mardi 8 décembre 2015

France - Élections régionales : un avertissement, une menace. La victoire du FN, c’est d’abord l’effondrement des partis de la régression sociale, Les Républicains et le PS.



Tiré du site du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)

Marine Le Pen a donc récolté le succès annoncé pour son parti : les fruits pourris de la politique anti-ouvrière et réactionnaire du gouvernement Hollande-Valls. Avec 30 % des voix, en tête dans 6 régions, le FN devient le premier parti de ce pays sur le plan électoral et peut plastronner avec arrogance et cynisme en jouant aux démocrates représentant le peuple. Ces étranges élections qui se sont déroulées dans un climat dominé par les suites du drame des attentats de Paris, l’état d’urgence, l’offensive sécuritaire et militariste du gouvernement, la guerre sur fond d’austérité et de montée du chômage, sanctionnent la gauche comme la droite.
Gauche et droite rejetées
Cette sanction est double, l’abstention et le vote FN. Un électeur sur deux n’a pas jugé utile de se déplacer pour aller voter parce qu’ils n’attendent plus rien d’un système politique où ils ne sont pas représentés. Pourtant, droite comme gauche avaient multiplié les appels pressants à voter pour faire obstacle au FN. Ils n’ont fait que l’aider, tant ils sont déconsidérés, tant ils n’ont rien à répondre au mécontentement et au ras le bol suscités par leur politique, tant ils ont cherché à faire du FN leur faire valoir. Ces partis qui depuis près de 40 ans se succèdent au pouvoir pour organiser la régression sociale, l’offensive contre le monde du travail et les classes populaires pour le plus grand profit du patronat et des banques sont disqualifiés. Face à leurs électeurs, susceptibles d’être tentés par le vote FN, ils n’avaient que morale et culpabilisation à la bouche comme si ce n’étaient pas eux qui avaient nourri, par leur politique, la propagande chauvine, réactionnaire, xénophobe et raciste du FN. Ils ont préparé le terrain du succès du FN en reprenant à leur compte la même démagogie.
Hollande et Valls responsables
Les Républicains et Sarkozy y ont pris une large part. Ils ont voulu capter l’électorat de l’extrême droite en rivalisant avec Le Pen et ils ont envoyé leurs propres électeurs dans ses bras. Le gouvernement Hollande-Valls porte une lourde responsabilité de par la fuite en avant réactionnaire et anti-démocratique qui a été la sienne au lendemain des attentats des terroristes intégristes. L’état d’urgence, la guerre, la campagne xénophobe contre les musulmanEs et contre les migrantEs orchestrée par le gouvernement, ont été autant d’arguments pour le vote Le Pen. Hollande et Valls ont repris à leur compte la politique sécuritaire du FN.
Un avertissement, une menace
La politique défendue par Le Pen loin de répondre aux besoins des classes populaires, à leur mécontentement est tout entière dirigée contre elles. Comme Les Républicains ou le PS, le FN ne rêve que d’accéder au pouvoir pour servir les intérêts des classes dominantes. En pire, plus brutalement pour accentuer l’exploitation, diviser les travailleurEs alors que la crise du capitalisme perdure et s’approfondit.
Sa démagogie xénophobe et raciste vise directement l’ensemble du monde du travail. Quand Le Pen ose dénoncer le risque de voir « la charia remplacer notre Constitution » elle n’y croit pas un instant mais flatte les peurs pour désigner les musulmanEs, tous les immigréEs, les salariéEs d’origine étrangère à la vindicte populaire pour mieux servir sa classe, les riches et les possédants, le patronat. La « priorité nationale » n’est qu’une dangereuse formule démagogique qui signifie priorité aux intérêts des patrons et des banques.
En aggravant la politique sécuritaire et militariste que mène le PS, en développant une propagande raciste, loin d’apporter des réponses à la crise, le FN ne fait qu’aggraver les tensions, le chaos. Loin d’apporter une réponse au fondamentalisme religieux, sa démagogie le nourrit, ils sont les uns comme les autres nos pires ennemis.
Construire la réponse des travailleurEs
La politique du PS entièrement dévouée aux classes dominantes, l’incapacité des forces du Front de gauche à rompre réellement avec lui laissent à gauche un véritable champ de ruines. Le PS espère sauver la mise en prenant la pose du parti le plus anti-FN en sacrifiant ses listes en PACA, dans le Nord et dans l’Est au profit de la droite qui, elle, ne veut « ni fusion ni retrait » ! Il espère ainsi sauver ce qu’il pourra dans les autres régions ! Cette gauche politicienne ne représente plus en rien les classes populaires. Elle manœuvre sur le terrain électoral mais ne tire aucune conclusion de son effondrement. Le gouvernement entend bien poursuivre et accentuer sa politique qui a fait le lit du FN.
C’est bien pourquoi conjurer la menace que représente l’extrême-droite, c’est aussi combattre la politique dont il se nourrit pour défendre nos droits sociaux et démocratiques, par nos luttes et nos mobilisations, sur le terrain social et politique. C’est rassembler toutes celles et ceux qui, au sein du monde du travail et de la jeunesse, refusent l’austérité et le chômage, l’état d’urgence et la guerre, le racisme et la xénophobie. De ce point de vue, les listes présentées par Lutte ouvrière pour lesquelles le NPA a appelé à voter réalisent des scores entre 1 et 2 %, qui attestent de l’existence dans ce pays d’un courant certes très minoritaire mais qui pourra compter demain.
La victoire du FN, c’est d’abord l’effondrement des partis de la régression sociale, Les Républicains et le PS. Elle représente une menace mais si nous savons entendre l’avertissement pour nous rassembler, unir nos forces pour reprendre l’offensive, alors cette victoire pourrait n’être qu’un mauvais moment.

lundi 7 décembre 2015

Yémen : La coalition arabe, sous commandement saoudien se fissure sur la Syrie.



IRIB- Les Emirats arabes unis, la Jordanie et l’Egypte délaissent les Saoudiens!

Dans un rapport, un quotidien arabe s’intéresse aux divergences entre  l’Arabie saoudite et les Emirats arabes unis, sur les crises, en Syrie et au Yémen.
Le journal "Al-Ray al-Youm", s’attardant sur les rapports des forces qui commencent à changer, dans la région, écrit : «Certaines coalitions régionales se heurtent à des divergences de plus en plus affirmées, et certains pays membres quittent l’Arabie.
"Al Ray al-Youm", revenant sur la réaction des Emirats arabes unis à l’attaque russe contre Daech, en Syrie, qui l’avait qualifié, d’«attaque contre un ennemi commun», déclare que cette affirmation reconnaît, en quelque sorte, une intervention militaire du Kremlin, en Syrie.
L’auteur de l’article, revenant sur le fait que cette prise de position des Emirats va à l’encontre de celles prises par l’Arabie et le Qatar, envers la crise syrienne, précise : «Riyad et Doha sont, ouvertement, contre l’intervention militaire russe, en Syrie,  et la considèrent comme un acte, qui vise à tuer les civils».
Alors que les frappes aériennes russes, effectuées en Syrie, contre Daech ont provoqué une réaction vive et unanime de l’Arabie, du Qatar et de la Turquie contre Moscou, Anwar Gargash, le ministre d'État émirati aux Affaires étrangères, s’est contenté de dire que toute intervention militaire, en Syrie, «complique la situation, qu'elle vienne de la Russie ou d'une autre partie». Précise l’article.
S’agissant de l’action de la Russie, en Syrie, Anwar Gargash a fait valoir que «personne n’allait s’inquiéter du bombardement russe de Daech ou d’Al-Qaïda, car ce bombardement vise un ennemi commun».
Sur ce point, il rejoint la position exprimée par l’Égypte, qui a été l’un des rares pays arabes à saluer le lancement des opérations aériennes russes, en Syrie.
Le quotidien "Al Ray al-Youm", posant cette question, si l’ombre de la séparation se dressait entre les Emirats et l’Arabie, sur les questions régionales ? se demande : «Peut-on conclure qu’aujourd’hui, une nouvelle coalition est en train de se former entre les Emirats, l’Egypte et la Jordanie, au Moyen-Orient, face à l’Arabie, la Turquie et le Qatar ?
Selon ce quotidien, plusieurs sources médiatiques font état d’un accord secret entre l’Egypte, la Jordanie et les Emirats arabes unis et la Russie, pour soutenir les frappes de Moscou contre Daech, ce qui signifie que la coalition arabe, sous commandement saoudien, au Yémen, se fissure, sur la Syrie, et que les Emirats cherchent, désormais, à s’en retirer et à avoir ses propres positions et son propre rôle.
Ce rapport intervient, au moment où les divergences de vue s’intensifient entre le Président démissionnaire yéménite, Abd Rabbo Mansour Hadi, et son Premier ministre, Khaled Bahah, tous deux, en fuite, sur la nomination des ministres du parti Hezb al-Eslah, (Branche yéménite des Frères musulmans), à des postes-clés.
Khaled Bahah, soutenu par les Emiratis, est, vivement, préoccupé par un rapprochement entre  les Frères yéménites et Mansour Hadi, (installé à Riyad), en vertu des soutiens qataris et turcs.
L’auteur de l’article, évoquant la multiplication des déplacements entre Moscou et Abu Dhabi, écrit : «Les Emirats arabes unis ont investi, au cours de ces derniers mois 7 milliards de dollars, en Russie dont une partie s’est effectuée, après l’intervention russe contre Daech, en Syrie».    
Source : sahar

vendredi 4 décembre 2015

La Russie de Vladimir Poutine est en train de donner une leçon au monde occidental.



Avec résolution, avec obstination et sans états d'âme inutiles, la Russie trace son sillon au Moyen Orient. Tel un lourd navire à qui il faut du temps pour prendre de la vitesse mais qui s'arrêtera encore plus lentement, la Russie est en train d'imprimer sa marque. Elle impose progressivement sa méthode qui est fondée sur la réflexion, réflexion qui mène aux certitudes qui à leur tour guident l'action. On réfléchit d'abord et on tire ensuite si, et seulement si, c'est nécessaire. Quand on prend le temps de réfléchir, on a le temps de décider où on va et par quel chemin. A partir de ce moment, si on a les moyens de ses objectifs, tout est possible, rien ou presque ne peut vous arrêter.
La Russie de Vladimir Poutine est en train de donner une leçon au monde occidental. A ceux qui en doutent encore, on conseillera de regarder les images de ce qui s'est passé hier au ministère de la défense à Moscou. Tous ces attachés militaires étrangers, invités par le ministère et assis devant plusieurs centaines de journalistes du monde entier, chacun suivant les explications de quelques officiers supérieurs russes sur les opérations en Syrie.

J'y ai vu une leçon à plusieurs niveaux.

Le premier niveau, le plus évident, c'est la démonstration de la collusion de la Turquie, membre de l’Otan, avec le terrorisme en général et l'Etat Islamique en particulier. La réaction russe est symptomatique : on ne cherche pas de confrontation avec l'Otan, mais il est impossible de ne pas réagir à cette agression, donc on met en évidence la duplicité d'un pays qui prétend faire partie d'une alliance tout en maintenant des liens forts avec un ennemi déclaré de cette alliance. Ne soyons pas naïfs, les membres de l'Otan, en tout cas les plus importants étaient au courant de ce qui se passait, mais ils pouvaient faire semblant de l'ignorer. Après la leçon d’hier, ils ne le peuvent plus et ce d'autant moins que les attentats récents contre la Russie et surtout la France, ont sérieusement fait baisser le niveau de tolérance à ce type de comportements.
Le deuxième niveau, c'est une question posée à l'Otan : voyez-vous quel genre de partenaire vous avez ? Suivie d'une autre question : êtes vous donc en position de nous donner des leçons ? Cela pose le problème de la confiance que la Russie peut avoir en ce genre de coalition. L'attaque de la Turquie a effectivement fait capoter les tentatives de François Hollande en ce qu'elle a mis en évidence le manque de fiabilité de certains pays qui, comme la France, font partie de l'Otan. Espérons (on peut toujours rêver) que la France en profitera pour revoir sa stratégie d'alliances et comprendra que seule la Russie est capable de mener la guerre contre les groupements terroristes du Moyen Orient. Elle le peut non pas grâce à la puissance militaire dont elle a fait la preuve en Syrie, mais parce qu'elle a effectivement les mêmes objectifs que la France, si on excepte la position essentiellement émotionnelle du Quai d'Orsay à propos de Bachar Al-Assad. Elle le peut également parce qu'elle connaît le Moyen Orient mieux que n'importe quel pays occidental et enfin parce qu'elle a des alliés sur place, même si, pour certains, il s’agit d’alliés de circonstance.
Le troisième niveau, c'est : voyez comment nous réagissons quand on nous agresse. Ce niveau s'adresse plus particulièrement aux dirigeants politiques et aux médias qui ont parlé de risques de guerre généralisée à la suite de la destruction du Sukhoï 24 de l'armée de l'air russe. Nous sommes un peuple responsable, nous réfléchissons d'abord à nos objectifs et à la stratégie à mettre en œuvre. Cette attitude est tellement passée de mode chez nous que les réactions russes en sont devenues difficilement compréhensibles. Prenez l'exemple de la catastrophe aérienne du Sinaï. Non seulement les pays occidentaux sont allés tout de suite à la conclusion de l'attentat, mais quand, après une enquête sérieuse ne laissant aucune hypothèse de côté a priori, la Russie a déclaré qu'il s'agissait bien d'un attentat, on a vu, dans la presse française des titres comme "la Russie admet l'attentat", comme s’il y avait quelque chose à « admettre ». J'ai expliqué récemment à un ami français qu'il s'agissait simplement de ne pas se précipiter vers une hypothèse unique qui exclue toutes les autres, pour avoir une enquête objective qui ne passe pas à côté de la vérité. Il n'a pas fait de commentaire car c'est un ami, mais j'ai lu l'incompréhension dans ses yeux. Enfin, heureusement que la Russie n'est pas dirigée par un "clone" de John McCain !
Le quatrième niveau est une démonstration : voyez comment réagissent les pays civilisés, sûr d'eux : nous ne portons pas d'accusations sans preuves. Ce niveau concerne tous les pays qui accusent la Russie de tous les maux sans apporter la preuve de ce qu'ils avancent. La Russie a abattu le vol MH17 ? Où sont les preuves ? Pourtant vous avez des satellites comme les nôtres qui observent la terre et en particulier, en ce moment, l'Ukraine. L'armée russe a envahi les Donbass ? Où sont les preuves ? Pourtant, voyez, on peut photographier des camions depuis l'espace.
Pendant ce temps, l'Otan propose au Monténégro (moins d'un million d'habitants, pas d'armée) de rejoindre le "Club des ennemis de la Russie". On croit rêver. Et, comme on nous prend pour des idiots, on nous explique que c'est la Russie qui a tort de s'inquiéter.
En Syrie, la Russie s'est complètement affranchie de l'influence de l'Otan. La leçon d'hier est là pour le confirmer, si besoin était. Voyez qui sont les membres de votre club. Nous ne parlerons pas des Pays Baltes auxquels vous êtes bien les seuls à accorder de l'importance en croyant qu'ils nous importent. Sur le terrain, après avoir reçu le refus auquel elle s'attendait, la Russie poursuit son plan qui est de détruire les sources de terrorismes quelques soient les noms derrière lesquels elles se cachent, pour ensuite rétablir un état syrien dont les citoyens pourront décider seuls qui doit les gouverner.
Pour cela la Russie n'a besoin de personne, surtout pas d'alliés qui ont des allégeances avec l'ennemi, que ce soit pour des raisons stratégiques, politiques, économiques ou d'intérêts financiers privés.
La Turquie vient de lui fournir une excellente justification au renforcent de ses défenses anti-aériennes. C'est comme cela qu'il faut analyser l'agacement et les critiques plus ou moins voilées des membres du "Club des ennemis de la Russie". Abattre un avion russe ne leur pose pas de problème a priori, mais eux ont compris tout de suite ce que cela allait provoquer. L'installation de missiles S400 et l'arrivée d'un navire spécialisé dans les contre mesures électroniques ont donné à la Russie la possibilité de fermer l'espace aérien syrien à qui elle veut. Elle est maître du jeu.
Nous verrons si elle accepte l'intervention d'avions américains, français ou anglais qui bombardent en dehors de tout cadre juridique international. Je pense qu'elle le fera car elle contrôle maintenant le ciel syrien.

samedi 28 novembre 2015

Syrie : Le grand retournement, la politique française depuis juin 2012 en Syrie s’est fracassée sur les réalités.



Samedi 28 novembre 2015

En début de semaine, la mainstream class nous vantait le marathon diplomatique de Hollande, suite au discours du Congrès où il avait annoncé la création d’une coalition unique contre Daech, avec standing ovation de nos parlementaires décervelés. A la fin de la semaine, Fabius annonce que la France est prêtre à coopérer avec l’armée nationale syrienne, sous les ordres donc de Bachar El-Assad. Un écroulement prévisible, mais spectaculaire et lourd de conséquences.
Petit retour en arrière ?...
La politique française a toujours été la nécessité de renverser le régime de Bachar El-Assad. 
En septembre 2013, Hollande entonnait la rhétorique de George W. Bush, voulant bombarder Damas : « La France est prête à punir ceux qui ont pris la décision infâme de gazer des innocents. Le massacre chimique de Damas ne peut rester sans réponse». L’ONU avait dit non, et Obama l’avait lâché.
Le 1er octobre 2015, le ministère des affaires étrangères avait manœuvré pour l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris pour « crimes de guerre » contre le régime Assad, Fabius étant grandiose : « Face à ces crimes qui heurtent la conscience humaine, à cette bureaucratie de l’horreur, face à cette négation des valeurs d’humanité, il est de notre responsabilité d’agir contre l’impunité de ces assassins ». Le 25 aout, Hollande souhaitait la « neutralisation de Bachar El-Assad ». Le 27 septembre, Hollande affirmait à la tribune de l’ONU vouloir battre Daech, mais sans El-Assad.
Le 5 octobre, Hollande affirmait comme évidence que « Monsieur Poutine n’est pas notre allié ».
Des déclarations en nombre,… jusqu’à hier
Aujourd’hui, les « assassins »  sont appelés à la rescousse par Fabius, sur RTL :  « Il y a deux séries de mesures : les bombardements, et des forces au sol qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui peuvent être à la fois des forces de l’Armée syrienne libre, des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime, et des Kurdes également bien sûr ».
Le chef de la diplomatie syrienne, Walid Mouallem, a salué les déclarations de Fabius : « Mieux vaut tard que jamais. Si Fabius est sérieux concernant l’idée de travailler avec l’armée syrienne et avec les forces sur le terrain qui combattent Daech, alors nous saluons» cette position. Mais cela nécessiterait un changement fondamental dans leur manière de gérer la crise».
Libération, le plus guerrier de nos journaux, marque son écœurement : « C’est une magnifique victoire diplomatique pour Bachar al-Assad ».
Il faut dire que le marathon diplomatique de Hollande a été calamiteux. Seul  Cameron a bronché, mais il doit passer par un vote des Communes, et c’est loin d’être acquis. En fait, il cherche surtout à mettre en difficulté le nouveau leader travailliste, Jeremy Corbyn. Obama a fait une déclaration, mais rien de plus. Merkel s’est montrée sympathique mais elle ne veut pas entendre parler du mot de guerre, et elle a proposé l’envoi de 650 soldats… au Mali ! Renzi a fait comprendre que l’Italie ne ferait rien, et que la priorité était la Libye. Hollande s’est rendu ni en Turquie, ni en Irak, ni en Arabie-Saoudite. Il a fini sa tournée par une visite à Poutine, qui lui a rappelé vertement l’excitation française contre la Russie, avec les gels d’avoir, les mesures antiéconomiques, la surenchère au sein de l’OTAN, et un discours d’une incroyable hostilité… allant jusqu’à contester le principe de la visite de Sarkozy en Russie il y a trois semaines.
Ce que nous constatons, quel que soient nos points de vue, c’est que la politique française depuis juin 2012 en Syrie s’est fracassée sur les réalités. Et la suffisance de Fabius pour annoncer comme si rien n’était ce retournement de la France… sidérant ! On attend maintenant les nouvelles contorsions de ces girouettes pour expliquer ce revirement à l’Arabie-Saoudite, au Qatar et à Israël, à tous ceux - surtout ceux vivant là-bas - qui avaient cru à ce choix politique.
Gilles Devers
Source : Palestine Solidarité