samedi 15 octobre 2011

Les peuples faibles et les "événements d'Octobre" dans l'histoire

Dans l'histoire des peuples certains mois ont des significations particulières. On se souvient certainement de la révolution d'Octobre (selon le calendrier orthodoxe) qui permit à la Russie de mettre fin aux dynasties tsaristes et donner lieu au communisme qui, lui-même, devait s'écrouler quelque 74 ans plus tard à la même période. La Révolution russe est un événement fondateur et décisif du «court XXe siècle» ouvert par l'éclatement du conflit européen en 1914 et clos en 1991 par la disparition de l'Urss, selon l'historien Eric Hobsbawm qui écrit: «La Révolution d'Octobre fut universellement reconnue comme un événement qui ébranlait le monde.»(1)

Objet de sympathies et d'immenses espoirs pour les uns (la «grande lueur à l'Est» de Jules Romains, le «charme universel d'Octobre» décrit par François Furet), objet de sévères critiques, voire de peurs et de haines viscérales pour les autres, la Révolution d'Octobre reste un des faits les plus étudiés et les plus passionnément discutés de l'histoire contemporaine.(2)

S'agissant de l'Algérie, le mois d'octobre fut deux fois le mois de la douleur, d'abord en 1961 ensuite en octobre 1988. Dans les deux cas, le peuple et notamment sa jeunesse descendent dans la rue pour protester contre des conditions de vie et pour la liberté. Ainsi, les évènements du 17 Octobre 1961 à Paris désignent la répression sanglante ayant frappé une manifestation organisée par la Fédération de France du F.L.N. en faveur de l'indépendance de l'Algérie, à Paris. Des dizaines à des centaines d'Algériens, selon les sources, sont morts lors de la confrontation avec les forces de l'ordre alors dirigées par le préfet de police Maurice Papon. Les manifestants internés dans des centres de détention pendant quatre jours y auraient subi des violences. Il y eut plus de 200 morts et de blessés.

Bien plus tard, en Algérie, le 5 Octobre 1988 fut le prélude véritable de ce que la doxa occidentale redécouvre en 2011 sous le vocable de printemps arabe. Une révolte contre le népotisme, les passe-droits, le manque de liberté, l'absence d'alternance au pouvoir, le chômage. Certains journaux, faisant dans l'auto- dénigrement que décrit si bien Albert Memmi, voient dans cette révolte de la jeunesse une manipulation des services de sécurité. Il n'empêche que pendant près de deux ans, nous avons vu un printemps de la liberté que beaucoup de pays arabes nous enviaient à l'époque, la presse actuelle qui «déblatère sans cap fédérateur pour le pays, au-delà des hommes, doit son existence à la mort de ces jeunes. Cette récupération ingrate ne fait pas preuve d'humilité, au contraire on minimise pour être dans le vent de la doxa occidentale qui veut que « l'Histoire commence à Sumer » (Sidi Bouaziz)

Un autre peuple qui paya cher sa liberté est le peuple tchèque «Il y a tout juste 40 ans, le 31 octobre 1967, la police tchèque réprimait brutalement une manifestation d'étudiants de la cité universitaire de Prague-Strahov. Cet événement fut le prélude de la période de détente politique et de réformes démocratiques qu'a connues, en 1968, la Tchécoslovaquie, période dite du «Printemps de Prague». Au commencement était l'obscurité. Les coupures fréquentes d'électricité à la cité universitaire de Prague-Strahov, furent à l'origine des protestations des étudiants. Lorsque, le 31 octobre 1967 au soir, la cité fut à nouveau plongée dans l'obscurité, les étudiants sortirent dans la rue et prirent la direction du Château de Prague. Bougies à la main et scandant: «Il nous faut de la lumière, nous voulons plus de lumière», un slogan bien ambigu aux oreilles du régime d'alors. L'intervention contre les étudiants n'est pas restée sans suite. Pour la première fois, la presse informa ouvertement ses lecteurs de la brutalité policière. En effet, suite à cela, Strahov Antonin Novotny fut démis de ses fonctions en janvier 1968. La nomination d'Alexandre Dubcek au poste de chef du comité central du PCT ouvrit la voie aux réformes. L'année 1968 vît s'instaurer les libertés d'expression, de création artistique ou encore de la vie culturelle. La censure fut abolie.(3) Cela ne fut pas du goût du pouvoir soviétique frère qui mit de l'ordre en limogeant Dubcek.

Le calvaire afghan
Pour la période récente, il nous a paru intéressant de rapporter comment un peuple, en l'occurrence le peuple afghan, fut envahi le 7 octobre 2001. «En 2010, écrit Michel Chossudovsky, Obama, prix Nobel de la paix 2010, annonçait l'intensification du conflit en Afghanistan avec l'envoi de 30.000 soldats supplémentaires, nous rappelle que cette guerre, conséquence la plus visible et pourtant la plus méconnue des attentats du 11 Septembre, est illégale et criminelle aux yeux du Droit international. Dans une contribution rédigée le 21 décembre 2009, Michel Chossudovsky écrivait: «Pourquoi les Américains et l'Otan ont-ils envoyé des soldats en Afghanistan? Comment justifie-t-on la guerre menée dans ce pays de 28 millions d'habitants? Qu'est-ce qui justifie l'escalade militaire d'Obama? Les médias et le gouvernement des États-Unis continuent à l'unisson de se référer au 11 Septembre et au rôle du réseau Al Qaîda emmené par le «cerveau du terrorisme» Oussama ben Laden [et désormais par ses lieutenants - Ndlr]. Le bombardement et l'invasion de l'Afghanistan sont décrits comme une «campagne» contre les terroristes islamistes plutôt que comme une guerre. Pourtant, à la date d'aujourd'hui, il n'existe aucune preuve qu'Al Qaîda soit derrière les attaques du 11 Septembre. Il n'y en a pas non plus concernant une quelconque complicité de l'Afghanistan en tant qu'État-nation dans les attaques du 11 Septembre. Dans les semaines qui suivirent les attaques, le gouvernement afghan offrit à deux reprises de livrer Ben Laden si la justice des États-Unis présentait d'abord les preuves de son implication. Washington a refusé ces offres».(4)

«Aujourd'hui, Oussama Ben Laden, le chef d'Al-Qaîda, est désigné dans les documents militaires et les déclarations officielles comme le «cerveau» qui a planifié les attaques du 11 Septembre. Le 10 septembre 2001, d'après CBS News Report, Oussama ben Laden avait été admis dans un hôpital militaire pakistanais à Rawalpindi (CBS Evening News with Dan Rather; CBS, 28 janvier 2002. (...) Convalescent dans son lit d'hôpital à Rawalpindi le 11 septembre, comment Oussama aurait-il pu coordonner les attaques? L'argument légal avancé par Washington et par l'Otan pour envahir l'Afghanistan fut que les attaques du 11 Septembre constituaient une «attaque armée» lancée par surprise «depuis l'étranger» par une puissance anonyme étrangère, et qu'en conséquence, «les lois de la guerre» s'appliquaient, permettant à la Nation attaquée de répliquer en vertu du droit à «la légitime défense». (...) Sur le terrain, on avait balayé le «si» de l'article 5, bien avant le 11 Septembre. Tout l'arsenal de l'Otan était déjà sur le chemin de la guerre. Dit en termes militaires, les États-Unis et l'Otan étaient déjà à un stade avancé de préparation. (..) En invoquant l'article 5, les membres de l'Otan ont manifesté leur solidarité envers les États-Unis et condamné, de la manière la plus vigoureuse, les attaques terroristes perpétrées contre ce pays le 11 Septembre. (...) Le secrétaire général de l'Otan Lord Robertson a négligemment résumé le contenu du rapport Taylor dans une déclaration à la presse:«(...)Les faits sont clairs et accablants. Les informations données désignent sans erreur possible Al-Qaîda comme étant à l'origine des attaques du 11 Septembre. (...) Deux jours plus tard, le 4 octobre, les Alliés de l'Otan s'accordent sur huit mesures encadrant leur soutien aux États-Unis, qui sont l'équivalent d'une déclaration de guerre. (...)La guerre conduite par les États-Unis contre l'Afghanistan, utilisant le 11 Septembre comme un prétexte et une justification, est illégale et criminelle.(4)

La guerre d'Octobre 1973
Une guerre d'octobre qui marqua durablement les rapports d'asymétrie des armées arabes et israéliennes est la guerre israélo-arabe de 1973 qui opposa, du 6 octobre au 24 octobre 1973, Israël à une coalition menée par l'Égypte et la Syrie. On dit que dans la nuit du 25 septembre, le roi Hussein prit secrètement l'avion pour prévenir le Premier ministre israélien Golda Meir à Tel Aviv de l'imminence d'une attaque syrienne (...) L'armée égyptienne dirigée par le général parachutiste Saâd Eddine Chazli surprit par son aisance à créer une brèche dans les défenses israéliennes et par sa capacité à traverser le canal malgré les forts Bar-Lev. Le 9 octobre, Golda Meir lance un appel «Sauvez Israël» et les États-Unis répondent à cet appel en envoyant des armes à Israël.

Avant que la guerre ne s'arrête, une division israélienne était arrivée à 101 kilomètres de la capitale égyptienne Le Caire. (...) Du 11 au 14 octobre, la poussée israélienne les amena à 40 km des banlieues de Damas qui étaient à la portée de l'artillerie. L'Algérie fut la deuxième puissance militaire sur le front égyptien. (...) Les pilotes algériens étaient, cette fois, plus préparés et plus aguerris grâce à la guerre d'usure. Elle fut la seule force aérienne arabe à ne pas avoir perdu d'appareils au combat. Seul un MiG-17 fut touché par un Phantom israélien. Le pilote algérien réussit à faire écraser le MiG près de sa base d'attache tout en s'éjectant et en évitant de se faire capturer. Surtout, cette situation offrit aux États-Unis une opportunité stratégique: obtenir de l'Égypte qu'elle sorte définitivement de l'influence soviétique en échange de la Troisième Armée qui était encerclée sans ravitaillement par les troupes israéliennes (...) (5) Les discussions de paix «des petits pas» de Kissinger devaient amener l'Egypte à une reddition en rase campagne...

Les guerres subies par la Libye
Un autre pays qui a subi deux guerres à un siècle d'intervalle est la Libye. On y retrouve toujours les mêmes motifs. Manlio Dinucci écrit: «Le 5 octobre 1911, après deux jours de bombardement naval, le premier contingent italien débarqua à Tripoli, commençant l'occupation coloniale de la Libye qui, poursuivie et renforcée par le fascisme, allait durer trente ans. Est-ce une page historique définitivement tournée? N'y a-t-il donc aucune analogie entre la première guerre de Libye et l'actuelle? Certes, en un siècle beaucoup de choses ont changé. Mais les mécanismes de la guerre sont restés en substance les mêmes. Au début du XXe siècle l'Italie, demeurée après la défaite d'Adua (1896) puissance coloniale de second plan avec les possessions d'Erythrée et de Somalie, relança sa politique expansionniste: l'objectif était la conquête de la Libye, qui faisait partie de l'Empire ottoman en train de s'effriter. (...) Aujourd'hui, pour les élites économiques et financières européennes et étasuniennes, la Libye est encore plus importante. Dans le «gros tas de sable» se trouvent les plus grandes réserves pétrolières d'Afrique, précieuses pour leur haute qualité et leur bas coût d'extraction, et de grosses réserves de gaz naturel; et il y a l'immense réserve d'eau de la nappe nubienne, en perspective plus précieuse que le pétrole. Il y a un siècle, la guerre pour l'occupation de la Libye fut préparée et accompagnée par une propagande martelée, conduite par quasiment tous les plus grands quotidiens, surtout ceux catholiques liés au Banco di Roma. (...) La motivation conductrice était que l'Italie, nation civilisée, devait libérer la Libye de la barbare domination turque, (...). » (6)

« La guerre de 1911 fut longuement préparée, en infiltrant des agents secrets en Libye avec une double mission: recueillir des informations militaires et recruter des chefs arabes disponibles pour collaborer. L'attaque décidée, l'Italie utilisa son écrasante suprématie militaire: plus de 20 cuirassés et autres navires de guerre bombardèrent Tripoli sans subir aucun dommage, puisque leurs canons avaient une portée beaucoup plus grande que celle des vieux canons de défense de la ville. (...) On retrouve de significatives analogies dans la guerre actuelle. Celle-ci aussi a commencé par l'infiltration d'agents secrets et le recrutement de chefs arabes disponibles à collaborer. (...) Reste cependant à voir quelle sera la réaction du peuple libyen à ce qui se profile comme une nouvelle occupation d'allures néocoloniales.(6)

Que peut-on en conclure?
Les dirigeants occidentaux actuels, acculés dans leur pays par des problèmes économiques financiers et ayant épuisé tous les subterfuges (droits de l'homme...blanc, droit et devoir d'ingérence) pour s'emparer des ressources qui leur manquent (eau énergie, matière première) découvrent graduellement leur vrai-nouveau et ancien visage comme leurs prédécesseurs-, «celui de l'ordre nouveau, basé sur la force brutale». Répondant à une interview d'Afrique Asie à la suite de la parution de leur livre «Sarkozy sous BHL», A la question: «Après le renversement de Saddam Hussein, de Laurent Gbagbo et du colonel Kadhafi, ne sommes-nous pas en définitive en train d'assister à un retour accéléré du colonialisme?» Roland Dumas répond: «Tout à fait. Nous assistons à un retour, non seulement accéléré mais amplifié, démultiplié du colonialisme avec des moyens énormes. (...) Au moment où tout le monde s'agite autour de la crise, n'est-il pas raisonnable de poser la question du coût de guerres inutiles et monstrueuses?»

« Pour Jacques Vergès, c'est évident que la politique de M. Sarkozy marque un retour du colonialisme à un moment où la France et l'Occident en général n'en ont plus les moyens. Il peut renverser les gouvernements mais ne peut assurer l'ordre ensuite. A une autre question: «Pensez-vous que l'Algérie soit sur la liste des «pays à casser»?» Roland Dumas répond: «Pourquoi pas. Le contentieux entre la France et l'Algérie est durable. Quand vous imaginez que les Français n'ont pas encore souscrit à la proposition de négociations avec l'Algérie sur un contrat d'amitié, parce que trop de blessures sont encore saignantes...Tout est à craindre pour l'Algérie, mais ce sera pour M. Sarkozy un autre «morceau»... » (7) Nous voilà avertis!

Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.d

Lettre de Nicolas Sacco à son fils -18 Août 1927- Cette lettre touche par son humanité et sa vision étonnamment positive de la réalité, quatre jours avant de disparaître...

Nicola Sacco (22 avril 1891 – 23 août 1927), anarchiste italo-américain.

Nicola Sacco (né Fernando Sacco ) - Né le 22 avril 1891 à Torremaggiore dans la province de Foggia, dans les Pouilles - mort le 23 août 1927 à Charlestown, Massachusetts, Etats-Unis, était un militant anarchiste italo - américain, accusé d'homicide dans les années 1920 aux États-Unis. Nicola Sacco en compagnie de son prétendu complice Bartolomeo Vanzetti pour un braquage mortel, au cours duquel deux convoyeurs de fonds laissèrent la vie: ce fut le début de l' Affaire Sacco et Vanzetti. Tous les deux arrivèrent aux États-Unis à Ellis Island. Nicola Sacco parti de Naples sur le navire Principe de Piemonte pour arriver le 2 mai 1913 à Ellis Island à New York. Il survit à ce voyage. Mais accusé à tort de la mort des deux convoyeurs, il fut condamné à mort et exécuté le 23 août 1927 par la chaise électrique.
 Il existe beaucoup de doute sur leur culpabilité. Les critiques du jugement ont accusé le ministère civil et le juge d'avoir utilisé le sentiment anti-italien, anti-immigrant et anti-anarchiste pour influencer le verdict du jury.
Joan Baez s'engagea pour défendre leur mémoire et écrivit, avec Ennio Morricone, la chanson Here's To You, qui fut reprise en français par Georges Moustaki sous le titre La Ballade de Sacco et Vanzetti. Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts “Michael Dukakis” absoud les deux hommes, et déclare que « tous les déshonneurs devaient être enlevé de leurs noms pour toujours »

Lettre de Nicolas Sacco à son fils
" Charlestown, 18 Août 1927,

Cette lettre de Sacco touche par son humanité et sa vision étonnamment positive de la réalité, quatre jours avant de disparaître...

Mon fils, mon compagnon,
Je veux t'écrire avant que nous partions
A la Maison de la mort car le 22, après minuit,
Vers la chaise électrique on nous poussera...
Pourtant, me voici empli d'amour
Et c½ur ouvert, aujourd'hui comme hier.
Si j'ai cessé la grève de la faim, l'autre jour,
C'est parce que la vie s'en allait de moi...
Hier, par cette grève, je parlais fort...
Je proteste encore au nom de la vie, contre la mort.
Trop de larmes inutiles ont coulé,
Comme celle de ta mère,
Pour rien, pendant sept ans; alors ne pleure pas,
Sois fort et tu pourras la réconforter...
Et si tu voulais lui faire oublier
Sa solitude sans colère,
Emmène-là marcher, longtemps,
Dans la campagne...
Et à l'ombre des bois fais-là reposer...
Écoutez la musique du ruisseau qui murmure
Et la paix tranquille de la Nature...
Dans ta course vers le bonheur,
Arrête-toi, mon fils, cherche l'horizon :
Aide les faibles, les victimes et les persécutés,
Car toujours ils seront tes meilleurs amis.
Comme ton père et Bartolo, ils luttent
Et tombent pour tous et pour la liberté...
Au combat de la vie, tu trouveras l'amour
Et tu seras aimé : c'est ton droit aussi...

Faites comprendre au monde
Que rien n'est terminé :
On ne peut tuer nos corps,
Mais jamais nos idées.

C'est tout le Massachusetts
Qui portera dans l'avenir la honte de ce temps.
Qu'une école remplace enfin cette maison,
Que des rires d'enfants effacent les prisons.
N'oublie pas de m'aimer un peu
Comme je t'aime, oh petit homme ;
J'espère que ta mère t'aidera à comprendre
Ces mots que je te donne... Adieu mon garçon.
Je t'envoie le salut de Bartolo.
Ton père et ton camarade,
Nicola Sacco "


Vanzetti (à gauche) et Sacco (à droite).
Affaire Sacco et Vanzetti Vanzetti, condamné avec Sacco à l’électrocution, répond le 9 avril 1927 au juge Thayer :
« Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »
Biographie :
Âgé de 17 ans, Nicola Sacco décide d'émmigrer aux États-Unis et part de Naples sur le navire Principe de Piemonte pour arriver le 2 mai 1913 à Ellis Island à New York.
Il se fait embaucher dans une fabrique de chaussure à Stoughton dans le Massachusetts. Puis il se marie et fonde une famille. Il adhère aux idées anarchistes après sa rencontre avec un immigré compatriote, Bartolomeo Vanzetti.
Il obtient la nationalité américaine. Mais, au moment où les États-Unis entrèrent en guerre aux côtés des alliés durant le Premier conflit mondial, il fuit avec Vanzetti au Mexique, afin de se soustraire à l'obligation de s'inscrire en vue de la future mobilisation des troupes.
Nicola Sacco est arrêté le 5 mai 1920, en compagnie de son prétendu complice Bartolomeo Vanzetti pour deux braquages dans le Massachusetts : le premier à Bridgewater, le 24 décembre 1919, puis un second à South Braintree, le 15 avril 1920, au cours duquel deux convoyeurs de fonds, Frederic Parmenter et Alessandro Berardelli, laissèrent la vie, les 15 000 $ correspondant à la paye des ouvriers d'une fabrique de chaussures avaient été volés.
Ce fut le début de l'Affaire Sacco et Vanzetti.
À la suite de son procès, il fut condamné à mort et exécuté le 23 août 1927 par la chaise électrique, en compagnie de Vanzetti, à la Prison de Charlestown dans la banlieue de Boston, par le célèbre bourreau Robert G. Elliott[1].

vendredi 14 octobre 2011

La Vague colonialiste se brisera en Syrie

Les élites occidentales colonialistes se comportent comme si elles avaient repris l’initiative après l’occupation de la Libye et le lancement d’une contre-attaque avec la collaboration d’Israël, de la Turquie et des pays arabes tournant dans leur orbite, contre la Syrie et la Résistance libanaise.
Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne agissent avec arrogance, alors qu’ils vivent une crise financière sans précédent. Ils s’investissent en Tunisie et en Égypte dans l’espoir de cueillir les fruits des révolutions populaires, alors que rien n’indique qu’ils engrangeront les dividendes souhaités. Le concept des guerres préventives a prouvé son échec et il sera suivi, très prochainement, par celui des guerres humanitaires, sorti à la hâte des tiroirs et dépoussiéré.
En Libye, les forces du Conseil national de transition et ses alliés de l’Otan n’arrivent toujours pas à prendre le contrôle effectif de l’ensemble du pays ; et en Syrie, Washington et ses alliés sont dans une impasse. Ils n’arrivent à arracher aucune concession à Bachar el-Assad sur les dossiers régionaux et ne parviennent pas, non plus, à déstabiliser de manière significative le pouvoir syrien, uni dans toutes ses institutions derrière son président. De plus, l’option de l’intervention militaire contre la Syrie est une menace que les Occidentaux gardent sur le tapis sans être en mesure de la concrétiser. Il n’y a pas à comparer entre les brigades de Mouammar Kadhafi, qui résistent encore au CNT et à l’Otan, et l’armée syrienne, beaucoup plus nombreuse, mieux équipée et certainement plus motivée à défendre la souveraineté de la Syrie et l’intégrité de son territoire.
Pourtant, les pressions exercées sur la Syrie sont immenses. Des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar financent les groupes extrémistes et leur assurent une généreuse couverture médiatique, tandis que la Turquie s’est chargée du soutien politique et diplomatique. Pendant ce temps, les armes affluent, surtout du Liban, pour tenter de déstabiliser le pouvoir syrien.
Les élites occidentales ne jubileront pas longtemps. Lorsque la Syrie écrasera les groupes terroristes qu’elle a déjà connus dans les années 80, et qu’elle aura fini de nettoyer les derniers foyers de l’insurrection armée, elle ressortira renforcée de cette amère expérience qui aura couté au pays des centaines de vies humaines et des centaines de millions de dollars de pertes et de dégâts. Elle pourra alors passer à la contre-attaque pour briser une fois pour toute cette nouvelle vague colonialiste dont l’objectif principal est d’assurer un filet protecteur à Israël après le retrait des troupes états-uniennes d’Irak, à la fin de l’année.
De nouveaux rapports de force seront alors consacrés et ils ne seront certainement pas en faveur de l’Occident et de ses séides locaux et régionaux. Bien au contraire, c’est l’axe de la résistance, dans toutes ses composantes, qui se verra renforcé. C’est alors que les vrais changements commenceront. Et cette fois, la vague emportera tous ceux qui auront collaboré ou misé sur une recolonisation du Machrek arabe.

La tendance au Liban

L’État dans l’État de Samir Geagea
Un homme d’affaires libanais, Jacques Obeid, a révélé, lors d’une conférence de presse, les détails de son enlèvement par des partisans de l’ancien seigneur de guerre Samir Geagea, portant des uniformes de la police libanaise et détachés à la protection de sa résidence à Maarab, au cœur du Mont-Liban. Cette affaire montre que M. Geagea, qui accuse le Hezbollah d’avoir une « armée parallèle », utilise les institutions sécuritaires étatiques pour exécuter des missions partisanes. Les informations dévoilées par M. Obeid sont d’une gravité extrême, car elles prouvent que Geagea et d’autres chefs du 14-Mars pro-US, noyautent les institutions officielles qu’ils utilisent comme bon leur semble.
Tout le monde sait que lors des gouvernements successifs de Fouad Siniora et Saad Hariri, M. Geagea avait fait intégrer au sein des Forces de sécurité intérieure (Gendarmerie) quelque 2 000 de ses partisans lors de campagnes de recrutement taillées sur mesure.
Ce rapt ne doit pas rester impuni. Les services étatiques compétents doivent diligenter une enquête et prendre les sanctions qui s’imposent contre ces policiers-miliciens et contre M. Geagea en personne, qui ne dispose d’aucune immunité n’étant ni député, ni ministre.
Le rapt de Jacques Obeid, proche du Parti syrien national social (PSNS, un parti laïque libanais connu pour son hostilité à Israël) a coïncidé avec un autre incident survenu dans la ville syrienne de Hama. Hassan Wehbé, ancien cadre du PSNS reconverti dans le commerce, a été attaqué par des extrémistes islamistes partisans du cheikh wahhabiste-salafiste Adnane Arhour. La chaine de télévision libanaise, MTV, proche des Forces libanaises (FL) de Geagea, a été la première à annoncer la nouvelle de cette agression. Y a-t-il un lien entre ces deux incidents ? Cela ne démontre-t-il pas l’existence d’une coordination entre les FL de Geagea et les extrémistes syriens ?
Pendant ce temps au Liban, le patriarche maronite Béchara Raï poursuit ses tournées pastorales dans toutes les régions, avant de se rendre aux États-Unis à la rencontre des communautés libanaises dans ce pays. Après la Békaa, Kesrouan et le Metn, il a passé trois jours au Liban-Sud et il compte se rendre prochainement dans le Akkar et à Tripoli au Nord. À chacune de ses étapes, le patriarche Raï a répété ses appels à l’unité et au dialogue, ainsi que son souci de préserver la présence chrétienne dans la région. À chacune de ses initiatives, il apparaît de plus en plus clairement que le patriarche maronite est porteur d’une grande mission celle d’appliquer les recommandations du synode des Églises d’Orient, organisé par le Vatican à l’automne dernier et qui conseillait aux chrétiens de la région de rester sur place et de se rapprocher de leur environnement musulman pour rester ensemble solidaires face aux plans d’effritement de la région. Au Sud, comme en France, le patriarche Raï tient le même discours rassembleur. Ni les critiques directes et voilées des instances internationales, ni les tentatives de pression en menaçant d’annuler sa visite aux États-Unis, ni encore les discours de certaines personnalités chrétiennes du 14-Mars n’y changeront rien. Mgr Raï a pris parti pour une vision globale de la situation des chrétiens et nul ne le poussera à ne voir que les intérêts particuliers d’un camp précis.
Au Liban-Sud, le patriarche maronite a salué les résistants tombés sur ce sol ainsi que la ténacité et la détermination des habitants qui n’ont jamais voulu quitter leurs villages, en dépit des menaces israéliennes.

Discours et déclarations

Najib Mikati, Premier ministre du Liban
Extraits d’un entretien accordé à Al-Hayat le 29 septembre
« Je n’ai reçu aucune mise en garde de la part de Clinton. Nous n’en avons pas besoin d’ailleurs, car personne ne réalise l’intérêt du Liban plus que nous, et l’intérêt du Liban c’est d’être avec la légalité internationale et la décision internationale. Mon gouvernement continuera sa mission tant que Dieu le voudra. Je suis le président du Conseil des ministres de tout le Liban, tout le territoire libanais et toutes les institutions libanaises (…) Le protocole de coopération avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est en vigueur et le Liban respecte la résolution onusienne le concernant. Si nous avons quelque chose à amender et si l’amendement se fait, nous respecterons la résolution. Le financement du TSL et les résolutions internationales sont dans l’intérêt du Liban. Je mise sur le patriotisme de toutes les parties au sein du gouvernement. Il n’y a aucun lien, ni de près ni de loin entre ma famille et Rami Makhlouf. Il n’y a pas de relation commerciale, légale ou illégale, avec les responsables syriens. Les Américains savent bien qu’il n’y a rien de cela. Les banques libanaises veillent à ne prendre aucune mesure contraire aux résolutions internationales. Dans les deux cas, à savoir soutenir le régime syrien ou soutenir l’opposition, nous ne pouvons rien faire. Nous ferions mieux de nous occuper de nos affaires internes. Tout faux pas en Syrie se répercuterait sur le Liban, je le crains. »
Ahmad Fatfat, député du bloc de Saad Hariri
« En toute franchise, nous avons des reproches à faire au patriarche maronite Béchara Raï. Nous l’avons invité à effectuer une visite dans les régions sunnites de Denniyé, mais il s’est abstenu de le faire. Il a été convié à un déjeuner à la résidence des Hariri à Majdelyoun lors de sa visite à Saïda, mais il n’a pas répondu (…) Nous craignons que les prises de positions de Mikati devant la communauté internationale ne constituent pour lui qu’un prélude pour déclarer après coup son incapacité à assurer le financement du TSL. »
Nabih Berry, président du Parlement libanais
« Le Liban, qui reste engagé dans la formule armée-peuple-résistance, est de plus en plus fort face à l’ennemi israélien. Israël continue à occuper une partie de nos terres, et nous assurons que la Résistance continuera à constituer une force de dissuasion contre les intentions israéliennes. Le monde a changé et les Libanais se battront pour leurs droits. Israël n’a pas réussi à neutraliser l’Égypte et les Égyptiens ont prouvé que leur révolte n’est pas uniquement liée à la politique intérieure mais également à la politique extérieure. Pourquoi les médias arabes cherchent-ils à augmenter les tensions en Syrie au lieu de mettre en relief les agressions israéliennes ? Cela ne veut pas dire que je suis contre les réformes en Syrie, mais cela doit être le résultat d’un accord interne et non pas par des interventions étrangères. Pourquoi les sanctions et les pressions sur l’Iran se poursuivent-elles alors que personne ne demande de compte à Israël qui possède des armes nucléaires ? Il existe aujourd’hui 144 colonies israéliennes en Cisjordanie et plus d’un demi-million de colons et la judaïsation de Jérusalem est un objectif central de la politique israélienne. L’unité en Palestine est l’arme la plus puissante face à l’occupation. »
Le Grand Ayatollah Ali Khamenei, Guide de la révolution iranienne
« Tout plan qui prévoirait deux États ne serait qu’une acceptation d’un gouvernement sioniste sur la terre de la Palestine. Il va de soi que le peuple palestinien, comme il l’a fait à Gaza, pourra installer un gouvernement sur toute parcelle de la terre de Palestine libérée. Mais l’objectif final est de libérer toute la Palestine, de la Méditerranée à la mer Morte. Nous ne proposons ni une guerre classique des pays islamiques contre Israël, ni de jeter à la mer les juifs émigrés, ni l’arbitrage des Nations unies et d’autres instances internationales, mais un référendum des Palestinien de souche, quelle que soit leur religion, mais excluant les juifs d’immigration récente. »

Revue de Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 29 septembre 2011)
L’appel des évêques maronites est dans les pas du Patriarche Béchara Raï. Leur appel cette année est différent des précédents manifestes. Il porte les empreintes de Mgr Raï, et est en parfaite harmonie avec la stratégie du patriarche face aux défis actuels. Rien n’indique donc une reculade par rapport aux prises de position de Mgr Raï à Paris. Preuve que le discours nouveau et audacieux du patriarche, concernant la Syrie, le Hezbollah et son refus du morcellement de la région en entités confessionnelles, exprime en réalité l’orientation de l’Église maronite. Des sources proches de Mgr Raï assurent que le patriarche et les évêques s’expriment d’une seule et même voix.
As Safir (29 septembre 2011)
Nabil Haïtham
La campagne contre la Syrie est-elle passée de la logique de la chute du régime à celle du harcèlement de ce régime à coups de pressions politiques et de sanctions économiques ? Le président Bachar el-Assad déclare devant ses visiteurs : « Nous sommes passés de la défense à l’attaque. La Syrie poursuit le processus de réformes et fera preuve de plus d’ouverture tout en promouvant le dialogue intérieur. Il ne faut pas craindre pour les chrétiens en Syrie. » Le chef de l’État syrien s’oppose à l’établissement d’une alliance des minorités. Pas de différence entre kurdes, alaouites, sunnites, chiites ou chrétiens. Il réaffirme son attachement à la présence des chrétiens dans la région. Il adresse par ailleurs un message à la Turquie d’Erdogan : non à l’ottomanisation.
An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 30 septembre 2011)
Rajeh Khoury
Le fait qu’il ait fallu aux évêques maronites quatre heures pour s’entendre sur un communiqué reflète les divergences importantes entre eux, notamment autour des déclarations du Patriarche Béchara Raï en France. Le communiqué adopté après de longues délibérations appelle à l’unité des chrétiens, surtout « en ces circonstances difficiles où notre existence, notre rôle et notre message sont menacés, d’abord comme Libanais, ensuite comme chrétiens ». Le communiqué ne précise pas quelles sont ces circonstances et en quoi elles diffèrent d’autres circonstances qui menaçaient les chrétiens d’Orient et les maronites tout au long de leur histoire. Cependant, si les évêques entendent par là le printemps arabe, cela reflèterait une vision complètement erronée, car ce qui menace les chrétiens, c’est la psychologie du repli minoritaire qui pourrait les tenter au lieu de jouer un rôle pionnier dans leur nation.
An Nahar (30 septembre 2011)
Rosanna Bou Mounsef
Le président du Conseil des ministres, Najib Mikati, bénéficie d’une tolérance inhabituelle de la part des forces du 8-Mars. C’est à la fois rare et remarquable : les prises de position de Mikati, selon lesquelles il est dans l’intérêt des Libanais de se tenir aux côtés de la légalité internationale, n’ont entraîné aucune réaction négative de la part du Hezbollah et du 8-Mars. C’est d’autant plus étonnant que les rencontres entre les anciens Premiers ministres et des responsables états-uniens ou occidentaux donnaient invariablement lieu à des accusations de suivisme par rapport aux États-Unis et à l’Occident. Selon des sources politiques, c’est parce que l’Occident a placé le gouvernement libanais sous une étroite surveillance que les responsables libanais concernés rappellent et soulignent le respect par le Liban de ses engagements internationaux. Selon les mêmes sources, les responsables craignent les éventuelles répercussions sur le secteur bancaire libanais et sur la situation dans le pays d’une manière générale si jamais le Liban ne remplissait pas ses engagements.
An Nahar (27 septembre 2011)
Ghassan Hajjar
Aucune personne sensée ne niera l’existence de craintes chez les chrétiens d’Égypte, de Syrie, d’Irak et du Liban, et d’inquiétude chez les alaouites de Syrie, qui ont peur pour leur sort en cas de chute du régime. Les Kurdes se sentent-ils en sécurité en Syrie et en Turquie ? Quelqu’un sait-il ce qui, autre que les craintes pour l’avenir des druzes, pousserait le député Walid Joumblatt à multiplier les voltes-faces ? Qu’en est-il du conflit sunnito-chiite au Bahreïn, en Arabie saoudite, au Koweït et ailleurs ? Il s’agit de craintes véritables qui ne sauraient être dissipées par les accusations réciproques, les surenchères ou l’intimidation. Ce qu’il faudrait plutôt, ce sont des initiatives audacieuses, des réunions et des dialogues, voire des sommets politiques et spirituels au sein de la Ligue arabe ainsi que dans chacun des pays concernés, pour accompagner le printemps arabe par des actes et non par de simples paroles.
Al-Akhbar (Quotidien proche de la nouvelle majorité, 30 septembre 2011)
Il n’y a pas de place pour la liberté au sein du mouvement du 14-Mars. Il y a deux jours, l’ancien député de Tripoli, Moustapha Allouche, s’est exprimé franchement à propos de l’absence de libertés en Arabie saoudite. Sa mise à mort politique est devenue une demande pressante pour plusieurs de ses anciens collègues car l’Arabie saoudite est une ligne rouge qu’il est interdit de franchir. M. Allouche attend désormais une décision mettant fin à son parcours au sein du Courant du futur. Il a reçu deux appels téléphoniques, l’un de Saad Hariri et l’autre d’Ahmad Hariri, lui demandant de revenir sur ses propos. Mais il n’a pas voulu faire marche arrière. Des appels ont été lancés pour le démettre de ses fonctions ou le pousser à démissionner.
Al-Akhbar (29 septembre 2011)
Nicolas Nassif
Le Conseil des évêques maronite a rejoint les choix du patriarche Béchara Raï. Ce conseil porte un regard complètement différent sur le Hezbollah et la Syrie, par rapport à l’époque du mandat de Sfeir, car la période et la conjoncture sont très différentes. Le Conseil des évêques maronites invite cette année les Libanais à reprendre le chemin de la table de dialogue, espace approprié où ils peuvent exprimer leurs appréhensions et leurs doutes et renouveler leur confiance les uns envers les autres. Le Conseil rappelle que l’Église maronite « a porté dès sa naissance le flambeau de la liberté, de la dignité de l’homme et de ses droits, et s’est battue pour préserver le précieux dépôt de la foi et de la liberté ». « Aujourd’hui, nous sommes dans la nécessité la plus urgente de revenir à cette conduite historique, en ces circonstances difficiles où notre existence, notre rôle et notre message sont menacés, d’abord comme Libanais, ensuite comme chrétien », ajoute le communiqué.
Al-Akhbar (28 septembre 2011)
Thaer Ghandour
Les activistes arabes et européens mettent la pression sur les pays européens pour qu’ils coupent les ponts avec les compagnies qui aident l’occupant israélien. Ils y parviennent en Europe mais essuient un échec dans les pays arabes. La compagnie Alstom, qui a installé la ligne de métro à Jérusalem-Est, en est la meilleure preuve. Boycottée par des pays européens, les pays arabes lui ont ouvert toutes grandes les portes de l’investissement dans les secteurs de l’électricité et du transport.
Les émirats et royaumes du Golfe ne se sont pas réconciliés avec Israël, mais cela ne les empêche pas de normaliser les relations avec lui.
Le projet métro vise à relier Jérusalem-Est au côté Ouest de la ville et aux colonies établies à Jérusalem et alentour. Un projet mis en œuvre par le gouvernement israélien alors qu’il va à l’encontre des conventions internationales. D’autant plus qu’il accélère le processus de judaïsation de Jérusalem : un crime de guerre selon la IVème convention de Genève et le droit humanitaire international. La société française Alstom est considérée comme un partenaire stratégique de l’occupant israélien dans la mise en œuvre du projet. La participation d’Alstom à un tel projet est en complète contradiction avec les droits de l’homme palestinien, ce qui a déclenché plusieurs campagnes palestiniennes, arabes et internationales pour mettre la pression sur l’administration de la compagnie afin qu’elle ne participe plus à l’exécution du projet.
Al-Moustaqbal (Quotidien libanais appartenant à la famille Hariri, édition du 30 septembre 2011)
Souraya Chahine
Selon des sources diplomatiques françaises, la victoire du Parti socialiste français aux élections sénatoriales n’aura aucune répercussion sur la politique étrangère de la France, vis-à-vis du Liban en particulier. Cette politique, ajoute ces sources, ne sera nullement affectée, elle fait l’unanimité en France. Les principes à la base de la politique française à l’égard du Liban resteront inchangés.
L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone, proche du 14-Mars, édition du 30 septembre 2011)
L’agence nationale syrienne, Sana, indique que les « milieux concernés ont saisi au poste frontalier de Jdeidet Yabous, à la frontière libano-syrienne, de grandes quantités d’armes et de munitions destinées à la Syrie. « Dans une voiture chargée de fruits, portant une plaque d’immatriculation irakienne, les autorités compétentes ont saisi 125 fusils de type Pump Action et 30 000 balles de pistolets de différents calibres », précise l’agence.
L’Orient-Le Jour (28 septembre 2011)
À l’initiative du patriarcat maronite, un sommet interreligieux islamo-chrétien s’est tenu à Dar el-Fatwa auquel toutes les familles confessionnelles libanaises ont participé, et au cours duquel les présents ont réfléchi sur la meilleure manière de se réapproprier leur pacte national et de donner de la crédibilité au modèle libanais.
Voici, résumé, l’essentiel du communiqué final des assises de Dar el-Fatwa :
- La présence des chrétiens en Orient est une présence historique et authentique, et leur rôle ans leurs différentes patries, est fondamental et nécessaire.
- Le vivre ensemble est la base de la stabilité du Liban, patrie définitive pour tous ses fils. Les bases de l’entente nationale ont été posées par le document d’entente nationale de Taëf, dans le respect du principe de la parité.
- Respect de la dignité de l’homme, de ses libertés fondamentales, et notamment des libertés individuelles : liberté religieuse, liberté d’expression, respect de la diversité, de la citoyenneté et de la Charte des droits de l’homme.
- Le Liban fait partie du monde arabe, de son identité, de sa culture et de son avenir.
- Il faut protéger les mouvements d’émancipation qui se produisent dans le monde arabe de toute dérive qui le dénaturerait ou serait de nature à susciter les inquiétudes. Il faut rester attaché à la nature civile de l’État basée sur la citoyenneté, sachant par ailleurs que toutes les ingérences extérieures dans les affaires internes des pays de la région doivent être bannies, dans le refus également de tous genres d’oppressions, de violence et de tyrannies.
- Le Liban est le pays du message, du vivre ensemble, du respect des libertés. Pour faire face à la discorde, seul le langage du dialogue tranquille et de la communication directe et franche est de mise. Les divergences doivent être réglées loin des discours accusateurs propagés par les médias.
- Rejet de l’implantation au Liban des Palestiniens et réaffirmation du droit au retour.
En conclusion, les interlocuteurs présents se sont engagés à poursuivre leurs concertations de manière régulière. Ils exhortent leurs frères arabes à toujours s’en tenir aux règles morales authentiques et aux valeurs religieuses chrétiennes et musulmanes, à défendre leur vivre ensemble en ce tournant critique de leur histoire et de celle du monde contemporain.
L’Orient-Le Jour (27 septembre 2011)
La troisième journée, clôturant la visite du patriarche maronite Mgr Béchara Raï au Liban-Sud, a été marquée par un aparté entre le patriarche, le président de la République Michel Sleiman et le président de la Chambre Nabih Berry, dans la demeure de ce dernier. Les députés Fouad Siniora et Bahia Hariri qui y étaient conviés en leur qualité de députés de Saïda n’ont pas fait acte de présence, sans raison déclarée.
L’aparté qui a précédé le déjeuner a porté sur la tournée du patriarche au Sud et sur les développements internes. « Devant les affaires nationales imminentes, nous ne pouvons pas nous résigner à l’état des choses, mais nous nous devons de dire la vérité telle quelle », a affirmé M. Berry. Il s’est attardé notamment sur la nécessité de paver la voie à « un dialogue ouvert et inconditionnel, direct et franc, aboutissant à un accord sur une stratégie nationale de défense, ainsi que des solutions drastiques à notre crise économique et sociale ». S’agissant des événements en Syrie, M. Berry a estimé « nécessaire de cesser tout propos ou armement, ou toute provocation », avant de prévenir du complot occidental, dans la lignée des accords secrets de Sykes-Picot en 1916, qui « ne vise pas la Syrie seulement, mais plusieurs pays de la région, y compris le Liban. C’est pourquoi nous appelons les proches et les moins proches à ne pas craindre la Résistance (du Hezbollah), mais à craindre pour cette Résistance ». M. Berry n’a pas manqué de rappeler en outre « la fidélité du Liban pour ses engagements internationaux liés à la résolution 1701 », avant d’appeler la communauté internationale à « contraindre Israël à se retirer de Chebaa, de Kfarchouba et du Ghajar ». Il a assuré enfin que « nous arrêterons toute tentative d’imposer (au pays) un projet de naturalisation et nous insistons sur le droit au retour des Palestiniens ».
De son côté, le patriarche Raï a estimé que l’exemple du Liban-Sud aura démontré que « les Libanais sont prêts pour le dialogue ». Pour le patriarche, sa tournée lui a permis de « témoigner de l’authentique coexistence dans toutes les villes et tous les villages que j’ai visités. Les habitants du Liban-Sud ont ouvert une nouvelle page au nom de la charité et de la communion (ce slogan désormais cher à Bkerké). »
Yediot Aharonot (Quotidien israélien, 29 septembre 2011)
Trois membres du parti Hezbollah seraient arrivés à Cuba pour y établir une cellule terroriste. L’opération baptisée « L’affaire caribéenne » serait dirigée par Talal Hamia, spécialiste des opérations secrètes, et bénéficierait d’un budget de 1,5 million de dollars.
La présence du Hezbollah en Amérique du Sud se serait renforcée ces dernières années, notamment depuis l’arrivée au pouvoir au Venezuela de Hugo Chavez, anti-US et allié de l’Iran. Une enquête menée par Telemundo, la seconde chaîne de télévision en langue espagnole des États-Unis, et NBC News a mis en évidence les détails d’un vaste réseau de contrebande dirigé par le Hezbollah en Amérique du Sud, dans la région dite des Trois-Frontières, entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine.
Edward Luttwak, un expert antiterroriste pour le Pentagon’s National Security Study Group, décrit cette zone des Trois-Frontières comme la base la plus importante pour le Hezbollah hors du Liban lui-même, le repère « d’une communauté de fanatiques dangereux qui envoient leur argent pour soutenir financièrement le Hezbollah. »

L'OTAN affirme que les campagnes afghane et libyenne sont un succès

Guerre d'Algérie : ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961 (TEXTE+VIDEO)

La journée sanglante du 17 octobre 1961 occupe une place d'honneur dans la liste des atrocités commises par l'Etat français durant la guerre d'Algérie.


Le 17 octobre 1961, des dizaines de milliers d’Algériens manifestaient pacifiquement à Paris contre le couvre feu discriminatoire qui leur avait été imposé par Maurice Papon, Préfet de police de Paris. Ils défendaient leur droit à l’égalité, leur droit à l’indépendance et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce jour-là, et les jours qui suivirent, des milliers de ces manifestants furent arrêtés, emprisonnés, torturés ou, pour nombre d’entre eux, refoulés en Algérie. Des centaines perdirent la vie, victimes d’une violence et d’une brutalité extrêmes des forces de police.













50 ans après, la Vérité est en marche. Cependant, la France n’a toujours pas reconnu sa responsabilité dans les guerres coloniales qu’elle a menées, - en particulier la Guerre d’Algérie - non plus que dans le cortège de drames et d’horreurs qu’elles ont entraînés, comme ce crime d’Etat que constitue le 17 octobre 1961.

Etats-Unis : L’opération d’espionnage des Etats-Unis pour manipuler les réseaux sociaux sur Internet (The Guardian)

jeudi 13 octobre 2011

"YES WE CAMP" les indignés italiens veulent occuper la capitale !

12 Octobre 2011 ..."Nous faisons comme en Espagne, en Grèce, à New York, dans les pays arabes : nous ne rentrerons pas à la maison !" ...
....."Occupation des places publiques par les millions de personnes qui ne veulent plus payer l'énorme crise économique et sociale à la place de ceux qui l'ont causée : pouvoirs politiques industriels, économiques et financiers, qui ont imposé un néo-libéralisme catastrophique au monde occidentale quelque soit les partis politiques des gouvernements....

AGI News, Le Corriere Di Bologna publient à 16 H 50 les derniers évènements qui ont lieu à Rome, à Bologne. Les articles sous droits réservés font l’objet d’un condensé d’informations traduit de l’italien.
A Rome, un manifestant déclare à AGI : "nous faisons comme en Espagne, en Grèce, à New York, dans les pays arabes : nous ne rentrerons pas à la maison !" En effet, les indignés veulent "occuper Rome" bien après le 15 octobre prochain. Pour samedi, ils en appellent à une manifestation nationale munis de tente afin de camper dans la capitale sous le slogan : "Yes we camp"
Ils reprennent l’appel à un rassemblement européen et mondial : "Occupation des places publiques par les millions de personnes qui ne veulent plus payer l’énorme crise économique et sociale à la place de ceux qui l’ont causée : pouvoirs politiques industriels, économiques et financiers, qui ont imposé un néo-libéralisme catastrophique au monde occidentale quelque soit les partis politiques des gouvernements.
Le rendez-vous mondial du samedi 15 octobre se réclame de la journée du 15 février 2003, quand le mouvement antimondialisation manifestait dans le monde entier contre l’imminente guerre USA/IRAQ.
Les organisateurs ont prévu 500 bus, des trains, des véhicules privés qui vont converger samedi de tous les coins de l’Italie vers Rome.
Les étudiants universitaires soulignent le caractère précaire de leur situation qui reste indissociable du monde du travail mis à mal par la crise. Ils veulent une vie décente et un avenir.
Pour eux, le moment du changement global est arrivé. A la maison, ils ne reviendront pas !
A Bologne, ce 12 octobre, des affrontements ont eu lieu entre les manifestants qui essayaient de pénétrer dans la banque d’Italie, Piazza Cavour et les policiers anti-émeutes. Une jeune fille de 23 ans a eu les dents cassées et la lèvre coupée.
Les garçons brandissaient des banderoles "Non à la dette ! "A vous la dette, à nous la bourse et la vie"
Puis, à l’aide d’un poteau de métal en guise de bélier, ils pénètrent dans les bureaux de l’Unep (Office des notifications, des exécutions et des protestations) au virage de Monticelli. Ils ont remis au chef de l’établissement, Giorgio Napolitano, une lettre de protestation adressée à Mario Draghi, prochain président de la BCE.
Une procession de manifestants remonte le long de l’avenue de Castiglione vers le centre. Les garçons portent sur leurs épaules une statue religieuse "Sainte insolvabilité"
Ils condamnent la gestion de l’ordre public pendant les évènements : "Nous allons essayer de savoir qui a frappé Martina, à travers les photos et les vidéos, dit De Pieri, leader du groupe étudiants OPT. Nous déposons une plainte auprès de notre avocat. La personne responsable ne devrait plus faire partie de la police de Bologne"....
MARIE THERESE FERRISI
Edition : De la parole aux actes