lundi 14 juillet 2014

Palestine : Les bombes chutent sur Ghaza, les masques tombent ailleurs.Où sont passés Youssef Al Karadaoui, et les «valeurs humaines» citées par les Etats-Unis

L'organisation terroriste «Etat Islamique en Irak et au Levant (EIIL ou «Daech») qui sévit en Syrie, commet les pires massacres en terre irakienne sans que les puissances internationales «démocratiques» interviennent.
L'armée israélienne commet des carnages contre la population civile de Ghaza sans que les Organisations non gouvernementales (ONG) des droits de l'homme, qui n'hésitent pas à hausser le ton lorsqu'il s'agit de critiquer l'Algérie ou de s'en prendre à la Syrie, ne réagissent pour dénoncer les tueries ordonnées par Netanyahu.
Les masques tombent. Ils atterrissent bas lorsque «Daech» a précisé dans un communiqué posté sur son compte Twitter que «dans le Saint Coran, Allah ne nous a pas ordonné de combattre Israël».
Allah n'a également pas ordonné à cette organisation terroriste de décapiter des civils musulmans en Syrie, au Liban et en Irak, faut-il rappeler à l'EIIL.
Cette organisation terroriste préfère mener le  «djihad» contre les musulmans.
Il ne s'agit surtout pas là d'inciter à la violence contre les juifs ou contre quiconque autre peuple, groupe ou individu. Dieu a recommandé la paix avec le peuple juif et tous les peuples du monde, appelant à l'amour et la fraternité avec tous les peuples et toutes les nations qui aspirent à la paix.
Il est question, ici, de s'interroger sur le comportement complice de certains Etats et ONG internationales des droits de l'homme qui n'hésitaient pas à mobiliser de nombreux médias dans le monde pour relayer leurs critiques envers un pays ciblé s'appelant Algérie ou la Syrie.
Comme il est à s'interroger sur le silence mystérieux de l'Arabie saoudite qui faisait preuve de «courage» en appelant le monde à armer davantage les «rebelles» sévissant en Syrie.
L'Arabie saoudite a perdu ce «courage» face à Israël, préférant se cantonner dans un mutisme complice que de fâcher Netanyahu. Le roi de la Jordanie, qui, dans son effort à plaire à Washington, a mis les territoires de son pays au service des «rebelles» syriens dont le but est la destruction de la Syrie, fait preuve de moins d'ardeur quand il s'agit de dénoncer les massacres perpétrés par Israël, préférant se cloîtrer sur lui-même au lieu de déplaire au Premier ministre israélien. Une autre «énigme» : Youssef Al Karadaoui.
Ce dernier qui a émis, publiquement, et à travers la chaîne de télévision satellitaire Al Jazeera une «fetwa» rendant «licite» l'assassinat de Mouammar Al Kadhafi, et autorisant également l'assassinat de Bachar Al Assad, ne s'est pas encore prononcé, du moins jusqu'à hier en milieu d'après-midi, contre les massacres perpétrés par l'armée israélienne à Ghaza. Youssef Al Karadaoui, qui avait soutenu le «djihad» en Syrie, favorisant les terroristes qui sévissent dans ce pays, s'est confiné dans un silence troublant, au moment où enfants et personnes âgées sont massacrés à Ghaza par l'armée coloniale israélienne à coups de missiles. Certaines puissances mondiales, comme les Etats-Unis d'Amérique qui, pourtant, prônent l'universalité des valeurs humaines, la paix et la cohabitation pacifique, soutiennent Israël dans ces massacres, assumant, devant l'histoire, une très grande responsabilité dans ces crimes contre l'humanité.
Les Etats-Unis d'Amérique qui ont opposé de nombreuses fois le veto au Conseil de sécurité de l'ONU, en faveur d'Israël, et qui prévoient des offensives militaires et bombardements quand le pays ciblé s'appelle Syrie, encouragent l'armée israélienne dans son agression contre le peuple palestinien, l'assurant de l'impunité aux Nations unies.
On est en doit de dire que les USA et ses ONG relais (Amnesty International, Freedom House, Human Rights Watch…) ne sont plus crédibles aux yeux de l'opinion internationale et même responsables de ce qui ce passe actuellement à Ghaza.
Slimane Laouari
Source : Le Temps d’Algerie

dimanche 13 juillet 2014

Le « Kurdistan », version israélienne…Le peuple kurde aurait bien tort de croire que le « Kurdistan » que leur proposent les Israéliens et les Turcs sera celui auquel ils aspirent.


Lorsque David Ben Gourion proclama unilatéralement l’État d’Israël, sa défense supposait que l’on créée une zone de sécurité autour de lui. C’était l’application de la stratégie européenne des « marches » : les guerres israéliennes tentaient d’étendre son territoire et, à défaut, de démilitariser les zones situées à sa frontière. Cependant, avec l’apparition et la généralisation des missiles, le gel des « marches » ne garantit plus grand-chose. De sorte qu’en 1999, Israël hésita à restituer le Golan et qu’en 2000, il préféra se retirer du Sud-Liban plutôt que de continuer à subir le harcèlement du Hezbollah.
Progressivement, une autre doctrine militaire s’est imposée : la sécurité d’un territoire dépendrait de la capacité à détruire de plus loin les missiles le menaçant. Il faut alors non seulement démilitariser ses « marches » pour se protéger d’une invasion terrestre, mais aussi constituer un cercle de protection au-delà des États ennemis pour neutraliser la menace des missiles. D’où la création du Soudan du Sud (2011) et bientôt du Kurdistan (2015 ?). De la sorte, Israël pourra menacer à la fois l’Égypte, la Syrie et le Liban.
L’expérience du Soudan du Sud montre le caractère artificiel de ces création. Il s’agit pour le moment d’un État sans État, d’une zone de non-droit occupée par l’armée israélienne.
Du point de vue états-unien, la création du Kurdistan est une étape du remodelage du « Proche-Orient élargi » (Greater Middle East), c’est-à-dire de la division de la région en micro-États ethniquement homogènes, faciles à dominer. C’est pourquoi le Pentagone s’est placé aux abonnés absents. Lors de la réunion à huis-clos au cours de laquelle le secrétaire à la Défense Chuck Hagel et le chef d’état-major, le général Martin Dempsey, sont venus expliquer aux parlementaires du Congrès la situation en Irak, ils ont non seulement prétendu avoir perdu le dossier d’Abou Bakr al-Baghdadi (et donc ignorer pourquoi ils l’avaient arrêté en 2004 et pourquoi ils l’ont relâché quelques mois plus tard) , mais ont admis n’avoir aucun plan d’intervention et laisser le champ entièrement libre à l’Émirat islamique et au Kurdistan.
Du point de vue turc, ce « Kurdistan » est également une aubaine pour régler son problème kurde. Le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a soufflé toute l’opération aux oreilles de la famille Barzani. Par ailleurs, il vient de faire voter par son Parlement une loi autorisant à négocier avec les Kurdes de Turquie : les parlementaires qui contribueront à désarmer et à intégrer les rebelles seront exonérés de poursuites judiciaires . Le Premier ministre espère être élu président avec les voix des Kurdes de Turquie qui le remercieraient ainsi de patronner le « Kurdistan » à l’étranger. Bien évidemment, il est peu probable qu’il poursuivra son ouverture une fois élu.
Le peuple kurde aurait bien tort de croire que le « Kurdistan » que leur proposent les Israéliens et les Turcs sera celui auquel ils aspirent. À l’opposé de leur ancêtre Saladin le Magnifique qui libéra et unifia le Levant, le clan Barzani les séparera des autres populations de la région, arabes, Arméniens, etc. et les transformera en supplétifs de l’apartheid.
Tandis que sur Internet, les membres du PDK débattent de leur future monnaie, le Kuro , les Barzani agissent déjà comme s’ils avaient gagné avec l’aide israélienne. Ils ont envoyé les peshmergas s’emparer des champs pétroliers de Bai Hassan et de Kirkouk —prétendument pour les sécuriser des manœuvres de Bagdad— et en expulser les ouvriers arabes .
À n’en pas douter, le projet israélien des Barzani suppose un nettoyage ethnique qui ne fait que commencer.
Déjà le PKK d’Abdullah Öcalan a appelé à ne pas tomber dans le piège. Il a publié un extrait de la réunion secrète qui s’est tenue le 1er juin à Amman, au cours de laquelle les groupes islamistes armés et le PDK de Massoud Barzani ont conclu leur alliance et planifié l’attaque coordonnée de l’Irak [7]. Le PKK appelle à une mobilisation générale du peuple kurde contre le projet israélien des Barzani.
De son côté, le Premier ministre irakien, Nouri al-Maliki, a révélé que son armée ne pouvait pas attaquer le haut-commandement de l’Émirat islamique… parce que celui-ci était hébergé à Erbil et protégé par le gouvernement local du Kurdistan.
Deux lignes s’opposent donc, mais seul le peuple kurde peut faire échouer le plan israélien.
Thierry Meyssan
Source
Al-Watan (Syrie)



Palestine - Le droit de Gaza à résister au terrorisme israélien… Répondre à l’appel à la solidarité du peuple palestinien signifie de défendre son droit à résister à la terreur exercée par Israël.





Les attaques meurtrières d’Israël contre Gaza atteignent des degrés de barbarie rarement atteints récemment. Tirant prétexte de l’enlèvement et de l’assassinat de 3 jeunes israéliens et compte tenu de la doctrine qui veut qu’une vie israélienne vaut des dizaines de vies palestiniennes, l’Etat sioniste agresse le territoire occupé de la façon la plus outrageuse possible. On vient de passer le cap de la centaine de victimes à Gaza.  
Le gouvernement Nétanyahou cherche par ces opérations à couvrir les rumeurs de corruption qui circulent dans la société israélienne. Toute cette opération reçoit le soutien du gouvernement canadien qui, par l’entremise du ministre des Affaires étrangères John Baird, réitère son soutien aveugle à Israël. Nous vous présentons un article tiré du Socialist Worker (États-Unis) de 2012 qui revient sur le principe du droit à l’autodéfense des citoyenNEs de Gaza face aux attaques sionistes.

La nouvelle guerre déclenchée par Israël contre la population palestinienne de Gaza remet en évidence l’hypocrisie et cynisme des gouvernements occidentaux et des médias, qui répètent jusqu’à la nausée leur discours sur « le droit d’Israël à se défendre ». Contre cette inversion orwellienne de la réalité – étant militairement occupés, ce sont bel et bien les Palestiniens qui jouissent de ce droit -, nous reproduisons ci-dessous un article de Sherry Wolf - rédigé en 2012 lors d’une précédente agression militaire contre Gaza - qui réaffirme l’importance de lier la solidarité avec le peuple palestinien avec le soutien à sa légitime résistance, y compris armée. (Avanti4.be)
 Des 1,7 millions d’habitants qui vivent sous la terreur d’Israël à Gaza, 44% - soit environs 730.000 – ont moins de 14 ans. La Bande Gaza a 360 kilomètres carrés, presque la taille d’une ville comme Philadelphie, et se trouve entourée sur trois côtés par la frontière la plus militarisée du monde, tandis que sur la côte les navires israéliens patrouillent sur la mer méditerranée. Un simple coup d’œil objectif permet de comprendre que la Bande de Gaza n’est rien d’autre qu’une immense prison à ciel ouvert.


Il y a plus d’un air de ressemblance avec « 1984 », l’œuvre fameuse de George Orwell sur « Big Brother », lorsque le président Barack Obama déclare qu’ « Il n’existe aucune nation au monde qui tolérerait que des missiles étrangers tombent sur ses citoyens. Nous soutenons donc complètement le droit d’Israël à se défendre des missiles qui tombent sur les maisons de son peuple ».

En d’autres mots : Israël, qui possède l’arme nucléaire et a l’une des armées les plus puissantes du monde, a le droit de « se défendre ». Mais les détenus dans la prison de Gaza n’ont visiblement pas ce droit. L’argument d’Obama met la vérité et la justice sur leurs têtes. (…)

Une question de principe

Le droit des Palestiniens à résister à la terreur exercée par l’armée israélienne doit être défendu en tant que principe par tous ceux qui sont du côté des opprimés. (…) Des personnes qui vivent sous une occupation militaire ont parfaitement le droit de s’y opposer et les activistes solidaires doivent sans hésitation défendre ce droit.

Certains Occidentaux, bien qu’effrayés par les attaques d’Israël contre Gaza, sont réticents à défendre le droit du Hamas à tirer des roquettes sur Israël. Néanmoins, que les activistes solidaires soient d’accord ou pas avec les tactiques du Hamas n’a aucune importance : ce n’est pas nous qui devons souffrir des bombardements et de l’occupation israélienne.

Dénoncer l’horreur de l’agression par l’occupant tout en niant le droit des occupés à utiliser tous les moyens à leur portée pour se révolter, ce n’est pas faire de la solidarité, c’est exprimer de la peine.

Les Palestiniens qui vivent depuis des années dans une prison sans accès suffisant à la nourriture, aux médicaments, aux infrastructures et sans rien qui ressemble à une vie digne n’ont pas besoin de notre peine. Ils ont besoin de notre soutien actif dans leur lutte pour l’autodétermination.

Dans les médias on présente le Hamas comme une organisation de fous islamistes opposés à toute modernité, des gens acharnés à détruire Israël et qui sont misogynes et homophobes jusqu’à la moelle. Depuis sa création en 1987, avec le début de la première Intifada, le Hamas a en fait combiné les aspirations d’un mouvement de libération nationale avec les principes de l’Islamisme moderne. Il défend des positions socialement réactionnaires, tout comme les Juifs orthodoxes et les groupes chrétiens évangélistes américains – bien qu’à la différence de ces derniers ; le Hamas n’est pas contre la science.

Un symbole de détermination contre l’oppression

La réalité est que le Hamas a été démocratiquement élu à Gaza – il a gagné les élections au Conseil Législatif Palestinien en 2006 lors de scrutins jugés justes et propres par les observateurs internationaux. Ni Israël, ni les Etats-Unis n’ont apprécié le résultat de ces élections démocratiques et leur riposte fut la mise en place d’un blocus de Gaza et la punition collective continue de sa population pour le « crime » d’avoir voté pour le « mauvais » parti.

Dans de telles circonstances, la résistance militaire du Hamas à l’occupation israélienne est une source de fierté pour les Palestiniens. Les militants du Hamas n’ont sans doute pas une armée qui puisse se comparer avec la machine meurtrière de l’Etat israélien, équipé jusqu’aux dents avec la technologie la plus avancée du complexe militaro-industriel des Etats-Unis, mais leur résistance armée constitue toujours un symbole de détermination des Palestiniens à ne pas céder devant l’oppression et la violence.

Toute défense du droit à l’autodétermination du peuple palestinien doit inclure son droit de choisir sa propre direction et le droit d’organiser sa riposte au massacre perpétré par l’armée israélienne.

Au moment le plus aigu de l’occupation étasunienne de l’Irak, des activistes anti-guerre aux Etats-Unis exprimèrent des positions similaires sur la résistance irakienne. Une réponse claire à ces doutes fut avancée par Arundhati Roy, la célèbre écrivaine et activiste indienne. Ses paroles sont tout aussi pertinentes aujourd’hui : « Les mouvements de résistance (irakiens) combinent une grande variété de factions hétérogènes. Des ex-baathistes, des libéraux, des islamistes, des collaborateurs déçus, des communistes, etc. Bien entendu, ils sont également entachés par l’opportunisme, les rivalités locales, la démagogie et la criminalité. Mais si on ne se solidarise seulement qu’avec des mouvements purs, aucune résistance ne méritera jamais notre pureté. Avant de décréter comment la résistance irakienne parfaite devrait livrer sa bataille séculière, féministe, démocratique et pacifique, nous devons renforcer notre propre lutte de résistance en faisant pression sur le gouvernement des Etats-Unis et sur ses alliés pour qu’ils se retirent d’Irak ».

De la même manière, les Palestiniens qui vivent sous la botte d’une occupation brutale – et maintenant d’une guerre ouverte contre Gaza – n’attendent pas l’approbation idéologique du monde. Au contraire, ils exigent que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour contribuer à en finir avec leurs souffrances et pour arrêter les bombardements, le blocus et l’occupation.

Répondre à l’appel à la solidarité du peuple palestinien signifie de défendre son droit à résister à la terreur exercée par Israël.



Source : http://socialistworker.org/2012/11/20/gazas-right-to-resist

Traduction française et intertitres pour Avanti4.be : G. Cluseret.

mercredi 9 juillet 2014

Tunisie : Le jeûne mortel des ouvrières de Latelec n’émeut pas les patrons français !



18e jour de la grève de la faim. Dans l’indifférence totale du gouvernement en place, de l’UGTT*, de l’ANC** et d’une grande partie de la société civile, les ouvrières de SEA Latelec-Fouchana risquent le tout pour le tout. Les négociations se mènent, jusqu’ici, aux conditions des patrons français qui persistent à refuser la réintégration des ouvrières licenciées.
Fragilisée par ses problèmes de santé, Sonia Jebali voit sa santé se détériorer de jour en jour.
Le médecin m’a sommé, hier, d’arrêter ma grève de la faim en me prévenant que je risque une crise cardiaque ou l’arrêt d’un rein, à n’importe quel moment. En plus de mon anémie, je suis sous traitement pour une maladie auto-immune. Depuis deux semaines, j’ai arrêté ce traitement et mes lésions cutanées me font souffrir de plus en plus. Malgré tout ça, je ne vais pas arrêter la grève de la faim jusqu’à la réintégration des ouvrières dans leur usine.
Sonia Jebali, déléguée syndicale et gréviste.

 Déterminées, Sonia et ses camarades n’arrêteront pas la grève de la faim, même après que l’UGTT a annoncé une grève générale dans la zone industrielle de Ben Arous, les 16 et 17 juillet prochain. En fait, les grévistes n’ont plus confiance dans ce syndicat qui les a lâchées, lors des précédentes négociations, en signant pour valider leur licenciement.
"Pour le moment, on n’a pas réussi à trouver un compromis. Il n’y a pas assez de soutien à notre cause. Ainsi, le bureau régional exécutif de Ben Arous nous a rendu visite, seulement au dixième jour de la grève. Maintenant, je préfère garder les choses en main et continuer la grève pour maintenir la pression. Et je tiens tout le monde pour responsable, s’il m’arrivait malheur", conclut la déléguée syndicale.
C’est en 2005, avec l’implantation de Latelec en Tunisie, que ces ouvrières ont été embauchées dans des conditions précaires. Non seulement, leurs salaires mensuels ne dépassaient pas les 200 dinars*** (bien au dessous du Smig tunisien qui est passé, en 2012, de 300 à 320 dinars), mais elles étaient, en plus, victimes de harcèlement moral et sexuel, d’intimidations et de racisme. C’est ce qui les décide, en 2011, s’organiser dans un syndicat qui a réuni la majorité de la main-d’œuvre de l’usine. En contrepartie, les patrons français ont commencé à déployer toutes les méthodes de pression imaginables pour diviser le mouvement et faire taire les voix contestataires. Au bout de plusieurs mois de lutte, les ouvrières ont réussi, en mai 2012, à obtenir gain de cause en recouvrant une partie de leurs droits (augmentation de salaire, payement des heures supplémentaires et couverture sociale), ainsi que la réintégration des travailleurs qui avaient été licenciés pour donner l’exemple.
Beaucoup ignorent que la majorité des syndicalistes qui s’opposent à l’exploitation des patrons finissent par être licenciés. Après quoi, la liste des noms des « fauteurs de trouble » fait le tour des usines pour intimider les ouvriers qui seraient, des fois, tentés de se révolter. Pour l’heure, en attendant que la direction de l’usine réagisse, les grévistes risquent à tout moment de succomber à leur jeûne mortel, là-bas au local de l’UGET****, non loin de la Kasbah, du Bardo***** et du ministère des Affaires sociales.
On signalera encore une autre grève de la faim, celle d’un ouvrier de la société Leman Industrie qui en est à son 15e jour de grève pour revendiquer, lui aussi, son droit à la réintégration.
 Source : TLAXCALA

Mali - Alors que la guerre continue au Mali, les créanciers réclament le remboursement…. le FMI exerce une pression constante sur le Gouvernement malien pour qu’il privatise l’énergie du Mali (EDM) et augmente le coût de consommation pour les abonnés.





Alors que la guerre continue au Mali, les créanciers réclament le remboursement des dettes et instrumentalisent l’« aide » pour leurs propres intérêts.
La guerre qui continue au Nord du Mali n’a aucune incidence sur le comportement des créanciers qui continuent d’exiger le remboursement de la dette malienne. Comble du cynisme : ces même créanciers prétendent aider le Mali à se « reconstruire et se développer ». 3,25 milliards d’euros (environ 2 128 milliards de FCFA) ont été ainsi promis en mai 2013 par 80 pays et 28 organisations internationales. Le 15 mai dernier, ils se sont réunis à Bamako sous la coprésidence de la Commission européenne, de la France et du Mali pour assurer le suivi de cette « aide ». Mais de quelle aide parle-t-on ?
Sur les fonds déjà décaissés, les deux tiers ont été utilisés au nom du Mali mais sans passer par le Trésor public malien et sans qu’on connaisse sa destination ! De plus, cet argent utilisé sans le consentement du peuple malien et qui a pu servir en partie des intérêts privés constitue une dette à charge de la population. En effet, une partie de cette prétendue « aide » est composée en partie de prêts qui augmentent donc la dette du Mali. À titre d’exemple, 36% de l’ « aide » promise par la France constitue des prêts sous conditions. Cette part s’élève même à 78% pour l’ « aide » promise par la Banque mondiale et 100% pour le FMI !
La partie composée de dons est, quant à elle, extrêmement critiquable puisque des dons ayant servi à financer des projets déjà arrivés à leur terme comme la construction de la route Tombouctou-Gomacoura, financée par l’Union européenne, sont comptabilisés une deuxième fois dans ces 3,25 milliards d’euros d’« aide ».
Enfin, une partie de cette « aide » repart directement dans les poches des créanciers étrangers car les autorités maliennes se sont engagées en 2013 dans une lettre d’intention envoyée au FMI à rembourser la dette en priorité. Soulignons que cette lettre d’intention a été signée en pleine crise sécuritaire et qu’elle méprise les préoccupations de la population. L’augmentation des revenus des travailleurs, la promotion des industries nationales pour créer des emplois, l’accès aux services sociaux de base de qualité, la promotion des énergies renouvelables devraient compter parmi les priorités du gouvernement. Soulignons que l’obligation pour un État de respecter des droits humains est une obligation supérieure à celle de rembourser ses créanciers.
Pour le CADTM, cette lettre d’intention dictée par le FMI est illégitime et ne doit pas donc pas être appliquée. D’une part, elle viole les droits du peuple malien et d’autre part, elle ne repose sur aucune légitimité démocratique puisqu’elle a été signée par un gouvernement provisoire avec la complicité du FMI.
Rappelons que le FMI exerce une pression constante sur le Gouvernement malien pour qu’il privatise l’énergie du Mali (EDM) et augmente le coût de consommation pour les abonnés.
Épinglons également la schizophrénie de cette organisation internationale qui, d’un côté, critique le fait que les entreprises ne paient pas assez de taxes, et de l’autre, exigent du gouvernement qu’il accorde des exonérations fiscales aux multinationales.
Enfin, il n’appartient pas au FMI d’exiger la revente du nouvel avion présidentiel. Ce droit revient exclusivement au peuple malien.
Le réseau CADTM exige :
• la fin des conditionnalités imposées par les créanciers
• l’annulation sans condition de toutes les dettes illégitimes comme celles qui ne servent pas les intérêts de population et celles qui n’ont pas été approuvées par les élus ;
• que l’aide internationale soit composée uniquement de dons
• la réelle implication des acteurs de la société civile malienne dans la gestion des fonds
• que le budget de l’agriculture soit consacré prioritairement aux besoins cruciaux des agricultures paysannes vivrières occupant environ 95% des actifs agricoles. Ce modèle agricole autonome reste le seul système agraire respectueux du climat et de l’environnement et du droit à la vie pour tous – du vivre ensemble.
CADTM international