06 mai 2011
Amman – Au cours de ces cinq dernières années, les Américains et leurs alliés nous ont souvent parlé d’un nouveau Moyen-Orient, tel qu’ils le percevaient. Ce qui se passe en ce moment dans le monde arabe est bien nouveau mais ce nouveau souffle émane des Arabes. Ce changement positif a commencé en Tunisie pour s’étendre ailleurs. Jusqu’où cela ira ? Nous ne le savons pas encore.
Bien que ce nouveau souffle dans le monde arabe ne soit pas encore bien défini, et que le Bahreïn, la Libye, la Syrie et le Yémen soient encore en proie à de terribles violences, un changement est en cours. On le voit au niveau de l’économie, de la politique et de la réaction des gouvernements face aux demandes de leurs citoyens ; la voie s’ouvre pour une vraie démocratie dans les pays arabes où les révoltes ont abouti.
C’est l’idée de se sacrifier pour les autres qui est à l’origine de ce vent nouveau. Tout a commencé quand Mohamed Bouazizi , simple citoyen tunisien, s’est immolé par le feu. Son acte est devenu alors le symbole de la révolution et continue d’être le cri de ralliement de milliers d’autres citoyens arabes, qui manifestent dans les rues, jour après jour, pour réclamer le changement. Ces manifestants sont tout à fait conscients des dangers qu’ils courent mais prennent tout de même le risque de se faire arrêter ou de se faire tirer dessus. Ils savent qu’en se sacrifiant, ils feront gagner à d’autres la dignité et la liberté.
La notion de respect, c’est ce qui ressort principalement de ce nouvel état d’esprit arabe. Les manifestants égyptiens de la Place Tahrir ont nettoyé les lieux derrière eux pour montrer qu’ils respectaient leur environnement. Cette idée de respect s’étend ensuite aux autres ; l’illustration évidente en est la barrière humaine formée par les Egyptiens chrétiens pour protéger les manifestants musulmans contre tous ceux qui s’attaquaient à eux. Il faut rappeler qu’avant la révolution, des musulmans avaient fait preuve de la même solidarité, en défendant une église chrétienne et ses occupants contre d’éventuelles attaques.
En Libye et au Yémen, les chefs tribaux ont abandonné leurs armes par respect pour la nature pacifique des manifestations auxquelles ils participent. Traditionnellement, ces hommes portent toujours une arme - un pistolet ou un petit sabre - en symbole de leur virilité. Mais à l’occasion des rassemblements de ces derniers jours, ils ont laissé leur arme de côté en signe de paix et de respect pour les autres manifestants.
Ce qui frappe le plus dans le changement en cours dans le monde arabe, ce sont les efforts que les gouvernements déploient particulièrement dans le domaine de la loi et de la constitution.
L’Egypte s’est dotée d’une constitution temporaire qui contient 62 articles, dont huit proviennent de la constitution de 1971, ceux-ci ont été amendés suite au référendum du 19 mars. Un article prévoit la réduction du mandat présidentiel de six à quatre ans. En Tunisie, les gens éliront une assemblée le 24 juillet prochain en vue d’une réforme constitutionnelle. Le souverain marocain Mohammed VI a quant à lui, déclaré qu’il renoncerait à son droit de désigner le premier ministre ; celui-ci sera désormais nommé par le parlement.
Les changements économiques et sociaux reflètent aussi la transformation qui est en train de se produire dans le monde arabe. Pour éviter les manifestations, les autorités de certains pays ont décidé d’améliorer les conditions de vie de leurs citoyens.
En Arabie saoudite, tous les fonctionnaires ont vu leur salaire augmenter et le salaire minimum a été fixé à 800 dollars US par mois, la notion de salaire minimum n’existant pas jusque-là. À l’instar d’autres pays qui ont fait des efforts de ce genre, l’Arabie saoudite essaie de maintenir le statu quo au moyen de ce type de changements. Même si ce sont là des initiatives positives, il faudrait passer à des mesures plus significatives permettant une vraie évolution vers un système politique démocratique.
Enfin, ce nouveau souffle a montré que la société arabe dans son ensemble croie en sa jeune génération et en son aptitude à diriger la révolution et reconnaît ses mérites. Cette reconnaissance des jeunes vient après de longues années de marginalisation, durant lesquelles on pensait que ces derniers ne s’intéressaient qu’à leurs petits problèmes - leurs histoires de cœur et l’Internet. En réalité, les pays qui ont été au cœur de ces révolutions s’y réfèrent en employant l’expression : « révolutions de la jeunesse ».Un vent nouveau souffle sur le monde arabe et c’est un vent de démocratie.
La notion de respect, c’est ce qui ressort principalement de ce nouvel état d’esprit arabe. Les manifestants égyptiens de la Place Tahrir ont nettoyé les lieux derrière eux pour montrer qu’ils respectaient leur environnement. Cette idée de respect s’étend ensuite aux autres ; l’illustration évidente en est la barrière humaine formée par les Egyptiens chrétiens pour protéger les manifestants musulmans contre tous ceux qui s’attaquaient à eux. Il faut rappeler qu’avant la révolution, des musulmans avaient fait preuve de la même solidarité, en défendant une église chrétienne et ses occupants contre d’éventuelles attaques.
En Libye et au Yémen, les chefs tribaux ont abandonné leurs armes par respect pour la nature pacifique des manifestations auxquelles ils participent. Traditionnellement, ces hommes portent toujours une arme - un pistolet ou un petit sabre - en symbole de leur virilité. Mais à l’occasion des rassemblements de ces derniers jours, ils ont laissé leur arme de côté en signe de paix et de respect pour les autres manifestants.
Ce qui frappe le plus dans le changement en cours dans le monde arabe, ce sont les efforts que les gouvernements déploient particulièrement dans le domaine de la loi et de la constitution.
L’Egypte s’est dotée d’une constitution temporaire qui contient 62 articles, dont huit proviennent de la constitution de 1971, ceux-ci ont été amendés suite au référendum du 19 mars. Un article prévoit la réduction du mandat présidentiel de six à quatre ans. En Tunisie, les gens éliront une assemblée le 24 juillet prochain en vue d’une réforme constitutionnelle. Le souverain marocain Mohammed VI a quant à lui, déclaré qu’il renoncerait à son droit de désigner le premier ministre ; celui-ci sera désormais nommé par le parlement.
Les changements économiques et sociaux reflètent aussi la transformation qui est en train de se produire dans le monde arabe. Pour éviter les manifestations, les autorités de certains pays ont décidé d’améliorer les conditions de vie de leurs citoyens.
En Arabie saoudite, tous les fonctionnaires ont vu leur salaire augmenter et le salaire minimum a été fixé à 800 dollars US par mois, la notion de salaire minimum n’existant pas jusque-là. À l’instar d’autres pays qui ont fait des efforts de ce genre, l’Arabie saoudite essaie de maintenir le statu quo au moyen de ce type de changements. Même si ce sont là des initiatives positives, il faudrait passer à des mesures plus significatives permettant une vraie évolution vers un système politique démocratique.
Enfin, ce nouveau souffle a montré que la société arabe dans son ensemble croie en sa jeune génération et en son aptitude à diriger la révolution et reconnaît ses mérites. Cette reconnaissance des jeunes vient après de longues années de marginalisation, durant lesquelles on pensait que ces derniers ne s’intéressaient qu’à leurs petits problèmes - leurs histoires de cœur et l’Internet. En réalité, les pays qui ont été au cœur de ces révolutions s’y réfèrent en employant l’expression : « révolutions de la jeunesse ».Un vent nouveau souffle sur le monde arabe et c’est un vent de démocratie.
Mahmoud Amin Hishmeh
Source : Service de Presse de Common Ground (CGNews)

