samedi 15 octobre 2011

Lettre de Nicolas Sacco à son fils -18 Août 1927- Cette lettre touche par son humanité et sa vision étonnamment positive de la réalité, quatre jours avant de disparaître...

Nicola Sacco (22 avril 1891 – 23 août 1927), anarchiste italo-américain.

Nicola Sacco (né Fernando Sacco ) - Né le 22 avril 1891 à Torremaggiore dans la province de Foggia, dans les Pouilles - mort le 23 août 1927 à Charlestown, Massachusetts, Etats-Unis, était un militant anarchiste italo - américain, accusé d'homicide dans les années 1920 aux États-Unis. Nicola Sacco en compagnie de son prétendu complice Bartolomeo Vanzetti pour un braquage mortel, au cours duquel deux convoyeurs de fonds laissèrent la vie: ce fut le début de l' Affaire Sacco et Vanzetti. Tous les deux arrivèrent aux États-Unis à Ellis Island. Nicola Sacco parti de Naples sur le navire Principe de Piemonte pour arriver le 2 mai 1913 à Ellis Island à New York. Il survit à ce voyage. Mais accusé à tort de la mort des deux convoyeurs, il fut condamné à mort et exécuté le 23 août 1927 par la chaise électrique.
 Il existe beaucoup de doute sur leur culpabilité. Les critiques du jugement ont accusé le ministère civil et le juge d'avoir utilisé le sentiment anti-italien, anti-immigrant et anti-anarchiste pour influencer le verdict du jury.
Joan Baez s'engagea pour défendre leur mémoire et écrivit, avec Ennio Morricone, la chanson Here's To You, qui fut reprise en français par Georges Moustaki sous le titre La Ballade de Sacco et Vanzetti. Le 23 août 1977, exactement 50 ans après, le gouverneur du Massachusetts “Michael Dukakis” absoud les deux hommes, et déclare que « tous les déshonneurs devaient être enlevé de leurs noms pour toujours »

Lettre de Nicolas Sacco à son fils
" Charlestown, 18 Août 1927,

Cette lettre de Sacco touche par son humanité et sa vision étonnamment positive de la réalité, quatre jours avant de disparaître...

Mon fils, mon compagnon,
Je veux t'écrire avant que nous partions
A la Maison de la mort car le 22, après minuit,
Vers la chaise électrique on nous poussera...
Pourtant, me voici empli d'amour
Et c½ur ouvert, aujourd'hui comme hier.
Si j'ai cessé la grève de la faim, l'autre jour,
C'est parce que la vie s'en allait de moi...
Hier, par cette grève, je parlais fort...
Je proteste encore au nom de la vie, contre la mort.
Trop de larmes inutiles ont coulé,
Comme celle de ta mère,
Pour rien, pendant sept ans; alors ne pleure pas,
Sois fort et tu pourras la réconforter...
Et si tu voulais lui faire oublier
Sa solitude sans colère,
Emmène-là marcher, longtemps,
Dans la campagne...
Et à l'ombre des bois fais-là reposer...
Écoutez la musique du ruisseau qui murmure
Et la paix tranquille de la Nature...
Dans ta course vers le bonheur,
Arrête-toi, mon fils, cherche l'horizon :
Aide les faibles, les victimes et les persécutés,
Car toujours ils seront tes meilleurs amis.
Comme ton père et Bartolo, ils luttent
Et tombent pour tous et pour la liberté...
Au combat de la vie, tu trouveras l'amour
Et tu seras aimé : c'est ton droit aussi...

Faites comprendre au monde
Que rien n'est terminé :
On ne peut tuer nos corps,
Mais jamais nos idées.

C'est tout le Massachusetts
Qui portera dans l'avenir la honte de ce temps.
Qu'une école remplace enfin cette maison,
Que des rires d'enfants effacent les prisons.
N'oublie pas de m'aimer un peu
Comme je t'aime, oh petit homme ;
J'espère que ta mère t'aidera à comprendre
Ces mots que je te donne... Adieu mon garçon.
Je t'envoie le salut de Bartolo.
Ton père et ton camarade,
Nicola Sacco "


Vanzetti (à gauche) et Sacco (à droite).
Affaire Sacco et Vanzetti Vanzetti, condamné avec Sacco à l’électrocution, répond le 9 avril 1927 au juge Thayer :
« Si cette chose n’était pas arrivée, j’aurais passé toute ma vie à parler au coin des rues à des hommes méprisants. J’aurais pu mourir inconnu, ignoré : un raté. Ceci est notre carrière et notre triomphe. Jamais, dans toute notre vie, nous n’aurions pu espérer faire pour la tolérance, pour la justice, pour la compréhension mutuelle des hommes, ce que nous faisons aujourd’hui par hasard. Nos paroles, nos vies, nos souffrances ne sont rien. Mais qu’on nous prenne nos vies, vies d’un bon cordonnier et d’un pauvre vendeur de poissons, c’est cela qui est tout ! Ce dernier moment est le nôtre. Cette agonie est notre triomphe. »
Biographie :
Âgé de 17 ans, Nicola Sacco décide d'émmigrer aux États-Unis et part de Naples sur le navire Principe de Piemonte pour arriver le 2 mai 1913 à Ellis Island à New York.
Il se fait embaucher dans une fabrique de chaussure à Stoughton dans le Massachusetts. Puis il se marie et fonde une famille. Il adhère aux idées anarchistes après sa rencontre avec un immigré compatriote, Bartolomeo Vanzetti.
Il obtient la nationalité américaine. Mais, au moment où les États-Unis entrèrent en guerre aux côtés des alliés durant le Premier conflit mondial, il fuit avec Vanzetti au Mexique, afin de se soustraire à l'obligation de s'inscrire en vue de la future mobilisation des troupes.
Nicola Sacco est arrêté le 5 mai 1920, en compagnie de son prétendu complice Bartolomeo Vanzetti pour deux braquages dans le Massachusetts : le premier à Bridgewater, le 24 décembre 1919, puis un second à South Braintree, le 15 avril 1920, au cours duquel deux convoyeurs de fonds, Frederic Parmenter et Alessandro Berardelli, laissèrent la vie, les 15 000 $ correspondant à la paye des ouvriers d'une fabrique de chaussures avaient été volés.
Ce fut le début de l'Affaire Sacco et Vanzetti.
À la suite de son procès, il fut condamné à mort et exécuté le 23 août 1927 par la chaise électrique, en compagnie de Vanzetti, à la Prison de Charlestown dans la banlieue de Boston, par le célèbre bourreau Robert G. Elliott[1].

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