samedi 10 août 2013

Les manipulations de l’Arabie saoudite au Liban et en Egypte

Les monarchies pétrolières arabes, à leur tête l'Arabie Saoudite, ont lancé une offensive globale et directe contre les révolutions et les manifestations des peuples dans le but de les confiner et d’apprivoiser leurs ambitions pour un changement radical.
C’est notamment le cas du Liban, où l’ennemi est l'Iran et ses alliés, surtout le Hezbollah libanais et son autre allié, l'Etat syrien que l’Arabie saoudite et ses alliés peinent à renverser !
 Le Liban se trouve en première ligne de front, où le Hezbollah est particulièrement visé, surtout après sa victoire de Qusseir qui a renforcé son alliance avec le pouvoir syrien.
Au Liban, l’Arabie saoudite a recours à une stratégie rhétorique et parle de confessionnalisme et « d’invasion iranienne », qu’elle estime bien plus dangereuse que l’occupation israélienne ! Elle torpille la formation d'un nouveau gouvernement libanais et resserre l'étau autour du Hezbollah afin de le contraindre à se retirer, de son plein gré, du gouvernement.
En somme, l’Arabie saoudite agit sur deux fronts. D’une part, elle soutient financièrement et militairement les opposants syriens et d’autre part, elle mobilise toutes les forces opposées ou hostiles à l'armement du Hezbollah et les incite à refuser tout dialogue avec le parti de la Résistance, sous prétexte de son implication en Syrie !
En Egypte, l'Arabie Saoudite et les Emirats arabes unis ont fourni des milliards de dollars au nouveau gouvernement égyptien, depuis que l’armée a pris position en faveur des manifestations qui réclamaient la chute des Frères musulmans, le 30 juin 2013. L’Arabie saoudite cherche, en réalité, à confiner toute nouvelle tentative de révolution en Egypte, avec l’appui de l’administration américaine et de l’Union Européenne…
C’est une guerre ouverte, dont l’une de ses scènes se trouve au Liban, mais c’est aussi une guerre au temps ouvert, car incontestablement, se trompe celui qui croit deviner son dénouement.

Chevron-Texaco / Chevron Toxico ! Chevron-Texaco : une firme toxique….Il y a donc urgence à rentrer dans la bataille et à diffuser la vérité. Cet article se veut être un premier outil en ce sens.

L’entreprise étatsunienne Texaco, rachetée par Chevron, l
L’entreprise étatsunienne Texaco, rachetée par Chevron, la deuxième entreprise pétrolière étatsunienne et la sixième du monde, en 2001 a opéré en Equateur de 1964 á 1992. Elle a creusé des centaines de puits dans le nord de l’Amazonie équatorienne. Entre 1972 et 1992 l’entreprise a extrait 1,5 millions de barils de pétrole. Jusque-là rien d’anormal. Oui mais voilà : dans le même laps de temps, Texaco a déversé dans l’Amazonie équatorienne pas moins de 71 millions de litres de résidus de pétrole et 64 millions de litres de pétrole brut sur plus de 2 hectares. Vous avez bien lu ! Des dizaines et des dizaines de millions de déchets toxiques (« résidus ») et de pétrole ont été intentionnellement déversé dans les eaux des rivières amazoniennes. Les mêmes eaux dans lesquelles les populations boivent, pêchent et se baignent ! On a poussé le crime à l’époque jusqu’à faire croire aux populations que les eaux contaminées par le pétrole les rendraient plus forts, qu’elles étaient grâce au pétrole devenues riches en minéraux et en vitamines... Résultats : les cancers, les malformations, les infections en tous genres et autres maladies directement liés au pétrole se comptent par milliers dans cette zone du pays.
Crime intentionnel ?Vraiment ? Vous demanderez-vous j’imagine. Oui. Intentionnel. Texaco avait à l’époque mis au point et breveté un système de réinjection des déchets toxiques dans la sous-sol qui devait permettre d’éviter le contamination des sols et des eaux qui prévalait auparavant. Et elle s’en est servie. Mais aux Etats-Unis, pas en Equateur ! Ici, la multinationale a choisi d’utiliser des techniques datant d’avant les années 1970 ! Pourtant, l’article 46 du contrat d’exploitation signé par l’entreprise et le gouvernement équatorien stipulait très clairement que Chevron s’engageait à utiliser les technologies à même de nuire à la faune et à la flore de la zone et d’éviter la contamination des eaux… Pire : 680.000 barils de pétrole ont été vidés dans cette zone, preuve supplémentaire d’un mépris total pour l’environnement amazonien et ses populations.
Le temps de la lutte et la sentence contre Texaco
De gros bénéfices en poche et sans le moindre égard pour les populations victimes de son odieux forfait, l’entreprise Texaco a quitté l’Equateur en 1992. A l’époque, les populations locales se sont organisées pour exiger des réparations à hauteur des dégâts environnementaux et des drames humains engendrés par la politique sans scrupule de la firme étatsunienne. En 1993, elles ont créé un Front : le Front de Défense de l’Amazonie. C’est ce Front, et non le gouvernement équatorien qui s’est battu sans relâche et a fini par obtenir qu’un tribunal équatorien accepte de juger les faits en 1997. Pour la petite histoire, Texaco a tout fait pour empêcher que le cas soit jugé par un tribunal étatsunien (comme le voulait initialement le Front de Défense de l’Amazonie), pensant que la justice équatorienne serait trop clémente car plus « docile ».
En 2011 la sentence tombe. Elle est implacable : Texaco est condamnée à payer 9,6 milliards de dollars et à faire des excuses publiques dans les six mois, faute de quoi la peine serait multipliée par deux. Texaco refusant obstinément de s’excuser en dépit de la sentence et de l’évidence de l’ampleur de la catastrophe, la peine fut donc augmentée et Texaco condamnée à payer 19 milliards de dollars.
Chevron en campagne : la bataille est politique
Cette somme la firme Chevron (qui a racheté Texaco en 2001) refuse absolument de verser. Avec un chiffre d’affaire de rien de moins que 200 milliards de dollars, elle pourrait pourtant le faire sans problème. Et ce n’est pas tout. Chevron-Texaco ne se contente pas de refuser de payer. Elle dénonce le jugement et demande que le gouvernement équatorien, qui n’a pourtant rien à voir dans l’affaire, lui paie les 18 milliards de dollars demandés, preuve s’il en faut que la bataille est politique.
Premièrement, soyez certains que la compagnie pétrolière étatsunienne et comparses refusent que des peuples du Sud puissent gagner ne serait-ce qu’une bataille contre eux. Le risque est grand en effet, en cas de victoire, que d’autres se décident à se battre et remettent en cause ces pratiques criminelles très largement répandues. Deuxièmement, en attaquant l’Equateur à grand renfort de moyens (apprenez que Chevron débourse chaque année pas moins de 250 millions de dollars dans sa campagne médiatique et politique contre l’Equateur et que pas moins de huit entreprises de lobbying travaillent nuit et jour à cela, l’espionnage des militants en plus http://www.telegrafo.com.ec/actualidad/item/activistas-denuncian-persecucion-de-chevron.html ) l’entreprise cherche à ruiner politiquement et économiquement un gouvernement qui la dérange.
Le gouvernement équatorien n’est en effet pas n’importe quel gouvernement sur l’échiquier latino-américain (où Chevron investit beaucoup ces dernières années) et international. Il a renégocié d’une main de fer les contrats pétrolier dès 2007 inversant du tout au tout les bénéfices pétroliers entre les compagnies pétrolières et l’Etat : désormais c’est 80% pour l’Etat et 20% pour les compagnies pétrolières et plus l’inverse. Si Chevron veut négocier un retour sur place, elle devra se plier à ces conditions. Par ailleurs d’ici 2016 l’Equateur, qui investit à haute dose dans l’énergie et le savoir, sera exportateur net d’électricité. L’Etat équatorien deviendra donc un concurrent direct des marchands d’énergie globalisés et notamment...de Chevron qui investit elle aussi à haute dose précisément dans l’électricité !
Rajoutez à cela que le gouvernement a pris les spéculateurs à leur propre jeu en annonçant un défaut de paiement de sa dette, entrainant la dévaluations des titres de sa dette, puis en rachetant ’ensemble des titres en circulation à bas coût (http://www.jean-luc-melenchon.fr/arguments/comment-lequateur-sest-libere-de-la-dette/ ), et que par dessus le marché le gouvernement a créé une commission d’audit des traités bilatéraux d’investissements (qui protègent les investisseurs contre les Etats et l’intérêt général) et vous comprendrez vite que ces messieurs de la finance globalisée et autres pilleurs de ressources naturelles n’ont qu’une idée en tête : faire tomber Rafael Correa et son gouvernement au plus vite. Chevron ne lésine donc pas sur les moyens : une campagne de décrédibilisation brutale pour inquiéter les investisseurs potentiels et la menace de faire payer 18 milliards de dollars à pays dont le PIB est de 90 milliards de dollars (loin des 200 milliards de Chevron).
La bataille du temps : un enjeu de pouvoir
Les lignes qui vont suivre vont vous effrayer tout autant que ce qui a précédé et va vraisemblablement vous surprendre (à moins que vous ne soyez un professionnel du droit internatonal privé). Apprenez que la compagnie Chevron a décidé il y a peu de présenter une requête en « déni de justice » devant la Cour Permanente d’Arbitrage (http://www.pca-cpa.org/showpage.asp?pag_id=1026 ) mandaté par la CNUDCI, la Commission des Nations Unies pour le droit commercial internationalpour résoudre les litiges. La Cour Permanente d’Arbitrage n’était pas compétente pour traiter le cas car Chevron n’a pas fini d’épuiser les recours légaux possible en Equateur. Eh bien tenez-vous bien : non seulement la Cour Permanente d’Arbitrage s’est déclarée compétente mais elle l’a fait en se basant sur le Traité Bilatéral d’Investissement Equateur-USA signé en 1993 (soit un an après le départ de Texaco d’Equateur !) par le gouvernement du très droitier Sixto Durán et entré en vigueur en 1997 (soit 5 ans après le départ de Texaco d’Equateur !). Vous avez bien lu ! Un tribunal d’arbitrage international mandaté par l’ONU a décidé de faire fi de toutes les normes juridiques en vigueur et d’appliquer rétroactivement un traité signé après les faits en cause ! Et ce n’est pas tout ! Accrochez-vous bien : cette Cour Permanente d’Arbitrage a rendu pour verdict que le gouvernement équatorien devait interférer dans la justice de son pays pour empêcher que la peine à laquelle Chevron a été condamnée ne soit appliquée ! Non, vous ne rêvez pas ! Ce tribunal international d’arbitrage a bien demandé à un gouvernement républicain de rompre la séparation des pouvoirs qui est un de ses piliers ! Une aberration juridique et démocratique sans nom !
Cette application rétroactive d’un traité par un tribunal international d’arbitrage n’est malheureusement pas une première. L’Equateur est confronté à un cas similaire dans l’affaire Oxy. En voici un bref ´résumé. En 2000, la compagnie Occidental dite « Oxy » cède une part de ses droits à la compagnie pétrolière canadienne AEC sans requérir l’approbation préalable de l’Etat équatorien. Le contrat d’exploitation passé en 1999 entre Oxy et l’Etat équatorien et la loi sur les hydrocarbures en vigueur dans le pays stipulaient toutes deux pourtant très clairement que toute cession de droits devait être approuvée au préalable par l’Etat, et qu’en cas de violation des termes du contrat et de la loi, l’Etat pouvait déclarer le contrat caduc et mettre fin de fait aux activités de l’entreprise. Il était aussi clairement précisé dans le contrat qu’en cas de caducité il n’était « pas possible d’en recourir à un arbitrage international ». Conformément á ces clauses du contrat et á la loi, le gouvernement d’Alfredo Palacios (non non, pas celui de Rafael Correa mais bien celui qui l’a précédé, pourtant pas franchement progressiste) a donc déclaré le contrat caduc Equateur-Oxy en 2006.
Qu’à cela ne tienne : au mépris de tout respect du principe de sécurité juridique là encore, la compagnie Occidental a porté l’affaire devant le Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI en français, CIADI en espagnol) https://icsid.worldbank.org/ICSID/Index.jsp et figurez-vous que, là encore, le CIRDI a accepté de se saisir du cas. En Octobre 2012, le CIRDI rend son verdict. Tenez-vous bien : il décide de condamner l’Equateur à payer 1,7 millions de dollars à Oxy ! Les raisons avancées pour calculer le montant à payer sont elles aussi absolument fantasques. Premièrement, le CIRDI avance que la loi sur les hydrocarbures et le contrat passé entre les deux parties stipulaient que l’Etat « pouvait » déclarer la caducité du contrat mais que celui-ci n’y était nullement obligé. Il en conclu que l’Etat équatorien a été « trop dur dans l’application de la loi2. Vous avez bien lu ! Les marges de manœuvres permises par le droit ne valent pas, selon le CIRDI, quand c’est un Etat qui s’en sert ! Et peu importe si les textes juridiques les lui laissaient clairement. Attendez, vous n’avez pas encore tout vu : le CIRDI a basé le calcul de l’amende imposée à l’Etat équatorien sur les sommes qu’il estime que l’entreprise aurait gagnées de 2006 à 2012 sans tenir compte ni des cours du pétrole ni des impôts que l’entreprise aurait du payer à l’Etat ! Incroyable mais vrai… Le CIRDI, à l’instar de l’ensemble des systèmes d’arbitrage international, s’approprie le temps au bénéfice des firmes multinationales et transnationales.
Le contrôle du temps au profit des grands investisseurs est de fait une constante en la matière. Apprenez ainsi que la plupart des traités bilatéraux d’investissement dans le monde compte désormais une clause permettant aux investisseurs putatifs de contrôler le futur. Ceux-ci stipulent ainsi à l’unisson que tout investisseur peut porter plainte contre un Etat pour avoir modifier sa politique d’une façon qui pourrait affecter ses intérêts, y compris s’il n’a pas encore investit dans le pays. Les arbitres internationaux sont ainsi, à proprement parler, les tenanciers du temps au service de leurs principaux clients : les tenants du grand capital globaliser.
L’ALBA et le Foro de Sao Paulo soutiens politiques dans la bataille
Heureusement l’Equateur n’est pas seul. Au sommet de l’ALBA, le 30 Juillet dernier à Guayaquil (http://www.jean-luc-melenchon.fr/2013/08/06/sur-la-piste-des-chefs-disparus/ ), les présidents et délégués des gouvernements membres ont adopté à l’unanimité une résolution par laquelle tous expriment leur soutien à l’Equateur dans les cas Chevron et Oxy et où tous dénoncent fortement le système d’arbitrage international. Voici l’extrait du texte en question, traduit par ma camarade Françoise Bague. Il est on ne peut plus clair.« Nous assistons actuellement à l’apparition de nouvelles formes d’exploitation, tels que les traités bilatéraux de protection des investissements et le fonctionnement d’instances d’arbitrage internationales comme le CIADI, outils qui placent les intérêts du capital avant ceux de la société, de la nature et de l’institutionnalisation démocratique elle-même, dans le contexte de la prolifération de Traités de Libre Échange (TLC). C’est par ces nouveaux mécanismes de domination que la stabilité de nos pays est mise en danger -même leur solvabilité économique - par des processus juridiques clairement entachés de nullité par l’abus et collusion d’intérêts. Sans aucun doute, les affaires d’Oxy et Chevron en Équateur constituent des exemples patents de ces pratiques et c’est pour cela que nous exprimons notre soutien à ce pays-frère lésé par ces affaires qui s’étendent à d’autres pays avec des magnitudes différentes.Tout cela n’implique pas le refus catégorique de l’Investissement Étranger Direct mais plutôt une relation intelligente avec celui-ci, de telle façon qu’il puisse être utilisé au bénéfice des nations et non optimisé à leurs dépends. Pour cela, un mécanisme d’intégration comme l’ALBA est indispensable. En tant que bloc nous pouvons imposer les conditions afin d’éviter que les intérêts du capital priment sur ceux de la population”
De même, le Foro de Sao Paulo, l’équivalent du Parti de la Gauche européenne au niveau latino amèricain (http://forodesaopaulo.org/), réuni en Sommet la semaine dernière à Sao Paulo, a insisté dans sa déclaration finale. « Nous sommes solidaires du peuple et du gouvernement (équatorien) confrontés aux tentatives de compagnies pétrolières d’imposer leurs intérêts au mépris de la souveraineté équatorienne en passant par des instances internationales fallacieuses » dit le texte travaillé avec Gabriela Rivadeneira qui représentait PAIS, le mouvement du Président Rafael Correa au Foro de Sao Paulo.
Pour autant les soutiens des partis et de la société civile internationale ne peuvent pas manquer à l’appel. L’enjeu nous concerne toutes et tous. Si nous laissons ces tribunaux d’arbitrage remettre en question la sécurité juridique pour mieux répondre aux intérêts particuliers des « puissants », c’est-à-dire les « super riches » qui se permettent de vivre au-dessus de tous les autres et même au-dessus des lois, nous nous annihilons en tant que citoyennes et citoyens de nos Etats et du monde, égaux devant la loi. En tant que progressistes, rester inactifs serait en quelque sorte se couper les mains car ce système détestable est en mesure, s’il triomphe, de mener á la ruine l’un des gouvernements progressistes les mieux élus, les plus ambitieux et les plus efficace du moment (http://www.celine-meneses.eu/en-direct-de-linvestiture-du-president-rafael-correa/ ) . Cela donnerait une assurance plus démesurée encore qu’actuellement aux « puissants » face aux gouvernements progressistes que nous ne manqueront pas de former dans les années á venir en Europe et ailleurs.
Il y a donc urgence à rentrer dans la bataille et à diffuser la vérité. Cet article se veut être un premier outil en ce sens.
Céline MENESES

jeudi 8 août 2013

la Palestine reste la priorité... et la finalité...."c'est le programme et le projet et non pas l'identité idéologique qui doivent primer, car la priorité est la libération de la Palestine. C'est elle qui doit définir les alliances et c'est vers elle que tous les efforts doivent se concentrer".


Le message de Hassan Nasrallah :
Par Ghaleb Kandil
En apparaissant au milieu de la foule de ses partisans, vendredi 2 août, à l'occasion de la célébration de la Journée al-Qods, le secrétaire général du Hezbollah, sayyed Hassan Nasrallah, a créé l'événement. Aussi bien sa participation personnelle à la cérémonie que le discours qu'il a prononcé constitue des messages montrant la force de l'engagement de la Résistance aux côtés de la cause palestinienne.
L'idée motrice autour de laquelle sayyed Nasrallah a bâti son discours résume à elle seule toutes les guerres qui ont déchiré l'Orient depuis la spoliation de la Palestine, en 1948. Le message essentiel du leader de la Résistance est que tout progrès pour les peuples où les Etats de la région sont liés à la disparition de l'entité sioniste, que l'imam Khomeiny qualifiait de tumeur cancéreuse. L'histoire de la région confirme la pertinence de cette idée, qui a constitué l'axe stratégique et politique autour duquel sayyed Nasrallah a construit son discours.
Tous les conflits qui ont secoué la région depuis 1948, y compris la première guerre du Golfe, au cours de laquelle tous les régimes réactionnaires arabes ont été mobilisés pour détruire la révolution iranienne et son choix indépendantiste hostile au colonialisme sioniste et occidental, ainsi que toutes les guerres civiles et les profondes divisions entre les pays du Mashreq, ont eu lieu pour protéger Israël. Comme l'a affirmé sayyed Nasrallah. Ces aventures guerrières visaient, en premier lieu, à consacrer l'hégémonie israélienne. L'agression contre la Syrie, les projets de démembrement des Etats de la région, comme la guerre civile libanaise, l'exacerbation des tensions communautaires pour provoquer une discorde sectaire, les événements d'Irak après l'invasion américaine... ne dérogent pas à cette règle.
L'attachement de sayyed Nasrallah à cette vérité fondamentale, sous le slogan "Jérusalem nous rassemble", constitue un appel sincère à toutes les forces et partis politiques à unir leurs rangs pour la Palestine. Pour le leader de la Résistance, le seul cadre stratégique capable de sauver la région est la participation de tous, d'une manière décisive et directe, au processus du démantèlement de l'entité sioniste. C'est là le seul moyen de libérer les énergies de la Nation pour assurer son progrès et la sortir de l'ère des divisions et des conflits internes.
L'agencement des priorités dans la pensée politique et idéologique du Hezbollah se fonde sur le fait que le conflit avec l'entité sioniste constitue la contradiction principale, en fonction de laquelle toutes les stratégies et les moyens sont mobilisés. Le choix est celui de la résistance, loin des hérésies appelées "négociations", à travers lesquelles l'Occident colonisateur et les réactionnaires arabes espèrent liquider la cause palestinienne.
Telle est la voie que sayyed Nasrallah propose pour faire face à la fitna sunnite-chiite. Sans la nommer, le leader de la résistance a fait référence au rôle de l'Arabie saoudite et de ceux qui tournent dans son orbite, pour provoquer des conflits interarabes et pour inverser les priorités en transformant l'Iran en ennemi. La finalité de la politique dans laquelle est engagé le royaume wahhabite, dans le cadre du projet colonialiste occidental, est la protection d'Israël. L'agression contre la Syrie constitue l'étape la plus dangereuse de ce plan, car elle pave la voie à la reconnaissance de la judaïté d'Israël, consacre la judaïsation de Jérusalem et de toute la Palestine et enterre, définitivement, le droit au retour des Palestiniens.
Sayyed Nasrallah a lancé un appel à l'unité de tous les peuples de la région, dans toutes leurs composantes religieuses et ethniques, pour la libération de la Palestine, car l'entité sioniste vise tout le monde sans exception. L'alliance entre les sionistes et les takfiristes est un danger existentiel pour tous les peuples d'Orient, chrétiens ou musulmans. Le leader de la Résistance a aussi mis le doigt sur la plaie en appelant les forces et parties nationalistes arabes, laïques, islamistes et de gauche, à s'unir autour de la priorité de la libération de la Palestine, les invitant à rejeter les divisions idéologiques et intellectuelles.
Son message est le suivant : c'est le programme et le projet et non pas l'identité idéologique qui doivent primer, car la priorité est la libération de la Palestine. C'est elle qui doit définir les alliances et c'est vers elle que tous les efforts doivent se concentrer.
Source : TENDANCES DE L’ORIENT

États-Unis : Affaire Snowden - Big Brother plus nu que jamais...Les Etats-Unis ne peuvent pas prouver que Snowden ment. Au contraire, comme il dit la vérité et met à nu leur machinerie de contrôle mondial, on l’accuse de « trahison » et on veut le rapatrier pour lui infliger « le châtiment mérité ».


Beaucoup ont cru que le « Big Brother » du roman « 1984 » de George Orwell faisait référence à l’Union Soviétique (URSS). Nous voyons aujourd’hui avec l’affaire Snowden qu’il fait écho à la réalité dans l’Occident « civilisé ». Les Etats-Unis ne peuvent pas prouver que Snowden ment. Au contraire, comme il dit la vérité et met à nu leur machinerie de contrôle mondial, on l’accuse de « trahison » et on veut le rapatrier pour lui infliger « le châtiment mérité ».
(Tiré du site Avanti)
Les révélations de l’espion informatique au service de la CIA ont provoqué une crise internationale qui a tendu les relations entre les Etats-Unis, la Russie et l’Amérique latine, tout en mettant en pleine lumière la soumission de l’Union européenne. Elle a surtout mise à nu la prétention de Washington d’instaurer un nouveau concept de la souveraineté dans le monde.
La boîte de Pandore ouverte par Edward Snowden, un ex-agent de la CIA, dépasse déjà le scandale provoqué à l’époque par les documents de WikiLeaks. Les révélations ne cessent pas et pas un jour ne se passe sans que la « taupe » ne dévoile de véritables secrets d’Etat.
Espionnage massif
La dernière révélation en date, au moment d’écrire ces lignes, est que la puissante compagnie Microsoft livrait certaines clés aux espions technologiques pour qu’ils puissent accéder sans médiation aux conversations des centaines de millions d’utilisateurs de réseaux informatiques comme Outlook et Skype.
Tout a commencé dans la première semaine du mois de juin dernier quand des médias ont révélé que les services de sécurité du gouvernement des Etats-Unis écoutaient les appels téléphoniques gérés par la plus grande compagnie de téléphone de ce pays impérialiste. On a ensuite appris que l’Agence de Sécurité Nationale (NSA, pour ses sigles en anglais) avait mise en route un programme secret appelé « Prism » avec lequel elle accédait aux communications privées gérées par les plus grandes entreprises d’Internet (Google, Yahoo, Facebook, Microsoft, Paltalk, Skype, YouTube, AOL et Apple). On a su également que l’empire du Nord espionnait les communications de nombreux pays européens et d’Amérique latine.
Comme si ce n’était pas suffisant, on apprend maintenant que l’Angleterre a espionné les présidents et les hauts fonctionnaires qui ont assisté au sommet du G-20 dans ce pays et que la France dispose d’un système similaire de contrôle social et politique.
L’avion d’Evo
L’une des conséquences de cet espionnage massif a été la quasi-séquestration de l’avion présidentiel du chef d’Etat bolivien Evo Morales et la provocation implicite du prétexte avancé selon lequel Snowden se trouvait caché à son bord pour quitter l’aéroport de Moscou en direction de la Bolivie sous la protection du mandataire bolivien.

Après avoir passé par Hong Kong, l’ex espion s’est retrouvé à Moscou, où pratiquement interdit de sortie et sans passeport, il espère obtenir l’asile dans un pays latino-américain (c’est finalement la Russie qui lui a accordé cet asile, NdT).
La présence du président bolivien à Moscou, où il avait participé à un sommet des principaux exportateurs de gaz du monde, a été l’opportunité saisie par les services secrets étatsuniens pour ourdir cette trame et mettre sous pressions les pays européens- qui avaient préalablement approuvé le plan de vol – afin qu’ils prennent la décision inédite de refuser leur espace aérien à l’avion présidentiel. Un petit avion ayant peu d’autonomie de vol et qui a donc couru de sérieux risques, mettant en péril la vie d’Evo Morales. Peut être que quelques « faucons » à Washington ont rêvé d’un tel « accident ».
En tous les cas, cette affaire a constitué une véritable violation coloniale du droit international et de l’immunité présidentielle, ainsi que du droit d’asile. L’attitude des gouvernements d’Italie, du Portugal, d’Espagne et même de l’orgueilleuse France, a été digne de carpettes face au pouvoir impérialiste nord-américain. Et ce n’est pas une donnée mineure que cette action coordonnée de ces quatre pays s’est déroulée au moment de frictions importantes autour des Malouines, de l’asile de Julien Assenge en Equateur, du blocage des accords de libre-échange ou pour certaines mesures protectionnistes prises par nos pays.
Les relations entre l’Amérique latine et l’UE ne sont donc pas au beau fixe en ce moment tandis que, parallèlement, on assiste au développement d’organismes régionaux latino-américains débarrassés de l’ingérence des Etats-Unis.
Le prétexte du terrorisme
La lutte « contre le terrorisme international » et le « crime organisé » ne sont que des prétextes qui masquent les prétentions ambitieuses du gendarme mondial. Il convient de revenir au moment des attentats du 11 septembre 2001 pour comprendre la situation.
La réponse de l’administration républicaine de George W. Bush au 11S fut un redéploiement militariste avec les guerres d’Irak et d’Afghanistan – qui, soit dit en passant, contribuèrent à la réactivation de l’économie étatsunienne – et la création du Ministère de la Sécurité Intérieure. Le président Obama n’a fait que poursuivre et perfectionner ses méthodes en faisant du contrôle de ses citoyens – et aussi des gouvernants et des citoyens de nombreux pays, comme on le constate maintenant – une politique d’Etat assumée par tant par les Démocrates que les Républicains.
L’ampleur des contrôles est colosse et est bien mise en lumière par le fait que Skype à lui seul compte quelques 500 millions d’utilisateurs.
Les Etats-Unis terroristes
Noam Chomsky a souligné il y a quelques années - comme le rappelle John Brown dans son texte « La guerre de l’empire : logique d’exception et retour de la souveraineté » - que c’est l’administration des Etats-Unis qui correspond le mieux à la définition du terrorisme établie par son propre Département de la Défense. Que dit cette définition du terrorisme ? « Utilisation calculée de la violence dans le but de faire pression ou d’intimider des gouvernements et des sociétés, en poursuivant des objectifs généralement politiques, religieux et idéologiques ».
Mais un peu plus de deux mois après les attentats du 11 Septembre, cette définition a été légèrement modifiée. La qualitatif-substantif « illégal » accompagne depuis lors le mot « violence ». Ce changement est significatif dans le contexte du déploiement guerrier mené par les Etats-Unis après le 11S. Il était indispensable dans le cadre de la violence politique calculée de l’administration nord-américaine.
Guerres humanitaires, guerres préventives, guerres contre le terrorisme, toutes reposent sur la nécessité de recréer un ennemi de manière permanente. De là l’importance de cette redéfinition qui admet la logique d’exception. Ainsi, s’il existe une violence illégale, cela signifie qu’il existe également une violence légale. Si, auparavant, la violence de l’Etat sur d’autres Etats était masquée, on la présente aujourd’hui comme étant légitime. Il s’agit d’un nouveau concept de souveraineté dont l’état d’exception est la forme permanente et qui met en crise toute l’architecture juridique du droit internationale construit dans la seconde moitié du siècle passé.
Cela est bien mis en évidence lorsque les Etats-Unis ne nient nullement la véracité des révélations de Snowden et qu’ils l’accusent au contraire d’être un traitre à sa patrie pour avoir dit la vérité. L’accusé, pour sa part, nie avoir fait du tort aux intérêts de son pays parce qu’il place les intérêts de ses citoyens avant tout, ajoutant que c’est « l’opinion publique qui doit décider si ces programmes sont un bien ou un mal ». De réseaux et de printemps
La violation de la vie privée des citoyens du monde, qui met à mal les législations nationales et la souveraineté des Etats, est ce qui est en jeu avec cet espionnage global mené à une échelle inouïe. Ceci est particulièrement significatif au moment où l’on observe une vague de protestations – massivement juvéniles – dans les pays arabes, en Espagne, au Portugal, au Chili et maintenant au Brésil et quo sont quasiment toutes organisées au travers des réseaux sociaux sur Internet, qui constituent aujourd’hui un instrument stratégique pour les mobilisations sociales et politiques.
Les Etats-Unis s’arrogent ainsi le droit de mener un espionnage informatique frénétique et un contrôle exclusif de ces réseaux. Mais les révélations de Snowden – qui n’est nullement un traitre mais bien un défenseur des libertés et de la vie privée des citoyens – ont mises à nu Big Brother et soulevé une vague d’indignation anti-impérialiste au moment même où les Etats-Unis conspirent contre l’Unasur, la Celac et l’ALBA et qu’ils stimulent l’Alliance du Pacifique. Tout cela aiguise les tensions mondiales et élève la conscience sur les réels enjeux de pouvoir.

Source : http://www.anred.org/spip.php?artic... Traduction française pour Avanti4.be : Ataulfo Riera


SYRIE : Ce Message est adressé à toute l’Afrique digne qui se réveille, à l’Amérique latine qui s’assume dignement, au Monde Arabe non corrompu et aux Grands peuples russes et chinois. A quand une contribution significative en tant qu'Amis de la Syrie de Bachar Al Assad ?.


Il est un appel à tous les Patriotes du Monde entier à soutenir le Peuple frère de la Syrie, frère dans la douleur de l’agression fasciste, frère dans le combat de résistance à la folie meurtrière du Bloc Décadent (cet ancien Bloc Occidental), frère dans ce combat pour forcer le respect aux misérables orgueilleux qui abrutissent leur opinion nationale pour exploiter sa naïveté afin d’assouvir un besoin de violence gratuite, intrinsèquement attachée à leur histoire quasi-commune de peuples de pillards et d’arrogants envahisseurs.
Patriotes du Monde entier, d’Afrique, d’Amérique latine, d’Asie, du Monde Arabe et amoureux de la paix en Europe, que vaut un soutien à un frère qui fait face à une injustice meurtrière, méchante et destructrice, si ce soutien ne se manifeste pas par des actions concrètes avec des résultats précis envisagés comme objectifs nobles pour sauver une cause noble ?
Nous relayons les triomphes honorables, qui ressemblent à « des exploits légendaires » de la Syrie contre les brigands recrutés pour déconstruire ce pays fort et stable qui était. Après avoir relayé l’information, nous en attendons une autre victoire, comptant sur l’engagement de la diplomatie russe ou chinoise pour faire plier l’échine à la petite France appauvrie, vivant à la mamelle de l’Etat voyou du Qatar, que dis-je, de l’Etat-Entreprise publique américaine baptisée le Qatar.
Nous attendons une autre victoire sur les terrorismes salariés américains, espérant que cela va porter un coup fatal au moral des va-t-en-guerre américains, qui n’ayant jamais été obligés de s’expliquer sur les raisons de la destruction de l’Iraq, de l’Afghanistan, de la Lybie et du pourrissement de la vie des Ivoiriens
en Côte d’Ivoire, ils croient que l’exploit réalisé en exterminant les Indiens d’Amérique, leur confère dans l’histoire de l’Humanité, un statut universel de «Tueurs de peuples paisibles» sans avoir à rendre compte.

Nous croyons que si le zèle amer de la petite France se refroidissait après « défaites sur défaites » des terroristes en Syrie, l’Europe perdrait aussi sa solidarité criminelle et que la paix reviendrait d’elle-même en Syrie.
Mais nous nous trompons de stratégie de soutien, frères Patriotes du Monde ! Avec quels moyens humains et matériels la Syrie pourrait affronter à elle-seule et collecter pour notre plaisir insolite, des victoires sur toute une horde de prédateurs affamés, appauvris par leurs propres folies des grandeurs et qui croient dur comme fer que leur survie ne sera possible que grâce à de nouvelles croisades par terroristes interposés, ces vendeurs de drogue et trafiquants d’enfants arabes, se faisant passer pour des djihadistes agissant au Nom d’Allah, un Dieu qu’ils ne connaissent pas et qui ne les connaît pas non plus, égarés qu’ils sont dans les ténèbres du « dieu argent » qu’ils servent en blasphémant contre le Vrai et Unique Dieu d’Abraham servi par les vrais Musulmans qui nous enseignent que l’Islam est une religion de tolérance ?
Le hezbollah est en train de faire sa part avec ses méthodes et ses moyens. Et nous, que faisons-nous pour un peuple frère assiégé, évoluant dans l’incertitude et qui finira par s’essouffler, seul qu’il est face au plus puissant conglomérat du crime organisé d’Etats voyous, employant des truands pour massacrer les enfants de la Syrie ?
En règle d’or, quand un frère est agressé et qu’on veut lui porter secours, on ne se contente pas d’applaudir ses triomphes sur l’agresseur. On l’aide à en finir avec l’agresseur. Soit en l’aidant à résister, soit en dénonçant l’agresseur ou encore en appelant du secours, incapable que nous sommes, de porter assistance en allant à la confrontation physique.
J’aurais aimé voir un encart en Une de nos Quotidiens et autres journaux, un message du genre « Comme hier en Iraq, en Lybie, en Côte d’Ivoire, le peuple syrien subit l’agression méprisante et destructrice des ennemis de la paix mondiale. Ne l’oublions pas. Il compte sur notre soutien.»  Ce message accompagné d’une image du Président Bachar Al Assad, le point levé, sur les sites Web, dans les journaux, partout où une information peut être affichée, nous permet au moins modestement d’appeler l’opinion à être debout pour la Syrie.
Au moins ça, nous pouvons le faire. Et vous pouvez aussi imaginer que si d’autres se réussissent pour lever des fonds, collecter des armes et recruter des combattants étrangers pour aller combattre le Peuple syrien sur ses propres terres, nous pouvons aussi organiser des conférences internationales pour soutenir le Président Bachar Al Assad et son peuple en collectant pour eux, ce dont ils ont besoin.
Alors Patriotes du Monde entier, si nous laissons la Syrie se débrouiller seule avec la Russie et la Chine à son chevet, un jour, quand ces ennemis de la paix auront fini de mettre à sac la Syrie, ils nous rendront aussi visite et le monde entier nous regardera de loin nous débrouiller tout seul, comme aujourd’hui, nous regardons de loin la Syrie.
Que Dieu sauve le peuple syrien !
A Très Bientôt.

Hassane Magued

Source : Cameroonvoice

mercredi 7 août 2013

Egypte, Laïcité 1-démocratie 0.......La confrontation entre laïcité et Islam politique, communément appelé islamisme, dépasse les enjeux idéologiques pour se positionner sur le terrain du belliqueux, au point de compromettre dangereusement le vivre en commun et l’avenir du pays, chacun voudrai effacer l’autre politiquement voire physiquement


« ….  Entre les assurances des uns et les craintes des autres , le consensus semble être loin de portée , alors que le vivre en commun lui, se trouve éminemment menacé par cet exercice idiot de la démocratie "arabica", d’où l’urgence d’un dialogue de fond, serein, qui n’exclue personne, pour baliser une fois pour toute le sentier de la vie démocratique dans ces pays et mettre en place des mécanismes institutionnels infaillibles, sortes de garde-fous à même d’apaiser les craintes et éviter ainsi, que la vie politique y soit empoisonnée par des radicalismes laïco-islamiste aussi ridicules que dangereux…. ».
 Le piratage de la laïcité par la raison d’état est plus dangereux que l’absence de la laïcité elle-même, dans des sociétés arabes souvent multiethniques et/ou multiconfessionnelles, la captation de la laïcité par les revendications communautaires, envenime l’exercice démocratique qui finit par bloquer la démocratie elle même , en l’absence de grand débat qui implique tout le monde, suivit d’un large consensus national, la laïcité, bien que garante des droits citoyens de tous et leurs égalités devant les lois de la nation, risque de se convertir en un mécanisme de défense au service des revendications communautaristes légitimes mais, bien souvent restreintes, spéculatives et anxieuses , la laïcité se trouve alors opposée à la démocratie si celle-ci débouche vers un choix que ces communautés jugent menaçant à leur mode de vie, de culte et/ou à leur conception de la citoyenneté, le tout , dans un contexte international qui , plus que jamais, leurs est favorable .
 La confrontation entre laïcité et Islam politique, communément appelé islamisme, dépasse les enjeux idéologiques pour se positionner sur le terrain du belliqueux, au point de compromettre dangereusement le vivre en commun et l’avenir du pays, chacun voudrai effacer l’autre politiquement voire physiquement , pour l’islamiste, le laïc est une sorte de démon , d’athée qui veut chasser Dieu de son domaine et dont il faudra s’en débarrasser , il refuse tout débat sur le concept même de laïcité et sa place dans l’Islam en tant que forme de gouvernance équitable et donc juste, qui se met à égale distance entre toutes les confessions et idéologies, évite la prééminence d’une religion sur les autres , assure et protège leur exercice dans la sphère qui leur est propre, c’est à dire privée de plus, l’islam sunnite ne reconnait aucune autorité ou institution qui le gère à l’instar de l’Eglise catholique et encore moins une gouvernance politique ; L’islamiste n’arrive pas à admettre qu’un croyant puis être laïc et que l’un n’exclue pas l’autre, le laïc arabe lui, voit en l’islamisme un danger, un obscurantisme qui provoque l’immobilité sociale. Une évolution inquiétante de "la laïcité arabica" se radicalisant au point d’étendre son refus à l’Islam lui-même. Dans cette diabolisation mutuelle, chacun cherche un point d’appui pour faire basculer l‘autre au précipice. Les laïques, souvent de culture occidentale, se présentent en tant qu’élite minoritaire, éclairée, à qui incombe une responsabilité historique envers le peuple, cherchent dans le communautaire ethnique ou religieux un soutien, convoitent le militaire qui cesse d’être perçu comme un despotisme à l’instar du religieux mais, plutôt comme un rempart à même de protéger la nation du péril théocratique et dans l’occident un allié, car l’islamophobie intra-muros, ça fait vendre en occident , les islamistes quant à eux , se sont les masses qui les intéresse le plus, le bon peuple, écrasé par le pouvoir, qui a des préjugés sur la laïcité et qui voit en l’Islam la solution , car c’est ainsi , qu’on lui a vendu l’islamisme , qui veux jusqu’a preuve du contraire, asseoir un pouvoir mondain (terrestre), en vendant les mérites d’un pouvoir divin (céleste).
Les islamistes déclarent être partisans d’un Etat civil, moderne et démocratique qui n’exclue personne et croient à l’alternance au pouvoir, le modèle Erdogan semble les inspirer, pour eux ,la violence n’est plus une alternative pour imposer leur choix à la société, enfin c’est ce qu’il disent. Si nous mettons nos craintes de coté et analysons calmement cette situation, n’est ce pas une évolution positive aux moindres coûts, un déverrouage d’esprits inattendu et une évolution dans leur conception de l’Etat qu’on est entrain d’expérimenter ? Ils ne veulent en somme, que moraliser l’Etat et reconnaître la portée islamique de la nation, tout comme la judéo-chrétienneté est admise en occident comme valeur identitaire fondamentale, ne doivent-ils pas avoir leur chance eux aussi à mettre en œuvre cette conception ? En plus, les musulmans n’étaient pas des tarés, en faisant une lecture intelligente et rationnelle de leurs textes, donnèrent au monde une leçon de tolérance, de vivre en commun, que même la démocratie moderne peine encore à consolider ; Mais aussi de bonne gouvernance, exprimée dans la gestion efficace des cités, de nouvelles structures et services que le monde ne connaissait pas virent le jour, hôpitaux ,pharmacies, bains publiques, réseaux d’assainissement et de conduite d’eau urbaine, d’évacuation d’eau usée, système d’irrigations agricole de la période hispano-musulmane que le monde Gréco-latin ne connaissait pas encore, l’éclairage public, salles de services pour les voyageurs en période ottomane y avait même des salles de soins pour leurs animaux et bien sûr, les jardins publiques devenue élément constitutifs des villes de l’âge d’or islamique…etc. , bien que perses et romains ont rayonné avant les musulmans dans certains aspects de la gestion citadine cités, convient-il de le rappeler !.
 De l’autre, le contingent laïc arabe, formé de communautaires , de laïcs et de libéraux, pensent que cela n’est qu’un subterfuge et que les islamistes cachent leurs vraies intentions, celles de vouloir bâtir "daoulet el khilafa et la Umma" au détriment de l’Etat nation, qui va se retrouver complètement dénaturalisée, amoindrie de sa dimension nationale, imposer leurs conception de la charia à l‘ensemble de la société et faire régner un climat de peur et d’obscurantisme, en plus, n’ont-ils pas manqué à leurs paroles en disant que la présidence de la république en Tunisie et en Egypte ne les intéressait pas ? De l’autre, certains de nos laïcs considèrent que l’islamisme est contre la vie elle-même, c’est comme la mort, on ne l’expérimente qu’une seule fois. Bien que la " régression féconde" prônée par monsieur Addi Lahouari vise à construire avec "nos contradicteurs" disait-il, une société civile sur des bases logique et dit : « . L’exercice du pouvoir par les islamistes mettra fin à la domination du hanbalisme qui est une interprétation rigide de l’islam qui se nourrit du profond mécontentement social. Il se mettra en place une autre interprétation qui tiendra compte des réalités historiques, une interprétation moderne alimentée par les aspirations au progrès social et au développement et qui mettra fin au mode collectif du vécu de la foi au profit d’un mode privé », expose une conception intelligente du rapport laïcité islam politique.
Hélas , entre les assurances des uns et les craintes des autres , le consensus semble être loin de portée , alors que le vivre en commun lui, se trouve éminemment menacé par cet exercice idiot de la démocratie "arabica", d’où l’urgence d’un dialogue de fond, serein, qui n’exclue personne, pour baliser une fois pour toute le sentier de la vie démocratique dans ces pays et mettre en place des mécanismes institutionnels infaillibles, sortes de garde-fous à même d’apaiser les craintes et éviter ainsi, que la vie politique y soit empoisonnée par des radicalismes laïco-islamiste aussi ridicules que dangereux.
Les exemples ne manquent pas, l’Egypte poste Moubarak, ne semble pas trouver son chemin vers une forme de démocratie stable et garante de la paix sociale et du vivre en commun , 10 % à 15% de la population égyptienne est Copte et constitue la plus importante minorité chrétienne au Proche-Orient , ils se considèrent comme les vrais égyptiens. Le nombre de Coptes est l'un des secrets les mieux gardés d’Égypte.
Destituer un président en exercice, élu à 51,6 %, geler une charte votée à plus de 63% des égyptiens et dissoudre l’assemblée consultative, rayer trois institutions "démocratiques " par un seul trait de stylo, ma foi, ils ont du culot ces laïcs arabes ! Certes réclamés par beaucoup d’égyptiens du "tehrrir" dans leur révolution version "revue et corrigée" celle du : 30 Juin 2013, mais, pas de tous les égyptiens, assaillis par un appareil médiatique redoutable qui fit passer le gris pour noir, la vie des hommes pour dérisoire.
En tant que laïc modéré, l’impartialité m’impose l’équité, pour pouvoir voir clairement à travers cette nébuleuse, cette entropie politico-sociale égyptienne et ne pas dire n’importe quoi.
 Pour arriver à comprendre ce qui se passe dans ce pays , il faut remonter plus loin dans l’histoire de la cohabitation entre musulmans et coptes, soutenue par une forte diaspora en Amérique notamment et appuyés par une minorité"éclairée" d’égyptiens laïcs et de libéraux, en plus, c’est un pays anglophone, à taux d’alphabétisation de prés de 72%. C’est donc l’exemple de pays multiconfessionnel et multiethnique par excellence, où les enjeux de démocratie se trouvent confrontés à ceux de la laïcité de l’Etat, garante de l’égalité des droits et de la citoyenneté de tous.
 Pour garantir le vivre en commun, l’Egypte, ne se voyait que laïque. Ce qui explique l’affinité du contingent ainsi formé , de laïcs radicaux, libéraux et communauté copte avec le militaire et son silence concernant sa violence inouïe contre les manifestant pro-Morsi, alors qu’une seule victime à l’intérieur de l’enceinte du palais el itihadiya suffisait à monsieur El Baradei de dire que Morsi à perdu toute légitimité pour gouverner.
Ce contingent pro-laïc, rejoint maintenant par le militaire, revendiquent (en apparence) le caractère laïc de l’Etat mais, donne l’impression d’être trop laïc pour être vraiment démocrate. Pour une minorité de la minorité copte très virulente, cet Islam"conquérant" , venu s’accaparer leurs terres et changer la foi, pose un problème qui dépasse de loin le politique, pour se positionner sur l’existentiel, en plus, l’Egypte est trop prés d’Israël pour courir le risque de voir prospérer devant leur nez un "état islamique, version ikhawaniste " allié idéologique du Hama, ennemi juré de l’Etat hébreux.
 Face à la menace d’un état religieux, extrémiste et "exterministe "comme il le voit et le redoute, le contingent pro-laïc égyptien, n’eut d’autres choix que d’applaudir l’intervention du militaire qu’il huait sur la place "Tahrrir" et le désignait de tous les mots, en bénissant son plan de route , ils cherchent à dépolitiser ce conflit d’origine politique et ce, en faveur d’une approche strictement sécuritaire, à l’instar de ce qui s’est passé en Algérie des années 90, où une sorte de contrat tacite été convenu entre le régime et le mouvement berbériste, de culture francophone, laïc et hautement politisé, à qui on peut reprocher tout, sauf qu’il n’est pas nationaliste ou soucieux de l’unité nationale. autres concitoyens berbères, plus conservateurs, ne se reconnaissant pas dans la culture francophone et ses valeurs laïques, rejoignirent le FIS dissout et sa direction dés le début, bien que la majorité ne prit part ni avec l’un ni avec l’autre.
Contrairement aux Coptes d’Egypte, nos frères et concitoyens berbères pour la plupart de confession musulmane, sunnite "malikite" et soufi, bien que le travail d’évangélisation tente de se frayer un chemin dans le cœur et âmes des jeunes de cette région chère à nos cœurs. Pour rappel, les missionnaires catholiques considéraient la Kabylie comme une zone imparfaitement islamisée, donc plus facilement « rechristianisable », selon Charles Robert Ageron et Alain Mahé, spécialistes de l’Algérie coloniale. La fissure ethnique a été colmatée par l’Islam des anciens et l’Etat nation pseudo laïc. La reconversion à une autre foi, bien que relevant des libertés de conscience de chacun, ne pose aucun problème, du moment qu’elle se fasse suite à une quête de foi et de vérité, une reconversion de cœur comme on dit et non pas comme réaction"contre l’islam"conquérant, qui prit la terre amazigh, cela risque d’ouvrir une autre brèche confessionnelle, virulente celle-là, difficile à colmater et qui peut prendre des expressions politiques aussi inquiétantes que dangereuses. 
 Islam, religion née au désert d’Arabie depuis 15 siècles déjà, s’est propagée aux trois continents, nouvelle religion ? Pas toute à fait ! Puisque le fondement de ses dogmes et enseignements nous projettent dans la droite ligne du monothéisme israélite ancien, d’ailleurs , le Coran désigné par « el dhikre » , c'est-à-dire « le rappel » , exprime parfaitement cette idée, en inscrivant l’Islam dans la continuité de la révélation plutôt que dans sa rupture.
Appuyée par une diversité humaine inégalée, noirs, asiatiques, blancs, caucasiens, indous, la propagation de l’Islam fut fulgurante et donna au monde l'une des plus brillantes civilisations. Médecine, mathématiques, astronomie, navigation, philosophie, architecture. Les musulmans ont développé et transmis aux occidentaux les prémices de leur renaissance.
En Islam, la foi (et non le dogme !) n’est jamais entré en en conflit avec la raison , le modernisme et les libertés de conscience bien au contraire , alors que le dogme semble interdire la réflexion , la foi elle, l’exige ! Se sont les hommes avides de pouvoir qui se servent du dogme pour asseoir leur autorité.
Source : AGORA VOX

Maroc : Les lampistes vont payer ! Mais qui ....Une excuse pire que le crime

« Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné », dixit le communiqué royal !

 Une excuse pire que le crime. En faisant publier, par son cabinet, suite à la vague d’indignation et de colère provoquée dans l’ensemble du royaume par les mesures de grâce accordées par le roi à une cinquantaine de prisonniers espagnols, dont un violeur de 11 enfants marocains, un communiqué de reculade et d’esquisse, le Palais royal ne convainc pas grand monde. Si le roi n’était pas au courant des lourdes charges qui pesaient sur le prisonnier qu’il venait de libérer, c’est le signe d’une incroyable légèreté, voire incompétence, dans la gestion du pays. Si, au contraire, il était parfaitement au courant, c’est encore plus grave. Cela démontre qu’il avait sous estimé les possibles réactions de son peuple, préférant satisfaire les souhaits du roi d’Espagne plutôt que de respecter la dignité des victimes.
Voici le texte de ce communiqué surréaliste qui risque d’attiser encore plus la colère populaire :
« À la suite de la libération, ces derniers jours, du dénommé Daniel Galvan Fina de Nationalité espagnole, condamné par la justice marocaine, le cabinet royal tient à apporter à la connaissance de l'Opinion publique les éléments d'information et les précisions suivants :
1. Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu L'assiste n'a jamais été informé, de quelque manière que ce soit et à aucun moment, de la gravité des crimes abjects pour lesquels l'intéressé a été condamné.
2. Il est évident que jamais le Souverain n'aurait consenti à ce que Daniel Galvan Fina puisse arrêter de purger sa peine, au regard de l'atrocité des crimes monstrueux dont il a été reconnu coupable.
3. Sa Majesté le Roi, en tant que premier protecteur des droits des victimes, de surcroît enfants, et de leurs familles, ne ménagera aucun effort pour continuer à les entourer de sa sollicitude. L'ensemble de l'action royale démontre à l'évidence, l'attachement du Souverain aux immuables valeurs morales, à la centralité de la promotion des Droits de l'Homme et de la protection de l'enfance ainsi qu'à la défense de la société marocaine contre toute atteinte et actions condamnables par la conscience humaine.
Pour toutes ces considérations, Sa Majesté le Roi a décidé, dès qu'il a été informé des éléments du dossier, qu'une enquête approfondie soit diligentée en vue de déterminer les responsabilités et les points de défaillance qui ont pu mener à cette regrettable libération et d'identifier le ou les responsables de cette négligence afin de prendre les sanctions nécessaires. Les instructions seront également données au ministre de la justice afin de proposer des mesures de nature à verrouiller les conditions d'octroi de la grâce à ses différentes étapes ».
Le site marocain yabiladi. com semble mettre en doute les dénégations embarrassées du Palais royal. Il rappelle que ce n’est pas la première fois qu’un pédophile notoire est gracié.
En 2006 déjà, écrit-il, TelQuel révélait que Hervé Désiré Le Gloannec, un Français, avait été gracié après avoir été condamné à de la prison ferme.
Vingt-quatre heures après ce communiqué, et face à la poursuite de la vague d’indignation qui s’est emparée du pays, le souverain marocain a finalement décidé d'annuler la grâce.
Cette décision, « à caractère exceptionnel », est motivée par « la gravité des crimes commis et le respect du droit des victimes », a indiqué le Palais royal dans un deuxième communiqué publié par l'agence de presse officielle MAP.
Pour mettre en œuvre cette mesure, le Maroc va toutefois devoir retrouver le condamné alors que, selon plusieurs médias, celui-ci a déjà quitté le territoire.
À ce titre, le texte du Palais royal note que le ministre marocain de la Justice, Mustapha Ramid, devra « examiner avec son homologue espagnol les suites à donner à l'annulation de cette grâce ».
Selon l’AFP, des versions contradictoires circulaient sur la raison de la présence du nom de ce pédophile sur la liste royale.
À Madrid, l'opposition socialiste a dénoncé un fait d'une « extrême gravité » et exigé des comptes du gouvernement.
Au Maroc, si la classe politique est restée particulièrement discrète, au même titre que les médias officiels, l'annonce de cette libération s'était rapidement propagée par les réseaux sociaux. Vendredi soir, plusieurs milliers de personnes s'étaient ainsi rassemblées devant le Parlement de Rabat, bravant la répression policière.
Dans un pays marqué par plusieurs affaires de pédophilie au cours des derniers mois, d'autres manifestations ont ensuite eu lieu dans le nord (Tétouan, Tanger) ou encore à Agadir (sud-ouest).
Le gouvernement dominé par les islamistes du Parti justice et développement (PJD) était, lui, resté très discret. Contacté jeudi dernier par l'AFP, le ministre de la Justice avait estimé qu'il n'était « pas habilité à commenter », tout en précisant que le pédophile gracié serait désormais interdit d'entrée au Maroc.
À titre individuel, un dirigeant du PJD, Abdelali Hamieddine, avait toutefois évoqué « une faute ».
S'il s'est peu à peu essoufflé, le mouvement pro-réformes du 20-Février, né en 2011, a été, pour sa part, très présent dans le mouvement de contestation de ces derniers jours.
Mais il n’y a pas que la société civile marocaine qu’une telle mesure choquait. C’est ainsi qu’en Algérie, Me Farouk Ksentini, président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'Homme (CNCPPDH), a estimé que la grâce accordée au pédophile espagnol par le roi du Maroc est « une grave bévue ». Ce pédophile a été condamné à 30 ans de prison après avoir violé des enfants de 4 à 15 ans et avoir filmé ses actes. « Le Roi aurait pu être clément à l’égard du jeune sportif algérien condamné par la justice marocaine alors que sa culpabilité n'a pas été démontrée ».
Le site algérien algeriepatriotique.com est allé encore plus loin. Dans un éditorial au vitriol signé Kamel Moulfi et intitulé : « Peuple digne, roi soumis » on y lit : « Personne n’arrive encore à admettre qu’un tel fait aussi scandaleux puisse se produire chez nos voisins de l’ouest : le souverain marocain a décidé de gracier un violeur d’enfants espagnol, condamné à trente ans de prison ferme. Il ne faut pas aller loin pour trouver l’explication : la décision a été rendue au lendemain de la visite du roi d’Espagne. Inutile, également, d’insister longtemps pour faire comprendre qu’en Algérie, jamais pareille situation ne se serait produite. Aucune pression extérieure, quel que soit son rang, n’aurait sauvé de la peine capitale ce délinquant et encore moins aurait réussi à le faire bénéficier d’une grâce. La dignité du peuple marocain n’est pas, ici, mise en cause : non seulement la condamnation du violeur d’enfants, en mai 2011, avait été accueillie avec un grand soulagement mais déjà des organisations ont appelé à protester contre la remise en liberté du violeur d’enfants. Le peuple n’y est pour rien, les Marocains eux-mêmes sont victimes de la politique économique libérale qui leur est imposée de longue date et qui fait que le Maroc a accepté la place qui lui a été donnée dans la division internationale du travail : lieu touristique dominé par la pédophilie et la prostitution dont profitent les visiteurs étrangers. Les États-Unis, la France et les autres pays de l’Otan veillent à ce que le royaume chérifien ne sorte pas de cette situation de pays colonisé sous de nouvelles formes. »
Le même site publie le lendemain (3 août 2013) une lettre ouverte d’une « citoyenne » marocaine à Mohammed VI intitulée : « Vous avez offert le corps de onze petits enfants contre le Sahara »
« À l'heure où la société civile se démène, écrit l’auteur de la lettre, pour faire admettre un viol de deux jeunes filles de 17 ans par deux imbéciles dont le plus âgé a 30 ans, où des femmes et des hommes à travers le monde se mobilisent via les réseaux sociaux pour tenter de faire croire à un semblant de justice dans notre pays, une grâce royale vient foutre en l'air toutes ces énergies, ces espoirs et ces volontés. Nous, nous nous battons avec des lance-pierres et aujourd'hui on nous a sorti l'arme de destruction massive. Quand j'entends le ministre de la Justice dire qu'il avait prévenu le cabinet royal de la présence du nom du pédophile dans la liste à gracier, mais qu'il a simplement reçu l'ordre "d'exécuter" les directives du cabinet royal, j'avais envie de lui dire : « Sinon, toi ça va ? Comment tu te sens ? Tu n'as pas envie de te suicider, là, tout de suite ? Je veux dire, ta fierté, ta dignité en tant que responsable politique, en tant qu'être humain, en tant que Marocain, tu vois de quoi je parle ? Ou c'est un truc que votre gouvernement a définitivement perdu depuis que vous avez baissé votre froc jusqu'aux chevilles ? Des hommes ? Des responsables politiques ? Des musulmans ? Gouvernement islamique ? Foutaise ! Puis, j'ai essayé de me calmer un peu pour y voir un peu plus clair. J'ai essayé de taire l'émotionnel et l'affectif pour laisser parler le rationnel. Et mon rationnel m'a dit : ce sont peut-être des cadeaux classiques entre monarques, j'en sais rien moi, peut-être que c'est comme ça que ça se passe, tu me libères un pédophile, je te pistonne pour le Sahara ou pour tes dossiers foireux un peu partout, ou pour tes affaires personnelles, ou pour des trucs dont on ne peut même pas deviner la nature. »
En attendant de connaître le nom du lampiste va payer pour cette bévue royale, il ne fait pas de doute que cette affaire vient de fragiliser gravement le Makhzen, qui ne pourra plus désormais se cacher derrière des dociles exécutants pour s’en tirer à bon compte.
Par : Henri Silvain
Source : Afrique Asie