :
"Ce serait une erreur capitale de croire que la lutte pour la démocratie est susceptible de détourner le prolétariat de la révolution socialiste. De même qu’il est impossible de concevoir un socialisme victorieux qui ne réaliserait pas la démocratie intégrale, de même le prolétariat ne peut se préparer à la victoire sur la bourgeoisie s’il ne mène pas une lutte générale systématique et révolutionnaire pour la démocratie."
Ainsi, pour Mattick, "il apparait clairement qu’aux yeux de Lénine mouvements et guerres à tendances nationalistes ont pour seul objet d’instaurer la démocratie, auxquelles le prolétariat doit participer puisque, toujours selon Lénine, la démocratie est un préalable obligé à la lutte pour le socialisme."

LA GUERRE POUR LA DEMOCRATIE EST JUSTE ELLE AUSSI
Et Mattick cite à nouveau Lénine :
"Si la lutte pour la démocratie est une lutte juste, la guerre pour la démocratie est juste elle aussi", et, par voie de conséquence, "dans une guerre véritablement nationale, les mots "défense de la patrie" ne sont nullement une tromperie."
Mattick poursuit : "Voilà pourquoi Lénine professe qu’en tel cas et "pour autant que la bourgeoisie d’une nation opprimée lutte contre la nation qui opprime, nous sommes toujours "pour", en tout état de cause et plus résolument que quiconque" ; et d’ajouter : "car nous sommes l’ennemi le plus hardi et le plus conséquent de l’oppression."
Selon Mattick, "Lénine resta fidèle à cette conception jusqu’à son dernier jour, et ses diciples l’ont été de même jusqu’à présent, du moins dans la mesure où le pouvoir bolchevik ne risquait (et ne risque) pas d’en pâtir..."

LUXEMBURG : LES THESES DE LENINE SONT ERRONEES
Toujours selon Mattick, Rosa Luxemburg tenait pour foncièrement erronées les thèses de Lénine.
Et il la cite, écrivant pendant la guerre :
"Aussi longtemps qu’existent les Etats capitalistes, aussi longtemps, notamment, que la politique impérialiste universelle détermine et façonne la vie intérieure des Etats, le droit des nations à disposer d’elles-mêmes n’est qu’un vain mot, en temps de guerre comme en temps de paix. Bien plus : dans l’actuelle ambiance impérialiste, il ne peut y avoir de guerre nationale de défense et toute politique socialiste qui fait abstraction de cette ambiance historique, qui ne veut se laisser guider, au sein du tourbillon universel, que par le point d’un seul pays, est d’avance vouée à l’échec."

PAS LA MOINDRE CONCESSION A LENINE
Pour Mattick, jamais, au grand jamais, Rosa Luxemburg ne fit sur ce sujet la moindre concession à Lénine.
Ainsi, dit-il, quand le droit à l’aautodétermination fut mis en pratique, après la révolution russe, elle se demanda pourquoi les bolcheviks maintenaient contre vents et marées, avec une telle opiniâtreté, un mot d’ordre "en contradiction flagrante, non seulement avec le centralisme par ailleurs manifeste de leur politique, mais aussi avec l’attitude qu’ils ont adoptée envers les autres principes démocratiques...Cette contradiction flagrante est d’autant moins compréhensible que les formes démocratiques de la vie de chaque pays constituent effectivement les fondements les plus précieux, les fondements indispensables même de la politique socialiste, alors que l’illustre "droit des nations à l’autodétermination" est du domaine de la phraséologie creuse et de la mystification petite-bourgeoise."

UNE VARIETE D’OPPORTUNISME
Mattick considère que, selon l’avis de Luxemburg, il s’agissait d’une "variété d’opportunisme" visant à lier les nombreuses nationalités allogènes que comprenait l’empire russe, à la cause de la révolution, bref d’un autre aspect de la politique opportuniste adoptée par les bolcheviks à l’égard des paysans russes : on voulait satisfaire leur faim de terre par le mot d’ordre de prise de possession directe des domaines seigneuriaux et les rallier ainsi à la bannière de la révolution et gouvernement prolétarien."
"Malheureusement, poursuivait Rosa Luxemburg, dans les deux cas, le calcul était faux – Défenseurs de l’indépendance, même jusqu’au séparatisme, Lénine et ses amis pensaient manifestement faire ainsi de la Finlande, de l’Ukraine, de la Pologne, de la Lithuanie, des Pays baltes, du Caucase, etc..., autant de fidèles alliés de la révolution russe.
"Mais nous avons assisté au spectacle inverse : l’une après l’autre, ces "nations" ont utilisé la liberté qu’on venait de leur offrir pour s’allier, en ennemies mortelles de la révolution russe, à l’impérialisme allemand..."

UNE POLITIQUE DE CLASSE CONTRE-REVOLUTIONNAIRE
"Certes, dans tous les cas cités, ce ne sont pas les "nations" qui pratiquent cette politique réactionnaire, mais les classes bourgeoises et petites-bourgeoises qui, en opposition violente avec leurs masses prolétariennes, ont transformé le "droit à l’autodétermination nationale" en instrument de leur politique de classe contre-révolutionnaire.
"Mais – et nous touchons là le coeur du problème – cette formule nationaliste révèle son caractère utopique et petit-bourgeois, car, dans la rude réalité de la société de classes, et surtout à une époque d’antagonismes exacerbés, elle se tranforme en un moyen de dominatio des classes bourgeoises..." Rosa Luxemburg dressait ensuite ce constat :
"Les bolcheviks ont fourni l’idéologie permettant de déguiser l’offensive contre-révolutionnaire ; ils ont renforcé la position de la bourgeoisie et affaibli celle du prolétariat...
"Il était réservé aux antiopodes des socialistes gouvernementaux, aux bolcheviks, d’amener, grâce à la belle formule de l’autodétermination, de l’eau au moulin de la contre-révolution et de fournir ainsi une idéologie qui permettrait non seulement d’écraser la révolution russe en elle-même, mais aussi de liquider la guerre mondiale dans son ensemble conformément aux plans contre-révolutionnaires."
Pour Paul Mattick, on peut s’interroger, après Rosa Luxemburg, sur les raisons qui poussaient Lénine à ne point démordre de la formule du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et de la libération des nationalités opprimées.

QUE POUVAIT LA SEULE RUSSIE ?
"Ce slogan, dit-il, n’était-il pas en contradiction criante avec les exigences de la révolution mondiale ?
"Et Lénine, comme Rosa Luxemburg, oeuvrait au déclenchement de cette révolution. A l’instar de tous les marxistes de son temps, il ne croyait pas que la Russie abandonnée à ses seules ressouces, fût en mesure de poursuivre jusqu’au bout le combat révolutionnaire.
"Il partageait la thèse de Marx-Engels selon laquelle "si la révolution russe devient le signal d’une révolution ouvrière en Occident, de façon que les deux révolutions se complètent, l’actuelle propriété commune russe peut devenir le point de départ d’une évolution communiste."
Lénine n’était donc pas seulement convaincu que les communistes devaient prendre le pouvoir en Russie ; il l’était tout autant que la révolution russe ne pouvait conduire au socialisme qu’à la condition de gagner l’Europe et, au-delà, le monde entier.
Etant donné la situation objective créée par la guerre, l’idée d’une Russie tenant tête aux puissances impérilistes à elle seule, sans l’appui d’une révolution en Europe occidentale, ne pouvait l’effleurer, pas plus que Rosa Luxemburg.
Cette dernière était d’ailleurs catégorique :
"Bien entendu, ils (les Russes) ne pourront se maintenir parmi ce sabbat infernal."
Ce diagnostic n’avait pas simplement pour base ce dont elle savait capable les Lénine et les Trotsky, la méfiance que leurs tirades aberrantes sur le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes lui inspirait, leur politique de concession à la paysannerie et le reste.

LES CAUSES DU PESSIMISME
Le diagnostic ne lui était pas dicté non plus par le rapport de forces existant entre la Russie révolutionnaire et les puissances impérialistes, et ne découlait nullement d’une conception analogue à celle des social-démocrates qui, statistiques en main, se plaisaient à démontrer que l’état arrièré de l’économie russe ni ne justifiait une révolution ni ne permettait le socialisme.
La raison profonde de son pessimisme était avant tout le fait que "la social-démocratie de cet Occident supérieurement développé est composée de poltrons abjects qui, en spectateurs paisibles, laisseront les Russes perdre tout leur sang."
Aussi, tout en critiquant les bolcheviks en fonction des exigences de la révolution mondiale, soutenait-elle leur cause.
Elle ne manquait pas de souligner, par exemple, que si les bolcheviks essuyaient de graves revers économiques, c’était parce que le prolétariat d’Europe occidentale ne faisait rien pour les aider.
"Ah oui ! Les bolcheviks ! s’écriait-elle. Naturellement, ils ne m’enchantent guère maintenant avec leur fanatisme pour la paix (allusion à Brest-Litovsk, selon Paul Mattick). Mais en fin de compte – ce n’est pas leur faute.
"Ils sont dans une situation de contrainte : ils n’ont le choix qu’entre deux volées et ils choisissent la moindre. D’autres sont responsables de ce que le diable ait le profil de la révolution russe."
Michel Peyret
Note : on trouvera l’intégralité de l’article de Paul Mattick – "Les divergences de principe entre Rosa Luxemburg et Lénine" – sur le site : http://bataillesocialiste-wordpress.com/tag/paul-mattick/
URL de cet article 14265 http://www.legrandsoir.info/nous-vaincrons-si-nous-n-avons-pas-desappris-d-apprendre.html

Et pendant qu’on sauve les banques, on laisse crever les Africains.

mercredi 27 juillet 2011

Le lobby sioniste aux Etats-Unis

July 26, 2011

Une bonne partie d’Américains se questionne sur l’excès d’influence que le lobby sioniste a sur la politique étrangère américaine. Dans le silence des lobbies, le lobby sioniste est classé largement en tête, suivi loin derrière par les lobbies arménien et cubain.
Le lobby sioniste, cependant, est un sujet qu’on n’ose pas discuter ouvertement en Amérique. De plus en plus d’Américains soupçonnent l’existence de forces quasi-
occultes qui poussent l’Amérique à agir à l’encontre de ses intérêts et dans le sens des intérêts d’Israël. Chaque année, l’Amérique débourse, à titre d’aide, une somme de 3 milliards de dollars à l’État d’Israël, soit 500 dollars par citoyen israélien. Malgré son ascension à la catégorie des pays industrialisés avec un PNB égal à celui de l’Espagne et de la Corée du Sud, l’État hébreux demeure, à ce jour, l’État le plus privilégié au monde par l’Amérique. À cela s’ajoute une variété de marchés et d’arsenaux diplomatiques en tout genre en faveur d’Israël. Cette aide, “moralement justifiée”, du fait qu’Israël ait joué un rôle stratégique aux cotés de l’Amérique lors de la guerre froide, ne se justifie plus aujourd’hui du fait que l’État hébreux devient un véritable fardeau dans la lutte contre le terrorisme ainsi que pour l’image de l’Amérique dans le monde.
Il faut noter tout de même qu’un juif n’est pas forcément sioniste et qu’un sioniste n’est pas forcément juif. Beaucoup de juifs en Amérique sont contre le lobby sioniste, d’autres par contre, non juifs, comme la Christian Evangelicals, le soutiennent corps et âme.
Le lobby sioniste n’a pas une direction centrale ni un leadership déterminé. D’où la difficulté à le saisir. Il consiste en des organisations unies par des groupes d’intérêts politiques communs légitimés par le système politique américain. Ses organisations croient fermement que leurs intérêts sont indissolublement liés aux intérêts indissociables de l’Amérique et d’Israël.
Leur influence au niveau de l’exécutif (Maison Blanche) et du législatif (Congress), quoique masquée, demeure aux yeux de beaucoup, on ne peut plus évidente. Elle consiste à enrober de sympathie la politique et les actions israéliennes vis-à-vis de l’opinion publique américaine. À cet effet, le lobby finance des campagnes électorales visant à encourager les candidats à prendre des positions en faveur d’Israël et déclenche des campagnes de presse pour discréditer ou marginaliser tout politicien qui s’oppose au soutien américain à Israël. Parmi les présidents qui ont fait les frais de la campagne sioniste, on cite très souvent les présidents Nixon et Clinton.
The American-Israel Public Affairs Committee (AIPAC) est l’organisation lobbyiste la plus puissante aux États-Unis. Son influence est centrée sur la politique US au Moyen Orient. Pour beaucoup d’Américains, l’AIPAC est, sans aucun doute, derrière l’invasion de l’Irak et est en train de pousser les néoconservateurs au pouvoir à se donner de bonnes raisons d’attaquer l’Iran.
En dépit de la puissance nucléaire et l’importance de l’arsenal militaire de l’État d’Israël, le lobby sioniste américain ne veut pas entendre parler d’un Iran nucléarisé. Pourtant, ce même lobby qui, soi-disant, œuvre pour la mondialisation et le bonheur de la planète, n’avait pas manifesté d’objections à la bombe atomique pakistanaise. Sans doute, parce que la bombe pakistanaise est destinée, plutôt, dans le pire des cas, à frapper l’Inde, comme si ces deux pays antagonistes appartiennent à une autre planète.
Voyages en Israël pour les parlementaires nouvellement élus
Envers tout  parlementaire nouvellement élu, l’AIPAC  fait montre de sa generosité prometteuse en lui offrant un séjour d’une semaine en Israël à titre de “bienvenue à la cooperation”. Disposant de dossiers detaillés sur tout politicien, l’AIPAC redouble d’attention sur tout politicien dés l’instant où il presente sa candidature à la Chambre ou au Senat. Le plus souvent, le nouveau candidat est invité à une entrevue pour  lui faire reveler  ses sentiments vis-à-vis de la politique d’ Israël.


Source : KabyleUniversel.com

Reconnaître l’Etat palestinien en septembre prochain : une erreur !

Comment peut-on se réjouir voire adhérer aujourd’hui à la reconnaissance prochaine de l’Etat croupion palestinien !? Cela me paraît invraisemblable.
Depuis plusieurs mois, l’actuel et non élu gouvernement palestinien de Cisjordanie emmené par son 1er ministre, l’affairiste Salam Fayyad, se démène au niveau international pour que soit reconnu l’Etat palestinien lors de l’Assemblée générale de l’ONU en septembre prochain. Et plusieurs pays ont déjà emboité le pas dans ce sens.
Cela me paraît une manière quelque peu commode de se débarrasser de cet incessant conflit, et au-delà des bonnes intentions que semble traduire une telle approbation, c’est une tentative de liquider cedossier empoisonné à peu de frais.Outre la légitime aspiration et le fait bien compréhensible que cet Etat soit enfin reconnu par l’ensemble de la Communauté internationale et admis comme nation au sein de l’ONU, de quel Etat parle-t-on ? De « l’archipel » actuel, tel que l’illustrait la carte publiée par Le Monde Diplomatique en avril 2009 ?
Pour rappel : depuis la création de l’Etat israélien et ses détestables pratiques visant à repousser ses frontières sous de fallacieux prétextes idéologiques et sécuritaires, le dépeçage systématique du territoire palestinien par l’implantation de colonies est considéré comme un « crime de guerre » par la Cour pénale internationale. Et de la Palestine historique, il ne reste guère qu’environ 15% morcelés de son territoire, à l’image des bantoustans de l’Afrique du Sud de l’époque  – sans parler du mouroir de Gaza où s’entasse une population asphyxiée par l’un des pires blocus mis en place par l’occupant et régulièrement ciblée par sa machine de guerre.
Dès lors, même si ce projet d’Etat stipule que c’est à l’intérieur des frontières de 1967, avaliser un Etat palestinien aujourd’hui, c’est :
-      sans le dire, participer à un déroulement de faits inacceptables ;
-      entériner le Mur de séparation qui pénètre profondément en terres palestiniennes ;
-      admettre une partie de la colonisation dont celle de Jérusalem-Est qui est une annexion de facto de la ville, pourtant décrétée capitale du futur Etat;
-      accepter que jamais les réfugiés ne pourront revenir chez eux, à savoir en terres conquises, comme le garantit pourtant la Résolution 194 des Nations-Unies adoptée le 11 décembre 1948 ;
-      avaliser la politique raciste d’apartheid par l’occupant sur l’occupé ;
-      se plier à la loi militaire qui prévaut dans toutes les interventions israéliennes et dans la politique mise en place par les différents gouvernements qui se succèdent à la Knesset ;
-      bafouer le souvenir des martyrs qui ont payé de leur vie la défense de leur terre ;
-      tenter de liquider une fois pour toutes la résistance à travers ses mouvements divers ;
-      mais c’est surtout, accepter le découpage opéré après la guerre occidentale de ’39-45, où pour se dédouaner de l’horreur qu’ils avaient infligée aux juifs, les pays vainqueurs ont imposé au peuple palestinien sans même demander l’avis de ses représentants, de payer leur ardoise finale en partageant le pays au profit des juifs fuyant l’Europe antisémite…
Ainsi, croire béatement que l’annonce officielle de la proclamation d’un vague Etat palestinien aurait pour conséquence le règlement des multiples contentieux qui existent entre les occupants et les occupés est un leurre de plus dans une situation où les mirages tiennent depuis longtemps lieu de réalité. Quantité de décrets, résolutions, et lois internationales des plus officielles n’ont jamais rien changé à la donne : les différents gouvernements israéliens ne s’en embarrassent pas, optant plutôt sur la bien connue loi du plus fort, seule réalité qui préside au cours des choses, comme chacun peut le voir au quotidien à condition de quitter toute analyse idéologique du cours de l’Histoire. Et en-dehors de quelques vagues protestations, aucun des pays ayant confirmé son soutien à la reconnaissance prochaine de cet Etat palestinien n’a jamais rien fait de concret pour intimer à Israël l’arrêt de ses exactions répétées afin de le contraindre à respecter le Droit international. Depuis toujours, le gouvernement israélien ment, vole, agresse, emprisonne, mutile, tue, et s’approprie ce qui ne lui appartient pas, impunément, au vu et au su de tout le monde : à part quelques timides indignations, personne ne bouge. Au contraire, chacun à leur manière les USA et l’UE soutiennent ! Par ailleurs, à l’annonce de l’accord récent de réconciliation entre le Fatah et le Hamas – qui reste encore à mettre en place sur le terrain avant de s’en réjouir –les dernières réactions des responsables israéliens indiquent, s’il en était encore besoin, que si certaines choses évoluent dans le courant qui anime les sociétés arabes de la région, il en est une qui ne bouge pas : c’est la position intransigeante d’Israël, figée, momifiée et arcboutée sur les certitudes de sa toute puissance.
Tout ce qui ne rappelle pas inlassablement cette sinistre réalité quotidienne participe au leurre auquel aucun militant de cette cause ne peut  participer. Et il faut dire et répéter que la création de l’Etat sioniste comme réparation de nos crimes odieux perpétrés à l’encontre de la communauté juive pendant les années de guerre ’39-45 est une ardoise qui ne peut être payée par la population de Palestine, sans son accord explicite et clairement formulé. Quelle qu’en soit la raison, quel pays d’entre les nôtres, accepterait-il que l’on procède à la partition d’une partie majeure de son territoire sans même être consulté sur la question, pour solder un conflit qui ne le concerne pas !? Ce que nous ne pouvons tolérer pour nous ne peut être imposé à d’autres, sinon par ce subterfuge du deux-poids deux-mesures dans la loi du plus fort et qui n’a décidément rien à voir avec une quelconque justice.
Suite aux chamboulements auxquels on assiste en pays arabes depuis le début d’année, le moins que l’on puisse exiger de la Communauté internationale ainsi nommée, soit qu’elle revoie sa copie d’antan et se tourne vers les premiers concernés, à savoir le peuple palestinien pour connaître son avis sur une question d’une telle importance. A l’époque actuelle, informés et outillés comme nous le sommes, revisitant l’Histoire à la moindre occasion afin d’en corriger si possible les erreurs, prônant de plus en plus une démocratie participative, et suite aux soulèvements populaires arabes qui vont indubitablement modifier les équilibres de la région, en lieu et place de cette annonce inadéquate défendue par le 1er ministre palestinien actuel et relayée par nombre d’intervenants –dont certains sont surtout soucieux, en ces temps chahutés, de préserver ce qui peut encore l’être de l’entité sioniste – il serait peut-être plus utile de se demander si la première chose à faire ne serait pas une remise à plat de ce sinistre dépeçage dont on mesure les funestes conséquences chaque jour depuis plus de 63 ans. Et plutôt que de claironner aux vents l’annonce d’un énième Etat palestinien mort-né, pourquoi ne pas proposer un grand référendum à tous les citoyens palestiniens, présents et exilés, pour connaître leur avis sur la question : faut-il scinder le pays et reconnaître l’Etat israélien dans des frontières à confirmer ou faut-il revenir à la Palestine historique où tous les habitants seraient les bienvenus, quelle que soit leur origine, leur religion ou leur appartenance philosophique, à l’instar de tout Etat démocratique moderne digne de ce nom ? Cela n’a que trop tardé et ce n’est qu’après le résultat d’un tel référendum que l’on pourrait s’orienter vers la proclamation d’un Etat palestinien dont les contours seront bien la traduction de la volonté de sa population. C’est effectivement une rare occasion à ne manquer sous aucun mauvais prétexte : « maintenant ou jamais » comme d’aucuns l’affirment !
Daniel Vanhove
Observateur civil
Daniel Vanhove –Observateur civil, Auteur de La Démocratie Mensonge – 2008 – Ed. Marco Pietteur – coll. Oser Dire.

mardi 26 juillet 2011

Indigène TV - Récit des otages de la flottille

20 Juillet 2011
Retour des Militants de la Flotille
Leurs Récits

Roissy - Aéroport CDG
Mercredi 20 Juillet 2011

Syrie : Rami Abdel Rahmane, fournisseur (quasi) exclusif de fausses nouvelles.