lundi 3 octobre 2011

Ce sont les chiffres,Idiot !

3 octobre 2011
J’ai toujours raffolé des chiffres et des équations. Ils ne mentent pas. Les chiffres et les équations vous donnent des solutions précises à des problèmes précis. Ils vous portent là où vous voulez aller.
Il y a des nombres premiers, il y a des fractions, il y a des angles complets, des demi-angles, ils se somment tous pour arriver au même résultat. Au final, le compte est bon. Ce qui ne tourne pas rond pour mon esprit mathématique, c’est pourquoi nous les palestiniens nous continuons à parcourir les mêmes chemins, nous frappons aux mêmes portes, tout en sachant que nous ne recevrons pas de réponse ou de résultat satisfaisant voir même raisonnable. Le compte n’est pas bon.Jetons un coup d’oeil aux chiffres : depuis 1948, Israël a ignoré plus de 690 résolutions des Nations Unies, certaines via la censure, d’autres de par des admonestations et d’autres encore pour condamnations hors-la-loi. Israël a fait ceci avec la totale conscience, si pas l’encouragement, tout d’abord des administrations US successives, et ensuite de la majeure partie de la communauté internationale. Les Etats-Unis d’Amérique ont usé de tout leur pouvoir de veto au Conseil de Sécurité à 41 reprises. La 42est imminente. À chaque occasion où le Conseil de Sécurité était sur le point de condamner Israël pour son oppression brutale sur les palestiniens et sur les crimes de guerre commis particulièrement à Gaza, les américains ont dit NON. Et ce n’est pas tout. Obama, dans son discours à l’assemblée générale, a dit que « notre soutien pour la sécurité d’Israël est inébranlable ». Le Secrétaire de Presse de la Maison Blanche, Jay Carney, a dit : « Nous avons pris cette position car la demande de l’Autorité Palestinienne pour devenir membre des Nations Unies ne va pas réunir les différentes parties ni rapprocher les palestiniens d’une étatisation. Cette option est contre productive. »Le Congrès américain a menacé de cesser les aides financières à l’Autorité Palestinienne comme moyen de pression pour admonester et mettre la pression sur l’A.P. pour qu’elle capitule. Le sénateur républicain de l’Illinois, Mr Joe Walsh, a soumis au congrès un papier signé par 30 co-sponsors pour soutenir le droit d’Israël d’annexer la Rive Ouest, et de l’appeler Judée et Samarie.
Mr Tony Blair, le représentant du Quartet dans le Moyen Orient, a décrit la demande pour devenir membre des Nations Unies comme « un acte de violence ». Carne Ross, expert en diplomatie au Moyen orient, a dit que « malgré tout ce qui se passe au Moyen orient, les USA soutiendront toujours Israël, quoi qu’il arrive ». Le Président a des problèmes domestiques avec l’électorat juif qui pense qu’il est anti-Israël et le congrès qui veut réduire les fonds pour l’Autorité Palestinienne.Le compte n’est pas bon.Le nombre 194 a été ébruité en référence au nombre duquel la Palestine serait flanquée si elle devenait à tous les effets un membre des Nations Unies. Pendant ce temps-là, « le Quartet » dans son infinie sagesse, a à peine publié une phrase après leur meeting à New York le 23 septembre, réaffirmant leur engagement pour une paix durable dans le Moyen Orient. Il a aussi affirmé sa détermination à chercher activement et vigoureusement une solution complète au conflit Arabo-israélien, sur base des résolutions 242, 338, 1397, 1515 et 1850 du Conseil de Sécurité des Nations Unies.
L’accord d’Oslo a été signé en 1993. Dix-huit années de négociations futiles se sont écoulées. Où étaient tous ces gens ? Pourquoi n’ont-ils pas encore mis en œuvre une seule des promesses faites ni aucun des agréments qu’ils ont signé ?Ceux parmi vous qui, comme moi, raffolent des chiffres, auront remarqué que la résolution 194, qui garantit le droit inaliénable de retour pour tout palestinien, posé en 1948 et agréé par tous les membres, fait défaut. Le compte n’est pas bon.Les 22 membres de la Ligue Arabe ont été absents durant une longue période. La plupart d’entre eux étaient également occupées à s’affronter entre eux ; 6 d’entre eux sont occupés à mater des rébellions locales, regroupées sous le nom de Printemps Arabe, et la plupart d’entre eux sont peu ignorants voir indifférents à ce qui se passe sur le terrain en Palestine.L’Arabie Saoudite a récemment offert 200 millions de dollars à l’Autorité Palestinienne pour la garder sur pieds. S.A.R. le Prince Turki Al Faisal d’Arabie Saoudite a menacé les USA, si toutefois ils persévéraient dans leur position contre la demande de l’A.P. de devenir membre de l’assemblée générale des Nations Unies, de se comporter différemment vis-à-vis des USA par rapport à leur attitude durant plus d’un siècle auparavant. Votre Altesse Royale, merci à vous et votre gouvernement pour les 200 millions de dollars. Dieu sait que les palestiniens de la Rive Ouest, surtout de Gaza, ont besoin de chaque centime de ce don pour acheter leur pain quotidien. Mais n’eut-il pas été plus utile que le gouvernement saoudien annule le projet Al Yamamah d’un coût de 70 milliards de dollars ?Le compte n’est pas bon.Mr Netanyahu a considéré la demande de l’A.P. comme « l’équivalent d’une déclaration de guerre » et a déclaré qu’Israël demande des mesures de sécurité car le pays est entouré de nations hostiles.
Pardonnez-moi si j’ai l’air légèrement ignorant, quelles sont les nations hostiles qui encerclent Israël ?
- Israël n’a-t’il pas un traité de paix avec l’Egypte ?
- Israël n’a-t’il pas un traité de paix avec la Jordanie ?
- Israël n’a-t’il pas des relations économiques et diplomatiques avec plusieurs pays arabes dans la région ?
- Israël n’a-t’il pas eu un meeting récemment au Qatar avec le Conseil Intérimaire de Transition Nationale de Libye ?
Est-ce qu’Israël a reçu ne fut-ce qu’une balle de tennis lobée depuis la Syrie depuis 1973 ?
Israël n’occupe-t-il plus les Plateaux du Golan ? Ou bien peut-être que Mr Netanyahu se référait à la bande de Gaza assiégée, étranglée et brutalisée.Israël n’occupe-t-il pas actuellement l’entièreté de la Rive Ouest de la Palestine, avec des centaines de barrières et de checkpoints ? Avec des centaines de campements positionnés stratégiquement tout au long de la Rive Ouest, habitée par 650.000 colons juifs armés, agressifs qui harcèlent les palestiniens jour après jour ? Qui déracinent nos arbres et mettent le feu à nos prairies ?
Israël ne contrôle-t-il pas nos finances ?
Israël ne contrôle-t-il pas nos frontières, nos mers et nos cieux ? Et malgré cela, et malgré cela, nous sommes les agresseurs.Ce n’est qu’aujourd’hui qu’Israël a annoncé la construction de 1100 nouvelles unités de constructions dans Jérusalem Est. Mr Netanyahu dit que les campements de colonies ne sont pas le fruit d’une occupation ou d’une politique expansionniste des précédents gouvernements israéliens, mais bien le fruit de nos activités terroristes.Le compte n’est pas bon.
Il y a plusieurs estimations au sujet du nombre de palestiniens sur la Rive Ouest, Gaza, les camps de réfugiés et la Diaspora. Le nombre le plus ébruité est entre 10 et 12 millions. L’A.P. a dépensé des millions de dollars pour promouvoir sa demande aux Nations Unies. Ce qu’ils ont oublié de faire, c’est de nous demander à nous les palestiniens ce qu’on veut vraiment. N’existons-nous pas ? Nous, palestiniens, en vérité, sommes un peuple raisonnable. En effet, je pense que la plupart du temps, nous sommes déraisonnablement raisonnables. Serait-ce déraisonnable pour un palestinien de demander à l’A.P. et au Hamas d’aplanir leurs différences et de s’unir sous un même drapeau comme première ligne de défense contre nos occupants ?Serait-ce hors de question de demander à la fois à l’A.P. et au Hamas de libérer tous les prisonniers politiques palestiniens de chaque bord ?Serait-il purement et simplement impoli de demander à l’A.P. et au Hamas de faire un clin d’œil courtois aux palestiniens qui vivent dans des camps ?Serait-ce absolument scandaleux de ma part de suggérer que les 8 millions de palestiniens qui vivent en exile soient consultés et inclus dans le débat ? Après tout, vous jouez avec notre destin. C’est très certainement ne serait-ce que décent que nous soyons inclus.Désormais, le compte est bon.
Source originale : Ammonnews.netTraduit de l'anglais par Fabrice Limbert pour Investig'ActionSource : michelcollon.info

Etat palestinien : Et maintenant ?

lundi 3 octobre 2011
Comment Israël - et ses colons en particulier - réagiront-ils si Abbas atteint son objectif aux Nations Unies et si un Etat palestinien y est admis sur la base des frontières de 1967 ? interroge Saleh al-Naami.
Bien que les drapeaux palestiniens soient arborés sur des magasins, des maisons et des voitures dans la plupart des villes de Cisjordanie, les Palestiniens ne semblent pas très intéressés par l’événement qui a déclenché une bataille diplomatique sans précédent entre l’Autorité palestinienne (AP de Ramallah) d’une part, et Israël et les Etats-Unis de l’autre. Il n’existe aucun consensus parmi les Palestiniens en Cisjordanie, ainsi que dans la bande de Gaza, concernant le plan d’Abbas.
Jamal Youssef, propriétaire d’une boutique dans la rue Omar Al-Mokhtar dans la ville de Gaza, et son voisin Samir Suleiman sont dans la minorité qui se soucie de ce qui se passe. Ils passent de longues heures à débattre des répercussions de la stratégie d’Abbas. Youssef croit que l’initiative « est avisée et un coup de génie, une réplique pratique et critique à la conduite d’Israël », renforçant son avis par « l’hystérie des responsables israéliens face à la requête palestinienne. »
Suleiman estime de son côté que les actions d’Abbas sont « un coup d’épée dans l’eau qui ne fera pas avancer la cause nationale palestinienne, mais qui contribuera plutôt à l’affaiblir. » Il est d’accord avec les préoccupations de certaines organisations palestiniennes et les milieux avisés qui mettent en garde contre les Nations Unies, car cela pourrait signifier l’effacement des revendications palestiniennes pour défendre le droit au retour des réfugiés palestiniens.
En dehors de la Cisjordanie, il n’y a pas de signes ou d’activités publiques en appui à Abbas, en raison du puissant désaccord entre les organisations palestiniennes dans la bande de Gaza par rapport à ce plan. La position du Fatah est soutenue par les factions à gauche au sein de l’Organisation de Libération de Palestine (OLP), alors que le Hamas et le Jihad islamique y sont fortement opposés.
Jamil Al-Majdalawi, membre du bureau politique du Front Populaire pour la Libération de la Palestine (FPLP), a appelé toutes les organisations palestiniennes à soutenir l’initiative de septembre. « Indépendamment des préoccupations au sujet de l’initiative de septembre, de certains de ses aspects peu clairs ou des politiques qui vont suivre, ce serait une erreur de nous nuire par nos propres mains », fait valoir Al-Majdalawi. « Le devoir national exige que l’unité l’emporte sur les différences entre nous lorsque nous nous battons contre notre ennemi israélien qui est soutenu par les Etats-Unis, et par d’autres à tour de rôle. »
Al-Majdalawi a insisté pour que ce mouvement de soutien « ne signifie pas nécessairement être d’accord ou se mettre à la remorque de l’AP, surtout que celle-ci insiste pour dire que des négociations sont son premier, deuxième et troisième choix, avant et après [le passage à] l’ONU ».
Khaleda Jarara, collègue d’Al-Majdalawi au bureau politique du FPLP, conclut que la position d’Abbas doit être appuyée, mais en soulignant que son groupe approuve l’initiative de l’ONU tant qu’elle représente une alternative à la poursuite « de la farce » des négociations.
Pendant ce temps, le Hamas a intensifié ses critiques du plan d’Abbas. Alors que dans le passé, il a permis à certains responsables de niveau intermédiaire d’exprimer leurs appréhensions à propos de l’initiative, il jette maintenant tout son poids dans l’affirmation que la proposition d’Abbas érode la légitimité nationale. Le Premier ministre Ismaïl Haniyeh a décrit l’étape comme une initiative « unilatérale », déclarant que son gouvernement rejettait les décisions unilatérales de l’AP sur le destin de la cause palestinienne. Haniyeh a dénoncé le plan de l’AP d’aller à l’ONU pour demander la reconnaissance d’un Etat palestinien sans qu’aient été consultées toutes les organisations palestiniennes, qualifiant toute cette affaire de « farce politique. »
Haniyeh a présenté la demande aux Nations Unies comme « une bouée de sauvetage pour Israël et les Etats-Unis après les révolutions arabes », affirmant « que nous aurions dû attendre la révolution arabe et de nouveaux bouleversements dans les sociétés arabes pour que s’en trouve renforcée la position palestinienne et que soient protégés les droits des Palestiniens. »
Nemr Hammad, conseiller politique d’Abbas, a rejeté les critiques du Hamas et a décrit le plan soumis aux Nations Unies comme une étape nécessaire suite au refus d’Israël de présenter au côté palestinien aucune autre offre concrète qui aurait définitivement gelé les constructions dans les colonies, et permis de retourner à la table des négociations avec des paramètres clairs et un échéancier précis. Hammad calomnie les critiques d’Abbas : « Il n’y a aucune raison de s’opposer au fait d’aller à l’ONU, sauf si on soutient la position d’Israël qui prétend que cette terre est un territoire contesté. »
Répondant aux critiques palestiniennes selon lesquelles le plan de l’ONU implique la reconnaissance du caractère juif d’Israël, Hammad répond : « Les Palestiniens ont définitivement refusé de reconnaître Israël comme Etat juif. » Il a souligné qu’il n’y a aucune perspective de négociations avec le gouvernement de Netanyahu car il adopte une position extrémiste. Quant à la possibilité que la Palestine soit acceptée comme observateur à l’Assemblée générale, et non comme membre à part entière disposant des pouvoirs des autres Etats, Hammad a déclaré : « L’importance du statut d’observateur est que l’Etat sera un membre à part entière de toutes les organisations de l’ONU comme l’UNESCO, la FAO et l’OMS, et sera en mesure d’engager des procédures devant la Cour pénale internationale. C’est pourquoi les Américains ne veulent pas que nous allions devant l’Assemblée générale. »
Dans le cadre de la campagne médiatique pour promouvoir la mission d’Abbas, Hammad a fortement attaqué l’opposition de Washington à l’initiative palestinienne. « Quand Washington nous demande de ne pas aller à l’ONU, nous répondons : "en échange de quoi ?" » dit-il aux journalistes palestiniens. « Puis ils commencent à dire que l’envoyé du Quartet, Tony Blair, est en train de rédiger une déclaration pour relancer des pourparlers. Mais quand Blair est interrogé sur le contenu de cette déclaration, il ne fait que répondre : "Nous voulons combiner vos positions et celles d’Israël". Nos positions sont claires et elles se conforment au droit international et aux accords signés, basés sur un retrait israélien complet de nos territoires occupés en 1967 et la création d’un Etat palestinien indépendant avec Jérusalem-Est comme capitale. En attendant, la position d’Israël, par ses actions, est de poursuivre la judaïsation de Jérusalem, d’étendre ses colonies en Cisjordanie, à Jérusalem, et de se servir des négociations comme d’un moyen de gagner du temps et d’imposer une réalité sur le terrain. »
Hammad accuse indirectement le président américain Barack Obama de donner la priorité à sa réélection avant de vouloir résoudre le problème palestinien. « Notre cause ne sera pas l’otage des élections américaines », a-t-il ajouté. « Si cette administration veut prouver sa crédibilité en soutenant les buts de la révolution arabe pour la liberté, elle doit le faire en soutenant la libération, l’indépendance et la souveraineté pour le peuple palestinien qui est soumis aux formes les plus cruelles de l’occupation. »
Mais les Palestiniens se soucient avant tout en ce moment des colons juifs qui exploitent l’initiative de septembre pour lancer des attaques contre les villes et villages de Palestine, en particulier en Cisjordanie. Les jeunes Palestiniens se sont organisés en groupes pour pouvoir s’opposer aux colons. Un de ces groupes a annoncé la création d’un centre opérationnel pour organiser la résistance face aux attaques.
Saleh al-Naami - Al Ahram Weekly
Traduction : Nazem

An nom des valeurs humanitaires de l’Islam : les musulmans qui ont sauvé les juifs des massacres d’Hitler

Le 3 octobre 2011
« Hier à l’aube, les juifs de Paris ont été arrêtés. Les vieux, les femmes et les enfants. En exil comme nous, travailleurs comme nous. Ils sont nos frères. Leurs enfants sont comme nos propres enfants.- ammarach nagh. Celui qui rencontre un de ses enfants doit lui donner un abri et la protection des enfants aussi longtemps que le malheur - ou le chagrin - durera. Oh, l’homme de mon pays, votre coeur est généreux.  » - Tract rédigé en tamazigh circulant parmi les émigrés algériens kabyles lors de la rafle des juifs le 16 juillet 1942 à Paris.
Mon attention a été attirée par la sortie, cette semaine, d’un film réalisé par le cinéaste marocain Ismaël Ferroukhi ave l’aide de Benjamin Stora- décidément il est incontournable. Il s’agit de « Les hommes libres », l’histoire oubliée des Arabes occupés. Le cinéaste Ismaël Ferroukhi, raconte ces « invisibles » de Paris sous l’Occupation. Nous sommes en 1942, à Paris. Paradoxalement Le titre du film s’apparente au mot berbère « Imazighen », « les hommes libres » qui ont vécu dans toute l’Afrique du Nord du Maroc en Egypte en passant naturellement par l’Algérie la Tunisie et la Libye, il y a plus de 3000 ans pour la période connue. J’ai ensuite été frappé par le fait que les émigrés algériens –sous prolétariat français- pendant la colonisation , avaient décidé d’aider les Juifs à s’enfuir et les ont caché. Un mot m’avait frappé à propos : « Ammarache nagh » , « Ce sont comme nos enfants » traduisant par là le sacrifice à faire pour sauver des enfants juifs …qui sont comme nos enfants
Pour montrer comment 100.000 Algériens de Paris ont traversé la Seconde Guerre mondiale. Aurélie Champagne de « Rue 89 » écrit : « Les temps sont durs. Younès, le héros, vit du marché noir et nourrit sa famille, restée en Algérie. Quand il se fait arrêter, il est contraint de passer un marché avec la police vichyssoise : il doit espionner la communauté maghrébine qui fréquente la Mosquée de Paris et son recteur, Si Kaddour Benghabrit. Le jeune homme découvre rapidement que le recteur protège des syndicalistes et délivre de fausses attestations de foi musulmanes à des familles juives. Il rencontre aussi Salim Halali, étoile des cabarets arabes, qui animent la vie festive de l’époque. (1)
La projection en avant-première s’est faite en présence d’un diplomate marocain et des autorités de la Mosquée de Paris. Point de représentants algériens pour apprécier un film sur les Algériens qui, comme le dit Stora : « Les 100.000 Algériens qui vivaient à Paris sous l’Occupation font partie d’une immigration ouvrière extrêmement pauvre, écrasée socialement », : « Ils ne sont ni des Algériens - puisque l’Algérie, c’était la France - ni des Français. Ils n’ont pas le statut de citoyens français. A la relégation juridique s’ajoute l’écrasement social, qu’on voit très bien dans la scène d’ouverture du film. Ce sont des hommes invisibles ». Ils sont arrivés en France bien avant le début de la guerre. Monsieur Stora oublie de dire que ces « invisibles » étaient venus se battre pour la France à Verdun et qu’ils y ont fait souche ».(1)
Puis la France se reconstruisant, elle avait besoin des « tirailleurs bétons » qui, de la même façon, défendirent en tant que tirailleurs la France pendant la guerre 39-45 puis restèrent et la reconstruiront pendant les Trente Glorieuses, jusqu’au jour où le président Giscard d’Estaing décide de les « expulser ». Ce fut le « million Stoléru » pour solde de tout compte d’un siècle d’humiliation et de rapine.
En 1926, poursuit Aurélie Champagne, quand la Mosquée de Paris est inaugurée, il y a déjà une forte présence d’Algériens à Paris. En parlant du recteur Si Kaddour Benghabrit, Stora déclare : « Ah ! Que dire de ce personnage... Il est très proche de la cour du sultan du Maroc. Il est recteur, c’est un homme de foi, mais c’est surtout un homme politique. Dans Les Hommes libres, Benghabrit ne protège pas seulement les membres de sa communauté - alors que « tout le monde de gauche et l’univers syndical n’existent plus, que plus rien n’existe ». A part le préfet Jean Moulin qui a refusé d’obéir, tous les préfets et toutes les institutions ont accepté de collaborer. » Si Kaddour Ben Ghabrit, le fondateur de la Mosquée de Paris, aura dirigé ce lieu religieux durant la période d’Occupation. Il s’agit, selon les dires du réalisateur, d’un homme aux multiples facettes. Durant la Seconde Guerre mondiale, Benghabrit a sauvé sa grand-mère d’origine juive en empêchant son arrestation et en l’évacuant vers le Maroc. (1)
Pourtant ce film n’apporte, de mon point de vue, rien de nouveau. Les faits étaient connus et ignorés volontairement. Pourtant un coin du voile vite refermé eut lieu en 1991. On se souvient en effet, qu’il y a vingt ans, dans un documentaire de 29 minutes intitulé La Mosquée de Paris, une résistance oubliée, réalisé pour l’émission « Racines de France 3 » en 1991, Derri Berkani rapporte que durant la Seconde Guerre mondiale et l’occupation de la France par l’Allemagne nazie, la Mosquée de Paris sert de lieu de résistance pour les musulmans vivant en France. Les Algériens du FTP (Francs-tireurs partisans) avaient pour mission de secourir et de protéger les parachutistes britanniques et de leur trouver un abri. Les FTP ont par la suite, porté assistance à des familles juives, des familles qu’ils connaissaient, ou à la demande d’amis, en les hébergeant dans la mosquée, en attente que des papiers leur soient fournis pour se rendre en zone libre ou franchir la Méditerranée pour rejoindre le Maghreb. Le docteur Assouline a comptabilisé 1600 cartes alimentaires (une par personne) qu’il avait fournies à la Mosquée de Paris pour les juifs qui y avaient trouvé refuge. A la mosquée, écrit Albert Assouline, il n’y avait pas de limite à l’hébergement (1732 personnes au total de 40 à 44, les adultes dans les sous-sol, les enfants au-dessus). Des employés de la Mosquée de Paris établirent une série de faux documents, rédigés en graphie turque ancienne, et sauvèrent ainsi une centaine de personnes. Ces faits sont relevés dans l’ouvrage d’Annie Benveniste : « Le Bosphore à la Roquette » .(2)
Voici le témoignage Annette Herskovits, elle-même « enfant cachée », lors de la seconde guerre mondiale. : « La mosquée était le lieu de résistance composé de personnes issues de la régions montagneuse de l’Algérie la Kabylie. Le réseau Kabyle communique dans leur langue, le berbère, le tamazight, ce qui rendait presque impossible l’infiltration. L’accès aux égouts de Paris était situé directement sous la mosquée, ce qui a fourni une voie pour s’échapper. (…) Une femme a témoigné être sortie de Paris sur une péniche, un kabyle à tenant la barre a pris des fugitifs cachés dans sa cargaison pour le sud de la France, Ainsi de là, les fugitifs, pouvaient être introduits clandestinement en Algérie ou en Espagne. Le 16 Juillet 1942, la police de Paris, a entrepris d’arrêter 28 000 juifs sur les ordres du gouvernement français collaborationniste de Vichy. Plus de 4.000 enfants âgés de 2 à 16 ans ont été parmi les personnes arrêtées. Le deuxième jour, un tract a été distribué à travers les hôtels misérables où vivaient les travailleurs algériens immigrés. Le tract, en tamazight, a été lu à voix haute pour les hommes pour la plupart analphabètes « Amm arrac nnagh » « Comme nos enfants » » (3)
La pitié musulmane pour l’humanité
On remarquera au passage, outre le sauvetage des juifs, ces « invisibles » faisaient partie de la Résistance. Voilà encore un fait de bravoure à mettre à l’actif de « l’oeuvre positive des colonisés pour la France. » Le « Chant des partisans » de Joseph Kessel et Maurice Druon a inspiré les premiers révolutionnaires du FLN. Ces Invisibles n’ont que faire de la reconnaissance en tant que « justes ; tsadikin » de la part de Yad Vashem. Ils ont fait leur travail dignement en accord avec leur honneur et leur religion.
Il ne faut pas croire que ces faits de la part des musulmans est un fait isolé. Pour comprendre cette empathie naturelle des musulmans envers le genre humain et montrer que ce qui est arrivé en 39-45 n’est pas une singularité, rappelons-nous l’exemple de l’Emir Abdelkader. Pendant la A plus fort de l’invasion coloniale entre 1832 et 1842, l’évêque d’Alger, Dupuch, écrivit à l’émir Abdelkader pour demander la libération d’un sous-intendant militaire. L’Émir lui répond : « Permets-moi de te faire remarquer qu’à double titre de serviteur et d’ami des hommes, tu aurais dû me demander non la liberté d’un seul mais celle de tous les chrétiens qui ont été faits prisonniers depuis la reprise des hostilités. Bien plus, tu serais deux fois digne de ta mission en étendant la même faveur à nombre de musulmans qui languissent dans vos prisons. » L’Émir demande à l’évêque : « Envoyez un prêtre dans mon camp, il ne manquera de rien ; je veillerai à ce qu’il soit honoré et respecté comme il convient à celui qui est revêtu de la noble dignité d’homme de Dieu et de représentant de son évêque. Ce prêtre peut s’occuper de personnes et correspondre avec leurs familles, leur procurer les moyens de recevoir de l’argent, des vêtements, des livres. » (4)
« Bien plus tard écrit Bruno Etienne, pendant les émeutes fomentées en sous-main par l’Angleterre et la France, Abdelkader exilé à Damas sauva des milliers de chrétiens d’une mort certaine en les accueillant dans sa demeure, les soignant, les nourrissant et les protégeant jusqu’à la fin des émeutes. Mieux, ln lui signale un établissement des soeurs de la charité où vivent 400 enfants en fort danger. Il s’y rend et ramène 6 prêtres, 11 soeurs et les 400 enfants. Les soldats de l’Émir les escortent et repoussent à coups de crosse les émeutiers déchaînés. Arrivé chez lui, l’Emir s’adresse à la foule hostile : « Mes frères, votre conduite est impie ! La foule hurle : « Les chrétiens ! » L’Émir réplique : « Les chrétiens, tant qu’un seul de ces vaillants soldats qui m’entourent sera debout, vous ne les aurez pas, ils sont mes hôtes. » (4)
Il est dit dans le Coran que celui qui a sauvé une âme, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité toute entière. Ce verset a été le sacerdoce des musulmans pendant le IIIe Reich. Examinons rapidement le cas de la Turquie, de l’Albanie et surtout le cas des Maghrébins : nous avons parlé du rôle décisif des Algériens, le roi du Maroc et le Bey de Tunis.
Le rôle de la Turquie et de l’Albanie
On sait que la Turquie fut sommée de livrer les juifs étrangers. Nous voulons rapporter le dévouement admirable d’un consul turc en France qi prit tous les risques. C’était en mars 1942. Son père Beli Arbel exerçait alors les fonctions de Consul général de Turquie à Marseille. « Un jour, quelqu’un que je ne connaissais pas est venu voir mon père et lui a dit qu’il fallait qu’il se rende en Corse. » Beli Arbel part sans hésiter et traverse la mer avec sa femme et son fils. (..) Alors qu’il vient d’arriver en Corse en ce printemps 1942, le petit Niel ignore tout des activités de son père, il a bien d’autres jeux en tête. Son père, lui, disparaît le matin en voiture et rentre le soir. Sa tournée doit rester discrète. Dans sa serviette, des passeports vierges à l’intention des Juifs de Corse qui devront faire l’objet d’une mesure de comptage par les autorités de Vichy. Sinistre besogne qui présage un départ sans retour pour l’Allemagne. Or, du fait que la Turquie reste neutre dans le conflit, les Juifs devenus citoyens turcs par naturalisation se retrouvent de facto « immunisés » par ce passeport dûment délivré par le consulat général de Marseille dont dépend la Corse, et par voie de conséquence, sauvés de la déportation qui s’intensifie depuis 1941. L’opération s’avère délicate. Ankara est au courant, « mais ne connaît plus personne si l’affaire tourne mal » comme le souligne Neil Arbel. Les deux représentants de la République, le préfet de la Corse Paul Balley à Ajaccio et à Bastia le sous-préfet Pierre-Henry Rix, prêtent leur concours attentif. (6)
Pïerre-Henry Rix confirme la naturalisation des Juifs de Corse au cours d’entretiens qu’il a eus en 1947 avec le Général de Gaulle à La Boisserie. Il écrit : « Je lui ai raconté comment, grâce au chargé d’affaires permanent de Turquie à Vichy, M. Bedi-Arbel, dans l’après-midi du 21 mars 1942, tous les Juifs de mon arrondissement furent dotés de la nationalité turque… Ainsi, quelques semaines plus tard, l’envoyé de Vichy pour les affaires juives repartait bredouille. » Dans son journal, Pïerre-Henry Rix le sous-préfet de Bastia indique qu’il avait fait part au Consul de Turquie de « certaines menaces » pesant sur les Israélites de son arrondissement. Tous les Juifs de la région de Bastia deviennent ottomans « (…) je lui ai cédé tous les Israélites de mon département, qui vont être déclarés sujets ottomans et qui échapperont à ce titre aux mesures vexatoires dictées par Vichy. » (5)
Dans la seule région de Marseille, le chiffre de 20 000 passeports est avancé. Le consul Beli Arbel disposait également de laissez-passer turcs pour traiter les cas les plus urgents. Il était temps. En juillet 1942 le régime nazi déclenche l’opération « Vent printanier » une gigantesque rafle dans plusieurs pays européens dont la France. Pour autant, grâce à ces vrais- faux passeports portant le sceau officiel de la Turquie et avec l’aide de l’administration française, la Corse n’a pas livré ses Juifs, contournant ainsi d’habile façon les lois de Vichy. Niel Arbel, le fils du Consul se dit fier de l’attitude de son père durant la guerre. Car « celui qui sauve une vie sauve l’humanité tout entière. » (6)
On sait qu’en 1943, l’Allemagne occupe l’Albanie. Les Albanais refusent aussi de donner les listes de Juifs albanais et étrangers. Ils les cachent, les intègrent à la population, leur apprennent les travaux des fermes ou les emploient dans leur petit commerce. « Nous étions des musulmans très pratiquants. C’était évident qu’il fallait aider les gens en difficulté et inconcevable de dénoncer de juifs. « Dans notre foi musulmane, sauver une vie c’est gagner le paradis. BESA est un fruit de Coran ». « Tous ceux qui frappent à ma porte sont une bénédiction de Dieu. » On estime de 600 à 1800 juifs réfugiés dans ce pays, souvent en route pour la Palestine. (7)
« Au cours de mes recherches, lit-on sur un site, je suis tombé sur une brochure intéressante rédigée par une organisation appelée « Question de foi » qui met en lumière cette histoire ainsi que de nombreux autres cas de musulmans sauvant des juifs en Algérie, Tunisie, Turquie. Un rapport qui mérite d’être lu. Voici quelques bribes de la conversation entre moi et le fondateur de « Question de foi », Fiyaz Mughal, sur la question : « Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles ces personnes ont pris de tels risques. Certains étaient leurs voisins. Et d’autres avaient un sens profond de la justice sociale islamique, pensant que les juifs étaient innocents et devaient être protégés. « L’idée est que si vous sauvez une vie, c’est comme si vous sauviez l’humanité. » (8) Là encore, la référence est le Coran.
Le devoir des dirigeants maghrébins
Le Maghreb a fait son devoir vis-à-vis des juifs, notamment maghrébins. On dit que : « Mohammed V était consterné par les lois raciales de Vichy. Les sujets juifs de Sa Majesté sont définis par leur foi et non par la race. Le roi entre publiquement en dissidence selon une note du Quai d’Orsay lorsqu’il déclare aux notables juifs invités à la fête du Trône « Je n’approuve nullement les nouvelles lois anti-juives et je refuse de m’associer à une mesure que je désapprouve. Il n’y a pas de juifs il n’y a que des sujets marocains », avait répondu le roi au représentant de la France de Vichy avant de l’inviter à prévoir 150 étoiles jaunes pour la famille royale si cette disposition venait à être adoptée. Refusant tout contact avec l’administration, il invita ostensiblement tous les rabbins du Maroc à la fête du Trône en 1941 », rappelle Serge Berdugo. (9)
En Tunisie, Ahmed II Bey, durant la présence en Tunisie des troupes de l’Axe, de novembre 1942 à mai 1943, intervient régulièrement pour protéger la population, en particulier les juifs, chaque fois qu’elle est exposée aux exactions des forces occupantes. Des personnalités musulmanes, comme Mohamed Tlatli à Nabeul, Ali Sakkat à Zaghouan et Khaled Abdul-Wahab à Mahdia, aident ou protègent eux aussi des juifs au péril de leur vie. Moncef Bey lui-même aide et cache des juifs dans ses propriétés, tout comme le font des membres de sa famille et des dignitaires dont Chenik, Bahri Guiga et El Materi, le bey ayant appelé son gouvernement à veiller à la protection des juifs dès l’été 1942 (10)
On peut admettre que les Israéliens et non les Juifs reconnaissant, ont intérêt à minimiser l’apport des musulmans qui ont sauvé les juifs d’une mort certaine, c’est le cas notamment de Serge Klarsfeld. Cependant, on ne peut pas comprendre que personne parmi les historiens « organiques » même de la « gauche » n’ait essayé de comprendre pourquoi les musulmans des trois continents (Europe, Asie, Afrique) pour ce que nous connaissons, ont été amenés certaines fois au péril de leur vie à sauver des juifs abandonnés à la machine de mort allemande par leur propre pays. Voilà un vrai sujet de recherche pour les « historiens tout terrain », il contribuerait ce faisant, à une réconciliation et à un rétablissement de la vérité au lieu de réchauffer des faits connus depuis vingt ans et tombés en désuétude du fait d’une chape de plomb qui nous présente que l’une des faces du conflit, notamment l’engagement du mufti de Jérusalem. Ces musulmans qui ont aidé à alléger les souffrances des Juifs au moment de leur détresse n’attendent pas de médaille. Ils ont fait ce que leur conscience, leur tradition de secours aux malheureux, et leur religion leur ont dictés. C’est à ces signes que l’on peut espérer que la morale remplace les « droits de l’homme » à géométrie variable incantés comme un horizon indépassable après ces massacres de masse des juifs dont se sont rendus coupables les Européens qui font payer leur faute à des peuples faibles.. Mais ceci est une autre histoire...
Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz
URL de cet article 14767 http://www.legrandsoir.info/an-nom-des-valeurs-humanitaires-de-l-islam-les-musulmans-qui-ont-sauve-les-juifs-des-massacres-d-hitler.html

"Printemps arabe et paramilitaires à Cuba" : nouvelles inventions pour vieilles intentions.

dimanche 2 octobre 2011

Occupons Wall Street ensemble (TruthDig)

samedi 1 octobre 2011

Deux spécialistes américains de l’URSS de Gorbatchev analysent les différences fondamentales entre la politique liquidatrice de Gorbatchev et les réformes actuellement impulsées à Cuba

La propriété c'est le vol

La propriété c'est le vol. Cette formule est issue d’un ouvrage paru en 1840 où Proudhon - au nom de l’égalité - s’attache à régler son compte à la propriété.

Proudhon distingue deux types de propriété, celle de la terre qu’il combat et celle de la valeur créée par le travail qu’il revendique. [1]

LA REVOLUTION FRANCAISE ET LA PROPRIETE

En prétendant étendre le droit de propriété à tous, la Révolution de 1789 « s'est donnée les principes et les préjugés qu'elle voulait proscrire ». Les « formes virulentes de ce droit (la taille, la corvée, etc.) ont disparu mais le fond est demeuré le même ».

En ce sens, « il n'y a pas eu de révolution ».

C'est à tort que la déclaration des Droits de l’homme « a placé la propriété parmi les droits naturels de l'Homme aux côtés de la liberté, de l'égalité et de la sûreté ».

En effet, si on compare ces droits, « on observe que la liberté, l'égalité et la sûreté sont des droits absolus » devant être garantis à chaque citoyen quel qu’il soit ; tandis, que « pour la majeure partie des citoyens, la propriété n'existe qu'en puissance ».

« Si nous sommes associés pour la liberté, l’égalité et la sûreté, nous ne le sommes pas pour la propriété ». La propriété est donc un droit antisocial.

« Il faut ou que la société périsse, ou qu’elle tue la propriété ».

L’ORIGINE DE LA PROPRIETE

L’origine du droit de propriété n'a jamais pu être établie. Certains prétendent que la propriété a toujours existé et qu’elle existera toujours. Or, dans la communauté primitive - pour des raisons de survie - « les biens étaient communs et indivises ». Il n’y avait pas de propriété.

Celle-ci n'a donc pu trouver sa source que dans les guerres et les conquêtes, puis dans des traités et des contrats. Imposés par la force, ils sont nuls et « l'inégalité actuelle est une dérogation faite à la nature de la société ».

LA TERRE NE PEUT ÊTRE APPROPRIEE

« La terre, comme l’eau, l’air et la lumière, est un objet de première nécessité dont chacun doit user librement, sans nuire à la jouissance d’autrui ».

Elle est « chose commune » et, par conséquent, « non susceptible d’appropriation ». Des biens que la nature donne gratuitement ne peuvent devenir des propriétés privées.

TRAVAIL ET PROPRIETE

Quiconque travaille devient propriétaire de la valeur qu’il crée.

« Le travailleur conserve, même après avoir reçu son salaire, un droit naturel de propriété sur la chose qu’il a produite ».

« Vous, capitalistes, vous ne l’avez point acquise » car « les capitaux, les outils et les machines sont pareillement improductifs ». Seul « le travail des ouvriers a créé une valeur […] cette valeur est leur propriété ».

Or, le salaire que vous versez ne représente que « la dépense qu’exigent l’entretien et la réparation journalière du travailleur ». L’ouvrier « a vendu et inféodé sa liberté ». « C’est en cela surtout que consiste ce que l’on a si bien nommé exploitation de l’homme par l’homme ».

L’ouvrage de Proudhon est abondant et inégal. Il a toutefois le mérite - huit années avant la publication du Manifeste de Marx - de s’attaquer à la propriété encore considérée par certains comme sacrée, inviolable, d’origine divine.

Concluons avec lui : « Si l'homme est fait pour la société, il est fait pour l'égalité ».

Pierre-Joseph Proudhon par Gustave Courbet
JPD
Source : Le Petit Blanquiste
[1] Qu'est-ce que la propriété ?, Pierre-Joseph Proudhon, Les classiques de la philosophie, Le Livre de poche, 2009.