jeudi 27 décembre 2012

SYRIE : Est-il réellement impossible de trancher la bataille ?.....l’opposition, en refusant tout dialogue, ne cherche que le pouvoir à n’importe quel prix, surtout celle qui est liée organiquement à l’Occident et aux pétromonarchies.

De nombreuses analyses sur la Syrie évoquent l’impossibilité de trancher la bataille dans le conflit opposant l’Etat et les bandes terroristes menées par le Front al-Nosra d’obédience qaïdiste, et qui regroupent un cocktail composé des Frères musulmans, des takfiristes internationaux « venus de 29 pays », comme le reconnait un rapport rédigés par des enquêteurs de l’Onu, sans oublier les coupeurs de routes et les brigands sans foi ni loi.
Le facteur déterminant permettant de dire qu’il est impossible de trancher la bataille est, en premier lieu, l’équilibre des forces au sein de la société syrienne et ses répercussions sur les protagonistes : l’Etat et l’armée arabe syrienne d’une part, les bandes terroristes à la solde de l’Otan de l’autre.
Tout observateur honnête sait pertinemment qu’une majorité populaire, constituée d’un noyau solide transcommunautaire, a, dès le début, exprimé son soutien au président Bachar al-Assad, à toutes les initiatives qu’il a prise et à l’armée, dans leur combat contre les terroristes et la rébellion. La taille de ce courant populaire a pris de l’ampleur au fil des événements après que deux autres blocs se soient joints à lui : le bloc « gris », qui était resté à l’écart, exprime désormais un soutien sans faille à l’armée, après que les pratiques terroristes des bandes armées et leurs pulsions destructrices se soient clairement manifestées. Ce bloc refuse le chaos, recherche la stabilité et regarde avec aversion la destruction systématique de l’Etat syrien, de ses institutions et de ses infrastructures. Une autre partie des Syriens, qui étaient influencés par les slogans des réformes, a réalisé que le président Bachar al-Assad et l’Etat étaient crédibles et sincères dans leur volonté de changement, alors que l’opposition, en refusant tout dialogue, ne cherche que le pouvoir à n’importe quel prix, surtout celle qui est liée organiquement à l’Occident et aux pétromonarchies.
Une majorité de la société syrienne, conscience et éveillée, se tient aux côtés de l’Etat, de l’armée et du président, alors qu’une petite partie appuie les « Frères musulmans » et d’autres groupes de l’opposition qui manifestent une hostilité maladive et irrationnelle à l’égard de l’Etat. Tous les jours, la taille de ces groupes rétrécie et ils perdent leur soutien populaire, surtout dans les régions où se trouve le Front al-Nosra, extrêmement sanglant et violent.
C’est ce rapport de force dans la société qui détermine l’issue du combat. Et il ne fait pas de doute que cette frange majoritaire au sein de la société exerce des pressions sur l’Etat et sur l’armée afin qu’ils tranchent la bataille et qu’ils refusent tout dialogue ou compromis avec les bandes takfiristes et autres groupes manipulés par l’Otan et les pays du Golfe.
Si ceux qui assurent qu’il est impossible de trancher la bataille se basent sur les rapports de forces militaires, il est clair que cette lecture repose sur des données fausses. bien qu’il ne faille pas minimiser la capacité de nuisance de dizaines de milliers de terroristes, dont des milliers d’étrangers, autant de tueurs professionnels qui commettent de nombreux massacres sur le sol syrien. Ces groupes reçoivent d’énormes quantités d’armes et des sommes astronomiques pour poursuivre leur guerre d’usure contre l’Etat et son armée.
Mais malgré cela, les rapports de force restent de loin favorables à l’armée, toutefois, les données précitées montrent que la lutte de l’Etat, du peuple et de l’armée syrienne va être longue. Tous les compromis politiques, pour le moment suspendus, ne pourront pas mettre un terme au terrorisme. Pas plus que les démarches entreprises pour juguler l’hémorragie, sauf si elles se basent sur la nécessité de soutenir l’Etat et d’adopter des mesures contre ceux qui financent, arment, entrainement et abritent les tueurs en série multinationaux, qui se font appeler « jihadistes ». Ces bandes armées sont appuyées par les Etats-Unis, l’Otan, la Turquie, le Qatar et l’Arabie saoudite.
Pierre Khalaf
http://www.neworientnews.com/news/fullnews.php?news_id=82863

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Syrie, le laboratoire d’une « guerre de quatrième génération » ?....dans la théorie de la guerre de quatrième génération, il faut essayer de créer un écart entre le régime adversaire et sa population, afin de préparer le terrain à un changement du régime à l’intérieur du pays adversaire. Cela dit, le but de ce nouveau type de guerre est de viser la population du pays ennemi.

Renverser les régimes sans intervention militaire directe : voilà le but de la guerre de 4e génération.
Depuis que les Américains se sont enfoncés dans le bourbier de la guerre en Afghanistan et en Irak, les stratèges américains ont proposé la théorie de la guerre de quatrième génération pour réaliser les objectifs des Etats-Unis dans la région du Moyen-Orient. De ce point de vue, il paraît que la Syrie est devenu pour les think tank américains un laboratoire pour tester la possibilité de renverser les régimes sans qu’il y ait une intervention militaire directe de la part de l’armée américaine. Les coûts colossaux des opérations militaires d’envergure, la gravité de subir les pertes en vie humaine sont des raisons, parmi tant d’autres, qui ont amené les stratèges de plusieurs pays à imaginer la possibilité de substituer une nouvelle solution à la guerre et aux conflits armés frontaux.
Ce qu’on appelle depuis quelques années « guerre de quatrième génération » est le fruit de ces enquêtes stratégiques. Dans ce nouveau modèle de la guerre, il ne s’agit plus pour autant la domination physique sur les forces ennemies, mais d’attaquer l’esprit des centres décisionnels auprès d’un groupe ennemi. Pour réaliser ce but, il faut briser la volonté politique de son adversaire. Dans la logique de la guerre de troisième génération, le but principal est d’envahir le territoire ennemi et de faire une emprise sur ses ressources. Mais la guerre de quatrième génération vise le régime politique de l’Etat adversaire et tente de le changer.
Dans une guerre de troisième génération, comme celle qui se déclencha entre les Etats-Unis et les Vietnamiens, les habitants du pays attaqué peuvent s’unir pour défendre leur patrie. Mais dans la théorie de la guerre de quatrième génération, il faut essayer de créer un écart entre le régime adversaire et sa population, afin de préparer le terrain à un changement du régime à l’intérieur du pays adversaire. Cela dit, le but de ce nouveau type de guerre est de viser la population du pays ennemi.
Contrairement à la logique dominante des guerres classiques, dans ce nouveau modèle, il faut surtout favoriser la guerre asymétrique, en y impliquant de plus en plus la population civile. Cela passera par l’affaiblissement de l’autorité du régime politique sur ses citoyens, de sorte que le terrain devienne propice à un face-à-face entre le pouvoir et la population pour faire éclater l’Etat ennemi de l’intérieur. L’instrumentalisation de l’opposition intérieure et la concertation entre les menaces extérieures et les rivalités intérieures sont des caractéristiques importantes de la guerre de quatrième génération.
Ce nouveau type de guerre permet aux grandes puissances d’assurer leurs objectifs sans qu’il y ait besoin pour elles de recourir au levier militaire, car des tactiques politiques, psychiques et médiatiques pourraient servir à faire l’essentiel. Dans ce sens, la crise syrienne semble être un laboratoire de la guerre de quatrième génération. La crise a été déclenchée par des protestations populaires pacifiques pour demander des réformes et des changements politiques et sociaux. Suite à des interventions et des menaces étrangères, les protestations ont dégénéré vite en violence. Or, le gouvernement du président Bachar al-Assad s’était engagé à l’application des réformes. Sur le plan international, après de longues années, l’opposition occidentale et arabe au gouvernement du président Assad ont vu pour la première fois qu’il serait possible de renverser le régime en Syrie sans recourir au levier militaire en évitant les coûts de la guerre. En revanche, ils ont attisé les divergences internes et ont accordé une vaste soutien diplomatique, financier et militaire aux groupes armés opposés au gouvernement syrien. En permettant aux groupes liés à al-Qaïda a développer leur présence en Syrie, ils ont utilisé le terrorisme pour faire pression sur Damas. Des pays comme les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, Israël, le Qatar, la Tuquie et l’Arabie saouditeont formé une alliance non déclarée pour coordonner leurs aides financières et militaires aux rebelles syriens. Il est intéressant de savoir que les Etats-Unis cherchent en même temps de choisir leur futur interlocuteur parmi les groupes d’opposition au gouvernement actuel de la Syrie. Par exemple, le Département d’Etat américain a intégré le nom du Front Al-Nousrah dans sa liste d’organisation terroriste. Cette décision a été prise lorsque ce groupe armé s’est opposés à la formation de la Coalition nationale syrienne (opposition) à Doha, capitale du Qatar, sous l’égide des Etats-Unis.
Les ennemis extérieurs du gouvernement du président Bachar al-Assad sont si sûrs de leur victoire finale sur Damas, qu’ils n’hésitent pas dès maintenant de choisir le groupe qui devrait prendre le pouvoir en Syrie après la chute du gouvernement actuel. Aussi, lors d’une interview avec la chaîne ABC, le président américain, Barack Obama, a prétendu que la coalition des opposants au gouvernement de Damas représentait largement le peuple syrien. Il a voulu ainsi justifier sa décision de reconnaître officiellement la Coalition nationale syrienne (opposition). En effet, il s’agit d’un risque très calculé du gouvernement américain pour accélérer le renversement du régime syrien, d’autant plus que cette décision justifierait des aides militaires des Etats-Unis aux rebelles syriens.
http://french.irib.ir

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