vendredi 21 octobre 2011

Le dirigeant libyen déchu a été capturé et tué, ce jeudi ? VIDEO

Capture d'écran du site du Global Post
De dos, au milieu de cette capture d'écran, le colonel Kadhafi vient d'être arrêté par des combattants pro-CNT, ce jeudi.

attention, ces images sont choquantes. 

Cette vidéos diffusé par le Global Post le confirme d'ailleurs ,elle montre que Mouammar Kadhafi était bien vivant au moment de sa capture.Elle reprend le "film" de la capture un peu avant les images diffusées jeudi, montrant Kadhafi encore debout, avant que des combattants des forces du CNT viennent l'entourer et le maintenir sur ses pieds.  
Sur ces images, le colonel Kadhafi semble leur crier quelque chose, tandis qu'on entend des tirs de joie, et une multitude de "Allah Akbar". Tête nue, revêtu d'un treillis, il a déjà du sang sur le visage et les épaules, comme on le voit aussi sur cette photo AP. Totalement hagard, il est ensuite hissé sur le capot d'une voiture qui démarre, surchargée de combattants surexcités. 
L'ONU veut une enquête sur la mort de Mouammar Kadhafi, capturé et tué ce jeudi. "Les circonstances ne sont toujours pas claires. Nous estimons qu'une enquête est nécessaire", estime ce vendredi le porte-parole du Haut commissariat de l'ONU aux droits de l'homme, Rupert Colville, se référant aux vidéos qui ont été publiées par les médias. Des vidéos "très inquiétantes", selon lui.  

Gaddafi muerto: Vídeo de la captura inicial del líder (EXCLUSIVO)

Tracey Shelton October 20, 2011 21:47 En este material exclusivo obtenido en la escena por Tracey Shelton de GlobalPost, el coronel Muammar Gaddafi, es capturado por los combatientes para el nuevo gobierno libio.
El descubrimiento de choque del ex dictador, que se encuentra escondido en una fuga de agua el jueves en su ciudad natal de Sirte, fue capturado por Ali Algadi, un combatiente rebelde, con un iPhone apenas unos segundos después de Gaddafi fue sacado de la fuga en la que se escondía. Este es el primer material de archivo a surgir hasta el momento.
Aunque claramente lesionado, Gaddafi sigue vivo durante la captura. Sus captores se puede oír gritando: "Dont 'mátalo! No lo mates! Lo necesitamos vivo!" durante todo el metraje.
este video pertenece a.
Le monde entier n’oubliera jamais ces vidéos où l’on voit des combattants pro-CNT extirpant son cadavre du cockpit d’une voiture en le tirant par les cheveux.

Les sept vies de Muammar Kadhafi

Le 20 Octobre 2011
........«Il ne peut pas accepter la vérité de la révolte libyenne. Car la Libye, c’est lui, il est du genre à se battre jusqu’au bout, même si quelqu’un finit par l’abattre.» ......
Du héros révolutionnaire au despote fantasque et dangereux, portrait de l’homme qui a régné 42 ans sur la Libye
Imprévisible, Muammar Kadhafi le sera resté jusqu’au bout. On le croyait dans le sud de la Libye, préparant une guerre longue contre le nouveau pouvoir né de la révolte. Il se cachait pourtant dans la poche de Syrte, au centre de la Libye. Un choix suicidaire? Sans doute. Mais tellement symbolique! Le psychiatre américain Jerrold Post, qui travailla longtemps comme «profileur» pour la CIA, l’avait pressenti en mars dernier: «Il ne peut pas accepter la vérité de la révolte libyenne. Car la Libye, c’est lui, il est du genre à se battre jusqu’au bout, même si quelqu’un finit par l’abattre.» Pas si étonnant que ça, donc, de la part du plus ancien leader du monde arabe et du continent africain. Prêt à tout pour entrer dans l’Histoire, tenaillé par une éternelle soif de revanche, Kadhafi n’a jamais été à une excentricité près. Messianique ou burlesque, son style aura toujours été inimitable.
1. L’enfant bédouin
Selon sa légende, il serait né sous une tente bédouine en juin 1942, dans le désert de Syrte. Sa tribu, les Kadhafa, n’est ni grande ni puissante. Fils unique d’un berger, il aurait reçu une éducation religieuse rigoureuse, avant de s’enrôler dans l’armée.
2. Le révolutionnaire arabe
Le 1er septembre 1969, le très charismatique capitaine Kadhafi a 27 ans lorsqu’il participe au coup d’Etat militaire qui renverse le roi Idriss 1er sans verser la moindre goutte de sang. Imitant son modèle, le leader égyptien Gamal Nasser, il prend le titre de colonel. Puis oblige les compagnies pétrolières étrangères à lui reverser une majorité des revenus tirés de la production libyenne. Une première absolue dans un pays en développement. Il rêve d’une fédération socialiste panarabe avec l’Egypte, le Soudan et la Tunisie. Mais ses voisins n’en voudront pas.
3. Le penseur du kadhafisme
Qu’à cela ne tienne. Rejetant à la fois le marxisme et le capitalisme, Muammar Kadhafi théorise une troisième voie en 1976 dans son fameux «Livre Vert» et fonde en 1977 la Jamahiriya, un «Etat des masses» islamo-démocratique, dont il ne serait «que» le Guide révolutionnaire. Mais cette façade utopique dissimule mal la dérive dictatoriale du régime, qui réprime brutalement toute opposition.
4. Le parrain du terrorisme
Kadhafi se lance dans une campagne anti-impérialiste mondiale, soutenant des groupes radicaux, qu’ils soient nord-irlandais, palestiniens ou autres. On le dit responsable de l’attentat en 1986 dans une discothèque de Berlin contre des militaires américains (trois morts). Ainsi que du crash en 1988 d’un Boeing de la Pan Am au-dessus de la ville écossaise de Lockerbie (270 morts). Et l’attaque en 1989 contre un DC-10 français d’UTA survolant le désert du Ténéré au Niger (170 morts). L’ONU décrète en 1992 un embargo aérien, suivi de sanctions économiques.
5. Le roi des rois africains
Dans les années 1990, le paria de la communauté internationale se tourne vers le continent noir. Il ne parviendra pas à créer les «Etats-Unis d’Afrique» dont il rêve. Mais ses pétrodollars lui garantissent une certaine influence. En 2009, il se fait adouber «roi des rois traditionnels» au moment de prendre la présidence de l’Union africaine.
6. Le partenaire de l’Occident
Surprise: en 2003, le guide libyen renonce aux armes de destruction massive. Pour ne pas subir le sort de Saddam Hussein? Il indemnise les parents de victimes des attentats, aide les Américains à traquer les terroristes, parraine la libération d’otages au Sahara et verrouille l’immigration illégale vers l’Italie. Après la libération en 2007 des infirmières bulgares, les Occidentaux se précipitent à Tripoli pour décrocher les juteux marchés qui s’ouvrent aux investisseurs.
7. Le despote jusqu’au-boutiste
Pour autant, Kadhafi n’est pas domestiqué. Après l’arrestation en 2008 de son fils Hannibal à Genève (pour violences sur ses domestiques), deux Suisses sont retenus en otage en Libye jusqu’en 2010. Et quand en février dernier le printemps arabe se met à souffler à Benghazi, sa réponse est la répression. En mars, il jure de combattre jusqu’au bout l’opération déclenchée par l’OTAN. Et s’il prend la fuite en août après la prise de Tripoli, il sera finalement capturé au centre même de la Libye, dans son fief familial de Syrte, que ses combattants auront défendu jusqu’à la fin.
Andrés Allemand
Tribune de Genève

jeudi 20 octobre 2011

Le soulevement chiite en Arabie Saoudite inquiéte le Golfe.

Le 20/10/2011
Les autorités saoudiennes ont beaucoup de mal à empêcher la vague de protestation qui submerge plusieurs pays arabes d’envahir l’Arabie Saoudite. Pour éviter l’effondrement de la monarchie ou l’affaiblissement de sa légitimité, elles ont recours à deux méthodes : améliorer les conditions de vie des citoyens ou faire d’énormes cadeaux financiers aux pays voisins comme la Jordanie (1,4 milliards de dollars).
Cependant, il semble que ces efforts, malgré leur importance, n’ont servi qu’à « retarder » les évènements ; de fait, les manifestations populaires qui ont éclaté dans la ville chiite d’Al-Awwamiyah ( le gouvernorat d’Al-Qatif) ces deux derniers jours et ont mené à de violentes confrontations avec la police, ont pris tout le monde par surprise et ont confirmé que les barricades édifiées par le régime saoudien contre le printemps arabe n’étaient pas assez solides.
Le monarque saoudien, Abdallah Bin-Abd-al-Aziz, a pris conscience du danger que représente la vague de protestation qui a démarré en Tunisie et a déjà renversé deux régimes arabes (le régime du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et celui du président égyptien Housni Moubarak) et s’est hâté d’adopter des mesures préventives. La première de ces mesures est économique : il a débloqué 120 milliards de dollars pour augmenter les salaires, financer la construction de maisons pour les jeunes, éponger des dettes privées et accorder des cadeaux financiers et des indemnités de chômage. La seconde mesure est sociale et politique : il a fait passer une loi qui permet aux femmes de participer aux prochaines élections municipales en tant qu’électrices ou candidates.
Ces mesures ont contribué à calmer le peuple saoudien ou du moins une bonne partie de ce peuple. Il n’y a plus de déclarations ni de pétitions réclamant des réformes politiques et signées par de nombreux militants, ou plutôt il y en a moins. Cependant, l’effet de ces mesures est temporaire parce que les revendications des Saoudiens dépassent la simple possibilité pour les femmes de participer à des demi-élections municipales pour élire des conseils qui n’ont qu’un pouvoir limité à cause de la présence des gouverneurs régionaux, les Amirs, qui ont le dernier mot en tout.
Les Saoudiens réclament une monarchie constitutionnelle, un parlement élu, un système judiciaire indépendant, un pouvoir exécutif transparent et redevable et la guerre contre la corruption.
Les citoyens saoudiens chiites de la région de l’est (la province d’Al-Ihsa), où se trouvent les réserves en pétrole les plus importantes et la plus grande partie de l’industrie, réclament —en plus de ce que demandent les autres citoyens saoudiens et qui vient d’être cité— la suppression des discriminations dont ils souffrent et l’accès aux postes de responsabilité de l’état, de l’armée, du corps diplomatique et aux portfolios ministériels proportionnellement à leur nombre dans la population qui est évalué à environ 10 % des 19 millions d’habitants.
En accusant un pays étranger d’être à l’origine des manifestations dans la région d’Al-Qatif, les autorités saoudiennes faisaient référence à l’Iran. Les autorités saoudiennes ont dit à propos de l’Iran : « Ils veulent nuire à la sécurité et à la stabilité de notre pays » en incitant à la violence et « en s’ingérant ouvertement » dans les affaires du royaume. Les autorités saoudiennes ajoutent à cette accusation la demande que les Chiites saoudiens choisissent entre la loyauté à leur pays et la loyauté à l’Iran et ses autorités religieuses. Les autorités saoudiennes cependant précisent, selon un communiqué du ministère de l’Intérieur, que ceux qui auraient l’idée de le faire (choisir l’Iran) le paieraient très cher.
La menace saoudienne rappelle des menaces similaires proférées par des régimes arabes qui ont été le lieu de manifestations semblables comme la Tunisie, l’Egypte, le Yémen et la Libye. Ces menaces, qui ont été suivies d’une répression sanglante des services de sécurité, n’ont pas empêché l’effondrement de régimes ni la déstabilisation d’autres qui se battent toujours pour se maintenir au pouvoir.
Ce qu’il faut noter c’est que, selon une déclaration officielle saoudienne, les manifestants de Al -Qatif ont utilisé des armes à feu au cours des confrontations avec les policiers venus les disperser et ont blessé 11 policiers.
On ne se sait pas si cela est vrai ; cependant on peut se rappeler ce qui est arrivé au Barhein pendant les manifestations chiites similaires ; les manifestations au Barhein ont été pacifiques et aucune arme à feu n’a été utilisée ; au contraire, ce sont les forces de sécurité du Barhein qui ont tiré sur les manifestants et tué des dizaines d’entre eux en les expulsant de force du square Al-Lu’lu’ah.
L’ironie c’est que l’étincelle qui a allumé le feu de la protestation dans la région orientale chiite d’Arabie Saoudite est la même que celle qui a déclenché le soulèvement en Syrie à peu de choses près. En Syrie, les pères des enfants qui ont écrit des slogans anti-régimes sur les murs de leurs écoles ont été arrêtés et humiliés, et dans la région Al-Qatif de l’Arabie Saoudite la police a pris en otage deux hommes âgés pour forcer leurs deux fils à se rendre à la police.
La gestion du régime syrien de la crise de Dar’a s’est révélée mauvaise, arrogante et hautaine et il semble que la gestion des autorités saoudiennes de la crise chiite et des manifestations ait suivi le même schéma. Cependant, on ne peut pas prédire le développement de la situation saoudienne ni dire si la sécurité saoudienne réussira à contenir la crise et à y mettre fin ou si la crise va s’étendre et durer des mois comme en Syrie.
Les autorités saoudiennes ont envoyé des troupes pour aider les autorités du Barhein à écraser les manifestations chiites au Barhein. Il est certain que les autorités iraniennes qu’on accuse d’être derrière les manifestations en Arabie Saoudite hésiteront beaucoup à envoyer des troupes et même des armes mais ils manifesteront aux manifestants saoudiens la même sympathie qu’ils ont manifesté à ceux du Barhein et peut-être plus encore.
Les autres petits pays du Golfe ressentent peut-être une inquiétude sans précédent en assistant aux développements des manifestations en Arabie Saoudite. C’est parce qu’ils ont peur que la minorité chiite, qui souffre de discrimination dans presque tous ces pays, ne se soulève pour soutenir ses frères d’Arabie Saoudite et du Barhein, et que cette protestation communautaire ne fasse boule de neige et ne se transforme ensuite en une boule de feu avec l’aide de l’Iran.
Abdel Bari Atwan
Pour consulter l’original : http://www.abdelbariatwan.com/GulfJittersOverMilitantSaudiSh…
traduction : Dominique Muselet
Source: http://www.legrandsoir.info

Deux documents israéliens datés de 1982,éclairent mieux les événements commencés en Iraq, poursuivis au Soudan et en Libye, culminant en ce moment en Syrie, amorcés en Égypte, et qui n’épargneront pas les monarchies du golfe le moment venu.

Kadhafi assassiné,Syrte massacrée,la Libye capturée... au tour de la Syrie....

Jeudi 20 octobre 2011
Kadhafi assassiné,
Syrte massacrée,
la Libye capturée.  
Il ne sont pas nés ceux qui me feront taire, qui m'empêcheront de hurler au crime et l'assassinat.
.....Il n'y a pas de victoire aujourd'hui, la "nouvelle Libye" est jonchée de cadavres et noyée dans le sang....
Les déclarations délirantes, hier, de certains responsables du CNT proclamant que Kadhafi était dans le sud et se préparait à reprendre le pouvoir avec l'aide des Touaregs, laissaient pressentir la nécessité qu'il y avait à assassiner le guide de la Révolution Libyenne.  
Pour ce faire on a bombardé, détruit sans vergogne la ville de Syrte, pour ce faire on n'a reculé devant rien...  
Conquérir la liberté par la force des armes soit, mais appeler une force étrangère à bombarder son propre pays, cela s'appelle de la haute trahison.  
Kadhafi n'était pas un saint, mais l'OTAN est un monstre sanguinaire qui tue et qui dévore.  
Il fallait en finir avec la Libye pour pouvoir s'attaquer à la Syrie.  
Le même scénario se met en place, un CNS bidon et à la solde de l'impérialisme et qui refuse tout dialogue avec le gouvernement Assad... Un CNS dont le seul but est de livrer la Syrie entre les mains de l'occident...
Beaucoup ne crieront pas de joie, beaucoup pleureront la mort du Guide, et ceux qui rient aujourd'hui ne riront plus demain...  
La Libye capturée,
ses richesses confisquées, vendues au plus offrant,
La riche Libye réduite en cendres...
Jour de deuil aujourd'hui pour le peuple Libyen,  
jour de honte pour le peuple français qui n'a pas su, pas voulu se lever pour défendre le peuple Libyen...  
jour d'imbécilité pour le peuple de France qui s'est laissé berner et qui laisse sa propre liberté disparaitre et partir en fumée...  
Jour de malheur pour l'Afrique toute entière …  
Honte pour la gauche française qui a trahi ses idéaux, vendu son âme au diable impérialiste et fait mine de démocratie .
Il n'y a pas de victoire aujourd'hui, la "nouvelle Libye" est jonchée de cadavres et noyée dans le sang.
Seuls les traitres se réjouiront de leurs forfaits et leurs soutiens auront à répondre de crimes contre l'humanité, pas aujourd'hui ni demain peut-être, mais un jour sûrement. leurs enfants petits enfants les maudiront et rougiront de leurs crimes.  
L'histoire ne s'efface pas aussi facilement que l'on voudrait ...  

Mouammar Kadhafi, la fin du « Guide » et " Roi des rois traditionnels d’Afrique "

........En 1973, il lance sa révolution culturelle toujours selon le modèle chinois et invite son peuple à brûler les livres qui contiennent des idées importées de la réaction capitaliste ou du communisme juif. Pour Benjamin Barber, analyste politique indépendant aux États-Unis, le dirigeant libyen « se voit beaucoup comme un intellectuel ».......
Arrivé au pouvoir il y a 42 ans par un coup d’Etat, l’énigmatique Mouammar Kadhafi n’a finalement pas résisté aux forces armées du Conseil national de transition, mais surtout aux frappes de l’OTAN. L’ex-dirigeant libyen a été abattu à Syrte, sa ville natale, ce jeudi 20 octobre 2011, soit huit mois après le début du conflit. Portrait d’un dirigeant fantasque qui a joué avec les nerfs de la communauté internationale.
La chute était inéluctable. Alors que la tête du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi était mise à prix, mort ou vif, le "Guide de la révolution libyenne" a fini par être tué dans une attaque aérienne de l’Otan à Syrte, sa ville natale, le 20 octobre 2011. L’excentrique dirigeant a dirigé le pays d’une main de fer pendant 42 ans. Imprévisible, il s’est fait à son tour surprendre par un soulèvement populaire qu’il a d’abord violemment réprimé avant de se retrouver en position défensive face aux armées de l’OTAN.
Un idéologue chevronné
Issu de la tribu des Gaddafa, présent dans le désert de Syrte, une région située au nord du pays, Mouammar Kadhafi est né le 7 juin 1942. Il a reçu une éducation rigoureuse avant de suivre une carrière militaire. Le futur leader politique n’a que 27 ans lorsqu’il renverse sans violence le roi Idriss 1er, le 1er septembre 1969. Révolutionnaire, Mouammar Kadhafi apparaît rapidement comme un idéologue chevronné. En référence au "Petit livre rouge" du dirigeant chinois Mao Zedoung, le colonel va rédiger le "Livre vert" où il y détaille sa vision de la politique. En 1973, il lance sa révolution culturelle toujours selon le modèle chinois et invite son peuple à brûler les livres qui contiennent des idées importées de la réaction capitaliste ou du communisme juif. Pour Benjamin Barber, analyste politique indépendant aux États-Unis, le dirigeant libyen « se voit beaucoup comme un intellectuel ».
Fervent admirateur du président égyptien Gamal Abdel Nasser, le Guide, comme il se surnomme, prônera un régime fondé sur le socialisme islamique et le panarabisme. Il sera à l’origine d’un projet d’union arabe regroupant l’Égypte, la Libye et la Syrie. Le projet se soldera par un échec en 1977. La même année, Mouammar Kadhafi créé la "Jamahiriya arabe libyenne", qui signifie "le pouvoir des masses". Tout au long de son règne, le dirigeant libyen sera animé d’une insatiable logique impériale. Il tentera de fusionner, ou du moins brièvement, avec tous les pays du Maghreb et optera finalement pour les « États-Unis d’Afrique » au cours des années 90. Panafricaniste convaincu, lorsqu’il accède là la présidence de l’Union africaine en 2009, Mouammar Kadhafi proposera un véritable projet africain commun : armée commune, monnaie unique, passeport africain assurant la libre circulation sur le continent. C’est de nouveau un échec.
L’utopie démocratique du leader libyen a du mal à cacher sa vison totalitaire. Le "Roi des rois traditionnels d’Afrique" va gracieusement distribuer les revenus générés par le pétrole aux dirigeants africains afin de s’assurer leur soutien. Mouammar Kadhafi interdit cependant les partis politiques et réprime dans une extrême violence toute velléité de contestation. Il s’appuiera sur les chefs de tribu pour régner sans partage sur le pays. Il va néanmoins augmenter le niveau de vie de sa population et mener des réformes en faveur des femmes.
Le paria de la communauté internationale
D’abord pourfendeur de la neutralité, Tripoli va peu à peu se rapprocher du bloc soviétique dans un monde alors bipolaire. La Libye, sous la houlette de Kadhafi, se lance dans une croisade anti-impérialiste virulente, à tel point que le président américain Ronald Reagan l’a qualifié de « chien fou ». Le régime sera accusé de financer des attentats dans les pays occidentaux et de soutenir des mouvements terroristes palestiniens, irlandais, basques et la fraction armée rouge, une organisation de guérilla urbaine en Allemagne fédérale. Les pays africains ne vont pas échapper à cette logique de déstabilisation. Le Tchad, fréquemment occupé par les forces de Kadhafi après l’échec d’une fusion en 1981, en fera partie jusqu’au retrait définitif des troupes libyennes en 1994. Soit quatre ans après l’arrivée au pouvoir de celui qui deviendra paradoxalement son grand ami, Idriss Deby Itno.
Les tensions entre la Libye et le reste de la communauté internationale atteignent leur apogée à la fin des années 80. Suite au bombardement en 1986 par les États-Unis de sa caserne-résidence de Bab el-Azizia, au centre de Tripoli, le colonel Kadhafi riposte deux ans plus tard en participant à l’explosion d’un avion de la compagnie américaine Pan American World Airways, au dessus de la ville écossaise de Lockerbie. Cet attentat a causé ainsi la mort de 270 personnes. La Libye, qui nie sa responsabilité, est en outre soupçonnée de développer un programme nucléaire et de mettre au point des armes chimiques.
L’excentrique dirigeant politique, qui nargue ses adversaires dans des discours enflammés vêtu en saharienne kaki, en tenue militaire ou de Bédouins, va rapidement faire office de paria de la communauté internationale. Fantasque, Mouammar Kadhafi ne quitte pas sa luxueuse tente bédouine, où il y serait né selon la légende. Pour la parachever, de plantureuses et farouches "Amazones" ont la charge d’assurer sa sécurité. « Il est unique dans son discours, dans son comportement, dans sa pratique et dans sa stratégie », a affirmé l’analyste algérien Saad Djebbar.
L’habile politique
Le dirigeant libyen sait en effet retourner les situations à son avantage. Alors acculé sous le poids des embargos économiques, notamment sur le pétrole, principale rente du pays, Mouammar Kadhafi entreprend, à la fin des années 1990, la réhabilitation de son pays sur la scène internationale. En 1999, il reconnaît du bout des lèvres la responsabilité de la Libye dans l’attentat de Lockerbie, livre les suspects et accepte de dédommager les victimes. Après le renversement en 2003 du régime de Saddam Hussein, soupçonné à tort par les États-Unis de détenir des armes de destruction massive, Mouammar Kadhafi décide d’interrompre son programme militaire.
Tous ces efforts portent leur fruit puisque dans le même temps, les sanctions internationales contre le pays sont levées. Washington va même jusqu’à supprimer la Libye de sa liste de pays finançant le terrorisme international. De nouveau fréquentable, le nouveau Kadhafi autorise les entreprises françaises et anglo-saxonnes à investir dans le pays. Réaliste, il va passer des accords entre son pays et ses nouveaux partenaires européens. Mais les polémiques créées par chacun de ses déplacements dans les capitales européennes montre que l’image du dirigeant libyen n’est pas tout à fait restaurée.
Et pour cause. Le dirigeant libyen défraie à nouveau la chronique en 2009 pour l’accueil triomphal fait en Libye à Abdelbaset Ali Mohamed Al-Megrahi, reconnu seul coupable de l’attentat de Lockerbie et libéré par le ministère de la Justice écossaise pour des raisons médicales. Aujourd’hui, Kadhafi fait à nouveau la une des journaux. Surpris par une révolution, qui a démarré en Tunisie et qui s’est propagée dans le monde arabe, le leader libyen a choisi de réprimer sauvagement les soulèvements populaires qui ont débuté en février dans son pays. Après 42 ans d’un règne aussi absolu que fantasque, le Guide de la révolution libyenne a été balayé par celle des insurgés de Benghazi, organisé en Conseil national de transition (CNT). L’opposition historique à son pouvoir aura fini par avoir raison de Mouammar Kadhafi.
AFRIK.COM

mercredi 19 octobre 2011

Bordiguisme et social-démocratie ! Aujourd’hui, les vieux textes de Marx-Engels qui conseillaient aux dirigeants ouvriers de demeurer inébranlablement sur la voix révolutionnaire, sont plus actuels que jamais.