mardi 4 octobre 2011

Mouvement populaire aux Etats-Unis : Les Indignés de Wall Street

04 octobre 2011
La révolution du Jasmin semble se propager jusqu’au pays de l’oncle Sam. Depuis presque trois semaines, des manifestants campent dans un square près de Wall Street, à New York, pour protester contre l’emprise des banques et du grand capital et la situation économique inquiétante. « Nous sommes les 99 % de la population qui ne tolérons plus la rapacité et la corruption des 1 % restants. Nous nous servons des tactiques révolutionnaires du Printemps arabe pour arriver à nos fins et nous encourageons l’usage de la non-violence », explique le site du mouvement OccupyWallSt.org. Tout a commencé en juillet par un appel d’Adbusters, un magazine canadien anticonsumériste, qui poste sur son site un appel à manifester contre Wall Street et les banques qui ont renoué avec des bénéfices obscènes et les pratiques douteuses après avoir profité du renflouement public. Dans la foulée, un groupe new-yorkais organise une manifestation le 17 septembre devant Wall Street. Leur objectif est d’occuper la rue, mais la police les repousse : ils vont s’installer dans Zuccotti Park, un petit square non loin de là, qu’ils rebaptisent « square de la Liberté » en référence à la célèbre place du Caire.
Depuis ils occupent le coin et leur nombre ne cesse de grandir. Au départ, ils étaient entre 100 et 300, mais ce week-end plusieurs milliers sont venus défiler et le mouvement de rébellion fait tache d’huile dans tout le pays : Boston, Chicago… La plupart sont jeunes, beaucoup d’étudiants et de chômeurs. Ils viennent grossir l’habituelle foule d’altermondialistes et de vieux hippies. L’occupation du square a d’ailleurs une atmosphère festive à la Mai 68 avec des joueurs de guitare et des gens qui chantent. Hier, ils ont défilé déguisés en « capitalistes zombies », en costume-cravate et maquillés de blanc, en train de mastiquer de faux billets de banque.
Malgré ses dires, le mouvement Occupy Wall Street n’a qu’un lointain rapport avec les révoltes arabes. Et pas seulement parce que les manifestants de New York ne risquent pas leur peau. Certes, beaucoup de ses membres sont jeunes, désenchantés et leur coalition n’a pas de leader. Mais ils n’ont pas de revendications claires. C’est une collection de frustrations diverses. Frustration contre le système capitaliste et les grands groupes qui ont trop de pouvoir et limitent le droit des syndicats, révolte contre les patrons de banques et leurs bonus « exorbitants », contre les entreprises qui ont « empoisonné la chaîne alimentaire par négligence » et surtout anxiété face au manque d’emplois.
Les rassemblements ont été à peu près pacifiques jusqu’au week-end dernier. 700 militants ont en effet été arrêtés pour avoir bloqué la circulation sur le pont de Brooklyn, refusant de prendre le passage pour les piétons malgré les mises en garde de la police. Dans le même temps se sont tenues des manifs à Chicago, Boston, Los Angeles et dans d’autres villes. Du coup, après avoir longtemps ignoré le mouvement, dont ils ne savent pas très bien quoi penser, tous les médias se mettent à en parler. Susan Sarandon et Michael Moore sont venus faire un tour et le financier milliardaire George Soros a déclaré sa sympathie aux militants.
http://www.montrealarabic.com/wp/wp-content/uploads/2011/10/prix_nobel_2011_supernova.jpg

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