Les attaques meurtrières d’Israël contre Gaza atteignent des degrés de barbarie rarement atteints récemment. Tirant prétexte de l’enlèvement et de l’assassinat de 3 jeunes israéliens et compte tenu de la doctrine qui veut qu’une vie israélienne vaut des dizaines de vies palestiniennes, l’Etat sioniste agresse le territoire occupé de la façon la plus outrageuse possible. On vient de passer le cap de la centaine de victimes à Gaza.
Le gouvernement Nétanyahou cherche par ces opérations à couvrir les
rumeurs de corruption qui circulent dans la société israélienne. Toute cette
opération reçoit le soutien du gouvernement canadien qui, par l’entremise du
ministre des Affaires étrangères John Baird, réitère son soutien aveugle à
Israël. Nous vous présentons un article tiré du Socialist Worker (États-Unis)
de 2012 qui revient sur le principe du droit à l’autodéfense des citoyenNEs de
Gaza face aux attaques sionistes.
La nouvelle guerre déclenchée par Israël
contre la population palestinienne de Gaza remet en évidence l’hypocrisie et
cynisme des gouvernements occidentaux et des médias, qui répètent jusqu’à la
nausée leur discours sur « le droit d’Israël à se défendre ». Contre cette
inversion orwellienne de la réalité – étant militairement occupés, ce sont bel
et bien les Palestiniens qui jouissent de ce droit -, nous reproduisons
ci-dessous un article de Sherry Wolf - rédigé en 2012 lors d’une précédente
agression militaire contre Gaza - qui réaffirme l’importance de lier la
solidarité avec le peuple palestinien avec le soutien à sa légitime résistance,
y compris armée. (Avanti4.be)
Des 1,7 millions d’habitants qui vivent
sous la terreur d’Israël à Gaza, 44% - soit environs 730.000 – ont moins de 14
ans. La Bande Gaza a 360 kilomètres carrés, presque la taille d’une ville comme
Philadelphie, et se trouve entourée sur trois côtés par la frontière la plus
militarisée du monde, tandis que sur la côte les navires israéliens
patrouillent sur la mer méditerranée. Un simple coup d’œil objectif permet de
comprendre que la Bande de Gaza n’est rien d’autre qu’une immense prison à ciel
ouvert.
Il y a plus d’un air de ressemblance
avec « 1984 », l’œuvre fameuse de George Orwell sur « Big Brother », lorsque le
président Barack Obama déclare qu’ « Il n’existe aucune nation au monde qui
tolérerait que des missiles étrangers tombent sur ses citoyens. Nous soutenons
donc complètement le droit d’Israël à se défendre des missiles qui tombent sur
les maisons de son peuple ».
En d’autres mots : Israël, qui possède
l’arme nucléaire et a l’une des armées les plus puissantes du monde, a le droit
de « se défendre ». Mais les détenus dans la prison de Gaza n’ont visiblement
pas ce droit. L’argument d’Obama met la vérité et la justice sur leurs têtes.
(…)
Une question de principe
Le droit des Palestiniens à résister à
la terreur exercée par l’armée israélienne doit être défendu en tant que
principe par tous ceux qui sont du côté des opprimés. (…) Des personnes qui
vivent sous une occupation militaire ont parfaitement le droit de s’y opposer
et les activistes solidaires doivent sans hésitation défendre ce droit.
Certains Occidentaux, bien qu’effrayés
par les attaques d’Israël contre Gaza, sont réticents à défendre le droit du
Hamas à tirer des roquettes sur Israël. Néanmoins, que les activistes
solidaires soient d’accord ou pas avec les tactiques du Hamas n’a aucune
importance : ce n’est pas nous qui devons souffrir des bombardements et de
l’occupation israélienne.
Dénoncer l’horreur de l’agression par
l’occupant tout en niant le droit des occupés à utiliser tous les moyens à leur
portée pour se révolter, ce n’est pas faire de la solidarité, c’est exprimer de
la peine.
Les Palestiniens qui vivent depuis des
années dans une prison sans accès suffisant à la nourriture, aux médicaments,
aux infrastructures et sans rien qui ressemble à une vie digne n’ont pas besoin
de notre peine. Ils ont besoin de notre soutien actif dans leur lutte pour l’autodétermination.
Dans les médias on présente le Hamas
comme une organisation de fous islamistes opposés à toute modernité, des gens
acharnés à détruire Israël et qui sont misogynes et homophobes jusqu’à la
moelle. Depuis sa création en 1987, avec le début de la première Intifada, le
Hamas a en fait combiné les aspirations d’un mouvement de libération nationale
avec les principes de l’Islamisme moderne. Il défend des positions socialement
réactionnaires, tout comme les Juifs orthodoxes et les groupes chrétiens
évangélistes américains – bien qu’à la différence de ces derniers ; le Hamas
n’est pas contre la science.
Un symbole de détermination contre l’oppression
La réalité est que le Hamas a été
démocratiquement élu à Gaza – il a gagné les élections au Conseil Législatif
Palestinien en 2006 lors de scrutins jugés justes et propres par les
observateurs internationaux. Ni Israël, ni les Etats-Unis n’ont apprécié le résultat
de ces élections démocratiques et leur riposte fut la mise en place d’un blocus
de Gaza et la punition collective continue de sa population pour le « crime »
d’avoir voté pour le « mauvais » parti.
Dans de telles circonstances, la
résistance militaire du Hamas à l’occupation israélienne est une source de
fierté pour les Palestiniens. Les militants du Hamas n’ont sans doute pas une
armée qui puisse se comparer avec la machine meurtrière de l’Etat israélien,
équipé jusqu’aux dents avec la technologie la plus avancée du complexe
militaro-industriel des Etats-Unis, mais leur résistance armée constitue
toujours un symbole de détermination des Palestiniens à ne pas céder devant
l’oppression et la violence.
Toute défense du droit à
l’autodétermination du peuple palestinien doit inclure son droit de choisir sa
propre direction et le droit d’organiser sa riposte au massacre perpétré par
l’armée israélienne.
Au moment le plus aigu de l’occupation
étasunienne de l’Irak, des activistes anti-guerre aux Etats-Unis exprimèrent
des positions similaires sur la résistance irakienne. Une réponse claire à ces
doutes fut avancée par Arundhati Roy, la célèbre écrivaine et activiste
indienne. Ses paroles sont tout aussi pertinentes aujourd’hui : « Les
mouvements de résistance (irakiens) combinent une grande variété de factions
hétérogènes. Des ex-baathistes, des libéraux, des islamistes, des
collaborateurs déçus, des communistes, etc. Bien entendu, ils sont également
entachés par l’opportunisme, les rivalités locales, la démagogie et la
criminalité. Mais si on ne se solidarise seulement qu’avec des mouvements purs,
aucune résistance ne méritera jamais notre pureté. Avant de décréter comment la
résistance irakienne parfaite devrait livrer sa bataille séculière, féministe, démocratique
et pacifique, nous devons renforcer notre propre lutte de résistance en faisant
pression sur le gouvernement des Etats-Unis et sur ses alliés pour qu’ils se
retirent d’Irak ».
De la même manière, les Palestiniens qui
vivent sous la botte d’une occupation brutale – et maintenant d’une guerre
ouverte contre Gaza – n’attendent pas l’approbation idéologique du monde. Au
contraire, ils exigent que nous fassions tout ce qui est en notre pouvoir pour
contribuer à en finir avec leurs souffrances et pour arrêter les bombardements,
le blocus et l’occupation.
Répondre à l’appel à la solidarité du
peuple palestinien signifie de défendre son droit à résister à la terreur
exercée par Israël.
Source
:
http://socialistworker.org/2012/11/20/gazas-right-to-resist
Traduction
française et intertitres pour Avanti4.be : G. Cluseret.



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