Tiré du site
du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA)
Marine Le
Pen a donc récolté le succès annoncé pour son parti : les fruits pourris de la
politique anti-ouvrière et réactionnaire du gouvernement Hollande-Valls. Avec
30 % des voix, en tête dans 6 régions, le FN devient le premier parti de ce
pays sur le plan électoral et peut plastronner avec arrogance et cynisme en
jouant aux démocrates représentant le peuple. Ces étranges élections qui se sont
déroulées dans un climat dominé par les suites du drame des attentats de Paris,
l’état d’urgence, l’offensive sécuritaire et militariste du gouvernement, la
guerre sur fond d’austérité et de montée du chômage, sanctionnent la gauche
comme la droite.
Gauche
et droite rejetées
Cette
sanction est double, l’abstention et le vote FN. Un électeur sur deux n’a pas
jugé utile de se déplacer pour aller voter parce qu’ils n’attendent plus rien
d’un système politique où ils ne sont pas représentés. Pourtant, droite comme
gauche avaient multiplié les appels pressants à voter pour faire obstacle au
FN. Ils n’ont fait que l’aider, tant ils sont déconsidérés, tant ils n’ont rien
à répondre au mécontentement et au ras le bol suscités par leur politique, tant
ils ont cherché à faire du FN leur faire valoir. Ces partis qui depuis près de
40 ans se succèdent au pouvoir pour organiser la régression sociale,
l’offensive contre le monde du travail et les classes populaires pour le plus
grand profit du patronat et des banques sont disqualifiés. Face à leurs
électeurs, susceptibles d’être tentés par le vote FN, ils n’avaient que morale
et culpabilisation à la bouche comme si ce n’étaient pas eux qui avaient
nourri, par leur politique, la propagande chauvine, réactionnaire, xénophobe et
raciste du FN. Ils ont préparé le terrain du succès du FN en reprenant à leur
compte la même démagogie.
Hollande
et Valls responsables
Les
Républicains et Sarkozy y ont pris une large part. Ils ont voulu capter
l’électorat de l’extrême droite en rivalisant avec Le Pen et ils ont envoyé
leurs propres électeurs dans ses bras. Le gouvernement Hollande-Valls porte une
lourde responsabilité de par la fuite en avant réactionnaire et
anti-démocratique qui a été la sienne au lendemain des attentats des terroristes
intégristes. L’état d’urgence, la guerre, la campagne xénophobe contre les
musulmanEs et contre les migrantEs orchestrée par le gouvernement, ont été
autant d’arguments pour le vote Le Pen. Hollande et Valls ont repris à leur
compte la politique sécuritaire du FN.
Un
avertissement, une menace
La politique
défendue par Le Pen loin de répondre aux besoins des classes populaires, à leur
mécontentement est tout entière dirigée contre elles. Comme Les Républicains ou
le PS, le FN ne rêve que d’accéder au pouvoir pour servir les intérêts des
classes dominantes. En pire, plus brutalement pour accentuer l’exploitation,
diviser les travailleurEs alors que la crise du capitalisme perdure et
s’approfondit.
Sa démagogie
xénophobe et raciste vise directement l’ensemble du monde du travail. Quand Le
Pen ose dénoncer le risque de voir « la charia remplacer notre Constitution »
elle n’y croit pas un instant mais flatte les peurs pour désigner les
musulmanEs, tous les immigréEs, les salariéEs d’origine étrangère à la vindicte
populaire pour mieux servir sa classe, les riches et les possédants, le
patronat. La « priorité nationale » n’est qu’une dangereuse formule démagogique
qui signifie priorité aux intérêts des patrons et des banques.
En aggravant
la politique sécuritaire et militariste que mène le PS, en développant une
propagande raciste, loin d’apporter des réponses à la crise, le FN ne fait
qu’aggraver les tensions, le chaos. Loin d’apporter une réponse au
fondamentalisme religieux, sa démagogie le nourrit, ils sont les uns comme les
autres nos pires ennemis.
Construire
la réponse des travailleurEs
La politique
du PS entièrement dévouée aux classes dominantes, l’incapacité des forces du
Front de gauche à rompre réellement avec lui laissent à gauche un véritable
champ de ruines. Le PS espère sauver la mise en prenant la pose du parti le
plus anti-FN en sacrifiant ses listes en PACA, dans le Nord et dans l’Est au
profit de la droite qui, elle, ne veut « ni fusion ni retrait » ! Il espère
ainsi sauver ce qu’il pourra dans les autres régions ! Cette gauche politicienne
ne représente plus en rien les classes populaires. Elle manœuvre sur le terrain
électoral mais ne tire aucune conclusion de son effondrement. Le gouvernement
entend bien poursuivre et accentuer sa politique qui a fait le lit du FN.
C’est bien
pourquoi conjurer la menace que représente l’extrême-droite, c’est aussi
combattre la politique dont il se nourrit pour défendre nos droits sociaux et
démocratiques, par nos luttes et nos mobilisations, sur le terrain social et
politique. C’est rassembler toutes celles et ceux qui, au sein du monde du
travail et de la jeunesse, refusent l’austérité et le chômage, l’état d’urgence
et la guerre, le racisme et la xénophobie. De ce point de vue, les listes
présentées par Lutte ouvrière pour lesquelles le NPA a appelé à voter réalisent
des scores entre 1 et 2 %, qui attestent de l’existence dans ce pays d’un
courant certes très minoritaire mais qui pourra compter demain.
La victoire
du FN, c’est d’abord l’effondrement des partis de la régression sociale, Les
Républicains et le PS. Elle représente une menace mais si nous savons entendre
l’avertissement pour nous rassembler, unir nos forces pour reprendre
l’offensive, alors cette victoire pourrait n’être qu’un mauvais moment.

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