vendredi 14 octobre 2011

La Vague colonialiste se brisera en Syrie

Les élites occidentales colonialistes se comportent comme si elles avaient repris l’initiative après l’occupation de la Libye et le lancement d’une contre-attaque avec la collaboration d’Israël, de la Turquie et des pays arabes tournant dans leur orbite, contre la Syrie et la Résistance libanaise.
Les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne agissent avec arrogance, alors qu’ils vivent une crise financière sans précédent. Ils s’investissent en Tunisie et en Égypte dans l’espoir de cueillir les fruits des révolutions populaires, alors que rien n’indique qu’ils engrangeront les dividendes souhaités. Le concept des guerres préventives a prouvé son échec et il sera suivi, très prochainement, par celui des guerres humanitaires, sorti à la hâte des tiroirs et dépoussiéré.
En Libye, les forces du Conseil national de transition et ses alliés de l’Otan n’arrivent toujours pas à prendre le contrôle effectif de l’ensemble du pays ; et en Syrie, Washington et ses alliés sont dans une impasse. Ils n’arrivent à arracher aucune concession à Bachar el-Assad sur les dossiers régionaux et ne parviennent pas, non plus, à déstabiliser de manière significative le pouvoir syrien, uni dans toutes ses institutions derrière son président. De plus, l’option de l’intervention militaire contre la Syrie est une menace que les Occidentaux gardent sur le tapis sans être en mesure de la concrétiser. Il n’y a pas à comparer entre les brigades de Mouammar Kadhafi, qui résistent encore au CNT et à l’Otan, et l’armée syrienne, beaucoup plus nombreuse, mieux équipée et certainement plus motivée à défendre la souveraineté de la Syrie et l’intégrité de son territoire.
Pourtant, les pressions exercées sur la Syrie sont immenses. Des pays comme l’Arabie saoudite et le Qatar financent les groupes extrémistes et leur assurent une généreuse couverture médiatique, tandis que la Turquie s’est chargée du soutien politique et diplomatique. Pendant ce temps, les armes affluent, surtout du Liban, pour tenter de déstabiliser le pouvoir syrien.
Les élites occidentales ne jubileront pas longtemps. Lorsque la Syrie écrasera les groupes terroristes qu’elle a déjà connus dans les années 80, et qu’elle aura fini de nettoyer les derniers foyers de l’insurrection armée, elle ressortira renforcée de cette amère expérience qui aura couté au pays des centaines de vies humaines et des centaines de millions de dollars de pertes et de dégâts. Elle pourra alors passer à la contre-attaque pour briser une fois pour toute cette nouvelle vague colonialiste dont l’objectif principal est d’assurer un filet protecteur à Israël après le retrait des troupes états-uniennes d’Irak, à la fin de l’année.
De nouveaux rapports de force seront alors consacrés et ils ne seront certainement pas en faveur de l’Occident et de ses séides locaux et régionaux. Bien au contraire, c’est l’axe de la résistance, dans toutes ses composantes, qui se verra renforcé. C’est alors que les vrais changements commenceront. Et cette fois, la vague emportera tous ceux qui auront collaboré ou misé sur une recolonisation du Machrek arabe.

La tendance au Liban

L’État dans l’État de Samir Geagea
Un homme d’affaires libanais, Jacques Obeid, a révélé, lors d’une conférence de presse, les détails de son enlèvement par des partisans de l’ancien seigneur de guerre Samir Geagea, portant des uniformes de la police libanaise et détachés à la protection de sa résidence à Maarab, au cœur du Mont-Liban. Cette affaire montre que M. Geagea, qui accuse le Hezbollah d’avoir une « armée parallèle », utilise les institutions sécuritaires étatiques pour exécuter des missions partisanes. Les informations dévoilées par M. Obeid sont d’une gravité extrême, car elles prouvent que Geagea et d’autres chefs du 14-Mars pro-US, noyautent les institutions officielles qu’ils utilisent comme bon leur semble.
Tout le monde sait que lors des gouvernements successifs de Fouad Siniora et Saad Hariri, M. Geagea avait fait intégrer au sein des Forces de sécurité intérieure (Gendarmerie) quelque 2 000 de ses partisans lors de campagnes de recrutement taillées sur mesure.
Ce rapt ne doit pas rester impuni. Les services étatiques compétents doivent diligenter une enquête et prendre les sanctions qui s’imposent contre ces policiers-miliciens et contre M. Geagea en personne, qui ne dispose d’aucune immunité n’étant ni député, ni ministre.
Le rapt de Jacques Obeid, proche du Parti syrien national social (PSNS, un parti laïque libanais connu pour son hostilité à Israël) a coïncidé avec un autre incident survenu dans la ville syrienne de Hama. Hassan Wehbé, ancien cadre du PSNS reconverti dans le commerce, a été attaqué par des extrémistes islamistes partisans du cheikh wahhabiste-salafiste Adnane Arhour. La chaine de télévision libanaise, MTV, proche des Forces libanaises (FL) de Geagea, a été la première à annoncer la nouvelle de cette agression. Y a-t-il un lien entre ces deux incidents ? Cela ne démontre-t-il pas l’existence d’une coordination entre les FL de Geagea et les extrémistes syriens ?
Pendant ce temps au Liban, le patriarche maronite Béchara Raï poursuit ses tournées pastorales dans toutes les régions, avant de se rendre aux États-Unis à la rencontre des communautés libanaises dans ce pays. Après la Békaa, Kesrouan et le Metn, il a passé trois jours au Liban-Sud et il compte se rendre prochainement dans le Akkar et à Tripoli au Nord. À chacune de ses étapes, le patriarche Raï a répété ses appels à l’unité et au dialogue, ainsi que son souci de préserver la présence chrétienne dans la région. À chacune de ses initiatives, il apparaît de plus en plus clairement que le patriarche maronite est porteur d’une grande mission celle d’appliquer les recommandations du synode des Églises d’Orient, organisé par le Vatican à l’automne dernier et qui conseillait aux chrétiens de la région de rester sur place et de se rapprocher de leur environnement musulman pour rester ensemble solidaires face aux plans d’effritement de la région. Au Sud, comme en France, le patriarche Raï tient le même discours rassembleur. Ni les critiques directes et voilées des instances internationales, ni les tentatives de pression en menaçant d’annuler sa visite aux États-Unis, ni encore les discours de certaines personnalités chrétiennes du 14-Mars n’y changeront rien. Mgr Raï a pris parti pour une vision globale de la situation des chrétiens et nul ne le poussera à ne voir que les intérêts particuliers d’un camp précis.
Au Liban-Sud, le patriarche maronite a salué les résistants tombés sur ce sol ainsi que la ténacité et la détermination des habitants qui n’ont jamais voulu quitter leurs villages, en dépit des menaces israéliennes.

Discours et déclarations

Najib Mikati, Premier ministre du Liban
Extraits d’un entretien accordé à Al-Hayat le 29 septembre
« Je n’ai reçu aucune mise en garde de la part de Clinton. Nous n’en avons pas besoin d’ailleurs, car personne ne réalise l’intérêt du Liban plus que nous, et l’intérêt du Liban c’est d’être avec la légalité internationale et la décision internationale. Mon gouvernement continuera sa mission tant que Dieu le voudra. Je suis le président du Conseil des ministres de tout le Liban, tout le territoire libanais et toutes les institutions libanaises (…) Le protocole de coopération avec le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) est en vigueur et le Liban respecte la résolution onusienne le concernant. Si nous avons quelque chose à amender et si l’amendement se fait, nous respecterons la résolution. Le financement du TSL et les résolutions internationales sont dans l’intérêt du Liban. Je mise sur le patriotisme de toutes les parties au sein du gouvernement. Il n’y a aucun lien, ni de près ni de loin entre ma famille et Rami Makhlouf. Il n’y a pas de relation commerciale, légale ou illégale, avec les responsables syriens. Les Américains savent bien qu’il n’y a rien de cela. Les banques libanaises veillent à ne prendre aucune mesure contraire aux résolutions internationales. Dans les deux cas, à savoir soutenir le régime syrien ou soutenir l’opposition, nous ne pouvons rien faire. Nous ferions mieux de nous occuper de nos affaires internes. Tout faux pas en Syrie se répercuterait sur le Liban, je le crains. »
Ahmad Fatfat, député du bloc de Saad Hariri
« En toute franchise, nous avons des reproches à faire au patriarche maronite Béchara Raï. Nous l’avons invité à effectuer une visite dans les régions sunnites de Denniyé, mais il s’est abstenu de le faire. Il a été convié à un déjeuner à la résidence des Hariri à Majdelyoun lors de sa visite à Saïda, mais il n’a pas répondu (…) Nous craignons que les prises de positions de Mikati devant la communauté internationale ne constituent pour lui qu’un prélude pour déclarer après coup son incapacité à assurer le financement du TSL. »
Nabih Berry, président du Parlement libanais
« Le Liban, qui reste engagé dans la formule armée-peuple-résistance, est de plus en plus fort face à l’ennemi israélien. Israël continue à occuper une partie de nos terres, et nous assurons que la Résistance continuera à constituer une force de dissuasion contre les intentions israéliennes. Le monde a changé et les Libanais se battront pour leurs droits. Israël n’a pas réussi à neutraliser l’Égypte et les Égyptiens ont prouvé que leur révolte n’est pas uniquement liée à la politique intérieure mais également à la politique extérieure. Pourquoi les médias arabes cherchent-ils à augmenter les tensions en Syrie au lieu de mettre en relief les agressions israéliennes ? Cela ne veut pas dire que je suis contre les réformes en Syrie, mais cela doit être le résultat d’un accord interne et non pas par des interventions étrangères. Pourquoi les sanctions et les pressions sur l’Iran se poursuivent-elles alors que personne ne demande de compte à Israël qui possède des armes nucléaires ? Il existe aujourd’hui 144 colonies israéliennes en Cisjordanie et plus d’un demi-million de colons et la judaïsation de Jérusalem est un objectif central de la politique israélienne. L’unité en Palestine est l’arme la plus puissante face à l’occupation. »
Le Grand Ayatollah Ali Khamenei, Guide de la révolution iranienne
« Tout plan qui prévoirait deux États ne serait qu’une acceptation d’un gouvernement sioniste sur la terre de la Palestine. Il va de soi que le peuple palestinien, comme il l’a fait à Gaza, pourra installer un gouvernement sur toute parcelle de la terre de Palestine libérée. Mais l’objectif final est de libérer toute la Palestine, de la Méditerranée à la mer Morte. Nous ne proposons ni une guerre classique des pays islamiques contre Israël, ni de jeter à la mer les juifs émigrés, ni l’arbitrage des Nations unies et d’autres instances internationales, mais un référendum des Palestinien de souche, quelle que soit leur religion, mais excluant les juifs d’immigration récente. »

Revue de Presse

As Safir (Quotidien libanais proche de la nouvelle majorité, 29 septembre 2011)
L’appel des évêques maronites est dans les pas du Patriarche Béchara Raï. Leur appel cette année est différent des précédents manifestes. Il porte les empreintes de Mgr Raï, et est en parfaite harmonie avec la stratégie du patriarche face aux défis actuels. Rien n’indique donc une reculade par rapport aux prises de position de Mgr Raï à Paris. Preuve que le discours nouveau et audacieux du patriarche, concernant la Syrie, le Hezbollah et son refus du morcellement de la région en entités confessionnelles, exprime en réalité l’orientation de l’Église maronite. Des sources proches de Mgr Raï assurent que le patriarche et les évêques s’expriment d’une seule et même voix.
As Safir (29 septembre 2011)
Nabil Haïtham
La campagne contre la Syrie est-elle passée de la logique de la chute du régime à celle du harcèlement de ce régime à coups de pressions politiques et de sanctions économiques ? Le président Bachar el-Assad déclare devant ses visiteurs : « Nous sommes passés de la défense à l’attaque. La Syrie poursuit le processus de réformes et fera preuve de plus d’ouverture tout en promouvant le dialogue intérieur. Il ne faut pas craindre pour les chrétiens en Syrie. » Le chef de l’État syrien s’oppose à l’établissement d’une alliance des minorités. Pas de différence entre kurdes, alaouites, sunnites, chiites ou chrétiens. Il réaffirme son attachement à la présence des chrétiens dans la région. Il adresse par ailleurs un message à la Turquie d’Erdogan : non à l’ottomanisation.
An Nahar (Quotidien libanais proche du 14-Mars, édition du 30 septembre 2011)
Rajeh Khoury
Le fait qu’il ait fallu aux évêques maronites quatre heures pour s’entendre sur un communiqué reflète les divergences importantes entre eux, notamment autour des déclarations du Patriarche Béchara Raï en France. Le communiqué adopté après de longues délibérations appelle à l’unité des chrétiens, surtout « en ces circonstances difficiles où notre existence, notre rôle et notre message sont menacés, d’abord comme Libanais, ensuite comme chrétiens ». Le communiqué ne précise pas quelles sont ces circonstances et en quoi elles diffèrent d’autres circonstances qui menaçaient les chrétiens d’Orient et les maronites tout au long de leur histoire. Cependant, si les évêques entendent par là le printemps arabe, cela reflèterait une vision complètement erronée, car ce qui menace les chrétiens, c’est la psychologie du repli minoritaire qui pourrait les tenter au lieu de jouer un rôle pionnier dans leur nation.
An Nahar (30 septembre 2011)
Rosanna Bou Mounsef
Le président du Conseil des ministres, Najib Mikati, bénéficie d’une tolérance inhabituelle de la part des forces du 8-Mars. C’est à la fois rare et remarquable : les prises de position de Mikati, selon lesquelles il est dans l’intérêt des Libanais de se tenir aux côtés de la légalité internationale, n’ont entraîné aucune réaction négative de la part du Hezbollah et du 8-Mars. C’est d’autant plus étonnant que les rencontres entre les anciens Premiers ministres et des responsables états-uniens ou occidentaux donnaient invariablement lieu à des accusations de suivisme par rapport aux États-Unis et à l’Occident. Selon des sources politiques, c’est parce que l’Occident a placé le gouvernement libanais sous une étroite surveillance que les responsables libanais concernés rappellent et soulignent le respect par le Liban de ses engagements internationaux. Selon les mêmes sources, les responsables craignent les éventuelles répercussions sur le secteur bancaire libanais et sur la situation dans le pays d’une manière générale si jamais le Liban ne remplissait pas ses engagements.
An Nahar (27 septembre 2011)
Ghassan Hajjar
Aucune personne sensée ne niera l’existence de craintes chez les chrétiens d’Égypte, de Syrie, d’Irak et du Liban, et d’inquiétude chez les alaouites de Syrie, qui ont peur pour leur sort en cas de chute du régime. Les Kurdes se sentent-ils en sécurité en Syrie et en Turquie ? Quelqu’un sait-il ce qui, autre que les craintes pour l’avenir des druzes, pousserait le député Walid Joumblatt à multiplier les voltes-faces ? Qu’en est-il du conflit sunnito-chiite au Bahreïn, en Arabie saoudite, au Koweït et ailleurs ? Il s’agit de craintes véritables qui ne sauraient être dissipées par les accusations réciproques, les surenchères ou l’intimidation. Ce qu’il faudrait plutôt, ce sont des initiatives audacieuses, des réunions et des dialogues, voire des sommets politiques et spirituels au sein de la Ligue arabe ainsi que dans chacun des pays concernés, pour accompagner le printemps arabe par des actes et non par de simples paroles.
Al-Akhbar (Quotidien proche de la nouvelle majorité, 30 septembre 2011)
Il n’y a pas de place pour la liberté au sein du mouvement du 14-Mars. Il y a deux jours, l’ancien député de Tripoli, Moustapha Allouche, s’est exprimé franchement à propos de l’absence de libertés en Arabie saoudite. Sa mise à mort politique est devenue une demande pressante pour plusieurs de ses anciens collègues car l’Arabie saoudite est une ligne rouge qu’il est interdit de franchir. M. Allouche attend désormais une décision mettant fin à son parcours au sein du Courant du futur. Il a reçu deux appels téléphoniques, l’un de Saad Hariri et l’autre d’Ahmad Hariri, lui demandant de revenir sur ses propos. Mais il n’a pas voulu faire marche arrière. Des appels ont été lancés pour le démettre de ses fonctions ou le pousser à démissionner.
Al-Akhbar (29 septembre 2011)
Nicolas Nassif
Le Conseil des évêques maronite a rejoint les choix du patriarche Béchara Raï. Ce conseil porte un regard complètement différent sur le Hezbollah et la Syrie, par rapport à l’époque du mandat de Sfeir, car la période et la conjoncture sont très différentes. Le Conseil des évêques maronites invite cette année les Libanais à reprendre le chemin de la table de dialogue, espace approprié où ils peuvent exprimer leurs appréhensions et leurs doutes et renouveler leur confiance les uns envers les autres. Le Conseil rappelle que l’Église maronite « a porté dès sa naissance le flambeau de la liberté, de la dignité de l’homme et de ses droits, et s’est battue pour préserver le précieux dépôt de la foi et de la liberté ». « Aujourd’hui, nous sommes dans la nécessité la plus urgente de revenir à cette conduite historique, en ces circonstances difficiles où notre existence, notre rôle et notre message sont menacés, d’abord comme Libanais, ensuite comme chrétien », ajoute le communiqué.
Al-Akhbar (28 septembre 2011)
Thaer Ghandour
Les activistes arabes et européens mettent la pression sur les pays européens pour qu’ils coupent les ponts avec les compagnies qui aident l’occupant israélien. Ils y parviennent en Europe mais essuient un échec dans les pays arabes. La compagnie Alstom, qui a installé la ligne de métro à Jérusalem-Est, en est la meilleure preuve. Boycottée par des pays européens, les pays arabes lui ont ouvert toutes grandes les portes de l’investissement dans les secteurs de l’électricité et du transport.
Les émirats et royaumes du Golfe ne se sont pas réconciliés avec Israël, mais cela ne les empêche pas de normaliser les relations avec lui.
Le projet métro vise à relier Jérusalem-Est au côté Ouest de la ville et aux colonies établies à Jérusalem et alentour. Un projet mis en œuvre par le gouvernement israélien alors qu’il va à l’encontre des conventions internationales. D’autant plus qu’il accélère le processus de judaïsation de Jérusalem : un crime de guerre selon la IVème convention de Genève et le droit humanitaire international. La société française Alstom est considérée comme un partenaire stratégique de l’occupant israélien dans la mise en œuvre du projet. La participation d’Alstom à un tel projet est en complète contradiction avec les droits de l’homme palestinien, ce qui a déclenché plusieurs campagnes palestiniennes, arabes et internationales pour mettre la pression sur l’administration de la compagnie afin qu’elle ne participe plus à l’exécution du projet.
Al-Moustaqbal (Quotidien libanais appartenant à la famille Hariri, édition du 30 septembre 2011)
Souraya Chahine
Selon des sources diplomatiques françaises, la victoire du Parti socialiste français aux élections sénatoriales n’aura aucune répercussion sur la politique étrangère de la France, vis-à-vis du Liban en particulier. Cette politique, ajoute ces sources, ne sera nullement affectée, elle fait l’unanimité en France. Les principes à la base de la politique française à l’égard du Liban resteront inchangés.
L’Orient-Le Jour (Quotidien libanais francophone, proche du 14-Mars, édition du 30 septembre 2011)
L’agence nationale syrienne, Sana, indique que les « milieux concernés ont saisi au poste frontalier de Jdeidet Yabous, à la frontière libano-syrienne, de grandes quantités d’armes et de munitions destinées à la Syrie. « Dans une voiture chargée de fruits, portant une plaque d’immatriculation irakienne, les autorités compétentes ont saisi 125 fusils de type Pump Action et 30 000 balles de pistolets de différents calibres », précise l’agence.
L’Orient-Le Jour (28 septembre 2011)
À l’initiative du patriarcat maronite, un sommet interreligieux islamo-chrétien s’est tenu à Dar el-Fatwa auquel toutes les familles confessionnelles libanaises ont participé, et au cours duquel les présents ont réfléchi sur la meilleure manière de se réapproprier leur pacte national et de donner de la crédibilité au modèle libanais.
Voici, résumé, l’essentiel du communiqué final des assises de Dar el-Fatwa :
- La présence des chrétiens en Orient est une présence historique et authentique, et leur rôle ans leurs différentes patries, est fondamental et nécessaire.
- Le vivre ensemble est la base de la stabilité du Liban, patrie définitive pour tous ses fils. Les bases de l’entente nationale ont été posées par le document d’entente nationale de Taëf, dans le respect du principe de la parité.
- Respect de la dignité de l’homme, de ses libertés fondamentales, et notamment des libertés individuelles : liberté religieuse, liberté d’expression, respect de la diversité, de la citoyenneté et de la Charte des droits de l’homme.
- Le Liban fait partie du monde arabe, de son identité, de sa culture et de son avenir.
- Il faut protéger les mouvements d’émancipation qui se produisent dans le monde arabe de toute dérive qui le dénaturerait ou serait de nature à susciter les inquiétudes. Il faut rester attaché à la nature civile de l’État basée sur la citoyenneté, sachant par ailleurs que toutes les ingérences extérieures dans les affaires internes des pays de la région doivent être bannies, dans le refus également de tous genres d’oppressions, de violence et de tyrannies.
- Le Liban est le pays du message, du vivre ensemble, du respect des libertés. Pour faire face à la discorde, seul le langage du dialogue tranquille et de la communication directe et franche est de mise. Les divergences doivent être réglées loin des discours accusateurs propagés par les médias.
- Rejet de l’implantation au Liban des Palestiniens et réaffirmation du droit au retour.
En conclusion, les interlocuteurs présents se sont engagés à poursuivre leurs concertations de manière régulière. Ils exhortent leurs frères arabes à toujours s’en tenir aux règles morales authentiques et aux valeurs religieuses chrétiennes et musulmanes, à défendre leur vivre ensemble en ce tournant critique de leur histoire et de celle du monde contemporain.
L’Orient-Le Jour (27 septembre 2011)
La troisième journée, clôturant la visite du patriarche maronite Mgr Béchara Raï au Liban-Sud, a été marquée par un aparté entre le patriarche, le président de la République Michel Sleiman et le président de la Chambre Nabih Berry, dans la demeure de ce dernier. Les députés Fouad Siniora et Bahia Hariri qui y étaient conviés en leur qualité de députés de Saïda n’ont pas fait acte de présence, sans raison déclarée.
L’aparté qui a précédé le déjeuner a porté sur la tournée du patriarche au Sud et sur les développements internes. « Devant les affaires nationales imminentes, nous ne pouvons pas nous résigner à l’état des choses, mais nous nous devons de dire la vérité telle quelle », a affirmé M. Berry. Il s’est attardé notamment sur la nécessité de paver la voie à « un dialogue ouvert et inconditionnel, direct et franc, aboutissant à un accord sur une stratégie nationale de défense, ainsi que des solutions drastiques à notre crise économique et sociale ». S’agissant des événements en Syrie, M. Berry a estimé « nécessaire de cesser tout propos ou armement, ou toute provocation », avant de prévenir du complot occidental, dans la lignée des accords secrets de Sykes-Picot en 1916, qui « ne vise pas la Syrie seulement, mais plusieurs pays de la région, y compris le Liban. C’est pourquoi nous appelons les proches et les moins proches à ne pas craindre la Résistance (du Hezbollah), mais à craindre pour cette Résistance ». M. Berry n’a pas manqué de rappeler en outre « la fidélité du Liban pour ses engagements internationaux liés à la résolution 1701 », avant d’appeler la communauté internationale à « contraindre Israël à se retirer de Chebaa, de Kfarchouba et du Ghajar ». Il a assuré enfin que « nous arrêterons toute tentative d’imposer (au pays) un projet de naturalisation et nous insistons sur le droit au retour des Palestiniens ».
De son côté, le patriarche Raï a estimé que l’exemple du Liban-Sud aura démontré que « les Libanais sont prêts pour le dialogue ». Pour le patriarche, sa tournée lui a permis de « témoigner de l’authentique coexistence dans toutes les villes et tous les villages que j’ai visités. Les habitants du Liban-Sud ont ouvert une nouvelle page au nom de la charité et de la communion (ce slogan désormais cher à Bkerké). »
Yediot Aharonot (Quotidien israélien, 29 septembre 2011)
Trois membres du parti Hezbollah seraient arrivés à Cuba pour y établir une cellule terroriste. L’opération baptisée « L’affaire caribéenne » serait dirigée par Talal Hamia, spécialiste des opérations secrètes, et bénéficierait d’un budget de 1,5 million de dollars.
La présence du Hezbollah en Amérique du Sud se serait renforcée ces dernières années, notamment depuis l’arrivée au pouvoir au Venezuela de Hugo Chavez, anti-US et allié de l’Iran. Une enquête menée par Telemundo, la seconde chaîne de télévision en langue espagnole des États-Unis, et NBC News a mis en évidence les détails d’un vaste réseau de contrebande dirigé par le Hezbollah en Amérique du Sud, dans la région dite des Trois-Frontières, entre le Paraguay, le Brésil et l’Argentine.
Edward Luttwak, un expert antiterroriste pour le Pentagon’s National Security Study Group, décrit cette zone des Trois-Frontières comme la base la plus importante pour le Hezbollah hors du Liban lui-même, le repère « d’une communauté de fanatiques dangereux qui envoient leur argent pour soutenir financièrement le Hezbollah. »

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